Commentaire d'auteur :
Hello ! Nous voilà déjà de retour après seulement trois jours pour le chapitre huit ! Avant d'en parler, j'espère en premier lieu que vous avez passé de belles fêtes de Noël (certes, nous ne sommes que le 26 mais tout de même!) et que vous ayez prévu ou non quelque chose le 31 décembre, pensez juste à faire attention à vous pour ne pas chopper la mort ahah
Quoiqu'il en soit, on se retrouve aujourd'hui pour ce chapitre ! Il est essentiellement concentré sur Lacville dont le passage sera assez court je l'avoue, tout comme celui de Mirkwood qui n'aura pas duré plus longtemps que nécessaire, mais c'est toujours utile pour l'histoire ! D'autant plus que les prochains chapitres devraient vraiment vous plaire, mais je n'en dis pas plus... :p
Je vous laisse en tout cas lire ce chapitre tout neuf pour l'instant, bonne lecture à vous les zozos ! :)
PS: avec les fêtes et la publication très rapprochée de ce chapitre avec celui de mercredi,je n'ai pas eu l'occasion de répondre à vos reviews mais je n'y manquerais pas pour les prochaines, encore désolée :)
Chapitre 8
Après plus d'une heure de marche supplémentaire, les membres de la compagnie arrivèrent enfin à quitter la forêt, se trouvant devant une large étendue d'eau qui leur barrait le passage. Les elfes les avaient laissé partir peu de temps auparavant, s'assurant qu'ils ne reviendraient pas sur leurs terres de sitôt.
Alors que les nains longeaient la bordure de l'eau à la recherche d'un éventuel bateau qu'ils pourraient emprunter, ou peut-être d'un pêcheur pouvant les emmener jusqu'à Lacville, Bilbo était plongé dans ses pensées. Il en parvenait pas à oublier les remarques de Fili et Kili et ce qu'elles signifiaient - et il n'était pas certain de vouloir le savoir, pour être tout à fait honnête.
Balin fut le premier à remarquer un homme, beaucoup plus loin sur la berge, et fit signe à ce dernier, demandant au reste de la compagnie de presser le pas. Ils arrivèrent rapidement à hauteur du pêcheur qui leur jeta un regard suspicieux et incertain, sans savoir comment réagir face à plus d'une dizaine de nains lourdement armés.
- Bonjour, mon brave, s'exclama le plus âgé d'entre eux avec enthousiasme. Vous tombez bien, nous cherchons un moyen de nous rendre à Lacville !
L'homme face à eux se contenta de plisser les yeux d'un air soupçonneux et questionna :
- Et qu'est-ce que des nains viendraient faire à Lacville ?
- Commercer, principalement, les temps sont durs par ici, et nous manquons de vivres pour la suite de notre voyage.
Bien évidemment, ce n'était qu'un piètre mensonge, mais aucun d'eux n'allait s'en vanter. Bilbo fixa l'homme avec plus d'attention - il n'en avait pas vu depuis bien longtemps, et avait oublié leur taille et leur air continuellement négligé, la barbe de leur interlocuteur mal taillée, un air farouche brillant au fond de son regard, trahissant le fait qu'il ne leur accordait pas la moindre parcelle de confiance - ce qui n'était pas surprenant, car ils restaient des inconnus à ses yeux, et le hobbit l'aurait même qualifié de prudent.
- Le passage jusqu'à Lacville ne sera pas gratuit, répliqua leur interlocuteur.
- Oui, cela va de soi, nous allons vous payer, monsieur-
- Appelez-moi Bard, fit l'homme après un moment d'hésitation.
Il ne semblait toujours pas leur faire confiance, mais au moins l'appel de l'argent semblait l'intéresser grandement. Balin se tourna vers eux, et leur demanda de vider leurs poches, regardant combien de pièces d'or ils avaient encore à leur disposition - et il s'avérait qu'ils n'étaient pas encore à sec, loin de là même, étant donné qu'avec l'aide des elfes et de Beorn, ils n'avaient pas eu besoin tant que ça de racheter de quoi se sustenter, ou alors remplacer des objets devenus défectueux au fil de leur voyage, comme les cordes ou les vêtements trop abîmés.
Rassemblant une bourse entière de petites pièces d'or, Balin le proposa au dénommé Bard, qui les compta minutieusement, faisant mine de se demander si cela valait bien le prix de leur traversée - mais aucun membre de la compagnie n'était vraiment dupe, et ils savaient que pour cette homme dont les habits ressemblaient davantage à des haillons, une telle somme d'argent était une véritable aubaine. Finalement, il les autorisa à monter à bord du rafiot qu'il possédait, leur faisant remarquer qu'il ne décidait pas de qui entrait et sortait de Lacville, et qu'ils pouvaient très bien se retrouver coincés devant les portes. Malgré tout, cela ne sembla pas inquiéter Thorin, et Bilbo avait le sentiment que ce dernier allait très certainement tenter d'acheter l'homme qui devait gérer la ville, leur promettant de l'or en échange du libre passage et de vivres.
Grimpant tous à bord, ils s'assurèrent de ne rien oublier sur la berge avant de s'installer. Le hobbit remarqua avec amusement que la plupart des nains semblaient peu à l'aise sur l'eau, terriblement près du bord au cas-où ils aient à vomir, et il retint un rire - ayant déjà passé de longues après-midi à pêcher sous un doux soleil de printemps, sur les lacs aux bordures de la Comté, il ne se sentait pas aussi mal qu'eux et s'assit confortablement près de l'homme qui menait le bateau, curieux et avide de questions.
- Que faites-vous dans la vie, maître Bard ? demanda-t-il d'un air intrigué.
Ce dernier lui jeta un regard, se demandant sûrement quelle était cette étrange créature qui lui adressait la parole, avant de décider que cela ne l'intéressait pas plus que ça et il répondit :
- Je ne suis qu'un simple pêcheur - ce n'est pas comme si nous avions beaucoup de possibilités, ici à Lacville.
Le semi-homme acquiesça avec intérêt alors qu'ils se rapprochaient lentement de la ville sur pilotis. L'observant avec attention, le hobbit remarqua aussitôt la pauvreté évidente qui se dégageait de Lacville. Les bâtiments semblaient tous rongés par l'humidité, leur couleur grise et sombre tirant sur le verdâtre par endroits. Le peu de visages qu'il aperçut à cette distance avaient l'air fatigués et las, et la ville ne ressemblait à rien d'autre qu'à un ramassis de misère, et Bilbo ressentit un grand froid, regrettant soudainement de ne pas être sous sa forme de dragon, et être réconforté par la chaleur de ses propres flammes.
- Alors c'est cela, Lacville ? souffla-t-il d'un air attristé et plus déçu qu'il ne le pensait.
- Ils ont été beaucoup touchés par l'attaque de Smaug, à l'époque, avoua Balin qui se tenait non loin de lui, le regard focalisé sur la ville miséreuse et son port branlant. Lorsque Erebor et Dale sont tombés, énormément ont péri sous le feu du dragon, et le peu d'hommes encore vivantes se sont installés à Lacville. Mais sans les nains pour assurer le commerce, le grand port n'a fait que dépérir, jusqu'à ce qu'il n'en reste que ce que vous voyez en cet instant, Bilbo.
Ce dernier acquiesça, le coeur lourd - il ne parvenait pas à croire que l'acte d'un seul membre de son espèce avait plongé autant de monde dans la perte et avait réduit à néant la vie de tous ces gens. Pour la première fois de sa vie, il comprit pourquoi les dragons avaient été traqués, si les hommes pensaient qu'ils étaient tous comme Smaug.
Mais Bilbo ne l'était pas - et il aurait préféré mourir que de détruire les vies de ces gens qui n'avaient rien demandé, n'avaient rien fait de mal - ils étaient là pour récupérer Erebor, et il allait s'assurer de retrouver l'Arkenstone, comme il l'avait signé sur ce maudit contrat.
Arrivant finalement devant la porte principale du port, les nains se redressèrent, refusant de rester assis plus longtemps. Bard fit de même, espérant pouvoir passer sans encombre, mais c'était sans compter le bras droit du maître, dont le visage déformé d'un rictus mauvais, lui demanda ce qu'il comptait faire avec des nains venus d'on ne savait où, installés comme si de rien n'était dans son vieux bateau.
- Nous sommes venus parler au maître des lieux, s'exclama Thorin avant que Bard ne puisse ouvrir la bouche. Nous voulons passer un marché avec lui, qui implique beaucoup d'or.
A la mention de l'or, le visage du bras droit s'illumina d'un sourire édenté et carnassier et il commença à leur faire des pirouettes, l'air ravi, décidé à les conduire jusqu'au maître. Toute la compagnie le suivit, et Bilbo remarqua rapidement qu'ils ne passaient pas inaperçus au milieu des habitants, ces derniers focalisés sur eux avec attention. Ils devaient avoir l'air bien plus distingués et riches que les trois quarts des pêcheurs, et le dragon se surprit à surveiller tout autour de lui le moindre geste brusque, espérant qu'aucun des hommes ne tenterait de leur voler quoi que ce soit.
Arrivant finalement face au maître, Bilbo remarqua qu'une foule s'était formée derrière eux - après tout, l'arrivée de nains devait intriguer les habitants de Lacville, qui ne les avaient pas vu revenir depuis l'attaque de Smaug, il y avait de cela fort longtemps. L'espoir, maigre petite chose fragile, se lisait déjà sur leurs visages, et le hobbit sentit son coeur se serrer. Il savait qu'ils devaient faire de leur mieux, mais il avait un mauvais pressentiment, comme s'il savait déjà que Smaug ne serait pas tendre avec Lacville si jamais il apprenait que ces derniers leurs étaient venu en aide.
Jetant un regard en coin à Thorin, il vit que celui-ci s'apprêtait à négocier, et espéra seulement que tout allait se passer pour le mieux.
Le maître ainsi que l'entièreté de Lacville avaient accepté de les aider. Le seul a avoir protesté avec véhémence n'était nulle autre que Bard, qui s'était exclamé que c'était folie, d'aller titiller un dragon qui semblait pourtant les avoir oubliés, les laissant en paix. Bilbo devait avouer que le pêcheur avait plus que raison, mais il ne pouvait pas l'admettre, surtout alors qu'ils avaient fait tant de route, et qu'ils étaient si proches de retrouver la maison que les nains avaient perdu il y a si longtemps. Alors il se porta garant pour le roi sous la montagne, assurant qu'une partie du trésor leur reviendrait, et voilà qu'on leur avait donné assez de nourriture pour leur aller-retour jusqu'à la montagne, ainsi que quelques tenues un peu plus chaudes. Le hobbit fixa Thorin, à présent habillé d'une épaisse cape de fourrure qui lui donnait encore plus d'importance qu'il n'en avait déjà, alors qu'il les guidait jusqu'à la bâtisse qu'on leur avait laissé utiliser pour la nuit, abandonnant un Bard vociférant derrière eux, se contentant des pièces qu'il avait récupérées en les emmenant jusqu'ici.
- Quand partirons-nous ? demanda le semi-homme.
- Dès demain matin, nous ne pouvons pas nous permettre de perdre davantage de temps, alors que le jour de Durin approche si vite.
- Moi, je me demande surtout pourquoi les orcs ne nous ont pas encore retrouvés, maugréa Dwalin d'un air mauvais, jetant partout des regards autour de lui, comme si quelqu'un allait soudainement se jeter sur eux pour tenter de leur arracher les yeux.
- Dwalin n'a pas tord, ils sont trop silencieux depuis un moment, fit Balin.
- Ils ont peut-être peur de s'approcher davantage de la montagne ? Après tout, il y a un dragon à l'intérieur, fit remarquer Bilbo d'un haussement d'épaules.
- C'est probable... mais une chose est sûre, nous n'allons pas attendre sans rien faire. Si nous marchons vite, nous serons devant la porte à temps après-demain.
Arrivés devant le bâtiment vide qui leur avait été prêté, la plupart des nains furent commissionnés par Thorin d'aller chercher du bois pour faire un feu dans la vieille cheminée abandonnée, tandis que d'autres se rendaient au marché pour acheter les quelques affaires qui leur manquaient. Voyant que Bombur était toujours là, commençant à préparer leur repas, Bilbo décida de le rejoindre pour l'aider, vidant les poissons avec expertise. Ensembles, ils décidèrent de faire une soupe de poisson en attendant que le reste de la compagnie ne rentre.
Non loin de là, Thorin observait leur cambrioleur avec attention - il n'en savait toujours pas plus sur la forme que cachait le hobbit, et ne parvenait pas le moins du monde à deviner ce dont il s'agissait. Les sourcils froncés, focalisé sur Bombur, qui semblait s'entendre beaucoup trop bien avec leur changeur de peau, il ne vit pas arriver Fili et Kili, qui étaient supposés aller chercher du bois.
- Si tu continues à les fixer comme cela, mon oncle, je pense qu'ils vont finir par prendre feu, fit remarquer le plus jeune d'un ton particulièrement moqueur.
Le roi releva les yeux, les fixant d'un air mauvais.
- Je croyais vous avoir demandé de rapporter du bois pour notre feu, gronda-t-il d'un ton plus sec que nécessaire.
- Et donc ? Il est déjà là, répliqua le plus âgé en désignant une pile conséquente de bois, non loin de la marmite où Bombur et Bilbo travaillaient avec enthousiasme, discutant de recettes qu'il ne connaissait pas - Thorin n'était pas de ceux intéressés par l'art de la cuisine, loin de là même.
Roulant des yeux, Thorin les laissa s'installer à ses côtés sans un mot - il savait repérer quand ses deux neveux souhaitaient l'ennuyer, et il se voyait mal leur refuser un tel privilège, du moins tant qu'ils n'abusaient pas non plus.
- Dis-moi, mon oncle, est-ce que l'on t'as déjà dit que tu as une jalousie particulièrement déplacée ?
Thorin gronda et jeta un regard mauvais à Kili. Sa patience avait des limites, et savoir que son neveu passait beaucoup trop de temps avec leur cambrioleur depuis le début de leur aventure l'agaçait plus que de raison. Serrant le poing, il répliqua d'un ton acerbe :
- Je ne vois pas en quoi cela te concerne ! Pourquoi ne retournes-tu pas auprès de notre cambrioleur, puisque tu ne peux pas t'en passer ?!
- Moi ?! s'exclama Kili, l'air soudainement perdu.
- Kili est bien trop préoccupé par cette elfe que nous avons rencontré en nous battant contre les araignées pour s'intéresser à Bilbo, fit remarquer son grand-frère, se prenant un coup dans les côtes en guise de réponse, ainsi qu'un regard écarquillé et particulièrement éloquent de la part du plus jeune.
- Une elfe ? releva Thorin, sa colère oubliée pour se focaliser sur le jeune nain qui ne semblait plus savoir où se mettre, l'air gêné.
- Oui... avoua-t-il après un temps, l'hésitation plus que visible sur son visage. Est-ce un problème ?
Thorin hésita un long moment à ces mots - il fut un temps, au début de leur aventure, où oui, il aurait considéré cela comme un problème. Mais à présent, alors qu'il fixait leur cambrioleur rayonner, heureux de pouvoir cuisiner pour toute la compagnie, il ne put s'empêcher de penser le contraire, et souffla :
- Non, Kili. Ce n'est pas un problème, et cela n'en sera jamais un. Même si je déteste ces crétins feuillus.
Les deux frères ricanèrent à son aveu avant de l'abandonner pour aller aider Bombur et le hobbit pour le repas, et le roi secoua la tête, amusé mais toujours aussi perturbé. Il ne pouvait plus le nier à présent - Bilbo ne le laissait pas indifférent, loin de là même, pas alors qu'il avait sacrifié sa vie pour le sauver, qu'il lui avait avoué ne pas vouloir rentrer chez lui, et peut-être espérer considérer Erebor comme sa maison, à lui aussi. Thorin ne voulait pas espérer en vain, mais il ne pouvait s'en empêcher, ayant été jusqu'à promettre de construire un jardins sur les flancs de la montagne qu'il avait tant chérie durant toute sa vie - et Bilbo était doucement inconscient que cette proposition était totalement courante dans les habitudes des nains lorsqu'ils voulaient séduire, et il secoua la tête, plus amusé qu'il ne l'aurait avoué.
Oui, le roi ne voulait pas espérer, pas alors que le secret du cambrioleur attendait toujours d'être dévoilé au grand jour, et que la menace d'un dragon planait encore au-dessus de leurs têtes, sans savoir si ils allaient s'en sortir vivants. Néanmoins, Oakenshield n'espérait qu'une chose - voir la tête de Smaug tomber, et faire cadeau au hobbit de la plus grosse géode qu'il trouverait entre les murs de leur maison juste retrouvée, et peut-être, espérer davantage de leur étrange relation qui n'avait plus vraiment de sens, basculant entre une amitié précaire et des sentiments qu'ils ne parvenait plus vraiment à cacher, sa jalousie rongeant les bords de son coeur.
La compagnie n'avait jamais été aussi proche de chez elle - il n'allait pas laisser un dragon l'empêcher de retrouver une des choses qui comptait le plus à ses yeux.
Le lendemain matin, tout le monde était prêt à reprendre la route en direction de la montagne solitaire. Ils avaient rangé soigneusement leurs affaires et la nourriture qui leur avait été donnée, et ils partirent tous ensembles sur des barques gracieusement offertes par la maître, qui espérait bien tirer d'eux une somme d'or conséquente, pour peu qu'ils se débarrassent du dragon.
Bilbo n'était pas en très grande forme, l'estomac noué à la simple pensée de Smaug - il savait que ce n'était qu'une question de temps avant que son secret soit révélé à présent, et cela le terrifiait. Comment allaient réagir les nains, mais surtout Thorin ? Il ne voulait pas que le roi le déteste, mais cela allait sûrement en prendre le chemin, et il espérait au moins pouvoir leur rendre leur maison pour se racheter, avant que l'un d'eux ne le tue - espérait avoir une chance de s'expliquer.
Le chemin jusqu'à la montagne solitaire avait été laborieux, mais il leur semblait que les derniers jours étaient les plus difficiles à vivre, le pas traînant, les jambes glissant sur les roches brisées.
Finalement, au bout d'un temps qui sembla infini, et après avoir manqué de peu l'ouverture de la porte, cette dernière s'ouvrit sous leurs yeux, dévoilant le fond d'un tunnel béant. Les nains ainsi que le hobbit retinrent leur souffle, se regardant entre eux, un air solennel sur le visage. Leur quête était presque aboutie, et l'Arkenstone se trouvait juste au bout de leurs doigts.
Ils laissèrent Thorin entrer en premier par respect, sa main se posant sur les murs de pierre froide avec une joie mêlée de nostalgie visible au fond de ses yeux.
- Comment oublier ces murs, murmura-t-il, avec une adoration telle que Bilbo en eut le coeur serré, sentant soudainement la colère grimper au fond de lui à la simple pensée que les nains avaient tout perdu à cause de Smaug.
Il se forçait également à respirer profondément, alors que son esprit de dragon s'agitait comme jamais auparavant, semblant sentir l'or qui dormait entre les murs de la montagne. Le hobbit devait se battre pour ne pas pousser Thorin hors du chemin et descendre en bas pour aller s'immerger dans les pièces et les pierres précieuses avec satisfaction, et ne plus jamais en ressortir, quitte à devoir tuer la bête en bas pour lui voler le trésor des nains.
Inspirant à fond, il remarqua que le roi sous la montagne le fixait sans remarquer ce qui le troublait, et s'exclama :
- Il semblerait que c'est à vous de jouer à présent, Bilbo.
Ce dernier acquiesça, le visage un peu plus blanc que nécessaire. Il ne voulait vraiment pas faire ça, mais après un voyage si long, et avoir littéralement signé un contrat, il ne pouvait plus faire machine arrière et de toute manière, la compagnie comptait sur lui, et il était hors de questions qu'il déçoive les nains qui ne souhaitaient que reprendre leur foyer. passant une main dans ses cheveux, il laissa ses affaires auprès de Bifur et avança jusqu'à l'entrée. Un courant d'air frais en sortait, lui apportant les effluves du métal et il retint de justesse un grondement - bon sang, comment allait-il résister à l'attrait de ce qui l'attendait en bas, au juste ?!
- Tout ce que vous avez à faire, c'est récupérer l'Arkenstone et nous la ramener, expliqua Balin avec un sourire encourageant, et une tape amicale dans le dos.
- A quoi ressemble-t-elle, exactement ?
- Vous ne pouvez pas la louper, il s'agit d'une grosse pierre blanche, plus brillante que le soleil, répondit Thorin, l'enthousiasme se lisant sur ses traits, ce qui était peu habituel pour le leader grognon.
- Mais... il doit y avoir des centaines de milliers de pierres en bas, comment je saurais qu'il s'agit de l'Arkenstone ?
- Croyez-moi, vous la reconnaître au premier coup d'oeil, lui assura le plus vieux de la troupe.
Fili et Kili avancèrent jusqu'à lui avant de le laisser partir, l'enfermant dans une étreinte, comme s'ils avaient peur qu'il ne lui arrive malheur - Bilbo espérait bien évidemment que ce ne serait pas le cas, merci bien - et tout le monde l'encouragea à mi-voix.
- Avec un peu de chance, le dragon est sûrement mort, souffla le plus jeune des deux frères en haussant les épaules.
Le hobbit doutait particulièrement de cette affirmation mais ne répondit rien, leur adressant un sourire rassurant. Se détachant d'eux, il avança jusqu'à l'entrée de la porte, relevant les yeux jusqu'à croiser le regard de Thorin. Il y avait quelque chose d'indescriptible au fond des prunelles de ce dernier, une lueur qu'il ne comprit pas, mais il devina aisément que le roi se souciait de ce qu'il pouvait lui arriver en bas et cela lui tira un sourire doux, heureux de voir que le roi nain semblait tant se soucier de son sort, après toutes les épreuves qu'ils avaient traversées.
- Revenez en vie, Bilbo. Je ne vous permettrais pas de mourir alors que nous sommes si prêts du but.
Le dragon retint un rire en voyant son air autoritaire, se contentant de secouer la tête - il n'était pas surpris d'entendre une telle remarque, et s'en trouvait même attendrit - néanmoins, il avait peur, et n'était pas sûr de ce qu'il allait trouver en bas.
- Je ne vais pas servir de souper à Smaug, si c'est ce que vous craigniez, répondit-il avec un petit sourire amusé, tentant de détendre l'atmosphère.
Reportant son attention sur la compagnie, il adressa un sourire à chacun d'eux et s'exclama :
- Eh bien, j'y vais.
Se retournant, il descendit les marches, et tourna le premier angle jusqu'à être seul, encore loin du terrible trésor qu'il allait trouver en bas. Inspirant à fond, il prit le temps de faire le vide dans son esprit et espérer très fort qu'il parviendrait à résister à un tel trésor étalé sous ses yeux. Il devait réussir cette épreuve, il ne voulait pas décevoir les nains qui l'avaient entraîné dans cette aventure, alors qu'il s'ennuyait depuis si longtemps, assis au fond de son fauteuil, à relire les livres qu'il connaissait par coeur.
- Ce n'est rien, avec un peu de chance, il n'y a plus de dragon, ou alors, il dort, et je pourrais reprendre cette Arkenstone sans le moindre problème... se murmura-t-il à lui-même, l'air peu rassuré.
Le hobbit avança davantage dans les profondeurs de la montagne, chacun de ses pas étant plus incertain que le précédent. Il repensa à chacun des nains qui comptait sur lui et serra les poings, hâtant le pas, avançant assez vite et silencieusement, jusqu'à arriver à des couloirs, puis d'autres encore, qui semblaient se croiser et s'éloigner à l'infini des uns des autres.
Finalement, Bilbo arriva jusqu'à un couloir qui devait donner sur la salle principale - les reflets de l'or brut se confondaient avec la pierre lisse sur sa droite et il écarquilla les yeux - comment un trésor pouvait-il briller à ce point ?!
Franchissant les derniers mètres, il déboucha sur une des plus grandes salles qu'il ait jamais vu de sa vie, creusée à même la roche, et contenant plus d'or que le petit dragonneau qu'il avait été il y a fort longtemps aurait pu l'espérer.
Et finalement, son esprit capitula, se noyant dans la soif d'or contre laquelle il avait tant lutté.
Commentaire d'auteur :
Et voilà ! Alors, tout d'abord j'espère que vous avez aimé ce chapitre ! Eh oui, nous avons comme je l'avais dit passé peu de temps à Lacville, mais je n'avais pas grand chose de plus intéressant à y raconter. par contre, comme je vous en avais déjà parlé, j'avançais assez vite jusqu'à Erebor, ce qui veut dire qu'à partir du chapitre suivant, les événements vont se dérouler plus lentement et prendre plus de temps, ce qui est plus mon style habituel d'écriture, en espérant que le changement ne sera pas trop flagrant ! :)
En attendant je ne peux rien vous dire de plus que j'ai hâte de poster le chapitre neuf, car je pense qu'il vous plaira ! Et sinon, j'ai dû faire le tour de tout ce que je voulais dire, donc je vous fait des gros bisous, et je vous dit à samedi prochain pour la suite ! :D
