Guest : Merci de nous suivre tout au long de notre fic, tes messages nous vont droit au cœur.
Nous sommes ravies de te surprendre avec des couples hors du commun ! Nous te souhaitons une bonne lecture sur ce nouveau chapitre, à très vite !
Chapitre 9
La vie reprit son cours, doucement mais inexorablement, pour tous.
Même si Shion voulait en apprendre plus sur cette partie du passé de Mu qui visiblement le troublait et l'empêchait d'avancer et de guérir, son médecin lui avait bien recommandé de ne rien brusquer. De le laisser venir, parler tout en essayant d'en savoir plus. Néanmoins l'ainé n'était pas resté inactif et avait chargé Kanon d'explorer le passé de Mu et Lorcan, du moment où ils s'étaient rencontrés jusqu'à leurs ennuis à tous deux. Car au fond de lui, il sentait que les deux évènements pourraient bien être liés entre eux. Après tout, c'était presque à la même époque que tout cela état arrivé et savoir aujourd'hui que Mu, malgré lui, gardait ce secret au plus profond de lui le mettait hors de lui. Lorcan, à sa façon n'était pas en reste. Il explorait toutes les photos et vidéos de leurs années communes dans l'espoir d'y trouver un indice.
Mais pour tous, il était important de continuer à vivre et faire confiance à la police pour avancer dans l'enquête. Parce que Kilian ne devait se douter de rien et aussi pour que Mu se sente rassuré. Shion, Lorcan et Camus, aidé parfois de Shiryu et Dohko faisaient en sorte que le jeune musicien et l'enfant ne se retrouvent jamais seul dans la maison comme ça avait été le cas de Mu ce jour-là.
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Dans un quartier populaire de Paris, un jeune homme rentra chez lui et s'enferma dans son petit studio de location. Il retira ses lunettes, sa casquette et secoua sa chevelure grise, presque blanche, pour reprendre son aspect naturel. Et regarda autour de lui pour s'imprégner de l'atmosphère si particulière de son chez lui. Il alla lentement vers le lecteur CD pour insérer un des disques qui trainaient à côté, peu importe lequel, il était tous du même musicien, Mu Ariès. Les sons envahirent le petit studio et il regarda alors les murs ornés de posters du même musicien, jusqu'à en recouvrir tous les espaces et ailleurs, là où il n'avait pu en mettre, d'ingénieux systèmes de miroirs lui renvoyaient encore et encore l'image de l'être aimé.
- Tu m'as donné du mal mon petit Mu, mais je t'ai enfin retrouvé… dit-il en regardant un des posters. Je vais pouvoir te libérer.
Il s'installa à son bureau et alluma son ordinateur portable pour y décharger une à une les photos qu'il avait prises aujourd'hui en planquant devant sa maison. Toutes les personnes qui gravitaient autour de lui et qui, une à une, allaient disparaître. A commencer par Lorcan qu'il avait déjà tenté d'éloigner de lui une fois par le passé. Cette fois, il ne louperait pas son coup et Mu ne serait pas là pour intervenir au moment propice.
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Kanon regardait les photos et les éléments de l'enquête qu'il avait en sa possession, mais pour le passé, il lui fallait un peu d'aide. Il appuya sur une des touches rapides de son portable pour contacter le commandant qui avait suivi toutes les affaires concernant ses clients à l'époque.
- Allo ? Kanon ?
- Salut frangin, quoi de neuf par chez toi ?
Ils discutèrent un moment de tout et de rien avant que Kanon n'en vienne à l'objet de son appel. Il avait pris soin d'envoyer un peu plus tôt tout le dossier à son aîné, ce dernier les faisait maintenant défiler sur son écran.
- C'est un véritable taré ! fit Saga soudainement.
- Tu parles comme moi maintenant ? lui fit remarquer son cadet, mais ce dernier n'avait pas la moindre once de moquerie en ce moment.
Quand Saga employait un vocabulaire que lui-même utilisait fréquemment, c'est qu'il y avait vraiment quelque chose de pas net.
- Sérieusement Kanon, cette personne n'est pas qu'un simple cambrioleur, ce désordre apparent n'a rien de désordonné.
- C'est une mise en scène ?
- Absolument, c'est trop net.
- Pourtant c'est vraiment un foutoir ! ne put s'empêcher de remarquer le cadet.
- C'est voulu ! Je t'envoie les photos, vois par toi-même.
- Toutes ! Même celle qui te semblent sans intérêt, précisa son cadet.
- D'accord, d'accord, mais ça va prendre un peu de temps. Shaka est un pro de la photo et il en fait beaucoup trop.
- Un pro de la photo ?
- Oui, c'est un ancien photographe-reporter, il est parti partout dans le monde. Ces photos ont fait la une de certains grands magazines, et il a même eut le prix Pulitzer ! Mais bon, déformation professionnelle sans doute, son doigt est littéralement scotché au bouton de l'appareil photo et donc, beaucoup de photos a traitées !
- Râleur ! Envoie-moi ça ! rit son frère.
- Je te laisse, mon photographe est là.
Kanon voulu taquiner son aîné mais ce dernier avait déjà raccroché.
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En Grèce, Shaka venait en effet de pénétrer dans le bureau de son supérieur.
- Voici les photos de l'agression d'Aphrodite et celle de chez son agresseur, dit simplement le jeune homme en tendant une énorme enveloppe à Saga.
- Ça va me prendre un temps fou de tout envoyer à Kanon. Déjà rien que de scanner tout ça... fit Saga dépité. Qu'ai-je dis ? demanda soudain ce dernier en voyant le regard incrédule du photographe.
- Scanner ? Pourquoi faire ?
- Bah, pour l'envoyer par courriel à mon frère, il a été engagé par la famille.
- Ça j'avais compris, mais je ne vois pas pourquoi vous voulez scanner les photos, surtout, qu'elles ne sont pas toutes là...
- Pardon ? Mais je vous avais dit de...
-Je sais ce que vous avez dit, et je sais aussi que vous n'utilisez pas le tiers de mes photos, puisqu'il parait que je photographie plus vite que mon ombre...
Saga rougit, comment avait-il eut vent de la première chose, qu'il avait dite sur lui à son supérieur en plus de ça, et supérieur qui n'était pas du genre à propager les commérages.
- Votre frère veut-il toutes les photos ?
- Absolument toutes, c'est un maniaque du détail...
- Je vais m'en occuper, pourriez-vous me donner son adresse mail ?
- Faite-le d'ici s'il vous plait.
- Je reviens, dit le jeune homme.
Il retourna à son bureau prit une clef USB et se rendit une nouvelle fois dans le bureau de Saga, ensuite il prit place derrière le PC de Saga. Ce dernier venait de lui ouvrir sa boite mail, et avait déjà saisi l'adresse de son frère. Le blond inséra sa clef, quelques clics plus tard le mail était parti.
- Voilà, c'est fait.
- Merci !
- Pas de quoi !
Saga aurait voulu le retenir, mais le photographe était déjà reparti.
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France, chez Shiryu
- Shion ? Que faite-vous là ? Entrez, je vous en prie ! dit Shiryu en laissant passer l'homme.
Ce dernier s'installa dans l'unique fauteuil de la pièce qui était meublée très sobrement.
- Qu'y a-t-il ? demanda Shiryu soudainement inquiet en voyant la mine sombre de Shion. Kilian ? Mu ?
- Ils vont bien, c'est sans doute moi qui m'inquiète inutilement et j'en fais sans doute trop mais...
- Mais quoi ? Vous venez d'installer un système d'alarme ultramoderne et performant.
- Je sais mais cette personne a franchi une ligne qu'elle n'aurait jamais dû ! Et ce n'est pas avec ce système d'alarme aussi sophistiqué soit-il qui me rassurera... Et c'est pour ça que je viens te demander ton aide.
- La mienne ? Vous voulez que j'aille chercher Kilian à l'école ? Ou le déposer ? Il n'y a pas de problème ! dite-mois les jours et je...
- Pour ça et d'autres choses Shiryu, en fait, j'aimerais que tu viennes vivre à la maison avec nous.
- Pardon ?
- On y a réfléchit avec Lorcan, ça serait juste plus pratique pour tout le monde. Toi tu n'aurais pas un énorme détour à faire quand ce sera ton tour d'aller accompagner Kilian et j'avoue qu'on serait tous rassuré de savoir qu'il y ait quelqu'un avec Mu et le petit quand Lorcan sera sur scène et moi en sa compagnie... Je sais que Camus vient aussi mais…
- D'accord, d'accord ! Mais temporairement, le temps que toute cette histoire se termine.
- Marché conclu ! On fait tes bagages ?
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Kanon passa sa nuit à examiner les photos. Une à une il les détailla et finit par reconnaître que son ainé avait raison. Tout le bordel qu'il avait trouvé chez l'agresseur de Lorcan quand il l'avait arrêté était en fait organisé pour qu'on ne remarque pas le reste. Et le reste était qu'il ne vivait pas seul. Quand on regardait les détails, c'était indéniable mais à première vue, ce n'était pas si évident que ça. Saga avait raison, ce mec était taré, mais pas comme il l'entendait. Ce n'était pas cet agresseur qui l'était mais celui qui était jusque-là resté dans l'ombre. Parce qu'au vue de toute cette mise en scène et de l'interrogatoire de l'harceleur et cambrioleur du suédois, c'était évident qu'il n'avait pas pu monter ça tout seul.
Il soupira et s'installa dans son canapé avec un café pour réfléchir à tout cela. Il fallait qu'il voie Sorrento pour voir ce qu'il avait découvert, quitte à le mettre en contact direct avec son frère en Grèce. Entre flics, ils se parleraient peut-être plus. Mais avant qu'il ne pense à autre chose, il s'endormit, épuisé par sa nuit de veille.
Dehors le jour se levait.
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La première venait d'avoir lieu. Epuisé mais heureux des applaudissements et de l'engouement du public, Lorcan regagna sa loge et se laissa tomber sur le canapé qui lui servait à se reposer parfois. Dans quelques instants, Shion, Mu, Kilian et tous leurs amis le rejoindraient mais il avait besoin de souffler un peu. Il ferma les yeux pour se laisser encore un peu bercer par les applaudissements de la foule qui quittait maintenant le théâtre.
Quand il les rouvrit il vit à côté de lui, posé sur le canapé un paquet. Surement un cadeau des siens. Il le prit et l'ouvrit au moment où la porte s'ouvrait sur Shion.
Ce dernier n'eut que le temps de voir le contenu du paquet tombé à terre alors que Lorcan était devenu blanc comme un linge.
- Lorcan ! s'écria-t-il en fonçant vers lui pour le soustraire à cette vision et le prendre dans ses bras.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda Mu alerté par la voix de son ainé.
- Des roses… fanées ? expliqua Camus qui le guidait.
- Oh non ! Mon Dieu non… pas ça…
- Mu ! Mais… qu'est-ce qui se passe ? dit-il en essayant de retenir Mu qui glissait à terre.
En un instant ce fut la panique dans la loge. Kanon qui suivait aussi prit rapidement les choses en main en emmenant tout le monde dans un salon d'invité voisin et appela Sorrento à la rescousse après avoir bouclé la loge de Lorcan.
Ce dernier pleurait à chaudes larmes tout comme Mu d'ailleurs, tous deux persuadés que le cauchemar recommençait.
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Loin de toute cette agitation, en Grèce, Saga avait profité de l'appel de son cadet pour remettre son nez dans ce dossier. L'arrestation du présumé harceleur ne l'avait jamais vraiment satisfait. Au fond de lui, il était persuadé qu'ils avaient été mis sur une fausse piste volontairement pour dissimiler le véritable coupable.
Peut-être devrait-il demander à Shaka d'étudier les photos pour l'aider à démêler le vrai du faux ?
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Paris
- Docteur Capricornos, l'inspecteur Sorrento vous demande aux urgences, fit une infirmière en entrant dans la salle de repos.
- J'arrive ! répondit le docteur en question en s'asseyant sur le lit. Il s'étira et se massa la nuque.
- Dites, c'est la pleine lune ? demanda le médecin à l'infirmière de garde qui venait de le réveiller.
- Je ne sais pas, je peux me renseigner si vous le voulez...
Shura ne répondit pas et se rendit à l'accueil des urgences où il trouva en effet, Sorrento.
- Je peux vous aider ? demanda l'espagnol.
- En effet, prenez tout votre attirail et suivez-moi ! C'est un ordre !
- Je ne peux pas partir comme ça, je suis de garde.
- Qui finit dans un quart d'heure, votre relève est déjà là, mais si ça peut vous rassurez prenez votre bipeur.
- Pour qui ce déplacement ? demanda Shura. De toute façon, il ne pouvait pas refuser, surtout quand un policier venait le chercher en personne.
- Mu Ariès et Aphrodite. Et prenez de quoi les calmer. Une dose pour un troupeau de mammouths.
Il n'en fallut pas plus, le docteur prépara sa mallette et fila avec le policier.
Ils ne leur fallu pas longtemps pour arriver dans la demeure des malades, sûrement grâce aux gyrophares et aux sirènes.
Quand ils furent introduits dans le salon le docteur fut surpris du spectacle, Lorcan pleurant silencieusement et Mu recroquevillé sur lui-même dans un mutisme inquiétant et son chien geignant à ses pieds.
Shura prit les choses en mains, les ausculta et leur fit une piqure d'un tranquillisant qui fit vite effet aux deux hommes qui s'endormirent. Leurs compagnons les installèrent dans le canapé en mode couchage, les couvrirent et allèrent tous dans la cuisine où Shion fit du thé et du café.
- Ils ont quoi ? demanda-il en finissant ses préparations.
- Etat de choc, il s'est passé quoi ?
- C'était la première représentation de la nouvelle pièce de Lorcan. Il a reçu un cadeau, des rose fanées et depuis ils sont ainsi.
- S'ils sont dans cet état, c'est que ce n'est pas la première fois, annonça le médecin, glaçant le sang de tout le monde dans la pièce
- Pas la première fois ? Mais qu'est-ce que vous voulez dire enfin ? s'énerva le scientifique complètement paniqué de voir les siens dans cet état.
- Clairement ce que je viens de dire, ils sont en état de choc, comme s'ils revivaient un de leur traumatisme passé.
- Mais je croyais que cela ne concernait que Mu !
- Je le croyais aussi, mais je pense que leurs deux traumatismes sont liés. Et il faut trouver pourquoi si on veut les aider.
- Là je peux peut-être vous aider, intervint Kanon en s'avançant. Je suis en train de faire des recherches sur ce qui s'est passé en Grèce, j'espère avoir des éléments concrets rapidement.
- Mais en attendant ? On fait quoi ?
- Vous continuez à vivre normalement. Il faut essayer de trouver au plus tôt ce qu'il s'est passé pour les soigner. Je repasse demain matin voire comment ils vont.
Un grand silence s'abattit dans la pièce quand le médecin fut parti. Mais Shion n'était pas du genre à se laisser abattre, l'équilibre et la santé de son frère, mais également de l'amour de sa vie était en jeu
- Bon, dit-il en se levant. Je vais voir si Kilian s'est bien endormi malgré tout ce remue-ménage. Kanon, continue à chercher et tiens-moi au courant de la moindre découverte. Camus, Shiryu, Dohko, je vais avoir besoin de vous pour m'aider à faire en sorte que tout se passe bien. On doit absolument les faire parler. En attendant, allons tous nous coucher, on a besoin de repos maintenant.
Tous acquiescèrent de la tête et chacun alla se coucher. Seul Kanon attendit le retour de Shion.
- Tu crois vraiment que tu vas réussir à nous aider ? lui demanda le scientifique.
- Oui, je le pense. La ou les personnes qui sont derrière tout cela sont les mêmes, j'en suis convaincu. Il va me falloir en savoir plus sur leur passé. Je peux m'adresser à qui ?
- En dehors de moi ?
- Oui, quelqu'un qui était avec eux en fac par exemple. Quelqu'un qui était proche d'eux comme le sont les jeunes.
- Mais, tout cela s'est passé bien après…
- Je sais mais j'ai l'intuition qu'il faut remonter plus loin si on veut avoir la clé de l'énigme. Mon frère à suivi ces deux affaires au pays, je vais travailler avec lui pour essayer de reconstituer leur passé. Mais il ne faudra rien me cacher, ok ?
- Il n'y a aucun secret dont je peux avoir honte et même si j'en avais, ma principale priorité à l'heure actuelle est qu'ils aillent mieux. Tous les deux.
- Ok, je serais là demain alors, je bosserai en partie ici… ce sera plus facile pour les éventuelles questions.
Et je serais aussi sur place au cas où… songea Kanon en le saluant avant de partir à son tour.
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Grèce, poste de police, quelques jours plus tard
Finalement, Saga avait demandé un coup de main à Shaka pour étudier les dossiers de son frère. Un autre œil pouvait parfois être bénéfique quand on ressortait une vieille affaire.
Le photographe vint justement le voir en cette fin de journée.
- Un souci ? lui demanda son supérieur qui s'apprêtait à partir.
- J'ai étudié les photos de la scène de crime prises après l'agression de Mu Ariès. J'ai remarqué un détail qui vous a peut-être échappé à l'époque.
- Ah oui ? Montre, fit Saga en s'installant pour regarder ce qui avait attiré son attention.
Shaka étala plusieurs photos sur le bureau et s'expliqua :
- Ces six photos ont été prises à des heures différentes comme tu le vois sur l'horodatage. En tout, il y a presque six heures d'écart entre la première et la dernière.
- Ok, et alors ?
- Comme tu vois les gens changent dans les spectateurs autour du lieu de l'agression mais il y en a un qui est resté tout du long, celui-là, fit-il en désignant un jeune homme aux cheveux gris clair.
- Oui, ça arrive parfois…
- Mais ça m'a intrigué et j'ai fait une recherche sur cet homme, il s'appelle Sylphide Basilika, il était à l'école et à la fac en même temps que Mu Ariès. Et il a quitté le pays peu de temps après le départ de ce dernier. Depuis, il n'est pas revenu sur le territoire.
- Joli ! Très joli Shaka, bravo ! Je vais appeler mon frère de suite. Tu m'attends ? Je t'emmène diner après, ok ?
- Avec plaisir, sourit Shaka qui sortit en souriant.
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Paris, fac de médecine, le lendemain
Camus sortait de cours et se dépêchait de sortir de la fac pour pouvoir rejoindre Mu. Ce dernier avait refusé qu'il passe toutes ses journées auprès de lui et risque de rater des cours importants. Même si lui et Lorcan avaient repris le cours de leur vie, désormais, aucun des deux n'étaient jamais seuls. Mais aucun ne consentait à parler non plus.
Il passa par un couloir assez désert à cette heure qu'il empruntait pour atteindre la sortie la plus près du métro. Il fut surpris de voir une bande d'étudiants en train de bloquer le couloir. Mais n'y prêta pas plus attention que ça et s'excusa pour pouvoir franchir l'obstacle. Mais l'un des types l'attrapa par le bras et commença à l'insulter comme quoi il l'avait volontairement bousculé. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, il se retrouva pris dans une bagarre sans rien comprendre.
Ils étaient trois, les autres s'étaient enfuis, mais Camus ne se laissa pas faire et réussi à en étaler deux. Le dernier sortit alors un couteau mais un agent de sécurité arrivait, surement prévenu par d'autres étudiants, et il s'enfuit aussi. Les policiers furent appelés à la rescousse et Camus demanda à faire venir le policier qui suivait l'affaire de Lorcan. Etrangement, il sentait que cette petite altercation n'était pas fortuite. Il appela aussi Kanon pour qu'il prévienne Shion et Mu.
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- Cette affaire prend des proportions étranges, dit Sorrento en s'asseyant dans un des fauteuils ultra confortables du bureau de Kanon.
Les deux hommes s'étaient rendus au lieu de travail de Kanon après avoir déposé Camus chez les Ariès. Shion eut une exclamation de stupeur en voyant le cocard énorme de l'étudiant mais sur la demande de ce dernier, il ne dit rien à Mu, ni Shion ni les autres d'ailleurs.
- Ça sent de plus en plus mauvais si tu veux mon avis, ajouta Kanon. Dis, tu peux aller vérifier la liste des passagers qui sont entré en France ?
- Toi aussi tu sais le faire ! Mais pourquoi ça ?
- Tu es plus officiel que moi, et l'aéroport te donneras plus vite les infos qu'a moi.
Le petit copain de Saga à découvert un truc.
- Ton frère à un petit copain ?
- Non mais ça ne saurait tarder, il parle un peu trop de son photographe... Bref, Shaka, c'est le photographe en question, a remarqué qu'un certain Balsamique, était sur les lieux du crime du début jusqu'à la fin...
- Balsamique ? Comme le vinaigre ?
- Non, mais un truc qui sonne pareil, attend... Sylphide Basilika voilà son nom ! dit-il après avoir vérifié ses notes
- Je ferais des recherches mais ça m'étonnerait qu'il ait prit l'avion...
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- Sur quoi tu travailles ? demanda doucement Camus à Mu qui était derrière son piano.
- Une surprise ! Ça été ta journée ? Tu es malade ?
- Oui ça été ? Malade ? Non, pourquoi ?
- Ta voix ... on dirait que tu vires aphone.
- Peut-être un petit rhume qui s'installe… Il fait plutôt froid ces jours-ci.
- Sans doute… Et ta journée ?
- Mouvementée et barbante, on dirait que les profs ont du mal avec l'hiver.
- Pauvre amour, fit Mu avant de lui déposer un baiser sur les lèvres.
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Shion regarda longuement la photo que le commandant Sorrento lui montrait.
- Alors ?
- Non, pas vraiment… il pourrait ressembler à des copains de fac de Mu et Lorcan mais je n'en suis pas certain. Pourtant…
- Pourtant ? l'encouragea le policier.
- Ces cheveux… Il y avait un gosse qui était toujours collé à Mu quand il était plus jeune. Mais il faudrait que je retrouve des vieilles photos de classe de cette époque. Il pourrait lui ressembler avec quelques années de plus je dirais, mais sans certitude aucune. Vous pensez que cet homme est responsable de tout cela ?
- J'enquête et je ne néglige aucune piste, c'est tout. Recherchez-moi ces photos s'il vous plait, ça nous aidera à y voir clair et à mettre éventuellement cet homme hors de cause
- Ok, je vous porte ça au plus vite.
- Donnez-les à Kanon, nous travaillons en collaboration sur ce dossier. Son frère a mené l'enquête en Grèce et je veux mettre toutes les chances de mon côté.
- Bien, je dois aller chercher Kilian à l'école mais je m'y mets rapidement.
Le policier le salua et sortit. Les souvenirs de Shion, bien qu'imprécis, tendaient à confirmer la piste du jeune Basilika… et il n'avait pas encore les réponses des aéroports mais savait déjà que ce dernier avait quitté la Grèce peu de temps après Mu Ariès.
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Lorcan se glissa dans la pièce où se trouvaient les deux hommes quelques minutes plus tôt. En descendant déjeuner, il les avait entendus et avait écouté leur conversation. La photo n'était plus là mais Lorcan se doutait qu'il la retrouverait dans un dossier appartenant à Shion rangé dans le tiroir de son bureau. Il attendit que ce dernier reparte emmener Kiki à l'école après manger les laissant, lui et Mu avec Dohko et fit mine d'aller se reposer dans sa chambre.
Il trouva rapidement ce qu'il cherchait et faillit pousser un hurlement qu'il retint de justesse. Lui se souvenait très bien de Sylphide et n'eut aucun mal à le reconnaître. Mais comment allait-il parler de cela à Mu ? Ce dernier avait à l'époque beaucoup d'affection pour le jeune homme.
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Kanon n'arrivait plus à rien. Depuis plusieurs jours il s'acharnait sur cette affaire mais ce soir, il saturait. Il lui fallait faire une pause. Il prit son téléphone et appela Hyoga :
- Allo ?
- Hyoga, c'est Kanon… t'as un truc de prévu ce soir ?
- Non, pourquoi ?
- Ça te dit une pizza ? Je t'invite.
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Sylphide guetta longuement la maison en notant toutes les allées et venues et jura entre ses dents. Plus jamais Mu n'était seul dans la maison. Quand Shion partait, quelqu'un d'autre prenait systématiquement le relais. Et ils avaient fait installer un nouveau système d'alarme. Lorcan était toujours là également. Quant à ce Camus, il semblait bien top proche de son petit Mu malgré l'avertissement qu'il avait reçu. Il allait falloir qu'il trouve un autre plan pour approcher son amour.
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Shiryu arriva au bar avec un énorme sourire et son patron lui en fit la remarque.
- Tu m'as bien l'air trop heureux, tu as enfin pris goût à ton show ?
- Oui, je suis heureux, et non, ce n'est pas parce que je vais monter sur scène...
- Alors pourquoi ? fit le patron tout sourire.
- Parce que premièrement, c'est jour de paye... et deuxièmement...
Le patron eut un petit sourire, avec Shiryu, il n'y avait pas moyen de reporter son jour de paye, aussi il lui tendit, deux enveloppes. Une avec sa paye officielle et une autre plus grosse, qui rassemblait les lettres de ses admiratrices.
- Et deuxièmement ? poursuivit le patron après que son employé eut rangé tous ses papiers.
Shiryu tendit à son tour une enveloppe à son patron.
- Je démissionne ! annonça-t-il avec un grand sourire.
- Tu ne peux pas me faire ça ! Ton contrat...
- Totalement inexistant, tu te rappelles, pour faire des économies et gagner plus tous les deux.
- Tu ne peux pas partir, depuis que tu es là, ma caisse explose ! T'as intérêt à rester sinon je...
- T'appelle les flics ? Alors que je n'ai pas de contrat de travail, tu te rappelles ? Et si tu n'es pas content, je t'envoie mon avocat et on verra si ça plait au juge...
- ok ! ok, c'est bon ! Casse-toi, mais n'oublies pas que si tu reviens, je ne serais plus aussi généreux !
Shiryu ne dit plus rien et quitta rapidement les lieux, sachant que cette sombre partie de son histoire appartenait maintenant au passé.
Quand il rentra au manoir Ariès, il eut la bonne surprise de voir Dohko en compagnie de tout le monde.
- Tu m'as l'air très heureux ce soir ! remarqua ce dernier en guise de salutations.
- C'est le cas !
- Et pourquoi donc ? voulut savoir l'homme d'affaire.
- Je viens officiellement de démissionner ! Avec une lettre et tout et tout…
- Et ton patron ne t'as pas fait de misères ? intervint Lorcan.
- Il a bien essayé, mais j'avais déjà ma paye en main et je lui aie un peu menti en lui disant que je lui mettrais un avocat sur le dos...
- Ça mérite une coupe de Champagne ! annonça Shion.
- Y a quelqu'un qui t'accompagne ? questionna Mu.
- Non, pourquoi ?
- Une odeur de parfum féminin très prononcé.
- Ah, ça ! Non, mon ancien patron m'a donné également une enveloppe contenant elle-même des lettres parfumées de filles qui sont passées au bar.
- Des admiratrices ? On peut lire ? demanda Lorcan.
- C'n'est pas tes affaires ! le coupa Mu.
- Mais allez quoi, des lettres avec des petits cœurs et des trucs tout mignons... ça doit être trop chou à lire non ?
- Euh non c'n'est pas toujours si mignon... grogna Shiryu.
-Pourquoi ? demanda Mu cette fois faisant sourire le reste de la tablée.
- Parce que certaines ont l'esprit très fertiles, et y en a même une, une fois qui a... Shiryu s'arrêta juste à temps, Kilian arrivait en pyjama.
- Bonne nuit tout le monde, fit l'enfant avant d'aller au lit après avoir embrassé tout le monde.
Quand Shion redescendit après avoir bordé Kilian, il retrouva tout le monde assis au salon en train de lire les lettres de Shiryu et au milieu de la table basse trônait une petite montagne de billet.
- On s'amuse sans moi ? demanda Shion qui entrait dans la pièce en prenant place sur un fauteuil à côté de Lorcan. Ce dernier s'allongea et posa la tête sur les jambes de son amant. Shion lui, d'instinct lissa ses cheveux et jeta un œil à son meilleur ami, assis en face de lui. Shiryu assis à ses pieds tout sourire. Mais Shion remarqua que son ami lui avait un sourire de façade, toutes ces lettres ne lui plaisaient pas.
Shiryu lui rejeta la tête en arrière et croisa le regard de l'homme d'affaire.
- Tu veux lire la suivante ? demanda le jeune homme.
Dohko se pencha pour attraper une lettre au hasard mais quand il vit les lèvres de Shiryu un peu trop près de siennes, il se pencha vola un rapide baiser et se remit en place avant d'ouvrir la lettre.
- Encore ! réclama Shiryu en surplombant l'homme d'affaire.
- Encore quoi ? questionna Dohko, pas très certain, vu que le regard de Shiryu était dur, menaçant, et inquiétant. Il n'aurait peut-être pas dû voler un baiser au jeune homme, aussi furtif soit-il.
- Encore... répéta Shiryu en approchant le visage de celui de Dohko.
L'homme d'affaire ne croyait pas à sa chance aussi il s'approcha doucement mit sa main sur le visage de Shiryu avant de réduire le reste de distance pour enfin l'embrasser comme il le désirait depuis un très long moment maintenant.
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De leur côté, Hyoga et Kanon dînaient tranquillement en tête à tête, la pizza s'était finalement transformée en restaurant italien très chic.
A suivre…
