Bonsoir !

Je suis désolée pour l'attente, mais j'ai mis un certain tant à écrire ce chapitre qui m'a pourtant bien plu. On change de point de vue et les repères sont mis à mal. J'espère que ça va vous plaire. Je ne sais pas encore quand je posterai le prochain, mais je peux vous dire que les chapitres vont nettement s'allonger.

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !
J'avais dit que l'histoire serait courte, mais je ne sais honnêtement pas combien de chapitres il y aura. Plus que 10, cela va de soit.

Sur ce, bonne lecture !


C'était censé être un mardi matin comme les autres, seulement voilà. Harry Potter était arrivé au Ministère et en quelques secondes, il avait compris que le quartier des Aurors était inhabituellement animé. Une lettre était arrivée la veille au soir, elle avait patienté toute la nuit au milieu des autres courriers jusqu'au petit matin où elle avait été distribuée au Directeur du Département. Une lettre signée Drago Malfoy.

Quand il entendit ça, dans les murmures du couloir, Harry se précipita sur son bureau où il délaissa négligemment son manteau, ses gants et ses affaires avant d'aller toquer au bureau de son supérieur.

« Entrez ! fit la voix de l'autre côté.

Harry se jeta presque à l'intérieur. Sturgis Podmore n'avait pas vraiment changé depuis la fois où il avait escorté Harry jusqu'au Square Grimmaurd. Ce petit sorcier à la mâchoire carrée et aux cheveux jaune paille a laissé beaucoup de lui-même dans l'Ordre et dans les quelques mois qu'il a passé à Azkaban. Et Harry sait qu'il n'était Directeur des Aurors que pour rendre service à Kingsley en attendant que quelqu'un de plus jeune et de plus énergique prenne sa place. Peut-être bien Harry… Mais aujourd'hui ce n'est pas cela qui trotte dans l'esprit du brun.

– Vous venez concernant Drago Malfoy ? demande Sturgis.

– Oui. On dit que…

– Tenez, le coupa Sturgis en lui tendant un parchemin qu'il avait sur son bureau. »

C'était la lettre. Harry la saisit, les mains tremblantes d'excitation et d'appréhension.

Monsieur le Ministre,

Je serai en Angleterre le jour où vous lierez cette lettre et je suis prêt à me rendre aux autorités. Il y aura cependant plusieurs conditions à respecter sans quoi je disparaîtrais à nouveau.

Premièrement, je demande à être conduit directement à Sainte-Mangouste sans détention préalable pour que les médicomages effectuent le bilan de santé complet obligatoire du Ministère. D'autre part, je veux que ce soit la médicomage Hermione Granger qui s'en charge. Une fois cela fait, je veux avoir un entretien privé avec ma mère et un autre avec mon père. Vous ferez en sorte que je puisse le voir à Azkaban ou qu'il en sorte le temps de l'entretien. Enfin, je demande d'être jugé devant le Magenmagot avec l'impartialité et l'équité administrée à n'importe quel sorcier. Mais pour cela, je ne doute pas que votre nouveau gouvernement s'attellera à défendre ces valeurs de justice dont il est si fier.

Si vous acceptez mes conditions, signez cette lettre en guise de contrat magique. Je saurai quelle a été votre décision.

Avec mes sentiments cordiaux,

Drago Malfoy.

Harry était stupéfait. Pire que cela, il était outré. Et des dizaines de questions fusaient dans son esprit. Pourquoi Hermione ?

« Qu'est-ce que vous allez faire ? demanda-t-il à son supérieur. Kingsley a lu la lettre ?

– Oui, répondit Sturgis. Elle est arrivée au quartier des Aurors, mais elle lui était destinée en premier lieu. Et pour répondre à ta question, nous n'avons pas encore décidé.

– Il faut envoyer des équipes à sa recherche ! s'exclama Harry. Il est probablement à Londres pour pouvoir se tenir au courant de la situation. Je n'y crois pas… ce qu'il ose demander.

Sturgis observa Harry se plonger dans des réflexions profondes.

– Monsieur Potter, intervint-il, pensez-vous que Miss Granger ait une quelconque connaissance de ce qui peut pousser Monsieur Malfoy à une éventuelle reddition ?

– Non ! objecta Harry. C'est impossible. Elle est venue avec nous en Écosse pour le chercher et n'en a plus parlé depuis.

Mais plus il parlait, plus Harry doutait de ses propres affirmations. Hermione lui avait parlé de Malfoy, de son procès. De sa dette envers lui.

– Avez-vous une opinion sur la situation ? Si vous dirigiez ce Département, que décideriez-vous ?

Harry sentit que c'était le moment où jamais de faire ses preuves. Il fallait qu'il affirme ses capacités à mener la marche et l'idée de pouvoir confronter Malfoy après toutes ces années augmenta sa certitude.

– J'accepterais les conditions, déclara-t-il avec assurance. Même si le contrat est établi par la magie, Malfoy sera envoyé à Sainte-Mangouste et il sera facile de le faire surveiller par nos hommes. Et concernant ses autres demandes, il sera toujours temps d'y réfléchir et de s'y préparer quand le Ministère l'aura à l'œil. Qui sait combien de temps nous faudra-t-il pour remettre la main dessus s'il disparaît à nouveau ? Il doit payer pour ses crimes.

Sturgis hocha lentement la tête.

– Bien. Je vous ai entendu. Vous pouvez disposer, Monsieur Potter. Je vous ferai appeler si j'ai besoin de vous. »

L'impatience bouillonnant sous sa peau, Harry se leva docilement et quitta le bureau. Malfoy était certainement à quelques kilomètres de lui, narguant le Ministère et cela le rendait fou. Et pourquoi voulait-il absolument que ce soit Hermione qui le prenne en charge à Sainte-Mangouste ? Ne lui avait-il pas déjà assez fait de tort ? Ou cela avait-il un lien avec les événements d'Ilfracombe ? Les deux heures qui suivirent furent certainement les plus longues de l'année. Du coin de l'œil, l'Auror observait les allées et venues de ses collègues, trépignant d'en apprendre plus. Puis Sturgis sortit de son bureau et s'en alla dans le Département de la Justice, vers le bureau du Ministre. Il y reste de longues minutes pendant lesquelles Harry n'avança pas d'un pouce sur son travail.

Quand Sturgis réapparut dans le quartier des Aurors, il tenait dans sa main la lettre et était accompagné par le Ministre. Il appela Harry et un autre Auror à les rejoindre dans son bureau.

« Bien, fit le directeur en s'asseyant sur son fauteuil. Monsieur le Ministre et moi-même avons décidé d'aller dans le sens de ce que demandait Monsieur Malfoy dans sa lettre de ce matin. Nous pensons primordial d'appréhender les derniers Mangemorts qui sont encore dans la nature pour les amener devant la justice.

– Tout à fait, approuve Kingsley. Bien entendu, je compte sur le Département de la Justice et nos équipes de terrain pour prendre en charge la situation. Wilson, vous serez en charge de la surveillance de Monsieur Malfoy à Sainte-Mangouste et lors de tous ses éventuels déplacements. Le directeur Podmore vous assignera deux autres collègues. Harry, tu seras en charge de son interpellation et responsable de cette affaire.

Harry hocha la tête avec assurance et fierté alors que Kingsley les saluait pour quitter la pièce.

– Selon les dires de Monsieur Malfoy, enchaîna Sturgis, il devrait être au courant de notre décision. S'il ne se manifeste pas dans les vingt-quatre heures, nous aviserons pour envoyer des Aurors dans les lieux où il est susceptible de se cacher. Avez-vous des questions ?

Wilson secoua la tête, attendant qu'on désigne les collègues qui l'accompagneraient.

– Le bilan de santé obligatoire pour les sorciers qui sont jugés devant le Magenmagot est-il exclusivement réalisé en accord entre le Ministère et Sainte-Mangouste ?

– Les dossiers ne sortent pas des deux institutions si c'est ce que vous voulez dire.

– Mais si l'on ne fait partie ni de l'une, ni de l'autre, il n'y a aucune raison pour que l'on soit au courant de cette procédure, si ? s'enquit Harry qui commençait à avoir des pensées qui s'emmêlaient difficilement.

– Il ne me semble pas que cela ait fuité dans la presse, donc non, je ne pense pas.

Sturgis darda un œil perçant sur Harry.

– Avez-vous une idée particulière, Monsieur Potter ?

– Non, Monsieur, répondit distraitement Harry. Rien de particulier.

– Bien. Je vous demanderais d'aller informer Miss Granger de la situation dès que vous aurez le temps qu'elle se prépare. Quand nous aurons des nouvelles de Monsieur Malfoy, j'expliquerai notre arrangement à l'hôpital. Vous pouvez disposer. »

Harry et Wilson quittèrent le bureau et s'en retournèrent à leurs occupations en attendant qu'il se passe quelque chose de nouveau. Mais pendant le peu de temps qui lui restait avant la pause déjeuner , Harry ne cessait de chercher des réponses à ses questionnements. Et plus il réfléchissait, plus ce qu'il comprenait l'inquiétait. Lorsque tout le monde quitta ses occupations pour se diriger vers le réfectoire, il attrapa son manteau et ses gants avant de prendre l'ascenseur pour retrouver le hall et l'air de transplanage.

Il apparut sur le palier de l'appartement de sa meilleure amie et s'apprêta à toquer avant de se raviser. Son ventre était tordu et il ne savait pas si c'était la faim ou l'appréhension. Si ce qui avait effleuré mentalement comme la vérité, il redoutait d'être confronté à nouveau à des mensonges. Et comme il espérait se tromper ! Harry inspira profondément et laissa l'air s'échapper de ses poumons avant de fermer les yeux et se concentrer sur le salon de l'appartement qui lui faisait face.

Quand il rouvrit les paupières, il eut l'impression que tout se passa à une allure folle. Son cœur entamant une course effrénée en croisant le regard inquiet puis affolé de Drago qui sortait de la salle de bain. Son estomac s'écrasant dans ses chaussettes en voyant Hermione se précipiter devant le blond. Harry sortit sa baguette d'un geste vif alors que sa meilleure amie faisait pareil en tendant une main entre elle et lui, intimant tout le monde à rester calme.

« Harry, je t'en prie…, commença Hermione.

– Quoi ? s'écria le brun qui sentait la colère et l'incompréhension monter en lui en flèche.

– Je vais tout t'expliquer, reprit Hermione. Mais d'abord, on range nos baguettes.

Harry resta immobile, fixant intensément Drago qui ne bougeait pas non plus. Il n'avait jamais autant espéré avoir tort. Pourquoi ? Comment ? Depuis quand ?

– Harry…, appela doucement Hermione.

– Tu m'as menti, fut la seule chose qu'il arriva à dire.

Et il vit clairement le visage de sa meilleure amie se fendre de tristesse. Elle en était sûrement malade, mais cela n'arrivait pas à apaiser Harry.

– Pire que ça, ajouta-t-il. Tu m'as menti pour lui.

Hermione baissa sa baguette, abattue par ces accusations terriblement vraies qui la minaient.

– Je suis désolée, sincèrement, je le suis. Mais j'avais besoin de temps pour comprendre et pour me préparer.

– Depuis quand est-ce que tu caches Malfoy chez toi ?

– Je ne…, rétorqua Hermione avant de soupirer. Ça fait une semaine.

Cette fois, Harry baissa aussi sa baguette et tout le monde se détendit instantanément.

– Pourquoi est-ce que tu ne m'as rien dit ? demanda-t-il.

– Parce que c'est plus compliqué que ce que tu crois. Et qu'aurais-tu fait ? Ton travail, et je ne t'en blâme pas, mais tu aurais conduit Malfoy devant le Magenmagot sans chercher à comprendre.

– Comprendre quoi ? s'exclama Harry. C'est un Mangemort, il ne mérite rien d'autre.

Hermione détourna les yeux le mot la gêna soudainement beaucoup. D'un même regard, elle constata qu'une fine fumée s'élevait de la casserole qu'elle avait oubliée sur le feu. Elle s'éclipsa dans la cuisine, laissant les deux sorciers seuls. Harry reposa son regard sévère sur son ennemi et pour la première fois depuis qu'il était ici, il constata ce qu'il était devenu.

– Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? interrogea-t-il froidement.

– Qu'est-ce que ça peut bien te faire ? claqua Drago sur le même ton.

Leur premier échange depuis des mois, des années peut-être. Rien de bien étonnant.

– C'est pour ça que tu as envoyé la lettre ? Parce que tu as vraiment besoin d'aller à Sainte-Mangouste.

– Quelle lettre ? demanda Hermione qui revenait.

– Ah, fit Harry, il semble que votre petite histoire ait encore des zones d'ombre.

– Quelle lettre ? répéta Hermione en direction de Drago.

– Le quartier des Aurors a reçu une lettre ce matin, expliqua Harry. Malfoy se rend au Ministère sous certaines conditions.

– Quoi ? s'exclama Hermione. Mais pourquoi ?

– Parce que tu l'as dit toi-même, répondit Drago. J'ai besoin de soins et je t'ai causé suffisamment de problèmes.

– Hier…, souffla Hermione. C'est pour ça.

Drago balaya sa remarque d'un geste de la main, en même temps qui tentait de faire taire le sentiment désagréable qui s'insinuait dans son cœur.

– Tu savais que j'allais venir voir Hermione et donc, tu savais que tu apprendrais quand le Ministère aurait pris une décision, affirma Harry en direction du blond.

– Oui. Et j'en déduis donc que vous acceptez mes conditions.

– En effet. Et comme je suis responsable de ton interpellation, je te conseille de préparer tes affaires, enfin, si tu en as.

– Mais… On n'a pas encore mangé, objecta Hermione.

C'était tout ce qu'elle trouva à dire alors qu'elle sentait la situation lui échapper complètement.

– Tu ne peux pas partir comme ça, hésita-t-elle en parlant à Drago. Harry...

– Quoi ? Tu veux que je retourne au Ministère en faisant comme si de rien n'était ? Alors que je suis venu dans cet appartement cette semaine sans même me rendre compte que Malfoy était ici ? Tu parles d'un Auror ! Non, Malfoy, tu viens avec moi. »

Sur ces mots, il envoya un Patronus à Sturgis. Drago prit sur lui et laissa couler son regard sur la pièce. Non, il n'avait pas d'affaire ici. Il croisa le regard d'Hermione qui semblait profondément perdue. Tout avait changé en quelques minutes et elle ne savait plus quoi faire. Il voulut lui dire que ce n'était pas grave qu'il avait fait son choix et qu'il s'était préparé. Drago fit un pas vers Harry et ce dernier lui attrapa le bras, constatant avec stupéfaction sa maigreur.

L'Auror adressa un dernier regard dur à Hermione et il transplana, emportant avec lui son nouveau prisonnier. La jeune femme se retrouva seule dans le silence étouffant de son appartement, la tête tellement pleine de bruit qu'elle était sur le point d'exploser. Tout avait volé en éclats : son quotidien étrangement installé, la présence de Drago dans son salon, la confiance de son meilleur ami.

Comment Harry allait-il lui pardonner ? Les larmes vinrent aussi rapidement que la peur de le perdre et elle se laissa tomber sur le canapé, secouée par les sanglots et les tremblements alors que le repas commençait à brûler.