Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "Encore" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.
Encore.
C'était le maître mot de leur couple.
Quoi qu'il fasse, elle en voulait toujours plus. Encore et encore.
Encore de l'attention, encore de l'argent. Encore des sorties.
Lorsqu'il l'avait connue, il avait pensé qu'il pourrait passer sa vie à ses côtés.
Elle était si pleine de vie, si énergique… Elle lui donnait envie de se dépasser, pour l'impressionner.
Elle lui offrait la famille dont il avait toujours rêvé, sur un plateau. Une femme aimante, des beaux-frères qui l'avaient accueilli à bras ouverts et dont l'un d'eux était son meilleur ami. Des beaux parents adorables, qui se préoccupaient réellement de lui.
Pourtant ses rêves d'avenir s'étaient heurtés à la réalité.
En sortant de la guerre, Harry avait pensé qu'il était libre désormais. Qu'il pouvait commencer à vivre pour lui-même, sans avoir à se préoccuper du reste du monde magique. Il touchait presque le bonheur du doigt.
Il y avait eu des heurts dans les premiers temps de leur mariage. Des disputes violentes, mais Harry ne s'était pas inquiété. Ginny après tout avait un caractère bien trempé, et elle était connu pour ses colères explosives.
C'étaient des broutilles, des petits détails idiots, et Harry oubliait rapidement ce qui avait accroché.
Jusqu'au jour où il avait décidé d'abandonner sa carrière d'Auror.
Il s'était rendu subitement compte que son métier ne lui plaisait pas réellement. Il avait idéalisé la profession en se basant sur les histoires entendues de son parrain au sujet de son père et en prenant en compte sa propre expérience pendant la guerre. Mais être Auror en temps de paix n'était pas vraiment épanouissant.
Kingsley, Ministre de la Magie, lui avait bien proposé de prendre le poste de Chef des Aurors, mais Harry ne se sentait pas l'âme d'un meneur. Plus depuis la fin de la guerre.
Il n'avait pas demandé son avis à Ginny. Après coup, il se rendrait compte qu'il avait eu tort, qu'il aurait dû lui faire part de ses doutes. Il avait juste démissionné, sur un coup de tête. Ron n'était déjà plus Auror, rejoignant George pour l'aider dans sa boutique.
En l'apprenant, Ginny avait cassé de la vaisselle, et hurlé. Elle lui avait reproché de se comporter comme un idiot, de ne jamais réfléchir. De ne penser qu'à lui, encore et encore.
Il s'était entêté, refusant de plier. Il avait suffisamment été manipulé durant son enfance et son adolescence pour être réfractaire à tout conseil, à toute tentative de le faire changer d'avis.
Un moment, Harry avait été tenté d'enseigner à Poudlard. Mais il s'était rendu compte que c'était ce que le monde magique attendait de lui, le Sauveur prenant en charge la nouvelle génération. Sans compter qu'Hermione lui avait judicieusement fait remarquer que quitter le domicile conjugal pendant une bonne partie de l'année n'aiderait pas à résoudre ses problèmes de couple.
Puisque Sirius avait fait de lui l'héritier Black, et qu'il portait désormais le titre de Lord, Ginny avait commencé à exiger plus de lui. Pour coller à l'image d'une parfaite Lady.
Elle lui demandait encore plus d'argent pour des toilettes à la pointe de la mode qu'elle ne portait qu'une fois. Elle le traînait sans pitié à chaque évènement du Ministère, minaudant avec tout le monde, se servant sans vergogne de son nom pour gagner en popularité.
Harry fermait les yeux. Il s'accrochait à sa vision idéale du couple, et refusait de répondre aux provocations de son épouse. Il avait conscience qu'elle essayait juste de le faire réagir, comme pour sauver ce qui pouvait l'être.
Mais ça continuait encore et encore. Puisqu'il ne répondait pas aux provocations, Ginny continuait de le pousser dans ses retranchements, donnant des interviews, exposant sans vergogne leur vie privée, obligeant Harry à revenir sous la lumière des projecteurs.
La famille Weasley dans son ensemble contemplait le désastre arriver, sans dire un mot, sans intervenir. Ils ne pouvaient pas s'en mêler au risque d'aggraver la situation, et ils aimaient autant leur fille que le jeune homme qui avait débarqué dans leurs vies alors qu'il avait onze ans.
Finalement, ce fut Ginny flirtant à un bal du Ministère qui fit tout exploser. Sans un mot, sans un cri, Harry décida qu'il avait été assez patient. Il quitta les lieux, sans montrer la moindre émotion, comme si rien d'inhabituel ne s'était produit.
Comme si sa douce épouse, celle qui était sensée être son amour d'enfance, ne cherchait pas à attirer son attention désespérément en se donnant en spectacle.
Hermione et Ron, toujours présents dans l'ombre, prirent soin de stopper Ginny avant que l'irréparable ne se produise. Ron consola sa petite soeur, la ramenant chez leurs parents, pour lui laisser le temps de dessaouler et de se reprendre. Il adorait son meilleur ami, mais parfois Harry pouvait être buté, et il fallait toute son énergie pour l'affronter.
Hermione, elle, décida d'aller voir Harry. En général, il l'écoutait, et elle pouvait toujours essayer d'arrondir les angles.
Cette fois pourtant, il n'y aurait pas une énième réconciliation. Il n'y aurait pas d'excuses plates avant un retour à la vie de couple ennuyeuse qu'ils avaient construite au fil des années.
Harry était introuvable. Il était rentré chez lui, avait rassemblé quelques vêtements dans un sac à dos, et était parti. Sans un mot, sans une explication.
Il avait juste tourné la page, refusant encore de fermer les yeux sur le naufrage de sa vie. Sur la fin de ses rêves, comprenant enfin qu'il avait fait fausse route. Il avait laissé espérer Ginny, il s'était servi de son amour, pensant qu'il arriverait à faire illusion, suffisamment pour réaliser ce qu'il avait toujours espéré. Une famille à lui, sa propre famille.
En chemin, il s'était perdu. Il avait oublié l'ingrédient principal d'un couple heureux, comme celui de ses parents, comme celui de Molly et Arthur. L'amour.
Ainsi, Harry était parti, offrant à Ginny la possibilité de tourner la page et d'être heureuse autrement.
Quand à lui… La guerre avait laissé des cicatrices indélébiles et il espérait trouver les réponses à ses questions, ailleurs.
