Le repas du midi a été en grande partie similaire au petit déjeuner. Cela signifie que Blaise a fait la conversation pour trois, tandis que Draco et moi, étions plutôt silencieux. Je ne m'attendais pas vraiment à ce qu'ils reviennent s'asseoir avec moi. Pour dire vrai, je pensais que, s'ils étaient venus ce matin, c'était pour pouvoir me poser des questions. Mais, cette fois, ça n'a pas été le cas. À aucun moment, l'un de nous n'a abordé le sujet de mon monde.

Dans tous les cas, je suis maintenant sur le point d'avoir mon premier cours de Botanique avec madame Chourave. À l'écran, je l'ai toujours trouvé très sympathique, donc j'espère que ce sera la même chose en vrai aussi.

De nouveau, nous sommes dans une classe avec les Gryffondor et je ne peux manquer les regards mauvais que certains s'envoient quand ils pensent que personne ne les voit.

— Bonjour à tous et bienvenus dans la serre principale de l'école. Aujourd'hui, pour votre premier cours de Botanique de l'année, nous allons étudier les plantes que j'ai amenées avec moi et qui pourront vous servir un jour.

Elle continue à parler de ses plantes, répondant dans le même temps à quelques questions d'élèves. Puis, elle décide de nous séparer en divers groupes de deux, pour que nous puissions nous concentrer sur une plante à la fois.

— Bien, je vais vous laisser faire les groupes vous-même, mais attention, vous devez travailler, pas bavarder.

Les groupes se forment sans attendre autour de moi, et en quelques minutes, quasiment tous les élèves sont par deux.

— Tu veux qu'on se mette ensemble ?

Blaise me fixe de manière compatissante, en remarquant que je suis une des seules personnes présentes à être encore toute seule.

— Non, ça va aller, reste avec Draco, moi je…

— Mademoiselle Maur.

Pourquoi ai-je l'impression que Dumbledore a parlé de moi à tous les professeurs ? Car, vraiment, le regard que le professeur Chourave me porte, un mélange de curiosité et de pitié, me donne vraiment cette impression.

— Je vous conseille de vous mettre avec Londubat. C'est un excellent élève et il saura répondre à la moindre de vos questions, dit-elle avec un grand sourire.

De son côté, je vois Blaise lever les yeux aux ciels en entendant le nom de Neville et je ne peux que sourire à ça. Peu importe leur âge, les Serpentard et les Gryffondor ne sont pas faits pour s'entendre ont dirait. Du moins, pas dans ces deux classes-là. Malgré tout, j'accepte la proposition de madame Chourave, et la suis jusqu'à Neville.

Là, il me faut une seconde pour me remettre du choc. Je suis quasiment sûre que j'avais vu Matthew Lewis sur les réseaux sociaux ces dernières années. Alors… je ne devrais pas être surprise. Mais, vraiment, les photos ne lui rendent pas hommage. Il était déjà beau sur ces dernières, mais là il est juste… sexy ! Merde, où est donc passé Neville, le petit garçon au visage rond et qui a peur du professeur Rogue ? Là, je suis face à un homme finement musclé et qui arbore un sourire si charmant qu'il ferait craquer n'importe qui.

— Salut, Elena c'est ça ?

— Oui. Et tu es Neville.

— Tout à fait. On s'y met ?

Jamais, parler de plante ne m'avait autant passionné. Car, en plus d'être beau, il est aussi très bon pour parler d'un sujet qui lui plaît. Et là, on sent qu'il a une véritable passion pour tout ça. Je ne suis aucunement surprise de savoir, qu'après sa carrière d'Auror, il devient professeur de Botanique. C'est un excellent pédagogue.

Nous tournons au fur et à mesure dans la pièce, pour pouvoir parler de toutes les plantes qui s'y trouvent. Je ne vois pas le temps passer, si bien que quand le professeur Chourave nous souhaite une bonne soirée, je me rends compte que cela fait déjà plusieurs heures que nous sommes là.

— Merci beaucoup Neville, je ne te promets pas de retenir tout ce que tu m'as dit, mais c'était vraiment très intéressant.

— Pas de souci. Le professeur Chourave m'a dit que tu n'étais pas d'ici, alors si tu as la moindre question, pour un devoir ou juste pour ta curiosité personnelle, n'hésite pas.

— C'est très gentil.

Je ne pense pas avoir déjà vu Neville aussi gentil avec le moindre Serpentard. Après, je suis nouvelle et il n'a aucun grief contre moi, ça doit jouer. Ça, et le fait que je vienne d'un autre monde, je suppose que tout le monde au château est au courant, donc lui aussi doit le savoir. Il sait donc que je ne sais rien de cet endroit, ni de sa flore, alors c'est vraiment gentil à lui de m'aider malgré que nous sommes dans des maisons différentes.

Je ne sais pas comment se passeront mes prochains cours de Botanique, mais s'ils ressemblent à celui-ci, je dois dire que ça ne me dérangera pas.

Au moment où je pense ça, Neville, qui jusque-là a été gentil et patient à mon égard, semble se renfrogner subitement. Son air devient sombre et un pli prend naissance entre ses sourcils, signe qu'il est contrarié.

Il ne me faut que quelques secondes pour comprendre ce qui a créé ce changement d'attitude.

— Alors ? commence Blaise. C'était comment le cours avec Londubat ?

La manière dont il dit son nom n'a rien de très sympathique. Pourquoi faut-il toujours qu'il y ait quelque chose qui gâche une bonne journée ?

Blaise vient jusqu'à nous et pose ses mains sur mes épaules. Comme il me dépasse d'au moins une tête, ce n'est pas très compliqué pour lui.

— J'espère que tu as pris soin de notre petite protégée.

Je lève les yeux aux ciels. Dans une autre situation, j'aurais pu trouver sa trop mignon cette histoire de surnom. Car je suis une dingue de ça. Mais là ? Non, ça a plutôt tendance à m'exaspérer.

Alors que Neville va pour réplique quelque chose, je bouge pour que Blaise retire ses mains, et je me retourne vers lui.

— Sérieusement Blaise ?

— Quoi ?

Il semble abasourdi que je puisse m'en prendre à lui, plutôt qu'à Neville. Je lève de nouveau les yeux aux ciels, n'ayant aucune envie de régler mes comptes avec un sorcier puissant, alors que je n'ai rien pour me défendre. Pas que je pense qu'il pourrait s'en prendre à moi. Sa façon de se comporter jusqu'ici me fait dire le contraire. Mais, on ne peut jamais connaître véritablement quelqu'un. Et ça vaut d'autant plus, quand notre première discussion avec ladite personne, date du matin même.

À la place, je me retourne donc vers Neville et avec un sourire contrit je m'excuse à la place de Blaise.

— Ne fais pas attention à lui. Et vraiment, merci encore pour ton temps pendant le cours. Je n'ai pas dû être une élève facile.

Dans mon dos, j'entends Blaise dire à Draco qu'il n'arrive pas à croire que je puisse remercier un Gryffondor.

Neville, de son côté, semble se concentrer sur moi, plutôt que sur mes deux comparses derrière. Il est toujours un peu crispé, mais moins qu'à leur arrivée. Et il va même jusqu'à me faire un grand sourire. En fait, il est possible que la situation l'amuse au moins un peu, au vu de son regard pétillant.

— Tu n'étais pas une si mauvaise élève que ça. Je serais ravi de t'aider de nouveau au prochain cours.

— Vu mon niveau, qui est proche du néant, et le tien, je ne peux qu'accepter avec plaisir.

Après ce petit interlude, où j'ai fait de mon mieux pour continuer à ignorer Blaise et ses cris scandalisés, nous sommes tous sortis de la serre. Là, Neville est parti dans son coin, avec un dernier signe de la main dans ma direction, tandis que j'ai décidé de prendre mon courage à deux mains et de me tourner vers Blaise.

— Je n'arrive pas à croire que tu ais pu te comporter de cette manière avec lui ! Alors qu'il ne t'avait rien fait du tout ! Franchement, sur ce coup-là, tu me déçois beaucoup Blaise !

Et, sur ces quelques mots, je fais un demi-tour contrôlé sur moi-même. J'ai toujours adoré cette façon de faire, quand il s'agissait de Rogue, à l'écran. Alors, oui, il se peut que j'aie souvent tenté de limiter. Certes, le résultat doit être moins impressionnant, mais au moins l'effet est là. C'est comme ça, donc, que je pars sans même attendre une quelconque réponse ou réaction de sa part.