Chapitre 17

« The great battle »

[song : 99 Balloons – Goldfingers]

Forêt de Namimori, quelques heures plus tard

L'équipe des Vongola avait été forcée de fuir la base secrète ainsi que l'agence Kawahira suite à l'attaque de Zakuro puis de Torikabuto. La majeure partie du groupe avait suivi les indications de Uni jusqu'à la forêt, tandis que Yamamoto, Bianchi et Spanner avaient décidé de fouiller les décombres de la base à la recherche du requin de la Varia.

De son côté, le blond avait fait partie de la petite expédition dans le but de trouver des pièces mécaniques qui lui permettraient de construire un mosca pour la bataille finale. Persuadé qu'un robot géant serait un atout considérable pour le combat à venir, il naviguait dans les ruines et ramassait tout ce qui pouvait lui être utile pour fabriquer cet engin de guerre.

Même si dans un coin de son esprit, il ne pouvait s'empêcher d'être inquiet pour son ami qui, malgré son état de santé, était beaucoup trop proche de l'affrontement qui allait bientôt prendre place dans les plaines jonchant la forêt. Il se rassurait cependant sur une chose : jamais le Vongola ne le laisserait combattre et il ferait sûrement tout pour le protéger, comme les autres. De toute façon, si le dixième du nom ne parvenait pas à vaincre le boss des Millefiore, il n'y aurait nulle part où se cacher.

Ni pour lui, ni pour le rouquin.

En soi, Shoichi n'était donc pas beaucoup plus vulnérable là-bas qu'ici avec lui.

De son côté, l'ancien commandant de la base Melone ne raisonnait pas de la même façon : il était bien plus serein à l'idée de savoir Spanner loin de la bataille qui allait se dérouler. Car il connaissait Byakuran et ses ambitions destructrices, et il savait aussi que les dommages collatéraux étaient fortement envisageable au vu de la guerre qui se préparait entre les deux camps.

Avec Spanner loin du champ de bataille, il pourrait se concentrer pleinement sur la tâche à venir. Car dès le lendemain, Tsunayoshi et se gardiens devraient affronter le plus grand ennemi qu'ils aient connu jusqu'alors. Et Shoichi devait garder tous ses sens en alerte pour guider autant que possible le Decimo dans ce combat.


Autour du feu de camp, les discussions allaient bon train malgré les tensions entre les différents alliés. La plupart des gardiens présents, qu'ils soient Vongola ou anciens Millefiore, étaient sur la défensive. Même Shoichi n'était pas particulièrement enchanté à l'idée de se battre aux côtés d'anciens membres du Black Spell. Aussi, il ne put s'empêcher de répondre lorsqu'une pique lui fut lancée.

Heureusement, la princesse Uni parvenait à maintenir l'ordre dans ses rangs. Le rouquin était impressionné par le calme et la sagesse dont faisait preuve une personne si jeune... plus jeune qui lui-même ! Bien sûr, il était conscient que le poids qui reposait sur les arcobalenos du ciel était suffisamment lourd pour les forcer à mûrir rapidement. Mais tout de même... La jeune fille dégageait une prestance aussi douce que volontaire qui forçait le respect et l'admiration.

Lorsque les tensions furent apaisées, les discussions sérieuses purent commencer. Uni leur raconta beaucoup de détails sur son temps passé aux côtés de Byakuran et ils échangèrent jusqu'à un point particulièrement encourageant qui confirmait les calculs de Shoichi : s'ils parvenaient à vaincre Byakuran ici et maintenant, l'intégralité des mondes parallèle serait sauvé et les Vongola pourraient retourner à leur époque.

C'était un espoir auquel ils devaient se raccrocher de toutes leurs forces. Un espoir fébrile, fragile, mais une chance de réparer les erreurs du passé et de vivre dans un monde meilleur.

Après tous ces longs discours, Reborn rappela cependant à Tsunayoshi la lourd responsabilité qui pesait sur ses épaules, lui remettant violemment les pieds sur terre. Le châtain recommença à paniquer sérieusement, si bien que pendant un instant Shoichi se vit en lui. Il pouvait véritablement comprendre cette facilité à angoisser et cette sensation lorsque tout devient si compliqué à gérer que le cerveau ne parvient plus à effectuer une quelconque réflexion sans se mettre dans tous ses états.

C'est alors que Gamma suggéra que l'ancien capitaine de la base Melone était le plus à même d'envisager une stratégie pour le combat à venir. Shoichi se redressa dans son lit de camp alors que Gokudera protestait en affirmant que le Juudaime pouvait très bien trouver un plan tout seul. Le rouquin soupira et se rallongea sur sa couche, l'air amer.

« Gokudera-kun a raison. Je ne suis plus qualifié après avoir perdu le Choice. La tactique à employer durant cette bataille devrait être trouvée par le boss des Vongola, Tsunayoshi-kun. »

Le châtain s'emporta aussitôt sur le fait de ne pas être le boss de quoi que ce soit et d'avoir toujours refusé une telle responsabilité. Mais l'arcobaleno du soleil avait en quelque sorte un pouvoir de persuasion suffisamment fort sur lui pour le calmer et lui faire entendre raison momentanément.

Le jeune Vongola se tourna alors vers lui et lui demanda :

« Dans ce cas, trouveras-tu un plan avec moi, Shoichi-kun ? Je désire ton aide. »

Le regard du technicien fut un instant troublé par cette demande. Les yeux du dixième du nom étaient si purs et si candides, animés d'une réelle gentillesse et d'une volonté sincère de solliciter son aide pour cette tâche. Et après tout, si Shoichi était encore là c'était pour lui prêter main forte, non ?

Un sourire apaisé se dessina sur les lèvres du rouquin.

« Pas de problème. Si c'est un ordre du boss, je serais heureux de m'y soumettre. »

Le temps était venu de se préparer réellement pour le combat final. Il leur fallait d'abord évaluer les forces et atouts dont disposaient leur équipe avant de s'embarquer dans des stratégies complexes. Malheureusement, beaucoup d'entre eux étaient mal en point... Il faudrait donc les réunir par équipes les plus logiques, même si cela ne plairait pas à tout le monde.

Shoichi se demanda alors s'il ne valait pas mieux affronter seul Byakuran plutôt que d'envisager d'expliquer à Gokudera qu'il devrait faire équipe avec Gamma, ou que les blessés devaient rester sur la touche... Heureusement que Tsunayoshi était aussi là pour faire entendre sa voix et calmer ses gardiens ! Enfin pour être parfaitement honnête, ce fut Reborn-san qui parvint à rétablir le silence dans l'assemblée. Le gardien Giglionero de la foudre en profita d'ailleurs pour inciter Basile à faire un Brain Coating avec son dauphin de la pluie et les autres boîtes animales.

La nuit continua d'étirer ses heures alors que tous les alliés Vongola se mettaient d'accord sur la stratégie la plus prometteuse pour la bataille. Ou tout du moins, pendant que Shoichi et Tsuna essayaient tant bien que mal d'exprimer leurs idées sans éveiller les foudres successives des différents participants au combat... Cette étape dura assez longtemps, mais finalement tout le monde commença à tomber de fatigue.

Il était plus que temps de se reposer avant l'assaut décisif.

Les dernières heures avant le jour défilèrent à tout allure, et Shoichi ne parvint pas à trouver le sommeil. Il ne pouvait simplement pas s'échapper de la réalité fatale qui l'entourait.


Dans les ruines de la base Vongola, Spanner s'affairait sur sa construction dans ce qui avait dû être un hangar pour les entraînements, avant que tout ne soit détruit. Méticuleux, il avait ramassé tout ce qui pouvait servir à construire un mosca dans les plus brefs délais. Mais après une demi journée de travail, il avait fini par perdre la notion du temps et même par oublier la raison pour laquelle il faisait tout cela.

Son cerveau était passé en pilote automatique : toutes ses capacités cognitives étaient concentrées sur l'idée de fabriquer un nouveau roi mosca, parce que construire des machines était tout simplement sa spécialité. Le combat à venir et même Byakuran avaient complètement désertés son esprit : il ne restait plus que ses désirs de technicien.

Alors il soudait, emboîtait et programmait des morceaux gigantesques qui peu à peu prenaient la forme qu'il souhaitait. Mais il restait encore beaucoup de travail et bientôt les premiers bugs firent leur apparition, si bien que le tatoué se retrouva à devoir courir entre les décombres pour éviter des rafales de missiles provenant du bras mécanique qui s'était dissocié du reste de la machine.

Spanner mit un bon quart d'heure à mettre hors d'état l'engin qui semblait vouloir sa mort. Son mini-mosca – du moins le nouveau, qu'il avait construit en priorité avant de s'attaquer au roi mosca – aspergea de sauce tomate l'incendie qui s'était déclenché à force d'explosions. Le blond regarda la scène avec un air perplexe, puis demanda une nouvelle sucette à son petit robot personnel.

Voilà tout ce qu'il lui fallait pour être heureux : des machines à s'occuper et des sucettes à volonté, celles fabriquée dans le mini-mosca avec sa recette spéciale au taux de sucre très précis.

Cependant, quelque chose l'embêtait. Il n'arrivait pas à savoir quoi, mais il savait qu'il oubliait quelque chose d'important. Peu importe... Songea-t-il en reprenant son projet à l'étape qui semblait avoir posé problème.

Un peu avant le matin, Yamamoto fit irruption dans son atelier improvisé avec un corps inanimé sur son épaule. Les cheveux argentés qui semblaient couler comme une rivière le long de son dos ne laissaient que peu de doute quant à l'individu que le brun tenait contre lui.

« Oh, tu l'as retrouvé. »

Déclara simplement Spanner à l'adresse du gardien de la pluie. Ce dernier hocha la tête et lui indiqua qu'il allait maintenant reprendre la direction de la forêt pour rejoindre tout le monde. Le blond acquiesça mais décida de continuer à travailler sur son projet. De toute façon, ce n'était pas comme s'il pouvait être d'une grande utilité sur le champ de bataille...

Il fit rouler sa sucette de l'autre côté de sa bouche et rabaissa son casque de soudure sur son visage. Une demi heure plus tard, une exclamation quitta sa gorge :

« Le combat ! »

Voilà ! Voilà ce qu'il avait oublié ! Ce mosca qu'il était en train de construire, il était à l'origine prévu pour aider les Vongola dans la bataille ! Il se remit alors au travail avec toute sa concentration pour essayer de terminer son engin de guerre le plus vite possible. Mais bientôt, son engouement pour la mécanique reprit le dessus et il fut de nouveau emporté par ses pensées de technicien, bien loin de la réalité du monde et de l'affrontement à venir...


[song : The Greatest View – Flume]

Le soleil se leva finalement. Tous les participants à la bataille quittèrent un à un le campement pour aller se mettre en position. Un calme incroyable avait imprégné l'équipe des Vongola : chacun semblait conscient de l'importance capitale de leur mission. Un seul faux pas, une seule erreur et l'intégralité des mondes parallèles, y compris le leur, serait condamnée. Mais les gardiens portaient dans le cœur une résolution sans pareille, unis par la même volonté de remporter la victoire coûte que coûte.

Les rayons de lumière filtraient à travers les branches d'arbre et parsemaient le sol de la forêt d'un tapis orangé. S'il n'avait pas été question d'un combat pour le salut de l'humanité, Shoichi aurait trouvé que c'était une belle journée. L'endroit était vraiment reposant et le soleil matinal qui s'élevait tranquillement dans le ciel créait une atmosphère vraiment magnifique.

L'espace d'une seconde, il se surprit à penser qu'il aimerait revenir à cet endroit dans de meilleures conditions. Mais très vite, la réalité le rattrapa.

Car Shoichi n'aimait pas l'idée de devoir rester sur la touche comme ça. Mais vu son état de santé et son absence d'anneau, il n'était pas envisageable de l'envoyer dans la mêlée. Et puis soyons honnête, le rouquin n'était pas vraiment un combattant. Il ne savait pas se servir d'une arme, ni de ses poings, et ne possédait pas d'autre boîte que la base Melone qui avait été détruite. Il n'était pas un homme de terrain : c'était un stratège dont le meilleur atout se trouvait à l'intérieur du crâne.

Cela dit, il ne pouvait qu'imaginer la frustration qui parcourait l'esprit de Tsunayoshi-kun à cet instant. Déjà que lui même avait du mal à se tenir tranquille alors qu'il n'était pas spécialement enclin pour la bagarre, il se doutait bien que pour le dixième du nom, l'idée de rester en retrait pour protéger Uni alors que ses gardiens étaient en première ligne devait être insupportable. Et il savait que rien de ce qu'il pourrait dire n'aiderait à la cause.

Pour Shoichi, l'aspect le plus frustrant de la situation était l'absence de visuel sur l'affrontement. Se contenter d'attendre un quelconque signal audio dans leurs émetteurs était particulièrement désagréable. Cela lui rappelait lorsque la base Melone avait été coupée de son système de vidéo-surveillance. Comment mener à bien une bataille tactique si on ne peut pas voir ce qui s'y déroule ? C'était aussi inutile que jouer à Warcraft sans écran, juste avec un casque audio...

Tous les alliés restés en retraits étaient donc pendus à leurs écouteurs, guettant le moindre signal de victoire ou de défaite à chaque fois qu'un combat commençait. Cela dit, les explosions qui avaient lieu à différents endroits de la forêt ne les aidaient pas à rester calme. Et entendre les gardiens souffrir après une attaque ne faisait que renforcer ce sentiment d'impuissance qui envahissait autant le cœur de Shoichi que celui de Tsunayoshi. Il semblait que la majeure partie d'entre eux étaient vraiment en mauvaise posture, et le dixième du nom ne pouvait pas quitter la protection de Uni pour aller les aider.

Il devait simplement garder foi en ses amis. Ou espérer un retournement de situation inopiné, comme l'arrivée de l'escouade d'assassins indépendante des Vongola. Ou encore le retour de Yamamoto Takeshi et d'Hibari Kyoya auprès des autres gardiens.


La bataille finale prit un tournant complètement radical lorsque Byakuran révéla son atout secret : Ghost. Un double de lui-même qu'il avait fait venir d'un monde parallèle et qui avait visiblement la capacité d'absorber toutes les flammes autour de lui, drainant jusqu'à l'énergie vitale de ses victimes. Ce revirement força Tsunayoshi à finalement abandonner son poste pour partir affronter cet ennemi hors du commun.

Shoichi était stupéfait par ce phénomène surnaturel ; il avait toujours su que le boss des Millefiore possédait un grand pouvoir, mais quelque chose comme Ghost dépassait clairement l'entendement. Jamais il n'aurait cru une telle chose possible...

Cependant, cela confirmait bien une chose dans l'esprit du rouquin : l'homme aux cheveux blancs n'avait absolument aucune limite. Ni en terme de puissance, ni en terme d'éthique. Ni en terme de volonté, ni en terme d'intellect. Il avait définitivement exploité jusqu'à la moelle toutes les possibilités des mondes qu'il avait visité et en avait retiré les capacités les plus extraordinaires.

Si bien que même si Shoichi ne mettait pas en doute la force et la résolution du Decimo, il comprenait désormais que la différence de puissance entre les deux gardiens du ciel était aberrante.

Et cela ne l'aidait pas vraiment à garder l'espoir.

Dans son émetteur, l'ancien commandant de la base Melone pouvait l'entendre. Le combat final entre Byakuran et Tsunayoshi avait commencé, et visiblement il n'était pas parti en la faveur du châtain. Il semblait même que le boss des Millefiore possède une paire d'ailes dans son dos... Shoichi ne savait pas s'il devait être impressionné ou terrifié. Probablement les deux.

Il aurait aimé assister à cet affrontement, le voir de ses propres yeux. Comme une curiosité malsaine, il désespérait d'observer son meilleur ennemi révéler son plus haut potentiel. Il voulait le voir. Il devait le voir. Il avait besoin de le voir.

Un incident le tira cependant de ses pensées : le pacificateur de Uni s'était mit à briller avec une intensité incroyable avant de commencer à l'entourer d'un champ de flammes du ciel qui la souleva du sol pour l'emmener tout droit vers le lieu de la bataille.

Ce n'est pas bon... Ce n'est pas bon du tout ! S'inquiéta mentalement le rouquin alors que la jeune fille entourée d'une bulle orange quittait leur champ de vision pour s'envoler au dessus de la forêt.

Ni une, ni deux, tout le monde prit la direction du sentier afin de rejoindre l'affrontement. Aidé par Bianchi et Fûta, l'homme à lunettes usa de toute son énergie pour avancer le plus vite possible vers le combat.

Plus rien ne les retenait en retrait désormais : tout allait se jouer maintenant.

Après un certain temps de marche rapide, la stupeur fut la première émotion qui s'empara de Shoichi qui assistait à son tour à la réunion du Tri-Ni-Sette – dont le pouvoir avait cloisonné les trois gardiens respectifs du ciel dans une zone impénétrable.

Byakuran-san...


[song : When you die - MGMT]

Le rouquin ne pouvait décrocher son regard du combat. L'homme aux cheveux blancs était en suspension à plusieurs mètres au dessus du sol, d'immenses ailes blanches aux reflets multicolores lui décorant le dos. Derrière ses lunettes, l'ancien commandant de la base Melone était hypnotisé. Car même si la situation était aussi atroce que décisive, il ne pouvait s'empêcher d'admirer la puissance incroyable de celui qui fut un jour un simple étudiant en ingénierie comme lui.

And words don't do anything

Si quelqu'un était venu le voir lorsqu'il était encore à l'université et lui avait dit qu'un jour son meilleur ami serait en train de déployer ses ailes dans un combat à mort pour devenir le maître du monde, il aurait probablement ri. Ou ignoré l'individu porteur de cette nouvelle en se demandant nerveusement pourquoi les rencontres bizarres n'arrivaient qu'à lui.

It's permanently night

Quoi qu'il en soit, il n'aurait jamais pu imaginer une telle chose de lui-même.

Shoichi avait le cerveau d'un tacticien : visualiser des chiffres, des données, des lignes de codes, des stratégies et des matrices scientifiques lui était parfaitement naturel. Mais projeter des images fantastiques, comme celles d'un homme disposant d'une paire d'ailes faites en flammes de dernière volonté, il avait vraiment eu besoin de le voir pour que son esprit en accepte l'idée.

And I won't feel anything

Mais malgré l'admiration qu'il portait à cet homme dont il reconnaissait bien volontiers la puissance, le désir de le voir échouer et l'amertume qu'il avait à son égard étaient bien plus forts encore.

Car en dépit de ses ailes et de son allure immaculée, Byakuran n'avait rien d'un ange. C'était un monstre égoïste, un démon aux ambitions destructrices. Un être sans scrupules qui ne manquerait à personne si Tsunayoshi parvenait à le détruire.

We'll all be laughing with you when you die

Surtout qu'il avait provoqué la mort Uni, cette princesse de lumière et d'innocence qui n'avait eu d'autre choix que de se sacrifier pour ne pas avoir à servir les dessins de Byakuran, offrant son essence vitale pour ramener à la vie tous les autres arcobalenos.

Non, c'était certain, Byakuran ne manquerait à personne...

Était-il seulement possible qu'il puisse laisser un vide dans le cœur de quelqu'un ?

Il avait même sacrifié ses Couronnes Funéraires pour parvenir à son but ! Des gardiens possédant pourtant une dévotion sans faille... S'il était vaincu, il ne resterait que Kikyo pour le pleurer. Comment quelqu'un d'autre pourrait-il ressentir ne serait-ce qu'une once de regret pour cet être abject n'ayant aucune considération pour qui que ce soit ?

Tsunayoshi-kun, tu dois le vaincre !

Alors pourquoi, pourquoi est-ce que Shoichi sentait son cœur se serrer à mesure que le dixième du nom reprenait du terrain, se rapprochant de la désormais très probable défaite de Byakuran ?

Byakuran-san, tu dois disparaître. Pour le bien de l'humanité, tu dois être supprimé...

Et Shoichi assista, comme tous les autres, au duel final entre les deux gardiens du ciel, le cœur rempli d'espoir que cette victoire puisse ramener la lumière sur le monde, qu'un jour nouveau se lève et que l'horreur soit enfin dissipée.