La sorcière sèche Emma avec autant de précaution que si elle était une coquille d'œuf, sculptée par un de ces artistes vertigineux, à la patience aberrante. Une extraordinaire création, d'une fragilité et d'une valeur inestimables. Elle n'ose même pas frictionner le corps qui a donné la vie à son fils dans des circonstances si abominables, avec tant d'endurance. Elle se contente de légers tapotements circonspects, comme si elle avait peur que les serviettes moelleuses, généreusement assouplies et parfumées au moyen d'un adoucissant à la lavande, éraflent le fragile épiderme. Quand elle a enfin fini, elle enveloppe sa bien-aimée dans la plus douillette des sorties de bain. La jeune femme lève vers elle des yeux étonnés : « Tu m'habilles ? » demande-t-elle d'un ton lointain qui confirme à Regina qu'elle est, pour l'instant, dans un état d'engourdissement, qu'elle encaisse encore le contrecoup de son propre récit.

La divine reine, toujours au bord des larmes, lui caresse la joue, lui baise le front. Elle répond : « Oui, ma puce. » Debout, au milieu de la salle de bains, Emma regarde sa maîtresse sans vraiment la voir. Elle a l'air de s'être mise en mode « économie d'énergie », comme un ordinateur. Avec une extrême prudence, Regina dénoue la large serviette qu'elle a enroulée autour de la chère tête blonde pour que l'eau qui l'imprègne ne dégouline pas sur le visage et les épaules. Elle a peur, vraiment peur, d'arracher les fils d'or. Elle frictionne légèrement, avec une lenteur étudiée, la chevelure mordorée, assombrie par l'humidité. Reprenant la brosse, elle la coiffe rapidement, par acquis de conscience, car il n'y a plus de nœuds. Elle a quelque chose à dire et au bout de quelques instants de réflexion, elle se décide.

« Mon petit ange », murmure-t-elle à la sauveuse, « je veux que tu saches, que tu sois intimement persuadée, que tu es une guerrière, une lionne. Personne, jamais, n'a fait preuve d'autant de bravoure que toi. Je suis honorée que tu sois la mère d'Henri. » Cette déclaration ranime quelque peu la flamme dans le regard du shérif. Après avoir ruminé durant quelques secondes les éloquentes paroles de sa compagne, sa fine bouche rose s'étire dans un sourire timide, qui redonne espoir à Regina. Elle serre sa partenaire dans ses bras, le plus doucement qu'elle peut, puis lui prend la main. Emma baisse lentement des yeux intrigués sur leurs doigts entrelacés, comme s'il y avait là une énigme à résoudre. Pour la faire réagir, la puissante magicienne dit tout bas : « Viens, mon trésor. » Enlaçant la taille fine, elle pousse légèrement la jolie blonde devant elle. Juste avant de quitter la salle de bains, elle esquisse dans son dos et à l'insu d'Emma un geste étrange. L'eau dont est aspergé le sol disparaît.

Elle guide la miraculeuse créature qui partage sa vie dans leur chambre, la mène vers le lit, entrouvre les draps et la couette, l'encourage à s'étendre. La petite s'allonge tranquillement sur le côté droit. Après avoir éteint le plafonnier, Regina allume la lampe de chevet, qui répand une lumière assez vive mais très localisée. Seul le lit est éclairé. Se souvenant de la dernière requête de la sauveuse, le maire se penche vers elle, lui rabat une mèche de cheveux ambrés derrière l'oreille et lui chuchote : « Tu veux toujours que je te mette de la pommade, ma poupée ? » La princesse hoche immédiatement la tête, avec, semble-t-il, un certain enthousiasme. Alors, Regina, essayant d'étouffer l'anticipation coupable qu'elle sent naître dans l'apex de ses cuisses, murmure : « Allonge-toi sur le ventre, ma chérie. Je dois aller la chercher dans le frigo. »

En effet, ces baumes d'exception, commandés en catastrophe sur un site assez interlope, avec une coûteuse option « livraison rapide », doivent être conservés au frais, ce qui fait craindre à la sorcière que sa petite fée supporte mal le froid sur sa peau enflammée. Après s'être rendue à la cuisine pour sélectionner un tube marqué « rougeurs/inflammations », bien caché parmi d'autres dans une poche en plastique au fond du réfrigérateur, la belle reine remonte dans la chambre. Elle s'arrête dans l'encadrement de la porte, hypnotisée par le spectacle qu'illumine de façon idéale le halo de la lampe. Au lieu de s'être couchée sous les draps, Emma les a complètement repoussés sur le côté. Elle s'est également débarrassée de sa sortie de bains, qu'elle a négligemment jetée à terre, ce qui, en temps normal, lui vaudrait une remarque. Elle gît donc, entièrement nue, sur le ventre. Ses bras, naturellement croisés devant elle, soutiennent sa tête fatiguée. Ses jambes sont légèrement écartées.

La position, bien sûr, met incroyablement en évidence les belles fesses rondes, encore bien rouges. Le reste du corps parfait est tout blanc, sur le drap immaculé. « Blanche, rouge, rose et or » se dit Regina, émerveillée. Sentant la présence de sa possessive compagne, Emma se redresse sur les coudes et se tord le cou pour la regarder, toujours d'un air un peu absent. Elle voit distinctement les yeux de nuit la dévisager, puis se fixer sur sa croupe, puis repasser au ravissant visage, puis retourner aux deux globes potelés. La respiration de la sorcière s'est faite plus courte, sa céleste bouche est entrouverte. Ramenée une fois de plus à la culpabilité qu'elle éprouve en constatant que sa faim est absolument insatiable, elle pense : « Ce n'est pas normal, de désirer quelqu'un si fort. »

Devant le silence paisible de la sauveuse, qui ne dit rien, ne demande rien, ne baisse pas les yeux, se contente de regarder sa maîtresse la regarder, Regina s'approche. Elle s'installe prudemment à côté de sa protégée, comme si elle s'attendait à ce que celle-ci prenne brusquement la fuite, tel un animal aculé. Emma la suit posément du regard. Lorsque son amante s'assoit sur le lit, elle repose la tête sur ses bras croisés, pousse un léger soupir. Craignant visiblement de commettre une erreur, la magicienne lui montre le tube, attentive à ne pas trop l'approcher de son visage pour qu'elle puisse lire. En déchiffrant l'inscription, le shérif ébauche un sourire.

« Je pense que l'onguent est très froid, ma puce. C'est censé faire plus d'effet comme ça mais je peux le réchauffer dans mes mains », dit le maire. « Pose-le seulement sur la table de nuit, si tu veux bien », répond l'elfe blonde de sa jolie voix rauque. À peine Regina s'est-elle exécutée qu'elle ajoute : « Est-ce que tu pourrais me caresser un peu, avant ? » Sa majesté avale si brusquement sa salive que cela produit un son distinct. « Que… Qu'est-ce que tu veux dire exactement, mon amour ? » Elle est presque sûre d'avoir compris mais sa peur d'effaroucher la petite blonde n'a jamais été aussi grande. « Mes fesses », répond Emma d'une voix neutre. « Est-ce que tu pourrais me caresser un peu les fesses ? »

Indécise, la reine avance une main, qu'elle pose à peine sur la moitié droite du beau postérieur exhibé, se contentant d'abord de l'effleurer. Elle entend l'inspiration lascive qu'émet sa partenaire au moment où sa paume entre en contact avec l'épiderme, que la fessée a rendu plus sensible encore qu'à l'ordinaire. Regina commence à caresser lentement la gracieuse croupe, éblouie, comme toujours, par l'extraordinaire fermeté de la chair, qui résiste et rebondit sous le poids de ses paumes. Au bout de deux minutes peut-être de ce traitement, Emma manifeste de la frustration. Elle se met à remuer légèrement les reins de haut en bas, s'offrant davantage. Comme la sorcière n'ose pas affermir l'intensité de ses attouchements, la sauveuse formule sa requête sans hésiter, ce qui est tout à fait inhabituel pour elle et fait penser à sa maîtresse que, peut-être, la soirée a marqué un progrès dans leur relation. « Plus fort, Regina ! »

La souveraine appuie sa paume sur la chair ferme avec nettement plus d'énergie, ce qui provoque un gémissement extasié. Elle passe à la fesse gauche, la caresse à son tour. Elle commence à faire jouer ses doigts, les étalant pour profiter du plus de surface possible. Emma apprécie visiblement ces manipulations. Mais elle en veut plus, et aiguillonne la belle brune. « Tes deux mains, s'il te plaît. Masse-les. Pétris-les. N'aie pas peur, ça ne me fait pas mal. C'est bon. » La sorcière, respirant de plus en plus fort, palpe lentement, une main sur chaque fesse, toute cette chair qui est à sa merci. Les muscles, incroyablement robustes, semblent sauter pour reprendre immédiatement leur forme initiale, chaque fois qu'elle relâche la pression. Elle se fie aux sons de plaisir étouffés que produit sa compagne. Au bout d'un moment, sans se retourner, la sauveuse déclare d'une voix feutrée : « La pommade… s'il te plaît. »

Avec une certaine appréhension, Regina s'empare du tube et fait jaillir dans sa main droite une dose de crème. Elle grimace en sentant à quel point elle est froide. Avec curiosité, elle en étale un peu sur son index, puis en teste la texture avec son pouce. Jamais elle n'a utilisé un produit aussi épais, aussi adhérant. Très hésitante, elle murmure à sa bien-aimée : « Ma poupée, si c'est désagréable, dis-le-moi tout de suite, d'accord. J'ai de la cold cream. » Elle reçoit pour toute réponse un petit « mmm… ». Quand elle répand le contenu de sa paume sur la fesse droite, Emma sursaute et émet un bref piaillement indigné. Aussitôt, la reine passe à l'action en faisant pénétrer le baume dans la peau, d'un rapide mouvement circulaire. Cherchant à rassurer sa bien-aimée, elle lui murmure : « Shhh… mon bébé. On va essayer, d'accord. Si tu n'aimes pas, j'arrête. »

Au bout de quelques secondes de massage, l'onguent s'étale sur l'ensemble du monticule arrondi. Regina se demande comment cette crème, si épaisse, a pu recouvrir une telle surface. Toute la fesse droite luit à présent sous un badigeon glissant et miroitant. Ce n'est plus froid du tout. C'est même chaud, fiévreux. Emma a commencé à gémir de plaisir. Rassurée, le maire demande : « Je continue, mon trésor ? » Hochement de tête empressé. La fesse gauche a bien vite subi le même traitement. La magicienne entreprend un massage en règle, malaxant des deux mains le beau petit fessier, saisissant chacune des moitiés frémissantes dans ses paumes, les soulevant, puis les lâchant brusquement pour voir la chair élastique tressauter et reprendre très exactement sa forme, les séparant avec hardiesse, de façon à imprégner de crème jusqu'au pli charmant, si secret, ce qui, elle en est sûre, empourpre le visage d'Emma, pressé contre l'oreiller.

Regina croit voir la rougeur diminuer à vue d'œil. Son désir est revenu en force, nourrissant un feu ardent dans son bas-ventre, sous sa robe de chambre. Elle se fait la réflexion abstraite que quatre de ses cinq sens sont comblés, saturés de bonheur. La vue : Emma nue et vibrante, ses merveilleux cheveux, qui bouclent un peu sous l'effet de l'humidité, son bel arrière-train exhibé, palpitant et frétillant. L'ouïe : les gémissements impudiques d'Emma, qu'elle ne retient en aucune façon. Le toucher, bien sûr : que dire sinon que ses mains, pleines de la chair d'Emma, connaissent une extase inexprimable ? L'odorat : la peau d'Emma exhale véritablement une odeur unique, camphrée, à la fois fade et épicée, et le parfum de son excitation commence de nouveau à se répandre. Se sentant soudain spoliée du sens du goût, la sorcière se penche sur le beau corps vulnérable, attentive à ne pas l'écraser de son poids. Rapidement, de la main droite, elle écarte les mèches opalines avant de revenir à la croupe, qu'elle recommence à masser. Ayant dégagé la nuque, elle se met à couvrir de baiser, puis à lécher, à savourer la peau du cou, du dos, des épaules.

Avec une soudaineté tout à fait incongrue, la douce voix de la petite nymphe se fait entendre. Les paroles qu'elle prononce arrêtent abruptement les baisers de la sorcière, ainsi que ses mains, qui s'immobilisent sur le postérieur chatoyant de pommade. Elle se redresse. « Tu es d'accord avec Cassie ? » Regina ne sait pas quoi répondre, encore moins quoi faire. L'évocation de la tortionnaire sadique, qui a journellement terrorisé, humilié, torturé, violé une jeune fille, presque une enfant, déjà cruellement éprouvée et abandonnée de tous, la laisse pantoise. Comme le silence lui répond, Emma se retourne, prenant appui sur son coude droit, se redressant sur la main gauche, se tordant à la fois le cou et le dos pour mieux regarder sa maîtresse. Son regard n'est pas vraiment vide, mais impassible, et dénué de toute crainte. « Elle n'est absolument pas dans son état normal », se dit la reine.

Se forçant à la sérénité, du moins en apparence, la magicienne poursuit son massage, jetant vers son amante des coups d'œil néanmoins inquiets. « Pardon, mon amour, tu m'as surprise. De quoi parles-tu exactement ? » Emma cligne des yeux, puis reprend sa position allongée. Cette fois, elle s'appuie sur ses deux coudes, ce qui lui creuse irrésistiblement les reins et fait saillir sa croupe, la rendant encore plus provocante, encore plus désirable. « Est-ce que tu trouves, comme Cassie, que j'ai le plus beau cul du monde ? » précise-t-elle. Regina n'est pas sûre de comprendre d'où vient et où va cette interrogation. Le plus étrange est la référence à ce monstre, dont la princesse lui a parlé ce soir pour la première fois. Mais lorsqu'elle ouvre la bouche, c'est la vérité qui sort. « Oui. »

Emma se retourne à nouveau et dévisage son amante, longtemps. « Son superpouvoir », pense la sorcière. Elle a toujours jugé que la capacité exceptionnelle de sa protégée à détecter les mensonges s'expliquait rationnellement. En effet, elle a lu que les victimes de mauvais traitements, surtout si elles vivent dans un environnement hostile et violent dès le plus jeune âge, sur une période prolongée, développaient souvent ce mécanisme de défense. Heureusement, elle sait qu'elle vient de dire toute la vérité, rien que la vérité, bien qu'elle eût pu renchérir sans fin et certifier au pauvre ange que son cul (elle n'y pense pas, généralement, en ces termes, mais le vocabulaire de la petite fée la met dans tous ses états) est la huitième merveille du monde. Que la demeure des dieux, sur l'Olympe, est très certainement construite sur une réplique de son postérieur.

Elle continue à masser Emma, s'aventurant maintenant jusqu'aux reins, descendant jusqu'en haut des cuisses. La jeune femme reprend sa position, en appui sur les coudes, recommence à parler, toujours de ce ton distrait, un peu hagard. « Je sais que c'est vrai. Tout le monde a toujours voulu mon cul, d'une manière ou d'une autre. Après mon incarcération, j'ai décidé d'en faire une arme plutôt qu'une cible que je porterais, c'est le cas de le dire, dans le dos. J'ai commencé par courir, plusieurs heures par jour. Je courais avant d'aller travailler. Je n'ai jamais été une bonne dormeuse… Enfin avant d'être avec toi. Ce n'est pas que tu m'as rendu le sommeil, c'est que tu m'as appris à dormir. » Regina se dit qu'elle ne divague pas exactement, que son discours n'est décousu qu'en apparence. « J'ai eu l'idée de devenir garante de caution après avoir rencontré un type qui avait exercé cette activité. Enfin, quand je dis « rencontré », je veux dire qu'il me baisait, bien sûr. C'est un de ceux qui préféraient m'enculer. Je veux bien te le dire maintenant. » Sa grossièreté, la sorcière le sait parfaitement, est un symptôme de son état : un bouleversement indicible.

Elle continue, sans s'apercevoir de l'agitation de sa maîtresse. « Je me suis mise à aller à la salle de sport. Ce n'était pas cher. J'avais finalement été embauchée dans un bar correct, ça payait convenablement et je vivais encore dans la chambre miteuse que j'avais louée avec mes premières paies. Je pouvais me l'offrir. J'ai toujours été musclée, athlétique, mais j'ai voulu développer mes capacités, pour deux raisons : être capable de poursuivre des criminels, voire de me battre, et prendre du volume, de la masse. J'avais beau manger, autant que possible et de la manière la moins diététique qui soit, je ne dépassais jamais un certain poids. C'est resté vrai, d'ailleurs. On dirait que mon organisme brûle immédiatement toutes les calories. Je pense que ça doit avoir un rapport avec la malnutrition que j'ai subie quand j'étais enfant. »

L'opinion qu'Emma vient d'exprimer a toujours été celle de la souveraine. Mais elle n'aurait pas cru que la princesse était aussi consciente des bizarreries de son métabolisme, qu'elle avait accordé tant de réflexion aux raisons pour lesquelles son système digestif absorbe en effet des quantités de nourriture faramineuses sans que jamais il n'y paraisse. « Enfin bref, continue-t-elle, j'avais l'intuition qu'en rendant mon corps le plus ferme, le plus tonique possible, je mènerais les mecs par le bout du nez, à condition de gagner en assurance. Je continuais à courir, d'ailleurs je n'ai jamais arrêté, tu le sais. J'ai musclé mes jambes sur les machines, jusqu'à ce qu'elles soient en acier trempé. J'ai tapé tous les jours sur le sac de sable, pendant des heures, j'ai sculpté mes bras. Ils ont beaucoup de succès eux aussi. Ça, le sac de sable, ça faisait vraiment du bien. Je pensais à tous ceux qui m'avaient fait du mal, à mes pères d'accueil, aux gamins qui me rouaient de coups, dans les foyers, à tous ceux qui me volaient ma nourriture, qui m'humiliaient, qui me trahissaient, qui me brutalisaient, à Cassie, à Neal et… et à mes parents, aussi. »

Elle s'interrompt avec un sanglot qui fait monter, une fois encore, les larmes de Regina. Inutile de lui demander ce qu'elle reprochait alors, ce qu'elle reproche peut-être toujours, à ses parents. La reine a arrêté de masser la jolie croupe, qui arbore à présent un beau rose profond et uni. Le sujet qu'est en train de développer Emma l'a incitée à s'en éloigner. Elle écoute avec autant d'appréhension que d'intérêt, tout en remontant sur le dos, qu'elle pétrit avec application. Après quelques instants de silence, la princesse reprend son monologue. « Toujours est-il qu'au bout de quelque temps, j'avais ce corps. J'ai continué à pratiquer la musculation jusqu'à mon arrivée à Storybrooke. Il n'y a pas de salle de sport, dans la ville. Ça me manque. Mais j'adore aussi courir sur la plage et puis faire des tractions sur les barres, tout près. Et mes haltères, bien sûr. » Cette fois, la puissante reine sourit à travers ses larmes. C'est elle qui a offert ces petits haltères, rangés dans le placard de leur chambre, à son amante. Une bonne intuition.

Emma poursuit, d'un ton peut-être un peu moins monocorde. « Et j'avais toujours ce cul, qui attirait immanquablement tous les mecs que je croisais. En général, ils se focalisaient moins sur mes seins, même s'ils ont eu leur part de gloire. Pas mal de bonshommes m'ont dit qu'ils étaient trop petits… mais l'incroyable popularité de mon cul ne s'est jamais démentie. Ma taille s'était affinée. Je n'ai jamais eu de balance mais je suis sûre d'avoir gagné plusieurs kilos de muscles. Mes hanches sont devenues plus larges. Tout ça mettait mes fesses d'autant plus en valeur. Et je travaillais mon aplomb. »

« Quand je me suis décidée à postuler dans les agences qui recrutaient des garants de caution, j'ai systématiquement joint des photos à mon dossier, qui mettaient mon corps en valeur, mes biceps, et aussi mon visage, dans une moindre mesure. Je me suis rendue au premier entretien d'embauche avec un jean si serré que j'avais peur de ne pas pouvoir m'asseoir. Et un débardeur noir, sans manches, pour exposer mes bras et mes épaules. Je ne me suis pas attaché les cheveux. Je les ai frisés légèrement au fer. Je n'ai pas mis mes lunettes, en croisant les doigts pour que mes problèmes de vue ne soient pas trop manifestes. Et… et j'y suis allée sans soutien-gorge. Comme mon t-shirt était noir, on ne pouvait pas vraiment me reprocher d'être indécente. Mes tétons sont terriblement sensibles, tu es bien placée pour le savoir, et je prévoyais qu'ils durciraient sous l'effet de l'adrénaline, et du froid aussi car c'était l'hiver, qu'ils seraient visibles à travers le tissu. Je savais que le patron était un homme et j'espérais qu'il ne pourrait pas me résister. C'est exactement ce qui s'est produit. J'ai été embauchée à l'essai au bout de cinq minutes. C'était toujours à Phoenix. Je ne suis arrivée à Boston que plus tard. »

Après une courte pause, elle continue : « Je me suis vraiment servie de mon corps comme d'un objet, et j'ai continué à le faire… Je… je le faisais avec Hook. Et… je le fais sans doute encore souvent avec toi. » Le maire se mord les lèvres. Elle supporte mal d'entendre parler du pirate. Parmi toutes les relations amoureuses d'Emma, c'est la seule dont elle ait été un témoin direct, si l'on excepte le flirt très fugace… et pour cause… avec Graham. Très vite, elle s'est sentie rongée par la jalousie. Par ailleurs, elle a toujours soupçonné ce voyou alcoolique d'abuser émotionnellement de la petite blonde, de profiter avec une grande insensibilité de son besoin d'amour. Lorsque la sauveuse l'a finalement quitté, elle a poussé un soupir de soulagement, non seulement pour Emma, mais aussi pour elle-même, d'ailleurs, leur premier baiser s'est produit très peu de temps après. Le shérif met la séparation sur le compte de l'incompatibilité d'humeur. Lors de rares conversations sur le sujet, elle est allée jusqu'à confier à Regina qu'il était égoïste (c'est le mot qu'elle emploie) lors de leurs rapports sexuels. La reine est persuadée que Hook a aussi abusé physiquement de la princesse. Mais celle-ci n'est de toute évidence pas encore prête à l'admettre.

Les réflexions de la belle brune n'ont duré qu'un instant. Emma continue son discours, qui prend une tournure de plus en plus psychanalytique. « J'ai du mal à sortir de ce schéma. On avait fini par me persuader que ma personne physique était une… une chose, un outil, un gadget peut-être. Alors j'ai décidé de l'utiliser moi-même plutôt que de le laisser à la merci des prédateurs. Pour te donner un exemple, quand Kilian a commencé à me déshabiller du regard, sur l'île de Pan, ça m'a mise mal à l'aise. Je suis conditionnée à me contracter lorsque ça arrive, surtout avec un homme. Je perçois ces attentions comme une menace. Mais d'un autre côté, il… il s'est mis à rechercher ma compagnie, à tout faire pour se rendre utile, indispensable auprès de moi. Et le côté de ma personnalité qui instrumentalise mon corps réagit en jouant la provocation. J'ai parfois fait exprès de marcher juste devant lui, même de me pencher, pour qu'il puisse me mater les fesses. Et ce baiser… Tout ça pendant que mon fils était seul, terrifié et en danger. »

Le shérif s'interrompt, émet un sanglot poignant. « Je… je ne suis pas fière de ce que je te raconte. Il n'y a vraiment pas de quoi pavoiser. » Un soupir désolé. « Tu dois penser que je me suis conduite comme une traînée. » La reine sent qu'il est essentiel d'intervenir : « Tu t'es battue pour survivre avec les moyens que tu avais à ta disposition, mon ange. Lors des années qui ont suivi ton incarcération, tu n'as été que courageuse et héroïque. Et pour Kilian… bien sûr que tu recherchais l'amour et la chaleur, ma chérie. Tu n'as jamais rien fait de mal. C'est ce que je pense de toi. »

Leur position respective empêche Regina de contempler le visage de l'être aimé. Elle n'aperçoit que la belle tête blonde, la nuque sensuelle. Mais elle voit néanmoins le geste qu'Emma tente pourtant de rendre discret. La sauveuse essuie furtivement ses larmes, ce qui humidifie aussi les yeux de la magicienne. « J'ai le sentiment de n'avoir été qu'un corps, en fait », reprend-elle. « Jusqu'à l'âge de… peut-être vingt ans, quand j'ai commencé à vraiment développer ma culture générale. Je ne passais quasiment que par la télévision et par internet, pour ça. Ça m'a pris du temps, bien sûr. Lire était trop difficile. Je ne te remercierai jamais assez pour tes lectures à haute voix. »

Elle se décroche encore une fois le cou pour sourire à son amante, les yeux pleins de reconnaissance. Celle-ci masse à présent les épaules musculeuses, avec une application acharnée. Après avoir repris sa position, Emma continue son discours : « Bref, vers l'âge de vingt ans, je me suis confusément aperçue que j'avais un cerveau. Je comprenais des choses que je n'aurais jamais pensé saisir un jour. L'idée m'a traversé l'esprit que… que je n'étais peut-être pas totalement débile, en fin de compte. Mon vocabulaire ne faisait que s'étendre, de jour en jour. » Incapable de rester sans réagir, la reine réplique : « Ma chérie, tu es brillante, je te l'ai déjà dit. Tu parles merveilleusement bien, mon amour. Je connais des dizaines de personnes soi-disant supérieurement instruites, qui sont très loin d'avoir ta maîtrise du langage. »

Timidement, la princesse offre un petit « merci », puis elle poursuit : « Mais pendant toute mon enfance, toute mon adolescence et le début de mon âge adulte, je n'ai été qu'un corps. Toute ma vie, toutes mes actions, toutes mes pensées même, étaient destinées à le défendre, à le protéger, ou alors à chercher de quoi le nourrir, l'hydrater, le réchauffer, le soigner, le couvrir, le laver... La faim, le froid, la douleur, la violence, la dégradation s'en prenaient sans cesse à lui. C'étaient comme des monstres cachés dans les placards, sous les escaliers, dans les ruelles obscures, derrière les portes, qui l'épiaient sans cesse et lui faisaient tout le mal possible. Pour te donner un exemple concret, s'il y avait des coups de ceinture à recevoir, je faisais tout ce qui était en mon pouvoir, c'est-à-dire vraiment pas grand-chose en fait, soit pour y échapper, soit pour diminuer le nombre de coups, soit pour en réduire la violence, soit pour en minimiser l'impact. »

Regina se mord la lèvre inférieure jusqu'au sang. Ne pas lui poser de questions, la laisser parler. Ne pas lui demander l'âge qu'elle avait au moment où les événements qu'elle évoque se sont produits. De toute façon, se dit la magicienne, ce n'est pas un souvenir précis. Elle fait référence à une période qui court de sa petite enfance à son adolescence. L'affreux exposé continue : « Ce qui est absurde, bien entendu, c'est que très vite j'ai renoncé à en parler aux travailleurs sociaux qui s'occupaient de moi, alors qu'en réalité, c'était le meilleur moyen de me protéger. Mais j'avais expérimenté trop souvent le cas de figure où ils me laissaient où j'étais, après avoir parlé de mes plaintes aux familles, ce qui les amenait à me battre encore plus, bien sûr. Ou alors ils me tiraient de là, mais trop tard, et j'avais droit à une dernière trempe, d'autant plus terrible que, foutus pour foutus, ils ne cherchaient plus à éviter de laisser trop de traces. »

Se sentant obligée de faire un commentaire, le maire encourage l'être aimé d'un « Je comprends, mon amour » mal assuré. Le shérif continue : « Si mon père d'accueil du moment était gravement alcoolique, je savais qu'il y avait des chances pour qu'il s'endorme et ne se souvienne pas des excellentes raisons qu'il pensait avoir pour me punir en se réveillant, alors je me cachais. Si c'était un sadique, qui aimait me frapper, je… » Elle hésite, se décide : « … j'allais au-devant de lui. Si je savais qu'il aimait me voir pleurer, je sanglotais avant même que la raclée ne commence, parce qu'il se sentait plus vite satisfait. » Une épouvantable bouffée de honte parcourt l'âme sombre de la sorcière. Elle aime voir couler les larmes sur les joues pâles, elle aussi, et écouter les sanglots brisés. Mais sa partenaire n'est plus une enfant, ce n'est pas la même chose, se persuade-t-elle faiblement. « Dans le cas où c'était ma soumission qu'il recherchait, poursuit Emma, je demandais pardon, les yeux baissés, même si je n'avais pas la moindre idée de ce qu'il me reprochait. Avec ces méthodes, généralement, ils frappaient moins fort et moins longtemps. Et… et si je savais que j'allais écoper d'une très longue volée, d'une correction carabinée, je jouais sur ma position. »

Madame le maire a un hoquet alarmé que perçoit immédiatement son amante. Celle-ci s'interrompt brusquement. Regina se racle la gorge, toussote, puis parvient à dire : « Continue, mon pauvre petit ange, je t'écoute. » Après quelques secondes encore d'indécision, Emma reprend : « J'avais constaté que plus mon corps était tendu, plus les coups de ceinture faisaient des dégâts, alors je me relâchais complètement, je devenais molle comme un chiffon, malgré la douleur, en attendant que ça passe. S'ils fouettaient la peau nue, je suivais le mouvement de la ceinture, pour éviter le plus possible qu'ils ne m'écorchent. » La reine est pétrifiée d'horreur. La tête basse, la princesse conclut : « Je pourrais donner une conférence sur l'art de prendre des coups. »

Finalement, elle s'arrête. La divine sorcière réfléchit quelques instants, puis tente le tout pour le tout : « Ma chérie… Tu… tu ne penses pas que ce serait une bonne idée que tu passes voir Archie, à l'occasion ? » Le silence du shérif plonge Regina dans la confusion et le regret. Elle aurait dû attendre un moment plus favorable. Mais alors qu'elle pense que sa protégée ne lui répondra plus, celle-ci murmure : « Je vais y réfléchir. » Puis, avec toujours aussi peu d'à-propos, elle demande soudain : « Tu veux que j'arrête de mettre des jeans moulants ? »

Madame le maire ne peut pas faire semblant d'ignorer ce qui motive la question de sa compagne. Mais il faut répondre : « Ma poupée… Non, j'ai… j'ai dit ça comme ça. D'abord, tu es une grande fille, tu t'habilles comme tu veux. Et la vérité, c'est que… j'adore tes jeans et tes débardeurs. » La princesse bâille, se frotte les yeux, puis reprend. « Ça ne te rend pas jalouse ? » Regina soupire. Emma est très subtile et perspicace. D'ailleurs, la magicienne ne veut pas mentir. « Je… j'avoue que quand je vois des hommes te lorgner comme s'ils allaient te sauter dessus en pleine rue, ce qui arrive à peu près toutes les heures, j'ai le plus grand mal à ne pas leur envoyer une boule de feu. J'ai l'impression qu'ils te salissent de leurs yeux. Mais tu ne dois pas en tenir compte, ma puce. Et comme je te l'ai dit, j'adore quand tu me donnes, à moi aussi, envie de te sauter dessus en pleine rue. Ma jalousie n'est pas vraiment un problème. »

Un silence de quelques secondes s'installe, au cours duquel la sorcière se fait la réflexion qu'elle aime en effet sa propre jalousie, et que la part la plus perverse de sa personne aspire à punir Emma pour la façon dont elle semble offrir le spectacle de son corps au monde entier. Pourtant, la belle dame brune est consciente que les tenues de la sauveuse n'ont rien d'excessivement dévergondé ou aguichant. Elle se demande si sa partenaire ne serait pas elle aussi en train de méditer le fait que ses jeans sont un merveilleux prétexte à la fessée.

Totalement à brûle-pourpoint, le shérif reprend son récit, comme si aucune parenthèse ne l'avait interrompu. « Pour revenir à mon cul, je m'en suis beaucoup servie pour piéger les types qui essayaient d'échapper à la justice. Mais ça n'empêche pas que c'est… Il y avait des jours… Il y a encore des jours où… c'est un peu dur à porter. C'est peut-être absurde, mais… Avoir ce corps, c'est un atout bien sûr, mais c'est aussi une malédiction. Je n'ai pas demandé à être comme ça, pas au départ en tout cas. C'est la génétique qui m'a fait ça. C'est étrange de se dire que si presque tous les mecs, et aussi beaucoup de femmes, que j'ai croisés dans ma vie, n'avaient pas d'autre idée en tête que de m'enlever ma culotte, c'est parce que je suis la fille de Blanche-Neige et du Prince Charmant. » Elle rit doucement. Regina aurait plutôt envie de pleurer.

« Tu sais, continue-t-elle, je ne me suis jamais trouvée belle. Quand je me regarde dans le miroir, je vois cette pauvre chose brisée, grotesque… Pourtant on m'a aussi fait beaucoup de compliments sur mon visage… Je crois que je trimballe sans le vouloir un air d'innocence qui rend les mecs… les mecs et Cassie… complètement fous. En tout cas, la combinaison de mon corps et de mon visage les fait bander dur, c'est une certitude. » La belle reine se mord les lèvres, se force à ne pas réagir tout de suite. « Et puis il y a mes cheveux, bien sûr. Je suis sûre que c'est parce que les hommes aiment les instrumentaliser pour me dominer, me guider comme un cheval quand ils… » Elle hésite quand même une seconde. « … quand ils se servent de ma bouche. » Regina ne peut plus se taire.

Prenant l'être aimé par les épaules, elle se penche sur elle, dépose un baiser dans son cou. Emma tourne un peu la tête, étonnée. Sa compagne appuie son front fatigué sur la joue pâle. « Oh ! Mon amour ! Je t'en supplie, ne parle pas ainsi de toi-même… » Le shérif ne dit rien, écoute son amante avec attention. Celle-ci semble un peu essoufflée et prend quelques respirations profondes. « Ma chérie, comment est-il possible que tu ne te trouves pas belle ? Tu es la plus belle femme que j'ai jamais vue, mon ange, de visage et de corps. Mais… je comprends, je comprends qu'être aussi désirable puisse être un fardeau. » Regina s'interrompt, décomposée. Elle se souvient si bien d'avoir porté la même croix, exactement, à l'époque où sa mère la paradait pour la marier. Après son union forcée avec le grand-père d'Emma, aussi. Elle caresse lentement les bras et les épaules de l'objet de son affection, lui dépose encore un baiser sur la nuque. Après avoir hésité, elle se décide : « Mon petit trésor… Je… Oh ! C'est difficile » crie-t-elle presque.

Affolée, Emma esquisse le geste de se redresser mais son amante l'arrête tendrement. La belle brune tremble légèrement. Au bout de quelques instants, elle essaie encore : « Je… Tu n'as qu'un mot à dire, ma chérie et je… je laisserai tes fesses tranquilles. » La sauveuse est si abasourdie qu'elle n'a rien à répondre : « Tu n'as qu'à me dire d'arrêter et j'arrêterai, mon bébé. J'arrêterai de te fesser, j'arrêterai de me concentrer sur ton derrière comme je l'ai fait ce soir. J'arrêterai le sexe anal, si tu me le demandes. » La jeune femme en reste muette quelques secondes. Il est évident que l'offre de sa maîtresse constitue pour elle un immense sacrifice, et Emma en est bouleversée. Finalement, elle répond de sa douce voix rocailleuse : « Non, Regina. Je ne veux pas que tu arrêtes. Au contraire. » Un étrange rire, à la fois désespéré et railleur, échappe à la souveraine. Alors, le shérif s'explique : « Tu ne comprends pas. C'est comme si tu réparais quelque chose, ma reine. Partout où tu passes, tu les effaces. Je veux qu'il n'y ait plus que toi qui me touches, pour la vie. » Cette dernière déclaration est la goutte qui fait déborder le vase des larmes. La sorcière éclate en sanglots.

Emma pousse un soupir et se retourne vers son amante. Sans annoncer ses intentions, elle se met à genoux devant elle et se love amoureusement dans ses bras. Regina enlace la petite nymphe nue. La tenir ainsi, toute impudique, alors qu'elle-même est vêtue de sa robe de chambre, fait doucement trembler ses mains. Une pensée surgit dans son cerveau fatigué : « Je réparerai tout. Je la guérirai. Mais aurai-je le temps ? Elle a déjà trente-cinq ans… et je ne suis plus immortelle. » Manœuvrant sa bien-aimée avec une lenteur étudiée, elle l'encourage à s'allonger avec elle. Avant de se glisser sous les draps, Emma murmure : « Déshabille-toi. » La reine se débarrasse de son peignoir et, chose incroyable, le jette à terre. Sur le sol de la chambre, d'ordinaire impeccablement rangée, gisent son pyjama, la nuisette de sa compagne, deux robes de chambre, une sortie de bain. Les femmes de ménage s'en occuperont, sans poser la moindre question. La tête brune et la tête blonde viennent s'appuyer sur les oreillers moelleux. Regina rabat soigneusement la couette épaisse, puis éteint la lampe de chevet.

Emma se love contre la poitrine de sa maîtresse, pousse un profond soupir de bien-être. Les bras bistrés viennent s'enrouler autour du gracieux corps blanc, le serrant tendrement. Mais la princesse surprend sa compagne, pour la dernière fois de la soirée, lorsqu'elle prend soudain en coupe, dans sa main gauche, un beau sein lourd à la peau olivâtre. La magicienne sursaute. Ses yeux se posent sur sa propre mamelle, cerclée par les doigts calleux de la sauveuse. La lumière de la lune lui permet de voir le mouvement du pouce, qui dessine doucement l'aréole, puis taquine le téton, le faisant durcir. Le regard de la reine revient aux magnifiques yeux de jade, qui l'observent rêveusement. De son timbre d'enfant, Emma demande : « Je peux m'endormir en tétant ? »