Bonjour !

Nouveau chapitre pour vous aujourd'hui :)

En espérant que l'histoire vous plaît toujours autant !

Bon dimanche.

Samaëlle.


Chapitre 17

Révélations ?

- Monsieur Jedusor ?

Relevant le nez de ses dossiers conséquents, l'homme en question dévisagea sa secrétaire, qui tenait un document entre ses mains.

- Excusez moi pour le dérangement, mais Harry Potter m'a demandé de vous transmettre ce document lorsque vos rendez-vous seraient terminés.

- Monsieur Potter ne pouvait-il pas me le faire parvenir lui même ?

- Il semblerait que non. Il a évoqué une tâche importante à accomplir.

C'était prévisible. Mais vraiment lâche.

Tom Jedusor avait pensé à cette éventualité, alors même que quelques heures auparavant Harry avait quitté son bureau, l'adulte s'était douté qu'il ne le rêverait pas de si tôt.

Ce n'était pas vraiment ce qu'il avait voulu, mais au moins il n'y avait plus de sous-entendu sur ses propres intentions.

- De quoi s'agit il ?

- D'une évaluation des compétences. L'université lui a fourni ce papier lors de son absence au musée, il est indiqué que le maître de stage doit le remplir et le faire retourner à l'établissement par courrier avant vendredi.

- Vendredi ?

- Le délai est maintenant court puisque Harry ne l'a pas donné aussitôt.

Et maintenant il lui demandait de le remplir rapidement ? Les jeunes avaient bien du culot.

- Très bien. Je vais prendre ce document. Cependant j'aurai besoin de Madame Murphy pour le remplir, étant donné que c'est elle qui l'observe la plupart du temps. Faites lui faire un rapport auprès de tous les employés, puis demandez lui de me faire parvenir toutes les informations importantes sur le comportement et le travail de Monsieur Potter.

- Bien Monsieur.

Jane posa le document en question sur son bureau, avant de quitter calmement la pièce pour le laisser à nouveau seul.

Et dire qu'il avait un travail monstueux à effectuer, ce gamin lui en rajoutait.

Contrairement à ce qui aurait dû se passer, cette simple constatation le fit sourire.

C'était étrange.

Un coup d'œil à sa montre lui fit constater que l'après midi allait bientôt prendre fin.

Pour une fois, il devrait peut être rentrer à l'heure. Et peut être qu'un bon verre de scotch lui ferait le plus grand bien.

oOo

- Salut Harry !

À peine arrivé, déjà repéré. Qu'est ce qui devait l'étonner ? Théodore était un super ami, mais lorsqu'il était décidé à faire quoi que ce soit, il y parvenait à tous les moyens.

Et pour Harry, ses intentions étaient clairement à son sujet. Il s'était donc attendu à être assaillit dès son arrivée.

- Salut Théo.

- Comment tu vas ? La forme ?

Un signe de tête suffirait pour cette fois. Il n'avait pas vraiment envie de discuter là, tout de suite, mais il ne voulait pas non plus vexer son ami en lui avouant franchement. De toute façon, il sentait qu'il allait devoir avoir une conversation avec lui à propos d'un certain sujet. Alors autant que ce soit rapidement. Plus vite fait, plus vite fini.

- Alors ? Qu'est ce qu'il s'est passé ?

- Comment ça ?

- Oh ne fait pas comme si tu ne voyais pas ce dont je veux te parler ! Tu sais à quel point je me suis inquiété ? Tu ne m'as même pas envoyé le moindre message pour me dire que tu allais bien, en plus.

Harry regarda Théodore dans les yeux.

- À ce propos Théo, je voulais te remercier. Tu m'as fait prendre conscience que j'avais le choix hier et c'était vraiment une preuve d'amitié. Tu m'as soutenu en prouvant que tu étais là, et crois moi, je n'avais absolument pas envie d'avoir cette conversation à ce moment là.

- Donc tu as confiance en moi maintenant ?

- Maintenant ? Déjà avant !

- Ah bon ? Parce qu'on ne dirait pas au vue des informations que j'ai pu entendre hier ! Alors oui, je suis intervenu parce que tu n'avais pas l'air bien du tout, mais je pensais vraiment qu'on était ami Harry, pas de simples connaissances. Suffisamment en tout cas pour que tu te confies à moi.

Théodore avait l'air blessé. Lui qui était toujours si calme et souriant paraissait maintenant en colère. Et Harry pouvait le comprendre, parce que son ami lui avait toujours tout raconté. Même ce qu'il allait faire aux toilettes !

Cette dernière catégorie ne l'intéressait d'ailleurs pas vraiment, mais c'était assez comique d'un côté.

Il devait reconnaître qu'il avait eu tord.

- Je suis désolé Théodore. Écoute, c'est juste que je n'avais pas vraiment envie d'en parler, parce que j'étais énervé contre Jedusor. J'avais besoin de me changer les idées.

- Je veux bien le comprendre, mais tu aurais pu l'évoquer avec seulement quelques mots. Ainsi, j'aurai vraiment pu t'aider à t'aérer l'esprit.

Bon, il n'avait pas l'air tellement en colère. Simplement contrarié après réflexion.

- D'ailleurs, qu'est ce qui t'a conduit à arrêter ton stage ?

Cette question, la seule qu'il aurait vraiment voulu éviter.

Harry ne savait pas ce qu'il devait réellement dire, et ce qu'il devait garder pour lui. C'était affreux d'être ainsi tiraillé.

- Le grand Tom Jedusor m'a manqué de respect. Alors j'ai répondu à ses provocations sans réfléchir et j'ai vraiment eu honte après coup. J'étais aussi très en colère, je ne voulais pas risquer d'exploser une nouvelle fois au musée.

C'était la vérité. Cacher une partie de l'histoire n'était pas un mensonge, n'est ce pas ?

Cependant, au vue de la ride apparaissant entre les sourcils de son camarade, ce n'était pas suffisant.

- C'est vraiment très flou tout ça. C'est peut être clair dans ta tête, mais pas du tout dans la mienne Harry !

Théodore rit à sa propre remarque, mais le brun pas du tout. Il aurait tellement voulu éviter ça.

- Tu veux vraiment savoir ?

- Carrément ! Franchement, l'air suppliant du principal homme d'affaire d'Angleterre était mémorable. Je veux savoir comment tu as fait pour le rendre aussi vulnérable !

Vulnérable ? Tu parles ! Il avait juste eu un léger doute sur son ressenti, au point d'en parler avec lui, mais ça n'avait pas valu le coup.

Harry avait eu beau espérer un minimum, il n'était pas vraiment satisfait. A quoi s'était-il attendu, d'ailleurs ? Il n'était qu'un gamin comparé à son patron.

- Théo, c'est pas si facile à dire.

- Quoi ? C'est pas comme si tu lui avais sauté dessus !

C'était dit sur la rigolade, avec une bonne dose d'humour, mais ça n'était pas drôle du tout. En fait, ça provoqua même un pincement de cœur au jeune Potter. Et sans même se voir, il senti les couleurs de son visage disparaître, comme un masque, pour dévoiler la pâleur de sa peau.

- Harry ?

Son ami l'avait vite remarqué. Il avait perdu son sourire et semblait en pleine réflexion. Et inquiet, aussi.

- Sérieusement ? T'as vraiment fait ça ?

- Je l'ai embrassé.

C'était juste un souffle, mais c'était audible. Il l'avait sorti en arrêtant de réfléchir, d'une manière assez robotique. C'était comme lâcher une bombe de manière aléatoire. On ne savait pas si elle allait réellement exploser.

- Attends, quoi ?

Il ne voulait pas. Il n'avait pas la force de regarder Théodore dans les yeux, ni même de déchiffrer la moindre émotion de son visage. Harry attendait simplement qu'il en dise plus, assez patiemment d'ailleurs.

Il eut d'ailleurs l'impression que le temps s'était arrêté, tellement le silence était lourd, et les mouvements presque inexistants. Il n'y avait que les discussions environnantes pour briser cette ambiance effrayante.

- Tu as embrassé Tom Jedusor ?

Harry ne put s'empêcher de soupirer. C'était suffisamment difficile pour lui de le prononcer une fois, alors pourquoi demander confirmation ?

- Je parles français Théo, ne me demandes pas de le répéter à nouveau.

L'agacement n'était jamais loin finalement.

Le silence s'étendit à nouveau, et Harry ne le supporta pas vraiment. Il était bien trop froid et triste, tel un gouffre. Et c'en était de trop.

Alors, puisque le premier cour du jour approchait dangereusement, il y trouva une échappatoire.

- Je pars devant.

C'était soulageant de trouver une telle excuse pour fuir, mais pas vraiment satisfaisant. Un dernier coup d'œil à son ami lui suffit à comprendre que ce dernier était en pleine réflexion, visiblement surpris par son annonce, mais il n'y trouva ni dégoût ni approbation. Ou alors, il n'avait juste pas mis assez de volonté dans son observation.

S'avancer seul dans la foule en direction de sa salle de cours lui laissa un goût amer. Il ne s'y était jamais rendu de façon solidaire, en fait, même le premier jour, étant donné que Théodore l'avait accosté dès ses premiers instants à Sheffield.

Et ridiculement, il eut l'impression que tous les regards se posaient sur lui, surtout dans son dos, et que certaines brides de conversation parlaient de lui. Sauf qu'il savait déjà que c'était son inconscient qui lui jouait un tour. Il n'était pas bien courageux contrairement à ce qu'il laissait croire.

L'amphithéâtre était déjà bien occupé lorsqu'il y entra, encore un détail qui troublait ses habitudes. C'est donc ainsi qu'il se retrouva si loin dans les gradins, mais il n'était pas d'humeur à râler à ce sujet. Tant pis pour lui.

Il aperçut la silhouette de Théo pénétrer dans la salle, mais avec tout ce monde il ne dut pas le voir, parce qu'il s'installa pratiquement à l'opposé.

Ou alors c'est intentionnel.

Un pincement de cœur plus tard, et il se contentait de se concentrer sur le cours afin de ne pas trop se torturer l'esprit. Il le faisait déjà suffisamment à son habitude, ce n'était pas la peine d'en rajouter.

Il aviserait cela plus tard.

Il était perdu dans ses notes, entre deux notions de sciences complexes, lorsque son téléphone se mit à vibrer subitement. Un sms.

Discrètement, il baissa les yeux sous son bureau, se saisissant de son smartphone pour en découvrir le contenu.

Théodore.

Sans hésiter, il ouvrit son application afin de lire le message reçu.

"Ça veut dire que tu es gay ?"

Sans savoir pourquoi en lisant ses mots, sa salive faillit s'introduire dans le mauvais tuyau lorsqu'il déglutit.

Il répondit précipitamment.

"Non !"

C'était peut être un peu trop rapide d'ailleurs. C'est vrai, qu'était-il au fond ? Il n'avait jamais vraiment voulu en parler, mais il savait pertinemment qu'il aimait les hommes, et qu'il n'avait aucune attirence envers les femmes.

"Enfin..."

Harry devait être honnête avec lui même. Et avec Théodore, pour avoir peut être une chance de le garder à ses côtés.

La seule fois où il avait essayé de s'intéresser à une fille, ça avait été une catastrophe. Il avait été tellement dégouté en l'embrassant, et rien que de penser au moment où elle lui avait fait toucher ses seins c'était... Bouh ! Mieux valait oublier !

Nouvelle vibration brève de son téléphone.

"?"

Il devait répondre. Honnêtement.

"Oui."

C'était envoyé. Et rapidement, ce fut lu.

Il attendit la réponse, tellement longtemps que ses oreilles se mirent à bourdonner, au point où il s'obligea à se concentrer à nouveau sur le cours pendant de longues minutes avant de sentir une nouvelle vibration.

Un coup d'œil à son écran provoqua cette fois ci une quinte de toux chez lui tellement il fut surpris de la réponse qu'il venait de recevoir. Une quinte qui fit tourner les regards vers lui.

"Tu as déjà eu des vues sur moi ??"

Et puis, aussi sec qu'un claquement, une réplique le ramena à la réalité.

- Si mon cours ne vous intéresse pas, Monsieur Potter, veuillez quitter cette salle. Autrement, je vous invite à ranger votre stupide technologie dans votre sac. Éteinte, bien entendue.

Severus Rogue était des plus intimidants. Et autant dire qu'il ne se le fit pas dire deux fois avant de ranger son téléphone dans son sac, le rouge aux joues. C'était tellement horrible de se retrouver scruté par tous les yeux présents dans la salle.

Se concentrer à nouveau fut plus difficile qu'il ne l'aurait pensé. Les messages reçus ne cessaient de tourner dans sa tête, et il se demandait bien comment Théodore pouvait avoir pensé qu'il le voyait ainsi.

Il devait sûrement avoir peur de son penchant amoureux.

Harry laissa échapper un léger soupir anxieux. Ce n'était ni bon, ni mauvais. Mais les craintes commençaient déjà après seulement quelques révélations gardées privées.

C'était vraiment trop compliqué.

Pour passer le temps, le jeune homme se mit à écrire frénétiquement tout ce qu'il pouvait des paroles que son professeur prononçait. Peu importe si c'était beaucoup trop, il trierait plus tard ! C'était bien plus efficace comme moyen de diversion, mais son poignet, lui, était moins coopératif que sa volonté. Il le rappela bien trop vite à l'ordre, ce qui ne l'empêcha pas de continuer.

Il lui fallut encore patienter trois bons quarts d'heure avant de pouvoir se lever de sa place et quitter l'amphithéâtre. Théodore l'attendait déjà à la sortie, les bras croisés, un air pensif collé au visage.

- La réponse est non.

Autant le dire de suite, et mettre les choses au clair. C'était trop dur de laisser durer le suspens encore et encore.

- Tu ne dis pas cela pour me faire plaisir ?

- Non !

Il avait répondu rapidement, mais c'était tellement indignant pour lui. La personne qui lui avait accordé le plus de confiance depuis son arrivée à l'université doutait de ses paroles, et ça le mettait hors de lui. Cette colère était envers lui même, parce qu'il n'avait pas su donner sa confiance en retour, et que ça avait risqué de tout chambouler.

Le risque n'était d'ailleurs pas encore levé.

- Je te jure que non, Théo.

Sa voix plus calme et son regard assuré sembla convenir, puisque le dit Théo se remit en route vers le prochain cours, bien vite suivit par Harry.

- J'imagine que je suis le dernier ami que tu mets au courant.

- Alors tu imagines mal.

- Comment ça ?

Les sourcils froncés, il le dévisageait ouvertement.

- Tu es le seul ami au courant.

Nouvel arrêt.

- Tu déconnes ou quoi ?

- Quoi ?

- Si tes amis de longue date ne sont pas au courant, comment veux-tu te sentir bien ? Tu devrais leur dire ! Le plus rapidement possible.

- C'est pas si facile que ça !

- Je n'ai pas dit que ça l'était. Tu dois simplement le dire.

Harry soupira.

- C'est bien plus difficile que ce que tu crois.

- Alors explique moi ! Mais je suis certain de ne pas avoir tord sur ce coup là !

- Écoute, on a cours là. Faut pas qu'on traîne.

- N'esquive pas le sujet. Suis moi, on sèche.

Le ciel lui était tombé sur la tête. Théodore qui sèche les cours ? C'était tout sauf normal !

Malgré tout, le jeune Potter se laissa entraîné dans son sillage. De toute façon, il ne pouvait pas détourner cette conversation indéfiniment, et il en était conscient.

oOo

Le vent soufflait doucement dans leurs cheveux, les faisant danser à son gré, tout comme les vêtements qu'ils portaient.

Il était frais, mais les rayons du soleil qui caressaient leurs peaux étaient suffisants pour les réchauffer, et leur laisser un sentiment de confort.

Harry et Théodore se tenaient en haut d'une falaise qui surplombait la ville. De là, ils avaient une vue magnifique sur cette dernière et les environs, et cela suffisait à apaiser les cœurs.

C'était Théodore qui en avait eu l'idée. Il s'était dit que la plus grande intimité s'imposait pour le sujet de conversation si dissimulé d'Harry. Alors il l'avait entraîné dans le premier bus qu'il avait pu intercepter, puis l'avait invité à monter une côte ardue avec lui pendant vingt bonnes minutes avant de pouvoir s'installer.

La vue était si prenante que cela faisait quelques minutes que le silence s'étendait entre eux.

Cependant, la curiosité de l'ignorant était forte, et revint bien vite au galop.

- Qu'est ce qui est difficile Harry ?

Pendant un long moment, Théodore cru que son ami n'avait pas entendu sa réplique, et que celle-ci s'était envolée avec le vent. Mais ce n'était pas le cas. Harry l'avait bien entendu, il prenait simplement le temps qu'il lui fallait pour rassembler le peu de courage qu'il lui restait pour enchaîner une suite de mots cohérente avec son ressenti.

- Il n'y a pas que mes amis qui ne sont pas au courant.

Ça s'annonçait donc très mal.

- Ta famille ne sait pas non plus ? Comment tu peux leur cacher un détail aussi important ?

Regarder son ami dans les yeux lui demanda beaucoup d'efforts. Et à travers ce simple échange, il su tout de suite que son ami n'hésiterait pas à le secouer comme un prunier s'il le fallait, au vue de son désarrois.

- Dis moi, Théo, qu'est ce que ça t'a fait de l'apprendre ?

La surprise se fit voir sur le visage face à lui, avant qu'il ne se retourne pour se baisser à ses pieds.

- Eh bien... J'étais un peu perdu au début. C'est surprenant d'apprendre soudainement ça, d'un coup, sans l'avoir vu venir. Je veux dire... D'habitude, ça se voit. Par rapport au comportement, aux répliques...

- Je vois, tu as donc tout pleins de préjugés toi aussi.

- Eh ! C'est toi qui m'a demandé d'abord ! Pour moi, c'était comme ça. Mais maintenant je me rends compte que j'avais tord. Et de toute façon, c'est ta vie. Si c'est ce qui te rend heureux, je ne vois pas pourquoi tu hésites tant à l'avouer.

Un soupir rejoignit l'air.

- Mes parents eux même n'ont rien vu.

Il s'y était pourtant attendu. Le fait qu'il n'ait jamais amené aucune copine à la maison, qu'il ne parle d'aucune petite amie, il aurait pensé que ça mette la puce à l'oreille. Au lieu de cela, sa mère s'était simplement ravie qu'il consacre ses priorités à ses études, et son père l'avait taquiné plusieurs fois sur une relation intense cachée.

Même pas ils n'y avaient songé.

- Ils ne sont... Pas très ouvert sur le sujet. Alors je préfère qu'ils soient au courant le plus tard possible.

- Tu sais, retarder les choses n'est pas forcément bon.

C'était toujours ce qu'on disait dans ces moments là, mais Harry préférait ne pas y croire. De toute façon, que ce soit maintenant ou plus tard, le résultat serait le même. Et l'imaginer le rendait malade.

Il s'était imaginé la scène à de nombreuses reprises, et dans chaque scénario il finissait toujours seul dans sa chambre, les larmes dévallant ses joues suite aux remarques acerbes que ses parents pourraient sortir. Dans le pire des cas, ils lui imposaient de changer, d'avoir un suivit psychologique... Toute sorte de choses qu'il serait incapable d'endurer.

- Je n'en suis pas si sûr. De toute façon, j'ai trop de mal à poser des mots sur... ça.

Ça. Sa différence. Sa sexualité. Ses sentiments. Un regroupement de choses en un si petit mot.

- Tu te rends toi même malheureux.

- Comment ça ?

- Regardes toi. Tu te caches. Tu n'es pas toi même. Et je suis certain qu'au fond de toi tu es triste.

Peut être bien oui, mais c'était mieux d'être ainsi que complètement seul.

- Arrêtes Théo. Tu dis cela juste pour me faire plaisir alors que toi même tu as eu mal à accepter ma vérité.

- C'est pas ça Harry je... C'est un sujet tellement délicat. Je n'avais jamais imaginé faire face à ce genre de scénario. Je suis resté bête, et je me suis posé des questions encore plus bêtes ! Je ne savais pas comment je devais réagir, voilà tout.

Le vent souffla plus fort, leur coupant le souffle un instant.

De là, la ville semblait si calme, si immobile, si paisible, alors que lorsqu'on s'en approchait elle était animée, agitée.

Harry se plu à se comparer à cette dernière face à cette constatation.

Lui aussi avait l'air serein et courageux. Mais au fond, il était mort de trouille. Et se l'avouer était déjà si difficile.

Théodore avait raison, il se faisait lui même du mal. Mais il n'était pas prêt à changer cela pour le moment. De toute façon, il n'avait pas encore une bonne raison de le faire.

- Merci, Théodore.

C'était dit de manière discrète, mais ce fut entendu.

- Du coup, pourquoi tu l'as embrassé ?

- Il m'a traité de pédé.

- Le sal* !

Ça au moins, c'était dit.


Un petit mot ?