Chapitre 16 : Se perdre pour trouver la vérité.

- Couleur du 23/09/2020 : Rouge

- Mot du 28/07/2020 Malédiction

- Musique du 06/09/2020 watch?v=dzNvk80XY9s

- Avatar du 04/07/2020 de Sandara

- Fandom du 11/06/2020 : Once Upon a Time

- E : Emma Swan

- Défi 22 de Sarah et Voirloup : écrire un texte avec un Genderbend

- Si tu l'oses : 144. Se mettre au travail

- Lieu du 18/09/2020 : Storybrooke

- Célébrité du 10/10/2020 : Jennifer Morrison

- Foire aux duos : Foire aux duos 79 : Neal Cassidy / Emma Swan

- Foire aux personnages : Personnage 91 : Emma Swan

- Fusionner 12 défis.

« Ah, du coup, fit Éléonora une fois que Graham lui eut rapporté l'entièreté de sa dispute avec Regina, merci beaucoup de t'être opposé à elle et de lui avoir dit ce que tu pensais, il y en a beaucoup qui n'auraient pas osé et qui se seraient contentés d'aller dans son sens.

(Foutue malédiction.)

Il haussa les épaules.

- Avant je ne l'aurais pas fait, admit-il. Mais depuis quelques temps… Disons que j'ai remis beaucoup de choses en question. Y compris ma loyauté vis-à-vis de Regina, et… pas mal d'autres trucs la concernant, ajouta-t-il en grimaçant, et elle lui offrit un sourire compatissant.

- Je comprends… C'est vrai qu'elle doit pas être facile à vivre en tant que patronne. Surtout que t'es son employé depuis plus longtemps que nous, alors j'imagine ce que ça doit être pour toi de devoir la contredire…

- Oui, et pas seulement, ne put-il s'empêcher de dire, réalisant à quel point il n'en pouvait plus, qu'il fallait absolument qu'il en parle à quelqu'un, Archie aurait peut-être été mieux indiqué, mais étrangement, il avait le sentiment qu'il lui serait plus facile de se confier à elle qu'au psychiatre, peut-être parce qu'elle était déjà à moitié consciente du problème.

Elle fronça les sourcils, feignant l'ignorance, alors qu'elle se doutait déjà de ce qu'il allait lui annoncer, s'en réjouissant d'avance, elle qui n'avait toujours pas trouvé comment faire pour aborder le sujet de façon crédible alors qu'elle n'était pas censée être au courant de quoi que ce soit.

- Qu'est-ce que tu veux dire par là ?

- Regina n'est pas seulement ma patronne, et je ne suis pas seulement son employé, nous… Enfin, j'entretiens une relation avec elle… qu'on peut plus ou moins qualifier de relation amoureuse.

Ouais, tout était dans le « plus ou moins », et il ne savait pas réellement si le simple fait de coucher régulièrement avec elle suffisait pour qualifier ça de relation amoureuse, vu l'absence de sentiments amoureux d'un côté comme de l'autre, mais bon, il n'avait pas vraiment de meilleur terme.

Et, s'il eut peur un instant que son amie ne lui demande d'expliquer ce qu'il entendait par là, elle n'en fit rien et ne lui demanda pas de détails, et il ne put que s'en sentir soulagé.

- Oh… Se contenta-t-elle tout d'abord de répondre, feignant la surprise de la découverte. Je vois, ça complique déjà pas mal de choses…

- Et ce n'est pas le seul problème, continua-t-il, je… Toute cette relation commence à me peser, vraiment, et je… J'ai juste envie que ça s'arrête. »

En entendant ses mots, Éléonora se sentit frissonner.

C'était une bonne nouvelle, bien sûr, que Graham se rende compte que la situation dans laquelle il se trouvait n'était pas normale, et qu'à défaut de prendre conscience de l'asservissement dans lequel il avait été plongé de force, il sache au moins que quelque chose clochait, mais…

Le fait de réaliser qu'il lui avait fallu littéralement vingt-huit ans pour s'en rendre compte la rendait malade, et ce qui l'inquiétait également, c'était la réaction de Regina quand celle-ci réaliserait que son jouet (oh, ça aussi ça lui donnait la nausée, vraiment) était lui aussi en train de lui échapper.

Était-elle encore assez maléfique pour aller jusqu'à le tuer si jamais elle comprenait qu'elle avait définitivement perdu le contrôle sur lui ?

Elle espérait sincèrement que non, tandis que son cerveau paniqué imaginait déjà la main de la mairesse autour du cœur rouge sang du chasseur, soit pour lui murmurer d'autres ordres auxquels il ne pourrait pas dire non, soit au contraire pour le serrer, encore et encore, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien.

Il fallait qu'elle se mette au travail, et qu'elle trouve et lui rende son cœur au plus vite.

C'était une question de survie désormais…

« Et… tu as pensé à en parler à Regina ? Lui suggéra-t-elle, et il soupira.

- A vrai dire, avant notre conversation, je n'avais pas encore réussi à mettre de mots ce que je ressentais…

Ou plutôt sur ce que tu ne ressens pas, ou du moins ne peux pas ressentir, pensa-t-elle avec tristesse.

- Alors, lui en parler, je n'y ai pas encore pensé… Déjà que notre relation… n'en est pas vraiment une, j'arrive pas non plus à savoir ce qu'elle est réellement, alors la quitter alors qu'on est pas vraiment ensemble… ça me semble un peu compliqué quoi. »

Elle hocha la tête, grimaçant intérieurement en constatant qu'il ne la quitterait très certainement jamais de son propre chef, sans doute parce que, même si son influence sur son cœur et donc sur ses actes, était probablement moins forte qu'auparavant, elle était toujours là, fortement ancrée en lui.

D'un autre côté, elle ne pouvait que constater que quelque chose dans ce contrôle absolu était en train de se fissurer en lui, une petite brèche encore minuscule, qui, elle l'espérait fort, ne ferait que grandir au fur et à mesure que le temps passait.

En tout cas, elle ferait tout pour que cela se réalise…

§§§§

Aller chez Regina, surtout après les scènes du Granny's et du commissariat, n'allait définitivement pas être une partie de plaisir, songea Éléonora alors qu'elle se dirigeait vers la maison de la mairesse, vu l'heure qu'il était, Henry avait déjà dû rentrer chez lui, avec un peu de chance, la reine n'aurait pas envie de lui hurler dessus alors que son fils était juste au-dessus.

À vrai dire, même si la douleur de son ventre était moins forte que dans la matinée, elle était malgré tout encore présente, et après la journée qu'elle avait passé, et si on ajoutait à tout cela sa fatigue, elle n'avait définitivement pas l'envie ni la force de se disputer avec qui que ce soit.

Et au vue de la manière dont ses sourcils se froncèrent quand elle la vit au pas de sa porte, elle était tout sauf ravie de la voir (ce qui était parfaitement réciproque), et pourtant, elle la laissa tout de même entrer.

« Miss Cassidy… Puis-je savoir ce que vous fabriquez ici ?

- Je ne vais pas y aller par quatre chemins Mme Mills, je suis venue vous parler de ce qu'il s'est passé tout à l'heure au commissariat… De ce qu'il s'est passé au Granny's également.

Regina la regarda alors avec un air qu'on pouvait à la fois qualifier de glacial et de royal, qui aurait très probablement déstabilisé n'importe qui d'autre, mais à force, la jeune femme avait appris à ne pas baisser le regard face à cette redoutable adversaire.

- Vous vous engagez sur un terrain bien dangereux en essayant de me défier, Éléonora.

La brune se mit à sourire, si elle croyait qu'elle l'impressionnait ou même qu'elle lui faisait peur, elle se trompait profondément, elle avait survécu à Peter Pan en personne, ce n'était pas une méchante reine sans pouvoirs qui allait lui flanquer la frousse.

- Je n'essaie aucunement de vous défier Regina, simplement de… de vous aider au mieux dans votre fonction de mairesse. Et d'aider également Graham et de le soutenir, alors que vous ne faites que le mettre dans des positions délicates.

- Je ne vois vraiment pas de quoi vous voulez parler, fit l'autre femme, mentant clairement, et Éléonora soupira.

- Ce que je veux dire, c'est que la relation que vous entretenez avec lui est tout sauf saine, ou même éthique, pas tant parce que vous êtes sa supérieure hiérarchique, encore que ça aussi ça pose un peu problème, mais à la limite, moi je m'en tape, je vais clairement pas vous donner des leçons sur ce sujet, et sur avec qui vous couchez, c'est clairement pas mes affaires, fit-elle, et elle ne put que voir Regina se figer.

Un mélange de surprise et de rage semblait l'animer, et pourtant, Éléonora ne se tut pas, ne voulant pas s'arrêter en si bon chemin.

- Non, ajouta-t-elle, ce que je critique là, c'est le fait que vous vous en serviez pour le manipuler, et le forcer à accomplir votre sale besogne, et lui demander de faire des trucs qui sortent presque du cadre de son travail, voire du cadre légal, vous savez, comme boucler des gens qui n'ont rien fait, de façon totalement abusive et injustifiée, comme mon amie Emma, ou interroger des gens qui ne font que passer par là, comme ce pauvre August Booth… Vous ne voyez toujours pas où je veux en venir ?

Regina la regarda avec une froideur renouvelée, doublée d'un air inquiet et méfiant, avant de croiser les bras.

- Poursuivez, fit-elle d'un ton sec.

- J'ai parlé avec Graham, et il n'a sincèrement pas l'air d'être heureux avec vous. Je pense… que votre relation est toxique, du peu que j'ai pu en voir.

Et elle ne s'y connaissait pas réellement à vrai dire, et si elle n'avait pas été courant pour le cœur arraché, elle n'aurait très certainement pas émit cette conclusion, mais Graham n'avait plus la possibilité de dire non, et ça la rendait littéralement malade.

Mais en regardant Regina droit dans les yeux, elle sut qu'elle avait touché juste, et un nouvel espoir prit corps en elle.

Celui que, peut-être, malgré tous ses mauvais côtés, l'ancienne méchante reine avait conscience que ce qu'elle faisait était mal, et qu'elle était capable d'y mettre un terme d'elle-même.

Peut-être.

- Je ne sais pas ce que vous avez vous-même vécu dans le passé, dit-elle, et cette fois, c'était elle la menteuse, bien sûr qu'elle le savait, ou le soupçonnait du moins, d'après ce qu'elle avait lu dans le livre d'Henry, et de ce qu'elle savait de sa relation avec le roi Léopold, mais je ne pense pas que tout ça soit très sain pour vous non plus, et ça aussi c'était vrai, elle pouvait comprendre le besoin viscéral de contrôle de Regina, après avoir été une prisonnière pendant une bonne partie de sa vie, mais ça ne justifiait pas de faire subir la même chose au policier.

Elle vit une lueur de culpabilité apparaître dans les yeux de la sorcière, et peut-être, oui, peut-être que son discours avait fait mouche, et seigneur, elle l'espérait, elle l'espérait tellement.

Que peut-être, il y avait encore quelque chose de bon en elle, quelque chose qui méritait d'être sauvé.

Puis la lueur disparut soudainement, et ce fut comme si elle n'avait jamais existé.

- Est-ce tout ? Demanda-t-elle avec le même ton glacial, et Éléonora hocha la tête.

- Ce sera tout oui. Je vous souhaite une bonne soirée Regina.

- Bonne soirée à vous aussi. »

Rien n'était gagné, il est vrai, mais Éléonora avait maintenant envie de croire que les choses allaient s'arranger un jour ou l'autre.

En rentrant chez Mary-Margaret, elle la remercia d'avoir ramené Maïa de l'école, à la maison, et le simple fait de prononcer ces mots fit naître une chaleur agréable dans son cœur.

Oui, Storybrooke était leur maison désormais, n'en déplaise à Regina.

§§§§

Trois jours plus tard.

En ce dimanche de novembre, Éléonora Cassidy et Emma Swan profitaient toutes les deux d'une journée de repos bien méritée, assises dans le salon autour d'un bon chocolat chaud, ayant ainsi la possibilité de se remettre de leurs émotions de la semaine précédente.

(Tandis que Mary-Margaret, elle, se trouvait actuellement avec David Nolan, et même si elle ne lui avait rien dit, ça ne le concernait pas après tout, Éléonora ne pouvait s'empêcher de se dire que tout cela finirait mal, à part si la haine de Regina à l'encontre de Blanche-Neige finissait par disparaître, ce qui n'arriverait très certainement jamais, les deux amants seraient irrémédiablement séparés.

Quand à Maïa, elle était en train de lire dans sa chambre.)

Oh certes, les derniers jours avaient été dans l'ensemble plutôt calmes, mais dans cette ville où elles peinaient encore à trouver leurs marques, et où elles n'étaient pas encore complètement les bienvenues (encore que, en dehors de Regina et de Sidney Glass, peu d'habitants avaient l'air d'être réellement du côté de la mairesse ou de souhaiter leur départ), les choses pouvaient parfois être encore un peu… compliquées.

Tout autant pour Emma, devant naviguer entre devenir une mère pour Henry, s'habituer à son nouveau boulot et affronter constamment l'hostilité glaciale de Regina à son égard (même si les choses étaient moins pires qu'avant depuis la discussion d'Éléonora avec la mère adoptive du petit garçon), que pour Éléonora, qui n'était certes pas confrontées aux mêmes problèmes que la Sauveuse, mais qui devait cependant gérer certaines des choses qu'Emma devait elle-même gérer ainsi que le fait que son père était là, ce qui était loin de l'enchanter.

Oui, même après plusieurs semaines elle n'arrivait toujours pas à s'y faire, après des siècles à vivre sans lui, il ressurgissait soudainement dans sa vie, et elle n'arrivait juste pas à gérer.

L'amour, la colère, la haine, la rage, la tristesse, la rancœur, le soulagement, tout cela se mélangeait dans sa tête et dans son cœur, sans fin, selon le moment de la journée et son humeur, elle passait de la joie à la tristesse, puis de nouveau à la colère (souvent à la colère), c'était toujours la colère qui revenait quand elle pensait à son père au final, que ce soit pour ses crimes passés et pour ce qu'il était désormais.

Il était le même qu'autrefois, il n'était pas quelqu'un de bien, il n'avait pas changé, malgré sa promesse, et ça lui brisait le cœur.

Alors oui, aujourd'hui, elle allait essayer de tout faire pour ne pas penser à cela.

« Graham a l'air d'aller beaucoup mieux ces derniers jours, remarqua Emma, et Éléonora ne put retenir un sourire joyeux en réalisant que, même si il n'avait pas encore récupéré son cœur, le jeune shérif, suite à sa rupture avec Regina – information qu'elle était la seule à connaître. Apparemment, elle avait accepté de le laisser partir, c'était plutôt rassurant. – à défaut d'être heureux, n'était plus aussi misérable qu'autrefois, et ce qui lui plaisait, c'est que, même si personne n'était au courant de ce qu'il s'était passé, c'était semble-t-il visible que quelque chose avait changé.

En bien, et elle n'était pas la seule responsable de cette situation, mais elle était sincèrement heureuse d'avoir ne serait-ce qu'un peu amélioré la vie du chasseur.

- On dirait bien, fit-elle avec une certaine fierté qu'elle ne put réellement dissimuler, et peut-être qu'Emma se doutait de quelque chose, mais elle ne dit rien. J'ai vu August rôder par là et au Granny's ces derniers jours, et à chaque fois c'était pour te parler, tu sais ce qu'il te veut ?

Si August était Pinocchio (enfin puisqu'il l'était, elle n'avait presque plus aucun doute là-dessus) alors le fait qu'il veuille se rapprocher d'Emma et déterminer si oui ou non elle croyait en la magie et à la malédiction était tout à fait logique.

Quant à elle, elle ne s'était toujours pas résolue à aller le voir pour lui en parler, tout comme elle n'était pas allée voir son père non plus, peut-être parce qu'elle était lâche, ou tout simplement parce que, si elle n'en parlait pas avec quelqu'un qui n'était pas Henry, ça ne deviendrait pas vraiment réel.

Et aussi parce qu'elle avait peur de se tromper, qui sait, ce qu'elle avait vu comme des signes n'était peut-être qu'une simple coïncidence ?

Elle haussa les épaules.

- Oh, rien de très important, juste pour discuter de tout et de rien, parler de son livre en cours d'écriture, me demander de lui faire visiter la ville… Ce genre de choses, Regina a vraiment flippé pour rien, c'est juste un touriste quoi. »

Oh, au contraire, pensa-t-elle, je crois que Regina a absolument toutes les raisons de s'inquiéter à son sujet.

« D'ailleurs, en parlant de Regina, ajouta Emma, elle nous invite à dîner ce soir, chez elle, toi et moi, pour essayer d'enterrer la hache de guerre… Encore. »

Depuis ce qu'il s'était passé avec David Nolan, l'ambiance était redevenue pendant un temps électrique entre les deux femmes, mais Éléonora ne pouvait que reconnaître que Regina, tout comme Emma, avait recommencé depuis peu à faire des efforts.

Elle ne savait pas, de nouveau, que les choses allaient encore basculer à cause d'un petit garçon trop curieux et d'un psychiatre ayant dit des choses qu'il ne tarderait pas à regretter.

(Quelques heures plus tard, Mary-Margaret rentra à l'appartement, un sourire béat sur le visage, et Éléonora voyait d'avance la catastrophe arriver, incapable de l'empêcher, nouvelle Cassandre forcée de garder le silence, armée d'une seule certitude.

Tout cela finirait mal.)

§§§§

Le lendemain.

C'était une belle journée, cela, Éléonora devait bien le reconnaître, elle venait tout juste de finir sa journée de boulot, et n'aspirait qu'à une chose, rentrer au loft de Mary-Margaret et se poser avec un bon livre quelque part (enfin, une fois qu'elle aurait cessé d'examiner de loin la mine qui s'était rouverte seulement quelques heures plus tôt, sans que personne ne puisse expliquer pourquoi, et elle sentait que la magie était à l'œuvre).

Cependant, son portable sonna quelques secondes plus tard, mettant un terme à cette noble intention.

« Allô ?

- Éléonora ? Fit alors la voix, qu'elle reconnut immédiatement comme étant celle d'Emma, et quelque chose se glaça en elle quand elle identifia clairement l'inquiétude dans la voix de son amie.

Elle fronça les sourcils, son esprit élaborant déjà toutes sortes d'hypothèses pouvant justifier pourquoi la blonde, qui, plusieurs minutes plus tôt se dirigeait joyeusement vers le Granny's pour y retrouver August avec qui elle commençait à se lier d'amitié, semblait désormais complètement paniquée sans que son amie puisse expliquer pourquoi.

- Emma ? Qu'est-ce qui se passe ?

- Archie vient tout juste de m'appeler, continua la policière avec un ton affolé, apparemment l'une de ses séances de psy avec Henry s'est mal passée, il lui a dit de but en blanc que les contes de fée n'existaient pas, que la malédiction n'était pas réelle, ce genre de choses, et… disons qu'il a été tout sauf délicat.

L'ancienne enfant perdue leva les yeux au ciel.

- Oh bordel de… Il se trompe, ajouta-t-elle en pensée, c'est Henry qui a raison, et lui qui a tort. Je suis pas psy, mais je suis pas sure que ce soit la meilleure manière d'agir avec un patient, surtout un gosse, c'est une façon super brutale d'annoncer les choses quant même. Et c'est très certainement plus contre-productif qu'autre chose.

- Ouais je te le fais pas dire, Archie m'a confié que ça lui venait de… de Regina. Elle a… un peu insisté pour qu'il soit plus direct.

Éléonora ferma les yeux et soupira.

Évidemment…

Un pas en avant, trois pas en arrière, voilà ce qu'étaient leurs interactions avec la mairesse ces derniers temps, une situation qui donnait de plus en plus mal au crâne à la policière, mais bon, l'autre était la méchante de l'histoire après tout, qu'est-ce qu'elle aurait pu espérer d'autre ?

- C'est marrant ça, ça me surprend absolument pas, marmonna-t-elle avant de se pincer l'arête du nez avec agacement. Et du coup je suppose qu'évidemment, Henry l'a mal pris, où est-ce qu'il est maintenant ?

- C'est justement ça le problème ! S'exclama Emma, paniquée. Henry est resté mutique pendant la fin de la séance et il a pris la fuite. Regina, Graham, Archie et moi on cherche où il pourrait être allé, mais il n'est pas chez Mary-Margaret ni là où il va d'habitude. Et vu qu'il a l'air de bien t'aimer, on s'était dit que peut-être il était avec toi, et le faible espoir contenu dans la voix de la blonde lui fissura le cœur.

- Non, je suis désolée Emma, mais je ne l'ai pas vu, je vais le chercher moi aussi, t'en fais pas je suis sure qu'il n'est pas parti bien loin, dit-elle, tentant d'être la plus rassurante possible.

- Oui, je l'espère… répondit-elle, ne semblant guère convaincue. Je te rappelle plus tard si j'ai plus d'informations.

- Ok. Je ferai pareil si je le retrouve. »

A vrai dire, là tout de suite, Éléonora ne savait pas qui elle avait le plus envie de claquer, entre Regina, Archie et Henry.

Sans doute les trois.

§§§§

Elle se trouvait de nouveau non loin de la mine lorsque Éléonora Cassidy aperçut finalement Henry qui s'y rendait en courant, ne semblant pas avoir remarqué sa présence, ni même le fait qu'on était en train de le chercher partout.

Henry quoi, un gamin capable de voler une carte de crédit et de parcourir des centaines de kilomètres jusqu'à une ville inconnue sans prévenir personne et sans se soucier des conséquences de sa disparition, juste pour prouver quelque chose, à côté de ça, ce qu'il était en train de faire actuellement, à savoir s'engouffrer la tête la première au cœur d'une mine, n'était absolument rien.

Éléonora comprenait parfaitement ce qui le poussait à vouloir aller là-bas, si la mine avait ressurgi parce qu'elle était liée d'une certaine façon à la malédiction (et elle connaissait ses classiques, la mine évoquait pour elle celle des sept nains, donc Blanche-Neige, ce qui était tout à fait raccord avec ce qu'elle savait déjà de la Forêt Enchantée), rien d'étonnant à ce qu'il souhaite corroborer ses dires en trouvant des preuves, sans compter qu'il avait déjà voulu s'y rendre, et qu'on le lui avait interdit parce que c'était trop dangereux.

Enfin bon, le connaissant, ce n'était pas ça qui allait l'arrêter…

Elle poussa un soupir de soulagement, avant de sortir son téléphone de sa poche pour, à défaut d'appeler Emma (elle sentait bien qu'elle n'aurait pas le temps de tout lui expliquer rapidement, et ce n'était pas vraiment une bonne idée de le laisser seul dans une mine dangereuse et instable qui menaçait de s'effondrer à tout instant.), au moins la prévenir, et elle lui envoya rapidement un SMS.

J'ai retrouvé Henry. Il se trouve dans la mine, je vais le chercher.

Sans attendre de réponse de sa part, elle fonça à son tour dans la mine.

§§§§

« Henry ? HENRY ! Hurla-t-elle de toutes ses forces en descendant sous terre, et en découvrant les lieux, envahis par l'obscurité et où la lumière n'était que peu présente, elle ne put s'empêcher de frissonner, toute cette atmosphère sombre ne pouvant que lui rappeler celle du Pays Imaginaire. »

Prenant une profonde inspiration pour ne pas paniquer, elle se força à se souvenir qu'elle en était bien loin désormais, qu'elle était dans un autre monde, loin de Peter Pan, et qu'il ne pouvait pas l'atteindre, ni lui faire de mal, et qu'il n'avait aucune raison de le faire.

Elle était libre maintenant, et le monstre de ses cauchemars, aussi terrifiant soit-il, n'était devenu qu'un mauvais souvenir.

Le jeune garçon n'était visible nulle part, et elle soupira de découragement en réalisant qu'elle devrait très certainement explorer l'endroit de fond en comble pour le trouver, certes, elle ne s'appelait pas Zoro, elle avait un bon sens de l'orientation, mais elle n'avait pas vraiment envie de se perdre non plus.

Et, plus elle explorait ce gouffre béant et sombre, plus l'inquiétude la tenaillait, celle de ne pas réussir à retrouver le fils d'Emma, elle ne l'avait perdu de vue que quelque minutes, il n'avait pas pu aller si loin que ça, si ?

Ainsi, il lui fallut encore cinq ou six minutes pour tomber sur le petit garçon, qui semblait avoir bien exploré les lieux, et était assis par terre, semblant terriblement dépité.

« Henry, je peux savoir ce que tu fais là ? Demanda-t-elle en croisant les bras. Tout le monde te cherche, tes mères sont mortes d'inquiétude, Archie aussi, toute la ville l'est en fait, du moins ceux qui sont au courant, tu ne peux pas disparaître comme ça sans prévenir personne, surtout si c'est pour venir ici !

Il leva la tête, ayant au moins l'air coupable.

- Je suis désolé, je voulais juste… Je voulais simplement trouver quelque chose, une preuve, je ne voulais pas inquiéter qui que ce soit.

Elle soupira avant de s'asseoir à côté de lui.

- C'est bien ça le problème Henry, tu veux bien faire, mais souvent, tu ne penses pas suffisamment aux conséquences de tes actes. Allez viens, il faut qu'on sorte de là, sinon… Fit-elle en l'aidant à se relever. »

Elle ne put jamais finir sa phrase, qu'un bruit sourd et assourdissant se fit entendre, qui venait de l'entrée de la mine, et elle se figea, avant de fermer les yeux.

Oh dieux…

Ça allait être une longue journée.

A suivre…