Malgré que la morosité gagnait peu à peu le cœur de Marlène ce matin-là, elle parvenait tout de même à garder intact son bonheur de toute cette semaine. La jeune femme s'était simplement vu frappé par l'éphémère totale de son existence. Rien ne dure, si une chose existe elle sera alors vouée à la destruction. Allant de l'amour à la vie, elle n'aimait pas pensée comme cela. C'est pour cela qu'elle conservait tous ces souvenirs, ces instants dans sa mémoire, imperméable et éternelle jusqu'à ce qu'elle ne soit plus. C'est sûrement ce qui lui valait sa si grande jovialité. Elle ne pleurait pas parce qu'une chose est finie, elle souriait qu'elle soit arrivée. De cette manière, tous les éléments de sa vie gravitaient dans une danse de mélancolie, la poufsouffle aimait bien trop la vie pour perdre son temps à être triste.
Ce jour-ci était le premier jour de ses examens, et bien que son cerveau s'efforçait de ne voir que le positif, elle était maussade de devoir ranger cet appareil photo et ces soirées à ne pas manger et se nourrir de bonheur. C'est pourquoi, alors que tous les élèves étaient rassemblés dans la grande salle dans une ultime révision, elle se tenait dans l'herbe, allongée et fixait l'oiseau bleu. Elle n'aimait pas les sensations qui rattrapaient son pauvre et frêle corps à cet instant. L'impression d'être rattrapé par une inévitable fatalité, descendue de son nuage de bohème, elle faisait à nouveau face à l'avenir. Elle y voyait son incapacité à entrer dans cette société, à être comme il faut. Sa plus grande prière étant enfant était d'aider le monde autour d'elle. Elle se demandait à présent, grande, comment aidait un endroit aussi corrompu par le vice ? Elle-même s'était perdue dans le mal, elle s'était enlacée dans les paroles d'un homme qu'elle voulait aidé. Mais on ne peut aider que si l'âme se sent peinée. Marlène soupira et entendit des doux pas venir dans sa direction. Elle n'avait pas besoin de regarder pour savoir que ce n'était pas sa meilleure amie.
- Je savais que je ne te trouverais pas dans la grande salle ce matin, dit-il en se mettant à ses côtés, lui debout.
- Tom, comment accepte-t-on d'être aussi faible aux yeux du monde, et du temps ?
Sa voix n'était pas tremblante mais le jeune homme ignorait à quel point son cœur l'était. La sorcière disait ces mots comme s'ils seraient les derniers. Loin d'être apaisée, elle semblait avoir peur. Tandis que dans l'esprit du serpentard, tout cela lui semblait limpide. Après tout, ignorante, lui même avait vaincu le temps, le monde et les limites de l'existence. Mais il ne pouvait pas réfléchir comme lui-même. A cet instant, il n'était pas Voldemort, ni le descendant de Salazar Serpentard. Un simple élève de sixième année qui rencontrait à nouveau une jeune fille de Poudlard.
- Laisse, ce n'est pas le moment de poser ce genre de questions. Je vais rejoindre les autres pour passer l'examen, rétorqua Marlène, se relevant subitement.
- Je n'ai pas la même fibre littéraire que toi pour les tirades et les jolis tournures de phrase. Mais, je pense...Je pense qu'on sera toujours faible aux yeux du monde, de la fatalité de la vie et du temps. Mais, un jour, Marlène, tu rencontras quelqu'un qui te fera te sentir comme la plus belle merveille du monde, et la plus forte personne sur Terre. Et cela te permettra de ne plus être faible, au fond de ton cœur.
Une larme avait roulé délicatement sur la joue de la blonde à la fin de ces paroles. Dieu qu'elle ne voulait pas rencontré quelqu'un. Elle souhaitait profondément au fond de son cœur que ce soit lui. Pour toujours. Elle avait besoin de se dire que c'était Tom qui la ferait se sentir quelqu'un, une personne forte.
Elle regarda alors dans les yeux du garçon qu'elle aimait. Elle vit la noirceur qui émanait constamment de son regard. Elle aperçut le puit sans fond dans lequel cet homme était. Tom était dans les abysses, les ténèbres entouraient tous ses mouvements et les faisaient s'articuler de manière si vile, et douce. Elle laissa s'échapper une deuxième larme sans que celle-ci ne puisse arrêté toutes les autres. Elle murmura dans une douleur profonde :
- Je ne veux pas que tu sois seul.
- Je ne peux pas me sentir seul, Marlène, je ne sais ce que cela fait d'être entouré, intima-t-il en pestant contre ces larmes qui n'arrêtaient de couler.
Les sanglots de Marlène ne fit que s'intensifier. Comment pouvait-il dire ce genre de choses, lui intimer ces mots alors que son cœur se brisait déjà de terreur. La pauvre jeune femme ne comprenait pas la douleur qui la traversait. Elle ne souhaitait pas souffrir, pourquoi aimer faisait tant de mal. Pourquoi le garçon devant elle ne se laissait pas aller au bonheur, avec elle ?
- Mais pourquoi dis-tu tout ça ? Arrête d'être aussi pessimiste et détruit ! Accepte l'amour qu'on te porte, tourne toi vers de vraies choses, de vrais et concret sentiments !
Les paroles de la jeune fille restèrent en suspend, ses lèvres rosées demeurèrent entrouvertes dans un hoquet de déception. Elle regardait l'homme qu'elle aimait profondément, statique devant ces larmes. Elle agitait ses bras, allant du vide aux racines de ses cheveux pour les tirer. Elle souffrait à chaque respiration qui ne se mêlait pas à la sienne. Elle laissait des sanglots violents s'échappaient de sa bouche, des petits cris s'étouffaient dans sa gorge.
- Je t'aime, Tom ! Je t'aime comme je n'aimerais jamais quiconque sur cette terre ! Et toi, tu agis comme un automate, tu me regardes, fermes les paupières, et recommences. Tu ne perçois pas mes sentiments, tu les effaces comme une erreur ! Arrête de me faire mal, cesse d'être cet homme insensible et détestable ! termina la jeune McKindon, en le pointant du doigt, en montrant sa souffrance et démontrant son malheur.
- Tu me demandes alors d'arrêter d'exister. Je ne peux pas ressentir ce que tu ressens, je ne comprends et je ne veux pas le comprendre. Mais arrête de pleurer, Marlène, cela ne sert à rien, articula Tom, faiblement, un peu plus encore.
La poufsouffle s'approcha alors de lui. Chacun de ses pas déformaient un peu plus sa tristesse en haine. Elle frappa sur son torse du peu de force qu'elle avait encore. Elle tapa sur l'être qui lui faisait tant de mal à cet instant, depuis trop de temps. La douleur sous-jacente était bel et bien là. Le début où chaque chose est belle était fini. Le cristal avait éclaté en milles morceaux larmoyants, rien de magique, de luminants. Simplement la tristesse éclatait, la mélancolie de ces semaines passaient à se battre. Marlène avait mal.
- Tout ça est faux, tout ce que tu es n'est qu'un stupide mensonge ! Mon amour n'est qu'idiotie, tu ne mérites rien de tout cela. Je veux que tu meures, que tu souffres !
- J'aimerais tellement que tu m'aimes, finit-elle dans un dernier soupir de ses larmes.
Et Tom la fixait, profondément perturbé de la tristesse qui faisait ressentir à cette fille. Il n'arrivait pas à croire que tant de sentiments contradictoires puissent sortir d'un si petit corps. Il observait les larmes, puis les yeux brillants autant de tristesse que d'amour. Ses mains qui s'accrochaient désespérément à son torse, glissant peu à peu par le manque de force. A cet instant, le jeune homme aurait pu croire que Marlène avait abandonné tout espoir, toute conviction à se battre dans la vie. Un sentiment étrange le traversa. Il aimait habituellement que les gens s'adaptent à lui, se plient à sa vision des choses. S'abaissent.
Mais il ne souhaitait en aucun cas que cette fille soit comme les autres. Il voulait qu'elle se batte, qu'elle rit, lui sourit et reste l'étrange personne qu'elle était. Il ne voulait pas qu'elle devienne Walburga ou toutes les femmes qui s'entassaient inlassablement à ses côtés. Sûrement parce qu'il ne souhaitait pas la garder avec lui. Il voulait qu'elle vive, loin et pleinement. Ce fut alors la plus belle preuve d'humanité qu'il put donner en son fort intérieur. Il avait besoin de la voir être heureuse, mais jamais elle ne le serait avec un être comme lui.
- Tu devrais y aller, tu vas être en retard.
Et Marlène s'abattu suite à cela. Elle baissa les yeux et accepta la fatalité. Elle quitta le parc et Tom.
Marlène était assise, elle attendait depuis une dizaine de minutes la fin de son calvaire. Elle était dans sa salle d'examens pour Histoire de la magie. La jeune fille avait ignoré tout le monde, était passée au dessus des questions avec le regard triste. Elle se contentait de ne rien dire, cela semblait expliquer assez de choses. Elle avait pourtant remarqué le regard intense d'Abraxas mais n'y avait pas prêté plus d'importance. Si elle le regardait plus longtemps, elle le tuerait. Il était trop proche de Tom pour qu'elle ne le supporte.
Alors elle était finalement assise sur cette chaise, prête à ne rien faire. A attendre et pleurer silencieusement. Elle avait trop de feuilles devant elle, de connaissances qu'elle n'avait jamais pris le temps s'assimiler. Tout cela ne rimait à rien, sa présence n'avait aucun sens. Elle s'enrageait pour chaque chose qui la dérangeait. S'égosillait pour chaque détail. Elle était dans un mutisme profond mais hurlait au fond. Elle voulait crier son malheur, faire comprendre à tous qu'elle allait mal et que chacun devait le comprendre. Elle voulait être égoïste, mais n'y parvenait pas. Donc, elle se taisait.
Elle se saisit de sa plume, rapprocha l'encre. Lorsqu'elle prit ses parchemins d'examens, et qu'elle les retourne, ce ne fut pas pour marquer des notes. Mais bel et bien toute sa fureur.
" Cher Tom, aujourd'hui, tu m'as brisé le cœur,
Tu as pris chacun des bons sentiments que j'avais pour toi et les as écrasé de ton indifférence et ton absence de sensibilité. Tu as pris ma douleur et a fermé les yeux, pris ma cause et mon sens de te rendre heureux et l'a bafoué. Tom, j'ai simplement l'impression que tu m'as tout pris. Je me sens vide de chaque chose qui pourtant me réchauffait encore hier. Je me sens incomplète des beaux espoirs que je nourrissais chaque soir. Des espoirs, de toi et de moi. Je voulais simplement te voir sourire réellement. Entrevoir dans chacun de tes yeux le bonheur de vivre. Je voulais que ton existence soit une constante aventure où tu ne vois plus la solitude comme une normalité. Qu'être avec moi soit une délivrance de la monotonie, pas un passe-temps de tes sombres activités, de ta chute vers les ténèbres éternels. Je souhaitais juste te sauver de toi-même, de l'accumulation de malheur qu'a du connaître ton passé.
J'aurais accepté de donner pour nous deux, d'aimer pour mille. D'être mille différentes personnes pour chacune de tes humeurs. De rire constamment pour garder un semblant immortel de joie dans ta vie. Je n'aurais jamais flanché dans mon amour et aurait gardé intact tous mes sentiments si cela te permettais d'être heureux.
Tu as fais n'être tellement de choses en moi que j'ai l'impression de ne plus connaître mon corps et mon cœur. Tu es l'amour de ma vie, l'être pour qui je ressentirais toujours plus de choses. Et mon cœur se brise d'accepter de vivre loin de toi, de persister sans toi à mes côtés. Mais mon amour reste la plus belle chose, la création de tellement de bels instants. Si tu n'es que cela, alors sache que tu es le plus beau détournement de ma destinée. Le plus bel astre qu'il m'ai était donné d'observer à travers ma vie.
Je t'aime plus que moi, les oiseaux ou la vie. Rien n'est sain mais l'amour n'aura jamais rien de sain. J'ai appris aujourd'hui l'explosion de mes sentiments, les déflagrations que tu pouvais faire n'être en moi. Et je pris toujours pour sentir tes lèvres sur les miennes. "
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Bon et bien bonjour ou bonsoir les gars, on se retrouve pour un chapitre horrible aujourd'hui. Il faut bien le dire ! Le bon point c'est qu'enfin elle lui a pleinement avoué son amour !
Ne tergiversons pas, avez-vous aimé ce chapitre ?
L'horrible dispute entre Tom et Marlène, une impression, des sentiments à partager ?
Et cette lettre qu'elle rédige à la place de son examen, des avis ?
Je vous annonce que la fin de l'histoire arrive très bientôt et que j'espère profondément qu'elle vous plaira !
Merci d'avoir lu, au revoir.
