Hey !
J'espère que vous avez passé de bonnes fêtes de Noël et que vous êtes d'attaque pour le réveillon maintenant !
Toujours un grand merci pour vos reviews même si cette fois-ci vous n'avez pas apprécié que je vous laisse sur une fin pareille xD (Dire que j'ai prévu pire pour un des derniers chapitres :') Je vais revoir mon coupage de chapitre à un autre endroit je pense si je ne veux pas me faire molester !)
Merci à toi AvauK pour tes corrections :)
C'est parti pour le chapitre huit ! Nous sommes donc samedi pour les filles et comme pour la veille, il se découpera en deux chapitres (c'est que j'en ai des choses à raconter voyons !) Le gala est passé mais après cette "photo" des questions se posent...
Bonne lecture et n'hésitez toujours pas à me dire ce que vous en pensez, je vous réponds en fin de chapitre chaque semaine !
Chapitre huit : Jour six.
Bip... Bip… Bip…
J'ouvrais les yeux difficilement pour arrêter le réveil dans une multitude de grognements et de paroles sans réel sens.
Il était sept heures pile.
Quelle idée m'avait traversée l'esprit pour mettre un réveil aussi tôt après une soirée de gala qui avait fini à plus d'une heure du matin ? Je pestais intérieurement contre moi-même.
La soirée me revenait rapidement en tête, me donnant une légère sueur froide. Ça y est, je me rappelais pourquoi j'avais mis mon réveil. Il fallait absolument que j'aille me vider les idées en effectuant une torture physique nécessaire à la bonne remise en place de mon esprit : courir.
J'aurais pu y aller n'importe quand et me laisser un peu de temps pour récupérer de la soirée mais je voulais absolument éviter Reyes et ses interrogations. Pour ça rien de mieux que d'y aller le plus tôt possible.
Le flot de mes pensées m'envahissant à vitesse grand « V » était la motivation idéale pour me lever malgré la fatigue qui me sommait de rester couchée.
Je fouillais dans une commode où je me souvenais avoir aperçu dans la semaine des vêtements de sports. Bingo. Je tombais dessus quasi instantanément et après les avoirs enfilés, je me dirigeais à pas de loup au rez-de-chaussée.
Sur le porte manteau de l'entrée je dénichais un sweat ample à capuche bleu qui devait servir à la Lexa du futur pour ce genre de balades matinales, c'était parfait. En le passant je me perdais à penser qu'il sentait drôlement bon.
Peut-être qu'il ne servait pas à mes courses mais tant pis, je le laverais avant de partir.
Je franchissais l'entrée, refermant en essayant de faire le moins de bruit possible. Le froid me saisissait directement le visage mais c'était supportable et je remarquais que la neige était en train de partir.
J'ouvrais l'application que j'avais découvert dans la semaine sur mon portable, déclenchant le parcourt à suivre.
Celle-ci lançait en même temps une playlist de musique qui apriori s'adaptait à mon rythme, me faisant mettre mes écouteurs par la même occasion.
Le portail d'entrée franchit, je commençais doucement ma course.
Dès les premiers instants, je sentais l'air froid m'envahir les poumons alors qu'il me fallait quelques secondes avant que la sensation désagréable qu'il procurait s'en aille.
J'essayais de me concentrer sur mes pas et mon souffle mais rapidement, beaucoup trop rapidement, mes pensées m'envahissaient.
Qu'est-ce qui m'avait pris ? Du début à la fin, je ne comprenais pas mes actions, mon raisonnement.
Cette soirée, ce gala. J'étais pourtant habituée à ce genre d'évènements barbants à souhait et malgré cela, j'avais plutôt passé une bonne soirée. J'avais même passé une très bonne soirée.
Comment c'était possible ?! Entre le fait que rien ne me concernait et qu'il y avait le facteur Costia au milieu j'aurais dû passer la pire soirée de ma vie. Sans parler de cette décoration horrible.
Mais rien n'y faisait, Clarke avait transformée quelque chose de normalement pénible en un moment agréable. Comme à peu près tous les moments de cette semaine avec elle.
J'accélérais le mouvement à mes dernières pensées.
L'anxiété que je pensais ressentir tout du long n'avait pas été présente comme elle l'aurait dû. Pas que je souhaitais qu'elle soit là mais elle aurait dû y être.
Au contact de Clarke j'avais occulté mes doutes, mes peurs de revoir Costia. Certes, j'avais eu du mal alors qu'elle était apparue rayonnante et pleine de confiance en elle mais encore une fois, la blonde présente à mes côtés avait su m'enlever ce poids.
J'avais rapidement compris que Reyes lui avait parlé car elle avait l'air d'en connaitre un bout sur Costia mais rien dans son comportement vis-à-vis de moi ne changeait.
Peut-être qu'elle ne savait pas tout. Qu'avait bien pu lui dire Raven ? Peut-importait finalement car mon démon, le poids évident qu'avait pu représenter Costia Washington avait juste été d'une banalité sans nom.
Evidemment, j'avais eu le plus grand mal à rester courtoise et polie mais ce n'était pas aussi insurmontable que j'avais pu le penser.
Costia expédiée, nous devions nous rendre sur la scène pour passer à l'obligatoire photo de gala. Là encore où je n'arrivais pas à m'enlever ce masque de froideur et d'énervement que Washington avait suscité en moi, Clarke en seulement quelques mots me faisait changer de comportement par son côté naturel et enfantin.
Elle n'avait rien vu venir alors que tout dans ce gala ne montrait que cette partie. Entre le titre et surtout l'énorme scène où toute la soirée, de nombreux duos s'enchainaient pour se faire photographier. Comment passer à côté ? Mais Clarke Griffin était passée à côté et elle m'en faisait perdre mes armes.
Clarke, Clarke et encore Clarke. Pourquoi mon cerveau ne ressassait que les souvenirs en lien avec elle. La soirée n'avait pas tournée qu'autour d'elle.
Mais tu n'as retenu que ces moments-là, pensais-je.
J'accélérais encore ma course, mes jambes commençant à tirer sous mes accélérations.
Il avait fallu que je fasse ma maligne en l'attirant très sûre de moi sur scène. Après tout ce n'était qu'une photo et j'étais actrice. Des gens, j'en avais embrassé des tonnes pour mes différents rôles, fille comme garçon et cela ne me faisait strictement rien.
Je n'avais jamais rien ressenti à ces moments-là, c'était du travail et ce soir, c'était pareil. De toute façon il fallait qu'on y passe, alors autant le faire et vite.
J'avais tout de suite remarqué que Clarke paniquait totalement et les quelques coupes de champagne que j'avais ingurgité me faisait prendre la chose à la légère.
Je l'avais faite monter sur scène mais pourtant lorsqu'elle m'avait regardé les yeux remplis de peur, je m'étais mise à douter qu'il faille continuer.
Trop tard. Le photographe nous annonçait qu'il était prêt, nous ne pouvions plus reculer.
- « Alors ne fait pas semblant. »
Qu'est-ce qu'il m'avait pris de dire ça ?! Bien sûr qu'elle ne savait pas faire semblant mais pourquoi lui dire.
J'avais comblé en même temps le peu d'espace entre nous, amenant mes lèvres aux siennes. Il n'avait pas fallu plus de quelques secondes pour perdre toute mon assurance.
Le contact avec elle n'avait rien à voir avec mes rôles.
J'occultais tout : le photographe, la scène, le gala.
Nous étions restées immobiles ce qui m'avait parue une éternité avant de, sans savoir pourquoi, donner du mouvement, de la consistance à ce baiser. Je me rendais compte de ce que je faisais pourtant je n'arrivais pas à m'empêcher de bouger et de vouloir plus d'un seul coup et Clarke me répondait.
J'avais changé une simple pause de photographie mimant un baiser en un véritable baiser.
Je sentais la douceur de ses lèvres sur les miennes et mon rythme cardiaque s'accélérant. C'était la voix du photographe qui nous avait sorties de tout ça.
Clarke me regardait aussi perdue que je devais la regarder et j'avais le plus rapidement possible repris un sourire et un comportement d'actrice sûre d'elle.
Je m'arrêtais d'un seul coup en plein milieu du parcours, le souffle coupé. J'avais beaucoup trop accéléré le mouvement pour fuir mes pensées. Mon corps n'avait pas suivi et me le faisait savoir alors que je respirais fort, marchant pour essayer de reprendre une respiration normale.
Pourquoi ? Pourquoi j'étais perturbée par si peu ? Pourquoi je l'avais embrassée ? Et mon dieu pourquoi je ne pensais plus qu'à ça ?
Ce jogging ne m'apportait rien.
Aucune réponse logique et concrète, juste les mêmes interrogations tournant en boucle dans ma tête.
Le reste de la soirée, j'avais fait ce que je faisais le mieux : faire comme si de rien n'était. Donner peu d'importance à ce geste. Clarke avait fait de même ce qui m'avait confortée dans l'idée.
Rien ne venait de se passer car c'était simplement notre contribution au remplacement de ce couple que nous n'étions pas.
Simple contribution qui pourtant me malmenait.
La seule chose qui me donnait satisfaction dans tout ça, c'était la tête de Reyes à notre sortie de scène. La bouche ouverte et les yeux grands ouverts.
Du fait de sa réaction elle avait été mon échappatoire, notre échappatoire à un quelconque malaise sur ce qu'il venait de se passer. Nous avions ris, dédramatisant la chose en nous moquant d'elle.
Je reprenais doucement la course en essayant de noyer mes pensées mais rien n'y faisait et je finissais par revenir devant l'immense propriété sans avoir trouvée de réponse.
Il était maintenant plus de huit heures.
Je rentrais le plus silencieusement possible mais l'odeur du café me saisissait et je comprenais que je rentrais déjà trop tard.
En me rendant dans la cuisine, j'ouvrais directement le frigo pour me désaltérer, portant la bouteille à ma bouche alors que Reyes m'observait simplement du regard. Lorsque je refermai le frigo, elle brisa le silence.
- « Tu es bien matinale aujourd'hui. »
- « Oui, j'avais envie de courir. »
- « Pourquoi donc ? » questionnait-elle en soufflant sur la tasse qu'elle portait à ses lèvres.
- « Trop longtemps que je n'avais pas fait de sport ! Tu m'excuses, je vais direct à la douche. » coupais-je, connaissant mon amie par cœur.
- « Aucun rapport avec le fait que tu ne cours jamais sans bonne raison ? » continuait-elle sans notifier ma dernière phrase.
- « C'est une bonne raison que de ne pas avoir fait de sport depuis longtemps, non ? »
- « Non pas pour Lexa Woods… Allez fais-moi le plaisir de t'asseoir prendre un café sinon je vais croire que tu cherches à me fuir. » répliquait-elle en m'indiquant le tabouret en face du sien.
- « Je ne fui pas je voulais juste aller me doucher. » essayais-je vainement sachant que je n'arriverais pas à y échapper.
- « Tu peux bien prendre un café avec moi avant non ? » me souriait-elle alors que je soupirais en capitulant.
Pas besoin de chercher des excuses, elle rebondirait dessus avec classe et je finirais toute seule par me planter alors autant boire un café avec elle. Peut-être qu'elle ne me parlerait pas d'hier soir.
Je me servais une tasse avant de prendre place en face d'elle.
- « Pourquoi es-tu allée courir alors ? » coupa-t-elle le silence.
- « Pour évacuer mes pensées. »
- « Et lesquelles plus précisément ? »
- « Juste tout ce qui m'arrive depuis une semaine, rien de bien important. » sortais-je le plus naturellement possible.
- « Aucun rapport avec hier soir ? » ponctuait-elle d'un beau sourire à la Reyes.
Un de ceux qui veut dire : Tu ne me la feras pas à l'envers.
- « Non. » répondais-je volage en triturant les lacets de mon sweat à capuche.
Je les passais et repassais sous mon nez, me concentrant sur l'odeur que le vêtement dégageait.
- « C'est beaucoup plus facile de tirer les vers du nez de Clarke. Elle avoue beaucoup plus facilement. » se désolait Raven alors que je me focalisais totalement sur elle, tiquant à ses dires.
- « Pardon ? Qu'est-ce que t'a dit Clarke ? » demandais-je sûrement un peu trop précipitamment, lui faisant reprendre son sourire.
- « Ce que je voulais entendre. Enfin au début… puis après elle a adopté cette fâcheuse manie identique à la tienne qui vous définit parfaitement comme deux handicapées des sentiments. »
- « Tu te rends bien compte que ce que tu me racontes ne veut rien dire ? » soupirais-je.
- « Oh mais je suis sûre que tu as très bien compris. »
- « Ah ?! Et donc juste pour savoir, je devrais comprendre quoi ? »
- « Que Clarke ressent la même chose que toi. » finissait-elle par sortir triomphante de son petit manège.
Le soupir sortait tout seul de ma bouche alors que je secouais la tête en levant les yeux au ciel. Il n'y avait rien à répondre à Reyes car elle ne savait rien. C'était juste un coup de bluff pour me faire avouer.
Avouer quoi d'ailleurs ? Que j'éprouvais plus que de la sympathie pour la blonde ?
- « Il sent bon ce pull, n'est-ce pas ? » me sortit Raven de mes pensées alors que je continuais à triturer inconsciemment le sweat en respirant son odeur.
- « Oui beaucoup ! Si tu pouvais me donner le parfum que portes ta Lexa d'ailleurs, j'aimerais bien l'acheter. Enfin s'il est sorti à mon époque ! » rigolais-je en portant le col du vêtement pour sentir encore une fois l'odeur, comme si je pouvais l'imprégner dans ma mémoire pour la retenir.
- « Ce n'est pas le tiens, c'est un des sweats de Clarke. » me souriait la latino, fière de l'effet immédiat qu'eut sa remarque sur moi en me faisant lâcher le vêtement et perdre ma contenance.
En baissant légèrement les yeux dessus je pouvais lire à l'envers le nom d'une université d'art très connue.
J'essayais de paraître naturelle et de rebondir sans être gênée.
- « Ah d'accord. Son parfum est agréable alors. »
- « Sûrement autant que ses baisers. N'est-ce pas ? » rebondissait beaucoup mieux que moi Reyes.
- « C'était pour la photo. »
- « L'un n'empêche pas l'autre. » continuait-elle sans baisse de régime.
- « Raven… » me désolais-je.
- « Lexa ? » reprenait-elle faignant l'incompréhension.
- « Tu ne peux pas tout simplifier et faire des raccourcis comme ça… » soupirais-je.
- « Si je peux, parce que toi, tu complexifies tout en niant des évidences à foison. »
- « Je ne suis pas amoureuse de Clarke. » sortais-je exaspérée sentant venir les fameux raccourcis à la Reyes.
- « Non c'est sûr ! Tu ne risques pas vu toutes les barrières que tu t'imposes mais avoue juste qu'elle ne te laisse pas indifférente et que tu l'apprécies plus que de raison. »
- « On va avoir cette conversation tous les jours de cette foutue semaine ? » m'énervais-je légèrement agacée de la redondance du sujet.
- « Déjà, on ne l'a pas eu tous les jours, pour la simple et bonne raison que dès que je veux te parler de Clarke tu fuis la discussion. Et ensuite, ça serait bien de l'avoir une bonne fois pour toute non ? » continuait Raven sans se démonter face à mon refus.
Je soupirais encore plus de savoir qu'elle n'en démordrait pas et qu'il fallait que je passe par là parce que Raven Reyes n'était pas du genre à accepter le « non », encore moins de ma part.
De par mon côté froid et insensible, les gens s'arrêtaient rapidement dès que j'exprimais un refus, mais pas elle.
Elle faisait partie de ma vie, je la considérais comme ma famille et de ce fait, elle me connaissait aussi par cœur. Je n'aimais pas m'épancher sur ma vie, mes déboires ou mes doutes car j'aimais juste régler mes problèmes toute seule mais c'était sans compter sur le grain de sel qu'adorait rajouter mon amie.
Quelquefois, ils avaient été nécessaires, je devais le reconnaitre mais je détestais quand elle s'immisçait dans ma vie sentimentale.
Une sueur froide m'envahissait. Je venais de résumer la conversation qu'elle allait m'imposer en incluant le fait que je pouvais voir Clarke comme rentrant dans le concept « vie sentimentale ».
Je chassais mes pensées en me repositionnant sur ma chaise.
- « Va-s'y. Sors tes questions. Tu as droit à deux minutes avant que je parte prendre ma douche. Ensuite je t'interdis formellement d'aborder, encore une seule fois, le sujet pendant le peu de temps qu'il me reste à passer ici. » énonçais-je strictement, espérant la dissuader pour le reste du weekend et voulant couper court.
- « Hum… tu devrais savoir que tu n'arrives jamais à m'imposer quoi que ce soit… Mais d'accord je vais jouer le jeu ! Tant que tu promets de répondre sincèrement à mes questions. » me souriait-elle parfaitement décontractée.
- « De toute façon tu ne me lâcheras pas sinon. Mais dépêches-toi, le temps tourne. » reprenais-je me muant dans un faciès sans émotion apparente.
Mon moyen de défense habituel prenait place sans vraiment réelle maîtrise de ma part. Je ne savais pas faire sans, dès qu'il s'agissait de sentiments même avec Reyes dont je n'avais rien à craindre.
- « Pardon, j'accélère alors !... Elle ne te laisse pas indifférente donc. »
- « C'est une question ou une affirmation de ta part ? » m'amusais-je.
- « Lexaaaaaa ! Ne cherche pas à perdre du temps, ça ne marchera pas avec moi ! C'est une question : Clarke ne te laisse pas indifférente, n'est-ce pas ? »
- « Oui. »
- « Quoi ? Juste « oui » ? » s'étonnait-elle les yeux remplis d'incompréhension.
- « C'est une réponse non ? » continuais-je mon petit manège.
- « Non développe merde ! » s'emportait-elle très légèrement.
Je souriais de voir qu'il n'en fallait pas beaucoup pour l'énerver dès qu'un sujet l'intéressait et que je cherchais à la faire tourner en bourrique. Pour autant je n'avais pas envie de l'avoir sur le dos tout le weekend alors je décidais d'arrêter de tourner autour du pot en exposant le peu de choses que je m'accordais. Je soupirais.
- « Bon je vais t'épargner toutes les questions… J'apprécie de passer du temps avec elle et j'ai merdée en pensant que l'embrasser serait banal. Elle ne me laisse définitivement pas indifférente mais je passerais à autre chose lundi en reprenant ma vie. C'est aussi simple que ça. »
- « Tu penses en être capable ? »
- « Je l'ai déjà fait de nombreuses fois, non ? » répliquais-je, ne comprenant pas son interrogation.
- « Non jamais. » m'accordait-elle en secouant la tête pour appuyer ses propos dans un sourire triste.
- « Et toutes ces filles auxquelles tu as toujours donnée des numéros, elles ne comptent pas peut-être ? » continuais-je de plus en plus perdue face à ses réponses.
- « Non Lexa, elles ne comptent pas… Tu n'as jamais eu à te poser des questions sur ce que tu pouvais ressentir pour elles ou aller courir pour y réfléchir. Tu les faisais plutôt te courir après en te foutant royalement de ce qu'elles pouvaient ressentir. »
- « Et alors ? Quelle différence ? »
- « Tu ne fais pas ça avec Clarke ! Je t'ai fait chier toute la semaine en vous comparant avec les miennes et c'était une erreur de ma part mais là je te parle de toi. Tu pourras me dire ce que tu veux mais des galas on en a fait des tas toi et moi. Et à chaque fois tu traînais tes petits toutous de semblants de copines écervelées. Hier, ce n'était pas le cas. Déjà parce que Clarke n'est pas dénuée de cerveau mais passons… Tu as pris soin d'elle, tu es restée avec elle, ce que tu n'as jamais fait. Tu as adoré passer ta soirée avec elle. Je vous ai vu rire comme deux adolescentes devant le buffet. Alors arrête de comparer Clarke avec toutes ces filles que tu n'as jamais aimées, elle vaut beaucoup mieux que ça. » finissait Raven sans une once d'humour dans tout son discours.
Je restais de marbre. Je n'avais rien à répondre.
Absolument tout ce qu'elle venait de dire était vrai. Clarke n'était pas comme toutes ces filles.
- « Hum… je vais prendre ma douche… » arrivais-je enfin à sortir, me levant sans plus attendre.
- « Sérieusement Lexa ? »
- « Oui, les deux minutes sont largement passées. » soutenais-je alors que je croisais le regard de Raven qui n'insista pas, se ravisant à ma vue.
Elle avait ébranlé mon masque de froideur sur la fin et le voyait clairement.
N'attendant pas plus, je sortais de la cuisine en montant les marches deux par deux pour me rendre dans la salle de bain après avoir pris des vêtements de rechange.
Je me déshabillais rapidement, notant encore sans le vouloir cette foutue bonne odeur que pouvait dégager ce sweat.
Une fois sous la douche, je faisais couler l'eau brûlante sur ma peau, restant un bon moment sans bouger, appréciant juste la sensation.
Je détestais me torturer l'esprit.
Cette semaine ne devait-elle pas être un cadeau de je-ne-sais-pas-quoi d'après ce restaurateur magicien de pacotille ?
Qu'est-ce qu'il m'avait pris de faire le vœu de tomber sur la bonne personne ? Personne n'avait à choisir pour moi ! ... Mais personne ne choisissait rien pour moi…
Raven ne m'aidait pas. Elle n'avançait que des arguments qui n'amenaient que plus de questions.
J'inspirais fortement, expirant pour canaliser toutes mes pensées.
Arrêter de penser, arrêter de réfléchir et attendre juste que ces deux derniers jours passent, voilà ce que j'allais faire.
Je finissais plus rapidement de me laver, reprenant mes esprits, chassant toutes ces pensées absurdes, écartant les paroles de Raven. Je n'avais jamais défailli pour une fille et ce n'était pas maintenant que cela arriverait. L'amour était la pire faiblesse que je connaissais. Ce sentiment avait failli me détruire et il n'avait pas sa place dans ma vie.
Je m'habillais et redescendait mais je ne cherchais pas à retrouver Raven. J'étais lasse d'aborder les mêmes sujets en boucle.
Lors de la première journée, j'avais pu découvrir une sorte de bureau qui faisait aussi office de bibliothèque. Je retrouvais facilement la pièce.
Elle n'était pas très grande et une fenêtre haute faisait rentrer la lumière naturelle. Un grand bureau trônait au milieu, bien rangé avec très peu de fioritures présentes.
Dans un angle de la pièce, celui le plus éclairé par l'ouverture sur l'extérieur, était disposé un grand canapé en cuir garni de coussins.
Tous les murs de la pièce sans exception étaient remplis de milliers de livres, posés sur de grandes bibliothèques murales. C'était extrêmement beau et gardait un côté très authentique malgré la grande modernité de tout ce qui composait cette pièce.
Je me dirigeais vers les premières étagères et commençais à détailler tous les ouvrages présents. Je passais finalement un temps fou à me choisir un livre, n'ayant pas envie de lire quelque chose que je n'arriverais peut-être pas à finir avant de partir. La grosseur du livre était donc un premier facteur mais d'autres suivaient.
Si je prenais un livre du futur et qu'il était bien mais que je ne le finissais pas, je me frustrerai toute seule. Prendre un livre de mon époque était plus cohérent mais beaucoup moins excitant. Et enfin, quel type de lecture privilégier ?
À force de tourner en bourrique, je finissais par opter pour une valeur sûre : du Stephen King mais qui ne sortirait pour moi que dans un peu plus d'un an. Au moins, je ne prenais pas trop de risque.
Je m'installais confortablement dans le canapé et commençais ma lecture.
Il était plus de treize heures quand on toqua timidement à la porte, me faisant sortir de ma totale immersion de mon livre.
- « Oui ? » répondais-je en me raclant la gorge pour éclaircir ma voix.
Clarke apparue et rentra dans la pièce. Elle regarda d'abord les alentours en découvrant sûrement le lieu avant de se focaliser sur moi.
- « Salut ! Excuse-moi de te déranger mais… Raven a la dalle et elle m'a envoyé te chercher pour qu'on mange. » me dit-elle gentiment dans un sourire.
- « Elle ne pouvait pas venir elle-même me le dire ? »
- « Disons qu'elle m'a plutôt dit quelque chose comme « Va chercher Woods sinon elle ne mangera pas ou alors je viens la chercher par la peau du cul. » en rajoutant un truc genre « elle avait qu'à pas me laisser en plan ce matin. » en maugréant dans sa barbe. » continua la blonde dans un rire d'incompréhension.
- « Du grand Reyes. » soupirais-je avant de me lever en reposant le livre à la place où je l'avais trouvée.
Arrivée à la cuisine, je m'installais directement sur un des tabourets, répartissant les assiettes alors que les filles prenaient place en même temps.
- « Ce n'est pas trop tôt ! Tu avais disparu où ? » me sermonnait directement Raven.
- « J'étais juste dans la bibliothèque en train de lire un livre. »
- « Comment tu as fait pour la trouver aussi vite Clarke ? » reprenait-elle à l'encontre de la blonde qui était en train de nous servir.
- « En descendant ce matin je l'ai vu rentrer dans la pièce... »
- « C'est bon tu as fini ton interrogatoire maman ? » la raillais-je.
- « J'ai toujours peur que tu fasses des bêtises, c'est pour ça. »
- « Mais je n'ai aucune raison d'en faire. » coupais-je en lui adressant un regard qu'elle seule pouvait comprendre.
Au fil des années, même en m'étant relevée de mon problème avec Costia, Raven ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour moi à chaque fois que quelque chose me tracassait.
Je trouvais cette manie très mignonne et je savais qu'elle usait de celle-ci à l'instant présent à cause de notre fin de discussion du matin.
J'avais clairement dû montrer un visage troublé et elle s'inquiétait. Pas que je fasse l'irréparable mais, des « bêtises », j'avais toujours trouvé à en faire mais là ce n'était pas le cas et s'en était loin de l'être.
Nous mangions en parlant de tout et de rien quand Raven annonça comme si de rien était :
- « Au fait ! Ce soir, c'était déjà prévu mais j'ai oubliée de vous le dire, Octavia et Lincoln viennent passer la soirée à la maison ! Moi aussi, je suis invitée de base mais comme je suis déjà chez vous. » finissait-elle en rigolant.
Clarke et moi échangions un regard signifiant notre surprise mais aussi notre inquiétude. Nous avions arrêté de manger et nous fixions Reyes en attendant qu'elle comprenne.
Elle continuait de manger sa salade quant au bout de plusieurs secondes de silence, elle réagit enfin.
- « Quoi ? »
- « Sérieux, tu oses nous dire « quoi » ! Tu es sûre d'avoir oubliée Raven ou tu as fait exprès d'oublier ? » demandais-je.
- « Ça m'es sorti de la tête mais quoi ?! Ce n'est pas la fin du monde, c'est pas comme Costia ! »
- « Non c'est sûr, ce n'est pas comme Washington mais je ne sais pas du tout qui sont ces deux personnes et… » commençais-je de façon posée pour expliquer ce que ne voyait pas Raven quand elle me coupa directement.
- « Mais bien sûr que si ! On a déjà parlé d'Octavia dans la semaine tu ne te rappelles pas ? »
- « Si, vaguement… mais ce n'est pas ce qui va me permettre de la « connaitre » hein… Tu saisis le souci ? » me désolais-je.
- « Ouais mais ça va et puis Clarke les connait bien, elle va t'aider ! »
- « Je les connais bien d'il y a dix ans Raven hein… Et puis pourquoi Lincoln sera présent ? Je veux dire, il est adorable mais c'est surtout un copain de Bellamy par rapport à moi. »
- « Ah… Oh !... Enorme, j'adore ! Je ne pensais pas que c'était venu après vous tiens. » souriait très malicieusement la latino comme si elle percutait quelque chose que nous ne comprenions pas encore. « Lincoln est là parce qu'il est le mari d'Octavia ! »
- « NON ?! » s'exclamait la blonde la bouche grande ouverte.
- « Si. » répondait sobrement Raven tout sourire.
- « Dis donc ça t'en fait de l'effet ! Tu étais moins choquée d'apprendre que tu es mariée avec moi. Je vais me vexer ! » plaisantais-je en découvrant l'air totalement abasourdi qu'elle arborait.
- « C'était assez banal en effet, tu n'es pas si connue que ça après tout. » raillait-elle en se remettant de ses émotions.
- « Oh mon dieu c'est Lexa Woods, oh mon dieu ! » reprenais-je encore une fois sur le même ton qu'elle avait pu avoir lundi matin.
- « Tu vas me la faire combien de fois celle-là ? » me sermonnait-elle en me tapant du poing sur l'épaule avant de se refocaliser sur Reyes.
- « Non mais sérieusement Raven ! Octavia et Lincoln sont ensembles ? Mais depuis combien de temps ? Et comment ? Et… »
- « Ooooooh ! Stop l'interrogatoire là, tu auras tout le loisir de lui demander ce soir ! » rigolait l'intéressée en levant les mains devant elle pour que Clarke arrête ses questionnements.
- « Tiens, c'est la meilleure venant de toi ça ! Pour une fois que ce n'est pas toi qui pose les questions, tu ne veux pas y répondre ! » me moquais-je.
- « C'est Raven Reyes qui mène la danse chérie ! Pas les autres. » répondait-elle dans un clin d'œil.
- « Mais attends Raven… ça veut dire que tu comptes qu'on leur dise ce soir que… nous ne sommes pas les « bonnes » Lexa et Clarke ? » rajoutait la blonde, redevenant inquiète.
- « Oui bien sûr. Pourquoi ? »
- « Peut-être parce que tu as eu le plus grand mal à croire la chose ? » m'exclamais-je un air d'incompréhension de sa question.
- « Oui mais ça va être fun, on va bien se marrer ! »
- « Ah super. Donc en fait tu t'en fou des répercussions, tu veux juste rigoler un coup. » me désolais-je.
- « Genre, ça ne sera pas marrant ? » continuait Reyes.
- « J'avoue ça peut être drôle… et beaucoup moins compliqué que de leur mentir toute la soirée. » s'amusait maintenant Clarke en ayant l'air d'y penser.
- « Super maintenant tu t'y mets aussi ! Enfin personnellement je n'ai rien à perdre, je les connais pas. »
- « Tu es copain comme cochon avec Lincoln et Octavia t'adore. » renchérissait la latino.
- « Personne ne me résiste que veux-tu ! » ironisais-je en levant le menton.
- « Mouarf ! C'est la meilleure celle-là ! Personne ne résiste à vouloir te tuer au premier abord ouais ! » se marrait la blonde en secouant la tête.
- « Je te ferais dire que tu étais encore plus insupportable que moi. Et tes amis sont sûrement moins pénibles que toi, ça contrastera bien comme ça. » ripostais-je amusée de nos joutes verbales.
- « Comme toi avec Raven finalement. » renchérissais-elle.
- « Sauf que contrairement à toi, j'ai de l'humour ! »
- « Moi aussi ! » se défendait-elle sans trouver d'argument valable.
- « Ah bon et quand en as-tu fait preuve ? » ricanais-je, attendant.
- « Toutes les fois où je t'ai fait rire copieusement ! »
- « Je suis sûre qu'on peut les compter sur les doigts d'une main. »
- « Excellent ! » se mettait à rire Reyes, nous coupant dans cette petite bataille sans aucune animosité.
Nous arrêtions sans nous concerter, rien qu'en voyant le beau sourire de mon amie en face de nous, reprenant nos fourchettes et nous concentrant sur la nourriture.
- « Enfin quand même Reyes, tu comptes qu'ils prennent la nouvelle comment ? » finissais-je par reprendre n'aimant pas trop le silence légèrement pesant qui s'installait.
- « On verra mais je serais là pour vous appuyer et ils le verront rapidement. Surtout Octavia, elle te connaît trop bien Clarke. »
- « Ouais enfin, elle me connait mais toi aussi pour le coup ! Et vu comment tu passes ton temps à te foutre de nous avec tes blagues, je pense que c'est une de tes qualités principales et que tu ne l'utilises pas qu'avec nous. Donc sans vouloir t'offenser, avoir ton appui va encore plus leurs faire croire à une grosse blague de notre part à toutes. » rigolait la blonde me faisant pouffer par la même occasion.
- « Ce n'est pas faux Reyes ! Elle t'a bien cernée. » approuvais-je, me disant que le couple prendrait son appui pour une mauvaise blague encore plus facilement.
- « Hé ! Je vous interdis de vous liguer contre moi ! » se renfrogna faussement la concernée nous tirant des rires.
La fin du repas arriva rapidement, la conversation tournant sur la soirée de ce soir, les filles m'en apprenant un peu plus au sujet de ces fameux Lincoln et Octavia.
Clarke avait l'air ravie de parler de son amie et encore plus de l'avoir toujours à ses côtés après tant d'années.
Sans vraiment se concerter, j'annonçais que je retournais tranquillement lire et Clarke nous disait qu'elle irait prendre un peu de son temps dans la salle de peinture de son homonyme du futur.
Là où je pensais que Raven pesterait en nous faisant une habituelle remarque, rien ne vint et elle se contenta d'approuver en nous signifiant qu'elle attendrait dans le salon en se posant devant la télévision.
Je retrouvais mon canapé et mon bouquin, me replongeant dans un univers loin de tout. Au bout de quelques heures pourtant j'en avais marre, mes yeux commençaient à fatiguer.
Mes fesses me faisaient mal et malgré le fait que je changeais constamment de position, il me fallait me lever.
Je regardais l'heure : dix-sept heures. Oui, il était grand temps que je bouge et j'avais grandement envie d'un café.
En sortant, le bruit de la télévision m'attira et je retrouvais Raven devant celle-ci, assoupie. Je ne fis pas de bruit pour ne pas la réveiller et je me rendais dans la cuisine en commençant à me préparer une boisson.
Sans vraiment réfléchir et me disant que si j'en faisais un je pouvais en faire deux, je faisais donc couler un autre café. Je savais que Clarke était partie se réfugier dans la pièce consacrée à la peinture et ma curiosité voulait savoir ce qu'elle pouvait bien y peindre depuis quelques heures. Si bien sûr elle était en train de peindre. L'excuse de lui apporter une boisson était parfaite.
Je prenais donc mes deux breuvages et me dirigeais vers cette pièce. J'ouvris doucement la porte, la blonde me faisait dos, se tenant au milieu de la pièce devant un grand chevalet, apriori très concentrée.
Elle ne m'avait pas entendu rentrer et continuait ses coups de pinceau sur une toile que je ne distinguais pas encore.
Ne voulant pas lui faire peur mais voulant néanmoins lui témoigner ma présence, je refermais la porte avec mon pied en faisant un peu plus de bruit et elle sursauta légèrement en se retournant.
- « Désolée, je ne voulais pas te faire peur. » m'excusais-je en avançant vers elle.
- « Pas de souci, j'étais juste concentrée ! Oh merci, je pensais justement qu'un café serait le bienvenu ! » disait-elle en se saisissant de la tasse que je lui tendais directement.
- « Tu peins quoi alors ? » reportais-je immédiatement ma curiosité sur la toile présente devant elle.
- « Oh ça… je… » balbutia-t-elle d'un seul coup en reportant elle aussi son intérêt sur ce qu'elle faisait quelques instants plutôt.
Il ne me fallut pas longtemps pour comprendre sa gêne évidente.
La peinture que j'admirais représentait seulement dans un bandeau : deux yeux verts très réalistes. Elle était en train de peindre mon regard et c'était très ressemblant.
C'était même magnifique, on sentait une véritable âme juste dans un simple regard.
- « C'est-à-dire que je… je ne savais pas trop quoi peindre et… comme tu as des yeux très… enfin un regard… » perdait-elle pied passant son regard de la toile à moi.
- « Hé bien, c'est très réussi ! » coupais-je dans un sourire qui se voulait rassurant.
- « Ah ? C'est vrai tu trouves ? » reprenait-elle un peu de contenance, le rouge aux joues.
- « Oui carrément ! » continuais-je en me saisissant d'une chaise pas loin pour me placer à ses côtés avant de rajouter. « M'enfin on ne va pas se cacher que c'est réussi parce que le modèle de base est parfait quoi. »
- « Parfait et modeste surtout ! Heureusement que je n'ai pas peint tes chevilles car j'aurais dû prendre une toile beaucoup plus grande. » se détendit-elle sous mes remarques.
- « Mes chevilles sont parfaites aussi voyons mais elles rendraient beaucoup moins bien que ça je pense. » souriais-je en désignant du menton le tableau que je ne lâchais pas.
- « Oui c'est sûr… » sortait Clarke visiblement toujours gênée.
- « Pourquoi est-ce que tu as peint ça ? » voulais-je savoir sachant pertinemment que je ne l'aidais pas à se sentir moins mal.
Elle réfléchit quelques instants en regardant encore son œuvre avant de me répondre.
- « Au début, je ne voulais pas peindre. Je ne voulais pas abîmer ou même ne serait-ce qu'utiliser ce qui n'était pas à moi et puis ça faisait tellement de temps que je n'avais pas touchée un pinceau. » racontait-elle dans un mélange de gêne et de légère tristesse. « Puis je me suis dit que bon, vu tout le matériel, elle ne s'en apercevrait même pas. Et une fois devant la toile, j'ai laissé aller ma main et… » laissait-elle sa phrase en suspens comme absorbée par ce qu'elle regardait.
Je ne savais pas si je devais dire quelque chose mais elle inspira d'un seul coup, reprenant un air beaucoup plus sûre d'elle avant d'ajouter en se tournant vers moi :
- « Et ça fait une semaine que je me coltine Lexa Woods alors je vis Lexa Woods, je respire Lexa Woods et du coup je peins Lexa Woods ! »
- « Hum une sorte d'échappatoire à Lexa Woods quoi ? »
- « Exactement ! » rigola-t-elle.
- « Je comprends mieux pour le coup ! Mais j'aurais cru que tu m'aurais farcie de couteaux en tout genre plutôt ! »
- « J'avoue que j'y ai pensée mais tu as un regard magnifique et mon dieu… c'est dur de l'avouer mais… tu n'es pas si casse pieds que ça et je m'habitue à toi ! »
- « Nooon ?! Tu oses avouer encore une fois que je ne suis pas un monstre et que j'ai des yeux à tomber aussi ! » disais-je en portant ma main à ma poitrine feignant l'attaque d'être choquée.
- « Je n'ai jamais dit que tu étais un monstre ! » se défendit-elle sans notifier la suite.
- « C'est vrai ! Attention tu es en train de tomber sous le charme évident de Lexa Woods ! »
- « Et tu parles encore une fois de toi à la troisième personne ! » se désolait-elle en secouant la tête.
- « Et toi, tu ne notes que ce qui t'arrange ! » me moquais-je alors que je me rendais compte de ce que j'étais en train de faire.
J'étais clairement en train de flirter avec Clarke et je n'étais pas la seule à m'en rendre compte car nos rires moururent doucement après ma dernière phrase, son regard se faisant fuyant d'un seul coup.
Si j'avais pu me donner une claque, je l'aurais fait. Je faisais tout pour me convaincre d'enrayer ce je-ne-sais-quoi naissant avec elle et dès que je me retrouvais avec, j'oubliais juste tout et mon naturel revenait au galop.
- « Raven m'a dit que tu étais allée courir ce matin. Tu as du courage dit donc. » reprenait Clarke voulant sûrement sortir de ce malaise débutant.
- « Oh ça ! C'est aussi un moyen pour moi de réfléchir ! » sortais-je naturellement en buvant une gorgée de mon café.
- « Ah bon ? Tu avais besoin de réfléchir à quoi ? » s'intéressait-elle en me fixant alors que je me giflais mentalement de ma réponse irréfléchie.
À toi, je réfléchissais à toi, pensais-je.
- « À la soirée d'hier soir. » répondais-je vaguement.
- « Par rapport à Costia, je me doute… » semblait-elle peinée pour moi.
- « Oui voilà exactement ! » m'exclamais-je avec sûrement beaucoup trop d'enthousiasme par rapport au sujet abordé.
Je me rendais compte que je n'avais finalement pas du tout repensée à Costia Washington. La revoir n'avait pas eu l'effet escompté et encore une fois, c'était dû à Clarke.
Je repensais au soi-disant pouvoir que Raven voulait que je lui trouve et je soupirais inconsciemment dans un demi rire en l'imaginant me dire « je te l'avais dit ! ».
Clarke notifia ma réaction et reprit la parole :
- « Je ne sais pas réellement ce qu'elle t'a fait mais tu l'as bien mouchée à la façon Lexa imbuvable de nos premiers jours. »
- « Oh merci mais tu m'as beaucoup aidée dans ma tâche. » rajoutais-je dans un rire alors que je me rendais compte que je ne réfléchissais pas du tout assez avant de parler en voyant la blonde rougir légèrement gênée.
- « Je n'ai pas fait grand-chose tu sais… » essaya-t-elle de sortir sans paraitre confuse.
- « Mais grâce à toi, j'ai pu l'affronter et en plus de ça j'ai passé une excellente soirée. » continuais-je sur ma lancée ne sachant plus trop pourquoi je sortais naturellement tout ça.
- « Moi aussi j'ai passé une très bonne soirée à tes côtés. » rajouta-t-elle dans un magnifique sourire sincère.
Quitte à m'enfoncer totalement, autant crever l'abcès et parler de ce qui me hantais depuis la veille. Je voulais que tout soit clair même si en abordant le sujet je pouvais choisir la fuite et le mensonge, au lieu de l'honnêteté de ce que j'avais ressenti.
- « Clarke tu sais par rapport à la photo hier soir… je suis désolée de ne pas avoir vu que tu étais stressée. »
- « Oh ! Ce n'est pas grave… je pense m'en être bien sortie, non ? » rigolait-elle nerveusement.
- « Oui… » sortais-je presque dans un murmure les yeux dans le vide en rejouant encore une fois la scène dans mon esprit.
Un petit silence s'installa où aucune de nous deux n'osait croiser le regard de l'autre, se concentrant sur nos boissons.
- « C'est tout le contexte, n'est-ce pas ?... Qui a fait… qu'à ce moment-là nous… » laissait-elle mourir sa phrase sans oser rajouter les mots, baissant également le son de sa voix sous la tournure que prenait la conversation.
C'était le moment. Le moment que je pouvais choisir pour fuir, elle en ouvrait grand la porte. Je n'avais qu'à m'engouffrer dedans et mentir.
- « Je ne crois pas… » finissais-je par sortir dans un souffle sans être arrivée à freiner mon envie de dire la vérité.
Ce n'était clairement pas le contexte qui m'avait fait accentuer ce baiser et d'un coup, alors que je n'avais jamais laissé l'idée me traverser, j'osais croire que ce n'était pas non plus le cas pour elle.
Je n'étais pas sûre qu'elle ait perçue ma réponse tellement je l'avais énoncée basse mais quand je relevais les yeux sur elle, je savais qu'elle m'avait entendue.
Elle me fixait, la bouche entrouverte d'une légère stupeur alors que ses yeux cherchaient dans mon regard toutes les réponses du monde.
Les secondes qui défilaient semblaient interminables mais Clarke y mît un terme en reportant son regard sur la toile toujours présente. J'allais expirer tout l'air que je retenais, bloqué depuis mes derniers mots quand, sans lâcher le tableau du regard, elle rajouta comme moi dans un murmure.
- « Je ne crois pas non plus… »
L'ouverture de la porte dans un grand claquement sonore nous fît faire un bond de nos chaises.
- « Sérieux, vous avez vu l'heure ! Personne ne vient me réveiller alors qu'ils vont pas tarder à arriver ! »
- « Raven dans toute sa délicatesse... » sortais-je en me retournant en même temps que Clarke pour lui faire face.
Mon cœur battait à cent à l'heure suite à l'entrée fracassante de la latino, ne sachant plus vraiment si elle était l'instigatrice de ce rythme cardiaque ou s'il était là juste avant.
- « Elle fait souvent ça ? » demandait Clarke choquée ayant l'air de se remettre elle aussi de ses émotions.
- « Oui c'est une des « qualités » Reyes. » mimais-je avec mes doigts les guillemets.
- « Tu as fait comment pour ne pas mourir d'une crise cardiaque depuis toutes ces années ? » continuait la belle blonde en gardant une main sur son cœur pour signifier son choc.
- « Il faut avoir le cœur bien accroché ! Tu comprends mieux pourquoi je cours maintenant ! Faire du sport pour espérer survivre ! » rigolais-je en reprenant une contenance.
- « Ça va je ne vous dérange pas ? Je vous rappelle que je suis là hein ! Et que j'entends tout ! » se plaignait la latino de nos dires avant d'ajouter en voyant nos rires. « Aller on se bouge les girls ! Ce n'est pas que ça… mais vu ta tête Clarke, il te faut passer à la douche et j'aime bien que tout soit prêt avant, moi ! »
- « Ça aussi c'est une de ses grandes qualités, d'être maniaque et d'avoir besoin de tout contrôler ! » renchérissais-je en me levant et en reposant la chaise que j'avais utilisé à l'endroit où elle se trouvait.
- « J'avais déjà remarqué ! Mais pourquoi tu veux que je prenne une douche Raven ? Ça fait partie de ta qualité de contrôle absolu ? » questionnait la blonde rigolant mais me regardant un peu confuse quant à l'annonce de Reyes.
- « Très drôle le duo de l'enfer ! C'est juste que tu as de la peinture partout ! »
- « Ah bon ? » s'étonnait-elle en essayant de se regarder en touchant son visage et ses bras à la recherche de tâches.
- « Oui tu en as là et là… et là aussi. » m'amusais-je en posant mon index sur les petites taches de couleurs qui l'ornait, la faisant suivre du regard mon doigt en s'étonnant. « Ah puis tu en as dans les cheveux aussi ! » continuais-je en prenant ceux-ci entre mes doigts, voulant lui montrer.
Je me rendais compte d'un seul coup de la proximité évidente que je mettais entre nous alors que Clarke me dévisageait sans regarder le moins du monde ses cheveux.
Elle inspira d'un seul coup annonçant un « je vais prendre ma douche ! » très rapide, beaucoup trop rapide alors que je retirais mes doigts comme si je m'étais brulée dans le geste.
- « Ça va ? » demandait Reyes qui avait assistée à la scène alors qu'on entendait déjà Clarke monter les escaliers.
- « Oui bien sûr ! Pourquoi ça n'irait pas ?! » annonçais-je feignant d'être la plus décontractée du monde en commençant à sortir.
- « Parce que ça c'était un regard qui en dit long. » répondait-elle d'une voix presque sensuelle.
- « Hein ?! Quoi ?! Non ! Reyes tu te fais encore des idées ! » continuais-je le cœur tambourinant, espérant qu'elle y croit.
Sentant qu'elle ne me suivait pas et qu'elle devait arborer un magnifique sourire à la Reyes, je me permettais de rajouter sans me retourner :
- « Bon alors tu viens ! Ils ne vont pas tarder à arriver hein ! »
- « Ouais, ouais, j'arrive. » rétorquait-elle dans un ton qui se voulait très taquin.
Je me dirigeais dans la cuisine, parlant plus qu'à mon habitude, m'intéressant à ce que Raven souhaitait que l'on prépare pour ce soir.
C'était ma façon de noyer le poisson pour qu'elle ne me questionne pas mais par-dessus tout, j'essayais de penser à tout sauf à la réponse de Clarke.
Son « je ne crois pas non plus… » faisait des tours ridicules dans mon esprit et des sensations troublantes dans mon estomac.
Je voulais qu'elle balaye les élucubrations de mon cerveau et au lieu de ça, elle les avait confirmées et amplifiées.
Mes jambes me criaient d'aller faire encore une course, une grande, pour fuir mes pensées mais ce n'était clairement pas le moment.
Je me rendais compte que je n'écoutais plus du tout Raven et elle le savait. Rien qu'à voir le magnifique sourire malicieux qu'elle me lançait, tout était dit.
Pourtant elle se permit de rajouter une énième remarque pleine de sous-entendus à la Reyes sans perdre son air espiègle et ce sourire indécrottable :
- « Cette soirée promet d'être fantastique… encore plus que tout ce que j'ai pu voir dans la semaine. J'en suis certaine... »
Sourire de convenance pour seule réponse.
Cela devrait suffire pour ne pas m'enfoncer plus. La sonnette de la porte retentit au même moment, faisant déraper mon sourire en grimace.
Elle claqua ses mains et lança un « C'est parti ! » dans un grand clin d'œil en allant ouvrir alors que je déglutissais stressée d'un seul coup de la suite des évènements.
À la semaine prochaine et même à l'année prochaine pour le chapitre neuf ! La soirée n'a pas commencé que Lexa ne sait plus trop quoi penser. Est-ce la même chose pour Clarke ? Lincoln et Octavia seront-ils aussi compréhensifs que Raven ?
Wounaya : Merciiii ! Elles se sont même super bien comportées pour une fois et Lexa n'a pas envenimée la situation avec Abby ! Désolée pour la fin ^^' J'espère que ce chapitre est moins frustrant ! À bientôt !
RiviereNoire86 : Hey ! C'était pas une bonne fin de chapitre ? xD Je suis désolée que tu ait dû attendre une semaine de plus (pour d'ailleurs rien de plus croustillant ^^') Cette photo remet pas mal de choses en compte et accélère aussi les choses. Merci beaucoup en tout cas, tant que les chapitres te plaisent ;) Pour les fautes, désolée ! AvauK n'est pas infaillible et je lui en demande beaucoup surtout ;)
The100forever8 : Maiiiis quoiiii ? C'était pas une fin géniale ? Bon d'accord elle laisse sur sa faim xD Costia adorable non ? Je comprends pas pourquoi tu veux lui jeter une coupe de champagne au visage ;) Waaah je suis contente que ce chapitre t'ai faites te marrer ! Les suppositions viendront bientôt de toute façon parce que la fin de semaine arrive très vite et que vous allez cogiter très fort ;) Hâte de tes impressions comme d'hab !
: Mdr ! Tu aurais mieux géré la pression j'en suis sûre :')
Skippy1701 : Désolée je ne voulais pas être cruelle pour la fin :') J'avoue qu'une simple coupe de champagne au visage c'est soft par rapport à tout ce que tu m'as suggérée xD
Amaguiz : Hé mais si, il y en avait assez ! Il faut savoir savourer l'attente (comment ça j'ai tort ? Ok ok xD) Merci beaucoup en tout cas ! Contente de voir que ce chapitre t'a quand même plut malgré la fin abrupte ;) À bientôt j'espère !
Edas44 : Trop chou ! Tu es la seule à aimer mon baiser de fin xD
Lunedore : Ohhhh merci c'est adorable :3 ! "Savoureux et bien tourné" que d'éloges je vais rougir ! Pour le buffet, je me suis en effet régalée à écrire cette partie-là, c'était même ma préférée du gala même si elle n'est pas la scène la plus importante du chapitre ! Hâte de savoir ce que tu as pensée de ce début de samedi pour les filles ;)
Oros Olympe : Hey ! Tu t'attendais à ce que ce soit plus électrique ? Entre Costia et Lexa ou entre Lexa et Clarke ;) ? Joyeux Noël à toi aussi en retard :)
Guest1 : Merciii, c'est gentil :) Et pardon pour la fin frustrante :( Hummmm c'est une hypothèse pas mal du tout ! Qui aiderait d'ailleurs vachement bien les filles à ne pas avoir le même destin que leurs doubles du futur ! À voir si maintenant Lexa va suivre ton raisonnement ;) Pour ta question, oui j'ai déjà écrit la fin. Je ne publie qu'une fois que mes histoires sont finies à 100% ! Déjà parce que je reviens à la fin sur tous mes chapitres pour changer des choses (et que ça ne serait pas aussi facile en publiant au fur et à mesure) et puis je ne suis pas capable de sortir un chapitre par semaine ! Et surtout : trop de frustration sur des fics non finies et je voulais pas faire subir la même chose ! (En sachant que j'ai mis plus d'un an à écrire celle-là en faisant des pauses monstrueuses xD)
Morgane : Hey ! Merci de tes reviews surtout ;) Lexa a su trouver les mots justes avec Abby ! Mais beaucoup moins avec Costia :') J'adore faire des personnages détestables xD Bonnes fêtes de fin d'année à toi aussi ! Hâte d'avoir tes prochaines impressions !
SASHASTYME : Hey ! Merciiii beaucoup, je voulais faire quelque chose d'original et vu vos retours je pense que j'y suis arrivée :) Désolée qu'il te faille attendre toutes les semaines maintenant xD Je ne commence pas vraiment par la fin mais plutôt par "une possibilité parmi tant d'autres". Le retour à la vie normale va être développé mais sûrement pas autant que tu le souhaiterais ! Enfin tu me diras ce qu'il en est au moment ;) Merci beaucoup à toi pour ta review adorable surtout !
DroDroV : Hey ! Je vois que tu me review sur le chapitre 5 ! J'espère que tu as vu qu'il y en avait trois autres de plus ;) (moins de temps à attendre du coup xD) Il est fort possible que leurs futures elles soient passées par la même situation oui ! Quand on voit leurs tempéraments c'est largement possible ;) Hâte de ta review =D
Vanyel84 : Hey ! Mais je ne suis pas humaine mouahahahahah ;) (Si si, elle l'est je t'assure, oui c'est la correctrice je m'incruste pour lui casser son délire ! Avec un peu de chance elle le verra même pas ! x))
lialili : Hey ! Contente que le chapitre t'ait plu ! Moi j'ai adoré écrire le passage de cette fameuse dégustation de gâteaux ;) Costia est détestable hein ? xD J'aurais pu la faire différente (genre qui accepte d'avoir été une garce plus jeune mais... naaaannn !) Ah oui ! Le Kiss me Love me c'était pas pour rien ;) Hâte de tes prochaines impressions !
Kristal Calistha Layenna : Oh merci ! C'est vraiment très gentil ! Pour ce chapitre-là tu n'as pas eu à attendre longtemps du coup ;) mais le prochain un peu plus ! À bientôt j'espère !
