Konbanwa chers lecteurs !
C'est avec un peu de retard mais non moins de plaisir que je vous partage aujourd'hui le huitième chapitre.
Je n'ai plus de chapitre d'avance et écris donc au fur et à mesure. Si l'histoire vous plaît, n'hésitez alors surtout pas à la suivre ! Le rythme de publication devenant plus aléatoire.
J'aimerai avoir vos hypothèses concernant le récit, à votre avis, qui est donc l'inconnu ? Qui est la personne qui l'a torturé ? Pourquoi ? A vos réponses !
En espérant que cette suite vous plaira.
N'hésitait surtout pas à commenter !
Hana.
Chapitre 8
La nymphe.
Ses pas continuèrent de la mener vers la muraille sud qui entourait le village de la feuille. Son esprit tout aussi brouillé, ses pensées formant un maelstrom de doutes, de questions et d'angoisses. Son clan, son père, Naruto, la mission, l'inconnu... Tous venaient s'ajouter à ses peurs quotidiennes, son palpitant pulsant toujours plus fort dans ses veines.
Voulant échapper à tous ses tourments, sa rencontre avec l'imprévisible blondinet quelques minutes auparavant n'aggravant que plus encore ses troubles, elle accéléra ses foulées, courant presque vers son échappatoire, son oubli. Se rapprochant davantage des remparts, elle se fût plus discrète, ne voulant pas se faire repérer par les plus nombreuses sentinelles qui gardaient le villages depuis l'invasion de Pain.
Elle se dirigea d'une allure décidée mais non moins furtive vers ce point précis, au sud-ouest des frontières de la fortification. Le fameux passage n'avait miraculeusement pas disparut suite à la destruction de leur foyer.
Toujours entre ces deux blocs de roche, celui de gauche ébréché sur sa partie inférieure droite, l'autre opposé, dans une forme étrange rappelant une flamme à l'ébauche de son embrasement. Elle déplaça quelques pierres et feuillages qui dissimulaient un sombre tunnel.
Sa mère le lui avait montré lorsqu'elle était encore une enfant. Profitant de ce secret qu'elles seules possédaient, pour pouvoir s'échapper de l'autorité du clan et enfin, s'évader de leur intolérance pendant quelques heures, laissant libre cours à leur passion commune. Mère nature et tout ce quelle avait à offrir, florissante dans sa bonté et sa cruauté. Passant des après-midis chers à son cœur à l'insu de son père et des anciens, ne faisant que nourrir sa curiosité enfantine sur ce vaste monde inconnu. Curiosité et soif de savoir, qui au fil des années ne s'étaient pas taries, mais juste camouflées sous des couches de bienséance, de timidité et de frustration.
Se pliant à quatre pattes, elle s'engouffra sans la moindre hésitation dans la sombre brèche de pierre, faisant fi des nombreux débris qui lui irritèrent les genoux et la paume de ses mains. Au bout de la longue traversée, elle aperçut enfin un rayon de lumière, signe de sa délivrance temporaire. Elle écarta quelques feuillages à l'extrémité de la galerie, ses pâles mains se glissant au travers du rideau de végétation, de la même manière qu'elle l'avait fait au sein du village.
Passée les remparts fortifiées, la jeune femme se releva doucement, s'étirant comme un chat au réveil, allongeant ses bras finement musclés au dessus de sa tête. La noiraude prit une profonde inspiration, la tête basculée vers le ciel, les faisceaux chaleureux de la déesse caressant sa délicate peau de porcelaine, afin de jouir de ce semblant de liberté qui lui était offert, lui allégeant quelque peu le poids de son âme.
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Se reprenant rapidement, afin de ne pas être détectée, elle se dirigea vers un sentier à peine visible au travers les veines de la forêt qui venaient s'entre-croiser dans un enchevêtrement onduleux de branches, de ronces, de fougères et autres plantes rampantes, rendant sa progression difficile pour quiconque s'y aventurerait pour la première fois. Qui ne connaissait pas la piste, se retrouverait indubitablement perdu au milieu de l'immense forêt d'émeraude et ses arbres démesurément grands. Des géants de la création du Shodai Hokage, qui gardaient tels des boucliers de bois, le village de la feuille.
La jeune hime se mouva avec aisance dans cet enlacement labyrinthique d'abondants végétaux pendant encore quelques kilomètres, pour enfin déboucher sur une modeste clairière bordée d'une petite rivière, trop peu large pour accueillir une embarcation nautique, mais suffisamment ample pour emporter dans ses rapides, n'importe quel néophyte s'y risquant.
A l'orée du sentier, la jeune femme se déchaussa, balançant sans aucune forme de procès ses sandales dans un coin de feuillages. Laissant à loisir ses pieds chatouilleux lécher les douces brindilles moites de l'herbe verte. Elle contracta plusieurs fois ses orteils pour caresser cette humidité douce et rassurante propre à toute forêt. Une odeur de musc, de pin résineux et enfin de mousse recouvrant le tronc des arbres, enivrant ses sens. De ses pieds nus, elle continua de fouler l'herbe duveteuse à leurs plantes, tout en se dirigeant au bord de cette petite rivière. Elle n'eut aucunement le besoin d'ouvrir ses prunelles face à ce paysage qu'elle ne connaissait que trop bien. La hime appréhendait le nombre exacte de pas qu'il lui faudrait pour atteindre le bord des flots ruisselant, reconnaissant le bruit cristallin d'une chute d'eau à son oreille droite.
Au fur et à mesure que la jeune femme se rapprochait du court d'eau, sûre d'être seule, elle se dévêtit de son imposante veste grise qu'elle portait au quotidien, lui permettant de dissimuler au mieux ses généreuses formes féminines honteuses à son regard, dévoilant un chandail de résilles près du corps, dont elle se débarrassa avec tout autant de quiétude. Au fil de ses pas, elle défit également son pantalon noir qui s'arrêtait à mi-mollet, pour ne finir qu'en sous-vêtement, s'en débarrassant avec tout autant de soin, dans le souhait d'être en harmonie avec la nature luxuriante qui l'entourait.
La pulpe de ses orteils pâles caressant l'écume des vaguelettes qui tentaient à s'échouer sur le rivage, elle concentra son chakra au sein de la plante de ses pieds. L'héritière du clan aux yeux blancs aventura un premier pas à la surface de la nappe fluide, son essence du corps et de l'esprit en symbiose, lui permettant de rester à la surface de l'eau versatile. Elle joignit alors avec la même application, son deuxième pied dans cet univers aqueux instable. Elle fit encore quelques pas, pour se retrouver au milieu de la rivière, restant parfaitement immobile à la surface, malgré les nombreux remouds des flots.
Joignant ses mains dans le mudra du tigre, elle prit le temps de méditer sur sa respiration ainsi que la sensation du flux d'énergie qui lui traversait le corps.
Poussant un dernier soupir, elle s'accroupit afin de se saisir d'un galet sous la barrière d'eau. La pierre se retrouvant projetée dans les branches d'arbres au dessus de sa tête, faisant tomber aléatoirement quelques feuilles dans un mouvement volatile.
Activant son byakugan, les veines de ses tempes se gonflèrent, striant son visage laiteux jusqu'au haut de ses pommettes. Son air habituellement doux, paraissant inoffensif, se fit dur et guerrier. Sa nouvelle vision que lui permettait d'acquérir l'animation de son dojutsu, s'étira pratiquement à 360°. Aucun mouvement, aucun être pourvu de flux d'énergie ne pouvait échapper à sa perception sur dix kilomètres. Les fameux yeux « qui voyaient tout ».
Elle agita ses deux bras avec souplesse, concentrant son chakra dans ses mains afin de les rendre aussi tranchantes qu'un kunaï, découpant chaque feuille pleuvant vers elle, avec une précision chirurgicale. Ses membres dansant tout autour d'elle dans une agile rapidité. La jeune femme, ses longs cheveux de jais flottant au grès de ses mouvements, semblait se fondre en la grâce de la déesse Kali dans toute sa splendide fureur. Chacune des malheureuses feuilles tombées, scindées en deux, se faisant emporter à la surface des courants de la rivière.
Allongeant sa jambe droite nue, son poids du corps appuyé sur l'autre repliée, la fille d'Eve dessina un cercle de la pointe de son pied, tournoyant sur elle-même, projetant de nombreuses gouttes d'eau dans les airs. La paume de ses mains toujours ouvertes, elle frappa chaque perle aqueuse de son Jûken fendant l'air, se concentrant sur les soixante-quatre points du Hakke.
Son entraînement clandestin continua pendant de longues minutes, enchaînant méticuleusement les techniques propres à son clan. Son corps nu tournoyant, ondulant, dansant avec grâce et volupté, telle une nymphe au milieu des eaux. Haletante, ses muscles bandés par l'effort, le myocarde pulsant toujours plus fort dans ses oreilles.
Le soleil indiquant son zénith dans l'immensité bleutée du ciel, la jeune femme s'immobilisa. Le souffle toujours erratique, la peau ruisselante de sueur, elle remonta la rivière d'un pas serein vers la chute d'eau. Une sorte de bassin se formait devant la petite cascade, la pierre lissée et creusée au fil du temps par les remouds. Quelques nénuphars ici et là à la surface cristalline, fougères et autres anémones blanches, rampant autour de la trouée d'eau, les rayons du soleil reflétant les quelques perles d'humidité s'attardant sur les feuilles des végétaux.
Arrivée à la surface mouvante de la petite source, la jeune femme coupa son flux de chakra qui circulait encore dans ses pieds, la faisant immédiatement plonger au sein de l'habitat aqueux, submergeant entièrement son corps. Refaisant surface, ses cheveux charbonneux détrempés tombant en une cascade soyeuse caressant la chute de ses reins nus, elle passa ses mains laiteuses le long de son visage pour remettre de l'ordre dans sa chevelure, puis s'assit sur une pierre. L'eau recouvrant son corps depuis la naissance de sa poitrine, savourant ce délicieux élément qui lui permettait toujours de se détendre et de discipliner ses pensées anarchiques, sa timidité et sa pudeur s'envolant au gré de la brise et de son apaisant de l'eau.
Respirant profondément, elle ferma ses paupières, prenant le temps de méditer. Naruto encore une fois apparut à son esprit dans sa représentation lumineuse, qu'elle chassa immédiatement d'un mouvement de tête, la remplaçant par l'ombre de son père et son clan, la mission, puis enfin l'inconnu. Une boule se forma au creux de son estomac au fur et à mesure que ce brouillard obscur se faisait maître de son esprit. Elle espérait qu'il irait bien. Quel est donc ce sentiment? Pourquoi ses entrailles se tordaient à ce point en pensant à lui ? Après tout, son père avait raison, bientôt ce serait la guerre et elle ne pouvait perdre son temps pour un inconnu de la sorte. Mais quelque chose au fond d'elle retenait inexplicablement ses réflexions envers cet homme. La jeune femme se dit que ce n'était que le reflet de son désespoir et de ses craintes face à la situation de leur monde. Ce monde régit par les shinobi qui semblait s'éloigner de son essence.
La brune, le liquide glissant entre chacun de ses doigts fins en coupe, prit le temps d'appréhender sa future discussion avec le patriarche à propos de sa mission, ne connaissant que trop bien la réaction qu'il témoignerait.
Ses points se contractèrent contre ses cuisses fuselées. Cette fois-ci, juste cette fois-ci, elle lui ferait face. L'Hokage lui en avait donné l'ordre, lui faisait confiance, elle ne la décevrait pas. Une kunoichi, voilà ce qu'elle était. Pas de sentiment, pas d'émotion, une machine. Elle n'oubliait pas son statut d'héritière, mais son village passait avant tout. Voilà sûrement ce qui la différenciait tant de sa jeune sœur.
A l'académie, on lui avait apprit à se battre pour protéger et obéir à son village. Cette soumission, elle ne la connaissait que trop bien de par son éducation familiale. Mais cette fois, juste cette fois-ci, sa fidélité irait en priorité au village et non son clan comme celui-ci l'attendait. L'héritière agirait en fonction de ce en quoi elle croyait vraiment.
Elle, la honte des Hyûga, essuierait encore les lynchages des anciens et de son père. Mais, c'était son devoir envers son Hokage. Au fond, quelle différence cela ferait-il par rapport à son quotidien ? Ils la désigneraient toujours comme la faiblesse, la déception, la rancœur aux yeux de son père et de sa famille. Alors pourquoi ne pas agir comme elle le devait, non plus en fonction de son clan, mais simplement dans son rôle de kunoichi, pour son village, pour son Hokage.
Sa décision prise, la hime sortit de l'eau, ramassa ses nippes, prenant le soin de se revêtir, puis reprit le sentier escarpé par lequel elle était venue, pour se diriger vers le village et son domaine. Une longue confrontation s'annonçant avec le chef du clan.
Innocente des yeux scrutateurs de l'ombre humanoïde noire qui l'avait observé pendant tout ce temps, elle s'engouffra dans la percée d'émeraude. Un sourire carnassier étira ce qui semblait être une bouche sans relief, une écœurante langue reptilienne léchant ses commissures, l'abondante végétation lui permettant d'échapper à la perception des yeux blancs. Le corps gracile disparut de son champ de vision.
La forme visqueuse s'insinua alors dans la sol, dégoulinant entre chaque racine, telle une marre d'huile, imitant le chemin de la boue, puis s'évapora, non sans laisser à l'écho du vent, un léger ricanement semblant venir des profondeurs de l'Enfer elles-mêmes.
