Chapitre 8
Natsu
Le lendemain, je sors de la salle de musique comme une furie, catastrophé par les nouvelles exigences de Minerva, lorsqu'Erza m'appelle.
- Waouh, dit-elle en entendant ma voix. Quelle mouche t'a piquée ?
- Minerva Orland, je m'exclame. La répèt' était un désastre.
- Est-ce qu'elle essaie encore de s'approprier les meilleures notes ?
- C'est pire.
Je suis trop énervé pour raconter ce qui s'est passé.
- J'ai envie de l'étrangler dans son sommeil. Ou plutôt, j'ai envie de la tuer pendant qu'elle est éveillée pour qu'elle voie la joie que cela me procure.
- Merde, dit Erza en riant. Elle t'a vraiment énervé, hein ? Tu veux en parler autour d'un dîner ?
- Je ne peux pas, je vois Gray ce soir.
Encore un rendez-vous auquel je n'ai aucune envie d'aller. J'ai juste envie de prendre une douche et de me mettre devant Netflix, mais je sais que Gray fera un scandale si je lui pose un lapin.
- Je n'arrive toujours pas à croire que tu aies accepté de lui filer des cours, s'étonne Erza. Il doit être vraiment très persuasif.
- On peut dire ça, ouais.
Je n'ai pas encore parlé à Erza de mon deal avec Gray, parce que je veux retarder autant que possible le plaisir qu'elle prendra à se moquer de moi et de ce que je suis prêt à faire pour attirer l'attention de Sting. Je sais que je devrai tout lui avouer tôt ou tard, puisqu'elle me posera un millier de questions quand elle apprendra que j'accompagne Gray à une soirée. Cependant, je suis sûre que d'ici-là, j'aurai trouvé une bonne excuse.
Certaines choses sont simplement trop gênantes à avouer, même à sa meilleure amie.
- Il te paie combien ? demande Erza.
Comme un idiot, je lui sors le premier montant qui me vient à l'esprit.
- Euh, soixante.
- Soixante dollars de l'heure ? Waouh ! C'est dingue ! Quand tu auras fini, tu as intérêt à m'inviter chez Jeff !
Merde. Jeff est le seul restaurant un peu haut de gamme de Hastings. Je dois faire au moins trois services au diner pour avoir les moyens de l'y inviter. Vous voyez ? C'est pour ça que les gens ne devraient pas mentir.
- Bien sûr, je réponds sur un ton léger. Bref, faut que j'y aille, je n'ai pas la voiture de Tracy, donc il faut que j'appelle un taxi. À tout à l'heure.
Un des taxis de la compagnie du campus me conduit chez Gray et je lui demande de venir me chercher dans une heure et demie. Gray m'a dit d'entrer sans sonner parce que personne n'entend la sonnette quand ils regardent la télé ou qu'ils écoutent de la musique, mais lorsque je passe la porte, la maison est plongée dans un profond silence.
- Gray ? je crie depuis le hall d'entrée.
- En haut ! répond-il depuis l'étage.
Je le trouve dans sa chambre, vêtu d'un jogging et d'un marcel qui fait ressortir ses biceps parfaits et ses avant-bras musclés. Je dois admettre que Gray a un corps... plaisant à regarder. Il est musclé, sans être vraiment massif, pas du tout bodybuildé.
- Salut. Où sont tes colocs ?
- À ton avis, c'est vendredi soir, ils sont partis faire la fête, dit-il d'une voix lugubre tout en sortant son polycopié de son sac.
- Et toi, tu as choisi de rester là pour réviser ? Je ne sais pas si je suis impressionné ou avoir pitié de toi.
- Je ne fais pas la fête durant la saison de hockey, Dragneel. Je te l'ai déjà dit.
Il a raison, mais je ne l'avais pas vraiment cru. Comment se fait-il qu'un mec aussi canon que lui qui a plus de fan qu'une rock star ne fasse pas la fête tous les soirs ?
On s'assoit sur le lit et on se met au travail, mais chaque fois que Gray prend quelques minutes pour relire la théorie, je repense à la répétition de ce soir. Je suis toujours furax et je suis désolé d'admettre que ma mauvaise humeur s'immisce dans le cours. Je suis plus sec que je ne le souhaite, et beaucoup trop dur avec Gray lorsqu'il interprète mal le cours.
- Ce n'est pas si compliqué, je marmonne quand il se trompe pour la troisième fois. Il dit que...
- Ça va, ça va, j'ai compris maintenant, dit-il en fronçant les sourcils. Pas la peine de me sauter dessus, Dragneel.
- Désolé, je dis en fermant les yeux pour me calmer. Passons au philosophe suivant, ok ? On reviendra à Foucault plus tard.
- Non, on ne passe à rien du tout. Pas avant que tu ne m'aies dit pourquoi tu me cries dessus depuis que tu es arrivé. Qu'est-ce qu'il y a, ton chérichou est passé devant toi sans te dire bonjour ?
- Oh mon Dieu, tu es insupportable. Contente-toi de lire.
- Non, je refuse de lire, dit-il en croisant les bras. On peut facilement résoudre le problème. Tu vas me dire pourquoi tu es énervé et je te dirai que c'est ridicule et que tu n'as aucune raison d'en faire tout un plat. Comme ça, on pourra enfin réviser en paix.
J'ai déjà sous-estimé la détermination de Gray par le passé et je ne vais pas recommencer. Je n'ai pas spécialement envie de me confier à lui, mais ma dispute avec Minerva me pèse et j'ai besoin de me débarrasser de ma colère avant qu'elle n'ait raison de moi.
- Elle veut une putain de chorale !
Gray cligne des yeux, perplexe.
- Qui veut une chorale ?
- Celle avec qui je chante un duo, la plaie que je me coltine depuis des semaines. Je te jure que si je n'avais pas peur de me casser les os, je collerais volontiers mon poing dans sa petite tronche arrogante.
- Tu veux que je t'apprenne à frapper sans te faire mal ? demande Gray en se retenant de rire.
- Je suis tenté de répondre oui. Sérieusement, cette fille est impossible à vivre. La chanson est géniale, mais elle passe son temps à pinailler sur les détails, la tonalité, le rythme, l'arrangement, les vêtements qu'on va porter...
- Ok... alors c'est quoi, cette histoire de chorale ?
- Écoute ça : Minerva veut qu'une chorale nous accompagne pour le dernier refrain. Ça fait des semaines qu'on répète, Gray. C'était censé être une interprétation simple et modeste qui mettrait en avant nos voix, et maintenant elle veut en faire une comédie musicale, bon sang !
- Elle a tout l'air d'une diva, ta Minerva.
- Mais oui, complétement ! J'ai envie de lui arracher la tête. (Je suis tellement en colère que mes mains se mettent à trembler.) Et comme si ça ne suffisait pas, deux minutes avant la fin de la répèt', ce soir, elle a décidé qu'on devrait changer l'arrangement !
- Pourquoi, qu'est-ce qui ne va pas avec l'arrangement ?
- Rien ! Il est parfait ! Et Wendy, la fille qui a composé le morceau, reste plantée là, à rien dire. Je ne sais pas si c'est parce qu'elle a peur d'elle ou parce qu'elle est amoureuse d'elle, ou je ne sais quoi, mais elle ne m'est d'aucun soutien. Quand Minerva et moi commençons à nous disputer, elle se tait alors qu'elle devrait être en train de donner son avis.
Gray pince ses lèvres, un peu comme ma grand-mère lorsqu'elle est perdue dans ses pensées. Je dois avouer que je trouve ça adorable. Cependant, je suppose qu'il me tuerait si je lui disais qu'il me faisait penser à ma mamie.
- Quoi ?
- J'ai envie d'entendre la chanson.
- Quoi ? Pourquoi ? je m'exclame, surpris.
- Parce que tu n'arrêtes pas d'en parler depuis qu'on s'est rencontrés.
- C'est la première fois que j'en parle !
Il répond par ce geste de la main qu'il fait tout le temps pour signifier « comme tu veux, on s'en fiche ».
- Bref, je veux l'entendre. Si cette Wendy n'a pas les couilles de dire ce qu'elle pense, je vais m'en charger, dit-il en haussant les épaules. Peut-être que ta partenaire... comment elle s'appelle déjà ?
- Minerva.
- Peut-être que Minerva a raison et que tu es juste trop têtu pour le voir.
- Fais-moi confiance, elle a tort.
- Très bien, alors laisse-moi en juger. Chante les deux versions, la version actuelle et celle qu'elle veut faire, et je te dirai ce que j'en pense. Tu joues, non ?
- Quoi ?
- D'un instrument, répond-il en levant les yeux au ciel.
- Ah oui. Piano et guitare. Pourquoi ?
- Bouge pas. Je reviens.
Il sort de sa chambre et j'entends ses pas dans le couloir, suivi du grincement d'une porte. Lorsqu'il revient, il tient une guitare acoustique à la main.
- Elle est à Gajeel, explique-t-il. Ça ne le gênera pas que tu la lui empruntes.
- Je ne vais pas te faire une sérénade, je dis en serrant la mâchoire.
- Pourquoi pas ? Tu es trop timide ? Tu n'as pas assez confiance en toi ?
- Non, j'ai juste autre chose à faire, je dis en désignant le livre ouvert sur le lit. Comme t'aider à réussir ton rattrapage.
- On a presque fini avec le postmodernisme. On n'attaque pas les trucs vraiment durs avant la prochaine séance. Allez, on a le temps, dit-il d'une voix moqueuse. Je veux entendre ta chanson.
Gray dégaine son sourire de petit garçon et, évidemment, je cède. Il maîtrise vraiment ses atouts. Le truc, c'est qu'il n'est pas un petit garçon. Gray est un homme fort et musclé. Bref, je m'éparpille. Sourire ou non, je sais qu'il ne laissera pas tomber tant que je n'aurai pas chanté. Je prends la guitare et vérifie qu'elle est accordée. Elle l'est, et elle a un très beau timbre, même s'il est plus métallique que celui auquel je suis habitué. Gray s'allonge sur le lit, la tête sur la montagne de coussins. Je n'ai jamais rencontré quelqu'un qui dort avec autant d'oreillers. Peut-être qu'il en a besoin pour soutenir son ego surdimensionné...
- Ok. Voici comment on la chante maintenant. Imagine une voix de femme qui chante avec moi au premier refrain et qui enchaîne seule avec le second couplet.
Je connais de nombreux chanteurs qui sont trop timides pour chanter devant des inconnus, mais je n'ai jamais eu ce problème. La musique a toujours une échappatoire pour moi, même quand j'étais petit. Quand je chante, le monde qui m'entoure disparaît. Je suis seul avec la musique et je suis envahi par un profond sentiment de paix que je n'ai jamais trouvé ailleurs.
J'inspire, je joue les premiers accords et je commence à chanter. Je ne regarde pas Gray, parce que je suis déjà transporté ailleurs, perdu dans la mélodie et dans les paroles, entièrement concentrée sur ma voix et sur la guitare.
J'adore cette chanson. Vraiment. Elle est d'une beauté envoûtante, et même sans la voix superbe de Minerva pour compléter la mienne, elle véhicule la même force, les mêmes émotions brutales et saisissantes que Wendy a couchées dans les paroles.
L'effet est presque instantané. Je me sens plus calme, plus léger.
Quelques minutes plus tard, les dernières notes résonnent dans la chambre et j'atterris de nouveau sur Terre. Je regarde Gray, mais son expression est indéchiffrable. En même temps, je ne sais pas à quoi je m'attendais. À des félicitations ? Des moqueries ?
Ce qui est sûr, c'est que je ne m'attendais pas à son silence.
- Tu veux entendre la version de Minerva ? je demande, nerveux.
Il hoche la tête. C'est tout. Un mouvement de tête et rien de plus.
Son visage de marbre me perturbe, alors cette fois-ci, je ferme les yeux pour chanter. Je déplace la transition là où Minerva la veut, et j'ajoute un deuxième refrain. Honnêtement, je ne pense pas me tromper lorsque je dis que la version originale est meilleure. Celle-ci est trop longue et le deuxième refrain réduit l'impact final.
À ma grande surprise, Gray est d'accord avec moi, et je suis ravi de l'entendre partager mes inquiétudes.
- C'est trop long, comme ça, dit-il sèchement.
- Je sais, on est d'accord.
- Et on oublie la chorale. Tu n'en as pas besoin. Bon sang, tu n'as même pas besoin de Minerva, dit-il en secouant la tête, épaté. Ta voix est... merde, elle est magnifique, Dragneel.
- Tu trouves ? je demande en rougissant.
Son expression me dit qu'il est sincère.
- Joue autre chose, ordonne Gray.
- Euh... tu veux que je joue quoi ?
- N'importe, je m'en fiche.
Je suis surpris par l'intensité de sa voix et par l'émotion dans ses yeux, désormais brillants.
- J'ai juste besoin de t'entendre chanter de nouveau, ajoute-t-il.
Waouh. Toute ma vie, les gens m'ont dit que j'avais du talent, mais en dehors de mes parents, personne ne m'a jamais supplié de chanter.
- S'il te plaît, dit-il doucement.
Alors je chante. Un morceau que j'ai composé, cette fois-ci, mais il n'est pas terminé alors j'enchaîne avec autre chose – « Stand by me », la chanson préférée de ma mère et que je chante tous les ans pour son anniversaire.
Au milieu du morceau, Gray ferme les yeux. Je regarde sa poitrine se soulever lentement tandis que ma voix tremblote sous l'émotion. J'étudie son visage et je remarque une petite cicatrice blanche sous son menton. Je me demande comment il l'a eue. Au hockey ? Un accident quand il était petit ?
Ses yeux restent fermés pendant toute la durée de la chanson et lorsque je joue le dernier accord et qu'il ne les rouvre pas, je suppose qu'il s'est endormi. Je pose la guitare aussi délicatement que possible, mais il ouvre les yeux avant que j'aie pu me lever du lit.
- Ah, tu es réveillé. Je pensais que tu dormais.
Il s'assoit sur le lit et parle d'une voix émerveillée.
- Où est-ce que tu as appris à chanter comme ça ?
Je hausse les épaules, mal à l'aise. Contrairement à Minerva, j'ai suffisamment de modestie pour ne pas me vanter.
- Je ne sais pas. J'en ai toujours été capable.
- Tu as pris des cours ?
Je secoue la tête.
- Alors, un jour tu as ouvert la bouche et il y a ça qui en est sorti ?
Je ris doucement.
- Tu parles comme mes parents. Ils aimaient dire qu'il y avait dû y avoir un échange de bébés à la maternité, parce qu'aucun membre de ma famille n'a l'oreille musicale. Ils ne comprennent pas d'où je tiens ça.
- Je veux que tu me signes un autographe. Comme ça, quand tu rafleras les Grammy Awards, je pourrai le vendre sur eBay et gagner une fortune.
- Hélas, l'industrie musicale n'est pas facile, mec, je dis en soupirant. Pour autant que je sache, j'irai droit dans le mur si je me lance dans cette carrière.
- C'est impossible, dit-il d'une voix pleine de conviction. Et au fait, je pense que tu commets une grave erreur en chantant un duo pour le spectacle. Tu devrais être seul sur scène. Je suis sérieux, si tu chantes comme tu viens de le faire pour moi, tu fileras la chair de poule à toute la salle.
Je pense que Gray a raison, pas au sujet de la chair de poule, mais sur l'erreur que j'ai faite en m'associant à Minerva.
- Ouais, mais c'est trop tard. Je me suis déjà engagé.
- Tu peux faire marche arrière, suggère-t-il.
- Non, ça ne se fait pas.
- Tout ce que je dis, c'est que si tu la lâches maintenant, tu auras le temps de préparer ton solo. Et si tu attends trop longtemps, tu seras foutu.
- Je ne peux pas faire ça, je réponds en le défiant du regard. Tu laisserais tomber tes coéquipiers s'ils comptaient sur toi ?
- Jamais, dit-il sans hésiter.
- Alors qu'est-ce qui te fait penser que moi je le ferais ?
- Parce que Minerva n'est pas ta coéquipière, dit Gray. D'après ce que tu me dis, elle ne pense qu'à sa gueule, depuis le début.
Hélas, je crois qu'il a raison, encore une fois. Cependant, il est vraiment trop tard pour changer. Je me suis engagé, maintenant je dois tenir ma promesse.
- J'ai accepté de chanter avec elle, je répète fermement. Et je tiens toujours parole, j'ajoute en regardant le radioréveil de Gray. Mince, il faut que j'y aille, mon taxi doit attendre dehors. Il faut juste que je passe aux toilettes.
Lorsque je sors de la salle de bain, Gray affiche l'expression la plus innocent que j'aie jamais vu. C'est louche. Je regarde les livres qui sont éparpillés sur son lit, puis mon sac par terre, mais rien ne semble avoir bougé.
- Qu'est-ce que tu as fait ?
- Rien, répond-il d'une voix nonchalante. Bref, j'ai un match demain soir, tu es libre dimanche ? En fin d'après-midi ?
- Ça roule, je réponds tout en cherchant encore ce qu'il a pu faire.
Ce n'est que lorsque je suis dans ma chambre quinze minutes plus tard, que je découvre que j'avais raison de le soupçonner. Le message de Gray me laisse abasourdi.
Lui : Je viens aux aveux : j'ai supprimé la K-pop de ton iPod quand t'étais aux toilettes. Tu me remercieras plus tard.
Moi : QUOI ?? Attends-toi à un léchage !
Lui : Partout ?
Il me faut quelques secondes pour comprendre ce qu'il s'est passé, et je suis mort de honte.
Moi : Lynchage ! Je voulais écrire LYNCHAGE ! Foutu correcteur.
Lui : Mais bien sûûûûr. Rejetons la faute sur le correcteur.
Moi : Tais-toi.
Lui : Alors comme ça, tu veux me lécher ?
Moi : Bonne nuit, Gray.
Lui : Tu es sûr que tu ne veux pas revenir pour échauffer nos langues ?
Moi : Beurk. Jamais de la vie.
Lui : C'est ça ouais. PS : regarde tes mails. Je t'ai envoyé un fichier de musique. De la VRAIE musique.
Moi : Ton fichier va finir dans les SPAM.
Je souris en lui écrivant et c'est le moment que choisit Erza pour entrer dans ma chambre.
- Tu écris à qui ? demande-t-elle en sirotant un autre de ses « cocktails » répugnants. Mon Dieu, c'est Sting ?
- Mais non, c'est juste Gray. Il fait tout pour m'énerver comme d'hab'.
- Quoi, vous êtes amis, maintenant ? demande-t-elle en plaisantant.
Je ne réponds pas tout de suite. Je suis sur le point de nier, mais cela me semble injuste après avoir passé les deux dernières heures à lui parler de mes problèmes avec Minerva et à lui chanter des chansons d'amour comme un foutu troubadour. Par ailleurs, si je suis honnête, aussi énervant qu'il puisse être, Gray Fullbuster n'est pas celui auquel je m'attendais.
C'est pour ça que je souris tristement en répondant.
- Ouais. Je crois que oui.
