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Marlène commençait à comprendre le sens de la discussion et regarda le commissaire d'un air ébahi. Sentant ce regard, Laurence regarda ces chaussures comme si elles avaient des diamants à leur bout.

-Et donc, Laurence a accepté de bien vouloir qu'on …. Enfin tu vois, qu'il…. Que nous….

- Vous allez vous marier ! Mais vous ne pouvez pas ! c'est pas possible !

Marlène se leva d'un bon comme si l'émotion lui donnait des fourmis dans les jambes.

- Vous ne pouvez pas , dit elle en regardant Laurence puis Alice… vous ne vous aimez pas !

- La question n'est pas là Marlène répondit Alice, Laurence me rend service et une fois que j'ai vu mon père , on reprend chacun nos routes, on aura bouclé tout ça. Et puis à qui je pourrai demander ? A Jourdeuil ?

- Oh ben non !

- A Tricard ?

- Ouarfff Arlette te sautera à la gorge, et pas simplement avec des mots!

- Alors à qui ?

Marlène ne sut répondre mais son visage témoignait de l'étonnement, de la déception et de la détresse.

Alice glissa mi-figue-mi raisin :

- A Glissant peut -être ?

- Ah non certainement pas !

Laurence et Alice regardèrent Marlène vendre malgré elle son histoire avec Glissant. En les voyant, Marlène comprit qu'ils étaient au courant et qu'elle s'était grillée. Laurence un peu jaloux au début était heureux que Marlène ait trouvé un homme bien sans sa vie. Certainement meilleur que moi, reconnût-il.

- Oui bon Tim et moi on sort ensemble depuis quelques semaines et aujourd'hui je le présentais à Tata Lucette. Il a été adorable avec elle et ….

Marlène commençait à digresser vers sa situation quand elle se reprit en voyant la tête de ses deux amis.

- Oui bon effectivement pas Glissant.

- Marlène à qui j'aurai pu demander ? quelqu'un qui me connaisse et m'accepte comme je suis ?

Laurence fut touché par ce qui ressemblait à la plus belle déclaration qu'on lui ait faite mais Alice, concentrée sur la situation, n'avait pas perçu la portée de ses mots.

- C'est vrai qu'il n'y a pas plus sincère que vous quand on entend ce que vous vous envoyez au visage !

Marlène s'assit et Laurence lui servait un verre de porto pour l'aider à se remettre de ses émotions.

- Marlène , reprit Alice, tu es ma meilleure amie, ma grande sœur, cette situation je ne l'ai pas voulu mais je ne me sens pas capable de l'affronter sans toi et sans lui, désignant du menton Laurence.

Marlène vida le verre cul-sec avant d'accepter une seconde tournée offerte par Laurence. Galamment il en proposa à Alice et se prit un verre de whisky qui ne le détendit pas pour autant.

- Marlène, on aura besoin de toi. D'abord cette histoire doit rester entre nous.

- Mais Tim ?

Laurence attendait la phrase.

- J'ai confiance en Tim, et il faut que nous lui en parlions ensemble tous les 4.

- Il m'attend dans la voiture, je vais le chercher !

- Marlène ! Marlène attends !

Alice ne put retenir Marlène qui descendait chercher Glissant.

Alice et Laurence se regardèrent.

- Ca c'est pas trop mal passé finalement commenta Laurence.

- Oui et j'avoue que ça me soulage d'avoir clarifié un peu les choses.

- Enfin un tout petit peu….se dit il.

Ils entendirent des pas dans les escaliers et la voix de Marlène qui pressait Tim.

- Bonjour Commissaire, bonjour Alice. Glissant jetait un regard curieux sur les deux individus en face de lui entrant chez Laurence et refermant la porte.

- Ca va Glissant, demanda enjoué Laurence.

- Ca va ca va, je crois….

- Tim assieds toi il faut qu'on te parle.

Alice raconta l'histoire de la découverte de ses origines à Glissant et les attentes de son père.

- Ouh la ! Dans quelle mayonnaise vous êtes. Il jetait un coup d'œil à Laurence, pas si étonné qu'il aide Alice mais surpris quand même de tous ces événements.

- Donc, reprit parce que Marlène devait être au courant, il nous était impossible qu'elle te cache un secret aussi lourd à porter pour elle. Ce que je te demande…

- Ce que nous vous demandons ! acquiesça Laurence.

- Ce que nous te demandons c'est de n'en parler à personne au commissariat. C'est un mariage de raison et Carmouille serait capable de mettre des bâtons dans les roues, et ça, nous n'en avons pas besoin en ce moment , d'accord ?

Tim regarda Marlène. Il lui prit la main pour y poser un doux baiser afin de sceller son accord à aider Alice et Laurence. Les yeux de Tim n'étaient qu'amour pour Marlène. Alice et Laurence en étaient les témoins ravis.

- D'accord dirent les deux amoureux d'une même voix.

- Pour revenir à ce mar…, punaise j'arrive pas à le dire, grognait Alice.

- Nous avons besoin de témoin, êtes vous d'accord ? Laurence voulait expédier ce sujet-là.

- Mais, commissaire, nous allons mentir ?

- Non Marlène, c'est un mariage d'intérêt comme il en existe tant depuis des siècles. Ici ce n'est pas pour la dot de la mariée mais pour aider Alice. Alice veut connaître son père alors on se marie. Quitte à tout faire pour l'aider, autant le faire avec des vrais amis.

Il n'y avait pas de gêne dans les propos de Laurence mais la volonté d'accomplir le vœu d'Alice. Sans exprimé ses sentiments, il pouvait au moins être à ses cotés et l'aider à réaliser son vœu.

Marlène avait les larmes au bord des yeux. Beaucoup d'émotions l'avaient bouleversée en une journée.

- Je pense qu'il est temps que Marlène aille se reposer indiqua Tim, s'offrant ainsi l'occasion de ne pas moisir chez Laurence.

Glissant prit Marlène par la main et ils quittèrent l'appartement de Laurence.

La porte fermée, les deux acolytes poussèrent un soupir de soulagement comme s'ils avaient retenu leur souffle depuis l'arrivée de Marlène.

- Pffff, mon dieu, je suis épuisé ! s'exclama Laurence.

Laurence regarda Alice toute recroquevillée dans le canapé, perdue comme un oisillon tombé du nid. Il n'imaginait pas la ramener dans sa chambre pour la laisser seule à ruminer ses pensées. Ca serait franchement dégueulasse quand bien même Alice, n'avouerait jamais par orgueil avoir besoin d'une compagnie, même silencieuse qui plus est celle de Laurence.

- Bon Alice, je vous ramène si vous voulez, dit il de son ton le plus « Laurence ».

Alice était dans ses pensées toujours en position fœtale, le regard vide.

- Après le diner? proposa Laurence comme ça on parlera organisation

Histoire aussi de la laisser profiter de la fin d'après-midi pour la laisser se poser et revenir de ses émotions, pensa t-i. Une fois le diner passé, il serait trop tard pour la raccompagner et de la tirer de son cocon.

- Ca marche Laurence, on fait ça dit elle d'une voix pleine de sommeil.

Elle se laissa glisser sur le canapé, vaincue par les émotions subies depuis quelques jours et quelques heures.

Le temps pour Laurence de déposer les verres sales dans la cuisine et Avril s'était pelotonnée dans la couverture du canapé et dormait à poings fermés.

Cette image fit fondre Laurence pour Alice, encore plus qu'il n'était épris d'elle. Il la prit dans ses bras pour l'emmener dans sa chambre afin qu'elle se repose le mieux possible. En la déposant, du bout des doigts, il remit de l'ordre dans ses cheveux avec légèreté de peur qu'elle ne se réveille mais ne résistant pas à lui glisser un doux baisser sur le front.

- Tu ne seras plus jamais seule , mon ange, je te le jure lui souffla t-il.

Il quitta la chambre doucement pour ne pas la réveiller et réfléchir à la suite des opérations à mener. Il fallait tenter une dernière chance.

Le lendemain matin, Alice se réveilla dans un lieu complétement inconnu pour elle.

- Oh merde, j'ai encore fini dans la piaule d'un inconnu…

Mais rapidement elle se souvint du week-end et de l'officialisation de son mariage avec Laurence.

Officialisation , que de grands mots se dit-elle.

Elle reconnut le lieu par l'odeur qui flottait dans l'air, le parfum de Laurence.

Elle alluma la lumière et découvrit la chambre du maître de maison. A son image. Elégante, sobre et très rangée.

- Ya jamais rien qui dépasse !

Le jour passait à travers les rideaux. Elle regarda sa montre 8h !

Merde je vais être en retard au boulot. Elle se leva rapidement pour chercher son hôte, sans succès.

- Laurence ? Laurence ?

Elle frappa à la salle de bains. Vide. La cuisine. Vide.

En revenant dans le séjour, elle vit l'écriture de Laurence sur un mot laissé à son attention.

« Avril, j'ai dû partir de bonne heure pour une affaire, faites comme chez vous mais foutez pas le bordel ! Bon courage, Swan. »

Swan…. Toujours bizarre de l'appeler par son prénom. Trop familier pour l'utiliser malgré le fait qu'ils allaient allier leur avenir ensemble, enfin pour quelque temps... Drôle d'oiseau quand même. Bon faut pas mollir sinon Jourdeuil va encore me tirer les oreilles !

Ses affaires étaient restées dans les valises du weekend. Elle passa à la douche et se glissa dans son uniforme traditionnel- jean/chemise. Laurence avait eu la délicatesse de lui laisser du café et de quoi faire son petit déjeuner.

Elle partit sur ces entrefaites pour attaquer une nouvelle journée qu'elle espérait moins forte en émotion que les précédentes.

De son côté Laurence arrivait sur Paris. Sans rien dire à Alice, il avait la ferme intention de savoir comment joindre Colbert pour essayer de lui faire changer d'avis et de le pousser à rencontrer Alice en arrêtant cet odieux chantage.

Arrivé très tôt à Paris, au moment où il passa devant le théâtre et à sa surprise , il vit Colbert près de l'entrée. Ben et la tournée aux Etats-Unis ? Curieux…

Impatient de lui parler, il l'intercepta avant que Colbert n'entre à l'Opéra.

- Bonjour M. Colbert, pourrai je vous parler ?

- Tiens Laurence, je me disais bien que j'allais vous voir un de ces jours!

- Je vous croyais aux Etas Unis?

- Oui, c'était la consigne laissée à ma secrétaire pour m'organiser tranquillement.

- Organiser quoi ?

- Si vous êtes là c'est que vous êtes au courant me semble t-il ? dit il goguenard.

Laurence bouillait intérieurement des propos de Colbert. Mais il ne souhaitait pas étaler leur conversation à la vue de tout le monde. Voyant un bistrot à proximité, il proposa de discuter à l'abri des regards. Après leur commande, Laurence mit les pieds dans le plat.

- M. Colbert, je ne comprends pas le sens de vos exigences vis-à-vis de Mlle Avril.

- Ah vous ne comprenez pas, pourtant c'est vous qui avez mis un souk dans toute ma vie.

- En aucun cas, je n'imaginais que vous lui imposeriez de telles conditions pour vous rencontrer.

- Et vous imaginiez quoi, M. Laurence ?

- Je n'imaginais pas que vous souhaiteriez entrer dans la vie d'Avril. Vous l'avez ignoré toute votre vie et là….

- Mais à qui la faute Laurence ? C'est vous qui avez foutu ma vie en l'air. Je ne souhaitais pas du tout entrer dans sa vie.

- Comment cela ?

- Ma femme est tombée sur les recherches que j'avais diligentées auprès d'un détective. C'est de son fait qu'elle m'a demandé de reconnaitre Avril tout en m'expliquant que j'étais le pire des salauds comme je vous l'ai dit lorsque nous nous sommes rencontrés chez vous .

- Mais pourquoi cette rente à Avril ?

- Parce ce qu'il est hors de question que je la vois, j'achète la paix sociale et vu ce que l'on m'a dit d'elle elle n'est pas du genre à se mettre la corde au cou, puisqu'elle a déjà divorcé et personne ne refuse de l'argent facile.

- Je crois que vous vous trompez, elle rêve de vous connaître et va tout faire pour répondre à vos sordides exigences.

Colbert regarda Laurence avec étonnement et colère. Laurence sentit qu'il avait fait une erreur en expliquant les intentions d'Alice.

- Entendons-nous bien Laurence, en aucun cas je ne la rencontrerai.

Laurence venait de comprendre que jamais Colbert ne deviendrait le père idéal dont rêvait Alice. Elle allait être brisée par son arrogance et son aveuglement à faire le beau. Du Laurence tout craché!

- Et, Laurence, vous avez intérêt à faire en sorte que jamais nous ne nous rencontrions!

Colbert ne mettait pas de gant pour menacer Laurence.

- Sinon, quoi ?

- Sinon j'expliquerai à votre amie Avril votre rôle dans toute cette histoire et d'après ce que je sais d'elle elle ne supporterait pas que vous l'ayez manipulé et mené dans un tel fatras, n'est ce pas Laurence ?

- Mais vous êtes une sombre ordure, pourquoi lui dire ça, ce n'est pas ce que j'ai fait ?

- Question de point de vue, Laurence. Je crois que vous n'avez pas compris qui j'étais vraiment… Ma fille, puisqu'il faut l'appeler ainsi, je n'en ai strictement rien à faire, c'est un caillou dans ma chaussure que j'avais réussi à enlever pendant 35 ans et que vous avez fait réapparaître….

- Mais à quoi tout cela sert il ?

- A m'amuser Laurence, à m'amuser… Je n'avais plus grand-chose à attendre de la vie, j'avais déçu toute ma famille et voilà que vous faites remonter de sombres histoires que je dois à nouveau régler.

- Mais Avril n'aurait pu jamais rien en savoir. Vous auriez pu l'ignorer.

- Effectivement j'aurai pu l'ignorer mais je me suis rendu compte que quelqu'un devait payer pour m'avoir mis dans la merde.

- Mais elle n'y est pour rien, elle n'a rien demandé ! C'est moi qui voulais savoir.

- Tout à fait et il faut que vous en récoltiez tous les mérites Laurence.

- Que voulait vous dire ?

- Et bien, le travail de mon détective m'a permis de connaître la vie d'Alice et j'ai vu que vous y étiez très étroitement lié.

- Et alors ? je vous ai dit que je connaissais Alice.

- Mais elle ne sait pas que nous nous connaissons me semble t-il ?

- Et alors ?

- Laurence vous avez gâché ma vie et tout ce que j'avais. Alice n'est qu'un outil pour que vous perdiez tout ce qui vous tient à cœur. Comme vous l'avez compris, je suis un opportuniste et ma dernière joie sera de tout vous faire perdre.

- Je suis perdu, je ne comprends pas.

- Et bien j'ai compris que vous teniez à Alice donc je peux faire en sorte qu'elle ne sache jamais que vous lui mentez depuis des semaines sur ce que vous avez découvert sur moi. Ou pas. Si elle m'approche, je brise votre existence Laurence, Alice n'est qu'un des outils de mon plan et surtout je le répète, je ne veux surtout pas la rencontrer.

- Mais que voulez-vous de moi ?

- Rien de spécial, c'est moi qui peux beaucoup pour vous.

- C'est-à-dire ?

- Tant qu'Alice ne cherche pas à me voir, il n'y a rien à craindre mais à vous de la convaincre que tout ça ne sert à rien, que me rencontrer n'est pas une bonne idée. Si j'étais dans l'obligation de la croiser, je lui expliquerais tout ce que vous avez fait dans son dos pour me trouver. Perchée sur ses grands principes, elle va vous foutre en dehors de sa vie avec le cœur brisé par dessus le marché!

- Mais vous n'êtes qu'un monstre. Elle ne croira jamais que j'ai voulu la trahir, elle me connaît!

- Il y a des chances mais j'ai un autre atout dans ma main. Donc elle pourrait me croire si je lui expliquais vos « motivations ».

- Je ne vous suis pas Colbert.

- Et encore, j'ai perdu la main, vous m'auriez connu pendant la guerre, c'était quelque chose, manipuler, trahir menacer, tout un art ! Grâce à mon détective, ça m'a donné une idée et ça me fait rajeunir de 20 ans du temps où j'organisais un petit marché noir et mon entreprise de passeur de juif.

- De quoi vous me parlez, je ne comprends rien !

- Comme je vous l'ai dit mon détective a mené une enquête sur Alice mais aussi sur vous. C'est votre histoire qui vous a donné l'idée d'être le chevalier blanc d'Alice ? En retrouvant votre fils, vous avez voulu réparer le passé d'Alice ?

- Mais comment savez vous tout ça ?

- Les gens parlent vous savez… et puis ça n'était pas très difficile à savoir.

- Qu'est ce que mon fils a avoir dans tout ça ?

- Si je dois rencontrer Alice, je fais en sorte que votre fils vive un enfer. Il est sur Paris n'est ce pas ? Ils enchaînent des boulots peu reluisants. Si vous n'arrivez pas à dégoûter Alice de me voir , je ferai en sorte que Thierry soit mêlé dans une sale affaire. Et fils d'un flic, même illégitime, il pourrait tomber dans de sales draps. On fera en sorte de lui expliquer que c'est à cause de son père qu'il est dans les soucis parce vous l'aurez laissé tombé. J'ai des amis dans le milieu, je n'ai qu'à lever le petit doigt pour l'entrainer dans une embrouille. A ce moment là son plus gros souci ne sera plus les flics.

Laurence était pétrifié devant l'ignominie de Colbert à utiliser les gens qu'il aimait par pure méchanceté.

- Non seulement Alice vous laissera tomber mais le fils que vous venez de retrouver ne pourra pas compter sur son papa, pire, papa l'aura laisser tomber, magnifique, non !

Le sourire mauvais de Colbert donnait envie à Laurence de le frapper pour ne plus voir ce sombre individu. Laurence était sans voix devant un tel déferlement de haine contre lui et ceux qu'il aimait. Il fallait qu'il les sorte de là mais sans savoir comment.

- Comment je sais que vous ne ferez pas de mal à Alice ou à Thierry ?

- Ah mais il n'y a aucune garantie que je ne le fasse pas. Si vous ne voulez pas tout perdre, il faudra vivre désormais dans le mensonge. Ca va vous péter à la gueule, Laurence! Mon dernier vrai plaisir dans la vie sera de faire de la votre un enfer. A un moment ou à un autre vous allez tout perdre et vous l'aurez bien cherché. Tout va s'écrouler par votre faute, Laurence, et vous finirez seul comme un con .

Colbert allait partir laissant l'addition à Laurence.

- J'allais oublié, mon notaire dispose d'un courrier qui met par écrit tout ce que je viens de dire et qui sera remis à la justice et à un ami journaliste pour lui expliquer qui est vraiment Swan Laurence au cas où je devrais disparaitre tôt ou tard. La rumeur, ça vous tue le plus grand des hommes et sa réputation en un rien de temps.

Laurence se rendait compte qu'il était lié par ce chantage atroce. Et Colbert ne savait pas encore qu'il était l'heureux élu du mariage.

- Ce n'était pas plus simple d'oublier notre conversation ?

- Fallait pas rouvrir les souvenirs Laurence. Moi la gentillesse n'a jamais été un moteur dans ma vie. Au plaisir de ne pas vous revoir Laurence!

Laurence n'avait pas bougé de sa chaise quand Colbert lui tourna le dos. Il était complètement démuni face à un esprit aussi malfaisant.

Utiliser Alice et Thierry pour le toucher, Colbert savait où faire mal.

Colbert avait ficelé son piège de façon méthodique et inextricable. Aucune façon de s'en sortir sans causer peine et déception à Alice et Thierry. Aucun des deux n'arriverait à comprendre son attitude si Colbert mettait sa machination en route.

Et pourtant telle n'était pas sa volonté. Au contraire, si il y avait deux êtres qu'il voulait aimer et protéger c'était bien eux. Mais rien ne pourrait le sauver d'un désastre…. Les moyens de s'en sortir sans casse étaient minces….Laurence était ficelé comme un saucisson à cause de ses inextricables erreurs.

Il était hors de question de parler et de mettre Thierry en danger. Avril lui tournerait le dos et Thierry ne s'en remettrait pas d'être planté par un père à peine retrouvé.

Il n'avait pas idée de ce qu'il pouvait faire désormais, complétement paralysé sur sa chaise. Comme un zombi, il retourna vers sa voiture pour repartir à Lille L'idée de faire face à Alice et Marlène était un calvaire.

Il avait tellement besoin de soulager sa conscience malgré tout. Perdu dans ses pensées, sa voiture le conduisit vers le lieu le plus inimaginable possible.

Sortant de son bolide, il se dirigea vers un immeuble dont il connaissait tous les recoins et sonna à la porte avec le secret espoir qu'il trouverait la place vide. Il allait tourner les talons quand un verrou s'ouvrir et ses espoirs de se défiler s'évanouirent.

Si je ne cherche pas à me faire flageller, je n'y connais rien, analysait il.

En attendant la porte s'ouvrir, il leva une tête penaude.

- Swan, c'est toi ! Quelle surprise !

- Bonjour , il faudrait que je te parle….

Son interlocuteur comprit dans son ton que le moment était grave...