Encore une fois je poste en coup de vent.
J'ai lu toutes vos rewiews, et je vous en remercie. Je remarque que certains lecteurs ne prennent pas le temps de commenter, et c'est bien dommage parce qu'il s'agit de ma seule récompense. J'ai pris le temps d'écrire, alors n'hésitez pas à prendre une minute pour me laisser quelques encouragements !
Bonne lecture à vous tous, vous verrez, ce chapitre est … satisfaisant haha.
Elle avait pleuré jusqu'à ce que ses sanglots se tarissent et qu'elle n'eut plus une seule larme dans les yeux. Vidée par ce trop plein d'émotion enfin évacué, elle avait fini par dire à Drago de rentrer chez lui, et l'avait remercié timidement, encore honteuse d'être tant laissée aller. Il lui avait dit qu'il pouvait rester encore un peu si elle le souhaitait, mais en réalité, elle était si exténuée qu'elle n'aspirait qu'à rejoindre son lit et les bras de Morphée. Drago s'en était donc allé, non sans lui avoir faire promette de l'appeler si jamais elle avait besoin de quelque chose. Et quelle drôle de sentiment que de le voir ainsi si dévoué… Hermione se surprit à penser qu'elle l'avait peut-être jugé trop vite durant toutes ces années. Elle ne s'appesantit cependant pas sur le sujet, car au moment même où sa tête touchait l'oreiller, elle sombra dans un sommeil sans rêve qui lui serait plus que réparateur.
Le lendemain, Hermione avait mal aux yeux et au nez de s'être trop mouchée. Cependant, il lui sembla qu'un poids avait libéré sa poitrine. Comme si pleurer autant avait fait s'échapper doucement son chagrin par le biais de ses larmes. Si elle ne pouvait pas encore se qualifier d'heureuse, une chose était sûre : elle ne se rendrait plus aussi malheureuse pour Justin Finch-Fletchley. Ni pour aucun autre homme d'ailleurs.
Elle était encore installée dans son lit – c'était dimanche – quand quelqu'un frappa à la porte de sa chambre. C'était Luna qui lui apportait une tasse de thé – un Earl Grey – avec un petit sourire chaleureux. Quelqu'un avait dû lui dire ce qu'il s'était passé la veille… Elle lui tendit la tasse et s'installa sur le bord du lit.
─ Tu as bien dormi ?
─ Plutôt, oui, sourit Hermione en posant ses lèvres sur la tasse encore bien chaude.
─ Tant mieux. Je voulais me rendre au Marché de Noël de Pré-au-Lard ce matin, tu m'accompagnes ?
Hermione était sur le point de refuser, par habitude. Habitude qu'elle avait prise depuis sa rupture avec Justin. Mais elle ne pouvait plus s'empêcher de vivre à cause de lui. Alors, elle se contenta d'acquiescer doucement, pour le plus grand bonheur de Luna.
─ J'avais proposé à Pansy aussi, mais je crois qu'elle est encore patraque. Le médicomage lui a diagnostique une grippe magique. Du repos et du thé, il n'y a que ça pour la soulager.
─ Vraiment ?
─ Elle refuse de prendre la potion qu'il lui a prescrite, sourit Luna. Elle dit que son organisme est bien assez fort pour se soigner tout seul.
Hermione leva les yeux au ciel, ce qui fit rire Luna. Pansy était vraiment têtue.
─ Je te laisse te préparer, on se retrouve en bas.
Et sans plus tarder, Luna quitta la chambre d'Hermione, la laissant seule avec son thé, les yeux encore un peu vitreux. Il lui fallut toute la volonté du monde pour parvenir à l'extirper de son lit si chaud et moelleux. Elle s'habilla chaudement, devinant que les flocons qui étaient tombés la veille n'avaient sans doute pas amélioré les températures, et s'enveloppa dans une énorme écharpe que lui avait tricotée Mrs. Weasley quelques années plus tôt. Avant de sortir, elle avala son petit chocolat du jour, fourré au praliné, et lut le petit mot de Luna « Faire le silence pour mieux se recentrer ». Toujours aussi énigmatique, songea Hermione.
Quand elle fut prête, elle descendit les escaliers et retrouva Luna, parée de son plus beau manteau d'un jaune moutarde et d'une paire de cache-oreilles roses, à poils. Mais à poils de quoi ? Telle était la question.
─ Je suis prête ! déclara Hermione.
Ou du moins, voulut-elle le dire, car étonnamment, aucun son de sembla sortir de sa bouche. Surprise, elle se râcla la gorge et toussota rapidement avant de tenter de reprendre la parole. Si ses lèvres bougeaient bien pour former des mots, ils semblaient rester coincés dans le fond de sa gorge. Elle porta ses mains à sa gorge, impuissante. Luna, quant à elle, la regardait d'un air étrange mais qui ne ressemblait pas à de la surprise.
─ Tu dois faire une extinction de voix, dit-elle. Pas étonnant avec ce temps.
Hermione haussa les épaules. Elle parlait tout à fait normalement tout à l'heure, quand Luna était venue dans sa chambre lui apporter la tasse de thé. Comment était-ce possible que sa voix s'en soit allée comme ça, en quelques minutes ? De plus, elle n'avait pas spécialement mal à la gorge, et ne pensait pas avoir attrapé froid. Luna ne sembla pas vouloir s'attarder sur le sujet. Elle passa un bras autour de celui d'Hermione et les fit transplanner toutes les deux à l'entrée de la grande rue de Pré-au-lard.
Et quel enchantement ! Le village sorcier avait été décoré significativement pour célébrer les fêtes de fin d'année. D'énormes sapins alourdis de boules et de guirlandes avaient été placés tout le long de la rue, tandis que des dizaines de petits chalets de bois formaient une allée féérique. Chaque commerçant du célèbre village avait érigé son propre stand. Tous vendaient quelque chose en lien avec Noël. Il y avait le chalet de Rosemerta, qui vendait toutes sortes de boissons chaudes : vin, cidres, chocolats, thé aux épices. Plus loin, le chalet d'Honeyduke semblait être fait de pain d'épice, et il s'échappait de dessous leur comptoir une délicieuse odeur de miel et de cannelle. D'autres chalets vendaient des pulls de noël ou encore des bibelots décoratifs : boules à neige, guirlandes lumineuses ou chantantes – parfois même les deux, étoile pour le haut du sapin, ou encore papier cadeau magique qui s'enroulait seul autour des présents.
─ C'est magnifique, voulut s'écrier Hermione.
Mais encore une fois, rien ne sortit de sa bouche. Contrariée, elle enfonça rageusement les poings dans ses poches et avança dans l'allée, aux côtés de Luna qui s'émerveillait déjà devant le chalet de Gaichiffon qui avait mis en vente des pulls de noëls particulièrement ridicules, aux couleurs rouges et vertes traditionnelles. Elle en avait repéré un particulièrement laid sur lequel avaient été cousus des pompons touffus qui s'illuminaient quand on les pinçait. Elle s'en empara et se tourna vers Hermione pour le lui montrer.
─ Tu en penses quoi ? J'adore ! s'enthousiasma Luna.
─ Tu ne vas tout de même pas acheter ça, Lovegood, demanda une voix moqueuse derrière elles.
Hermione se retourna et découvrit Daphnée Greengrass, toute de blanc vêtue, drapée dans un manteau de fourrure d'hermine qui faisait froid dans le dos. On aurait dit Cruella d'Enfer, songea Hermione. Mais quand bien même aurait-elle pu le lui faire remarquer, personne n'aurait compris l'allusion. Luna, qui n'était pas susceptible pour un sou, haussa les épaules et répondit d'une voix froide qu'on ne lui connaissait que très rarement :
─ Au moins je ne porte pas un manteau en cadavre d'animal innocent, moi.
─ Avec tes goûts plus que douteux, ça ne me surprend pas que tu ne puisses pas apprécier la qualité d'une telle pièce, déclara Greengrass d'un ton suffisant.
Son regard de glace glissa doucement vers Hermione qu'elle observa avec dédain.
─ Tiens, Granger, tu es là ? J'avais entendu dire que tu ne sortais plus de chez toi et que tu vivais en ermite depuis que Justin t'a laissée tomber.
Hermione aurait volontiers rétorqué quelque chose de cinglant, mais son mutisme l'en empêcha. Elle la fusilla du regard.
─ Alors, on a perdu sa langue ? se moqua Daphnée.
─ Ah vous êtes là ! s'exclama une voix familière dans le dos d'Hermione tandis qu'une main glissait autour de sa taille. Je t'ai cherchée partout.
Drago déposa un baiser fugace sur la tempe d'Hermione et resserra son étreinte autour de ses hanches avant de tourner la tête vers Daphnée et de lui adresser un petit sourire en coin – celui dont il avait le secret et qui ne laissait en général personne indifférent. Daphnée rosit légèrement, le regardant légèrement bouchée bée. Il était de notoriété publique qu'elle avait de longues années durant espéré séduire Malefoy. A Poudlard, déjà, elle avait tenté de mille et une façons de le séduire, en vain. Drago n'appréciait pas ses petits airs de peste.
La voyant ainsi s'attaquer à Hermione, il n'avait rien trouvé de mieux à faire que de se faire passer pour son prétendu nouveau petit ami.
─ Drago, salua Daphnée avec un sourire enjôleur.
─ Daphnée, répondit Drago d'une voix si glaciale qu'elle arracha une vague de frissons à Hermione.
─ Alors vous deux vous…
Elle ne termina pas sa phrase, dans l'espoir sans doute que Drago la contredise.
─ Comme tu vois, acquiesça-t-il. Et de toute évidence je dois te remercier. Sans toi, ce crétin de Justin n'aurait jamais poussé Hermione jusque dans mes bras.
Le teint de Daphnée devint plus blafard encore – si c'était possible. Son regard passait alternativement d'Hermione à Drago comme si elle peinait à y croire. Et elle avait raison de ne pas y croire d'ailleurs, cependant, le jeu d'acteur de Drago était tel que même Hermione se sentit légèrement douter. Alors qu'elle savait parfaitement ce qu'il en était. Sans doute n'aurait-elle pas joué aussi bien le jeu, si un heureux hasard ne l'avait pas rendue muette ce jour-là.
─ Toi ? Et Granger ? répéta Daphnée, sceptique.
─ Et oui, je comprends que ça te surprenne. Nous avons été les plus surprise, Hermione et moi. Mais parfois, la vie fait bien les choses. Tu salueras Justin de ma part. Et Ernie MacMillan aussi.
─ Ernie MacMillan ?
Drago laissa planner le silence quelques secondes. Juste assez pour laisser à Daphnée le temps d'être tout à fait attentive à la bombe qu'il était sur le point de lâcher.
─ Oui, ce bon vieux MacMillan. J'ai cru comprendre que Justin avait gardé contact avec lui.
─ Pas que je sache, répliqua sèchement Daphnée.
Le sourire de Drago s'élargit, tandis qu'il laissait planner le mystère. Daphnée peinait à cacher son impatience derrière un visage impassible. Ses yeux étaient vrillés sur Drago et ses oreilles semblaient à l'affût.
─ Nous l'avons croisé pas plus tard qu'hier. A Londres. Tu ne l'accompagnais pas ?
─ Non, répliqua Daphnée, il est parti à la recherche de mon cadeau de Noël et tenait à garder la surprise.
─ Et quelle surprise, sourit Drago en dévoilant ses dents impeccablement alignées. Figure-toi qu'il était en train de fourrer sa langue dans la bouche de MacMillan quand je l'ai aperçu. Je n'ai pas osé le déranger bien sûr.
Le visage de Daphnée sembla se vider de son sang. Il ne lui fallut cependant que quelques secondes pour reprendre contenance. D'un geste qu'elle aurait voulu élégant mais qui fut plus rageur qu'autre chose, elle resserra son manteau autour de sa gorge et fusilla Drago du regard.
─ Menteur, souffla-t-elle, vénimeuse. Justin était parti faire des emplètes.
─ Sûrement. Et il a trébuché sur la bouche de notre ami Ernie.
Hermione était toujours silencieuse, mais à présent, elle rayonnait. Drago semblait s'en donner à cœur joie, et elle se délectait de n'être que spectatrice d'un tel spectacle. Elle savait qu'elle n'avait pas assez de rancune ni de méchanceté en elle pour faire souffrir sciemment les gens, même ceux qu'elle détestait. Mais Drago s'en chargeait pour elle, et c'était tout aussi satisfaisant.
Daphnée n'ajouta rien de plus. Drapée dans une fierté mise à mal, elle tourna les talons en reniflant d'un air dédaigneux et s'en alla sans se retourner. Hermione se tourna vers Drago et lui lança un regard empli de reconnaissance.
─ Alors, Granger, on a perdu sa langue ? demanda Drago, reprenant les termes exacts de Daphnée.
─ Elle a une extinction de voix, expliqua Luna d'un air distrait.
Elle regardait toujours son horrible pull. Elle se tourna vers la vendeuse :
─ Donnez m'en trois ! Mes colocataires vont l'adorer, dit-elle d'un air rêveur.
Alors satisfait que Drago ait rembarré Daphnée ? Ca lui fera les pieds à cette pimbêche. Même si au fond elle est elle aussi victime de ce goujat de Justin. Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Et qu'attendez vous de la suite ? Bonne soirée et a demain !
