L'amour d'un père

Chapitre 9

*Le petit coin des reviews*

Petite-Licorne-Arc-en-Ciel : Hello, merci beaucoup pour ta review ! Alors voilà, la révélation arrive justement ! Bonne lecture :)

Rose-Eliade : Merci, contente que ça te plaise ^^

Esperanzarebelde : Gracias !

Amaniel : Merci à toi pour ta review !

Harry potters : Merci à toi d'avoir laissé une review, moi aussi j'aime les fics avec un Voldemort qui aurait pu avoir un happy end avec quelques changements… à bientôt !

Pims10 : Non c'est sûr, mais sans doute pas pire que la séparation elle-même :'(

Miss MPREG : Pas de souci ça me fait plaisir que tut e poses autant de questions sur l'histoire ! Alors ça a lieu en 1939 en fait, 38 étant l'année où Jr est rentré en première année dans le canon. Donc en effet la guerre est toute proche ! Aw, ce serait bien si Poudlard faisait des journées parents/profs mais je doute qu'il ait l'occasion d'aller à Poudlard, le pauvre. En tout cas, étant un moldu, les fantômes, les portraits qui parlent et les bougies qui flottent lui feraient un sacré choc ! Merci pour tes encouragements ^^

Jessiluck : Merci beaucoup, ton commentaire fait plaisir à lire :D

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A quelques jours de son retour à l'école de sorcellerie Poudlard pour sa seconde année, le jeune Tom Jedusor était inhabituellement nerveux. Et ce pour plusieurs raisons : d'abord, parce qu'il savait que son père voulait prendre le risque de révéler l'existence du monde magique à ses grands-parents et forcément, Tom appréhendait d'avance leur réaction. Et s'il s'en préoccupait autant, c'était parce qu'à l'inverse de ce qu'il avait pensé en arrivant ici, il avait fini par s'y attacher, à ces moldus un peu arrogants, un peu coincés dans leur bulle de gens aisés qui ne descendaient jamais de la colline où se juchait leur manoir, loin des simples villageois. Le silencieux, solitaire, froid et amer enfant qu'il avait toujours été – et était encore, sur certains points – avait finalement appris à apprécier la compagnie d'autres humains, de sa famille. Ce mot et lui-même associés dans une même phrase, il avait parfois même du mal à y croire, il n'était plus seul et c'était agréable, dans un sens, mais terrifiant aussi. Faire confiance, dépendre des adultes, aller au chemin de Traverse accompagné par son père au contraire de ses achats avant sa première rentrée où il avait fait cavalier seul.

Bien sûr, cette affection bourgeonnante qu'il portait aux membres de sa famille, donc, contribuait également à sa nervosité. A mesure que le temps passait, l'enfant redoutait de plus en plus le moment où il devrait quitter le manoir. Si Poudlard avait été le premier lieu qu'il ait jamais considéré comme étant sa maison, c'était maintenant bien ici, auprès des autres Jedusor, qu'était à ses yeux son chez-lui. Il avait peur qu'une fois parti, tout ne s'effondre, comme si ces semaines passées ici, en sécurité, où il s'était senti si bien, n'aient été qu'un doux rêve. Peur que son père change d'avis, qu'il ne veuille plus de lui. Peur de devoir retourner dans cet orphelinat qu'il haïssait la prochaine fois qu'il prendrait le Poudlard Express en sens inverse.

Enfin, le geste qu'avait eu son père pendant leur expédition dans le Londres sorcier l'aidait tout de même un peu à se rassurer. Il avait eu son premier cadeau, son hibou. Bien sûr, ce n'était pas la première chose que lui achetait son père, ils avaient déjà fait quelques achats à Great Hangleton auparavant, mais c'était la première chose qui ne soit pas nécessaire comme des vêtements ou des livres d'école; c'était superflu, c'était un présent inattendu. Et… le fait qu'Athéna (bien sûr qu'il avait nommé l'animal d'après la déesse grecque associée. Petit clin d'œil à la culture moldue, et par extension à celui de qui venait ce cadeau) soit un hibou, que son père ait affirmé le lui avoir offert pour qu'ils puissent s'échanger des lettres… ça voulait dire qu'il voudrait encore de lui-même une fois qu'il serait retourné à l'école, n'est-ce pas ?

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Ce que Tom Junior ne savait pas, c'était que son père partageait des pensées assez similaires ce midi-là. Il était tout sauf confiant dans ses aptitudes parentales, il ne savait pas s'il avait été un bon parent pour son fils, s'il avait su lui montrer, en l'espace de ces quelques semaines, à quel point il tenait déjà à lui. Il ne voulait pas que Junior les quitte au profit du monde magique. Et s'il voulait y rester ? Oublier son père et ses grands-parents dont la vie était, il fallait bien l'avouer, si ennuyeuse par rapport à ce qui devait entourer son enfant au quotidien ? Il ne restait que peu de temps avant d'aller conduire Tom à la gare, et il s'était en plus promis de révéler à ses parents que Tom était un sorcier avant son départ. Il n'aimait pas leur mentir et leur faire des cachotteries et même son fils, qui avait jusque ici été obligé de cacher sa vraie nature, ses aptitudes, et de modifier un peu la réalité en parlant de son école aux deux plus vieux, pourrait parti plus serein avec cette vérité dévoilée. C'est pourquoi il savait, assis à table pour le repas, entouré des trois personnes qui comptaient le plus pour lui, que le temps d'être honnête et de poser ses cartes sur table était venu. D'autant plus que l'occasion se présenta inopinément au cours du repas :

-Tu pars dans trois jours mon chéri, disait justement Mary au plus jeune. Tu ne nous as toujours pas laissé d'adresse pour qu'on puisse t'écrire, il faudra y penser…

Tom Senior se racla la gorge.

-A vrai dire, mère… c'est à cela que va servir le hibou de Junior.

Les deux plus vieux se tournèrent vers lui, l'incrédulité peinte sur leur visage. Ils avaient cru leur fils remis mais il était fou tout compte fait ! Ni l'un ni l'autre des aînés n'avaient franchement compris le choix de l'animal de compagnie de l'enfant d'ailleurs. A quoi avait pensé Tom ? Il aurait pu offrir à son fils un chat, un lapin, ou même un chien, mais un hibou…

Quant au jeune sorcier, il attendait la suite de la discussion en se mordillant la lèvre inférieure, un peu anxieux de la tournure que pouvait prendre le sujet.

-Tu délires, Tom ? le rabroua le patriarche. De quoi parles-tu ?

-Père, mère. – il inspira un peu pour se donner confiance – Je dois vous dire quelque chose. J'ai repoussé ce moment au maximum, parce que c'est délicat, je sais que vous allez avoir du mal à y croire, mais… Junior est un sorcier. Comme sa mère, et comme d'autres encore.

-Je t'interdis de recommencer avec ces inepties ! s'énerva le grand-père en claquant brusquement ses couverts dans son assiette. -Et tenir des propos aussi déplacés devant ton fils, non mais, ce n'est pas un sorcier, Tom, c'est juste un enfant. Si j'avais su que tu avais complètement perdu l'esprit, ça ferait bien longtemps que…

-Il dit vrai, grand-père, intervint Junior sans croiser son regard. Il voulait juste épargner à son père, dont il avait très rapidement saisi l'expression blessée, le poids des mots durs de Thomas en abrégeant cette conversation le plus vite possible.

-Quoi ?... intervint Mary, l'air perdu, ses yeux alternant entre son fils et son petit-fils. Tommy… explique nous s'il te plait.

Alors, il leur expliqua. Comme il l'avait fait avec son père le mois précédent, après qu'il soit venu le chercher à l'orphelinat, mais cette fois-ci avec le soutien indéfectible de celui-ci. Tout le temps qu'il révélait l'existence de la communauté des sorciers britannique, et ce qu'était réellement Poudlard, et pourquoi ce serait par l'intermédiaire d'un hibou qu'ils pourraient correspondre, son père se tenait derrière lui, un bras passé autour de ses épaules dans un geste qui se voulait aussi protecteur que rassurant. Il ne pouvait pas utiliser sa magie devant eux mais, pour étayer ses propos et prouver à ses grands-parents que non, le père et le fils n'étaient pas tous les deux fous à lier, il leur montra sa baguette, ses livres de magie, son uniforme peu commun, les pièces de monnaie sorcière.

-Alors, quand tu disais que Mérope t'avait ensorcelé… qu'elle t'avait forcé, réalisa Mary, ses yeux s'humidifiant alors qu'elle comprenait enfin, en treize ans, comment son fils avait dû se sentir violé, et regrettant pleinement de n'y avoir jamais cru, n'étant somme toute qu'un bien maigre soutien dans cette situation.

-Certains n'utilisent pas leurs dons à bon escient, répondit doucement Tom Senior. Mais ça va. Si ce n'était pas arrivé… si ce n'était pas arrivé, je n'aurais jamais eu mon petit miracle, dit-il en regardant tendrement son fils.

En effet, aujourd'hui, malgré cela, il s'occupait de l'enfant né de cette union, dont la simple présence l'avait tant aidé à aller mieux. Et des « si », on pouvait en faire beaucoup. Sans Mérope, il n'aurait pas été brisé. Il aurait sûrement épousé sa fiancée de l'époque, Cécilia. Il aurait eu un ou plusieurs enfants… mais ces enfants n'auraient pas été Junior. Et c'était tout ce qui comptait, parce qu'il était maintenant impensable d'envisager la vie sans le jeune garçon.

-Sauf qu'il n'est pas normal, rétorqua le plus vieux, fixant d'un air sombre le plus jeune qui se sentit soudain meurtri par cette réaction. C'était étrange. Ça faisait mal. N'était-il pas d'ordinaire indifférent à l'opinion des autres, et surtout des moldus, le concernant ?

-Thomas, s'exclama Mary, voyons, c'est ton petit-fils ! Ne dis pas des choses pareilles !

-J'énonce juste la réalité ! Qui te dit qu'il ne va pas grandir pour devenir le même genre de monstre que sa mère et le reste de cette famille de dégénérés ? Je dois aller prendre l'air un moment, ne m'attendez pas pour dîner ce soir, coupa-t-il court, déjà debout, sortant rapidement de la salle à manger sans s'attarder sur l'air atterré et plein de reproches de sa femme, ni sur son fils qui le foudroyait du regard, ni sur le plus jeune qui, crispé, oscillait entre une colère noire ou une tristesse déçue.

-Il me déteste, énonca-t-il sobrement, sans aucune émotion dans la voix. Dans ces moments-là, l'enfant de l'orphelinat qui se fermait totalement au reste du monde refaisait surface.

-Oh mais non ! Il ne le pensait pas vraiment, mon trésor, jugea bon de le consoler Mary. Ne t'inquiète pas, il a juste besoin d'un peu de temps pour accepter tout ça, c'est un homme rationnel, très terre-à-terre.

Junior l'ignora. Il préférait ne pas croire à ces mots, ne pas nourrir ce stupide espoir que son grand-père change d'avis, pour lui éviter d'être blessé davantage dans le cas contraire.

De son côté, Tom Senior en voulait aussi à son père, pas dupe quant à la réaction en apparence indifférente de son enfant. Il aurait presque préféré que son père continue à le traiter de fou des heures durant et qu'il l'interne plutôt que de faire souffrir l'enfant qui n'avait somme toute rien demandé. D'autant qu'une dispute avec le patriarche n'était pas forcément ce dont Junior avait besoin, si près de son départ. Tom s'en voulu d'avoir attendu aussi longtemps, peut-être trop longtemps. Le dénouement de cette histoire restait incertain.

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L'aîné des Tom hésitait grandement à toquer à la porte de son fils cette après-midi-là. Il savait que c'était peut-être trop pour une seule journée, que de choisir cet instant précis pour tenter d'aborder un sujet qui semblait délicat avec son fils, mais il voulait en avoir le cœur net maintenant. Il y avait une chose qu'il voulait que son fils lui explique, et même s'il ne l'avait jusqu'ici pas abordé avec lui, de peur de ne pas être encore suffisamment proche de l'enfant pour qu'il se confie à lui; ce qui venait de se produire avec son propre père lui avait fait réaliser que retarder l'inévitable n'était pas toujours une bonne idée. Après avoir débattu avec lui-même pendant quelques minutes, il frappa contre le bois, et n'obtenant pas de réponse du plus jeune, entra tout de même

Son fils était assis sur son lit, un livre entre les mains, les jambes flottant à quelques centimètres du sol. Il leva les yeux vers son père, distant, tout froid. Maintenant, son père savait bien que cette attitude était à la base un mécanisme de protection, et ça lui serrait le cœur de le voir agir comme ça, alors qu'il y avait justement eu de plus en plus de moments où il laissait tomber son masque en sa présence auparavant.

-Junior ? Pouvons-nous parler ? demanda doucement Tom en allant s'assoir sur le lit auprès de son garçon.

-Parler de quoi ? demanda l'intéressé, impénétrable, ses yeux sombres plongés dans ceux de son père comme pour tenter d'y trouver des réponses.

-C'est simplement… Tu vas bientôt devoir nous quitter quelques mois, et je voulais être certain que tout aille bien pour toi avant que cela n'arrive. Tu vois, mon Tom, quand on était chez ces tailleurs magiques à Londres, je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer que ça n'avait pas l'air de te faire plaisir d'être dans cette maison « serpent-tard », alors je voulais savoir. Qu'est-ce que c'est au juste, ces maisons ? Et est-ce que tu as un problème avec la tienne ?

Son fils était surpris. Il ne pensait pas qu'il était déjà si facile à l'homme de lire en lui après un si court laps de temps depuis qu'ils se connaissaient. Il n'était pas certain d'apprécier cela, mais son père n'exploiterait jamais ce qu'il voyait contre lui, si ?

-Les maisons c'est une façon de nous répartir à Poudlard, décida-t-il d'expliquer au plus vieux, se rapprochant discrètement de lui. La proximité avec son père, qui surmontait son malaise avec la magie pour lui, au point de faire le tour des magasins sorciers avec lui ou de s'intéresser à ce que Junior vivait dans l'autre monde, lui faisait du bien. Il supposait qu'il était un peu touché par ce genre d'attentions, en quelque sorte. –Il y en a quatre : Gryffondor, Poufsouffle, Serdaigle et Serpentard. On est envoyé dans l'une d'elles selon les traits de personnalité qui nous définissent le plus. Pour Serpentard, c'est ruse, fierté et ambition, et j'aime bien cette maison, mais…

-Mais ? interrogea Tom Senior en serrant comme plus tôt l'enfant contre lui, comme celui-ci semblait avoir du mal à poursuivre.

-Le fondateur de la maison, Salazar Serpentard, c'était aussi un ancêtre des Gaunt, marmonna l'enfant qui fixait son couvre-lit. Et comme eux, il pensait que les seuls qui méritent la magie sont les sang-purs, ceux qui n'ont que des sorciers dans leur famille et pas du tout de sang moldu. Alors sa maison est surtout composée de sorciers de sang-pur qui partagent ses idées aussi… Et comme Jedusor n'est pas un nom sorcier, et que je ne savais pas si j'avais au moins un parent sorcier, l'année a été quelque peu… difficile, acheva Junior en articulant le dernier mot avec une grimace éloquente.

Il avait à peine fini que l'étreinte à un bras de son père se transforma en un câlin étouffant. Tom protesta immédiatement et se défit des bras du plus vieux, écarlate, ce qui fit rire son père.

-Oh, mon Tom, soupira le plus vieux en lui caressant gentiment les cheveux. Est-ce que ça va aller ? Ça ira mieux maintenant que tu sais que tu tiens ta magie de ta mère ? Ces gens-là sont stupides, mon petit sorcier, je suis sûr que tu es bien plus doué qu'eux même si je ne suis qu'un moldu.

-Oui, acquiesça l'enfant. Je ne sais pas si je leur dirais, je m'en fiche de ce qu'ils pensent, je veux juste qu'ils me fichent la paix. Mais je suis le premier de mon année et vous savez, Père, je crois que vous avez raison. Leur sang-pur n'a pas sauvé la famille de ma mère après tout. Peut-être que si vous aviez été un autre de ces sorciers, je ne serais pas aussi puissant que maintenant.

Bien sûr, Tom Elvis Jedusor n'en était pas conscient, mais la portée de ces mots seuls allait au-delà du simple fait qu'il embrassait maintenant complètement ses origines à moitié non-magiques. Non, Tom ne savait pas que le tournant qu'avait pris sa vie était celui qui lui éviterait le chemin où il ne serait plus qu'un morceau d'âme, un effrayant personnage au teint cadavérique et aux yeux rouges. Voldemort état celui qui n'assumait pas son nom, qui n'avait pas hésité à assassiner les trois personnes qui comptaient aujourd'hui le plus dans la vie du jeune Tom. La différence, même s'il ignorait toujours comment son grand-père finirait par prendre les révélations faites plus tôt, c'était que le dernier héritier de Serpentard, l'enfant conçu sous l'effet d'une potion créant des sentiments factices, savait qu'il aimait sa famille, même dans ce monde moldu qu'il haïssait auparavant à cause de sa malheureuse enfance. Dans un autre chemin, Voldemort n'aurait jamais connu l'amour ni aimé. Tom, si.

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Notes de fin de fin de chapitre : Youpi, enfin je poste après deux semaines ! Désolée, je pense que je vais effectivement réduire le rythme à un chapitre un samedi sur deux. Je n'abandonne pas l'écriture, c'est un passe-temps beaucoup trop important pour moi, mais l'objectif que je m'étais fixé à la base pour la régularité des posts n'est pas trop compatible avec mes études cette année ^^' J'espère que la suite vous plaira (oui, au prochain chapitre, mini-Tom retourne à Poudlard, j'ai hâte d'écrire ça !) à bientôt !