Jour 8

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Lorsque Tyrion pousse la porte de la chambre de Cersei, elle est assise devant son miroir et pleure toutes les larmes de son corps. Il s'approche d'un pas hésitant.

« Je suis hideuse, maintenant, » lâche t-elle dans un hoquet.

« Cersei... »

« Les gens me regardent avec pitié, dans la rue. Je suis laide, Jaime me déteste et il a bien raison, je n'ai plus rien, plus rien du tout... »

Sans réfléchir plus longtemps, Tyrion enroule les bras autour de Cersei et l'attire contre lui. Elle le laisse faire et ses larmes coulent dans son cou.

« Tu n'es pas laide, Cersei. C'est moi qui suis laid... c'est moi qui suis un nain. »

« Tu n'es pas laid, » rétorque t-elle automatiquement.

« C'est gentil de me mentir... »

Elle s'esclaffe légèrement. Tyrion la serre un peu plus fort.

« Ce n'est qu'une cicatrice, Cersei. Tu es toujours belle, je te l'assure. Et quand bien même tu ne l'étais plus, nous t'aimerions toujours, Jaime et moi. »

« Jaime me déteste... »

Il soupire, s'écarte d'elle et plonge ses yeux dans les siens.

« Non, Cersei. Jaime est très, très en colère contre toi. Et moi aussi, je suis en colère. Mais il ne te déteste pas. Sinon, il ne t'aurait pas proposé de venir ici. »

La lueur d'espoir qui apparaît dans ses yeux lui fait mal au cœur, il a rarement vu quelqu'un d'aussi désespéré. Voyant qu'elle tremble toujours, il lui prend la main et la guide jusqu'à son lit.

« Il faut... il faut que je m'en aille, » parvient-elle à articuler une fois qu'elle s'est glissée sous la couette. « Ça fait trop mal de... »

« Tu viens à peine d'arriver. Reste, je t'en prie... ça va s'arranger, tu verras. Mais seulement si tu restes. »

« Tyrion... »

« Reste jusqu'à Noël, s'il te plaît. »

Elle baille, épuisée d'avoir trop pleuré.

« Je croyais que vous ne fêtiez plus Noël. »

Il hausse les épaules.

« C'est vrai. Tu vas rester ? »

Vaincue, Cersei acquiesce.

« Bien. Bonne nuit. »

Avant qu'il ne s'éloigne, elle lui attrape le poignet.

« Reste avec moi, s'il te plaît. Je ne veux pas être seule cette nuit. »

Tyrion veut répondre qu'il ne sait pas si c'est une bonne idée parce qu'il lui en veut toujours énormément, parce qu'on ne répare pas trois ans de silence en une seule conversation mais il voit la cicatrice sur son visage et les bleus sur ses bras et il pense que Jaime et lui ne sont pas les seuls à avoir souffert.

« Pousse-toi, » grommelle t-il. « Et évite de me faire tomber du lit. »

Elle sourit faiblement.

« Merci, petit frère. »

Quand Cersei s'est endormie, Tyrion pense à tout ce qu'ils avaient tous les trois avant qu'elle ne foute tout en l'air, et ses larmes se mettent à couler.