Audrey avait la sensation qu'un camion lui était passé dessus ce matin là. La nuit avait été longue et angoissante pour elle, voir sa mère dans cette état de faiblesse n'était pas nouveau, mais lui brisait le coeur à chaque fois. Elle mangeait des tartines à la confiture de rose avec peu de conviction lorsque son père arriva dans la cuisine pour se servir une tasse de café. Le mug rempli il se tourna vers sa fille la mine consternée.
"Ça suffit les larmes de crocodile Audrey." soupira t il avec agacement. La jeune fille le regarda avec des yeux de cocker.
"Mais Papa ! Maman va..."
"Ta mère va très bien. Elle nous enquiquine seulement pour qu'on lui prête attention c'est tout." fit il inflexible. "Allez... " il but sa tasse cul sec. "J'ai rendez vous avec Monsieur le Maire, je ne vais pas le faire attendre..." fit il avec impatience. En effet Philippe Dormant était le chef de la police d'Auradon et devait donc s'entretenir régulièrement avec lui sur les affaires de la ville. Il y avait encore eu des tensions dans le quartier de l'Île la veille et le Sergent Dormant devait lui faire son rapport.
"Qu..quoi ? Tu restes pas avec moi ? Et maman, on la laisse toute seule ?"
"Mais non, elle a plein de médecins autour d'elle, elle n'est pas seule. Allez, changes toi les idées cette après midi, ta mère sera sur pied d'ici ce soir. Pourquoi n'irais-tu pas rendre visite à ton petit copain Benjamin ? Un jeune homme de son âge sait toujours comment rendre le sourire à sa demoiselle !" dit il avec un sourire courtois avant de partir nonchalamment. Laissant sa fille seule et désoeuvrée.
Audrey prit son téléphone et se mit à envoyer un message à celui qu'elle aimait. Son père avait raison sur un point, si il y avait bien une chose qui pouvait lui remonter le moral c'était bien le fils du Maire. Malheureusement pour elle, Ben avait d'autre préoccupations en ce Samedi matin, mais ça elle l'ignorait, lorsqu'il lui répondit simplement qu'il avait "déjà quelque chose de prévu". En effet, il devait tout faire pour être le plus beau pour son tout premier rencard. Le châtain était nerveux. Il s'était changé au moins 10 fois, demandant constamment son avis à son petit frère d'accueil, qui avait fini par rejoindre son aîné dans sa chambre, fatigué et amusé par ses allers-retours intempestifs entre leurs deux chambres.
"La veste de costume avec la chemise ça fait trop guindé pas vrai ?" demanda t il inquiet en lissant les manches de sa veste. Carlos le regarda avec intérêt.
"Ouai... je préfères toujours ton t shirt de tout à l'heure, mais pas avec la veste que tu m'as montré..." fit il en buvant un chocolat chaud blotti sur le lit king-size de son grand-frère. Le châtain enleva la veste et la chemise qu'il portait, et fouilla la pile de vêtements qu'il avait déjà essayé.
"Ce tshirt là ?" demanda t il en sortant un tshirt sombre à motif.
"Non le... attends..." le blond posa son mug sur la table de chevet et l'aida à chercher. Il sortit triomphalement un t shirt jaune pastel uni de la pile. "Celui ci ! Je trouve que ça te donne un bon teint... Enfin pour ce que mon avis vaut..." dit il timidement. Ben prit le tshirt et l'enfila. Il se regarda dans le miroir avec intérêt.
"Non tu as raison." souffla t il. Il gonfla la poitrine. "Bon Okay. Donc on valide le tshirt. Ce pantalon ça va aussi ?" s'assura t il avec nervosité en regardant son pantalon chino camel.
"Oui, c'est très bien. Maintenant on va juste te trouver une veste qui va parfaire le tout, t'angoisse pas." fit le jeune garçon en bougeant les cintres dans la penderie du jeune homme. "Waouh, t'as tellement de trucs là dedans... Ça me donne tellement envie. J'adore les fringues." avoua Carlos, rêveur. "Tiens met ce bombers bleu marine là. Je suis sûr que ça sera parfait." ajouta t il en lui tendant le vêtement. Ben enfila la veste et se contempla à nouveau.
"Waouh Carlos... t'as l'oeil. Merci. C'est parfait." fit il étonné avant de s'asseoir sur son lit. "Ça doit te paraître tellement ridicule tout ça." fit le châtain avec une grimace. Le blond vint le rejoindre sur le bord du lit.
"Non c'est pas ridicule. Et qui je suis pour juger de toute façon ? J'ai jamais eu de rencard moi. Mais, tu vois, je pense que c'est normal que tu veuilles être beau pour quelqu'un que t'aime bien... C'est ce que j'ai tenté de faire à la soirée d'Harry, et tu vois au final Jay m'a à peine regardé..." fit il avec douleur. Le fils du Maire posa une main rassurante sur sa cuisse.
"Hey... sache qu'il était pas complètement indifférent, il a remarqué que tu avais fait attention à ton look, et puis même si il s'en fichait, l'important c'est que tu te trouves beau, toi." expliqua t il avec une infinie douceur. "Il t'a renvoyé des messages au fait ?" Le blond soupira.
"Oui des tonnes..." fit il en prenant son téléphone et en le présentant au châtain.
JAY : *mms photo sur la plage* Bon petit matin les pieds dans le sable, et bientôt dans l'eau 0:) Vous avez prévu quoi de beau avec Ben ce week end ?
JAY : 12:00 : C'est partie pour le resto
JAY : Tout va bien ? Ben me répond pas non plus...
JAY : Baignade et crêpes pour le goûter :3
"...j'ai pas répondu. J'ai pas envie de penser à lui ce week end, j'ai envie de profiter qu'il soit loin..." admit-il. Le fils du Maire lui rendit son téléphone et passa un bras autour de ses épaules.
"Tu as raison. Pourquoi tu ne te changerais pas les idées en allant faire un peu de shopping avec maman ? Je vois que tu adores les fringues, et maman serait tellement heureuse. Papa est au bureau toute la journée, remarque, pour nous deux c'est pas plus mal, et en plus ça va faire une éternité que maman n'a pas fait de shopping avec quelqu'un. Je préfère toujours aller au centre commercial avec Evie, du coup je la néglige un peu." expliqua t il.
"Tu... tu crois qu'elle... qu'elle m'achèterait des fringues ?" demanda Carlos à la fois abasourdi et gêné. Ben sourit et leva les yeux au ciel.
"Carlos. Tu fais partie de notre famille maintenant, de notre foyer, ça signifie que maman et même... papa, sont là pour te fournir tout ce dont tu as besoin. Je t'assures, parles en à maman, elle sera contente." fit il avec entrain.
"D'a... d'accord..." répondit le blond les joues rouges.
"T'es plus dans le quartier de l'Île p'tit frère, détends toi." ajouta t il avec bienveillance.
Et il avait raison. Son père, confortablement installé dans son fauteuil de Maire écoutait religieusement le Sergent Philippe Dormant lui faire son rapport sur les rixes et les événements tragiques qui avaient eu lieu la veille dans ce quartier maudit.
"Concrètement Philippe, sur le bilan humain on est comment ?" demanda posément le Maire d'Auradon.
"Les bagarres entre nos équipes et les gangs n'ont fait que quelques blessés parmis nos troupes, mais le plus tragique c'est qu'une gamine de 16 ans est morte par overdose. On l'a retrouvé derrière une benne à ordure pas loin de la Maison de l'Horreur. On essaye depuis des mois de remonter un réseau de trafic de drogue intra-quartier qui tue de plus en plus de jeunes, mais c'est super fastidieux, ils sont de plus en plus malins, ils ne laissent plus autant de traces qu'avant."
"Ce quartier est de pire en pire chaque jour... Tu penses pouvoir y arriver, à remonter le réseau ? Je peux décemment pas promettre à la population que je vais arrêter les coupables, si on est pas sur d'y arriver."
"Ah ! Ça ! C'est sûr !" siffla une voix fluette de femme à l'entrée du bureau. Malvina Bertha, dite la Maléfique, était là dans toute sa splendeur, la secrétaire du Maire confuse derrière elle.
"J'ai... Monsieur le Maire... j'ai tout fait pour l'en empêcher, je vous promets !" fit la petite voix de la secrétaire.
"Ne vous en faite pas Élise." répondit le Maire d'une voix rassurante avant de se tourner vers son invitée non-désirée. "Maléfique ! Que nous vaut le plaisir de cette visite matinale !" lança la Bête d'une voix traînante. La mère de Mal s'avança vers eux est s'asseya sur le siège voisin à celui de Philippe.
"J'imagine que c'est pour la même raison pour laquelle notre cher Sergent-inutile-Dormant est ici !" fit elle avec un sourire triomphal. "Adam combien de temps allez-vous encore mentir aux Auradoniens et Auradoniennes à propos de votre manque d'implication dans le quartier de l'Île ? La vérité Adam c'est que vous laissez ce quartier pourrir au lieu de lui redonner sa splendeure d'antan !" fit elle en se servant un whisky sans aucune gêne.
"Il n'est pas un peu trop tôt pour le whisky Malvina ?" demanda le Sergent Dormant les lèvres pincées. Maléfique le fusilla du regard avant de faire naître un sourire complètement diabolique sur son visage. "Au fait Philippe comment va votre femme ?" fit elle d'une voix cristalline en portant l'alcool à ses lèvres. Adam raisonna le Chef de la police du coin de l'oeil et prit sa concurrente en charge.
"Malvina, je peux t'assurer que la situation de l'Île est entre nos mains. Nous avons constamment évolué et avons apporté notre soutien en créant de multiples infrastructures dans le quartier depuis 5 ans afin de..." Maléfique claqua sa langue alcoolisée contre son palet avec un sourire goguenard.
"Ah oui.. en créant vos petites associations et foyers d'accueil ? En faisant venir un camion médicalisé une fois par semaine pour soigner les drogués ? En arrachant les enfants à leur mère pour les ramener chez vous et en faire des faire-valoir de votre campagne ?" siffla t elle en allongeant ses jambes sans aucunes gênes sous le bureau en acajou. Les joues du Maire s'empourprèrent, et il tenta de se concentrer pour ne pas exploser. Les mots que son fils lui avait dit la veille résonnaient encore dans sa mémoire. Il ne voulait pas succomber à sa réputation de Bête.
"La présence de Carlos D'Enfer chez moi n'est que pure coïncidence, nous accueillons des orphelins au sein de notre famille depuis des années." fit il le plus calmement possible.
"Adam... Adam... Adam... c'est justement ça le problème, Carlos D'Enfer n'est pas un orphelin, il a toujours une mère. Une mère qui, si je puis me permettre, a été injustement accusé de chose qu'elle n'a pas commise !" fit elle avec aigreur en prenant une nouvelle lampée de whisky.
"Enfin Maléfique ! Ne dites pas n'importe quoi !" s'égosilla le Sergent Dormant, outré. "Je suis celui qui l'a arrêté. Son fils était couvert de sang, il avait les phalanges complètement cassées ! Un traumatisme crânien ! Enfin ! Votre fille y était !" avoua t il dans un excès de consternation. Maléfique jaugea la tête du policier avec une froideur glaciale et déconcertante.
"Donc Mal est décevante à ce point là ? C'est elle qui vous a appelé ?" fit elle toujours aussi impassible en reposant son verre.
"Comme si vous ne le saviez pas !" fit Adam, impatient.
"Non je ne le savais pas, comme je ne savais pas qu'elle couchait avec votre fils !" claqua sèchement la mère de famille. La mâchoire du Maire se contracta violemment.
"Vous dites vraiment n'importe quoi !" fit le Maire en serrant les accoudoirs de son fauteuil de bureau.
"Oui, pour la bonne et simple raison qu'il sort avec ma fille." fit fièrement Philippe. Maléfique le regarda avec exaspération.
"Ma fille est une traînée, Phillippe, une traînée facilement impressionnable qui plus est. Elle s'en fout de savoir que ce garçon soit marié !" cracha t elle, le dégoût qu'elle avait pour sa propre fille grossissait dans sa gorge. "Elle est prête à tout pour avoir le fils de la Bête dans son lit ! La preuve : elle n'a même pas voulu jouer les espionnes pour moi hier. Encore un coup malin de votre part Monsieur le Maire j'imagine !" fit elle sarcastique. Adam prit la mesure de ses paroles. Si Mal était effectivement aussi droite, alors il devait se faire pardonner par ses deux fils...
"Ça suffit j'en ai assez..." siffla la Bête en posant son doigt sur le bouton d'appel de la secrétaire. Maléfique rattrapa sa main.
"Nous sommes loin d'avoir fini sale Bête ! Tu devras répondre du décès de cette jeune fille hier, et tu payeras pour avoir injustement envoyé Cruella D'Enfer en prison. Son procès n'a pas encore eu lieu, la campagne n'est pas finie, tout est encore possible, et je te ferais tomber Adam." murmura t elle avec austérité. Le père de famille la regarda droit dans les yeux, le feu de sa colère le consumant.
"Tu ne gagneras pas Malvina. Personne ne voudra d'une femme comme toi qui défends des criminels."
"On parie ? Cruella est une amie, et par dessus tout elle est une des figures incontournable du Quartier de l'Île, ses habitants n'hésiterons pas à voter pour moi si c'est pour récupérer leur Reine. J'irais chercher Carlos D'Enfer moi même, chez toi si il le faut." siffla t elle froidement avant de relâcher la main du Maire et de quitter la pièce sous les pends vaporeux de son long manteau en cuir noir.
Avant de sortir de la maison. Carlos avait rassuré Ben du mieux qu'il pouvait, mais désormais assis dans le bus qui l'emmenait au musée d'Histoire Culturelle, il se savait en complète roue libre. Il sortit à l'arrêt "MUSÉE", prit 2 pizzas à emporter sur un food truck non loin, et s'avança dans le jardin entourant le musée. Mal était déjà là, allongée dans l'herbe.
"Hey le portier ! Tu es ponctuel c'est déjà un bon point !" fit elle avec espièglerie.
"On doit compter les points aujourd'hui ? Alors un bon point pour toi parce que tu es très belle aujourd'huI." fit Ben en s'asseyant devant elle.
"Tu es flatteur, et en plus tu as ramené les pizzas ! Ne comptons plus les points : marions nous tout de suite !" fit elle avec théâtralité. Ben rougit et tendit un carton de pizza ainsi que son soda à la jeune fille. "Alors... qu'est-ce que tu m'as prit... Une Margherita ? Simple et efficace ! Bravo."
"Oui, je savais pas trop si tu mangeais de la viande vu que chez moi on a mangé du poisson, et je connaissais pas non plus ton niveau d'audace en pizza, donc j'ai préféré jouer la carte de la sécurité." expliqua t il en ouvrant son propre carton à pizza.
"Mon niveau d'audace ne va pas jusqu'à la pizza hawaïenne si c'est ce que tu veux savoir. C'est un sacrilège de détruire une pâte à pizza avec de l'ananas si tu veux mon avis. Toi tu as pris quoi ?" demanda t elle curieuse en oeilletant le carton de son voisin.
"Napolitaine, très classique, mais c'est ma préférée." avoua Ben en prenant une part.
"Et avec supplément parmesan apparement !" dit elle en prenant également une part de sa Margherita.
"Ouai on a regardé un reportage sur la fabrication du parmesan avec Carlos hier, tu savais que c'était fabriqué avec deux laits différents ?" demanda le châtain en mâchant sa part avec bonheur. Mal avala le morceau qu'elle était en train de mâcher et but une gorgée de soda.
"Ben... aussi intéressant que soit cette conversation, je pense qu'on est pas vraiment venu ici aujourd'hui pour parler de toute l'étendu de la cuisine italienne, même si c'est la meilleure des cuisine." Elle fit une pause, et demanda enfin : "Co... comment t'as appris la nouvelle hier ?" Ben reposa la part qu'il s'apprêtait à manger et essuya ses mains sur une serviette.
"On était dans le garage avec Carlos, on venait de faire des progrès de ouf avec mon chien, maintenant Carlos et lui sont tout le temps fourrés ensemble..." commença t il.
"Ouaah ! Mais c'est ouf !" s'écria Mal, impressionnée.
"De là, mon père est revenu, tu sais qu'hier c'était le meeting pour la campagne à l'Hôtel Five Seasons du centre ville... Donc il rentre et il a commencé à nous incendier, pour savoir si on savait que tu étais la fille de sa concurrente directe, il a claqué comme quoi Carlos lui rapportait que des problèmes je sais pas quoi, et qu'on devait arrêter de te voir. Forcément Carlos était pas super en forme et il s'est barré, et moi j'ai essayé de défendre ce que j'ai pu mais il m'a giflé et il est partit. Ambiance quoi... "
"Ouai... c'était un peu la même pour moi... J'étais entrain de regarder ma série tranquillement dans ma chambre quand elle a déboulé comme une furie en me disant 'Tu te rends compte ton ami Carlos il s'est retrouvé chez les Florian, ces bâtard de la pire espèce'" singea t elle. "Du coup j'étais en mode 'bah ouai et quel est le problème ?' donc de là elle m'explique que ton père c'est le Maire sortant, un homme de la pire espèce je sais pas quoi. Je l'écoutait à moitié parce que j'allais enfin savoir dans ma série si Jughead était mort ou non, et là elle a eu le culot de me dire 'va z'y dès que tu vas chez eux gratte des infos !' j'étais en mode "Mais meuf t'as zéro scrupule en fait ! Va z'y dégage de ma chambre et démerde toi avec ta campagne de merde !"
"T'as vraiment osé dire ça à ta mère ?" fit Ben les yeux écarquillés.
"Oh tu sais les relations avec ma mère ont jamais été cordiales, elle a sa vision toute étroite de la vie à laquelle elle essaye de me faire adhérer depuis toujours, du coup dès que je la remballe elle me prend pour une 'ado rebelle' alors que c'est juste que je m'en fout totalement de ce qu'elle dit. Fin... j'ai quand même fait l'école de coiffure pour faire un métier qu'elle considère comme 'utile' et qu'elle soit un peu fière de moi, mais bon là j'ai laissé tombé depuis qu'elle est rentrée en campagne, cette femme est trop folle pour moi. Vivement que je me fasse suffisamment de sous pour me barrer de chez moi..."
"Tu dois pas avoir la vie facile... je suis vraiment désolé."
"Au contraire c'est très facile quand tu n'as plus de sentiments ni d'émotions, tu agis comme un robot et la vie parait plus simple." dit elle en reprenant une part de pizza. "Je tiens à préciser aussi que Carlos était absolument pas au courant de la campagne de ma mère, je lui ai volontairement pas parlé de tout ça... Tu comprends il avait tellement d'autres problèmes je me sentais pas légitime de me plaindre que ma mère avait viré full Hitler, alors que la sienne... fin tu vois."
"Oui il me l'a dit, t'inquiète pas." fit le châtain.
"Bon allez : assez parlé de ça ! Parle moi un peu de toi Monsieur le fils du Maire ! Depuis combien de temps vous accueillez des Orphelins pour 'redorer votre image' comme dirait ma mère ?" dit elle avec humour.
"Oh c'est pas... du tout ça. Maman a eu un accident quand elle était jeune qui lui a perforé les ovaires et le col de l'utérus du coup elle pouvait plus avoir d'enfant. Accueillir des enfants à la maison c'était son moyen d'avoir la grande famille dont elle avait toujours rêvé..." répondit Ben avec tristesse. La jeune fille lâcha sa part de pizza sous le choc, et prit la main du châtain.
"Oh je suis désolé Ben, mon humour laisse vraiment à désirer parfois. J'ai tellement honte... Excuse moi."
"T'inquiète pas c'est pas grave. On traîne tous nos casseroles..." dit il avec un léger sourire en observant les ongles vernis de noir de la jeune fille, qui retirait sa main de la sienne.
"Ça tu l'as dis. Allez parle moi plutôt de toi, qu'est-ce que tu aimes dans la vie ?"
"Je... j'adore lire. Je tiens ça de ma mère." expliqua le jeune homme.
"Oh cool ! J'aime beaucoup aussi, sauf que je tiens pas ça de ma mère. Si tu pouvais être un livre tu serais quoi ?" dit elle en mâchant sa part de pizza.
"Hmmm... je crois que je serais 'La légende arthurienne', surtout le récit de la 'Demoiselle à la mule'."
"C'est très chevaleresque ! Je trouve que ça te vas bien !" affirma t elle en buvant une gorgée de soda.
"Ouai depuis tout petit je rêvais d'être le Roi d'un grand Royaume apportant son secours aux plus démunis. Encore un truc que je tiens de ma mère. Et toi quel livre te décrirais, à part 'Le Trône de Fer' bien sûr ?" La fille aux cheveux violets réfléchit un instant en s'allongeant dans la vaste étendue d'herbe du parc.
"Je pense que je serais 'Un oiseau blanc dans le blizzard' de Laura Kasischke."
"Ouah... pas facile et un peu glauque non ?"
"Pas tant que ça. Je trouve ça juste reposant, j'ai rêvé longtemps de partir de chez moi sans aucunes trace, et ce livre me donnait l'espoir que c'était possible." expliqua t elle. "J'ai jamais parlé de livre avec quelqu'un pendant un rencard, j'aime assez bien l'idée d'un rendez-vous littéraire." ajouta t elle avec un sourire malicieux.
"Pour tout t'avouer c'est mon premier rencard..." dit il. Mal se releva d'un coup avec un sourire amusé.
"Comment ça ?! Benjamin Florian le playboy de service n'a pas des hordes de filles à ses pieds c'est assez étonnant ! Je suis assez touchée que tu te retrouves avec une fille aussi banale que moi pour le premier rencard de ta vie !" dit elle en riant.
"T'es tout sauf banale Mal. Enfin... je trouve. Et non pas de hordes de filles. Ma dernière relation c'était en maternelle avec mon amie Audrey pour tout t'avouer."
"La Audrey Dormant qui like toutes tes publications sur Insta ?" demanda la fille aux cheveux violet.
"La même ! Et toi c'était quand ta dernière relation ?" demanda le châtain en refermant le carton de la pizza qu'il venait de terminer.
"Oulah ! Monsieur le portier vous vous engouffrez sur un terrain glissant. Disons que je suis jamais vraiment sortie avec quelqu'un. Dans le Quartier de L'Île on a plus tendance à traîner avec des gens plutôt que de vraiment sortir avec eux. Genre en bande malfaisante. Mais j'ai eu une histoire très succincte avec la cousine de Jay, Lonnie... on s'en est rendu compte après le repas chez toi." dit elle les joues légèrement rougies, pas sûr que le jeune homme si propre sur lui prenne aussi facilement le fait qu'elle ait eu une sexfriend.
"Oh c'est ouf comme le monde est petit ! Lonnie est tellement sympa !" affirma Ben avec intérêt.
"Oui..." fit elle les joues rougies en se souvenant de plusieurs soirées intéressantes avec elle. Elle balaya ces images de sa tête et se leva sur ses deux jambes avec détermination. "Bon allez ! File ton carton je vais aller les jeter à la poubelle." la jeune fille prit leurs déchets et se dirigea vers la poubelle la plus proche. À son retour Ben l'attendait debout, et lui tendit son sac.
"Tu veux qu'on aille faire un tour dans le musée ?" demanda t il timidement.
"Soyons fou ! Allons nous imbiber de culture !"
Les deux jeunes gens se dirigèrent vers le Musée, Ben paya leurs entrées et ils se mirent à déambuler dans les galeries de peintures en parlant de tout et de rien. Le châtain devait admettre qu'il adorait la jeune fille, elle était pleine d'esprit, amusante, et il ne s'ennuyait pas avec elle. Mal quand à elle aimait le calme et la douceur du châtain. Sans vouloir pousser sa passion pour Game of Thrones à fond, si elle avait pu les décrire tous les deux elle aurait dit qu'elle était le feu, et qu'il était la glace. Étonnement ces deux éléments contraires semblaient se mêler parfaitement en ce Samedi après midi ensoleillé. C'est le coeur un peu plus léger et attiré qu'ils se quittèrent.
"Tu... tu veux venir dire bonjour à Carlos ?" proposa Ben avant de partir, assis avec elle sur le banc de l'arrêt de bus.
"Oh euh... j'aimerai mais avec toutes les révélations d'hier je pense pas que ça soit super judicieux, en plus j'ai ma mère sur le dos..." expliqua t elle
"T'inquiètes pas je comprends. En tous cas merci pour cet après midi, c'était vraiment génial." dit il avec un sourire en effleurant légèrement la main de la jeune fille. Mal se leva d'un coup, peu habitué à tant de tendresse et de proximité physique.
"Oui, merci à toi aussi." dit elle légèrement pantelante. "On se revoit bientôt, rentre bien." et elle tourna les talons.
La jeune fille marcha jusqu'à chez elle. Le Quartier de l'Île était loin, mais elle aimait marcher. Elle réalisa qu'elle était arrivée dans le quartier maudit lorsque des odeurs de poubelles vinrent lui chatouiller les narines, elle traîna des pieds jusqu'à la maison biscornue de sa mère, au toit si raide et haut qu'on aurait cru un château. Elle tourna la poignée rouillée de la porte poussiéreuse. À son grand étonnement, sa mère l'attendait, sa froideur légendaire sur le visage.
"Mal ! " fit elle d'une voix faussement ravie.
"Mère..." répondit elle, déjà excédée.
"Viens près de moi, nous devons parler." fit elle en tapotant la place à côté d'elle. La jeune fille la regarda un instant avant de soupirer.
"Maman, je t'aiderai pas avec les Florian. Carlos est très bien chez eux, et je ferais jamais ça à... Ben..." ses joues rougirent, ce qui n'échappa pas à sa mère. "Débrouille toi toute seule." dit elle en empruntant l'escalier de la demeure en ruine.
Maléfique se leva derechef, épuisée par l'audace de sa fille. Elle attrapa la chevelure violette dans ses doigts osseux et traîna la jeune fille jusqu'au salon, ses yeux verts brillants d'une lueur menaçante. Elle jeta sa fille contre la cheminée en marbre de la pièce, et la jeune fille hurla de douleur lorsque ses côtes cognèrent contre le manteau de la cheminée.
"Mais ça va pas la tête ! Qu'est-ce qui te prends vieille femme ?" hurla la jeune fille en massant l'arrière de son crâne. Elle n'eut que peu de répit, puisqu'une Maléfique hors d'elle vint enserrer sa gorge avec fermeté pour la maintenir contre l'âtre inactif. Pressant un peu plus la colonne vertébrale douloureuse de la jeune fille contre la pierre froide.
"Tu viens d'aller sauter le fils Florian pas vrai ? Une petite pute telle que toi ne peut que faire ça un Samedi après midi !" hurla t elle à quelques centimètres du visage de sa fille. "Enfin, combien de fois t'ais-je dis qu'être volage ça amène à des catastrophe ! Tu veux finir comme ton bon à rien de père ?"
"Hey salle folle ! Lâche moi ! Je sais pas ce qui te prends." fit la jeune fille en se débattant vivement. Maléfique resserra sa prise sur elle.
"Écoute moi bien jeune fille. Tu vas faire exactement ce que je dis maintenant, tu vas me prouver ton allégeance, sinon : c'est la porte. Je sais que c'est toi qui as mis Cruella dans le pétrin espèce de sale petite salope et crois moi ce genre de chose est intolérable sous mon toit." siffla t elle, les yeux de plus en plus brillant de rage. Mal finit par s'extirper de sa prise en la poussant sur la table basse du salon qui céda sous le poids, pourtant maigre, de la mère de famille. Tout tombait en ruine dans cette maison, surtout la décence de sa mère. Maléfique regarda sa fille avec stupeur, cette dernière resplendissant de rage et de colère.
"Non Maman. Tu sais ce qui est inacceptable ? C'est que tu l'ai laissé faire pendant tant d'années ! Tu savais ce qu'elle faisait subir à Carlos ! Bon sang ! Tu as bu un thé chez elle quand ses collègues ont abusé de lui ! Et tu as fait semblant de ne pas me croire par la suite quand je t'ai dit ce qu'il était arrivé à Carlos ! Tu es une femme horrible, méchante et sans scrupule, tout comme ta copine. Cruella a tout ce qu'elle mérite, et tu as bien de la chance d'être ma génitrice car sinon je t'aurai dénoncé ce soir là avec elle ! Maintenant, tu ne veux plus de moi ici ? Parfait. Je n'attendais que de partir de toute façon. Je vais prendre mes affaires et passer le pas de cette porte, et je ne reviendrais plus jamais dans cette maison et ce quartier de malheur. Bonne chance pour ta campagne ridicule, Maléfique." affirma t elle avec un sang froid déconcertant.
Elle se rua à l'étage, remplit 2 valises et un sac du peu de biens qu'elle possédait, et quitta cet endroit de malheur.
À peine rentré à la Villa Florian, Ben se rua vers les escaliers de la Villa pour monter dans la chambre de son petit frère d'accueil, il devait absolument tout lui raconter. Qu'elle ne fût pas sa surprise lorsqu'il entendit la voix de son père dans la bibliothèque de la demeure. Piqué par la curiosité il s'avança vers la pièce et fût pris par une deuxième surprise : Carlos était avec son père, entrain de siroter un verre, parlant calmement, sous le regard de Belle. La mère de famille se tourna vers son fils avec un sourire, et vint le rejoindre en prenant soin de fermer la double porte derrière eux.
"Ma...maman un problème ?" fit il, les yeux écarquillés.
"Non pas du tout, rassures-toi. Ton père est en train de s'excuser auprès de Carlos pour hier. Comme quoi les miracles arrive parfois..." fit elle avec une petite moue lumineuse. "Comment s'est passé ton rendez-vous ?" ajouta t elle, la mine curieuse. Les joues du jeune homme rougirent.
"Euh... c'était très bien." dit il géné.
"Je suis heureuse. Cette Mal à l'air d'être vraiment une belle personne." fit elle doucement. "Je supposes que tu voulais voir Carlos pour lui en parler ?" Ben acquiesça. "Et bien pourquoi ne m'aiderais-tu pas à ranger les affaires de Carlos dans sa penderie ? Nous avons fait pas mal d'emplettes aujourd'hui." dit elle avec bonheur. Le châtain sourit en la suivant dans le salon où était entreposé une dizaine de sacs bourrés à craquer de fringues en tout genre. Sa mère le regarda d'un regard coupable. "Nous nous sommes un peu emballé je dois dire, et Carlos a tenu à te rapporter un petit quelque chose." ajouta t elle en tendant un paquet à son fils. Ben découvrit dans le sachet un t shirt bleu surmonté d'un dragon. Il sourit doucement.
Carlos de son côté écoutait religieusement son père d'accueil en buvant la citronnade maison de Belle.
"... encore une fois je m'excuse pour cet incident. Après tout ce que tu as vécu Carlos, ce n'était pas bien. Je sais que je peux paraître très rustre et buté parfois mais je te promets de tout faire pour que tu te sentes bien ici. Nous ferons tout pour empêcher qu'il t'arrive quoi que ce soit, et ton amie pourra toujours venir ici." Le blond resta silencieux avant de tourner son visage timide vers le patriarche.
"Pour... pourquoi vous vous excusez Monsieur ?" demanda t il avec incompréhension. "Je veux dire... vous êtes un adulte, vous avez tous les droits sur moi..." ajouta t il en soupirant de fatigue. Adam s'approcha de lui et s'agenouilla à sa hauteur.
"Mon garçon. Quand un adulte fait du tort à un enfant, il doit s'excuser. Peu importe à qui ont fait du tort, nous devons toujours nous excuser. Tu es un être humain, que je n'aurais pas dû traiter comme ça, et donc je m'excuse." Carlos prit la mesure de ses propos. Si seulement sa mère avait pu penser comme ça...
"Merci Monsieur." finit-il par dire.
"Appelle moi Adam."
Le père de famille le congédia, et Carlos se dirigea vers sa chambre en jetant un oeil à son téléphone. Jay lui avait encore envoyé des tonnes de messages.
Il entra dans sa chambre et fût surpris de voir Ben et Belle s'affairaient à ranger tout ses achats convenablement dans son armoire.
"Oh salut Carlos !" fit Ben, en mettant une veste en simili-cuir rouge sur un cintre. "J'ai plein de choses à te raconter !" glappit t il en rangeant la veste dans le dressing. Belle souria en coin et s'en alla de la pièce en toute discrétion. Carlos prit un des paquets et aida son frère d'accueil à ranger ses affaires tout en l'écoutant raconter ce rencard si parfait.
Lundi matin, Ben et Carlos se rendirent au lycée un peu plus léger. Malgré les événements du week end qui n'avaient pas été de tout repos pour eux, cette expérience les avaient rapproché, et un lien fort s'était créé entre eux. Le blond avait décidé de porter une de ses nouvelles tenues aujourd'hui, un jean gris anthracite, avec un pull blanc et une veste en cuir rouge. Jay n'était pas venu les chercher ce matin puisqu'il était rentré tard de son week end en amoureux, et ils purent ainsi discuter davantage dans le bus qui les emmenait vers Auradon High.
"Je trouve ta tenue vraiment top Los !" fit Ben avec un sourire.
"Los ?" répondit son petit frère avec amusement.
"Je crois qu'après tant de péripéties on peut s'appeler par des petits noms." fit le châtain avec humour en descendant du bus.
Les deux frère passèrent comme à leur habitude devant le lion en bronze de la fontaine de l'école, et se congédièrent poliment pour se diriger l'un et l'autre vers leurs casiers respectifs. Un Jay radieux se rua sur Ben.
"Meeecc ! T'étais pas très bavard ce week end !" constata Jay.
"En même temps t'étais en week end romantique avec Harry j'allais pas non plus casser l'ambiance en te bombardant de textos. C'était bien ?" demanda son meilleur ami en prenant ses livres de cours pour la matiné.
"T'as même pas idée ! Il m'a emmené dans un restaurant si chic, et on s'est baladé au bord de la plage, c'était magique." fit Jay rêveur.
"Y'a eu du cul ?" demanda Ben moqueur en refermant son casier. Jay et lui avaient tendance à parler de tout sans tabou.
"Un peu trop ouai.. Mais fin bref c'était parfait, et je nous sens vraiment partis sur des bases saines cette fois, bon et toi alors : ce week end ?" Le châtain se massa nerveusement la nuque.
"Eh bah... on s'est rapprochés avec Carlos, il a plus peur des chiens, mon père a découvert que la mère de Mal c'est Malvina Bertha, sa concurrente directe dans les élections électorales du coup il nous a interdit de la voir, mais grâce à ma merveilleuse Maman j'ai quand même pu me rendre... à mon premier rencard avec elle le lendemain." dit il en regardant son meilleur ami avec appréhension. Jay s'arrêta au milieu du couloir, visiblement choqué.
"QUOI ? Mais mec ! Je te quitte même pas 3 jours et j'ai 12 saisons d'Amour, Gloire et Béninounet à rattraper ! Raconnnnttee ! Oh mon dieu je veux tout savoir !" glapit til alors qu'ils rentraient dans leur salle de cours.
Le fils du Maire raconta tous les tenants et les aboutissants de ce week end un peu spécial à son meilleur ami, qui l'écoutait religieusement, même pendant leur cours si sacré de mathématique.
"Et alors : bisous ou pas bisous ?" demanda Jay au comble de l'excitation.
"Mec tu me connais : je suis un gentleman, donc pas de bisous, mais on va se revoir." répondit le châtain en prenant note de l'équation au tableau.
"Ahhh je suis si content pour toi c'est ouf ! D'ailleurs je comptais faire une petite soirée jeux de société Dimanche chez moi vu que Lundi c'est férié, tu pourrais peut être l'inviter non ? Ça ferait plaisir à Carlos en plus. D'ailleurs tu as su un peu pourquoi il répond plus trop à mes messages ? J'ai fait quelque chose ?" Ben soupira, il n'aimait pas mentir à son meilleur ami mais il le fallait pourtant. Hors de question de vendre les sentiments du blond.
"Écoute Jay on a été super occupé ce week end, même moi je t'ai pas répondu !" expliqua t'il en tapotant sur sa calculatrice. Après quelques minutes il ajouta : "Pourquoi ça t'intéresses tant de savoir ce que Carlos pense de toi ?"
"Oh euh... je... comment ça ?" bredouilla t il prit par surprise.
"Bah je sais pas t'es toujours super soucieux de ce qu'il pense et ce qu'il ressent. Et il m'a dit que vous vous envoyiez plein de textos. Donc j'aimerai un peu savoir ce qu'il se passe dans ta tête parce que c'est quand même mon petit frère, et je veux pas qu'il se fasse de mauvaises idées..." fit Ben en regardant son meilleur ami avec appréhension.
"Bah pourquoi Carlos se ferait de mauvaises idées ?" demanda le brun avec incompréhension, avant de réaliser certaines choses. "Oh... mon... dieu ! Oh mon dieu ! Il t'a fait son coming out ce week end ? Dis moi que c'est pas vrai ! Omg mais c'est ouf !" s'écria Jay avec amusement et frénésie.
"Merde. Pourquoi je suis con ?" fit Ben en se frappant la tête contre son cahier. "Promets-moi que tu diras rien ? Il me fait confiance j'imagine... sinon il me l'aurait jamais dit. Putain je suis vraiment trop con..."
"T'inquiète ton 'fin... son secret mourra avec moi mon pote !" fit Jay en gloussant.
"Monsieur D'Agrabah ! Monsieur Florian ! Un peu d'attention s'il vous plaît !" lança Madame Dalko la professeure de mathématique.
"Oui Madame Dalko..." répondirent-ils à l'unisson.
La nouvelle ne quitta pas l'esprit de Jay. Il comprit un peu mieux son intérêt pour le jeune homme, il aurait dut le sentir tout de suite que la timidité du blond était gage d'un homosexuel sortant de sa coquille. En fait inconsciemment le jeune homme lui rappelait lui plus jeune. Oui ça devait être ça : une simple projection nostalgique, mélangé à la compagnie agréable du blond, et de son très jolie minoi. Qu'était-il en train de penser ? Il était de retour avec Harry, il était heureux avec Harry. Il fallait qu'il chasse le petit blond de sa tête. Le club des cinq, sans Carlos, se dirigèrent avec leurs plateaux vers leur table habituelle, lorsqu'un événement indésirable vint perturber le cours de leurs habitudes, et ainsi fissurer la bonne humeur ambiante. Jane était assise à leur table avec sa bande, un sourire triomphal sur le visage.
"Jane c'est notre table ici..." soupira Ben avec fatigue. Jane fit semblant de chercher quelques chose sous la table avant de se tourner vers eux.
"C'est bizarre je vois votre nom nulle part..." fit elle, lumineuse.
"Venez tout le monde on s'en va, j'ai pas envie de parler aux poubelles du lycées ce midi..." fit Evie en roulant des yeux.
"Les poubelles ? Du genre celles qui vomissent leur repas pour contrôler leur nature de grosse vache ?" siffla Jane en prenant ses couverts avec un semblant d'élégance. S'en fut trop pour Evie, elle posa son plateau avec fracas sur une table adjacente, et se rua vers la fille au noeud avec son assiette de carottes râpées entre les mains. La petite brune potelée la regarda avec interrogation, et la fille aux cheveux bleus déversa les carottes ainsi que leur jus sur la tête de la jeune fille.
"Tiens Jane, prends toutes ces bonnes carottes ça rend aimable ! Et puis peut être, si tu es chanceuse, ça nourrira aussi tes pointes fourchues." fit elle en étalant la préparation sur le crâne de la jeune fille. Un claquement de langue derrière elle la fit soupirer. Le Proviseur Bonnefait était derrière la bande, le regard furieux.
"Mademoiselle Grimhilde... Jane. Dans mon bureau tout de suite." fit elle sèchement. Les deux jeunes filles la suivirent sans un mots.
"On prends ton plateau on t'attends dehors Vi !" murmura Ben alors qu'elle passait à côté de lui.
Jay prit le dit plateau sur le sien et ils se dirigèrent vers la cours intérieure du lycée. Le temps n'y était pas très chaud, alors peu d'élèves s'y étaient attardés. Seulement Doug, Java, et Carlos s'y trouvaient pour manger. Ils s'installèrent à une table bien plus loin de la leur, et Ben soupira en regardant le trio rire aux éclats au loin.
"Faut qu'on prévienne Doug..." dit il.
"Je peux le faire si tu veux." proposa Jay.
"Enfin poussin... tu vas pas te ridiculiser en allant voir le nain binoclard ?" répondit Harry d'une voix traînante.
"Ry..." commença Jay avec du reproche dans la voix.
"Oui Harry a raison, Evie a beau l'aimer, c'est... Doug quoi." fit Audrey avec un peu de dégoût. Ben regarda la bande outrée.
"Vous êtes vraiment débiles parfois." fit Ben en levant les yeux au ciel. "La réputation ça sert à rien : regardez ma mère, c'était l'intello par excellence au lycée. Toujours le nez fourré dans ses bouquins. Elle se faisait insulter tous les jours, et au final elle s'est mariée avec le quarterback vedette du lycée, qui est accessoirement devenu Maire de la Ville." Audrey lui répondit par un sourire gêné.
"Oui mais... ta mère était jolie, et puis elle n'était pas pauvre..." commença t elle.
"Et elle avait surtout pas un père qui faisait 30 cm." ajouta Harry en pouffant de rire. Ben le fusilla du regard et Jay se tourna vers lui.
"Harry, amour, s'il te plait..." le reprit il avant de regarder son meilleur ami. "Viens Ben on va le dire ensemble à Doug." ajouta t il avec un sourire à son meilleur ami.
Ben & Jay se dirigèrent vers la table du trio. Jay ne put que fixer le visage de Carlos, et plus particulièrement les jolies tâches de rousseurs légèrement rosées par leurs éclats de rire. Il n'avait pas encore vu le blond ce matin, et il pouvait constater qu'il était resplendissant. D'après Ben ils avaient passé tout deux un week end riche en rebondissements, et il semblait que ça avait rendu Carlos bien plus lumineux. Ses habits semblaient eux aussi neufs, et il fut agréablement surpris de constater que ses vêtements étaient un peu plus cintrés que d'habitude. Comme si le blond se sentait suffisamment bien dans sa peau pour ne pas s'engloutir dans des sweat shirts informes et XXL. Les beaux yeux noisettes du petit frère de Ben se posèrent sur lui, et il lui répondit par un sourire. Suite à la boulette de Ben, lui annonçant que le jeune homme était gay, il avait l'impression de redécouvrir Carlos. De le voir vraiment comme il était, pour la première fois.
"Hey Salut tout le monde !" fit Ben avec un léger sourire.
"Salut Ben ! Salut Jay ! Que nous vaut l'honneur de votre visite ? Je vois que vos potes ont pas été aussi courageux que vous pour s'avancer par ici..." constata Doug amer en regardant Harry et Audrey qui discutaient au loin.
"C'est... c'est Evie. Jane lui a définitivement fait péter les plombs. Elle a... balancé son plat à la figure de Jane, sauf que Bonnefait était là... Elles sont toutes les deux dans son bureau. J'ai pensé que tu voulais le savoir..." expliqua Ben calmement. Doug resta un moment silencieux, tentant de maîtriser le flot d'émotions en lui.
"Qu'est-ce que Jane a dit ?" finit il par demander avec froideur et inquiétude. Ben et Jay se regardèrent avec appréhension.
"Elle a traité Evie de poubelle et de grosse vache..." fit le brun d'une petite voix. Le fils du nain soupira et rangea ses affaires.
"Bon okay... je vais aller l'attendre devant le bureau de Bonnefait..." fit il en se levant.
"Doug. Tu peux pas faire ça. Si Jane voit que tu attends Evie, elle saura." constata Java avec calme. Le garçon à la queue de cheval soupira à nouveau et se rassit.
"Tu as raison... elle est chez ton père cette semaine ?" la rousse acquiesça. "Je passerai ce soir alors."
"Voilà qui est réglé." fit Ben avec un sourire rassurant.
"Oh euh... d'ailleurs Doug, Java, et bien sûr Carlos... " dit il en regardant chacun d'entre eux. Je fais une petite fête chez moi en petit comité, Dimanche soir vu que Lundi c'est Férié, vous êtes tous les bienvenus. Ça sera assez cool, jeux de société et nourriture à volonté." ajouta Jay avec un sourire.
"Mal est invité aussi." précisa Ben à l'attention de son petit frère.
"Oh. C'est gentil..." fit Carlos, un sourire resplendissant sur le visage. Il se tourna vers le brun. "Mer... merci Jay."
"De Rien..." répondit le brun en fixant les yeux noisettes devant lui.
"Tu viens Jay on va manger ?" fit Ben, rompant leur eye-contact.
"Euh oui j'arrive." fit le fils de Jafar en reprenant contenance de lui même alors que Ben se dirigeait vers leur table. "Oh fait Carlos, très jolie veste." ajouta t il avec un sourire avant de suivre son meilleur ami.
Un silence imprégna la table du trio. Le visage de Carlos était rouge tomate, et Doug et Java étaient silencieusement mort de rire.
"Ouuullaaahh ! C'était chaud entre vous deux !" fit Java, qui était désormais au courant de l'affection que portait le blond à l'égard du brun.
"Ouai si il n'était pas quelqu'un d'aussi gentil, et si il n'était pas en couple je me poserais sincèrement des questions." fit Doug avec sourire. Carlos passa une main nerveuse dans ses cheveux en observant la table de leurs aînés au loin.
"J'avoue ne pas comprendre parfois..." admit le blond. "Je suis complètement perdu vis à vis de lui. Il a toujours été si... parfait avec les gens ?" demanda t il en regardant ses amis.
"Disons que Jay est un spécimen rare..." gloussa Doug.
"Ouai, c'est quelqu'un de vraiment adorable." affirma Java.
"Je me sens tellement bête de me sentir aussi cotonneux quand je le vois ou qu'il me parle. J'ai jamais ressentis ce genre de chose, c'est ridicule..."
"Oh je vous laisses... Evie est là." fit Doug en se levant et en disparaissant dans un coin isolé avec la jeune fille aux cheveux bleus. La rousse rompit le silence ambiant.
"Je trouve pas ça ridicule Carlos. Je trouve ça plutôt mignon d'ailleurs." fit elle avec un sourire. "Tu t'étais habillé pour lui aujourd'hui pas vrai ?" demanda t elle. Carlos prit une mine coupable.
"Ouai... comment tu as deviné ?"
"T'es tout le temps caché sous tes gros pulls, c'était assez facile à deviner... Soit dit en passant ce petit perfecto cintré te va à merveille. On se rend pas bien compte que tu es aussi mince sous tes couches de vêtements." débita la jeune fille.
"Ouai... j'aime quand on me voit pas, et puis ça cache toutes les... marques de mon passé. J'ai pas envie qu'on voit que je suis un monstre." avoua le blond avec tristesse. La rousse prit sa petite main tachetée dans la sienne.
"T'es tout sauf un monstre Carlos. Je t'apprécies vraiment beaucoup tu sais. Te laisses pas miner le moral par ton passé, ou par les beaux yeux de Jay. Tu vaux tellement plus que ça." dit elle avec un sourire.
Lorsqu'elles rentrèrent chez leurs père ce soir là, Java était encore entrain de penser à sa conversation avec Carlos. Le silence de sa soeur qui conduisait n'arrangeait pas les choses.
"Vivi t'inquiètes pas ça ira. 2 jours d'exclusion c'est pas si terrible, je suis sur que Harvard feront l'impasse dessus, et puis Papa dira rien, il sait qu'elle te provoque tout le temps..." finit par dire la rousse pour la rassurer.
"C'est pas ça Java... C'est juste que ma mère cherche constamment tous les moyens possible pour récupérer ma garde complète, un évènement pareil en pleine semaine avec papa, c'est pas bon du tout... J'aurais du me contrôler..."
"Pourquoi ta mère veut te récupérer ?" demanda Java abasourdi. L'idée de ne plus avoir sa grande soeur à la maison était un crève coeur auquel elle n'avait jamais pensé.
"À ton avis ? Pour mieux me contrôler. Moi et surtout mon alimentation... Elle est pas dupe que papa me fait tout ces bons plats réconfortant quand je viens... Je suis si bête."
"Mais non Vivi, tout ira bien ne t'inquiètes pas... Tu veux inviter Doug ce soir ?" demanda t elle, timide.
"Pour tout t'avouer j'ai juste envie de m'effondrer sur mon lit et de dormir pendant 100 ans..."
Malgré les ondes un peu plus positives de Carlos, les petites attentions d'Harry envers Jay, le soutien de Ben envers Audrey ou encore le réconfort qu'offrait tout le monde à Evie. Le reste de la semaine de cours fut très particulière. Jonglant entre le lugubre et la mélancolie, l'ensemble du groupe, que ce soit le club des 5 ou le trio, était soulagé le Dimanche soir de pouvoir lâcher prise lors de la soirée de Jay.
Carlos et Ben arrivèrent dans la maison des D'Agrabah à 19h tapante. Le blond fut soulagé de constater que la fête était, comme l'avait promis Jay, beaucoup moins extravagante que celle de Harry. Jay les accueilla chaleureusement, Evie, Doug, et Java étaient déjà dans le salon chaleureux de la maison de lotissement. Harry, quant à lui, était en train de prendre une douche puisqu'il avait effectué une séance photo qui avait durée toute la journée. Audrey ne tarda pas à les rejoindre. La fausse-blonde fondit directement sur son Bénichou bien contente de pouvoir profiter de lui même en soirée.
"Comment va ta mère Audrey ?" demanda Doug en se servant du soda.
"Oh, elle va mieux, elle est sortie de l'hôpital. Mais... mais papa est parti de la maison, il est à bout, il a besoin de souffler pour quelques jours." fit elle en reniflant un sanglot. Alors qu'elle racontait les nombreuses péripéties concernant ses parents, Ben ne cessait d'observer la porte d'entrée de la maison avec appréhension et excitation. Il allait revoir Mal et il était si impatient. Il se détacha d'Audrey et rejoint Jay et Carlos qui étaient dans la cuisine.
Les deux hommes étaient en train de rire. Leur complicité était indiscutable. Ben était soulagé que la révélation sur l'homosexualité du blond n'avait pas changé le comportement de son meilleur ami et qu'il était toujours aussi chaleureux et amical avec lui.
"Salut les mecs ! Vous faites quoi ?" lança t il en prenant une chips de tortilla dans un paquet sur le comptoir de la cuisine.
"Oh euh... Jay m'apprend à cuisiner mexicain, on fait des... des quoi déjà ?" fit Carlos les joues rouges.
"Des quesadillas !" répondit Jay en mettant les jalapenos coupés par Carlos dans un bol.
"Ah oui Jay et la nourriture mexicaine c'est une très grande histoire d'amour ! Sache le !" fit Ben en riant. Le brun s'attaquait désormais aux oignons qu'il commença à émincé. Ben retrempa une chips de tortilla dans un bol de sauce salsa. "Les mecs je suis super stressé à l'idée que Mal arrive..." avoua t il en mâchant son chips saucé.
"Ça va bien se passer Ben, j'en suis sûr." fit Carlos avec un sourire rassurant. "Elle a adoré votre rendez vous."
"J'espère que les autres l'aimeront autant que moi, ma tête c'est un paquet de noeuds..." répondit le châtain tout penaud.
"Dis plutôt que tu veux enfin l'embrasser ce soir !" répondit Jay, moqueur, en reniflant au dessus de ses oignons, ses yeux commençaient à briller.
"Embrasser qui ?" fit Evie qui entrait à son tour dans la cuisine.
"Mal vient ce soir alors notre Benjamin a la tremblotte." expliqua le fils de Jafar avec sarcasme.
"Oh Ben je suis sûr qu'elle t'appréciera toujours autant ne t'inquiète pas, qui ne t'apprécierai pas de toute façon mon bichon ?" fit doucement la jeune fille en pinçant les joues de son ami. Jay lâcha son couteau et battit des cils.
"Oh putain ! Désolé Ev' je pleure pas pour la beauté de tes paroles mais à cause de ces putains d'oignons !" dit il en tentant d'évacuer les larmes acides qui imbibaient ses yeux. Les trois amis se mirent à glousser. Carlos prit un sopalin et se rapprocha du brun.
"Attends je vais t'aider, viens par là..." murmura doucement le blond en essuyant les larmes du brun. Ben et Evie se regardèrent avec amusement, il fallait être dupe pour ne pas voir que quelque chose se tramait entre eux. Malheureusement pour eux une autre personne moins bienveillante le comprit aussi en passant la porte de la cuisine : Harry.
"Il se passe quoi ici ?" lança la voix traînante du mannequin.
"Oh Jay est en train de mourir de pleurs à cause des oignons." fit Evie nonchalante. Harry se rapprocha de son petit ami et le tira vers lui. Coupant tout rapprochements possibles entre le brun et le blond.
"Oh poussin ! Laisse moi faire !" dit il en prenant du sopalin et en faisant exactement la même chose que Carlos 2 minutes plus tôt. Le blond se retourna sur le plan de travail et mélangea les jalapenos et les tomates ensemble pour ne pas se laisser humilier par ce spectacle. Ben et Evie étaient tristes pour lui. La sonnette de la maison retentit et le blond arrêta ce qu'il était entrain de faire.
"Ça... ça doit être Mal j'y vais." dit il partiellement éteint en allant ouvrir.
Une tornade de cheveux violets vint se fondre dans ses bras avec amour.
"Mon nounours d'amour !" hurla t elle avec une joie peu contenue. Tout le monde observa la nouvelle venue de manière suspicieuse, après tout bon nombre d'entre eux ne la connaissait ni d'Adam ni de Eve. Ben émergea enfin de la cuisine, tentant de paraître le plus nonchalant et naturel possible.
"Salut Mal !" fit il timidement.
"Mon portier préféré !" dit elle, en quittant les bras du blond pour ceux du châtain. Audrey fulmina. Qui était cette inconnue qui osait toucher à son Bénichou ? Evie sortit également de la cuisine, et ricana face à ce spectacle. Il était rare de voir un Ben si timide, recevoir de telles marques d'affection en public. Elle voulut s'avancer vers Doug, mais fut retenue par sa meilleure amie.
"Qui c'est celle là ?" demanda la fausse blonde au comble de la fureur en regardant la fille aux cheveux violets saluer Jay en gloussant. "Pourquoi elle est si proche de Ben ?"
"Oh euh... Mal ? C'est la meilleure amie de Carlos, elle squatte beaucoup chez les Florian j'imagine que du coup ils se connaissent bien." répondit Evie d'une petite voix.
"Tu crois qu'elle a des vues sur lui ?" demanda Audrey mi-inquiète mi-échauffé. Evie soupira. Elle ne mentait jamais à Audrey, mais au vu des récents événements dans la vie de sa meilleure amie elle n'avait pas de le coeur de lui en rajouter une couche en annonçant que son crush de toujours flirtait avec l'apprentie-coiffeuse.
"Bah j'en sais rien je la connais pas, mais si tu veux mon avis c'est juste qu'elle est super expressive. Rien d'inquiétant." mentit t elle. "Mais en tant que meilleure amie si il se passe quelque chose il est de mon devoir de la détester pour toi !" ajouta t elle pour rassurer la fausse-blonde, et Audrey se radoucit un peu. Jay éleva la voix.
"Bon tout le monde : la première fournée de quesadillas est dans le four, je propose qu'on boive un verre avant, je vous ramène tout de suite les chips et la sauce salsa." annonça t il à ses convives.
"Je peux t'aider Jay ?" demanda Carlos timide.
"Non t'inquiètes pas Carlos, je suis son petit ami, c'est à moi de l'aider." cracha Harry avec un air de dégoût, avant de partir dans la cuisine avec le brun. La mine du blond s'éteignit, et Mal ne voulait pas qu'elle s'éteigne.
"Hey... c'est lui le fameux petit copain beau goss ?" demanda Mal en chuchotant.
"Lui même." répondit Carlos sans joie.
"Eh bah t'es bien plus beau que lui ! Crois moi ! En attendant, je vais essayer de l'occuper pendant la soirée pour que tu ais un peu de temps avec Jay. C'est pas parce que ton grand brun est en couple qu'il a pas le droit de passer du temps avec ses amis. Et un conseil pour toi : amuse toi mon nounours ! Allez : tu me présentes tes copains ?" demanda t elle avec douceur, et Carlos retrouva un peu son sourire. Le jeune homme s'avança avec elle vers la petit bande.
"Alors, voici Doug, un copain de classe. Doug est le meilleur programmeur informatique que je connaisse tu verrais : il fait des trucs incroyables ! On a réussi à faire un petit jeu vidéo ensemble en labo informatique, c'était vraiment cool." gloussa Carlos avec animation. Doug avança sa main vers la jeune fille, qui lui serra vivement.
"Le fameux Doug ! Enchanté de te connaître. c'est vrai qu'il passe son temps à me parler de toi, heureuse que Carlos ait trouvé un copain de jeu à la hauteur de sa folie numérique !" fit elle avec bonheur. Ben s'avança vers elle avec Audrey à son bras.
"Mal je te présente Audrey." fit Ben avec des yeux amoureux en direction de la fille aux cheveux violets.
"La fameuse jolie Audrey dont tu me parles tout le temps !" répondit elle avec un sourire faux.
C'était transparent comme de l'eau qu'Audrey était jalouse d'elle, elle voulait apaiser les craintes de la fausse-blonde en la flattant. De plus le châtain semblait beaucoup tenir à elle, et elle voulait respecter cela. La petite phrase de l'apprentie-coiffeuse fit son effet et la fille du Sergent Dormant se détendit un peu. Ce fût au tour de la fille aux cheveux bleus d'être présentée, mais Mal prit les devant.
"Des cheveux aussi bleus, tu dois être Evie ! Enchantée ! Carlos m'a beaucoup parlé de toi !" dit elle avec douceur. "En tous cas cette couleur est vraiment merveilleuse, teinture Artic Fox Color ?" demanda t elle avec intérêt en s'asseyant à côté de la jeune fille.
"Oh je saurais pas te dire c'est ma petite soeur qui me fait mes couleurs." dit elle en passant un bras autour des épaules de la petite rousse. "Elle veut devenir coiffeuse alors je la laisse faire." expliqua Evie.
"C'est vrai ? Oh je suis apprentie-coiffeuse à l'École de Coiffure d'Auradon !" fit Mal.
"L'Ecole de Coiffure d'Auradon à côté du Musée ?!" s'écria Java au bord de la crise cardiaque.
"Oui celle ci !" répondit Mal. La cadette glapît avant de sortir un cris strident de sa bouche, vite intercepté par la main de la fille aux cheveux bleus.
"Désolée elle fait ça quand elle est ravie." ajouta Evie, légèrement génée.
"Oh et bien si jamais tu veux passer visiter l'école ou assister à un cours, je serais ravie de t'aider ! Je suis spécialisée en couleurs, et j'ai une amie qui a prit l'option tissage en plus. On sera ravie de te montrer toutes les coulisses de l'école." expliqua l'apprentie-coiffeuse.
"Tu... tu ferais ça ?" demanda Java les yeux ronds.
"Mais oui ! Carlos te filera mon numéro, vous passez quand vous voulez ! On fait d'ailleurs des portes ouvertes bientôt." confia Mal avec joie. Audrey regarda Evie et Mal avec un regard mauvais. Où était sa meilleure amie censée être de son côté ? Elle avait disparue sous des gloussements et des grands sourires. Son regard de venin se radoucit alors que Ben venait lui apporter un verre.
Carlos était soulagé mais pas surpris que sa meilleure amie s'intègre aussi facilement dans le groupe. Il se dirigea vers la véranda aux serpents, il avait envie de revoir les reptiles. Comme l'avait dit Jay, la véranda était un endroit apaisant où se ressourcer, et il avait besoin de souffler un instant. Cette soirée avait été une véritable angoisse pour lui, et il était rassuré qu'elle se passe mieux que ce qu'il avait imaginé. Il regarda Jade s'entortiller autour du morceau de bois dans sa cage, et effectivement il se sentait détendu par l'atmosphère que procurait la pièce en verre et ses habitants. Jay avait remarqué le petit blond absorbé par ses rampants, et il se dirigea vers lui avec un sourire sur les lèvres. Harry fulminait et Mal l'occupa bien vite, hors de question pour elle que Carlos soit malheureux.
"Hey sinon c'est toi Harry ? Carlos m'a dit que tu étais mannequin !" fit elle faussement intéressée. Le garçon à l'eyeliner la toisa avec fierté et suffisance, visiblement flatté de pouvoir montrer son importance sociale.
"Et bien oui... je suis signé chez Auradon Model Agency !"
"C'est une agence de mannequin ça ? J'ai toujours cru que c'était une boîte d'escort !" dit elle nonchalante en avalant son verre. Le mannequin se tendit d'un coup visiblement vexé.
Jay entra dans la véranda avec un sourire attendri.
"Hey, je vois que tu t'es perdu dans mon sanctuaire !" dit il avec tendresse.
"Je... pas vraiment. J'avais envie de les voirs. C'est reposant ici."
"C'est la première fois que quelqu'un comprend mon délire d'être ici..." admit le brun, en s'avançant un peu plus vers lui. "Au fait, j'ai su que ça allait mieux avec Camarade, c'est top !"
"Ouai... je suppose que je dois te remercier pour ça... Sans avoir fait connaissance avec Miss Jade j'aurais jamais eu le courage d'affronter Camarade." fit Carlos, légèrement fébrile par leur proximité.
"Crois moi t'as aucunement besoin de me remercier, moi ou Jade, t'y es arrivé par ta simple volonté et par ton courage." affirma Jay en lui posant une main chaleureuse sur l'épaule. Carlos frémit à son contact et se plongea dans ses yeux noirs. Ils restèrent un moment comme ça, et l'imagination du blond crut même que le pouce de Jay lui caressait doucement l'épaule. Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, Harry entra dans la véranda, visiblement irrité par un tel spectacle.
"Poussin ! Arrête d'embêter le gosse avec tes bestioles ! Viens plutôt boire un verre avec moi, les quesadillas sont bientôt prêtes !" dit il en enlaçant son petit ami. Ce dernier lâcha bien sûr sa prise sur son cadet, qui se contenta de regarder l'horizon du jardin pour contenir sa gêne.
"Oh oui merde les quesadillas... je vais aller vérifier la cuisson..." répondit le garçon aux cheveux longs avant de partir. Le blond qui continuait de regarder le jardin à travers les vitres de la véranda fût bien surpris de sentir une main froide lui écraser le bras. Il se retourna et vit les deux yeux cerclés d'eyeliner du petit-ami de Jay.
"Tu crois que parce que j'ai une belle gueule je suis stupide ? Tu crois que je vois pas que t'as des vues sur mon mec et que ta copine essaye de m'occuper pour vous donner de l'intimité ? Tu te prends pour qui en fait ? T'es qu'un gosse ! Jay est proche de toi parce qu'il a pitié de toi, parce que t'es un cas social. Il t'oubliera dès que les Florian t'auront jeté ! À ton avis : combien de gamins sont passés par chez eux avant toi ? T'es rien ! Alors un conseil : lâche le !" siffla t il avec froideur avant de pousser le jeune garçon vers les vitres de la serre. Les joues de Carlos s'empourprèrent et il fixa l'homme en face de lui avec bien plus de venin que tous les serpents dans la pièce réunis. "Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?" demanda le mannequin amusé qu'un garçon aussi petit tente de lui tenir tête.
"Harry... il t'en reste un peu." répondit calmement Carlos en reniflant et en se pinçant les narines. Et c'est sur cette élan d'audace qu'il sortit de la pièce, laissant un Harry médusé et vaincu.
Pendant cet instant particuliers dans la véranda aux reptiles, Mal était partie en quête des toilettes et avait malencontreusement ouvert la porte sur la salle de bain de la maison. Mais surtout sur une Evie en train de se faire vomir dans l'évier du meuble à double vasques de la salle d'eau.
"Oh je..." tenta Mal gêné. Evie s'essuya la bouche à là-va-vite et incita la jeune fille à fermer la porte derrière elle.
"Ces... ces chips étaient un peu trop salées pour moi..." dit elle en ricanant légèrement et en nettoyant l'évier. Mal soupira et prit la main de la jeune fille. Des marques antérieures et profondes étaient visible sur les articulations métacarpo-phalangiennes de son index et de son majeur.
"T'es sûr que c'était les chips qui étaient trop salées ?" demanda Mal avec calme. Evie regarda la main de la jeune fille qui tenait ses doigts avec terreur, et les retira pour les cacher. "Écoute Evie... je veux pas me mêler de ce qui, de toute évidence, ne me regarde absolument pas, mais je connais ces marques. J'ai eu les mêmes y'a quelques années, et peu importe les raisons pour lesquelles tu fais ça, ça en vaut pas la peine crois moi." expliqua Mal avec délicatesse. Evie soupira et s'asseya sur le rebord de la baignoire non loin. La fille aux cheveux violets vint la rejoindre. "Tu veux en parler ?"
"J'avais pas fais ça depuis 3 semaines, je me sentais vraiment sur la bonne voie cette fois, j'ai tellement honte... Mais une semaine complètement naze + de la nourriture grasse c'est trop pour moi. Chaque fois que je mange un truc un peu trop calorique j'ai l'impression d'entendre ma mère derrière me dire 'Evie arrêtes de manger : tu ne rentreras plus dans ton jeans en taille 32 !'" imita t elle d'une voix fluette.
"Ahhh m'en parle pas je sais ce que c'est les mères psychorigides ! J'ai la même à la maison !" répondit Mal en rigolant.
"Co... comment t'as fais pour arrêter ?" demanda Evie légèrement envieuse en lissant sa jupe sur ses cuisses.
"Comme toi... J'ai commencé par 3 jour sans me faire vomir, puis 1 mois, puis 3 mois, puis 1 an... et un matin je me suis réveillé en me disant que je l'avais pas fait depuis des années, et que j'avais même plus envie de le faire. C'est long, c'est fatiguant, mais c'est certainement pas impossible. Sois déjà fière d'avoir tenue 3 semaines, c'est déjà un grand pas." expliqua Mal avec douceur.
"C'est vraiment gentil de ta part de m'aider même si tu ne me connais pas..."
"Entre filles faut être solidaire ! Et puis tu prends soins de mon Carlos, alors je peux bien passer 5 minutes de ma soirée à discuter avec toi dans cette magnifique salle de bain où sont suspendus les caleçons de Jay qui sèchent !" répondit Mal avec panache. Evie se mit à rire. "Tu veux y retourner ou tu veux rester un peu seule ?" demanda l'apprentie-coiffeuse en se levant.
"Je veux juste me rincer correctement la bouche et j'arrive." expliqua la fille aux cheveux bleus. Mal acquiesça et se dirigea vers la porte, qu'elle dévérouilla. "Mal ?"
"Oui ?"
"Merci infiniment, et... s'il te plaît ne dit rien à Doug." implora la jeune lycéenne.
"T'inquiètes pas je serais muette, par contre toi tu devrais lui dire. C'est ton petit ami, je suis sûr qu'il sera super fière de toi que tu ais tenu 3 semaines." fit elle avec un sourire tendre. "Allez, j'y vais !" et elle disparut derrière la porte.
Mal retrouva son meilleur ami en pleine discussion avec Doug, en train de manger des quesadillas tout juste sorties du four. Ben quand à lui était avec Audrey. La fausse-blonde était confortablement blotti contre l'épaule du châtain qui l'écoutait religieusement. Et un léger pincement au coeur vint chatouiller la fille de Maléfique. Elle se trouvait ridicule à être un peu jalouse de la proximité entre les deux amis. Evie revint à ses côtés un peu plus détendue. Néanmoins son visage trahissait une certaine angoisse de voir autant de calories sous ses yeux. La fille aux cheveux violets savait qu'après une telle crise, il serait difficile pour la jeune fille de refaire surface, elle décida donc de prendre les devants.
"Hmmm Jay dis moi, il te reste genre des poivrons et des tomates crus en rab ? Moi et Evie on a pas super envie de manger chaud là." expliqua t elle. La fille aux cheveux bleus lui adressa un sourire reconnaissant.
"Ouai bien sûr ! Viens je vais te montrer !" lança Jay la bouche à moitié pleine.
La fille de Maléfique entra dans la cuisine avec le crush de son meilleur ami. Il lui présenta les différents ingrédients dont il disposait.
"Cool je vais pouvoir faire une petite salade avec tout ça !" s'exclama Mal avec joie.
"Tu veux que je t'aide ?" proposa le brun en terminant sa quesadillas. La jeune fille leva les yeux au ciel.
"Jay, je comprend que tu ais envie de m'impressionner avec tes gros muscles mais je t'assures que j'ai pas besoin d'un aussi gros biceps pour touiller des légumes dans un saladier avec de la vinaigrette !" fit elle avec humour. Jay se mit à rire.
"Je comprends mieux pourquoi Carlos t'adore !" fit il en s'asseyant sur les chaises de bar du comptoir de la cuisine. "C'est vraiment quelqu'un que j'apprécie tu sais." Mal le regarda avec un sourcil suspicieux.
"Mais encore ?" Le brun passa une main nerveuse dans ses cheveux, et ses joues s'empourprèrent.
«J'aime la personne qu'il est. Il me fait du bien au moral. Je sais pas comment l'expliquer, mais quand il est là j'ai l'impression qu'il fait ressortir le meilleur de moi même, ça me fait tellement de bien. Ça doit sembler tellement égoïste d'apprécier quelqu'un pour l'effet qu'il vous fait... » dit il dépité.
« Est ce que tu serais en train de dire que mon meilleur ami te fait de l'effet ? » dit elle avec un sourire moqueur en touillant les ingrédients entre eux.
« Je... qu... QUOI ? Non ! Fin... je suis en couple. Ce que je ressens pour Carlos c'est pas... »
« Ce que tu ressens pour Carlos ? Tu t'enfonces mec ! » ajouta t elle au bord de la crise de rire. « Je plaisante détends toi ! » En fait, elle ne plaisantait pas du tout. Carlos entra dans la cuisine, augmentant bien malgré lui la gêne ambiante.
"Nounours ! Tu t'amuses bien ?" demanda Mal alors qu'il la rejoignait en fixant Jay du coin de l'oeil. Le blond posa sa tête dans son cou avec douceur.
"Je vous laisse..." fit le brun en se levant.
"Oh euh Jay... rapporte la salade à Evie !" fit Mal avant qu'il disparaisse dans le grand salon.
"Mal je peux te parler..." souffla Carlos. Mal se retourna vers lui, visiblement quelque chose n'allait pas.
"Qu'est-ce qu'il se passe doudou, c'est à cause de Jay ?" demanda t elle inquiète.
"Non c'est... c'est Harry. Il m'a menacé tout à l'heure. Il pense que j'ai des vues sur Jay, et il a dit que..." il s'arrêta net.
"Il a dit quoi Carlos ?" demanda froidement sa meilleure amie. Si ce petit pète-cul suffisant avait osé faire souffrir son Carlos : s'en était fini pour lui.
"Il a dit que les Florian allaient me jeter, parce que plein de monde était passé par chez eux. Et aussi que Jay avait pitié de moi, genre qu'il m'apprécie pas, il a juste bon coeur envers un cas social comme moi... Mal j'ai peur d'être viré de chez les Florian, et je me sens bête d'avoir pensé que Jay m'aimait un peu..." La jeune fille aux cheveux violets contint sa colère pour ne pas débouler dans la pièce d'à côté et refaire le portrait du mannequin. Elle soupira pour expulser sa frustration destructrice et invita le jeune garçon à s'asseoir.
"Mon petit chat. Les Florian ne te vireront pas du jour au lendemain, arrête de t'en faire. Tu es en sécurité, Benjamin m'a promis de prendre soin de toi et je le crois. Quand à Jay... son petit ami est une grosse merde et visiblement il ne le connaît pas bien. Tu comptes pour Jay, peut être pas comme tu le voudrais mais il t'apprécies vraiment. Fais moi confiance là dessus. Maintenant arrête de te faire des noeuds dans la tête et apprécie le moment présent. Cette soirée est plutôt cool non ?" dit elle en caressant ses deux joues jonchées de tâches de rousseurs. "Allez viens".
Le duo retourna vers l'ensemble des convives, Jay venait de sortir une boîte de jeux.
"Hey ! On va faire un Cluedo ça vous dit ?" lança Jay avec engouement.
"Je pose ma réservation sur le Professeur Violet !" lança Mal prête à se battre pour le pion.
"Je me demande bien pourquoi..." gloussa Ben en la rejoignant.
"Poussin... tu veux vraiment jouer à ce jeu débile ?" demanda Harry en buvant son verre. Jay se massa la nuque nerveusement.
"Bah c'est à dire que..." commença t il gêné. Heureusement pour lui son meilleur ami qui n'avait pas entendu la question vint à sa rescousse bien malgré lui.
"...par contre j'annonce : c'est le jeu préféré de Jay depuis qu'on est tout petit, il est imbattable !" lança Ben à l'attention de l'ensemble des invités. Harry regarda son petit ami avec effroi. Il venait d'insulter son jeu préféré. Jay lui sourit timidement.
"Oh ! C'est parce que vous connaissez pas l'esprit de déduction infaillible de Carlos !" fit Mal en s'asseyant autour du plateau de jeu que le brun avait fini d'installer.
"Bon qui prends quoi ? Sâchant que je suis le colonnel Moutarde." demanda Jay, enthousiaste.
"Je suis bien évidemment Mademoiselle Rose !" fit Audrey avec suffisance, balayant une mèche de cheveux blonde derrière elle.
"Le bleu me va au teint je serais donc Madame Pervenche avec Java !" annonça Evie en prenant leur pion.
"Je vais prendre Madame LeBlanc, si tu veux bien..." demanda Carlos en passant une main dans ses cheveux tout aussi blanc que le pion qu'on lui tendait.
"File moi le Révérend Olive !" fit Doug en prenant le pion vert.
"Oh mince... euh il reste plus de perso pour Ben..." fit Jay, confu. Ben rassura son meilleur ami :
"Oh ce n'est pas grave je vais me mettre avec M..."
"Moi bien sûr !" proposa Audrey au bord de la crise de jalousie.
"Oui... avec toi Audrey." répondit Ben à contre coeur en se levant pour s'asseoir à côté d'elle. Audrey entortilla ses bras autour de ceux du châtain avec bonheur.
"Et pour Harry ?" demanda Evie, intriguée.
"Bah pourquoi tu ne jouerais pas le Docteur Lenoir, Harry !" fit Mal avec un sourire faux en prenant son verre.
"Docteur Lenoir est pas jouable, il est mort..." fit Harry de sa voix éternellement traînante.
"Justement..." murmura Mal dans son verre. Ben pouffa de rire et Harry la fusilla du regard. Elle ré-appliqua son sourire hypocrite sur le visage. "Bah oui tu as toi même dit que le jeu de ton copain était un jeu débile, je doute que tu ais envie d'y jouer !" ajouta t elle avec innocence. "Être la victime te conviendrait à merveille !" ajouta t elle. Jay décela un léger malaise ambiant et décida d'apaiser les tensions.
"Oh euh... Harry jouera avec moi bien sûr !" fit il.
La partie était lancée et comme l'avait prédit Ben : Jay y jouait son honneur et sa vie. Java et Evie fûrent les premières à faire une déduction mais elle s'avéra fausse. Les deux soeurs étaient donc hors jeu. La Team Ben / Audrey et Doug tentaient de se battre du mieux qu'ils pouvaient, mais furent aussi mis à l'écart après un mauvais soupçon. Il ne restait donc plus que Mal, Carlos, et Jay en lisse. Harry ne pouvait se joindre à la passion exubérante de son petit ami pour le jeu et le laissait jouer seul tout en validant chaque choix qu'il faisait. C'était au tour de Mal, la jeune fille contempla sa fiche de jeu, et déplaça son pion dans la bibliothèque.
"Okay okay... supposition définitive pour moi ! J'affirme que c'est Madame Leblanc, désolé nounours, dans la salle de bal avec... le revolver !" fit elle fière. Elle prit l'étui au centre du plateau et regarda la solution. "Mince ! Je suis une nouille !" s'écria t elle en remettant les cartes dans l'étui. Jay souffla un soupire de soulagement. "Bon bah Carlos, Jay, la finale est à vous !" fit elle en allongeant ses jambes sous la table. Carlos regarda sa fiche de jeu, prit son pion et le fit coulisser dans le passage secret de la véranda vers le bureau.
"Bien. Supposition définitive pour moi également. J'affirme que c'est Madame Leblanc dans la bibliothèque avec... la clé anglaise." ce fût au tour du blond de prendre le paquet au centre du plateau. Il regarda les cartes avec intérêt pendant un moment. Jay était au summum de l'angoisse et un léger sourire vint habiller le visage de Carlos. Il déposa les cartes sur le plateau et fit : "Bingo !" Il avait gagné. Jay observa les cartes avec une déception infinie.
"Non mais... non !" fit il en prenant les cartes dans ses mains.
"Jay jamais de ma vie je n'aurais cru te voir détrôné au Cluedo. Carlos je suis fan de toi !" fit Ben en enlaçant les épaules du blond, qui sourit à son contact. "Bien joué p'tit frère !" ajouta t il en ébouriffant les cheveux du garçon. Mal sourit avec bonheur, elle n'avait pas vu Carlos aussi heureux depuis tant de temps. Ben était génial avec lui.
"Je suis dégouté.." fit Jay en se servant à boire. Harry passa ses mains autour de sa taille et l'embrassa sur la joue.
"C'est peut être un signe pour que tu n'y joues plus poussin..." susurra t il avec amour. Un sourire gêné vint se poser sur les lèvres du brun.
"Bon c'est pas tout ça mais je suis épuisée, je crois que je vais rentrer." lança Audrey en baillant doucement contre le châtain.
"J'avoue que moi aussi..." fit Evie, qui se tourna vers Doug. "On y va D. ?"
"Bien sûr, tout ce que tu veux princesse." dit il en déposant un léger baiser sur ses lèvres. Harry grimaça au loin devant un tel spectacle.
Le couple ainsi que la rousse, et la fausse-blonde allèrent chercher leurs manteaux à côté de la porte d'entrée. Alors qu'Harry passait dans l'entrée, et que Java, Evie et Doug disaient au revoir à tout le monde, Audrey se pencha vers lui.
"Qu'est-ce que tu penses d'elle toi ?" demanda la jeune fille en pointant Mal du bout de son nez, qui discutait avec Ben le sourire aux lèvres.
"Je l'aime pas, et quelque chose me dit que toi aussi..." répondit le jeune homme de sa voix traînante.
"Bien sûr que oui ! Tu as vu comment elle fait sa princesse auprès de mon Bénichou ! Elle a pas compris que Ben m'aimait moi ? Fin tu sais bien que c'est notre destin d'être ensemble !" expliqua t elle avec agacement.
"T'en fais pas 'Drey !" lança t il en passant un bras autour de ses épaules. "Je suis sûr que Ben est pas intéressé par ce genre de vieille meuf crade. T'as tout de mieux qu'elle : tu es splendide, t'es intelligente, t'es riche.. Pourquoi il irait avec une meuf aussi vulgaire qu'elle et qui plus est : qui habite dans le quartier de l'Île ?!"
"Tu crois ? Regarde... même Evie glousse devant elle !" dit elle avec une moue soucieuse.
"J'en suis sûr ! Mais si tu veux je peux la remettre à sa place..."
"Tu ferais ça ?" fit la fausse-blonde en papillonnant des yeux.
"Elle et son meilleur ami en carton dorment ici ce soir, crois moi j'ai plusieurs personnes à remettre à leur place..."
"Audrey on y va ?" lança Evie, et elle s'en alla.
Après le départ du trio, et un passage vers la salle de bain pour se mettre en pyjama, puis la cuisine pour prendre un verre, Harry revint dans la pièce à vivre pour constater que Carlos était encore une fois bien trop proche, à son goût, de son petit ami. Les deux hommes discutaient sur le canapé du salon avec animation du film 'Cluedo' de 1985, que Jay et Carlos avaient vu bien trop de fois. Ben était partit se coucher à l'étage.
"... ça te dis pas qu'on le regarde ce soir pour fêter ta victoire ?" demanda le brun en posant une main affectueuse sur l'épaule du blond. S'en fut trop pour Harry qui fonça vers le canapé et embarqua Jay dans un baiser torride. Carlos resta planté là, à regarder la langue du mannequin s'introduire dans la bouche de son crush. Il voyait les mains du garçon à l'eyeliner caresser le brun avec fièvre sous son tshirt, et il mourut un peu plus. Mal, qui revenait de la véranda, vit la scène avec douleur. Harry était un vrai connard. Jay se dégagea de ce soudain élan de passion, avec gêne.
"'Ry... qu'est-ce que tu fais ? On est pas tout seul..." dit il en montrant Carlos avec un air désolé. Harry observa le jeune homme avec un sourire carnassier. Il se leva du canapé et tira son petit ami par le bras.
"Eh bah on va l'être !" dit il en l'emmenant vers l'étage. Quand elle entendit la porte de la chambre se fermer, Mal se précipita sur le sofa, et prit son meilleur ami dans ses bras.
"C'est qu'un connard nounours, il fait ça pour te provoquer mon chéri !" dit elle doucement en lui frottant le dos. Carlos posa sa tête dans le cou de sa meilleure amie, l'étreinte était tout ce dont il avait besoin. Lorsqu'il se sentit suffisamment calme il se désolidarisa d'elle.
"J'ai l'impression d'être nul à aimer quelqu'un que je connais pas, et de si inaccessible." soupira t il en s'enfonçant un peu plus dans le fauteuil.
"Arrête de te sentir nul chaton. Y'a absolument rien que tu dois envier à ce petit fils de pute !" cracha t elle. "Tu seras toujours parfait à mes yeux, tu le sais ça ? Et si Jay est trop con pour le voir bah qu'il aille se faire foutre !" un craquement sur les marches de l'escalier les firent sursauter. C'était Ben.
"Je suis désolé, j'ai écouté votre conversation malgré moi... Jay et Harry ont décidé de... dépenser des calories dans la chambre alors que je dormais, donc loin de moi l'envie de voir un porno en live, je me joins à vous..." expliqua t il excédé, en remettant sa couette sur ses épaules. Il s'avança vers un fauteuil adjacent et s'y laissa tomber. Des cris de plaisirs se mirent à résonner depuis l'étage, et Ben souffla d'exaspération, pendant que Carlos se décomposait sur le sofa.
"Tes potes ils ont l'habitude de faire des vocalises comme ça alors qu'il y a des invités ?" demanda Mal passablement énervée. Ben se releva, à bout.
"Non. Et je te prie de croire que je suis super vénère qu'il ait pas freiné Harry la dessus. Merde quel pote se met à baiser avec son mec devant son meilleur pote ? Je vais grave le tuer demain... Franchement je comprends pas ce qu'il lui arrive. Il abuse." Un sanglot bruyant craqua dans la pièce, c'était Carlos qui venait de fondre en larmes alors que les cris de bonheur s'intensifiaient à l'étage. Mal se retourna vers lui à une vitesse fulgurante et le prit dans ses bras.
"Non non non s'il te plaît doudou pleure pas !" Le blond fondit dans ses bras animé par des soubresauts incontrôlables. Mal le serra un peu plus contre elle en déposant de légers baisers sur sa chevelure blanche, et le laissa pleurer autant qu'il voulait. Ben se rapprocha d'eux, il ne s'était pas attendu à une telle réaction. Le châtain questionna la jeune fille du regard. "Harry l'a menacé et insulté tout à l'heure dans la véranda. Il lui a dit que Jay ne s'intéressait à lui que parce qu'il était un cas social, et que tes parents allaient le virer comme tous les enfants qu'ils ont accueillis avant lui." expliqua t elle posément. Elle continua de le bercer doucement pour qu'il se calme jusqu'à ce que le fils du Maire attrape la petite main pâle du blond et la caresse doucement.
"Carlos... on ne va pas te virer de la maison, et tu es quelqu'un de bien, te mets pas dans des états comme ça s'il te plaît. Bien qu'il soit mon meilleur ami, ça vaut pas le coup de pleurer pour lui, et surtout pas à cause de son petit ami en carton." dit il doucement.
"Ben a raison nounours. Tu vaux tellement plus qu'eux." Carlos se retira de son étreinte.
"Et comment Mal ? Enfin ! Tu m'as bien regardé ? Je fais 1m65, j'ai à peine 15 ans, et mon torse ressemble à ça !" fit il en se levant du canapé et en levant son t shirt. Toute sa paroie abdominale et pectorale non recouverte de tissus laissait entrevoir des marques de brûlures et de larges cicatrices, évocatrices des sévices que lui avait fait subir sa mère. "Comment je peux être mieux avec ça ?" hurla t il avec douleur. Les yeux de Ben s'imbibèrent de larmes bien malgré lui. Il n'avait jamais vu toute cette pagaille sur son torse, et il réalisa la douleur infinie que ressentait Carlos envers lui même à ce moment là.
La pièce était comme figée devant ce spectacle et Carlos s'effondra en pleurant davantage sur le canapé derrière lui. Étonnement Ben s'asseya à côté du jeune homme, et souleva le t-shirt de son petit frère, sous les yeux inquiets de Mal et Carlos. Ben caressa une cicatrice près du nombril du jeune homme et soupira.
"Carlos c'est pas grave ça. Sois pas honteux de tes cicatrices, et si quelqu'un ose se moquer de toi pour ça je pense que Mal et moi on se fera un plaisir de l'étriper. N'est-ce pas Mal ?" demanda t il en se tournant vers la jeune fille qui n'avait pas bougé.
"Bien ... bien sûr !" bredouilla t elle en posant une main sur la cuisse du blond. "Maintenant mon chaton va te mettre en pyjama et sèche tes larmes je crois que tu es fort fatigué." dit elle doucement. Le blond se leva en prenant ses affaires et se dirigea dans la salle de bain. Mal s'allongea sur le canapé. "Merci pour ça Ben. Je pense que ça lui a fait du bien."
"C'est sa mère qui lui a fait ça ?"
"Qui d'autre..." fit la jeune fille en se relevant sur les coudes.
"Tiens tiens tiens nos amoureux..." fit une voix traînante depuis les escaliers. Harry était là, couvert de sueur, ne portant qu'un boxer et un sourire bien trop grand.
"Jay est présentable là haut ? Je dois lui dire deux mots !" cracha Ben en se levant et en empruntant les escaliers quatre à quatre. Harry s'apprêta à se diriger vers la cuisine mais Mal l'en empêcha.
"Toi ! Espèce de petite merde !" siffla t elle en se rapprochant de lui. "Je te préviens : tu redis encore la moindre menace à Carlos et je me ferais un plaisir de t'étouffer avec ton sperme !" cracha t elle à deux centimètres de son visage. À son grand étonnement Harry se mit à glousser.
"À non désolé c'est le boulot de Jay de s'étouffer avec mon sperme. Ce qu'il vient de faire avec bonheur. Mais bien essayé..." dit il avec un air suffisant.
"T'es vraiment une ordure..."
"Et toi t'es quoi Mal ? S'il te plaît ! Tu essayes de voler le mec d'une autre ! Ben joue peut être les grands séducteurs avec toi, mais il est avec Audrey ! La seule raison pour laquelle il s'intéresse à toi c'est parce qu'il a envie de coucher avec toi et qu'il voit bien que tu es une fille facile. Après tout, dans ton quartier elles le sont toutes !" Mal resta plantée là, sous le choc. Au début elle avait pensée que Harry bluffait. Mais quand elle repensa à la soirée, elle avait bien vu la proximité entre le châtain et la blonde. Elle ne pouvait que le croire un peu au fond d'elle. Surtout après l'incident avec sa mère qui l'avait traité mainte fois de "pute" et de "salope". "Tu vois c'est bien mieux quand tu te tais. Ben aime les filles qui se taisent et qui ressemblent à des princesses, pas les filles de mauvais goût avec des cheveux sales qui ressemblent à des vieilles sorcières mendiantes." siffla t il avec délectation. Carlos loin de toute cette agitation revint torse nue dans la pièce, il avait oublié son t shirt de pyjama. Harry ria davantage en regardant le corps marqué du jeune homme. "C'est ça qui essaye de me prendre mon mec ? Oh mon dieu... t'es ignoble gamin !" lança t il en gloussant. Mal le poussa contre le mur du salon.
"Redis ça un peu pour voir ! Enfoiré !" cracha la fille aux cheveux violets, les yeux injectés de venin.
"Olala ! Ça sort des petites insultes pour se sentir supérieure ! T'es qu'une gamine Mal, une gamine doublée d'une prostituée, et ton pote là... c'est juste un phénomène de foire !" dit il en regardant Carlos avec défit. Il repoussa la jeune fille et soupira. "Bon allez salut, moi j'ai besoin de me réhydrater après tant d'exercice !" fit il en partant vers la cuisine avec un petit air supérieur. Dans un timing absolument parfait Ben dévala les escaliers avec son sac sous le bras.
"Venez on s'en va !" cria t il à l'intention de Carlos et Mal. Ils s'habillèrent, prirent leurs affaires en toute hâte et suivirent le jeune homme à l'extérieur de la maison sans poser de question. De toute façon tout était mieux que cette ambiance pesante et malsaine. Mal tenta de suivre la marche du châtain qui courait presque dans la rue des lotissements éclairée par des réverbères. Elle se demanda ce qui avait bien pu mettre en colère le jeune homme, et même si les paroles d'Harry restaient ancrés dans sa tête elle était soulagée qu'il lui ait offert une porte de sortie. Elle n'aurait pas souhaité que Carlos reste un instant de plus dans cette maison.
"Ben ! BEN ! Arrêtes toi deux minutes ! Qu'est-ce qu'il s'est passé ?" fit elle en le rattrapant enfin. Ben s'arrêta net, et regarda les visages interrogatifs des deux amis. Il soupira, et leur raconta ce qu'il s'était passé quelques minutes plus tôt...
*FLASHBACK*
Ben entra dans la chambre de son meilleur ami légèrement énervé. Jay était nu sous ses couettes, et vu le chaos de vêtement autour du lit + la sueur sur le corps de son meilleur ami, aucun doute sur ce qu'il s'était passé ici quelques minutes plus tôt.
"Tu peux me dire depuis quand t'es devenu aussi con et irrespectueux Jay ?" demanda Ben les bras croisé. Son meilleur ami semblait assez surpris de son comportement.
"De... de quoi tu parles ?" demanda Jay avec un sourire, encore groggy par ce moment d'amour.
"Merde Jay ! Depuis quand tu baises alors que t'as des invités chez toi, je dormais à côté de vous quand vous avez commencé à vous toucher je te signales !" vociféra le châtain avec de grands gestes.
"Et alors ? De toute façon tu dors toujours à poings fermés, c'est pas ça qui va te réveiller..." fit Jay légèrement dépassé par la situation.
"Pardon ? C'est ça ton excuses ? C'est pas une raison Jay ! C'est pas parce que j'ai le sommeil lourd que ça t'autorises à forniquer à côté de moi ! Surtout quand après tu autorises ton mec à hurler dans toute la maison avec sa voix de porc là !" hurla Ben au bord de la crise de nerf.
"Pardon ? Pourquoi tu traites Harry gratuitement comme ça ?" fit Jay en se redressant sur le matelas, tout en maintenant la couette sur sa nudité.
"Oh s'il te plait Jay ! Tu sais très bien que ton petit ami est un vrai connard ! Il a même pas hésité à menacer Carlos tout à l'heure, tout ça parce qu'il est parano à cause de sa drogue de merde !"
"Arrête de dire ça ! Harry est clean !" cria Jay. Ben se rua sur la veste d'Harry sur le bureau, il chercha, chercha et trouva enfin ce qu'il cherchait : un petit sachet de poudre blanche.
"Ah bon ? C'est ça être clean ? Il se sert de toi et toi tu préfères rien voir !" hurla t'il davantage en secouant le sachet devant son meilleur ami avant de lui lancer au visage. "Ouvre un peu les yeux merde ! Ça fait des mois qu'on te le dit avec Evie !" Le brun encaissa le choc de la trouvaille et au lieu de réaliser tout ce que lui disait son meilleur ami, il s'acharna sur lui.
"Je te permet pas de me juger ou de le juger sous mon propre toit ! Et si c'est ce que tu penses de moi et de mon couple, bah on a plus rien à se dire !" fit il avec des yeux injectés de venin.
"Très bien. Salut." cracha Ben en prenant ses affaires. Il quitta la chambre.
*FIN FLASHBACK*
"Je suis désolé Ben..." fit Mal. Même si le châtain s'était apparemment moqué d'elle, elle ne pouvait pas être insensible à sa détresse. Le fils du Maire se passe une main nerveuse et fatiguée dans les cheveux.
"Et maintenant on est dehors à minuit, en pyjama, sans avoir aucun moyen de transport pour rentrer chez moi vu que ma maison est à l'autre bout de la ville. Putain ma mère va me tuer si il arrive quoi que ce soit à Carlos... et je veux qu'il t'arrive rien non plus..." soupira t il d'épuisement. Mal éluda la dernière phrase, et fût touchée par le soucis du châtain à protéger Carlos, il n'était pas si mauvais que ça.
"Je peux peut être nous trouver un moyen de locomotion. Attends." La jeune fille sortit son téléphone de sa poche et porta le combiné à son oreille.
"Ouai allo Uma ! Excuse moi de te déranger aussi tard... tu bosses pas ce soir ? Parfait ! Dis moi... je suis un peu dans la merde. Tu te souviens de la soirée où j'étais invité ?... oui euh avec... bref... Disons qu'on s'est fait viré et que du coup on est du côté des lotissements du quartier nord avec Carlos et... Ben et on a aucun moyen de rentrer. Tu pourrais nous sortir de là ? Et... oui ? Oh top ! Merci Uma je te revaudrais ça ! Quoi euh... " la jeune fille regarda autour d'elle. "... on est au croisement entre Lone Keep Street et Wood Garden Street... parfait, à toute !"
Uma arriva 10 minutes plus tard et toute la petite bande s'engouffra dans la Peugot 206 turquoise de la fille aux dreadlocks tout aussi turquoise. L'abitacle était imbibé d'une étrange odeur de poisson frit, mais Ben ne posa pas de question, il voulait juste rentrer chez lui et s'allonger dans son lit.
"Salut la compagnie !" lança la conductrice nocturne. "Carlos t'as vachement grandit ça me fait vachement plaisir de te voir, et... bah enchantée à toi... Benjamin c'est ça ?" Le châtain acquieça. "Bien : allons y ! C'est quoi l'adresse ?" demanda t elle en pianotant sur son GPS.
"143 Sherwood Boulevard c'est juste à côté de la Cathédrale d'Auradon." expliqua Ben.
"Ouuuhh ! C'est dans le quartier hyper riche de la ville !" Ben approuva avec un sourire géné. "Okay let's go." fit elle en s'engageant dans la rue. "Bon alors comment se fait il que vous vous retrouviez à la rue ?" demanda la jeune coiffeuse à la peau sombre. Mal passa une main nerveuse dans ses cheveux violets.
"C'est super long à expliqua Uma... Mais en gros disons que notre hôte a pas été super courtois..."
"Le beau brun aux cheveux longs sur qui tu crush Carlos ?" demanda Uma avec animation, bien loin de la morosité des trois amis. Mal regarda nerveusement son meilleur ami, qui semblait encore complètement anéantie par tout ce qu'il s'était passé.
"Oui c'est lui Uma..." répondit elle pour le soulager de parler.
Le trajet se fit plus ou moins dans le silence. Les deux amies au devant de la voiture parlaient ensemble de leur école de coiffure, alors que les garçons eux ne disaient rien. La voiture arriva enfin devant la Villa Florian, Ben sortit en premier rapidement suivi par Carlos. Le châtain regarda Mal qui avait baissé sa vitre depuis le siège avant passager.
"Bon bah bonne nuit les garçons, prends soins de toi nounours." dit elle doucereusement. Ben la fixa avec incompréhension.
"Quoi ? Tu rentres pas avec nous ? Tu peux dormir chez moi ce soir..." proposa Benjamin affectueusement. Mal était déçue, ce qu'Harry lui avait dit quelques minutes plus tôt lui revint en tête. Le fils du Maire était en train de lui proposer de rentrer et de dormir dans la Villa Florian pour très certainement profiter d'elle. Elle ne pouvait pas l'accepter.
"C'est gentil mais... je préfère pas. En plus je pense pas que ton père serait super enchanté de voir la fille de Malvina Bertha dormir chez toi. Je vais aller dormir chez Uma..." de toute façon c'est là qu'elle vivait désormais, depuis qu'elle avait été mise à la porte par sa mère. "On se parle plus tard, prends soins de Carlos. Je te fais confiance là dessus."
Mal remonta sa vitre, et la voiture partit. Uma soupira en oeilletant son amie.
"Le mec sur qui tu flash te propose de rester chez lui pour la nuit et tu le remballes, tu m'expliques c'est quoi le problème ?"
"J'ai découvert ce soir qu'apparemment il aurait une meuf... Je pense que si il me draguer c'était pour... fin tu vois." Uma hocha de la tête en tournant à un carrefour.
"Ouai, un gars n'a jamais assez de filles pour le satisfaire..." dit elle avec compréhension et dégoût.
"Comment j'ai pu me laisser avoir comme ça ? Il avait l'air si gentil..." répondit Mal dépitée.
"Les mecs c'est tous des FDP Mal, allez ! On rentre chez moi ! Je vais te faire du chocolat chaud, on va regarder la télé, et on parlera de tout ça ensemble !" répondit son amie avant de démarrer la voiture.
20 minutes plus tard les deux jeunes filles se trouvaient dans le petit salon de l'appartement de la noire sur Fish Street, un mug fumant de chocolat chaud dans les mains. Mal venait de lui résumer la soirée, ainsi que l'annonce d'Harry, et le comportement d'Audrey et Ben ensemble. Son visage était éteint. Entre le fait de se retrouver à la rue, sa mère qui avait complètement pété les plombs, et les intentions du châtain, elle avait vraiment l'impression que son monde s'écroulait.
"Ecoute M." commença Uma calmement. "Ce Harry ça à l'air d'être le pire gars d'Auradon. Je crois que même les poissons qu'on a dans notre vivier au resto sont plus humain que lui." En effet Uma travaillait quelques fois au restaurant de Fish & Chips de sa mère pour se faire un peu d'argent. "Tu crois pas que ça sent l'arnaque à plein nez ? Il a fait ça pour te faire mal parce qu'il déteste Carlos tout simplement. Moi je le vois comme ça..."
"Je te jure... ils étaient si proche lui et Audrey. Elle était si propre sur elle et parfaite. Je serais jamais ce genre de petite blonde toute mignonne, qui veut pas chiffonner sa robe, c'est pas moi ça..." soupira t elle en soufflant sur son chocolat.
"Et on t'as pas demandé de l'être. Meuf, s'il te plaît, laisse la dévalorisation sociale à Carlos, c'est sa spécialité. Si Ben t'as proposé un rencard c'est qu'il aimait ta singularité. Tu es plus forte que ça, tu sais ce que tu vaux."
"Ouai je vaux d'être SDF depuis bientôt 2 semaines, d'avoir aucun moyen de t'aider à payer le loyer, et de m'être fait avoir par un beau garçon des beaux quartiers..." soupira t elle.
"Mal... t'es ma meilleure pote, je te laisserais jamais dehors. Et pour cette histoire du joli garçon, je crois que tu ferais mieux de dormir, t'y verras plus clair demain. Moi je pense personnellement qu'il n'y a rien entre eux. Ne t'en fais pas. Allez ! Au dodo !"
