Camarades !

Décidément j'ai l'impression d'accumuler les retards (ou que le monde a décidé de se liguer contre le fait que je veuille écrire un calendrier de l'Avent...).
Je tenais également à remercier les personnes qui m'ont souhaiter mon anniversaire sur le discord de l'Enfer de Dante hier, merci, c'était tellement gentil, vous avez illuminé ma journée et particulièrement merci à Black Angelis et Almayem pour leurs cadeaux, vous m'avez fait fondre ! *se tamponne les yeux avec un mouchoir*

Sur ce je vous souhaite une bonne lecture !


14 décembre

Regina avait l'impression d'être une cocotte minute et qu'elle allait exploser à tout moment. Tout devait être parfait. Comme chaque année, elle avait minutieusement tout planifié pour que le mois de décembre soit le plus parfait et le plus magique possible. D'autant plus qu'elle devait faire des efforts d'imagination pour que sa maison soit la plus belle de la ville et non celle de sa sœur, Zelena, elle n'avait aucunement l'attention de la laisser gagner.

Et pourtant elle avait l'impression que rien n'allait. Le Père Noël qu'elle avait engagé n'était toujours pas arrivé et elle voulait lui parler avant qu'il ne commence son petit numéro durant le marché de Noël qui aurait lieu ce soir, déjà parce qu'elle voulait s'assurer qu'il prendrait son rôle au sérieux et qu'il ne ferait pas fuir les enfants, mais aussi pour lui demander si voulait bien rendre une visite aux enfants malades de l'hôpital de Storybrooke. Et il n'était toujours pas là ! Tout comme les membres de la chorale qu'elle avait engagés qui n'étaient toujours pas là !

Au moment où elle cru qu'elle allait passer ses nerfs sur quelque chose ou quelqu'un, la porte de son bureau s'ouvrit en grand, laissant entrer Zelena, suivit d'un homme assez âgé qui portait une longue barbe blanche.

« Soeurette ! Le Père Noël est enfin arrivé !

- Enfin ! Vous deviez arriver il y a déjà deux heures !

- Je suis vraiment désolé, je me suis perdu en route et le réseau n'était pas terrible. Je vous présente mes excuses. »

Il avait l'air si désolé que la colère de Regina retomba.

« C'est moi qui l'ai trouvé, le pauvre homme tournait en rond avec sa voiture. C'est votre barbe blanche qui m'a mis la puce à l'oreille ! C'est une vraie ?

- Zelena ! »

Regina lui fit de gros yeux, avant de jeter un regard d'excuses au Père Noël, ou plutôt à Mr Winters.

« Je suis désolée, je suis sûre que ma sœur…

- Ça ne fait rien, je suis habitué, on me pose sans arrêt la question. Pour répondre à votre question : oui c'est une vraie. Si je dois jouer le Père Noël, autant le jouer jusqu'au bout et ça évite des situations embarrassantes avec les enfants suspicieux.

- Bien. Je voulais vous parler avant de vous faire faire le tour du marché de la ville. Je veux être sûre que vous ne sortirez pas de votre rôle pour la soirée. J'ai déjà eu ce cas une année et je ne veux pas que ça se reproduise.

- Bien entendu. Vous pouvez compter sur moi, les enfants n'y verront que du feu. »

Rassurée, Regina commença à lui donner d'autres instructions. Il n'y avait plus qu'à espérer que la chorale arrive et elle pourrait enfin respirer normalement.

oOo

La journée avait passé à une lenteur effarante aux yeux de Victor, qui avait bien eu du mal à ne pas cacher son impatience. Heureusement que Ruby avait toujours de bonnes idées pour l'occuper, sinon il ne savait pas comment il aurait tenu le reste de la journée.

Même si il avait été heureux d'aider les sœurs du couvent à préparer des sacs contenant vêtements, nourriture et produits de première nécessité pour les plus démunis, il devait avouer qu'il était heureux de voir le jour baisser progressivement.

Il ne savait même pas pourquoi, après tout c'était juste une sortie amicale avec Jefferson, rien de plus, mais il ne pouvait pas s'empêcher d'être excité.

Ça n'avait pas échappé aux yeux de Ruby, mais elle préféra se taire. Elle se montrait à la fois prudente quant à la relation qui était en train de se lier entre son ami et Jefferson. Bien qu'aucun des deux ne semblait s'en être rendu compte, il était évident qu'il y avait plus que de l'amitié entre les deux. Et si elle désirait le bonheur d'autant de l'un que de l'autre, elle savait aussi combien les deux avaient soufferts. Si il y avait bien une chose qu'elle ne voulait pas, c'était que tout ça se termine mal. Ils avaient l'air d'êtres faits pour s'entendre mais ils étaient aussi très différents au niveau de la personnalité. Victor était quelqu'un de calme et réservé, sérieux et Jefferson était quelqu'un d'excentrique et sociable. Et surtout Jefferson était veuf et père. Elle n'avait pas le souvenir que Victor aie une relation sérieuse depuis longtemps et mis à part les enfants qu'il soignait à l'hôpital, il n'en avait pas dans son entourage pour se faire une idée de ce qu'était une vie de famille. Et le fait que Victor ne soit là que pour quelques jours pouvait précipiter les choses.

C'est pourquoi elle avait crié sur les deux l'autre jour. Elle s'inquiétait que tout n'aille trop vite et ne dérape, parce qu'ils méritaient de connaître le bonheur à nouveau.

Mais elle avait bien du mal à ne pas sourire en voyant Victor montrer des signes d'impatience et bondir presque sur ses pieds quand elle déclara à la mère supérieure qu'ils allaient partir.

« Tu es si impatient que ça de sortir ? Moi qui pensais que tu étais du genre à rester enfermé dans ta chambre à lire.

- Je suis juste content de voir le marché de Noël, depuis le temps que tu m'en parles. »

Elle se retint de rire, gardant son sérieux.

« Je ne savais pas que la fièvre de Noël t'avait gagné.

- Il faut croire que ça a changé. Ou disons que je suis plus enclin à participer à certaines festivités.

- Vraiment ? Il n'y a rien d'autre qui te rends heureux à ce point ?

- Si. Passer mes vacances avec toi. »

Ruby ne pu s'empêcher de fondre et de le prendre dans ses bras, même si elle savait qu'il disait surtout ça pour lui faire plaisir. Elle savait aussi qu'il était sincère dans ce qu'il disait.

« Allez, dépêchons nous, Dorothy m'attends. »

oOo

Jefferson était venu en avance. Il appréhendait ce rendez-vous qui n'en était pas un. Il se sentait nerveux et apparemment Grace l'avait remarqué en rentrant de l'école. Elle l'avait regardé bizarrement et quand il lui avait annoncé qu'il sortait au marché de Noël avec Victor, elle lui avait tout simplement dit qu'elle y allait avec ses amis. Il l'avait accompagné mais elle l'avait vite délaissé pour rejoindre ses amis. Il ne lui en voulait pas. Il se souvenait qu'il n'aimait pas être trop vu en présence de ses parents quand il avait son âge. C'était normal.

Pour le moment celui qui occupait ses pensées était Victor, qui faisait juste son apparition au bout de la rue, seul. Il ne put s'empêcher de se sentir soulagé de l'absence de Ruby. Il aimait beaucoup la jeune femme mais elle l'avait un peu effrayé la veille et n'avait pas compris les tous les sous-entendus qu'elle lui avait lancé.

« Hey. Tu es venu.

- Bien sûr. Je t'avais promis. On ne brise pas une promesse.

- Merci. »

Sans plus attendre, Jefferson se mit en marche. Ce marché de Noël, il le connaissait très bien. Depuis qu'il s'était installé à Storybrooke, un peu avant la naissance de Grace, il n'en avait raté aucun ou presque. En vérité ça faisait maintenant trois ans qu'il n'y avait pas mis les pieds. Alors qu'ils approchaient des stands et des chalets, que des cantiques étaient diffusés dans les rues et que des odeurs de marrons chauds et de cannelle fleuraient dans l'air, il se remémora avec nostalgie les Noëls passés en compagnie de Priscilla et Grace, de l'année où Grace avait commencé à douter du Père Noël et qu'elle avait été ravie de pouvoir prendre une photo avec lui ou de celle où ils avaient crus l'avoir perdue dans la foule. Il n'avait jamais aussi eu peur de sa vie et pendant dix bonnes minutes, lui et sa femme l'avaient cherchée dans tous les endroits possibles avant de la retrouver en larmes dans les bras de Mr Gold. Si il n'avait pas été sur le point de perdre son calme, Jefferson aurait volontiers rit de la situation, la vision de sa fille de cinq ans s'accrochant à l'antiquaire avec force tandis qu'il essayait tant bien que de mal de paraître crédible était hilarante. Il s'était juste contenté de prendre Grace dans ses bras, de l'embrasser, de s'assurer qu'elle était bien là, qu'elle n'avait pas disparu et de remercier Gold, avant de rentrer le plus vite possible à la maison afin de se remettre de ces émotions. Mais quand Priscilla était partie, elle et sa chevelure de feu, son sourire si chaleureux et son amour pour les livres, il n'avait plus éprouvé de joie, il avait perdu le goût à la vie. Et si il s'était lentement redressé pour Grace, pour qu'elle ne le perde pas, il n'avait pour autant toujours pas retrouvé l'envie de s'amuser, de sortir ou de célébrer quoi que ce soit.

Et maintenant voilà qu'il retournait de son plein grès dans un endroit qu'il avait évité pendant quelques temps, volontairement, avec une personne qu'il ne connaissait que depuis quelques jours.

« Tu veux boire quelque chose ? Ou manger ? C'est moi qui offre.

- Non ! Tu m'offres toujours quelque chose, laisse moi faire de même pour une fois !

- Mais tu ne sais même pas ce qui se vends de meilleur ici.

- Alors je compte sur toi pour me conseiller. »

Jefferson le guida alors vers un chalet où ils vendaient différentes sortes de gâteaux. Sous les conseils de Jefferson Victor acheta deux bonhommes de pain d'épice à la dame aveugle qui tenait le stand. Cette dernière tâta les pièces pendant quelques secondes avant de rendre la monnaie en lui adressant un sourire un peu tordu, qui le déconcerta un peu, mais déjà Jefferson l'entraînait plus loin. Ce dernier regardait son gâteau avec un drôle de sourire.

« Quand j'étais petit je refusais d'en manger, enfin sous cette forme. Je n'arrêtais pas de jouer avec jusqu'à ce qu'il se casse et que j'ai les doigts poisseux. Grace a fait pareil quand elle était petite. »

Victor se mit à rire.

« Ah oui ? Tel père, telle fille on dirait.

- Oui, on se ressemble beaucoup Grace et moi, même si elle tient aussi beaucoup de sa mère, surtout pour ce qui est de la lecture, c'est elle qui as appris à Grace à lire. »

Son fantôme sembla flotter entre eux pendant quelques instants, puis Jefferson leva son bonhomme de pain d'épices devant son visage et décréta, d'un air très sérieux.

« Je suis désolé petit gâteau, je n'ai rien contre toi, mais… qu'on te coupe la tête ! »

Et il mordit dans une partie de la tête, d'un air tout aussi solennel.

« Quel cruel despote tu fais. Il ne t'avait rien fait.

- Je sais, mais comme je suis un roi fou, je fais exécuter qui je veux pour n'importe quel motif.

- Prends garde, les rois aussi peuvent être décapités. »

Les deux hommes partirent dans un fou rire avant de reprendre leur chemin et de grignoter leurs biscuits, Jefferson ne pouvant s'empêcher de faire l'idiot avec. Leur recherche d'une boisson chaude fut interrompue par des cris de joie et des éclats de rire, qui provenaient d'un stand de pêche aux canards. De nombreux enfants attendaient leur tour ou repartaient avec un cadeau avec un sourire, mais ce qui attirait l'attention de tous était un homme brun qui portait de faux bois de rennes sur la tête. En s'approchant de plus près, ils découvrirent que ce dernier jouait à la pêche aux canards d'une manière bien particulière : un crochet remplaçait sa main gauche et il s'en servait pour rafler le plus de canards possibles, sous les regards mi-exaspérés, mi-amusés d'une blonde qui devait être sa compagne.

« Allez Killian, laisse les enfants jouer, tu es trop grand !

- Je ne suis pas Killian, je suis le Capitaine Crochet ! Et comme c'est Noël, j'ai décidé d'offrir des cadeaux à mon équipage ! Tiens, voilà pour toi jeune moussaillon ! Je suis imbattable ! »

Il tendit le prix qu'il venait de recevoir pour avoir remplis un bac, une fusée miniature, à une petite fille qui poussa un cri de joie avant de le remercier et de partir en compagnie de sa mère. Amusé, Jefferson s'approcha de celui qui se prenait pour un pirate.

« Si tu veux Jones, il y a un stand photo avec le Père Noël, je te l'offre si tu veux. »

Ce dernier se retourna, un sourire narquois sur le visage.

« Tu dis ça parce que tu est jaloux, Jeff', personne ne peux me battre, je suis le Capitaine crochet, le terrible pirate écumant les mers !

- J'aurai plutôt dit marin d'eau douce. »

Autour d'eux, la jeune femme blonde et le responsable du stand semblaient vouloir être ailleurs tandis que Victor se retenait de rire. Il lança un regard de compassion à la blonde qui le lui rendit.

« Tu es juste jaloux parce que je suis fort et que tous les enfants m'adorent !

- Ce n'est pas plutôt le contraire dans l'histoire ? - intervint la jeune femme

- Si et regarde Emma, mon plan a marché, maintenant tous les enfants aiment le Capitaine Crochet !

- En jouant à la pêche aux canards ?

- Peu importe, du moment que je sois adulé et que l'autre gamin tombe dans l'oubli. Le monde se porte mieux non ?

- Je n'en suis pas si sûre…

- Ne dis pas n'importe quoi, après tout à quoi ressemblerait le monde sans le Capitaine Crochet ?

- Quel monde ! »

L'échange aurait pu durer plus longtemps si Victor et Emma n'avaient pas décidé de prendre les choses en main et de menacer de partir ensemble si ils continuaient de se chamailler. La panique dans leurs yeux à ce moment là fit rire le vendeur, soulagé malgré lui de voir l'opportunité de faire son travail tranquillement arriver.

Les deux duos se saluèrent avant de partir de leur côté. Jefferson se tourna vers Victor, l'air encore un peu paniqué.

« Tu serais vraiment partit avec elle ?

- Bien sûr que non, mais comme vous n'arrêtiez pas de vous chamailler avec ce pseudo-pirate, il a bien fallut trouver un stratagème.

- Tu me rassures. Pendant un moment je… c'est idiot, mais j'ai vraiment cru que tu allais partir avec elle.

- Et pourquoi faire ?

- Je ne sais pas, vous amuser, vous balader…

- Aucune chance, c'est à toi que j'ai promis de venir, pas à elle. »

Rassuré, Jefferson reprit sa route en compagnie de Victor. C'était idiot, il le savait, surtout qu'il savait très bien qu'Emma et Killian étaient ensemble, mais il avait cru l'espace d'un instant qu'on le laisserait tomber pour quelqu'un d'autre et cette sensation avait été très désagréable. Il était tellement perdu dans ses pensées qu'il ne remarqua pas tout de suite que Victor s'était rapproché et lui avait pris la main. »

« Hey. Ne t'inquiète pas, je ne vais pas partir comme la dernière fois. J'ai dis que je venais avec toi et je resterais, c'est promis. »

Victor resserra légèrement ses doigts autour de ceux de Jefferson, comme pour lui confirmer sa promesse. Leurs mains se détachèrent au bout de quelques secondes, un peu à contrecœur, tandis qu'une douce chaleur les envahissait petit à petit.


Ça commence doucement à se rapprocher... je ne dis ça je ne dis rien. *grand sourire*