La semaine qui suivit fut intense pour le trio de Gryffondor, Hermione avait refusé d'adresser la parole à Ron Weasley, elle refusait même de s'assoir à côté ou face à lui, et parfois, il était trop difficile pour elle de rester en sa présence. Elle se retrouvait alors la plupart du temps seule. Ou était avec Harry les quelques fois où Ron n'était pas là, mais souvent Hermione restait avec Ginny, qui la consolait les fois où elle craquait, et Ginny ne s'empêchait pas de pester sur son frère à chaque fois qu'elle le voyait au loin, ou même face à face. Et du côté de Ron il en était de même, il refusait de parler à Hermione peu importait ce que Harry put lui dire. Harry lui, le vivait plutôt mal, arraché de ses deux meilleurs amis, il ne pouvait choisir son camp. La tristesse d'Hermione s'était vite transformée en rage, surtout grâce à Ginny Weasley qui lui fit comprendre que ce n'était pas elle le problème, mais son crétin de frère. Ce soir là, la pluie martelait les vitres avec vigueur dans la nuit, annonçant un hiver rude tandis que Hermione et Ginny parlaient une nouvelle fois de cette histoire, dans la Salle Commune occupée d'élèves d'années inférieures.

- Écoutes Hermione, franchement, tu devrais presque remercier Malefoy, dit la rousse à son amie. J'ai du mal à croire que je vais dire ça mais, grâce à ça tu as réussis à comprendre que Ron est un crétin ! Moi je le savais déjà mais toi, tu as pu en faire l'expérience.

- Ce qu'à fait Malefoy est mal Gin !

- Bien sûr que c'est mal ! C'est Malefoy, tout ce qu'il fait est mal ! Mais franchement Hermione, personne ne serait choqué de ce qu'il a dit. Par contre Ron ! Lui on peut dire que ce qu'il a dit est mal, et surprenant. Et je sais bien que c'est ça qui t'as touché.

- Je sais Ginny, et au fond je sais que tu as raison...

La rousse avait prit la main d'Hermione dans la sienne, elles étaient toutes deux assises seules, près du feux qui dansait et créait un halo lumineux autour des deux jeunes femmes. Ce geste tendre fit monter les larmes aux yeux de la Gryffondor.

- Hermione, commença doucement Ginny en lui caressant le dos de la main avec son pouce. Tu ne dois pas te sentir mal pour Ron, ce qu'il t'as dit est horrible, et sa réaction l'était d'autant plus. S'il était ton ami, jamais il ne t'aurait dis ça. Et tu sais, dit Ginny avec un petit sourire. Même si tu aimais tenir la « baguette » de Malefoy, c'est ton problème, pas le sien.

Hermione avait pouffé de rire tout en essuyant une larme qui coulait du revers de sa main libre.

- Je sais, je m'attendais juste... Tellement pas à cette réaction. Ginny, j'ai cru que... que mon cœur se brisait, articula douloureusement la jeune fille entre deux reprises d'air. Et maintenant je sais... Je sais pourquoi il est bien plus simple d'affronter Malefoy. Et pourquoi il m'est impossible d'affronter Ron... J'espérais vraiment... que Ron prenne mon parti.. J'ai des attentes qu'il ne peut combler... Parce que je crois que je l'aime... finit par dire Hermione avant de craquer dans les bras de Ginny.

- Je sais Hermione... Dit doucement Ginny d'un ton maternel, lui frottant gentiment le dos. Je le savais bien. Ça ira ma belle... Montre lui à quel point il a eut tord de te parler ainsi !

Après un petit instant de tranquillité dans les bras de Ginny, Hermione dut se relever durement. Ses larmes avaient séchées, mais le visage d'Hermione était toujours marqué par sa tristesse.

- Aller Hermione, tu as dix minutes pour te remettre en conditions, et tu rentreras la tête haute dans la salle de potions ! Fais lui comprendre à lui aussi, ce gros crétin, qu'il a eut tord et qu'il n'a pas gagné !

En effet, c'était vendredi, et Hermione allait à nouveau être enfermée avec son ennemi pour une longue heure. Après une semaine sans entendre parler de lui, elle lui avait été reconnaissante de ne lui avoir fait aucune remarque. Par contre Malefoy s'amusait beaucoup à lancer des clin-d'oeil lourds de sens à Ron, lorsqu'ils se croisaient, ce qui avait le dont de rendre fou ce dernier. La tension entre eux était à son comble, souvent Fred et Gorge s'amusaient à parier sur lequel d'entre eux attaquera le premier, ou alors si Drago se battra ou non et qui en sortirait vainqueur.

Quand Hermione arriva dans la classe ce soir là après avoir donné sa baguette à Rusard, elle remarqua que pour la première fois, Drago Malefoy y était déjà. Drago s'y tenait tranquillement debout, près de l'étagère à ingrédients de Rogue, de dos. Lorsque la porte se referma dans un bruit sourd, le Serpentard ne sourcilla pas.

- Granger.

- Malefoy.

Et sur ces mots, comme sur un accord, les deux ennemis se hâtèrent à leurs tâche, sans un mot. Une trêve semblait s'être installée par elle même, et Hermione lui en fut plus que reconnaissante, car elle n'aurait pas eut assez de force pour se battre contre le blond ce soir. Hermione pensa même un instant que Malefoy semblait lui avoir laissé un moment de répit toute la semaine, peut-être que ce geste était voulu, et qu'il avait compris qu'il lui avait fait du mal.

Non, c'était idiot. Jamais Malefoy ne se préoccupe des autres, son silence et son attitude de la semaine devait simplement être une coïncidence. Hermione balayait le sol, rangeait les chaudrons, replaçait les ustensiles, d'un geste presque mécanique, son esprit lui, était ailleurs. Bien plus loin que dans cette salle, elle pensait à Ron.

- Tu l'a prit si mal que ça Granger ?

Hermione n'avait pas tout de suite comprit de quoi parlait le Serpentard. Elle s'était retournée vers lui, interloquée. Et c'était en voyant que Drago Malefoy ne semblait pas se moquer, et semblait poser la question sans arrière pensée que Hermione répondit enfin.

- Bien sûr que je l'ai mal prit Malefoy ! Tu t'attendais à quoi ? Que je te remercie ? Que ça me fasse rire peut-être ? Ron et moi... On ne se parle plus ! Par ta faute !

- C'était un test Granger, et Weasley l'a passé avec brio, clama calmement le blond.

- De quoi tu parles ? Tu es devenu fou ? S'emporta Hermione.

Drago s'était tranquillement assit à une table, regardant droit devant lui.

- Et bien, je suppose qu'il n'a pas adoré mes insinuations ?

- Bien sûr que non Malefoy ! Il a même détesté !

Il y eut un court silence.

- Pourquoi, à ton avis ?

Drago s'était retourné, et avait verrouillé son regard dans le sien, ses yeux étaient bleus, presque gris foncé. Hermione fut un peu désarçonnée, était-ce la première fois cette année que Drago Malefoy avait accroché son regard si intensément au sien ? L'avait-il même jamais regardé de cette manière ?

- Je... Je ne sais pas ? Dit-elle, un peu chamboulée. Sûrement parce qu'il te déteste Malefoy ?

Drago avait détourné le regard, prenant une grande inspiration dédaigneuse, comme si Hermione était totalement passé à côté de quelque chose d'évident. Et il s'était remit à ranger les affaires de nettoyage, sans un mot de plus pour éclairer Hermione.

Ce fut après une dizaine de minutes, lorsque la salle fut entièrement nettoyée, et que les deux élèves s'étaient tous deux assit à une table séparée, vaquant chacun à leurs propre pensées, que Drago brisa le silence de sa voix trainante.

Alors, depuis le temps, tu as trouvé quelque chose ?

- Pardon ? Demanda Hermione, perdue.

- Tu as trouvé un sujet Moldu ? Demanda-t-il calmement.

Hermione fut prise de court, totalement. Ça lui était sortit de la tête à tel point qu'il lui fallut une seconde pour que son cerveau se souvienne de l'information.

- Je... Je n'ai pas que ça à penser Malefoy !

Le blond ricana et enfouit son visage dans ses mains rapidement.

- Tu n'as rien trouvé en fait Granger ? Tu n'as rien trouvé de ce que les Moldus font d'intéressant ? Ironisa-t-il.

Hermione s'empourpra, son cerveau fusait pour contredire Malefoy, elle n'y avait réellement pas pensé depuis, et Drago semblait penser que c'était... un jeu!

- Et bien figures toi Malefoy que si ! Mais le plus difficile étant de te faire aimer quelque chose venant de personnes que tu déteste. Et comme tu détestes à peu près le monde entier, ce n'était pas une tâche facile.

Et le blond ricana à nouveau d'un air mauvais, mais il n'ajouta rien. Hermione s'était relevée de sa chaise, profitant pour une fois d'avoir un minimum le dessus sur la situation. Elle s'approcha de la table où Malefoy était assit, se postant en face de lui.

- En réalité, j'ai dû d'abord t'analyser, savoir à quoi tu t'intéressais. Mais étant donné que nous ne sommes pas les meilleurs amis du monde, je n'ai pas pu en tirer grand chose. Ce que je sais de toi par contre, c'est que tu aimes prendre le dessus sur les autres, tu es mesquin, calculateur, tu aimes gagner...

- Fais très attention à ce que tu dis Granger, prévint le blond.

Son regard s'était assombrit tandis que celui d'Hermione semblait pétiller de malice, elle prenait en quelques sortes sa revanche.

-Tu aimes jouer. N'est-ce pas ? Demanda Hermione, calmement.

Soudain, Drago semblait presque intrigué, il avait relevé un sourcil. Hermione regarda brièvement sa montre, il restait cinq minutes.

- Il y a des tonnes de jeux Moldus très simples, qui sont possible sans aucun matériel et surtout sans magie. Je suis certaine que je ne pourrais trouver rien d'autre de non magique qui t'intéresserait plus que ça.

Drago sembla un instant peser les pour et les contres. Il avait joint ses mains devant son visage et semblait y réfléchir intensément.

- En tout cas moi, ajouta la jeune fille. Je ne compte pas m'ennuyer à mourir jusqu'à la fin de l'année ici, et comme prendre un livre m'est impossible, je ne vois rien d'autre que ça.

Malefoy, les mains jointes devant la bouche, réfléchissait les sourcils froncés.

- Comment je peux être sûr que ce qui se passera ici ne sortira pas de cette salle ? Finit-il par objecter.

- Tu crois vraiment, après la réaction de Ron la semaine dernière, que c'est dans mon intérêt que quelque chose sorte d'ici ?

Drago sembla réfléchir encore.

- Si jamais on apprend que je fais des jeux Moldus débiles avec une... Une Sang-de-Bourbe... Je te jure que...

- Malefoy, avait coupé la brune. Dans cette salle, je ne te laisserais pas m'appeler ainsi.

Mais Drago sembla ne pas vraiment l'écouter. Il replongea son regard perçant dans les yeux bruns d'Hermione.

- Un Serment Inviolable. C'est ce que je demande. Je ne permettrait pas que quelconque information sorte d'ici.

- Tu es sérieux Malefoy ? Demanda vivement la brune, avant de regarder autre part pour réfléchir puisque le blond ne semblait pas ressentir le besoin de donner plus d'explications.

Après quelques seconde, Hermione fixa sévèrement le blond. Décidée, elle prit une chaise qui se trouvait à la table derrière elle et la retourna vivement, avant de se mettre assise à califourchon dessus, et de tendre sa main sur la table.

- J'accepte.

Le blond sembla surpris par cette décision, mais son regard se durcit vite. Il se leva de sa chaise d'un coup.

- Ça me suffit Granger.

- Pardon ? Demanda-t-elle, attendant toujours, la main ouverte sur la table.

- Le fait que tu aies été prête à le faire me suffit Granger. Dit-il d'un air qui se voulait ferme et catégorique. Et puis, nous n'avons pas de baguette ni de personne pour sceller notre serment. Et puis je suis pas vraiment prêts à mourir pour toi.

Hermione se repoussa en arrière, effectivement, elle n'y avait pas pensé. Mais ce serment lui aurait plut à elle aussi, elle ne voulait surtout pas que ce qui se passe dans cette salle s'ébruite. Elle ne voulait surtout pas que Malefoy recommence son petit jeu de la semaine dernière. Mais soudain, une idée éclaira son esprit et tous ses espoirs étaient revenus.

- Malefoy ! Ton cours sur les Moldus commence maintenant.

Drago eut un air suspicieux, il ne comprenait visiblement pas de quoi elle parlait.

- Les Moldus ont leurs propre Serment Inviolable, dit-elle.

Malefoy sembla soudain intrigué, il se rassit à la place où il se trouvait quelques secondes auparavant, en face de la brune dont les yeux pétillaient toujours.

- Qu'est ce qu'il faut faire ?

Hermione eut un sourire en coin, Malefoy semblait intéressé par une pratique Moldue, elle avait déjà gagné leur premier jeu.

- C'est très simple, dit la jeune fille.

Elle replaça son bras sur la table, son poing à hauteur de visage, comme pour un bras de fer, le visage concentré. Elle menait la danse.

- Suis moi.

Drago plaça son coude sur la table, et imita la jeune femme, il semblait un peu perdu, mais était visiblement déterminé. La jeune femme chercha le regard du blond, elle avait un sourire en coin sur le visage. Lorsque leurs deux regards se croisèrent, elle leva alors son petit doigt, et il fit de même. Hermione réduisit les quelques centimètres qui séparaient leurs mains et combla l'espace en encerclant son petit doigt au sien.

- Drago Malefoy, commença-t-elle. Toutes les activités, paroles et gestes qui se dérouleront dans cette salle tout au long de l'année, ne sortiront en aucun cas de cette pièce. En dehors de cette salle, aucun de nous ne devra agir différemment qu'à notre habitude. Et, aucun d'entre nous ne devras utiliser les informations récupérées ici contre l'autre. C'est à dire que, lorsque nous sortiront de cette pièce, nous serons toujours, aux yeux de toute l'école, des ennemis, nous serons toujours, deux inconnus.

Les deux ennemis se regardaient intensément, au dessus de leurs deux mains, dont les deux doigts s'entremêlaient fermement, définissant leurs désir commun.

- Es-tu d'accord avec ces conditions ?

- Oui. Dit-il solennellement.

Hermione releva doucement son pouce vers le haut, ne lâchant pas le petit doigt de Malefoy. Le blond, malgré qu'il ne sache pas ce qu'il se passait, la suivit. Lorsque leurs deux pouces se touchèrent enfin, lorsque leurs âme s'étaient accordées pour la première fois, et que leurs yeux ne se lâchaient plus, Hermione prononça les mots qui scelleraient leurs serment, ces mots qui les lieraient à jamais :

- Marché conclut...

- ...Marché conclut.

À ces mots, comme pour clore et confirmer encore plus la promesse qu'ils venaient de se faire, la porte de la salle s'ouvrit. Leurs permettant de mettre à bien leurs allégeance, en dehors de cette salle, ils ne se connaissaient pas. Et alors, Hermione Granger fut la première à se libérer de l'emprise entendue de leurs poignes, et s'en alla, laissant le blond toujours assit, seul dans la salle. Sa main soudainement froide.