Salut tout le monde, voici l'avant-dernier chapitre de Blackout !
N'hésitez pas à écrire une review, même minuscule, j'accepte les critiques avec plaisir, et c'est le seul moyen que j'ai de m'améliorer ^^ !
Disclaimer : HP appartient à JKR, les OC et l'histoire sont à moi
Chapitre 7 : Une fin d'année mouvementée
Lorsqu'Ellana se réveilla pour la septième fois en un mois sans aucun souvenir de ce qu'elle avait fait la veille, elle commença à se poser des questions. Lorsqu'elle comprit qu'elle écrivait dans son journal mais qu'elle n'en gardait aucun souvenir non plus, elle se dit qu'elle devait faire quelque chose.
« Ok, c'est bon. J'en peux plus, je suis fatiguée et je suis presque sûre que tu es le responsable des attaques ! » dit-elle au journal, à voix basse pour ne pas réveiller ses amies.
Déterminée à en finir, Ellana se leva, prit son journal et courut jusqu'à l'endroit où tout avait commencé : le graffiti sur le mur à côté des toilettes des filles.
Prise d'une impulsion subite, elle entra dans les toilettes, que plus personne n'utilisait depuis que Mimi Geignarde y était morte et hantait les lieux. Elle avait beau n'être jamais venu dans ces toilettes auparavant, Ellana eut une sensation de déjà-vu en entrant. La même qu'elle avait eu devant le mur la première fois.
Elle sortit le journal et l'examina, avant de sentir à nouveau le besoin inexplicable d'écrire dedans. La tentation était si forte qu'elle se demanda, une fois encore, pourquoi elle voulait s'en séparer. Ellana sentait sa main trembler, et échapper à son contrôle, mais elle refusa de céder. Pas cette fois.
Pourquoi est-ce que je vois trouble ? Pourquoi mon reflet dans le miroir est-il si flou ? Perdue, la jeune fille essayait désespérément de lâcher le carnet.
Idiote. Ce sont tes larmes. Tu es si faible que tu pleures à l'idée de te séparer d'un simple journal. Cette voix, qui semblait venir des profondeurs de son esprit… la voix de son père, comme toujours. Il lui rappelait qu'elle n'était pas à la hauteur.
Ce n'est pas un simple journal, c'est Tom ! Cela ne justifiait pas son mal-être, pourtant. Pourquoi se sentait-elle si mal à l'idée de vivre sans lui ? Parce qu'il se souciait d'elle ? Non. C'est parce qu'il m'a proposé d'apprendre à me défendre, au lieu de m'apprendre à dépendre d'un homme.
Un souvenir qu'elle avait oublié il y a bien longtemps lui revint en mémoire. Son père lui avait montré comment reconnaitre des traces de magie noire sur un objet.
Flash-back
16 janvier 1988
« N'oublie pas, ce ne sont que des cours théoriques. Si tu trouves une baguette qui lance des Avada Kedavra toute seule, tu me l'amène à moi ou à ton père, d'accord ? » lui dit sa mère.
« Allons, Abigail, elle n'est sans doute pas aussi intelligente que Melian, mais cela ne veut pas dire qu'elle garderait pour elle un objet aussi puissant au lieu de me l'apporter. N'est-ce pas, Ellana ? »
Son père se tourna vers elle. Ils se trouvaient dans le grenier, au milieu de coffres qui contenaient des trésors de la famille Forester. Ellana ne s'offensa pas de la comparaison avec son frère. C'était la vérité, après tout. Ce qui la vexait, c'était plutôt que sa mère la juge incapable de reconnaitre de la magie noire.
« Regarde ! » s'exclama son père. « Ce miroir appartenait à ton arrière-grand-mère. La légende dit qu'un sorcier est enfermé à l'intérieur, et qu'il cherche à envoûter les sorcières pour qu'elles prennent sa place. »
« Et c'est vrai ? »
« Ce qui est vrai, c'est qu'une fois que tu commences à t'admirer dedans, tu ne peux plus le lâcher. Le sorcier à l'intérieur te complimentera et te fera croire que tu es unique, puis il prendra possession de ton corps. C'est ce qui est arrivé à ton arrière-grand-mère. »
Fin du flash-back
Comment avait-elle pu oublier cette histoire ? Ellana réalisa ce qui lui avait échappé depuis le début : Tom lui avait menti. Elle aurait dû le savoir, pourtant. Elle n'était ni douée ni intelligente. Un journal ne pourrait jamais changer ça.
Furieuse de s'être fait avoir par les belles paroles d'un Tom Jedusor qui n'avait probablement jamais existé, Ellana lança le journal le plus loin possible et sortit en courant de la pièce, dans l'espoir de mettre le plus de distance possible entre elle et l'objet maudit.
Elle le regretta bien vite en réalisant que n'importe qui pourrait tomber dessus, à commencer par Mimi Geignarde, mais ne put se résoudre à faire demi-tour. Elle sentait que si elle reprenait le journal, elle ne pourrait plus jamais s'en débarrasser.
F
Si l'absence d'attaque pendant plusieurs semaines allégea nettement l'atmosphère de Poudlard, la bonne humeur excessive de Gilderoy Lockhart semblait inappropriée à Ellana, qui n'oubliait pas que Nick Quasi-Sans-Tête, Justin Flinch-Fletchey, Colin Crivey et Miss Teigne étaient toujours pétrifiés et que le monstre était toujours en liberté.
Elle avait voulu récupérer son journal deux jours après l'avoir jeté, mais malheureusement il avait disparu. Depuis elle était partagée entre la culpabilité et le soulagement de ne plus avoir à s'en soucier. Avec un peu de chance, la prochaine victime sera Lockhart. Et Astoria et Lucy qui bavent devant lui… remarque Ginny bave devant Potter, ce qui n'est pas vraiment mieux.
Seulement, et elle l'apprit le matin du 14 février, la situation pouvait toujours s'empirer. En effet son professeur préféré Gilderoy Lockhart avait décoré la Grande Salle aux couleurs de l'amour afin de célébrer la Saint-Valentin. Les murs étaient recouverts de grosses fleurs rose vif et des confettis en forme de cœur tombaient du plafond bleu pâle. Mais ce n'était rien comparé aux nains déguisés en cupidons, avec leurs ailes dorées et leurs harpes.
« Salut tout le monde ! » chantonna Astoria en arrivant à table. « J'ai une excellente idée pour s'amuser un peu aujourd'hui ! »
« Offrir Lockhart au calamar géant pour la Saint-Valentin ? » demanda Ellana.
« Non, évidement que non ! » s'écria son amie en lui lançant un regard noir. « Et si on rédigeait des messages d'amours ridicules à l'adresse de plein de gens différents, et qu'on demandait aux nains de les chanter seulement quand la personne est dans la Grande Salle ou en cours ? »
« Excellente idée ! » s'exclama Lucy.
Cassiopée approuva d'un signe de tête et Anna avait un sourire machiavélique. De son côté, Ellana se demandait si ce n'était pas cruel, mais finit par accepter.
Pendant leur temps libre avant le déjeuner, les jeunes Serpentard choisirent différentes victimes – Snape, Dumbledore, Draco et Potter étant les premières sur la liste – et concoctèrent différents poèmes à leur intention.
Dumbledore reçu sa déclaration au début du repas et sembla ravi que quelqu'un ait pensé à lui. Il applaudit joyeusement à la fin de la chanson et félicita Lockhart pour son excellente initiative. Astoria, qui avait composé la chanson, sembla quelque peu déçue qu'il réagisse aussi bien.
Le prochain sur la liste était Snape, pendant leur cours de Potion en première heure de l'après-midi, et celui que les filles attendaient le plus, à la fois impatientes et nerveuses. Lucy, qui avait écrit la chanson dédiée à leur professeur, semblait regretter son audace.
« Vous avez une heure et demie pour faire une potion de sommeil. » commença Snape.
Mais il fut interrompu par un nain qui entra dans la salle en dansant et en jouant – très mal – de la harpe. Il commença non pas à chanter mais à rapper :
« Ô Maître des Potions,
Votre chevelure unique
Et vos yeux magnifiques
M'ensorce – »
« Incendio » murmura Snape.
Le nain n'eut pas le temps d'esquiver, sa harpe fut réduite en cendre. Deux autres incendio eurent raison de ses ailes, et un flipendo le projeta contre la porte. Le pauvre cupidon n'eut pas d'autre choix que de s'enfuir le plus vite et le plus loin possible.
Les premières années Serpentard et Gryffondor se retenaient à grande peine d'éclater de rire, jusqu'à ce que le redouté Professeur de Potion se tourne vers eux et les regarde avec le regard le plus meurtrier qui ait jamais existé. Ellana était sûre que même Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom n'avait un regard aussi noir.
« Qu'est-ce que vous attendez ? Au travail ! » aboya le Maître des Potions.
A la fin du cours, Ellana et ses amies attendirent d'être le plus loin possible de la salle pour éclater de rire.
« C'était fantastique ! » s'écria Cassiopée. « Dommage qu'il ait détruit le nain avant qu'on entende la fin ! »
« C'était une idée géniale, Astoria. » renchérit Lucy. « Et ne t'en fais pas Cass, j'avais prévu sa réaction, la chanson était plutôt courte. »
« C'est qui, notre prochaine victime ? » demanda Anna.
« Le héros du monde sorcier, pardi ! » répondit Astoria.
« Pauvre Potter, après tout ce qui lui est tombé dessus, on rajoute une humiliation romantique ! » rigola Cassiopée.
F
Effectivement, Potter avait l'air plutôt humilié après que tout le monde, dont Draco, ait entendu le poème composé par Anna et Cassiopée, sans compter ses affaires étalées par terre et son sac déchiré. C'est alors qu'Ellana le vit. Le journal de Tom. Dans le sac d'Harry Potter. Merlin c'est pas possible ! De tous les élèves de l'école, il fallait que ce soit lui qui tombe dessus !
Sauf qu'elle n'était pas la seule à l'avoir vu. Draco se baissa et ramassa le journal.
« Rends-moi ça. » dit Potter.
« Je me demande ce que Potter a écrit là-dedans. » dit Draco, de façon à être entendu de tous.
« Rends-lui ça, Malfoy. » intervint Percy Weasley, le frère coincé de Ginny.
« Pas avant d'avoir regardé ce qu'il y a dedans. » répliqua Draco.
« En tant que préfet… » commença Weasley.
Mais Potter ne lui laissa pas le temps de finir. Il lança un expelliarmus à Draco et récupéra son journal, avant de se faire réprimander par Weasley pour son usage de la magie dans les couloirs. Draco avait l'air furieux, et Ellana se sentit mal en l'entendant reporter sa frustration sur Ginny, qui n'était même pas l'auteure de la chanson.
Cependant, c'était découvrir que Potter était en possession du journal qui l'inquiétait le plus. Et d'après la tête que faisaient Astoria et Lucy, elles aussi avaient compris le problème. Ellana se rapprocha de ses deux amies et leur souffla :
« Foyer, ce soir après manger. »
F
« Maintenant qu'on là. » commença Astoria. « Tu peux nous dire que fait le journal dans le sac rapiécé du Balafré ? »
« Je l'ai jeté dans les toilettes de Mimi Geignarde il y a trois jours. » expliqua Ellana, honteuse. « Chaque fois que j'ai essayé de m'en débarrasser, je ne pouvais pas m'empêcher d'écrire dedans, et le lendemain je n'en gardait aucun souvenir ! Alors j'en ai eu marre et je suis retournée voir le graffiti, à côté des toilettes, et sans réfléchir je suis entrée dedans, j'ai balancé le journal le plus loin possible et je me suis enfuie. »
« Et Potter l'a trouvé là-bas ? Et qu'est-ce qu'il faisait dans les toilettes des filles, d'abord ? » demanda Lucy.
« Je n'en ai pas la moindre idée ! » répondit Ellana. « Tout ce que je sais c'est que nous devons absolument récupérer le journal. »
« Et comment tu comptes faire ça, exactement ? » rétorqua Astoria. « Il faudrait entrer dans la salle commune des Gryffondors, et on s'est déjà rendues compte que c'est impossible… »
« Impossible sans l'aide d'un Gryffondor. » répliqua Ellana.
« Tu te doutes que pour demander à Ginny, tu devras d'abord lui expliquer ce qu'est le journal et pourquoi il est important ? » fit remarquer Lucy.
« A moins que tu lui lance un Imperium, évidement… »
« Astoria ! » crièrent Ellana et Lucy en chœur.
« Quoi ? ça nous éviterait pas mal d'ennui ! »
« Sauf que le ministère possède un moyen de détecter l'utilisation des Impardonnables. » dit Ellana. « De toute façon, c'est hors de question. Je dirais toute l'histoire à Ginny, et si elle n'est pas trop en colère, je lui demanderai de m'aider. »
« Autant le dire à Cass et Anna, dans ce cas. » suggéra Lucy.
F
Le weekend suivant, Ellana proposa un rendez-vous à Ginny, Cassiopée et Anna au Foyer, et elle les attendit en compagnie de Lucy et Astoria, qui lui avaient promis de la soutenir au cas où les filles ne leur pardonnent pas de ne pas leur avoir dit plus tôt.
La jeune fille raconta comment elle avait trouvé le mystérieux carnet, parlé à Tom Jedusor pendant des heures, comment il l'avait aidé à s'améliorer et l'avait soutenue, puis des trous de mémoires et des impressions de déjà-vu qu'elle avait parfois dans des endroits qu'elle n'avait jamais vus auparavant.
« Cela fait des mois que tu es peut-être possédée par un journal, que tu es peut-être l'héritière de Serpentard et tu as peut-être libéré un monstre qui attaque les élèves, et tu ne nous en parle que maintenant ? » résuma Ginny, la voix vibrante de colère.
« Pourquoi n'as-tu rien dit ? » demanda Cassiopée, qui semblait abasourdie par ses révélations. « Tu pensais qu'on t'en voudrait d'être l'héritière de Serpentard ? Qu'on penserait que tu aimes faire du mal aux moldus et que tu penses que les nés-moldus n'ont pas leur place dans cette école ? »
« Je… euh… » bafouilla Ellana. « Je ne vous ai rien dit parce que je… euh… »
« Parce que tu ne nous faisais pas confiance. » compléta Anna, étrangement calme. « J'ai raison, n'est-ce pas ? Tu ne nous connaissais pas, Cassiopée et moi descendons de moldus et Ginny est une Gryffondor. Tu ne pouvais pas nous dire que tu étais peut-être l'héritière de Serpentard alors que tu ne nous connaissais depuis que quelques mois. »
« Et tu ne comptais pas nous en parler du tout ! » renchérit Cassiopée. « Tu le fais maintenant parce que tu as besoin de l'aide de Ginny pour récupérer le journal des mains de Potter. »
« Tu peux toujours rêver pour que je t'aide ! » lança Ginny.
Et, sans un mot de plus, elle se leva et sortit, rapidement suivie par Anna et Cassiopée. Ellana ne s'était jamais sentie aussi mal, même quand son père lui avait appris à résister à la douleur d'un Endoloris et à l'influence d'un Imperium.
Flash-back
26 décembre 1988, 14h30
« Ellana, vient voir. » dit Cassiel. « Tu as eu sept ans hier. Comme tu le sais, sept ans est considéré comme l'âge de raison, à la fois chez les moldus et les sorciers. »
« Mais chez les sorciers, c'est aussi le moment où on commence à maîtriser notre magie. » dit Ellana, fière d'avoir retenu sa leçon sur la magie involontaire.
« Exactement ! C'est l'âge où les jeunes sorciers comme toi peuvent faire appel à la magie pour se sortir d'une mauvaise situation. Et on va mettre ça en pratique dès maintenant. »
Ellana ne savait pas pourquoi, mais pour une fois, le sourire de son père ne la rassurait pas.
« Tu veux dire que tu vas me jeter un mauvais sort ? » demanda-t-elle, hésitante. Elle n'avait pas appris à se défendre, encore moins contre un maléfice.
« Tu peux voir ça comme ça. Je vais te jeter un mauvais sort et tu devras faire appel à la magie qui est en toi pour me résister. »
Hein ? Qu'est-ce que ça veut dire ? J'ai pas encore eu d'accident de magie et je suis sensée m'en servir pour me défendre ? Elle n'eu pas le temps de demander des explications.
« Impero ! »
Ellana reçut le sort Impardonnable en plein ventre. Va chercher un couteau, lui ordonna une voix dans sa tête. C'est la voix de papa, il faut que j'obéisse ! se dit-elle. Elle courut aux cuisines et revint vers son père, un couteau à viande dans les mains. Bizarrement, son père n'avait pas l'air content. Trace un trait sur ton bras avec la lame du couteau. De nouveau la voix de son père. Ellana obéit sans hésiter.
F
26 décembre 1988, 20h15
« Ella ? » demanda Melian après avoir frappé à la porte de sa chambre.
« Qu'est-ce que tu me veux ? » demanda-t-elle en séchant rapidement ses larmes.
« J'ai de la potion désinfectante pour ton bras. »
Ellana ouvrit la porte, sans dire un mot. Son frère la soigna du mieux qu'il put.
« Maman ne doit pas savoir. »
F
26 décembre 1989, 14h30
« Ellana ! » appela Cassiel. « Tu as huit ans désormais, tu es prête pour le niveau suivant de ton entrainement. »
Cette fois-ci, elle ne prit même pas la peine de protester. Les seuls ordres auxquels elle devait désobéir étaient ceux qu'elle entendait dans sa tête. C'était du moins ce qu'elle avait retenu des leçons précédentes.
« Doloris ! »
Tiens, je me demande ce qu'il fait celui-là. La réponse ne tarda pas à venir. Ellana eu l'impression que des dizaines de couteaux la tailladaient, des aiguilles se plantaient dans sa peau, ses membres étaient écartelés par une force invisible. Un hurlement lointain lui faisait mal aux oreilles, aussi.
Il lui fallut du temps pour comprendre que c'était elle qui hurlait.
F
26 décembre 1989, 22h43
Cette fois-ci, ce fut elle qui se rendit chez son frère. Sans un mot, il lui tendit une potion. Ce n'était pas la même que d'habitude, cependant.
« Ça atténuera la douleur ? » La douleur qui rendait chaque mouvement difficile et ne s'était pas atténuée depuis plus de huit heures.
« Oui c'est une potion inventée par le plus grand maître des potions du monde, le Professeur Snape. »
Ellana boit la potion et, au bout de quelques minutes, la douleur lancinante qu'elle sentait dans chaque parcelle de son corps commence à disparaitre.
« Waouh ! Merci Mel. Ce professeur Snape doit être un génie ! »
« Ouais. Un vrai génie. » confirma son frère.
Fin du flash-back
« Qu'est-ce qu'on fait du coup ? » demanda Lucy après le départ de leurs amies.
« J'en sais rien. » répondit Ellana.
« Peut-être qu'on devrait laisser les choses comme elles sont. » suggéra Astoria. « Avec un peu de chance, Potter comprendra à quoi sert le journal, le dira à Dumbledore et tout sera fini ! »
« Je ne vois pas ce qu'on pourrait faire d'autre de toute façon. » conclut Ellana, dépitée.
F
Les vacances de Pâques arrivèrent sans qu'il n'y ait de nouvelles agressions, ce qui confortait Ellana dans son idée que tout était de la faute du journal et non de la sienne. La plupart des élèves était convaincue que l'héritier de Serpentard avait arrêter de s'en prendre aux nés-moldus, mais la jeune fille n'en était pas sûre.
Elle n'était pas repartie explorer le château, préférant se concentrer sur ses cours supplémentaires de Métamorphose, sans compter que Ginny et Cassiopée étaient généralement les plus aventurières du groupe et qu'elles refusaient toujours de lui parler, tout comme Anna.
C'était horrible à dire, mais Tom lui manquait. Si elle n'avait pas jeté le journal, elle ne se serait jamais disputée avec ses amies, et elle aurait continué à explorer le château. Les passages secrets et l'atmosphère emplie de magie lui donnait de l'inspiration pour écrire. Tom aussi lui donnait de l'inspiration. Depuis qu'elle l'avait jeté, elle n'avait pas écrit une seule ligne dans son cahier.
F
Plongée dans son devoir de potion, Ellana n'entendit même pas la porte du dortoir s'ouvrir. Elle ne faisait plus ses devoirs dans la salle commune de peur de croiser Cassiopée et Anna. Leur présence devant son lit en était d'autant plus étrange.
« Ellana ? » dit Cassiopée en s'approchant d'elle. « Ginny, Anna et moi, on aimerait te parler. »
« De quoi ? » demanda sèchement Astoria. « De comment vous l'avez abandonné quand elle avait besoin de vous ? » Cassiopée se rembrunit. Ellana réalisa que protester ne servirait à rien.
« C'est bon, Astoria. » la coupa Ellana. « Je te suis, Cass. »
Les filles se rendirent une fois de plus au Foyer. Elles n'y étaient pas allées depuis leur dispute, près de deux mois plus tôt. Ginny et Anna les attendaient et semblaient plutôt mal à l'aise.
« Ecoutez les filles… » commença Ellana. « Je suis vraiment désolée de ne pas vous avoir parler du journal plus tôt et je comprends que vous soyez en colère, mais… »
« Refuser de vous adresser la parole à toi, Lucy et Astoria pendant deux mois était un peu exagéré de notre part ? » compléta Cassiopée. « Je suis d'accord. »
« Et il faut qu'on récupère ce journal avant qu'Harry ne soit lui aussi possédé par Tom Jedusor. » ajouta Ginny.
« Ce serait dommage que le Survivant passe du côté obscur. » plaisanta Anna.
« Le côté obscur de quoi ? » demanda Ellana, pas sûre de comprendre.
« C'est une référence à un film moldu que je te forcerai à voir un jour. » expliqua Cassiopée, avec un sourire hésitant. Ellana le lui rendit, mal à l'aise. Il leur faudrait sans doute plus que des excuses pour que tout revienne à la normale.
« Je m'occupe de récupérer le journal. » dit Ginny. « J'attendrai que tous les garçons soient partis et je fouillerai dans ses affaires. J'aurai juste besoin de quelqu'un qui fasse le guet. »
« J'ai une idée ! » s'exclama Astoria.
« On s'y attendait… » la taquina Lucy.
« Daphnée m'a montré un sort pour connecter temporairement deux parchemins ensembles. Si l'une d'entre nous fait le guet près de l'entrée de la salle commune des Gryffondor, elle pourra communiquer avec Ginny pendant qu'elle cherchera le journal ! »
Deux jours plus tard, la veille du match de Quidditch, Ellana se cacha dans une alcôve dissimulée par une tapisserie, à proximité du portrait de la Grosse Dame, l'entrée de la salle commune des Gryffondor. Elle attendit pendant une quinzaine de minutes qui lui semblèrent durer une éternité, jusqu'à ce que Ginny lui envoie un message à travers le parchemin :
« C'est bon j'ai trouvé ! »
« Dépêche-toi de sortir, Londubat arrive ! »
Les deux amies eurent juste le temps de s'engouffrer dans le passage menant au Foyer avant que Londubat ne les voie.
F
Ellana comprit qu'elle n'aurait jamais dû récupérer le journal lorsque, le lendemain, le match de Quidditch fut annulé car deux élèves avaient été pétrifiées.
Le professeur Snape raccompagna les élèves de Serpentard dans la salle commune, sortit un parchemin et le parcouru rapidement. Il semblait réellement préoccupé, et Ellana se doutait que le profond mépris qu'il disait éprouver pour ses élèves n'était qu'une façade lui aussi était inquiet pour ses élèves, même s'il ne l'admettrait que sous véritasérum.
« Il y a eu deux nouvelles agressions. » commença Snape. « Pénélope Deauclaire de Serdaigle et Hermione Granger de Gryffondor. Vous croyez peut-être que vous êtes à l'abri de ces attaques grâce à la couleur de votre de blason, mais je peux vous assurer que le monstre ne fera pas la différence. Pour lui vous êtes tous de la nourriture. »
Ellana eut un frisson en entendant ces mots. Son directeur de maison avait raison. La plupart des Serpentard se croyaient immunisés en raison de la couleur de leur blason. Ils oubliaient que le monstre cherchait avant tout à se nourrir.
« Je vous demande de respecter les règles suivantes : à compter d'aujourd'hui, tous les élèves devront regagner leurs salles communes à six heures du soir. Passer cette heure, aucun élève ne devra plus quitter son dortoir. A la fin de chaque cours, un professeur vous accompagnera dans la classe suivante. Tous les entraînements et les matches de Quidditch sont reportés à une date ultérieure et il n'y aura plus aucune activité le soir. »
Il s'arrêta et les regarda dans les yeux. Tous les élèves l'écoutaient respectueusement. Le professeur Snape était de manière générale admiré par ses élèves, mais cette fois il ne leur parlait pas des cours de soutiens mis en place par les sixièmes années pour les premières années, de la coupe de Quidditch ou du club d'échec. Cette fois il s'assurait de leur sécurité et les mettait en garde contre une créature qui ne ferait qu'une bouchée d'eux.
« Lorsque je ne serais pas de garde dans les couloirs, je serais ici, à m'assurer que vous êtes tous en sécurité. Si vous avez besoin de quelque chose, adressez-vous aux préfets, ils viendront me trouver si besoin. Je vous demande de ne pas sous-estimer la situation, vous êtes tous en danger, et si le coupable n'est pas bientôt arrêté, et bien… je crains que l'école ne doive fermer, tout simplement. »
F
Le lendemain, l'école de Poudlard fut bouleversée par deux autres mauvaises nouvelles. La rumeur se répandit et bientôt, tout le monde était au courant qu'Hagrid avait été envoyé à Azkaban et, plus grave encore, que Dumbledore avait été renvoyé.
« Je trouve que le renvoi de Dumbledore n'est pas une si mauvaise décision. » déclara Draco au déjeuner. « Sous sa direction, il y a eu quatre victimes, sans compter la chatte de Rusard et le fantôme. »
« Pas étonnant que tu penses ça quand on sait que c'était la décision de ton père. » répliqua Ellana. « De toute façon, depuis le début tu es du côté de l'héritier. »
Un silence tendu s'installa dans leur partie de table. Draco semblait stupéfait que son amie se soit retournée contre lui. Ellana se sentie coupable, elle ne faisait que reporter sa haine à l'égard de Tom – ou plutôt d'elle-même – sur son meilleur ami. D'un autre côté, elle ne pouvait s'empêcher de penser que, depuis le début des agressions, Draco n'avait fait qu'attendre impatiemment que Granger soit attaquée.
« Je ne comprends même pas pourquoi ils ont envoyé Hagrid à Azkaban. » dit Cassiopée afin de changer de sujet. « C'est évident qu'il n'aurait jamais fait du mal à des élèves ! »
« Tu oublies qu'il adore les créatures dangereuses. » rétorqua Draco. « L'année dernière il a essayé d'élever un dragon dans la cabane qui lui sert de maison. Un dragon ! »
« Sérieux ? » s'exclama Astoria. « Qu'est-ce qu'il est devenu ? Il n'est quand même pas dans la Forêt Interdite ? »
« Non, un Weasley est entré illégalement à Poudlard pour le récupérer et l'emmener quelque part, en Roumanie il me semble. »
Le genre de phrase que seuls les habitués de Poudlard peuvent prononcer de la même manière qu'ils parleraient de météo…
F
La fin de l'année se déroula dans une atmosphère sombre et tendue, l'absence de Dumbledore et d'Hagrid se faisait sentir, les élèves n'avait plus de temps libre et étaient constamment surveillés par un professeur. Le fait que les examens soient maintenus malgré tout n'arrangeait certainement pas la situation. Sans les cours supplémentaires de Métamorphose, Ellana doutait fortement de réussir ses examens.
Elle se disait parfois si la fermeture de l'école n'était pas une si mauvaise idée. Les élèves couraient un grave danger en restant dans le même bâtiment qu'une créature magique non-identifiée. Comment était-elle supposée réussir ses examens en sachant qu'elle pouvait être pétrifiée à n'importe quel moment ?
Elle considéra demander de l'aide à Tom pour réviser, mais savait au fond d'elle que ce n'était pas une bonne idée. Je pourrais lui demander quelques conseils en Métamorphose et le reposer immédiatement au fond de la malle… qu'est-ce qui pourrait m'arriver, honnêtement ?
D'un côté l'idée était tentante, de l'autre sa raison lui dictait de s'éloigner de la valise. Cela ne faisait que renforcer sa conviction que le journal était ensorcelé pour lui donner envie d'écrire dedans. Sinon, pourquoi aurait-elle tant envie de parler à Tom ? C'était forcément un enchantement !
Dans ce cas ça ne sert à rien de résister, n'est-ce-pas ? Désespérée, elle repoussa le journal le plus loin possible, et se planta les ongles dans la paume de ses mains. Elle ne pouvait pas céder ! Elle devait s'en aller. Le plus loin possible. Oui, mais le journal se trouve entre moi et la sortie… La jeune fille gémit et se prit la tête dans les mains.
Tu vois ? Je t'avais dit que tu étais faible ! La voix de son père apparaissait de plus en plus souvent aux tréfonds de son esprit, pour l'insulter et la rabaisser. Mais entre l'envie d'écrire dans le journal et la douleur d'un Endoloris, Ellana choisirait le dernier sans hésiter. Au moins y avait-il un moyen d'arrêter la douleur.
Finalement, dévorée par son envie de parler à Tom, Ellana saisit sa plume, ramassa le journal, et commença à poser des questions à l'ancien préfet de Serpentard.
POV omnipotent pour la fin de ce chapitre
F
« Tous les élèves doivent immédiatement regagner leurs dortoirs. Les professeurs sont attendus dans leur salle. Dépêchez-vous, s'il-vous-plaît. »
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« Que se passe-t-il professeur ? » demanda Draco, une fois que tous les Serpentard furent rassemblés dans la salle commune.
« Cela risque d'être un choc pour certains d'entre vous. » commença le professeur Snape. « Une élève a été capturée par le monstre et emmenée dans la Chambre des Secrets. »
Les élèves rassemblés blêmirent en entendant la nouvelle. Cette fois le monstre ne s'était pas contenter de pétrifier un élève, il l'avait emmené avec lui ! Melian regarda les élèves présents, et remarqua immédiatement que quelque chose clochait. Il avait un mauvais pressentiment depuis plusieurs heures.
« Professeur… » demanda-t-il d'une voix tremblante. « Où est ma sœur ? »
Les autres élèves se tournèrent vers lui, abasourdis. Astoria attrapa la main de Lucy, dans une vaine tentative de réconfort. Cassiopée et Anna se serrèrent l'une contre l'autre.
« Je suis terriblement désolé, Melian. » répondit Snape.
Draco se sentait nauséeux. Ellana avait raison, depuis le début il avait soutenu l'héritier, sans penser aux conséquences de ses paroles. Il le regrettait amèrement à présent.
Les autres Serpentard semblaient enfin comprendre que l'une des leurs avait été touchée par le monstre.
« Mais ce n'est pas possible ! » s'exclama Cassiopée. « Ellana est une sang-pure ! L'héritier ne s'en prend qu'aux nés-moldus ! »
« Je crains que le monstre n'ait échappé au contrôle de son maître, à moins qu'il n'ait changé d'objectif. »
« Vous avez dit qu'elle a été capturée, mais pas qu'elle est morte. » fit remarquer Astoria, une lueur déterminée dans les yeux.
« Le monstre n'a rien mangé depuis cinquante ans, Mlle Greengrass. » répondit Snape. « Je doute que votre amie soit toujours vivante, et je vous interdis d'essayer de la retrouver. Le professeur Lockhart s'est proposé pour neutraliser le monstre. »
Le directeur de Serpentard leva sa baguette, et sans qu'il n'ait prononcé un seul mot, les verrous de toutes les portes de la salle commune se fermèrent simultanément.
« Si vous essayez de sortir, vous serez renvoyés dans votre dortoir, est-ce que c'est clair ? »
« Oui professeur ! » répondirent les Serpentard.
Avant de partir, Snape se tourna vers ses élèves, et dit quelque chose qui surpris tout le monde.
« Je suis vraiment désolé, Melian. Mais il n'y rien que je puisse faire. Tout ne se soigne pas avec une potion. »
Si personne ne comprit à quoi il faisait référence, Melian lui le savait parfaitement. Et cela ne l'aidait en rien.
Le jeune Forester se dirigea dans un coin de la salle, suivi par Draco, Astoria, Lucy, Cassiopée et Anna. Melian avait un visage de marbre, Draco et Astoria avait l'air de ne pas comprendre pourquoi une sang-pure avait été attaquée, Cassiopée était en état de choc et Anna pleurait sans pouvoir s'arrêter. Lucy, toujours debout, croisa les bras et s'exclama :
« Alors ? Comment on fait pour la sauver ? »
« On ne peut pas, Lucy. Snape a bloqué les issues et on ne sait même pas où se trouve la Chambre des Secrets. » répondit Anna, abattue.
« Le charme que Snape est conçu pour repousser les élèves jusque dans leurs dortoirs. » ajouta Astoria après avoir exécuter quelques mouvements de sa baguette.
« Les élèves ? » répéta Melian.
« Oui, pourquoi ? »
« Parce que je connais un tuyau d'aération suffisamment petit pour qu'il ne l'ait pas fermé, et dans lequel je passerai facilement. Je n'aurai plus qu'à retrouver Lockhart et lui proposer mon aide. Ainsi je pourrais au moins la venger. »
Sans leur laisser le temps d'argumenter, Melian monta en haut de la mezzanine au-dessus de la salle commune, et se dirigea vers une arrivée d'air derrière une étagère. Il se transforma en lynx, sa forme animagus, se faufila dans l'ouverture et se dirigea vers le bureau de Lockhart. Ce à quoi il ne s'attendait pas, en revanche, était de rencontrer Potter devant la porte.
F
PS : Bon. On va pas se mentir, j'ai un peu précipité les choses XD. On est passé de « Ellana passe Noël avec sa famille » à « Ellana se rebelle, puis se rétracte, se dispute avec ses amies, récupère le journal, et se fait capturée ». Mais j'avais l'impression de ne pas avoir assez de contenu pour faire deux chapitres différents, du coup… j'en ai fait qu'un seul.
Le prochain chapitre sera le dernier ! Je suis triste et en même temps, les aventures d'Ellana sont loin d'être finies XD. J'ai déjà écrit la deuxième partie : Lune bleue, qui sera du pov de Severus Snape, Sirius Black et Remus Lupin. Quel rapport avec Ellana, me demanderez-vous. Vous le saurez en lisant Lune bleue ! XD
