Chapitre 17 - À la lisière du gouffre
Hermione bénit Kreattur d'avoir allégé l'atmosphère de la cuisine, quelques secondes auparavant pesante et épaisse comme un smog qu'on aurait pu couper au couteau. Rogue, lui, profita de l'occasion pour se dissimuler derrière la Gazette du Sorcier.
- Kreattur va préparer le repas pour la veillée de Noël et Kreattur aimerait connaître le plat préféré de Madame ?
Elle rougit un peu à l'idée de tant de familiarité, risquant un regard en coin vers le fond de la pièce.
- Euh... Ce que tu trouveras fera l'affaire, Kreattur, j'aime à peu près tout... sauf les abats.
Kreattur ne la quittait pas des yeux, exigeant sa réponse.
- Bon, tu n'as qu'à... partir sur une blanquette de veau... une blanquette de veau aux morilles ?
Le regard de l'elfe s'illumina et il valida d'un hochement de tête frénétique.
- Et pour le dessert ?
- Du fromage ? hésita-t-elle.
- Parfait ! Et pour Severus Rogue ? questionna-t-il en s'approchant de son fauteuil.
- Le menu de Miss Granger m'ira parfaitement, lança-t-il en agitant la main, comme pour dissiper une nuée de moucherons.
- Kreattur serait heureux de cuisiner pour Severus Rogue.
L'elfe de maison observait la Gazette du Sorcier dressée devant lui comme s'il avait pu dévisager son interlocuteur au travers des lignes noircies. Rogue émit un grognement.
- Kreattur pense, pour avoir été préposé à la salle des professeurs dans les cuisines de Poudlard, que les mets préférés de Severus Rogue sont le saumon en croûte et le bavarois aux framboises.
Hermione, qui s'apprêtait à quitter la pièce pour s'intéresser au décrochage de la collection des trophées qui ornaient le hall, marqua une pause, amusée et curieuse de la réaction à venir. La moitié supérieure du journal se plia vers Kreattur, qui s'était tant approché qu'il la reçut sur le sommet de son crâne blanchâtre et dégarni. Rogue eut un mouvement de recul et éleva la Gazette de sa main droite comme pour la sauver des eaux, sans qu'Hermione ne devine si le geste était motivé par le dégoût ou par la nécessité de voir l'elfe pour lui répondre.
- Je ne suis pas friand des repas de fête. Partez donc sur le menu de Miss Granger, statua-t-il.
- Tout compte fait, le bavarois aux framboises sera parfait, alors, table sur une blanquette de veau aux morilles et bavarois aux framboises, lança Hermione à un Kreattur survolté.
C'est ainsi qu'elle dénicha le compromis entre l'excitation de l'elfe de maison et l'air désabusé de Rogue. Elle passa ensuite une grande partie de la journée à aider Kreattur à décorer le hall d'entrée, la salle à manger et le grand salon, même si l'un comme l'autre savaient bien qu'ils n'auraient aucune visite. Contre toute attente, les objets de Noël hérités des Black étaient dans un état de conservation remarquable et plutôt présentables : ils les disposèrent donc ça et là. Ouvrant les rideaux débarrassés des Doxys, Hermione découvrit le square Grimmaurd et ses deux tilleuls décharnés, blottis sous une fine étoffe de neige fraîchement tombée. Les gros flocons continuaient de dégringoler maladroitement, tanguant jusqu'au sol. Le ciel était d'un gris perle qui ne trompait pas : les nuages n'étaient pas près de laisser paraître l'azur. Hermione se remémora le nettoyage du salon, la découverte du médaillon, seulement laid à l'époque, Mrs Weasley gémissant devant l'épouvantard qui prenait tour à tour l'apparence de l'un de ses proches mourant. L'immense tapisserie des Black était toujours là, identique et immuable, troquant les membre ostracisés de la lignée par des béances noires. Tendant l'oreille pour entendre les marmonnements satisfaits de Kreattur provenant du couloir, elle extirpa la Baguette de Sureau de sa poche arrière et la pointa vers la tenture.
- Reparo ! murmura-t-elle.
Comme si une main agile en reprenait le tissage, chacune des fibres effilochées se glissa dans la précédente, reprisant chaque trou, chaque coin grignoté par les Doxys, rendant au tout la superbe de ses couleurs d'origines. Les zones brûlées se reconstituèrent, réintégrant dans la généalogie les visages d'Isla, Phineus, Marius, Cedrella, Alphard, Andromeda, Nymphadora et Sirius Black. De fines surpiqûres qui ne menaient nulle part naquirent de certains personnages, comme Bellatrix ou Orion Black, le père de Sirius. Émerveillée, Hermione n'entendit pas Kreattur se rapprocher dans un monologue bienheureux. Ce fut le gémissement sifflant qu'il émit en portant ses mains pleines de suie à sa bouche ouverte qui l'alertèrent de sa présence.
- Ma... Madame a raccommodé l'extraordinaire et légendaire tapisserie de la généalogie des Maîtres ! Oh, comme Madame est formidable ! Ah ! Et je vois que ce pouacre - il avait insisté sur le "pouah" - de Sirius Black est réapparu ! Ah ! Madame a-t-elle déjà entendu l'histoire du jour où Sirius Black a détalé de chez lui ? sautilla-t-il.
- Oh, oui, bien sûr Kreattur, je ne me lasse pas de l'écouter, mais... que dirais-tu d'aller égayer la bibliothèque avec un peu de Neige Enchantée ?
A la tombée du jour, quand les lampadaires chétifs du square étirèrent leur halo jaunâtre, l'ancienne demeure des Black avait revêtu un tout autre aspect : elle semblait, enfin, à nouveau habitée.
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Enchanté, Rogue ne l'était pas quand les premiers flocons tièdes de l'incantation lancée par Hermione fondirent sur ses épaules.
- Que diriez-vous de prendre le dîner dans la salle à manger ? proposa-t-elle, sémillante.
Concentré sur un haut volume aux illustrations botaniques, le célèbre De Materia Medica de Dioscoride , il ne se donna pas même la peine de lever les yeux.
- A moins que la cuisine ne vous rappelle si bien vos cachots que vous préfériez y passer la soirée ? La nuit ? Toute la journée de demain ? Kreattur habite une bien belle chaudière, voudriez-vous la lui emprunter ? Cela vous permettrait d'être mieux dissimulé ?
- Voilà une riche idée, Miss Granger, railla-t-il, toujours sans lui concéder un regard.
Visiblement, la maîtrise du second degré pouvait faire partie des capacités de Severus Rogue, et Hermione esquissa un sourire en rejoignant la salle à manger. Kreattur avait déjà dressé sur la table une immense nappe verte et grise, surmontée des plus belles assiettes frappées aux armoiries des Black, encadrées de couverts d'argent ouvragés d'entrelacs serpentiformes. Un feu crissait dans l'immense cheminée de marbre gris et le lustre monumental avait été allumé, scintillant faiblement. Passant sur ses épaules un épais pull de laine rouge, Hermione prit place sur une longueur de la table. Elle déploya devant elle les dernières notes concernant le Conte des Trois Frères. A l'aide d'une plume classique - elle avait toujours rechigné à utiliser les autocorrectrices -, elle entreprit de griffonner en marge du texte. Quand la grande horloge sonna vingt heures, son estomac poussa un long gargouillement. Kreattur apparut soudainement près d'elle. Hermione remarqua que son linge était d'un blanc éclatant et qu'il avant maladroitement tenté d'aplatir les quelques cheveux épars qui culminaient sur le sommet du crâne. Il portait sur son bras droit un torchon, propre lui aussi, qui lui donnait une allure de minuscule majordome de pacotille.
- Kreattur va annoncer à Severus Rogue que le repas est prêt, Severus Rogue ne doit pas faire attendre Madame.
Mais avant que l'elfe n'ait pu faire un pas en direction de la bibliothèque, Rogue apparut dans l'embrasure de la porte, surgissant de l'obscurité du couloir.
- Un dîner aux chandelles avec Miss Granger... Est-ce bien raisonnable, Kreattur ? gronda-t-il de l'une de ses voix les plus graves.
Le pommettes d'Hermione se teintèrent de la couleur de son sweat-shirt. La mine de l'elfe se renfrogna : on aurait cru qu'il allait lui projeter le type de réplique qu'il réservait à Sirius.
- Severus Rogue peut très bien manger à la cuisine si la mise en place de Kreattur ne lui convient pas.
Puis il passa devant Rogue en marmonnant :
- De toutes façons, la Maîtresse n'a jamais aimé Severus Rogue, elle disait qu'il n'était qu'un misérable petit bâtard.
- Kreattur...
Hermione tenta de l'adoucir.
- Tu sais bien que le professeur Rogue est surtout un immonde et sarcastique Cœur Velu incapable de vraiment formuler ce qu'il pense vraiment. Moi, je crois que cela lui va très bien, ton organisation est parfaite.
Kreattur leva les yeux vers Rogue, comme pour recueillir son assentiment. Ce dernier se contenta de conclure, avant de prendre place sur l'un des petits côtés de la table, où le couvert avait été dressé :
- Miss Granger est une fine diplomate.
Hermione rassembla ses notes en un tas plus ou moins ordonné et s'assit à la place prévue par l'elfe de maison, face à Rogue. Les plats apparurent sur la table tout comme dans la Grande Salle de Poudlard, limitant ainsi heureusement les échanges avec un Kreattur devenu ronchon. Pendant un long moment, on n'entendit que le crépitement léger des braises et le cliquetis des couverts. Dans les coupes d'argent avait été versé un vin sombre dont la bouteille, poussiéreuse, semblait avoir été déterrée à la cave. Hermione se laissa tenter en louant les dons de l'elfe de maison : cette blanquette était l'une des meilleures auxquelles elle ait jamais goûté.
- Il serait bon de dire à Potter de passer au Square Grimmaurd. Je crois... qu'il a tout intérêt à redevenir maître de la Baguette de Sureau. J'y ai longuement pensé depuis que vous avez évoqué le grimoire : lui seul peut être maître de la Mort. Il est le seul à pouvoir se revendiquer propriétaire de la Cape d'Invisibilité. La Pierre, elle, peut appartenir à tout le monde. S'il a en sa possession la Cape, la Pierre et la Baguette, il pourra sans doute déchiffrer le livre des Peverell.
Rogue avait laissé aller sa réflexion d'un trait, sûr de lui, ponctuant chaque affirmation de son index levé.
- Cela me paraît évident également, approuva Hermione. Mais... amener les trois Reliques ici... devant... devant vous qui avez été si proche de... Je ne sais pas si...
En alignant ces mots, elle se rendit compte de leur non sens. Elle en voulut au vieux Bourgogne et au désordre que le breuvage mettait dans sa tête : elle percuta qu'elle aurait souhaité demander à l'ancien allié de Dumbledore s'il pensait qu'elle pouvait s'en remettre à l'agent double qu'il avait été. C'était surestimer sa schizophrénie. Rogue eut un rire léger. C'était la première fois qu'elle l'entendait rire, le son était exotique : elle avait dû le pousser bien loin pour qu'il parvienne à cette extrémité.
- Oh, pardonnez-moi. La course aux Horcruxes, la chasse aux détracteurs, l'importance de connaître son camp... Tout ça déteint sur le jugement. J'ai visionné vos souvenirs et je... Je vous connais un peu grâce à eux, à présent. Je suis stupide de...
- Vous êtes tout, sauf stupide, Miss Granger, trancha-t-il calmement.
La couleur de ses joues fonça un peu plus. Son pull parut terne, par contraste.
- Je ne suis pas à l'aise de l'admettre, mais après avoir fouiné dans ce que ma cervelle affaiblie a laissé échapper pendant quelques heures, vous êtes sans aucun doute la personne encore sur cette terre qui en sait le plus sur moi.
Il se leva et sortit de la poche de son pardessus un vieux zippo Moldu et une cigarette. Puis, s'approchant de l'une des grandes fenêtres qu'il entrouvrit, il la porta à ses lèvres. L'extrémité en devint incandescente et il souffla dans l'air glacé un nuage de fumée et de vapeur mêlés.
- Je fume toujours une cigarette le soir de Noël. Un hommage à mon défunt et indigne Moldu de père. En hommage, par ailleurs, aux façons très... imaginatives et variées qu'il avait de s'en servir.
Il marqua une pause avant de se reprendre, oscillant entre la gêne et l'agacement.
- Bien que... le fait qu'il soit Moldu n'ait en fait... aucune incidence sur... ses agissements.
- Je connais votre position, le rassura-t-elle.
Sur la table, les plats principaux avaient disparu et laissé place à des assiettes à dessert vides et reluisantes. Le luminaire de la pièce dispensait une lueur si faible que Rogue était plutôt éclairé par la clarté blafarde des lampadaires du square. Étaient-ils sur le point d'avoir une discussion cordiale ? Était-ce, comme il l'avait formulé, vraiment raisonnable ?
- Et votre mère ?
- Ma mère ?
Son épaule s'était appuyée contre l'un des carreaux sales de la grande fenêtre et, l'index contre sa bouche, il laissait la cigarette répandre une brume si opaque qu'elle masquait presque son visage.
- Elle l'a tué quand j'ai quitté Poudlard. Je ne l'ai plus revue depuis : elle a été enfermée à Azkaban avec confiscation de sa baguette et interdiction à vie de pratiquer la magie.
Hermione resta silencieuse alors qu'il marquait une halte, épaississant encore davantage le nuage grisâtre qui l'entourait.
- Elle n'a jamais vraiment été très douée. D'ailleurs, elle a longtemps pensé être une Cracmol et a seulement fait le cursus de base à Poudlard. Ce n'était pas très… bien vu, dans une ancienne famille de sorciers. Sans compter son mariage. Enfin : cela ne l'a pas empêché de réussir un bel Avada Kedavra à l'automne de sa vie.
- Avec les évasions massives d'Azkaban, l'an dernier… Est-ce qu'elle n'aurait pas été libérée ?
- Je n'en sais rien. C'est possible, si elle n'y est pas morte avant.
D'un geste, il fit disparaître dans sa paume la cigarette réduite à son minimum et en dissipa la fumée épaisse. L'ambiance de la pièce était toujours aussi sombre. Les claquements occasionnels du parquet dialoguaient avec les crépitements des énormes bûches disposées dans l'âtre. Aux prises avec un courant d'air glacé, Hermione frissonna et, croisant les bras contre sa poitrine, elle vint s'appuyer sur l'épais linteau de la cheminée. Rogue referma la fenêtre sur laquelle commençait à s'accumuler une fine couche de givre scintillant et s'approcha lui aussi du foyer. Les infimes flammes répandaient sur ses traits une lueur rougeâtre.
- Vous… Est-ce le… Venin de Maledictus qui vous donnait cette apparence si…
- Pitoyable ?
- Je n'irai pas jusque là, rougit-elle.
- Je laisse votre esprit scientifique conclure des effets que la présence de poison dans le sang, permanente et augmentée hebdomadairement, a sur un corps, Miss Granger.
- Grâce à votre prévoyance, l'attaque de Nagini n'a pas fait trop de dégâts…
Il baissa le visage vers les braises rougeoyantes avant de figer son regard sombre sur elle. L'intensité de l'échange la poussa à baisser les yeux. Lui, en revanche, ne bougea pas d'un iota.
- Merci, lança-t-il, simplement.
Quand elle eut rassemblé assez de hardiesse pour le considérer de nouveau, elle se heurta à l'intensité de son regard jais animé du reflet incarnat des flammes.
- Je me serais volontiers laissé glisser dans le trépas comme un vieillard, mais vous y avez remédié… fort efficacement.
Hermione rougissait, de longues bouffées de chaleur la prenant à la gorge. Elle préféra mettre cet inconfort sur le compte du rayonnement du foyer et passa son pull par-dessus ses épaules, le laissant glisser sur la chaise la plus proche et remontant ses cheveux indisciplinés au-dessus de sa nuque, en un chignon gauche.
- Je n'ai… Tout le monde aurait…
Pour la seconde fois de la soirée, Rogue pouffa, un sourire tordant la commissure de ses lèvres restées trop longtemps impassibles.
- Non, tout le monde n'aurait pas. Tout le monde n'aurait pas eu votre témérité, Miss Granger. Et rares sont ceux qui ont votre intelligence et votre capacité d'apprentissage.
Elle se sentait à présent dans un tel état qu'elle aurait juré qu'il sortait de ses oreilles la même vapeur que celle provoquée par les Gnomes au Poivre. Néanmoins, un reliquat de la rage qu'elle avait ressentie le matin même devant la froideur de Rogue persistait.
- C'est étonnant. Il aura fallu qu'il soit question de vie ou de mort pour que vous cessiez vos railleries à mon égard. Vous n'auriez jamais admis cela en cours de potions.
- Je suis maître des potions, pas de pédagogie… Et puis, vous avez maintenu vos efforts jusqu'aux ASPICs, n'est-ce pas l'essentiel ?
L'estomac d'Hermione se tordait, sans que l'angoisse ou la faim n'en soit à l'origine, comme cela avait été trop souvent le cas les mois précédents. Il se tordait d'une manière qu'elle trouvait particulièrement déplacée, surtout face à Rogue, quand son regard se posait sur la courbe de ses lèvres et se laissait aller au fond des gouffres noirs de ses yeux. Elle le détestait… et à la fois, elle… Son cœur s'emballa, les ailes de son nez frémirent. Il ne la quittait pas du regard, ne bronchait pas, fidèle à son imperturbabilité habituelle. Comme lors d'une balade en bord de falaise, elle cheminait à la lisière gouffre, fascinée par le vide soudain, saisie par le vertige, penchant inconsciemment et inexorablement dans sa direction. Elles venaient à ses narines, les odeurs de cigarette glacée, de cuir, de parchemin neuf, de récur'chaudron... et de quelque chose qui s'avérait légèrement musqué : le parfum imperceptible d'une sueur récente. Elle aurait sans doute sauté si Rogue n'avait pas remué, portant ses doigts devant sa bouche, de gêne ou d'étonnement, et si elle n'avait pas rompu volontairement le contact visuel, faisant disparaître son visage, ses lèvres, ses yeux, sous le couvercle de ses paupières qu'elle serra si intensément qu'elles en frémirent.
Soudain, l'immense horloge sonna douze coups et une bourrasque de grésil macula les hautes vitres, projetant dans la pièce un courant d'air sournois. Hermione sursauta et Kreattur apparut au centre de la pièce. Il attisa les braises et, d'un claquement de doigts, fit surgir sur la table l'énorme bavarois promis. Tous allaient reprendre leurs places quand un brouhaha indescriptible leur provint de l'entrée. Se saisissant de leurs baguettes, Rogue se posta contre la porte de la salle à manger et Hermione recula vers le fond de la pièce, disparaissant dans une semi obscurité.
