Port-Réal était en feu.

L'air froid et humide de l'hiver était devenu chaud, brûlant, pratiquement irrespirable à cause de la fumée et des cendres.

Le Donjon Rouge s'écroulait un peu plus à chaque minute qui passait.

La Compagnie Dorée avait été décimée par Daenerys et son dragon, qui avait finalement décidé de mettre la capitale à feu et à sang.

Cersei haleta.

Elle était seule au milieu de ce chaos, complètement seule, alors que son monde s'effondrait autour d'elle.

Haletant, elle posa la main sur son ventre.

Elle devait fuir. Elle n'avait pas le choix.

Elle mourrait, si elle ne partait pas.

Elle mourrait, et son petit lionceau, ses petits lionceaux mourraient avec elle.

Elle ne pouvait pas laisser cela arriver.

Elle ne pleurait pas.

Des larmes, Cersei n'en avait plus. Elle les avait déjà toutes versées, quand Jaime n'était pas revenu du Nord. Elle n'avait pas eu une seule nouvelle de lui, pas une, et elle en avait déduit qu'il l'avait abandonnée.

Il ne pouvait pas être mort, elle le savait. Elle l'aurait su, elle l'aurait senti, si son autre moitié avait quitté ce monde, mais pas elle.

Ils étaient une seule âme en deux corps. Elle n'aurait pas pu passer à côté.

Elle fut tirée de ses pensées, par un énorme bloc de pierre qui vint s'écraser à quelques mètres d'elle à peine.

Elle devait se dépêcher, et quitter le patio où était peinte la carte de Westeros au plus vite.

Elle n'était plus en sécurité ici, si elle l'avait déjà été à un endroit ne serait-ce qu'un jour.

Elle se retourna. Elle n'avait pas de temps à perdre.

Et elle le vit.

Il était là. Jaime était là.

La barbe qu'il avait laissée pousser lui recouvrait le visage, il était maculé de sang et de saleté, ses vêtements étaient déchirés et tachés, mais il était là.

Sercilia était juste à côté de lui, et courut rejoindre Aramis à côté de Cersei.

Jaime, lui, s'avança au centre de la pièce, tandis que Cersei tendait ses bras vers lui.

Elle ne s'était jamais sentie aussi bien que lorsqu'il referma ses bras autour d'elle, l'étreignant fortement, malgré son ventre qui s'épanouissait entre eux.

Sercilia, elle, se frotta contre Aramis, comme les deux moitié d'un même être trop longtemps séparées.

Quand après de longues secondes, ou peut-être bien des minutes, des heures, Cersei recula un peu, pour mieux voir le visage de Jaime, elle souffla :

''Tu es revenu pour moi…''

Mais ses yeux vert émeraude étaient devenus durs, aussi durs que les pierres qui tombaient du ciel, que les pierres qui pleuvaient, comme surgies de nulle part, quand il répondit :

''Non.''

Le reste arriva tellement vite que Cersei ne se rendit pas vraiment compte de ce qui était en train de se passer.

Sercilia sauta sur Aramis, et planta ses griffes dans son dos et ses crocs dans son cou, le faisant rugir tandis qu'il tentait de se défendre.

Cersei, elle, ressentit une vive douleur dans son abdomen.

Instinctivement, elle posa une de ses mains dessus, avant de l'enlever, presque aussitôt, poisseuse, pleine de liquide collant rouge.

Rouge Lannister.

Rouge sang.

Le souffle court, la respiration saccadée, Cersei eut tout juste le temps de baisser les yeux sur son ventre, pour y voir un poignard, la lame incrustée dans sa chair, dégoulinante du même sang que celui qui encrassait ses mains, avant que tout ne devienne noir autour d'elle et qu'elle ne se sente basculer en arrière.

La douleur était toujours là, au même endroit qu'à peine quelques secondes auparavant quand Cersei se réveilla en sueur et à bout de souffle comme si elle venait de courir pendant plusieurs heures, pour échapper à sa mort, peut-être.

Il lui fallut quelques minutes pour reprendre ses esprits.

Elle n'était pas dans le patio de la carte, elle était dans ses appartements, dans son lit.

Tout semblait étrangement normal. La nuit était noire dehors, et étonnamment calme, comme si la guerre qui se déroulait des centaines de lieues de là n'était qu'un rêve, elle aussi, ou plutôt non, un cauchemar.

Mais si ce n'était qu'un cauchemar, Jaime serait là, endormi, à côté d'elle, enlacé avec elle, leurs bras et leurs jambes entremêlés.

A la place, il n'y avait qu'Aramis, qui avait pris l'habitude de dormir collé à elle quand Jaime était absent, comme si être blottie contre sa moitié d'âme pouvait compenser ne serait-ce qu'un peu de ne pas pouvoir être contre son autre moitié.

Cersei expira profondément.

Ce n'était qu'un rêve, rien qu'un rêve.

Rien de tout cela n'était vrai, rien du tout, le Donjon Rouge, la ville, le monde n'étaient pas en train de s'effondrer, n'étaient pas en train d'être réduits en cendres par la fille Targaryen venue répandre le feu et le sang doré des lions.

Mais, si tout cela n'était qu'un rêve, qu'une vaste illusion, comment expliquer que la douleur dans ses entrailles, elle, soit toujours là, bien présente, bien réelle ?

Elle s'assit, attendant quelques minutes, de voir si cela passait, comme si ce n'était qu'un vestige de son rêve, mais, au moment où elle pensait que ça s'était apaisé, que c'était fini, que ce n'était qu'une douleur fantôme, un faux souvenir, une nouvelle crampe la prit dans son bas-ventre, et, cette fois, elle sentit quelque chose couler entre ses cuisses, une sorte de liquide, poisseux, collant.

Non.

Cersei tira frénétiquement les draps, puis sa chemise de nuit.

Non, non, non…

Des larmes commencèrent à rouler sur ses joues avant même qu'elle ne voit ce qui s'était réellement passé.

Inconsciemment, elle savait.

Une large tache rouge s'étalait sur le matelas, grandissant un peu plus à chaque seconde, maculant la peau blanche de ses cuisses, le même rouge qui avait taché sa main quand elle l'avait posée sur son ventre meurtri dans son rêve.

Rouge Lannister.

Rouge sang.

Elle secoua la tête, refusant d'y croire, les larmes coulant désormais librement de ses beaux yeux émeraude.

''Non…. Non…''

Si.

Quand elle fut bien obligée de se rendre à l'évidence, elle prit son visage dans ses mains.

Elle pleurait à chaude larmes.

Elle venait de perdre son bébé, son dernier bébé, peut-être le dernier qu'elle aurait jamais.

Elle venait de perdre une autre partie de Jaime qui était restée avec elle.

Encore une fois.

Aramis, qui avait été réveillé par l'agitation, vint frotter son nez contre la joue de son humaine, lui léchant même le visage, mais rien n'y fit.

Elle ne s'arrêta pas de pleurer, silencieusement, comme elle l'avait toujours fait, mais elle pleurait quand même.

Et même si elle l'avait voulu, elle n'aurait pas pu.

oOo

Jaime était dans les appartements que Sansa lui avait attribués à son arrivée à Winterfell, seul avec son dæmon.

Il contemplait le feu qui brûlait dans la cheminée, projetant une douce lueur orangée dans la pièce assombrie par la nuit noire qui régnait dehors, sans pour autant vraiment le voir.

Il n'avait rien à faire ici. Il le savait.

Sa place était aux côtés de Cersei, à Port-Réal, pas dans le Nord, à des centaines de lieues de la capitale.

Elle lui manquait horriblement.

Il grimaça en prenant la choppe de bière brune posée sur la table devant lui, et d'en prendre une longue rasade.

Pour une fois qu'il avait la chance d'enfin pouvoir devenir père, d'enfin pouvoir revendiquer son enfant comme étant le sien, sans roi pour donner un nom de cerf à leur petit lion ou à leur petite lionne, il devait se battre pour la vie, pour leur vie, tout en n'étant pas sûr de pour autant en revenir.

Il devait être loin de Cersei, alors qu'il aurait pu observer son ventre qui gonflait doucement avec leur petit lionceau à l'intérieur, avec les nouvelles courbes douces de son corps qui fleurissaient.

Alors qu'ils auraient pu passer leur temps à parler de berceuses et de prénoms.

Il s'inquiétait.

Il n'appréciait pas du tout avoir été obligé de la laisser seule au beau milieu du nid de vipères et de vautours de la capitale.

Oh, elle n'était pas vraiment seule, il le savait bien.

Elle avait Qyburn, elle avait La Montagne, elle avait la Compagnie Dorée, mais est-ce que tout ce beau monde serait suffisant si Euron Greyjoy décidait par exemple qu'il était temps qu'elle lui donne ce qu'elle lui avait promis, de force ou de gré ?

Les Stark disaient souvent qu'en hiver, il fallait veiller les uns sur les autres, se protéger les uns les autres.

Quand la neige tombe, et que souffle le vent glacial, le loup solitaire meurt, mais la meute survit…

Jaime soupira. Si la chose était vraie pour les loups, elle l'était aussi pour les lions.

Et, pour le moment, Cersei et lui n'étaient rien de plus que des lions solitaires, esseulés, privés de leur meute, alors que l'hiver, lui, arrivait à grand pas, s'il n'était pas déjà là.

Il reprit une gorgée de sa bière, qui lui paraissait tellement fade que cela aurait pu aussi bien être autre chose et qu'il ne s'en serait pas rendu compte.

Sercilia se rendait bien compte que quelque chose n'allait pas avec son humain, et elle savait parfaitement ce qui en était la cause.

Elle se leva du sol où elle s'était allongée, juste devant l'âtre, profitant de la douce chaleur des flammes rugissantes, et vint près de la chaise où Jaime était avachi, ressassant ses idées sombres, en buvant l'épais breuvage brun que les Nordiens appelaient bière, et qui remplaçait à Winterfell les vins rouge sang ou or délicats en provenance de Dorne ou de la Treille habituellement servis à Port-Réal.

D'un mouvement souple et gracieux, elle sauta sur la table, pour faire face à son humain.

''Cesse de broyer du noir, tu veux ? Cersei va bien.''

Jaime la regarda, dubitatif :

''Et comment peux-tu en être aussi sûre ?''

''Ce n'est pas la première fois qu'elle est seule sans nous.''

Voyant qu'il n'avait pas l'air convaincu, elle continua :

''Et puis d'ailleurs, elle n'est pas seule. Elle a Aramis avec elle.''

Jaime eut une espèce de rire sans joie :

''Avoir Aramis avec elle n'a pas empêché le Grand Moineau et ses sales soldats pouilleux de la Foi Militante de la jeter dans une cellule, ni de l'humilier devant toute la population de Port-Réal.''

''Le Grand Moineau et tous les membres de la Foi Militante sont morts.''

Jaime marmonna quelque chose d'inintelligible, et reprit à nouveau une gorgée de bière.

Soudain, quelqu'un frappa à la porte.

Jaime envisagea de ne pas répondre, de faire croire à la personne de l'autre côté de la porte qu'il n'était pas là, après tout, il n'avait envie de voir personne, il n'était pas d'humeur pour ça.

Mais la porte s'ouvrit quand même, bien que l'intrus n'ait pas reçu l'autorisation d'entrer, et, alors que Jaime s'apprêtait maugréer qu'il ne l'avait pas invité à entrer, il se ravisa, quand il se rendit compte que cette personne était son frère.

Tyrion s'approcha de la table, suivi de Stelsa, et Sercilia en descendit, retournant auprès du feu, son coin de prédilection.

''Je commençais à croire Daenerys quand elle nous disait que Cersei avait menti.''

Jaime attendit un long moment avant de dire quelque chose, le regard perdu dans le vide, n'ayant pas la moindre envie du monde de faire la conversation avec qui que ce soit.

Il tourna à nouveau la tête, et regarda son frère, avant de lui faire remarquer :

''Ta reine n'avait pas l'air très heureuse de voir arriver nos armées.''

Il n'avait pas manqué le regard que Daenerys lui avait lancé le matin même, un regard qui lui avait fait froid dans le dos, un regard qui l'avait brusquement ramené presque trente ans auparavant, la réminiscence lui laissant un goût amer dans la bouche.

Tyrion s'assit sur la chaise en face de Jaime :

''C'est ta reine aussi.''

Jaime grimaça.

''Non, elle ne l'est pas.''

Tyrion soupira :

''Mais tu n'as pas le choix.''

Jaime le regarda longuement, sans rien dire.

''Elle va mourir si elle ne se rend pas pacifiquement. Daenerys y veillera.''

''Daenerys n'a pas encore gagné. Cersei a toutes les chances de son côté.''

''Tu sais très bien comment ça va se finir.''

A vrai dire, Tyrion lui-même n'en était pas convaincu.

Il n'était pas sûr de savoir ce qu'il préférait. Il savait que ce qu'il avait dit était juste. Si Cersei ne présentait pas sa reddition quand Daenerys arriverait aux portes de la capitale, elle la ferait tuer.

Il y a quelques années de cela, il aurait été ravi de cette perspective.

Voir Cersei mourir avait été son désir le plus cher, ou, du moins, c'est ce en quoi il avait fermement cru.

Mais était-ce réellement, au plus profond de lui, son véritable souhait ?

Il déglutit en repensant à sa sœur, à la conversation qu'ils avaient eue après qu'elle eut quitté Fossedragon sans se retourner, les privant d'une lueur d'espoir dans les ténèbres qui venaient les recouvrir, en repensant à la main qu'elle avait placé sur son ventre, à sa lueur d'espoir à elle.

Il ne pouvait pas laisser cela arriver.

Il regarda son frère, qui avait détourné les yeux, et s'était à nouveau perdu dans la contemplation du feu de bois qui crépitait dans l'âtre.

Jaime ne le lui pardonnerait jamais, si un quelconque malheur advenait à Cersei ou à leur bébé, et qu'il ne faisait rien pour l'empêcher.

Mais il y avait Daenerys.

Daenerys, qui l'avait accueilli après que Cersei l'ait contraint à s'exiler.

Daenerys, qui s'était montrée si gentille, si respectueuse avec lui, quand quasiment personne, à part son frère, ne lui avait témoigné ce genre de sentiment.

Daenerys, qui, comme lui, rêvait d'un monde meilleur, un monde de peuple libérés et de chaînes brisées, un monde de roue brisée, non, détruite.

Et il pensa à Sansa.

Sansa, qui venait de faire un pacte avec le diable, en offrant à Cersei sa tranquillité en échange de ses armées.

Mais il savait, tout au fond de lui, il savait, même s'il ne voulait pas l'admettre.

Comme Varys, elle avait compris ce qui se passerait si Daenerys arrivait enfin à atteindre ce maudit Trône de Fer.

La devise des Targaryen était Feu et Sang.

Sansa savait très bien qu'il n'y aurait jamais de paix, rien que la guerre, le chaos, et la misère, si Daenerys devenait Reine des Sept Couronnes.

Il ne pouvait pas lui en vouloir.

Il était las, tellement las de tout ça.

Il ne pouvait rien avouer à Daenerys.

Il avait reproché à Varys d'être un aspirant traître, mais il l'était tout autant.

Cette pensée le révoltait, et, pendant un bref instant, il songeait à tout dire, à tout déballer, mais, la seconde suivante, il se ravisait, parce que c'était Sansa, et qu'il ne pourrait pas supporter de la voir subir le châtiment suprême.

Elle lui avait fait confiance, en lui dévoilant notamment le secret de son alliance avec Cersei, mais aussi celui qui entourait la naissance et la filiation de Jon Snow.

Et elle avait eu raison de lui faire confiance. Il ne dirait rien.

Jaime se décida enfin à s'intéresser à nouveau à son frère :

''Comment cela va-t-il se finir ?''

Tyrion le regarda dans les yeux :

''Si Daenerys gagne, elle tuera Cersei. Mais si Cersei se rend, il y a peut-être une chance qu'elle vous laisse la vie sauve, parce que vous avez contribué à la Grande Guerre.''

Jaime eut un rire sans joie.

''Comment peux-tu te bercer d'illusions à ce point ? J'ai tué son père, un roi que j'avais juré de protéger, et Cersei est assise sur son Trône. Jamais elle ne nous épargnera.''

Tyrion ne voulait pas croire cela.

Il savait parfaitement que son frère avait raison, mais il ne pouvait pas se résoudre à y croire.

''Je vais la convaincre, et…''

Jaime le coupa :

''Tu ne vas pas réussir à la convaincre de faire une chose pareille. Et quand bien même tu y arriverais, tu sais tout aussi bien que moi que Cersei ne se rendra jamais.''

Tyrion le fixa intensément :

''Tu dois absolument essayer de l'en persuader…''

Jaime détourna les yeux, refusant de croiser son regard, et prit une nouvelle rasade de sa bière, avant de s'en reverser à nouveau dans sa choppe.

Tyrion ne l'avait jamais vu boire autant auparavant, mis à part le soir du mariage de Cersei avec Robert.

Il savait instinctivement que quelque chose n'allait pas avec lui, et il ne doutait pas de connaître l'origine du problème.

Il se leva de sa chaise, et alla se planter entre la cheminée et lui, pour être sûr qu'il le regardait.

Après un long silence, Jaime fronça les sourcils, comme s'il s'apprêtait à faire un aveu particulièrement déplaisant :

''Cersei et moi allons avoir un bébé.''

''Je sais.''

Jaime l'observa, l'air étonné.

''Cersei te l'a dit ?''

Tyrion secoua la tête.

''Je l'ai deviné. Il y a des signes qui ne trompent pas.''

Jaime acquiesça, et ne rajouta rien, l'air contrarié.

Tyrion le lui fit remarquer :

''Tu n'es pas heureux de cette perspective ? Tu devrais être content. Il n'y a personne d'autre pour revendiquer ton enfant. Tu pourrais enfin être son père.''

Jaime le regarda :

''Bien sûr que si, je suis content. Mais il est possible, si on perd la guerre contre les morts, que je ne rencontre peut-être jamais mon fils ou ma fille. Et même en cas de victoire, je ne suis pas sûr d'être rentré à temps pour la naissance.''

''Bien sûr que si. Il n'y a qu'un mois de voyage, jusqu'à Port-Réal. Une grossesse en dure neuf. Depuis combien de temps Cersei était-elle enceinte quand tu es parti ?

''Deux mois et demi, il me semble.''

''Alors tu seras revenu à temps à la capitale.''

Cela ne suffit visiblement pas à persuader Jaime.

Tyrion reprit, essayant de jouer sur la corde sensible :

''Mais si tu ne convaincs pas Cersei, d'une manière ou d'une autre, d'abandonner le Trône, jamais tu ne le verras grandir.''

''Tu sais parfaitement que cet enfant est la raison même pour laquelle Cersei ne cédera pas. Elle serait capable de toutes les horreurs possibles et imaginables si cela signifiait qu'elle pouvait être sûre que notre petit serait en sécurité.''

Oh que oui.

Tyrion ne le savait que trop bien.

Il ne l'avait pas vu de ses propres yeux, mais il savait que Cersei avait été prête à se suicider avec Tommen lors de la Bataille de la Néra, pour leur éviter de tomber aux mains de leurs ennemis.

Elle ferait l'impensable pour ses enfants, il en était parfaitement conscient.

''Et je maintiens qu'il n'est pas improbable qu'elle l'emporte sur Daenerys.''

''Daenerys a deux dragons.''

''Et notre sœur aura vingt-mille hommes prêts à se battre, qui n'auront pas eu à affronter les morts, quand elle se présentera aux portes.''

''Je connais la ville mieux que quiconque. Je l'ai défendue, la dernière fois qu'elle a été attaquée. Elle tombera.''

''Cersei a une solution en cas de défaite.''

Tyrion fronça les sourcils.

Si c'était ce qu'il pensait, Varys avait eu raison.

La confidence était désormais passée au stade d'information.

Et si Cersei était au courant, ce n'était pas bon pour eux. Vraiment pas bon.

Mais comment pouvait-elle le savoir ?

Les nouvelles allaient vite, dans les Sept Couronnes, avec les espions disséminés aux quatre coins de Westeros, mais encore fallait-il que Cersei en ait dans le Nord.

Tyrion écarquilla les yeux.

Se pouvait-il que…

Non, c'était impossible.

Elle ne les aurait pas trahis de cette façon, en dévoilant à Cersei ce que son frère lui avait demandé de garder secret.

Jamais elle n'aurait fait ça, n'est-ce pas ? N'est-ce pas ?

Mais il se rappela que Sansa n'était plus la petite fille innocente qu'il avait connu, celle très jeune, trop jeune, qu'il avait épousée.

Elle avait vécu des choses horribles, des choses qu'il ne voulait même pas imaginer, des choses qui l'avaient fait grandir d'une manière trop brutale, des choses qui l'avaient changée.

Peu de temps auparavant, il aurait dit que c'était tout bonnement impossible que Sansa ait pu faire une alliance avec Cersei.

Mais la suite lui avait prouvé que non.

Et la tension palpable entre Daenerys et elle n'était plus à prouver. Il était clair que les deux jeunes femmes n'avaient aucun amour perdu l'une pour l'autre, et il semblait que Sansa était prête à tout, absolument tout, pour l'empêcher d'atteindre le Trône de Fer, y comprit la trahir au profit de celle qu'il pensait être sa pire ennemie.

Donc, se pourrait-il que Sansa ait mis Cersei au courant de l'identité de Jon, dans l'espoir de renverser Daenerys ?


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