Bien le bonjour à vous tous !

Je vous le dit, on l'a échappé belle, j'ai mis un peu de temps à poster ce chapitre parce que j'ai légèrement eu un accident de scoot avec pour résultat une épaule en vrac. Bref. Je peux utiliser ma main et si je pose l'ordi portable sur les genoux, ça passe ! (Thanks God!)

Bref, pour pas vous raconter ma vie, ce chapitre est un de mes préféré je crois. Je sais pas pas pourquoi mais je l'ai écrit sans la moindre petit hésitation. Alors bon, après peut-être que vous trouverez ça tout pourri, qui sait !

En tout cas, plus j'avance, plus je me dit que cette fic sera longue. Cette première partie avance tranquillement et je suis impatiente de pouvoir développer la suite !

Je profite pour vous remercier. De plus en plus de lecteurs, de plus en plus de review.

Un spécial merci à Petitlutin22 qui a été le moteur de ce chapitre-ci ! Tu n'as pas idée de ce que ta review a déclenché comme motivation !

Sur ce, bonne lecture

De l'amour.


Chapitre IX


Harry, depuis quelques jours, se sentait oppressé. Il s'agitait sans savoir pourquoi. Depuis sa conversation avec Ron et Hermione, il ne leur avait que peu adressé la parole. Et il s'était disputé avec Malefoy.

Le blond avait plutôt mal pris sa pseudo-réconciliation avec les deux membres du Trio d'or.

- Évidemment. Saint Potter ne pouvait pas leur dire leurs quatre vérités et s'y tenir très longtemps. Il a fallu que tu les prennes en pitié encore une fois.

- Arrête Malefoy ! Snape a raison, dans une guerre il n'y a pas la place pour tout ça… Et s'ils peuvent chercher des indices pour les horcruxes ça vaut la peine.

L'aristocrate le toisait. Debout, alors qu'Harry était assis sur le rebord du balcon de la tour d'astronomie, il avait les bras croisés sur son torse et un rictus méprisant aux lèvres.

- Potter. Comme d'habitude t'es un vrai imbécile. Tu vas encore te faire avoir. Cela en devient lassant.

Le brun se tendit. Il avait face à lui l'ancien Draco. Celui qui le jugeait et lui pourrissait la vie. Son visage se ferma petit à petit alors qu'il rendait son regard à son rival.

- Et bien laisse-moi alors… Personne ne t'a obligé à venir ici…

Il vit le blond plisser lentement les yeux avant de se décoller du mur contre lequel il s'était appuyé.

- Parfait. Retourne donc la queue entre les jambes former ton trio d'or.

Il était parti. Sur ces paroles pleines d'amertume. Et le brun avait compris trop tard. Même s'il n'était, à vrai dire, pas certain du tout que ces conclusions soient correctes. Est-ce que Draco Malefoy, le glacial sang pur, l'aristocrate hautain était jaloux…?

Il soupira, lança un tempus rapide et se leva. Il avait un match à jouer.


Ce Potter le rendait fou. Enfilant rageusement sa tenue de Quidditch, Draco fusilla du regard un de ses coéquipiers qui allait ouvrir la bouche.

Il n'était pas d'humeur. Non pas du tout même. Il détestait cet abruti de balafré qui ne voyait jamais les pièges qui lui étaient tendus. Attrapant son balai, il sortit.

Le vent glacial fouetta immédiatement son visage. Il ne restait que deux semaines avant Noël et l'école entière était recouverte d'une belle couche de neige. Magique. Bien sûr.

Il se posta dans la ligne des joueurs et écouta vaguement Madame Bibine répéter le même discours. Fairplay. Bla bla bla. Esprit sportif bla bla bla. Meilleure équipe gagne. Coup de sifflet.

Il donne un coup de pied au sol et s'envola immédiatement. Potter ne lui avait pas jeté le moindre regard. A bien y réfléchir, ces derniers temps, il semblait étrange. Perturbé. A chaque fois qu'ils avaient discuté, il devait répéter les choses plusieurs fois pour que le survivant ne semble intégrer ses paroles.

Et cela avait eu le don d'exaspérer le Serpentard. Pour qui se prenait-il pour lui faire constamment répéter ce qu'il disait…?

Survolant le terrain, il plissait les yeux à la recherche du vif. Plus vite ce match serait gagné, plus vite il pourrait retourner au chaud.

Il ferma les yeux une demi-seconde et soupira. Depuis plusieurs semaines il se rapprochait de Potter. Il ignorait la pression du Lord sur ses épaules. Il snobait Dumbledore qui cherchait constamment à lui soutirer des informations sur sa relation avec le survivant. Il évitait soigneusement son parrain qui, il en était certain, n'était absolument pas dupe de la situation. Il se fichait allègrement de tout ça. Du moins, du mieux qu'il le pouvait.

Par Merlin. Plus les jours avançaient et plus il se voyait obligé d'accepter la situation. Potter n'avait rien à voir avec ce qu'il s'imaginait. Potter avait vraiment besoin que quelqu'un veille sur lui. L'empêche de faire des stupidités à longueur de temps. Et il avait pris ce rôle. Discrètement.

Il s'était introduit dans le quotidien du Sauveur du Monde. Il lui rodait autour et interdisait son accès à tous ces gêneurs. Il filtrait ceux qui s'approchaient. Et tout aussi vicieusement, il s'occupait sous le manteau des élèves suffisamment bêtes pour le provoquer. Et il savait parfaitement quelle image il renvoyait de lui.

Potter était la chasse gardée de Draco Malefoy. Et c'était maintenant un fait établit pour tout Poudlard. Et les avis divergeaient à ce propos.

Pour certains, cela allait de pair avec le comportement habituel du jeune héritier. Après tout, il s'était toujours montré possessif et jaloux de ce qu'il considérait comme "à lui". Il ne partageait pas. Exclusif et égoïste. Y compris envers son rival. Personne n'avait le droit de prendre l'ascendant sur Potter. Il était celui qui avait l'exclusivité pour lui pourrir la vie. Pour les autres, il s'agissait là d'une relation complètement nouvelle. Et petit à petit on murmurait doucement que le blond et le brun partageaient peut-être plus que de l'amitié.

Ridicule. Potter était tout ce qu'il y avait de plus hermétique aux émotions. Ou non. Il semblait complètement ignorant de celles-ci. Draco avait été surpris. A force de s'entraîner avec lui en occlumancie, il avait noté ce détail.

Harry Potter était anesthésié de l'intérieur. Il était vide. Oh il semblait ressentir la colère, mais tout le reste de ses émotions semblaient joyeusement se mêler à l'intérieur de lui dans un informe magma noirâtre qui l'engloutissait souvent.

Jamais, à aucun moment, il n'avait senti autre chose chez lui que le vide ou la colère. Pas de joie. Pas de calme. Et le pire avait été cette absence de peur… Comme s'il l'avait enfoui ou...abandonnée en chemin quelque part.

Au fil de leurs discussions, et avec les petits indices lâchés ici et là, Draco avait également pu, partiellement, reconstituer l'enfance de son rival. C'était pitoyablement laid. Il avait encore du mal à encaisser certaines informations. La "chasse au Harry". Et plus il creusait, plus c'était sombre. Par moment, il se demandait si l'esprit du survivant n'était pas juste un puit sans fond. On avait beau creuser, encore et encore, on ne tombait que sur plus de noirceur. Plus de ténèbres.

Et pourtant il se tenait là, debout. C'était un miracle. Sauf que, par moment, il semblait à bout de souffle. Il lui avait parlé un peu des différents entretiens avec le directeur. De ce qu'il lui demandait. De ce qu'il attendait de lui. Des leçons de morales sur sa vraie mission.

Quand il revenait, il semblait toujours sur le point de se casser un peu plus. De se fissurer. C'était angoissant. Parfois il se demandait quel serait le choc de trop pour Potter. Qu'est ce qui finirait de le briser…? Et quel en serait le résultat… ?

Il prit une inspiration et sentit l'air glacial envahir sa cage thoracique, envoyant un frisson dans son corps.

Est-ce qu'il serait suffisant pour l'empêcher de sombrer…? Parce qu'il avait pris cette décision il y avait plusieurs mois. Celle de se tenir à ses côtés. Et jusqu'à présent il ne regrettait pas. Pire. Oh oui c'était bien pire que cela même.

Parce que pour lui, Harry Potter, venait très clairement ces derniers mois, de percer sa carapace. Et plus les jours s'écoulaient, plus la vérité se répercutait sur ses comportements. Potter était à lui.


Harry volait. Sans la moindre conviction. Il avait les sourcils froncés et ne cessait de jeter des regards anxieux à la loge des professeurs. Vide. Sa place était vide.

Snape. Il avait été convoqué par le lord plus tôt dans la journée. Harry l'avait vu se crisper de douleur quand la marque sur son bras s'était manifestée. L'homme en noir s'était levé et avec le visage aussi impassible qu'habituellement, il avait demandé à Harry d'aller en cours. Il lui avait dit qu'il serait probablement là pour le match.

Mais il n'était pas là. Nerveusement, il resserra le manche de son balai entre ses doigts gelés et passa sa langue sur ses lèvres desséchées. Il devait venir.

Le Quidditch n'était plus le même depuis qu'il avait quelqu'un qui était là pour admirer ses prouesses… Il n'avait plus joué de manière aussi agressive et inconsciente que la première fois...Mais à chaque fois, le professeur lui avait fait un petit commentaire sur le match. Et maintenant, il les attendait avec impatience. Alors il devait venir.

Sauf qu'il avait un mauvais pressentiment. Très mauvais. Des frissons remontaient le long de sa peau, dressant ses poils sur sa nuque. L'air devint encore plus froid et le vent souffla avec violence.

Et la vision s'imposa à lui d'un coup. Avec tellement de force qu'il manqua tomber de son balai. Il le torturait. Il lui lançait Doloris sur Doloris. Il riait alors que son tuteur, haletant, se tordait au sol.

Le survivant vacilla et dû se concentrer pour ne pas chuter, il guida son balai au sol à vive allure, s'écrasant sur le sable et prenant sa tête entre ses mains. Il luttait. Il luttait pour ne pas laisser accès à ses propres souvenir au Lord. Il lui laissait la place de lui montrer les sévices du Maître des potions mais refusait de lui donner accès à plus.

Et brusquement tout s'arrêta. Tremblant, il ne nota même pas la présence des personnes autour de lui. Comme un automate, il lâcha tout. Dumbledore. Il devait prévenir l'Ordre. Pâle comme un fantôme, sa cicatrice saignait, couvrant son visage de sang. L'attaque psychique trop violente, ses yeux étaient rouges, les petits vaisseaux ayant explosés.

- Harry ?

Il sursauta. Derrière lui s'approchait Dumbledore accompagné de Mcgonagall.

- Potter ?

Nouveau sursaut alors qu'il levait un regard hagard sur deux yeux gris. Draco. Il vacilla et la main pâle le stabilisa brusquement. Mais il ne pouvait pas parler ici. Pas devant tout le monde. Le directeur, les sourcils froncés s'approcha et fit s'écarter tout le monde. Draco refusa tout net de bouger.

- Harry ? Que se passe-t-il mon enfant ?

Il avala sa salive. Sa gorge était nouée alors que ses pupilles les dilatées semblaient fixer quelque chose que lui seul semblait voir.

- Le professeur Snape

Immédiatement le vieil homme l'attrapa par le bras et l'entraîna avec lui. Ses gestes n'étaient pas doux. Resserrant ses longs doigts fins et osseux sur son bras, il tira le survivant avec lui.

- Je vois ! Un étourdissement dû à vos migraines ! Allons à l'infirmerie ! Madame Bibine ! Relancez donc le match !

Impuissant, le survivant suivit. Et le Serpentard fut obligé de rester sur le terrain, rageant.

Quand ils arrivèrent dans le bureau du Directeur, Harry tremblait. De froid. D'angoisse.

- Raconte-moi ce que tu as vu.

- Il...Il torturait le professeur Snape Monsieur…

Dumbledore se crispa. Son regard se fit glacial. La couverture de son meilleur espion avait-elle sautée…?

- Sais-tu pourquoi Harry ?

- N..Non… Il semblait s'amuser...mais en même temps il était frustré..

- Sais-tu si Severus a été découvert ?

- N...Non Monsieur

Le vieil homme soupira alors qu'il débutait les cents pas dans son bureau.

- Je vais contacter Lucius et Narcissa. Peut-être en sauront-ils plus. Et le cas échéant, ils pourront peut-être venir en aide à Severus.

- … Peut-être ?

- As-tu bien protégé tes souvenirs Harry ?

- Oui Monsieur. Je vous l'ai dit, je me suis entraîné. Que vouliez-vous dire par peut-être ?

Soupirant, le mage caressa lentement sa longue barbe blanche.

- Si la couverture de Severus a été compromise et qu'il est entre les mains de Tom, il ne nous sera pas possible d'aller l'aider… Et nous devrons, également, mettre en sécurité la famille Malefoy. Et donc, nous perdrions tous nos espions dans le camp des ténèbres. Enfin. A part toi Harry.

Le jeune homme était figé. Les yeux légèrement écarquillés. La situation le frappait de plein fouet. Il...pouvait perdre son tuteur…?

- Cette guerre….allait encore lui prendre quelque chose…? Alors qu'il avait enfin croisé la route d'un adulte responsable..? D'un adulte qui le respectait et qui s'était décidé à l'aider…?

- V...vous ne pouvez pas l'abandonner après tout ce qu'il a fait…

- Harry… Severus était parfaitement au courant de la dangerosité de sa position… Il savait que certaines situations ne nous permettraient aucune intervention.

- … Non.

- Harry…

- Non. S'il ne revient pas… J'irais moi-même le chercher.

Il s'était levé. Et pour la première fois, il s'opposa frontalement au sorcier. Les yeux brûlants de colère, la magie s'agitant autour de lui dangereusement, faisant trembler les peintures qui ornaient les murs.

- Vous allez réfléchir à ce que vous pouvez faire… Parce que sinon, je vous préviens, j'irais personnellement provoquer le lord. Je me mettrais en danger constamment. Jusqu'à ce que vous fassiez le nécessaire… Je ferais échouer tous vos projets. Sans exception.

Le vieil homme se crispa doucement alors que le survivant le menaçait.

- Harry...tu ne sais pas ce que tu dis. Pense à ceux qui pâtiront de ton comportement…

- Je m'en fous. Essayez seulement de m'enlever Snape… On verra bien les conséquences…

Debout, bras croisés sur le torse, le survivant le fixait avec un air mauvais sur le visage. Il ne ressemblait plus du tout au jeune malléable des premières années. Méfiant, sur la défensive, agressif. On aurait dit un animal blessé et traumatisé qu'on avait acculé dans un coin. Sauf que ce n'était pas pour sa vie qu'il se battait. Il semblait d'ailleurs se ficher complètement de la mettre en jeu. Et c'est bien ce qui convainquit le sorcier qu'il était sérieux.

L'éclat vide et dangereux des prunelles vertes. La voix rauque et calme. L'absence d'émotion dans sa tirade.

- Je vais déjà prévenir l'Ordre. Peut-être que tout cela n'est pas si grave qu'on ne le pense… Après tout, Severus a souvent été torturé par Tom…

- Vous devriez penser à avoir l'air plus désolé que cela quand vous parlez de ceux qui souffrent pour votre plus Grand Bien…

Dumbledore prit une courte inspiration contrariée. Cet enfant n'avait pas la moindre idée de ce dont il parlait. Il venait lui donner des leçons alors qu'il n'avait pas le dixième de son expérience. Maîtrisant ses humeurs il sourit.

- Bien sûr mon enfant. J'essaie juste de ne pas être alarmiste… Maintenant...Je te propose de retourner dans les quartiers du professeur. Peut-être que celui-ci va rentrer... Je te tiens au courant après avoir joint les Malefoy.


Il toussa. Le sang gicla sur le marbre blanc du Manoir. Sa respiration sifflait horriblement alors que ses côtes s'enfonçaient dans les poumons affaissés de sa cage thoracique. Il sentait le sang couler doucement dans son dos.

Le lord n'avait pas été de main morte. Il l'avait puni. Puni de ne lui avoir ramené aucune information utile depuis des mois. Puni pour son incapacité à lui ramener Potter. A découvrir ce qui avait changé chez le Survivant.

La douleur de son crâne était atroce. Les attaques psychiques avaient duré bien trop longtemps. Et sans le sort d'Occultus Secretum, il aurait certainement découvert quel lien il entretenait avec le Survivant.

Il sentit des mains sur lui. Il entendit vaguement quelqu'un jeter un sort et il comprit qu'il lévitait. Il avait mal. Ce n'était pas la première séance de torture qu'il subissait, mais cette fois le Maître s'était acharné. Doloris. Sectumsempra. Diffindo. Et Nabini. Le serpent lui avait probablement cassé une jambe en s'y enroulant et créant une pression monstrueuse sur ses os.

Il sentit sa conscience s'effacer petit à petit. Le noir remplaçait ses pensées cohérentes et il se sentait tomber. Tomber. Et tomber.


Quand Lucius Malefoy sortit de la cheminée des appartements de Snape, Harry était dans un état de nerf affolant. Sa magie à peine contenue, il faisait les cents pas dans le salon. Il sursauta violemment quand la cheminée crépita furieusement et recula, baguette en main.

La première chose qu'il vit furent les cheveux blonds. Ensuite la canne. Il comprit rapidement qui arrivait. Il allait s'approcher quand il se figea. L'homme avait la baguette levée et derrière lui apparut un corps en lévitation. Narcissa Malefoy se tenait à ses côtés, baguette pointée sur la poitrine de Snape, elle psalmodiait sans cesse, concentrée au vu de ses sourcils froncés et son teint blafard.

- Monsieur Potter ! Allez chercher Madame Pomfresh je vous prie.

Inutile. Il fixait son tuteur alors que le sang se retirait de son visage. Snape était là, encore plus pâle que d'habitude. Il avait les cheveux poisseux de sang. Le liquide carmin gouttait au sol sous son corps. Sa jambe droite avait un angle particulier.

Vernon. La douleur. Les coups. Le calvaire. Seul. Le noir.

Les pupilles dilatées par l'angoisse, il ne fit plus attention à rien. Lucius avait beau l'interpeller il était sourd. Il s'approcha brusquement de Snape alors que l'homme blond le déposait sur la table de la salle à manger et sa magie les entoura tous les deux avec férocité. Les deux Malefoy furent éjectés.

Le survivant se tenait à côté du Maître des potions, il fixait les deux adultes avec haine alors qu'il murmurait un sort. Il ne semblait plus vraiment lui-même. Autour d'eux venait de se former un bouclier.

- Monsieur Potter. Pourrais-je savoir ce qu'il vous prend…?

- Lucius...je ne suis pas certaine qu'il soit en état de…

- Narcissa… Passe par la cheminée pour prévenir le vieil homme et qu'il ramène ici cette infirmière…

- Tu...Je ne suis pas certaine que

- Obéis.

La femme lui jeta un regard peu amène. Il paierait plus tard sa manière cavalière de lui parler. Pour le moment il y avait d'autres priorités. Elle disparut dans la cheminée après y avoir jeté une poignée de poudre de cheminette.

- Monsieur Potter… Je vous prierais d'abaisser votre bouclier… Severus a besoin de soins..

- Reculez.

Lucius haussa lentement un sourcil et prit finalement la peine de détailler l'adolescent. Son fils lui en avait parlé. Souvent. A tel point qu'il trouvait que leur relation était...étrange. Mais soit.

Il était puissant. Incroyablement puissant sous ses airs fragiles. A vrai dire non. Il était dans l'obligation de réviser ce premier jugement. Potter n'était pas puissant. Il était dangereux. Instable ET puissant. La combinaison parfaite pour que tout cela dégénère au moindre grain de sable dans les rouages.

Il avait changé depuis leur dernière rencontre. Il avait un peu grandi. Il restait mince, trop même. Ses cheveux avaient poussé, il les avait rassemblés sur le haut de sa tête en un chignon vite fait. Il ne portait plus non plus de lunettes et pour le moment, ses yeux verts brillaient avec force au milieu de son visage couvert de sang.

Comment un enfant pouvait-il présenter ce genre d'expression. Mais au final, en se rappelant ce que Severus avait dit ou laissé entendre, il supposait qu'il s'agissait là de la simple résultante d'une éducation négligée, de sévices répétés et de manipulations constantes.

Ainsi voilà à quoi ressemblait un esprit sur le point de se briser. Et, ironie du sort, il s'agissait de celui de l'enfant de la prophétie. Est-ce que cela en faisait partie…? Est-ce que cette prophétie ne pouvait se réaliser qu'au travers de la douleur et du sang…? Probablement. Le chemin de la liberté était souvent jonchée de cadavres.

Potter le fixait sans bouger. Ses pupilles vertes brillaient d'un éclat sinistre. Aucun doute qu'il attaquerait sans hésiter à la moindre menace. C'était étrange. Très étrange de retrouver le fils de cet homme en train de défendre de son propre corps celui qu'il avait tant persécuté.

Mais il s'agissait aussi, comme son vieil ami le lui avait fait remarquer, du fils de cette femme. Cette moldue pitoyable qui avait préféré ce vantard. Et qui, par-là, avait précipité la chute de toute sa famille.

- Monsieur Potter...Je vais reculer… Mais j'aimerais que vous laissiez Severus se faire examiner. Il est gravement blessé.

Mais le Survivant ne répondit pas. Il restait là, planté devant son tuteur, baguette en main. Quand Pomfresh entra avec fracas dans la pièce, elle stoppa net.

- Monsieur Malefoy ? Oh mon dieu Severus ! Harry !

- Reculez.

A nouveau, la femme s'arrêta net. Elle fronça son nez doucement et fixa le jeune homme brun qui lui barrait le passage.

- Harry… Laissez moi appro...

- J'ai dit. Ne vous approchez pas.

La femme avait maintenant l'air inquiet alors que Lucius reculait silencieusement, faisant signe à son épouse de ne pas bouger de l'entrée.

- Severus a besoin de soins…

- RECULEZ !

La magie venait d'envahir la pièce, les meubles et le sol tremblants sous sa force. Il tremblait lui aussi. Tenant sa baguette si fort que la jointure de ses doigts était blanche. Sa voix, malgré son cri, semblait sur le point de se briser. Et la lumière se fit dans la tête de l'infirmière.

- Harry… Écoute moi. Severus n'a rien à voir avec ta famille… Il est blessé certes… Mais c'est Tu-Sais-Qui le responsable… Et tu le sais. Laisse-moi m'approcher. Je t'ai soigné aussi. Tu sais parfaitement que je ne vous ferai aucun mal. Tu resteras avec moi si cela te rassure. Mais il saigne et il souffre certainement. Tu ne souhaites pas qu'il ait mal ? Je dois lui donner une potion pour la douleur…

L'adolescent se tenait devant son tuteur, prêt à se battre. Le visage couvert de sang et l'air blafard. Jusqu'à quel point les souvenirs venaient le hanter dans ce genre de moment sous tension ? Poppy regrettait réellement de ne pas pouvoir l'écarter une bonne fois pour toute de toute cette guerre malsaine. Mais il était une pièce trop importante de toute cette folie.

Elle se tendit quand il abaissa lentement sa baguette, crispant ses doigts dessus.

- Juste vous alors…

La demande était claire. Tout autre personne devait quitter la pièce. Une seconde plus tard, Lucius Malefoy poussait délicatement son épouse vers la cheminée. Ils allaient rejoindre le bureau du Directeur en attendant des nouvelles. Quand enfin la pièce fut vidée de ses gêneurs, Harry s'écarta.

Tremblant, il posa son regard inquiet sur son tuteur. Est-ce qu'il risquait de mourir…? Incapable de détacher les yeux du sang qui gouttait au sol, créant une tâche sombre sur la pierre, il tenta de se contrôler.

Il devait laisser l'infirmière le soigner. Elle ne lui ferait pas de mal.


Deux heures plus tard, Poppy quittait les appartements du Maître des potions pour rejoindre le bureau de Dumbledore. Quand elle sortit de la cheminée, elle y trouva non seulement le couple Malefoy mais également plusieurs autres membres de l'ordre.

- Poppy… Comment va Severus…?

Le directeur, assis à son bureau, une tasse de thé sous le nez, arborait son air jovial habituel.

- Mieux à présent. Mais il a été sérieusement blessé. Vous-Savez-Qui s'est acharné sur lui cette fois. Cela devient trop dangereux Albus ! C'est de la folie de l'exposer à cela ! Nous avons de la chance qu'il ne soit pas mort.

- Je le sais ma chère, mais, comme je le disais à Harry, Severus connaît parfaitement la dangerosité de sa mission et y adhère.

- Ah vraiment.

Lucius, la voix traînante, tasse de thé à la main, toisa le directeur d'un air méprisant.

- Je pense surtout que vous vous servez de Severus et de sa culpabilité depuis de trop nombreuses années Albus.

- Enfin Lucius. Vous savez très bien que tout cela est un mal nécessaire.

- Oui. Le plus Grand Bien. Nous connaissons le refrain maintenant.

- Oui. Malheureusement nous n'avons pas d'autre choix.

- Albus. Je vous en prie. Je pense que Severus a bien assez servi la cause… Et je pense que maintenant son rôle auprès de Harry est primordial…

Le directeur haussa doucement un sourcil à l'intervention de sa vieille amie et se pencha sur le sujet.

- A ce propos. Pourriez-vous me confirmer ce que Lucius m'a raconté…?

La femme jeta un œil surprit à l'aristocrate et son épouse avant de revenir au directeur.

- Monsieur Potter avait lancé un protego autour de Severus et il était évident qu'il aurait attaqué n'importe qui les menaçant.

- Je pense qu'il est plus juste de dire qu'il aurait donné sa vie pour Severus.

Lucius, encore, intervint.

- Il me semble que votre petit protégé s'est trouvé une autre figure paternelle Albus. Et qu'il est prêt, comme sa mère, à se sacrifier pour ceux de sa "famille".

Le sang-pur ricanait presque de voir que le sorcier avoir été pris à son propre piège. Il avait certainement pensé que vu l'entente initiale de ces deux là, il garderait la mainmise sur le survivant. Erreur. Son règne était terminé, au profit d'un autre de ses pions.

Le sorcier semblait d'ailleurs, légèrement agacé de cet état de fait. Mais l'expression disparut bien vite de son visage.

- Bien sûr, Harry a toujours été un bon garçon. Cela ne m'étonne pas qu'il se soit érigé en protecteur.

Le blond grinça des dents alors qu'il entendait presque ce que le vieux mage n'avait pas dit. "C'est pour cela que je l'ai élevé. Se battre pour la justice, se sacrifier".

- Le jeune Potter semblait… hors de lui. Je suis inquiète Albus. Il a besoin de plus de calme. Il a refusé que je l'approche. J'ai quasiment dû le supplier pour le soigner.

- Le soigner Poppy…?

Tous les adultes présents regardèrent le directeur. Surpris, dégoûtés, blasés.

- Dois-je vous rappeler que votre précieux Sauveur du Monde venait de subir l'attaque du Maître…? Quand je suis arrivée il était encore couvert de son propre sang.

Dumbledore eut la décence d'avoir l'air un peu gêné avant de rapidement reprendre contenance.

- Harry a refusé toute aide que je lui ai proposé… J'ai pensé qu'il se soignerait le temps que je m'occupe de la situation concernant Severus.

Menteur. Cet homme donnait des frissons à Lucius et Narcissa. Poppy semblait mal à l'aise, tordant nerveusement ses doigts. Finalement, ce fût Maugrey qui intervint.

- Nous devons discuter de la place de Snape. Savoir s'il a été découvert. Voilà notre priorité.


La douleur était toujours présente mais moins intolérable. Petit à petit son esprit s'éveillait. Il était allongé. Et il n'avait pas froid. Les sensations lui revenaient par pallier. Le toucher. La température. L'odorat.

Il se trouvait chez lui. Cette odeur de potion en était la preuve. Il bougea lentement les doigts. Dans son lit très probablement.

Puis les souvenirs l'envahirent. Il se crispa une seconde alors que les images de torture défilaient sous ses paupières closes. Comment avait-il réussi à rejoindre ses appartements après ça…? Aucune idée.

Brusquement il se figea. Près de lui, il entendait une respiration. Lentement, avec de nombreuses précautions, il ouvrit les yeux.

La pénombre de la pièce était rassurante. Quelques bougies éclairaient un coin de la pièce. Un feu de cheminée en réchauffait l'air. Il soupira doucement et tourna son regard.

Harry se tenait là. Endormi. Assis au sol, sa tête avait basculé et s'appuyait sur le matelas. Les genoux remontés contre son torse et ses bras les entourant, il ressemblait à un enfant des rues.

Il portait sa tenue de Quidditch. Il était tâché de boue. Et sur son front, Severus pouvait encore voir des traces de sang séchés. Ses cheveux longs étaient tellement emmêlés que cela faisait peine à voir.

Par merlin tout puissant. Qu'avait donc encore fait cet enfant pour se retrouver dans cet état là…?

Scannant mentalement son corps, il fit le compte des différentes blessures. Poppy avait dû passer par là, la traces de certains sorts flottant encore autour de lui. Après avoir jugé que son état lui permettait de bouger ses membres, il se redressa. Il put constater alors qu'il ne portait qu'un bas de pyjama noir. Il était torse nu. Et couvert de bandages. Il avait dû être sacrément blessé.

Tournant à nouveau la tête vers son pupille il fronça les sourcils. Il venait de noter qu'il tenait sa baguette entre ses doigts comme un forcené. Alors avec délicatesse il posa sa main sur son crâne.

- Harry.

La réaction fut violente. Le gamin sursauta, s'écarta vivement et pointa immédiatement sa baguette devant lui, un protégo entourant le professeur pour former une bulle autour de lui.

La vivacité du jeune homme surprit et attrista l'adulte. A quel point un enfant devait-il être frappé pour qu'un simple effleurement ne le mette dans un état pareil…?

- Pr...Professeur…? Vous êtes réveillé…?

- De toute évidence… Qu'est-ce que tu fais là… ? Dans cet état…?

Qui était les imbéciles d'adultes qui n'avaient pas jugé nécessaire de demander à son pupille d'aller au moins prendre une douche. Il regardait maintenant l'adolescent avec les sourcils froncés. Il tremblotait de froid, était tout pâle et avait le regard hagard.

- V...Vous allez bien….?

Snape releva les yeux des tâches de terre pour examiner son visage. Salazar. Pourquoi avait-il du sang sur le front encore ? Il soupira doucement et hocha la tête.

- J'ai connu mieux. Mais il semble que les bons soins de certaines personnes aient réparé les dégâts.

- Je...mer..merci...Merlin….merci...j'ai cru que vous alliez mourir… Il y avait...vraiment beaucoup de sang…

Quelque chose n'était pas normal dans le comportement de Potter. Il ne fallut pas plus d'une seconde au Maître des potions pour le remarquer. Il fronça un peu plus les sourcils et se concentra sur l'adolescent.

- Que s'est-il passé exactement…?

Harry se tenait devant le professeur. Épuisé. Il tremblait de fatigue et de froid. Deux jours qu'il veillait non-stop sur son tuteur. Il avait refusé que qui que ce soit n'entre ici à part Pomfresh. Il s'était fait un sang d'encre. Il s'était presque rongé les mains d'angoisse. Il surveillait sa respiration chaque minute. Vérifiait à chaque instant que les bandages restent intacts de toute trace de sang. Et il priait. Il priait tout ce qu'il connaissait que tout cela se termine bien. Alors, de le voir éveillé, lui parlant comme à son habitude, le regard légèrement agacé, lui ôta les dernières forces qu'il lui restait.

Il sentit ses jambes le lâcher alors qu'il s'approchait du professeur. Et pour la première fois de sa vie il amorça de lui-même un contact avec une autre personne.

S'écroulant presque sur l'adulte, il passa ses bras autour de son cou et le serra de toutes ses forces. Sans le moindre bruit, il pleura.

Snape avait écarquillé les yeux et s'était figé. Le Survivant s'était écroulé contre son torse et il pouvait sentir son corps gelé trembler convulsivement contre lui. Il entendait sa respiration hachée et devinait presque les larmes qu'il devait verser silencieusement.

Immobile et interdit, il n'esquissa pas le moindre geste pendant une bonne minute avant que, lentement, sa main droite ne vienne se poser à l'arrière du crâne de l'enfant. Il soupira. Ferma les yeux et passa son autre autour de lui pour poser sa main sur son dos.

C'était étrange et un peu gênant mais au fond, il avait plutôt l'impression de tenir contre lui un gosse de 5 ans plutôt que le grand Harry Potter.

- Chut. Calme-toi.

- Je..je l'ai vu. Il m'a montré. Tout. Tout ce qu'il vous a fait. J'y ai assisté.

L'adulte se crispa et maudit silencieusement la perversité de son ancien maître. Doucement, caressant le dos du jeune homme il tenta de le rassurer. Il supposait que c'était comme cela qu'on devait s'y prendre…?

- C'est terminé. Je suis vivant et rien ne m'a été fait d'irrémédiable. Calme-toi.

- Vous ….si vous mourrez…. q..qui s'occupera de moi…?

L'angoisse à peine contenue dans la question était palpable et l'adulte soupira.

- La question ne se pose pas. Je ne mourrai pas Monsieur Potter. Pas avant de vous avoir inculqué chaque bonne manière dans le crâne.

- Ne mourrez pas.

- Non.

- Je veux pas encore être seul.

- Compris.

Le jeune homme se tût. Mais il était incapable de lâcher pour l'instant. Il avait besoin de se rassurer. Et l'étreinte dura encore quelques minutes avant que le maître des potions ne l'oblige à se détacher de lui. Il lui semblait que le temps passé à le rassurer devait être acceptable.

- Harry. Va prendre une douche. Tu es gelé. Et il est inacceptable que tu tombes malade. D'ailleurs. Il faudra me dire qui t'a laissé dans cet état.

L'adolescent, debout à côté du lit était maintenant rouge de gêne. Il regardait ses pieds et ne savait plus comment se comporter. Snape, quant à lui, assis au bord, ne semblait pas plus impassible qu'à son habitude. Ignorant simplement ce qu'il s'était passé. Ou faisant de son mieux pour donner l'impression que tout ceci n'avait rien d'incroyable. Rien du tout.

- Je...c'est à dire que… je leur ai...pas vraiment laissé le choix…

- …. Développe…?

Il atteignait des sommets au niveau de l'embarras. Pourquoi fallait-il toujours qu'il agisse sans réfléchir.

- Je...j'ai refusé de vous quitter...au cas où…?

- Au cas où quoi….?

- Je...Je sais pas…?

- …. Je vois que j'ai encore du travail pour te faire entrer du bon sens dans la tête. Va te doucher.

Harry n'hésita pas et fila sans demander son reste. Mais il fut retenu encore une fois par Snape.

- Attend. Avant, désactive ton Protego.

Le jeune homme écarquilla les yeux avant de reculer. Il secoua la tête, murmura un "non" et quitta la chambre sous le regard éberlué de Snape. Pour qui se prenait ce gosse exactement ?

Plus qu'agacé, il s'habilla rapidement avant d'aller se pencher sur la cheminée, y lançant de la poudre.

- Poppy…? ...Lucius…? Qu'est-ce que tu fais là…?

Une minute plus tard, il reculait alors que l'infirmière sortait de l'âtre, prête à lui faire passer un bilan complet. Lucius, lui, suivait, l'air toujours aussi parfait.


Sous la douche, le survivant avait un peu de peine à réaliser ce qu'il c'était passé ces derniers jours. Par contre, ce qu'il réalisait, c'était qu'il s'était encore comporté comme un fou.

Un rire amer sortit de sa gorge alors qu'il imaginait sans peine ce qu'on pouvait dire de lui. Il avait pété un câble. Encore. Plus les années avançaient et plus il avait l'impression de perdre pied. Il ne se reconnaissait pas dans ce genre de moment. Il devenait complètement irrationnel et il commençait sérieusement à en avoir peur.

Et il y avait eu ce moment de lâcher prise avec Snape. Et étrangement, il ne l'avait ni rejeté, ni engueulé. Il s'était contenté de le rassurer. Il ne savait pas trop ce que cela voulait dire mais il manqua s'étouffer de gêne alors qu'il se disait qu'il ressemblait de plus en plus à un père pour lui.

Il coupa l'eau et sortit. Il se sentait un peu réchauffé, mais surtout il reprenait visage humain. Il se sécha, cheveux compris, avant d'aller enfiler des habits propres. Quand enfin, il sortit de sa chambre, il retrouva son tuteur assis au salon, plongé dans ses pensées. Il s'approcha timidement.

- Professeur…?

Il le vit revenir sur terre et lui jeter un œil scrutateur. Il semblait vérifier, centimètre par centimètre, que tout allait bien pour son pupille.

- Retire le Protego Harry.

A nouveau, il refusa. C'était trop tôt. Il était encore blessé. Et si jamais il arrivait quoi que ce soit.

- Non…

- Harry. Retire-le. Je suis suffisamment fort pour m'en sortir sans l'aide d'un adolescent à peine capable de prendre soin de lui. Dépêche-toi.

Le regard sans équivoque du Maître des potions le fit frémir.

- Je...je préférerais… que vous le gardiez...je

- Non.

Il le vit se lever et s'approcher de lui, boitant. Il posa doucement une main sur son crâne et plongea ses yeux dans les siens.

- Je suis l'adulte ici et si quelqu'un doit être protégé c'est toi. Désactive le sort. Maintenant.

La main du professeur, ses paroles, et surtout, son regard firent capituler le survivant.

- Très bien.

Il retira son sort en murmurant. Mais il n'abandonnerait pas. Il surveillerait Snape…

- Harry….

- Quoi..?

Il serait temps que tu m'appelles Severus lorsque nous sommes en privé.


Draco rongeait son frein depuis presque trois jours. Faisant les cents pas en haut de la tour d'Astronomie, il était d'une humeur massacrante. Alors quand il entendit les bruits de pas et vit la porte s'ouvrir sur du vide, il se rua dans sa direction.

Une seconde plus tard, il plaquait violemment Potter au mur. Une main sur son torse, l'autre contre le mur à gauche de sa tête. Il avait le regard brûlant de colère alors que le brun le fixait, ébahis.

- Ne fais plus jamais ça Potter… Cela fait trois jours que t'as fait ta petite crise en plein milieu du match et pas la moindre nouvelle !

- Lâche-moi !

- Non. Ne me fais plus jamais ça t'as compris ?

Le blond était penché sur Harry. Son visage à quelques centimètres du siens. Il bouillonnait de rage. Il s'était inquiété comme un fou et le brun n'avait même pas daigné répondre à ses lettres pour savoir ce qu'il se passait. Il l'avait tout bonnement ignoré. Lui ! Draco Malefoy.

Harry suffoquait. Draco l'écrasait par sa présence et sa colère et il faisait des efforts monstrueux pour ne pas céder à la panique. Draco. Il s'agissait de Draco.

- Ne me donne pas d'ordres ! Dégage !

- Non.

Il s'était encore plus approché de lui et Harry pouvait maintenant observer les différentes nuances de gris dans les yeux acier.

- Je t'interdis de m'ignorer Potter. Je suis pas comme tes anciens petits camarades… Tu ne m'ignores pas. Jamais. Moi, tu ne me mettras pas de côté…

La tension montait dangereusement alors qu'Harry avait cessé tout mouvement. Il fixait Malefoy étrangement alors que le blond exultait de rage. Possessif. Agressif. Égoïste et égocentrique.

- T'es à moi Potter. Je te l'ai déjà dit, et moi, on ne me met pas de côté comme un vulgaire sorcier du peuple.

Harry sentait la panique refluer petit à petit en lui. Paradoxalement, ce comportement complètement extrême l'aida à garder les pieds sur terre. La rage du blond et le venin dans sa voix étaient autant d'éléments concrets. Et sous toute cette couche de rage se terrait l'inquiétude… Jamais aucun de ses amis ne s'était énervé comme cela quand il leur cachait des choses… Ils préféraient le "respecter" lui et son silence.

Pas Draco. Lui il refusait que le survivant ne s'entoure de son marasme dépressif et qu'il ne s'enterre lentement dans le silence. Il arrivait et le secouait sans la moindre once de pitié pour ce qu'il voulait. C'était apaisant.

- Malefoy. Calme-toi. Je suis désolé…

- J'en ai rien à faire de tes excuses Potter… Arrête de t'excuser et agis de manière à ne pas devoir regretter tes actes !

Le blond se recula d'un coup alors qu'Harry se prenait ses paroles en pleine figure. Il venait de toucher du doigt une vérité qu'il cherchait depuis longtemps. Regardant le Sang pur se reculer, il se décolla du mur lentement.

- Viens.

Il prit le poignet du blond et l'entraîna là, où d'habitude, ils s'asseyaient pour leurs discussions.

Draco se laissa faire. Mais il était évident qu'il se vengerait. Rien que d'y penser, le brun sourit. Par moment, il était vraiment trop puéril. Mignon…?