Hello hello ! Voici la suite des aventures. Je remercie les commentaires, même si je n'ai pas toujours le temps d'y répondre. Cela me motive à avancer, alors n'hésitez vraiment pas à me donner votre avis, c'est important !


Chapitre 8 : Amour censure

Aelita tendit une serviette à Yumi pour qu'elle s'essuie. La japonaise la remercia à peine.

- Aelita, qu'est ce que tu fais ?finit par demanda cette dernière.

Aelita secoua doucement la tête. Elle même n'était pas sûre de ce qu'elle faisait. Elle fronça les sourcils. Si, bien sûr qu'elle était sûre à présent. Elle construisait sa vie dans la peau de la véritable Aelita.

- William n'est pas une mauvaise personne, répondit la jeune femme. Tu n'as pas le droit de me dire qui je dois fréquenter.

- Je ne dis pas le contraire, Aelita, dit doucement Yumi. Je t'aime et je te soutiens. Mais j'aime aussi Jérémy, et là, tu lui fais du mal. Il faut que tu lui parles.

Aelita hocha doucement la tête.

- Je vais l'appeler, promit-elle.

- Aelita…

- Je sais, la coupa Aelita. Il a une bague. Mais je ne peux pas l'accepter. Je ne veux pas. Je ne veux plus. Ce n'est plus la bonne vie pour moi. Et je te demanderai de ne pas me juger.

Yumi remua doucement son thé en adressant un sourire sincère à Aelita, ce qui rassura un instant la jeune femme.

- Je ne vais pas te juger, dit Yumi. Je te connais et j'ai confiance en toi mais… C'est de William que je me méfie.

- Il t'a quittée pour que tu sois avec Urlich, lâcha Aelita.

Yumi entre ouvrit les lèvres.

- Pas parce qu'il ne t'aimait plus, reprit Aelita. Mais bien parce que toi tu ne l'aimais pas.

La japonaise semblait troublée au plus au point, ne sachant que répondre. Aelita saisit une de ses mains.

- Il m'a tout dit, expliqua-t-elle. On lui a fait une peine immense.

- Il vaudrait que… Enfin… Que…

Aelita hocha négativement la tête, ne laissant pas Yumi finir sa phrase.

- Il est hors de question que je le censure, répliqua-t-elle. William est une personne avec qui j'aime passer du temps. Je ne vais pas le cacher à nos amis simplement parce qu'il les met mal à l'aise. Nous sommes adultes, agissons comme tels.

Yumi se renfrogna. Elle reprit sa main à Aelita.

- Alors sois la première à agir comme une adulte, rétorqua-t-elle. Et parle à Jérémy. Il a le droit de savoir que tu te considères comme célibataire et que tu t'envoies en l'air.

Aelita fusilla la japonaise du regard, chose qu'elle n'avait jamais fait auparavant. Elle se surprit elle même de sa propre colère.

- Tu as l'intention de me tourner le dos parce que je ne vais plus fréquenter Jérémy ?demanda Aelita avec méfiance.

Le visage de Yumi se radoucit immédiatement.

- Bien sûr que non, répondit la jeune femme. Je ne suis pas de ce genre.

- Oui, je sais, s'excusa timidement Aelita.

Finalement, Yumi la regarda de la tête aux pieds. Elle sourit franchement.

- Alors, dis moi, dit-elle malicieusement. Qu'est ce que William a bien pu te faire pour que tu manges du cheesecake en talons hauts, madame baskets ?

Aelita rit un instant, et elle commença à lui parler de sa journée aux côtés de William à la fashion week parisienne. La japonaise semblait plus qu'intéressée, et elle se plaisait même à rire de la manière rocambolesque dont les choses s'étaient produites entre les deux protagonistes de cette folle histoire. Aelita cessa son récit à la veille. Elle omit ce qui suivit le verre de vin rouge sur le canapé.

- William a un drôle de parcours, conclut finalement Aelita. Mais ça me fait du bien. Il est très différent de tout ce que j'ai connu à l'époque.

- Je dois reconnaître qu'il est enrichissant, admit la japonaise. Mais… Je ne pourrais pas pour autant dire qu'il est mon ami.

Aelita comprit silencieusement.

- Mais il est mon ami, dit-elle doucement.

- Est il juste un ami ?demanda Yumi en plissant les yeux.

Aelita se mordit la lèvre. Elle ne savait pas mentir, et elle en avait parfaitement conscience. Mais cette fois ci, c'était à elle même qu'elle devait ou non se mentir. William et elle étaient ils un couple ? Certainement pas. Ils avaient fait l'amour. Deux fois. Ça ne les mariait pas pour autant. Aelita eut alors la folle envie de quitter le café pour se jeter sur William et lui demander une explication claire et précise de ce qui était entrain de se passer entre eux.

- Disons que c'est compliqué, répondit finalement Aelita, confuse. Je profite. Je suis heureuse. Et pour l'instant, c'est tout ce qui compte.

Yumi hocha positivement la tête. Elle regarda son téléphone. L'heure avançait.

- Yumi, est ce que tu as encore du temps devant toi ?demanda Aelita.

- Un peu plus d'une heure, oui, pourquoi ?répondit la japonaise.

Aelita finit sa dernière bouchée de cheesecake.

- Est ce que tu accepterais de venir avec moi acheter de la lingerie ?se lança la jeune femme aux cheveux roses sans la moindre aise.

Yumi ne semblait pas s'attendre à une telle demande, aussi elle ouvrit de grands yeux. Puis rit.

- Je le ferais uniquement si tu parles à Jérémy, dit-elle.

Aelita soupira, puis accepta.

- Alors allons y !s'exclama Yumi en se levant.

Aelita sourit de toutes ses dents et attrapa son sac. Les deux jeunes femmes réglèrent leurs consommations, et quittèrent le Miaou.

ooo

Aelita n'avait jamais fait une telle chose. Certes, ces derniers temps c'était une phrase qu'elle se répétait souvent. Mais là, cela allait au-delà de tout ce qu'elle avait pu imaginer. Elle avait vu cela dans les films, bien sûr, comme tout le monde. Mais jamais elle n'aurait pensé le faire un jour. Jamais elle ne s'en serait crue capable. Mais elle était bien là, vêtue d'un trench beige chic fermé, de ses talons hauts et de ses bas, devant l'appartement de William, à attendre qu'il lui ouvre. Elle avait aux mains ses paquets d'achat qu'elle avait choisi avec Yumi. Mais pour ce qui était de la mise en scène, Aelita en était le seul cerveau. Et elle peinait bien à croire que cela venait d'elle. Et lorsqu'enfin William ouvrit la porte de son appartement, Aelita crut qu'elle allait s'effondrer tant elle se sentait angoissée.

- Aelita ?demanda le jeune homme d'un air soucieux. Ça va ?

- Ferme la porte, dit simplement la jeune femme.

William alla fermer la porte sans pour autant la quitter des yeux. Aelita posa ses achats dans l'entrée. Puis elle se tourna vers William. Ce dernier la regardait d'un air suspicieux. Alors la jeune femme trouva le courage de le faire. Elle ôta le manteau qu'elle portait, pour ne pas dévoiler des vêtements, mais bel et bien une sublime guêpière et des bas. William ouvrit de grands yeux, mais avant qu'il n'ait pu dire quoi que ce soit, Aelita posa un doigt sur ses lèvres.

- Ne dis rien, chuchota-t-elle. Tu vas simplement te contenter de faire ce que je te demande. Et ce que je te demande, c'est de m'arracher cet ensemble qui m'a coûté si cher que j'ai dû vendre un rein.

- Qui êtes vous, et qu'avez vous fait à Aelita ?bredouilla le jeune homme.

Aelita sourit avec malice.

- Aelita est en vacance, répondit-elle simplement.

Puis elle s'approcha de William, et posa un baiser sur sa joue. William n'attendit pas plus longtemps. Il la saisit par la taille, et la porta jusqu'à la salle de bain.

- Vous m'excuserez madame, mais je dois prendre une douche, murmura-t-il dans le coup de la jeune femme.

Aelita sourit grandement.

- Alors allons prendre cette douche, susurra-t-elle.

William défit entièrement le bustier d'Aelita. Il fit doucement glisser ses bas le long de ses jambes, et remonta en les embrassant. Il se redressa pour saisir ses lèvres. Elle le poussa dans la douche, et alluma l'eau, la réglant bien chaude. Leur ébat fut sauvage. Ils se tournèrent et se retournèrent en tout sens, brûlant de passion et de désir. Si Aelita n'était pas certaine de leur actuelle position sentimentale, elle était tout à fait persuadée qu'ils étaient sexuellement plus que compatibles.

Aelita se laissa embrasser sur le cou alors qu'elle soupirait de plaisir, la douche touchant à sa fin. Elle avait le coeur battant. Elle quitta la cabine et saisit sa serviette, puis entreprit de se démaquiller. Il y avait de la buée sur les miroirs. Aelita avait les joues rouges. Cela la fit sourire. Après s'être habillée en tenue de détente, elle quitta la pièce. Elle attendit William dans le salon, après avoir pris une bouteille de vin dans le frigo. Quand William la rejoignit, il éclata de rire en la voyant ainsi seule avec son verre de vin. Aelita sourit.

- Je suis allée boire du thé et manger des gâteaux, expliqua-t-elle. Il faut que j'exorcise.

- Je t'ai définitivement rendue alcoolique, soupira William en s'asseyant à côté d'elle.

Aelita pinça les lèvres.

- S'il n'y avait que ça, marmonna-t-elle.

William haussa un sourcil.

- Est ce qu'on est amis ?demanda Aelita.

William ne sembla pas saisir la question.

- Est on seulement amis ?rectifia Aelita avec une pointe d'agacement.

William posa une main sur son menton. Puis il saisit le verre de vin d'Aelita et le vida d'une traite.

- Je ne sais pas, avoua-t-il. Disons qu'on est devenus …

- Fusionnels, termina Aelita.

William hocha la tête. Un silence se fit. Ce n'était pas un mauvais silence, au contraire. C'était un silence nécessaire. Le silence dont Aelita eut besoin pour réfléchir. Yumi avait dit vrai. Elle devait parler à Jérémy avant d'entamer une nouvelle relation sérieuse. Mais la relation qu'elle entretenait avec William n'était elle pas entrain de devenir sérieuse ? La jeune femme se prit la tête entre les mains. Elle sentit deux mains se poser sur ses épaules.

- On est un pénis et un vagin qui parlent et qui s'entendent bien, finit par dire William. Mais si ça peut te rassurer, mon pénis n'a pas envie d'aller parler à un autre vagin.

Aelita le regarda d'un air désabusé.

- Qu'est ce que tu peux être con… marmonna-t-elle.

- Aelita ?

La jeune femme tourna la tête. William lui souriait. Il lui souriait franchement, comme il ne lui avait jamais sourit. C'était un sourire empli de tendresse et d'encouragement, et même d'un brin d'espoir.

- Tu es mon amie, dit-il doucement. Et pas que du mois, je te rassure. Et …

Aelita posa sa main sur la bouche de William.

- Je ne pense pas qu'on soit prêt toi comme moi à entendre ces mots, dit-elle.

William hocha la tête, et Aelita le lâcha. Elle se servit un autre verre de vin.

- En fait, chez toi, je fais quoi à part picoler ?demanda-t-elle avec amusement.

- Bah si tu veux j'ai de la vaisselle à faire, répondit William en lui désignant son évier.

Aelita éclata de rire, et servit un verre à William. Ils passèrent la soirée ainsi. À simplement discuter et se charrier sur le canapé, un verre à la main. Et lorsque vint le moment de faire l'amour, ils se dirigèrent finalement vers une chambre. Ils furent plus doux, et s'endormirent l'un à côté de l'autre avec autant de facilité qu'un vieux couple.