Bonjour

BONNE ANNEE 2021 à tous et toutes

j'espère qu'elle sera sympa pour vous et vos proches

Nouveau chapitre aujourd'hui :-) on s'approche de la fin de la première partie

Bonne lecture

KitsuneA


Il y avait dans cette maison une autre pièce dans laquelle Dean n'allait jamais, non pas parce qu'il n'en avait pas le droit, mais parce qu'il n'en avait pas l'envie. C'était la Bibliothèque. Dean aimait lire des bd mais pas des livres. Ça ne l'intéressait. Il n'en avait ouvert dans son enfance que pour apprendre la lecture parce qu'il y était obligé par sa mère qui avait assuré pour ses deux fils les cours à domicile. Pourtant, un matin, il y était entré. Toujours pas pour lire, non, mais parce que sa mère lui avait que c'était dans cette pièce que se trouvait Castiel et en effet, il était là. Assit dans un fauteuil, plongé dans la lecture d'un gros bouquin. Dean l'observa silencieux. Il voyait ses yeux bleu bouger au rythme de sa lecture et entendait les pages être tournées de temps à autre. Castiel produisait toujours très peu de bruit, peu importait ce qu'il faisait. Il était d'une telle discrétion, que parfois, il arrivait aux Winchester d'oublier qu'il se trouvait dans la même pièce qu'eux.

L'ange aux cheveux noirs leva soudain la tête, se sentant sûrement observé, et ce fut Dean qui sursauta, surprit.

- Hey ! dit-il simplement en se frottant la nuque, mal à l'aise.

- Hello Dean. Est-ce que tu voulais lire dans ce fauteuil ?

- Non... non pas du tout. Je... c'est ma mère qui m'a dit que tu étais ici. Qu'est-ce que tu lis ?

- Vingt Mille Lieues sous les Mers. Tu l'as déjà lu ?

- Je ne lis pas de livres, c'est pas mon truc. Sammy... Sammy l'a sûrement lu, lui.

- Je cherchais des livres sur l'histoire du monde, les humains, tout ça, mais vous n'en avez pas. Il n'y a que des contes, des légendes et la Bible.

- Ouais, je sais. Dis, Cas', d'où tu viens exactement ? De quel état ?

Castiel cligna des yeux rapidement. Mince, Dean commençait à poser des questions qui ne l'arrangeaient pas du tout. Il allait devoir lui mentir. Heureusement, Castiel avait eu une petite répétition pour ça quand il était encore au Paradis.

- Je viens de Pontiac, dans l'Illinois. Je suis né et j'ai grandi là-bas.

Dean s'assit sur un pouf devant le fauteuil.

- Parfois, je me dit que j'aimerais bien voyager. Allez voir d'autres états. D'autres paysages. Il doit y en avoir des magnifiques.

- Mais, tu ne peux pas, dit Castiel, un brin fataliste et Dean baissa la tête, comme un enfant prit en faute.

- Ouais, je sais.

- Pardon Dean, je ne voulais pas que tu te sentes mal face à cette vérité. J'ai été un peu... sec.

- C'est rien. Je sais que je ne peux pas, mais ça ne m'empêche pas d'en avoir envie, parfois. Sam... il a pu partir lui, je l'envie un peu. Bref ! Tu as des frères et soeurs ?

- Mmh, quelques-uns.

- Quelques-uns ? s'étonna Dean. Beaucoup ?

- Beaucoup trop de frères et soeurs, annonça Castiel en fermant son livre d'un coup sec.

- T'as pas l'air de vouloir en parler ?

- Pas vraiment. Ma famille, c'est, comment dire... compliqué.

- Tu as grandis avec tes deux parents ?

- Non, juste avec mon père. Je n'ai pas de mère.

- Tout le monde a une mère, c'est obligé.

- Je n'en ai pas, Dean ! Arrête avec tes questions sur ma famille.

- Ok.

Le Winchester leva ses mains devant lui en signe de paix. Il avait peut-être un peu agacé Castiel avec ses questions trop personnelles.

- Et donc, tu es venu jusqu'à Lawrence en car ?

- Oui. Je devais accomplir quelque chose, c'est pour cela que je suis venu ici.

- Et.. et tu as réussis à accomplir ce que tu devais ?

- Pas encore, mais c'est en bonne voie... je crois. Dean, on pourrait faire un jeu de société, proposa Castiel, sûrement pour couper court à ce flots de questions. Dean acquiesça, après tout, ça les occuperait. Au moins.


Bobby Singer voyageait dans un vieux tacot. Il avait fait le tour de Lawrence mais n'avait pas trouvé les Winchester. Il avait demandé ça et là si quelqu'un savait où ils vivaient et une femme fort sympathique lui avait indiqué que la famille vivait à quelques kilomètres en dehors de Lawrence, au milieu de la campagne.

L'homme, qui commençait à se faire un peu vieux était partit de chez lui à Sioux falls, dans la Dakota du Sud, il y avait presque une semaine, pour venir livrer un paquet important à John Winchester. Il se devait de le lui remettre en mains propres. Il roulait donc actuellement sur une petite route de campagne en priant pour que son tacot tienne le choc.

Les hauts murs de la maison des Winchesters lui apparurent soudain de loin et il s'étonna que ça ressemble plus à un bunker qu'à une maison familiale. Est-ce que la femme l'avait envoyé au mauvais endroit ?

Il sortit de son tacot une fois garé devant la maison. Il regarda le nom sur la porte. Il était au bon endroit.

- Eh ben, ça alors, marmonna-t-il dans sa barbe, puis il appuya sur la sonnette.

Ce fut John en personne qui vint ouvrir la porte, méfiant.

- Bobby ? dit-il sans y croire, les yeux ronds d'étonnement quand il reconnu son vieil ami chasseur.

- John Winchester. Ça me fait plaisir de te revoir.

- Mais... qu'est-ce que tu fais ici ? Il y a un problème ?

- Un problème ? Non pas du tout. Je viens simplement te livrer un colis que je ne pouvais pas faire passer par la poste. Ça a été dur de trouver où tu habites. Ma parole, tu te caches ?

- C'est compliqué. Moins tu en sauras, mieux ce sera. Où est-le colis ?

- Dans le coffre de ma camionnette. J'ai trimbalé ça depuis chez moi. Ça vient tout droit du Mexique, tu vas adorer.

John sortit des murs de chez lui en fermant la porte.

- Tu gardes quoi entre ces murs surmontés de barbelés ? Tu fais dans l'élevage de monstres ?

- C'est une nouvelle arme ? demanda John, voyant le carton dans le coffre, changeant de sujet par la même occasion.

- En quelques sortes. Un truc bien classe à ne pas mettre entre toutes les mains, si tu vois ce que je veux dire.

- Je vois. Ça vient des chasseurs.

- Un peu, mon n'veu ! Tu m'invites à boire une bière et je te montre ça ?

Bobby vit un instant de panique passer dans les yeux de John. Ça cachait quelque chose de pas net. Visiblement, John gardait vraiment quelque chose de secret derrière ses hauts murs infranchissables.

- Écoute, c'est un peu..., commença John, sans savoir quoi dire pour ne pas trop s'enfoncer dans un mensonge ridicule.

- Je peux aussi repartir avec l'objet et aller le ramener là d'où il vient.

- Je ne chasse plus, murmura John.

- Mary non plus ?

- Non, répondit John, toujours à voix très basse.

- Et vos enfants ? Il me semble que vous en avez non ? Combien ? deux ?

- Deux garçons en effet, mais on ne leur a jamais parlé de cette vie là. Enfin, si, à Sam on lui a plus ou moins raconter avant qu'il s'en aille à l'université mais Dean... Dean ne sait rien et nous avons fait des choix dans notre jeunesse, avant sa naissance, qui le condamne à ne surtout pas sortir de cette maison.

- Je vois, ça explique l'effet bunker. Bon, c'est dommage, c'était quand même pas rien ce que j'apportais, mais si t'en veux pas et que t'en a pas b'soin, je vais aller voir chez Garth.

- Garth ? s'étonna John, le prénom ne lui disant rien du tout.

- Il est de la nouvelle génération de chasseurs. Celle dont devrait faire partie tes fils, John. Enfin quoi, les descendants des chasseurs et des Hommes de Lettres. J'me d'mande bien c'que vous avez foutu !

John réfléchit, les lèvres pincées, puis il finit par dire :

- Ok, j't'invite à boire une bière et tu me montres ce que tu m'as apporté. Ça m'intrigue. Ça a l'air d'être du lourd.

- J't le fais pas dire. Tu vas pas en croire tes yeux.

- Mais tu dis rien à Dean si tu le croises ni à Castiel.

- Castiel ? Voilà un nom qui sort de ordinaire.

- Je t'expliquerai. S'ils posent des questions, j'ai bossé pour toi dans ton garage quand j'étais jeune, c'est tout.

- Ok, chef !

John sortit le carton de son coffre, franchi la porte de la propriété de son ami et se dirigea vers une belle maison moderne, qui, heureusement n'avait rien d'un bunker. Ils entrèrent à l'intérieur et Bobby posa son carton sur la table du salon. John prit deux bières dans le frigo et alla chercher sa femme au salon. Ils partirent tous trois avec le carton vers le fond de la maison, là où la pièce interdite se trouvait.


Dean avait observé depuis la fenêtre de la chambre de Sam, qui donnait sur l'avant de la maison, son père et cet homme portant un carton entrer dans la maison, puis il était sortit en douce et était resté à l'étage pour écouter. Il n'avait entendu que son père dire à sa mère de venir avec lui car Bobby avait apporté quelque chose d'important et qu'il avait fait beaucoup de route pour ça. Dean avait froncé les sourcils. Qui était Bobby ? Et qu'avait-il bien pu apporter ?

Personne, hormis Castiel maintenant, n'était jamais entré dans la maison des Winchester. C'était un événement inédit ça, aussi, Dean alla frapper à la porte de la chambre de Castiel, située au rez de chaussée et dès que son ami eut ouvert sa porte, le jeune homme entra directement, sans avoir attendu d'y être invité.

- Faut que je te parle. Mon père vient de laisser entrer un type chez nous qui portait un carton. C'est quelque chose qui n'est jamais arrivé et je crois... je crois qu'ils se sont dirigés vers la pièce réservée à mes parents.

Cette pièce n'avait jamais vraiment intéressée Dean par le passé (ni Sam, d'ailleurs) mais depuis peu elle était trop souvent dans ses pensées. Depuis que Castiel avait mis sa main sur la porte et lâcher un 'OH' comme s'il avait senti quelque chose au travers du bois. Comme s'il avait pu savoir, d'une façon ou d'une autre, ce qu'il y avait dans cette pièce. C'était perturbant de soudain y penser autant et de vouloir savoir ce qui pouvait bien être gardé là-dedans. Mais Dean sentait que ses parents cachaient des choses, beaucoup sans doute, et qu'il était temps de savoir quoi exactement.

- Je ne crois pas que nous devrions savoir ce qu'il y a dans cette pièce.

- Tu le sais toi, hein ? Ou en tout cas, tu as une idée de ce qu'il y a.

- Non, tenta Castiel, mais le fait qu'il détourne les yeux en le disant prouvait le contraire. Comment le saurais-je ?

- Je sais pas trop. Tu vas me prendre pour un dingue, mais l'autre jour, quand tu as posé ta main sur la porte... alors, je sais pas comment t'as fais ça, mais je suis presque sûr que t'as senti ou vu des trucs. Ça s'est lu sur ta tête, Cas'.

L'ange plissa les yeux, un brin contrarié puis il tiqua soudain sur le dernier mot de Dean.

- Comment m'as-tu appelé ?

- Euh... ben Cas'. Tu sais, c'est juste... une version raccourcie de ton prénom. Désolé.

- Ne t'excuse pas, j'aime bien.

Dean sourit, gêné, en se frottant la nuque et Castiel sentit sa grâce vibrer agréablement dans son corps.

- Est-ce que tu es un genre de magicien ou de médium ? demanda très sérieusement le jeune humain, espérant une réponse positive.

- En fait... pas vraiment, non.

- Mais tu peux ressentir des trucs, hein ?

Castiel cligna des yeux plusieurs fois, puis il finit par hocher la tête positivement. Il ne pouvait pas mentir à Dean sur tout quand même. Il fallait bien qu'il lâche quelques vérités sur lui de temps en temps.

- Trop bien ! se réjouit l'humain, un sourire ravi sur les lèvres. Comment ça fonctionne du coup ? Tu touches des objets et tu ressens ?

- Plus ou moins, oui. Disons que je touche et des infos me viennent en brouillon. Mon esprit dessine ensuite pour que je puisse visualiser.

- Ok. Et ça marche avec n'importe quel objet ?

Castiel confirma d'un signe de tête.

- Genre, si tu poses ta main sur le mur à côté de ton lit, tu peux savoir ce qu'il y a de l'autre côté.

- C'est compliqué si les objets sont en pierre. C'est plus facile avec le bois.

- Ah. On essayera demain. On va pas risquer de faire ça maintenant. Tu... t'as envie de jouer aux jeux vidéos ?

Le visage de Castiel s'illumina d'un grand sourire ravi et le coeur de Dean sembla avoir manqué un battement. L'humain s'étonna de cette sensation, mais n'y prêta pas trop attention.