Disclaimer : Les personnages et l'univers de Supernatural ne sont pas ma propriété et je remercie infiniment ceux qui sont aux manettes pour nous avoir offert tant de belles heures pleines d'action et d'émotion !
Chapitre 9
L'eau.
C'était une belle création, quand même. Sans eau, pas de bière, pas de douche chaude. Il était reconnaissant envers Chuck pour ça.
Dean fronça les sourcils. Mais Chuck était aussi un père absent et un type plutôt capricieux. Voilà, ça, c'était une pensée plus normale.
Ce n'était pas la première fois que ça lui arrivait ces derniers jours. Il vaquait à ses occupations et soudain un truc banal lui faisait penser à Chuck. Et pas parce qu'il pourrait leur être bien utile avec Jack, non, mais parce que le moment paraissait bien choisi pour le remercier pour son travail.
Dean pensait beaucoup trop à Chuck depuis quelques temps et ça en devenait perturbant. Il n'avait pas totalement rejeté l'idée que c'était en fait une mauvaise plaisanterie de la part de Chuck lui-même qui jouait avec son esprit.
- ...Dean ? Hé, Dean, tu m'écoutes ?
- Tu ne serais pas en train de vouer un culte secret à Chuck, par hasard ? Pour le remercier d'avoir fait de toi un ange, d'avoir créé la Terre et les humains, et tu sais, tout ça.
- ... Excuse-moi... ? ... Quoi ?
Les sourcils de son petit frère remontèrent sur son front, affichant une expression surprise et perplexe alors que ses mains se figeaient sur le clavier de son ordinateur portable. Peut-être que c'était Sam qui lui mettait ces idées en tête sans s'en apercevoir, un effet secondaire de ses pouvoirs ou quelque chose comme ça ?
Son frère l'observa, ne sachant peut-être pas s'il devait le prendre au sérieux. Puis son front se plissa, ses yeux se baissèrent vers son écran et, lorsqu'il revint à Dean, son regard n'était plus aussi confus. Il venait de comprendre quelque chose. L'inquiétude qui se peignit sur ses traits juste après ne plut pas à Dean.
- C'est quelque chose que tu as envie de faire ? Parler à Dieu ? Lui montrer que tu crois en lui ?
- Quoi ? Non, absolument pas ! C'est Chuck ! Tu as bien vu qui il est ! Qui voudrait...
Mais une part de lui n'était absolument pas d'accord avec ce qu'il déclarait et ça le mettait très mal à l'aise. Et le fait que Sam ne souriait pas mais se montrait extrêmement attentif à sa réponse ajoutait du poids à son malaise. Son regard fit un tour rapide de la bibliothèque de bunker dans laquelle ils se trouvaient, se posa sur son propre ordinateur ouvert en face de lui puis revint à Sam.
- Tu n'as pas répondu à ma question, s'obstina Dean.
Sam secoua la tête et soupira.
- Non, Dean, je ne pense pas plus à Chuck que d'habitude. Peut-être même moins depuis ma transformation. Mais toi, tu penses à lui, n'est-ce pas ? Depuis quelques jours ? Depuis New York ?
New York. Dix jours plus tôt. Ça correspondait assez bien au début de ces étranges réflexions.
- Jack ? demanda-t-il, ayant un mauvais pressentiment.
- Ça collerait. Je crois que tu n'es pas le seul à être affecté. Et ça expliquerait ce que j'ai trouvé. Viens voir ça.
Il se leva, une tension nouvelle occupant ses muscles, et vint se poster derrière Sam, observant l'écran de son ordinateur.
- Je ne trouvais aucune mention d'événements pouvant avoir trait au surnaturel dans New York et ses alentours, alors j'ai commencé à ratisser plus large. J'ai peut-être trouvé une ou deux chasses possibles au passage mais rien de vraiment significatif. Par contre, en très peu de temps, il y a eu une recrudescence massive d'annonces pour des nouveaux projets de construction à travers tout des États-Unis. Et je commençais à trouver les premières traces d'un schéma similaire sur d'autres continents.
- Quel genre de construction ? demanda-t-il, ne comprenant pas quelle importance cela pouvait avoir dans leurs recherches.
Sam fit défiler des pages Web devant ses yeux et l'incrédulité le gagna.
- Des églises, des mosquées, des temples et toutes sortes de bâtiments de culte. Et ils vont pousser par centaines. Peut-être par milliers, si les annonces se poursuivent à ce rythme.
Sam leva les yeux vers lui, le visage grave.
- On dirait bien que tu n'es pas le seul qui pense à Chuck en ce moment.
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Il n'y avait pas que ça.
Des projets de lois sur l'importance de Dieu dans tous les domaines de la société étaient étudiés et semblaient en passe d'être adoptés à l'unanimité. Les créations d'artistes, en moins de deux semaines, paraissaient maintenant s'orienter presque uniquement vers le divin. Dean n'avait jamais prêté beaucoup d'attention aux guerres du Moyen-Orient mais Sam, d'après les informations qu'il lisait, était persuadé qu'elles s'étaient drastiquement intensifiées durant ces derniers jours. Selon lui, il semblait en être de même pour les persécutions sur les communautés religieuses minoritaires en Asie, même si les organisations non gouvernementales peinaient à obtenir des informations. Les quelques affrontements entre différentes communautés religieuses et paroisses, à cause de broutilles, au sein même de leur pays, semblaient anecdotiques en comparaison mais Dean était prêt à parier que les querelles dégénéreraient là aussi très rapidement.
Ils venaient d'exposer tout cela à Castiel, qui les avait rejoint au bunker, et se tenaient tous les trois debout autour de la table surchargée de multiples documents.
- Tu te sens reconnaissant ?
Dean fit une grimace ennuyée mais acquiesça pour répondre à Castiel. Il ne savait pas comment décrire ça autrement. Il n'était pas devenu soudainement euphorique en pensant à la grandeur de Dieu et autres conneries du genre. Il n'oubliait pas du tout qui était Chuck. Il reconnaissait juste qu'il avait fait de bonnes choses. Et il l'en remerciait. Quotidiennement.
Son humeur se détériora un peu plus. Maintenant qu'ils commençaient à comprendre ce qui se passait, il se sentait manipulé et il détestait ça. Chuck était l'enfoiré qui les laissait se démerder dans les pires situations, qui avait créé une prophétie qui avait brisé leur famille et qui se cachait toujours derrière des règles pour ne pas avoir à lever le petit doigt. Et maintenant il se sentait poussé à le vénérer ? On se foutait vraiment de lui !
- On parle bien de foi, ici, n'est-ce pas ? interrogea Sam.
- Il semblerait, oui, confirma l'autre ange. Il se peut... Duma déplorait la perte de la foi en Dieu de l'Humanité telle qu'elle existe aujourd'hui.
- Donc elle a demandé à Jack d'y remédier et maintenant, quoi, le monde entier croit en Chuck ? intervint-il finalement.
Castiel lui rendit son regard et acquiesça lentement.
- C'est une supposition qui aurait du sens.
Ils restèrent silencieux un temps après cela.
Ce type de prouesse, ce n'était définitivement plus le genre de tour que pouvait jouer un archange. Agir sur l'Humanité entière en déployant un peu d'énergie au cœur d'un parc new-yorkais ? Il n'aurait jamais pensé pouvoir imputer ce genre d'action à une autre entité que Chuck lui-même. Son plan lui semblait soudain bien peu ambitieux. Mais il était plus que jamais nécessaires qu'il agisse.
- Mais forcer les gens à avoir la foi... Ce n'est pas censé fonctionner comme ça. Bien sûr, les croyances religieuses peuvent permettre à certains de devenir meilleurs et créer de bonnes ententes dans divers groupes. Décider que sept milliards d'êtres humains doivent avoir une pensée unique du jour au lendemain ? Alors que ce sont nos différences qui nous permettent de progresser ? Je ne pense pas que suffisamment de personnes seront prêtes à accepter que leur voisin n'exprime pas leur foi de la même manière qu'eux. Le changement va être trop abrupt pour une partie de la population. Les fanatiques vont se multiplier. J'espère que je me trompe mais j'ai bien peur que cette situation ne mène au chaos.
- Je dois malheureusement rejoindre ton avis, Sam. J'ai assisté aux guerres de religions durant des siècles et la piété seule ne permet pas d'obtenir la paix. Elle sert même parfois d'excuse pour commettre les plus grands massacres. Dieu ne voudrait pas voir l'Humanité contrainte de cette façon. Duma devrait pouvoir comprendre ça, finit Castiel avec désapprobation et une colère non dissimulée.
- Il faut que nous parlions à Jack, déclara son frère.
- Et comment tu veux faire ça, Sam ? Il ne répond pas à nos appels et Cas a dit que les anges restés sur Terre ne parviennent plus à communiquer avec qui que ce soit là-haut.
Ils en revenaient au même point depuis des semaines : il leur fallait Jack et Jack était hors d'atteinte. Dean était terriblement frustré. Idéalement, ils auraient eu besoin de Chuck. La pensée lui fit grincer des dents car il ne savait même plus si cette idée venait de lui ou si elle n'était qu'une conséquence des actions de Jack.
- Il y a peut-être un moyen de contacter le Paradis.
Il leva les yeux vers Sam, surpris. Il le vit échanger un regard avec Castiel et il sut immédiatement qu'on l'avait mis à l'écart de quelque chose qui se tramait. Ça l'agaça mais il s'efforça de rester calme, croisant les bras et attendant qu'il développe sa déclaration. Son petit frère s'humecta les lèvres et reprit la parole.
- Castiel et moi y travaillons depuis quelques temps. Nous aimerions réussir à contacter directement Jack mais il est possible que Duma ait tout fait pour que nous n'y parvenions pas. L'idée serait donc de trouver quelqu'un d'autre.
- Peut-être Naomi, poursuivit Castiel quand Sam lui lança un regard. Mais il n'est pas certain qu'elle ne choisira pas de s'allier à Duma. Sa loyauté envers le Paradis pourrait la pousser à approuver la manière dont elle utilise Jack.
- On va appeler ça le plan B, dit Dean.
Il se rappelait trop bien que cet ange avait tenté de reprogrammer Castiel pour qu'il le tue.
- Qui d'autre ?
Les deux anges échangèrent à nouveau un regard. Il tapota impatiemment ses doigts contre son bras. Cette communication silencieuse allait vraiment commencer à l'exaspérer. D'autant plus qu'il ne savait pas s'ils avaient vraiment une conversation sans lui ou s'ils lui cachaient en fait quelque chose d'important dont ils hésitaient à parler.
- Une âme, répondit finalement Sam.
Il pensa directement à leur mère. Puis au fait qu'il ne voulait pas la mêler à ça et la sortir de sa quiétude même s'il rêvait de la revoir. Il ne demanda pas qui ils avaient choisi et s'éclaircit la gorge.
- Et vous en êtes où ? Comment vous comptez vous y prendre ? Est-ce que c'est même possible ?
Son ami et son frère se regardèrent à nouveau et Dean plissa les yeux.
- Pour faire court, répondit à nouveau Sam, Castiel et moi allons utiliser nos grâces en combinaison avec une potion et un sortilège créé par Rowena.
Bien sûr, la sorcière était aussi un membre de leur mauvaise troupe.
- Et tu m'apprends ça seulement maintenant pour une bonne raison, je suppose ? lâcha-t-il sans masquer son irritation.
Avaient-ils eu l'intention de ne rien lui dire et de faire ça dans leur coin ? Sam lui avait fait une promesse, bon sang !
- Nous ne sommes pas encore prêts, Dean.
La potion doit encore fermenter douze jours avant que nous puissions l'utiliser. Et nous ne sommes pas tout à fait certains que ça va fonctionner.
Sam se passa une main nerveuse dans les cheveux.
- Je ne vais pas revenir sur ce que je t'ai dit, Dean, je n'en ai aucune envie de toute façon. La prochaine fois que nous verrons Jack, ce sera ensemble, finit-il, sec, comme si c'était lui qui était en droit d'être irrité.
Dean le fixa et son petit frère ne détourna pas le regard. Il n'approfondit pas ce point.
- Douze jours donc. Des risques ?
- Que Duma réalise ce que nous faisons et qu'elle essaie de nous arrêter, répondit cette fois Castiel. Nous ne pourrons pas protéger la pièce où nous ferons cela contre les anges ou nos chances de communication avec le Paradis seront nulles. Ce qui veut dire que nous devrons être prêts à affronter les anges qu'elle pourrait nous envoyer.
Il pouvait gérer ça, c'était leur quotidien.
- Donc, on attend ?
- Et on observe. Et on intervient si des monstres essaient de profiter de la situation pour faire encore plus de dégâts, dit Sam.
Ce n'était pas l'idéal mais ça aussi il pouvait le gérer.
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Dean voulait quitter la bourgade au plus vite.
Honnêtement, il n'avait aucun problème avec ceux qui voulaient préserver leur virginité ou se montraient fiers d'être capables d'attendre pour la 'bonne' personne. Il trouvait ça idiot mais chacun était libre de ses choix. Ou chacun devrait l'être. Et ce n'était pas le sentiment qu'il avait en observant les adolescents et jeunes adultes de cet endroit.
Les habitants étaient résolument chrétiens. Tous croyants, bien sûr, mais ce n'était pas comme si l'autre option était disponible en ce moment. Ils avaient aussi une conception de la virginité qui frisait le fanatisme. Spécialement ceux qui ne l'étaient plus.
Une semaine avant leur arrivée, et sous l'impulsion des aînés de la petite ville, les sermons du seul prêtre des lieux avaient changé, invitant les innocents à protéger leur âme grâce à un catéchisme strict chaque soir. Les parents avaient été enthousiasmés par l'idée. Les enfants, un peu moins. Selon les témoignages qu'ils avaient recueillis pour leur enquête, beaucoup des plus jeunes se prêtaient au jeu pour faire plaisir à leurs parents et leurs connaissances, et n'étaient pas prêts à subir ça bien longtemps. D'autant plus que certaines rumeurs leur laissaient croire qu'on allait bientôt leur imposer des couvre-feu ridicules, supprimer la mixité dans leurs écoles et interdire tout flirt qui ne serait pas approuvé par leurs parents. Ceux qui avaient été le plus véhéments leur avaient carrément confié que leur prêtre ne comprenait rien à Dieu, que leurs aînés étaient jaloux et stupides. Dean s'était d'abord dit qu'il ne s'agissait que de la vision de quelques cas isolés qui se sentaient un peu oppressés par leurs parents. Il avait révisé sa copie face aux propos du 'conseil des grands-parents' qui avait confirmé tout cela et plus encore, avec des discours emplis de conviction. Pour Dean, les pauvres gosses étaient vraiment à plaindre...
Un écart flagrant se créait entre les générations car ils n'abordaient pas la foi de la même façon. Ils avaient même assisté à une dispute mémorable entre un père et son fils qui en avait eu assez. Si Sam ne s'était pas interposé, il ne faisait aucun doute qu'ils en seraient venus aux mains. Il y avait une tension palpable dans cet endroit et il soupçonnait qu'il ne s'agissait que d'une question de temps avant que ça ne dégénère. Et il ne pouvait rien faire. Ils étaient tous atteints et leur carte maîtresse ne serait prête que dans sept jours. Il espérait que le succès de leur chasse rétablisse un certain équilibre jusqu'à ce qu'ils atteignent le nephilim. Pour préserver sa santé mentale, il avait besoin d'occulter pour l'heure le fait qu'en d'autres lieux des gens perdaient toute capacité de se modérer et, qu'en conséquence, les incidents violents augmentaient.
- Tu les as prévenu ? demanda-t-il, en regardant par-dessus son épaule en direction de Sam.
- Oui, ils seront là dans dix minutes. Je vais aussi avertir Castiel qu'elles sont bien toutes là et qu'il n'a pas besoin de chercher ailleurs.
Dean acquiesça, ouvrit le coffre et prit un vieux tissu tout en jetant un coup d'œil dans la direction des huit jeunes femmes qu'ils venaient de secourir. Des dragons, encore une fois. Qui avaient eu les yeux plus gros que le ventre, pensant sans doute qu'ils avaient gagné le jackpot dans cette petite ville reculée soudainement obsédée par la virginité. Ils avaient dénichés les quatre dragons dans une vieille mine, à quelques kilomètres de la bourgade, et ils les avaient pourfendus avec leurs épées.
Dean sourit en levant son épée en question pour nettoyer la lame couverte de leur sang. Son ingénieux petit frère leur avait forgé ça avec sa grâce, en utilisant les morceaux de la vieille épée de Bruncwick. Même si mettre son idée en pratique avait semblé lui demander une intense concentration, pour Dean le résultat en valait la peine. Pas d'or, cette fois mais l'occasion de jouer les preux chevaliers terrassant les dragons avec leurs épées. Comment faire plus cool que ça ? Il allait aussi définitivement garder ces armes dans leur arsenal. Dès qu'il aurait fini avec la sienne, il irait récupérer celle de Sam qu'il avait abandonné près des filles après avoir éliminé le dernier dragon.
Il prit son temps pour nettoyer son arme, observant son frère qui rassurait les rescapées, frottant avec vigueur ce sang collant qu'il ne voulait pas voir tâcher son coffre. Il était enfin satisfait de l'état de sa lame lorsqu'il entendit le moteur de trois voitures qui s'approchaient. Il grogna intérieurement lorsqu'il vit qu'il n'y avait qu'un couple de parents, le prêtre et un groupe des vieux décrépits qui tenaient absolument à protéger la pureté de leur jeunesse.
Dean rangea l'épée dans le coffre et le referma avant de se diriger vers Sam. La présence de son frère lui donnerait peut-être un peu moins envie d'envoyer son poing dans la figure de ces idiots lorsque des bêtises sortiraient encore de leur bouche.
Le couple courut vers eux, et leur fille se jeta dans leurs bras, en pleurs. Une famille réunie. Peu de chose le confortait plus dans l'utilité de leur mission que d'assister à ce genre de retrouvailles. Puis le prêtre et sa troupe s'avancèrent vers eux.
- Aucune d'elles n'a été souillée, n'est-ce pas ?
Le vieil débris faisait sa taille, était mince comme un fil et avait un vilain bouton rouge sur son crâne mangé par la calvitie. Les poings de Dean le démangèrent. Il en avait assez de cette ville au comportement moyenâgeux qui ne considérait sa jeune génération que comme un faire-valoir de leur sagesse et de leur droiture pour un dieu qui n'en n'avez rien à faire.
- Elles vont bien, merci de demander, commença t-il avec froideur. Quant à leur "pureté" et leur "innocence" ? dit-il, désinvolte. Ce n'est pas votre problème. Ou celui de Dieu. Il s'en fiche, vous savez ? Il n'observe pas chacune de vos actions à la loupe. Mais je ne pense pas que vous seriez dans ses petits papiers s'il le faisait, ajouta-t-il avec dégoût. Pour ce que j'en sais, il est en train de se dorer la pilule au soleil avec sa sœur, pas le moins du monde intéressé par ce qui se passe ici. Et si l'envie lui en prenait de passer par ici, il vous dirait sans doute de retourner dans votre grotte, de laisser ces jeunes s'amuser et profiter de leur vie.
Il se dit un instant que Chuck aurait été fier de lui. Il était possible que sa réaction à cette ville était un rien exacerbée par ce même phénomène qui touchait toute l'Humanité mais, à ce moment précis, il s'en fichait royalement.
Dean afficha un sourire mauvais et moqueur, assez satisfait de son effet. Il leur avait rabattu le caquet, les laissaient sans voix et ça faisait un bien fou.
- Blasphémateur ! cria quelqu'un.
Et un projectile l'atteint au visage.
Sonné, désorienté par les cris et complètement pris au dépourvu par la réaction disproportionnée, il ne réagit pas assez vite pour éviter l'épée qu'on lui planta dans le ventre.
Elle ressortit.
Il tomba vers le sol mais fut retenu par un bras.
Une lumière intense l'aveugla un instant.
Sam, enregistra son cerveau. Il distingua la panique sur le visage de son petit frère.
Il se dit distraitement que le monde perdait la tête et qu'il n'était pas taillé pour combattre ça.
Puis la douleur se manifesta enfin.
Et il perdit conscience.
A suivre...
