Ce chapitre a été écrit dans le cadre du défi Facebook ''Sur Votre 31'' :
- Invite : ''Eau''
- Nombre de mots : De 100 à 1000 mots.
Ce chapitre est un UA dans lequel Jaime meurt pendant la Longue Nuit.
Tout l'univers de Game of Thrones appartient à GRR Martin, DB & DW.
Bonne lecture !
Si la gloire des Targaryen provint du feu et celle des Stark de la glace, alors, celle les Lannister est née de l'eau.
Cersei y pensait souvent, regardant l'immense étendue d'eau que formait la Baie de la Néra.
Les gens dédaignaient souvent l'eau, au profit des flammes et du gel. Après tout, les deux étaient mortels. Les flammes brûlaient quiconque s'en approchait trop, et la glace pouvait faire mourir de froid dans son sommeil le plus résistant des hommes. Pourtant, l'eau fonctionnait en harmonie avec ces deux éléments-là.
L'eau éteignait le feu.
Le feu faisait fondre la glace.
La glace gelait l'eau.
On leur avait incessamment conté, enfants, à ses frères et à elle, comment l'eau aux reflets d'argent avait redoré le blason des Lannister. Comment elle avait, grâce à leur père, décimé les Reyne.
Ce n'était pas de simples pluies, qui avaient pleuré sur le château de Castamere. Cela avait été une véritable inondation.
Une inondation les avait tous emportés, eux qui s'étaient moqués du lion qui ne maîtrisait ni le feu, ni la glace.
Mais le lion maîtrisait l'eau. Et cela avait suffi.
Cependant, l'eau avait une toute autre signification pour Cersei.
Elle était née à Castral Roc, avec son frère jumeau Jaime, au bord de la mer.
Leur mère les avaient emmenés sur la plage dès leur plus jeune âge. Ils avaient passé des heures à jouer dans les vagues, à courir sur les dunes.
Puis leur mère était morte. Et ils n'étaient pas retournés sur la plage. Ce n'était plus pareil sans elle. Le sable avait perdu son éclat habituel, n'étant désormais plus aussi doré que l'étaient leurs cheveux, ou le lion rugissant de leur blason.
Même l'eau, le ciel et les nuages étaient devenus sombres.
Mais, quelques années plus tard, Jaime était venu la chercher à sa leçon et, prétextant auprès de sa septa qu'elle avait besoin de se rendre aux latrines, elle l'avait suivi sur la plage.
Ils s'étaient allongés sur le sable, silencieux, Jaime serrant Cersei dans ses bras tandis que l'écume venait chatouiller leur pieds.
C'était devenu leur escapade secrète.
Ils pouvaient rester des heures comme ça. Ils imaginaient à quoi ressemblerait leur vie quand ils seraient grands, quand Jaime serait comme Père, quand ils se marieraient.
Des fois, ils se déshabillaient, couraient dans la mer, sautant, riant dans les vagues.
Puis ils avaient encore grandi. Ils avaient changé. Mais ils continuaient d'aller sur la plage, dans l'eau salée de la mer. On avait eu beau répéter sans relâche à Cersei qu'il était mal, pour une femme de se montrer nue à une autre personne que son mari, ils s'en fichaient. Ils continuaient. Ils continuaient, parce que ce n'était pas mal. C'était bien.
Mais, un jour, des servantes les avait attrapés nus, dans une petite crique qu'ils croyaient secrète, et les avait traînés devant leur père.
Il avait refusé de croire que les deux domestiques les avaient trouvés dévêtus, et les avait fait pendre pour mensonge. Mais il avait formellement interdit à Jaime et à Cersei de retourner sur la plage de Castral Roc.
Ils avaient pris leur père au mot. Il n'étaient pas retournés sur cette plage-là.
A la place, le jour de leur quinzième anniversaire, Jaime les avaient fait sortir discrètement du château, et l'avait emmenée à Port-Lannis.
Là-bas, ils n'avaient été personne. Personne ne les avait reconnus. Personne ne les avait vus. Personne ne les avait entendus.
L'eau de mer qu'ils avaient avalée s'éclaboussant dans l'eau comme quand ils étaient enfants et qui séchait sur leurs lèvres avait eu un goût de liberté quand ils s'étaient embrassés.
Mais cette journée s'était vite terminée, et maintenant, il n'en restait plus rien, mis à part des souvenirs, des rêves, des promesses et un coquillage, que Cersei avait toujours gardé comme son trésor le plus précieux.
Quand elle le touchait, c'était comme si elle touchait du bout des doigts à la liberté qu'elle n'aurait jamais plus.
Quand elle était devenue reine, il lui arrivait, quand Robert était à la chasse, de descendre avec Jaime sur la rive de la Néra, dans laquelle elle trempait ses pieds.
Ce n'était pas grand-chose, mais cela lui permettait d'oublier.
Elle fermait les yeux, sentant juste la présence de Jaime à côté d'elle, et elle oubliait qui elle était.
Elle n'était plus reine. Elle n'était plus une Lannister. Elle n'était plus Cersei.
Elle était les souffles du vent, elle était les flots de l'océan, elle était les rayons du Soleil qui dansaient sur ses cheveux, elle était les grains du sable fin.
Et maintenant que le feu et la guerre faisaient rage autour d'elle, que le Donjon Rouge s'effondrait, qu'elle était sûre qu'elle allait mourir, elle aurait donné n'importe quoi pour pouvoir oublier et revenir en arrière.
Pour oublier le sang qui tachait ses mains. Pour oublier qu'elle était Reine des Andals et des Premiers Hommes. Pour oublier tout ce qu'elle avait perdu.
Elle s'approcha du bord de la plus haute tour du Donjon Rouge. Le mur avait été arraché. Si elle s'approchait trop près, elle pourrait tomber dans l'eau.
Sentant l'odeur familière du sel, elle ferma les yeux, et elle se rappelait.
Elle se rappelait de Castral Roc. Elle se rappelait de la plage. Elle se rappelait de l'eau. Elle se rappelait de Jaime.
Jaime, qui n'était pas là. Jaime, qui n'était plus là. Jaime, qui était mort pendant la Longue Nuit.
Jaime qui était mort parce qu'elle était assoiffée, assoiffée de l'eau de la gloire et du pouvoir.
Elle devait le rejoindre. Il n'y avait que ce moyen-là d'être libre. D'être avec Jaime.
Si quelque chose devait être sa libération, autant que ce soit l'eau.
L'eau était plus forte que les flammes. Et Cersei n'avait jamais aimé les flammes, sauf celle de son amour pour Jaime.
Alors, elle s'approcha de l'extrême bord, regarda devant elle.
Et l'oiseau qui avait été en cage depuis qu'il était bébé prit son envol
Il prit son envol, et alla se poser dans l'eau.
L'eau qui allait être sa liberté.
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