/!\ attention ce chapitre est plus court que d'habitude /!\


Purple Haze sur le parvis de San Giorgio Maggiore


Chapitre 6 - 2002 - Mista (3)

Mista fut réveillé par un cognement continu. Il mit une seconde à se rappeler pourquoi il dormait en plein jour. Ah oui, la mission, Notorious B.I.G, sa crise de larmes dans les bras de Giorno. Quelle heure il était ? Mista avait mal à la tête, sans doute parce qu'il avait trop pleuré, encore. Personne ne lui en voudrait s'il se rendormait quelques heures, il avait passé les trois nuits précédentes à sillonner la mer Tyrrhénienne en hélico. Mais le bruit de coups continuait. Ça venait de la porte, mais c'était trop régulier pour que ce soit une personne qui frappe.

Boum. Boum. Boum. Boum.

- Ouais ? grogna Mista au hasard.

Rien ne se passa. Les coups continuèrent avec le même rythme. Ça rappela a Mista les histoires d'horreur qu'ils jouaient à se raconter, lui et Narancia, à l'époque où ils dormaient tous dans la chambre de Fugo qui se mettait à leur crier dessus dès qu'il commençait à avoir peur. Quand ils faisaient trop de bruit, Bucciarati débarquait pour leur zipper la bouche. Jusqu'à cette nuit où Purple Haze s'était manifesté et Fugo n'avait pas pu appeler à l'aide, il s'était pris de méchants coups de boule au visage avant de parvenir à réveiller Narancia. Depuis, Sticky Fingers épargnait Fugo même si c'était lui qui faisait le plus de bruit. Narancia râlait que c'était parce que Fugo était le préféré, ça faisait rire Bucciarati. Vous savez bien que je vous aime tous les trois pareil. Une vrai maman. Mista avait le cœur serré. Quel homme c'était. Quel guide. Il lui manquait tellement.

Il s'efforça de laisser ses souvenirs de côté, sinon il allait se remettre à déprimer. Il alla ouvrir la porte.

Des yeux jaunes, une bouche cousue pleine de bave, et les ignobles losanges violets.

Mista fit un bond en arrière, appela les Sex Pistols et recula jusqu'au fond de la chambre. On y est, pensa-t-il, Fugo a envoyé Purple Haze me tuer.

Il savait qu'il ne pouvait pas traiter son ancien ami comme de la merde éternellement, tôt ou tard Fugo finirait par craquer. Il partait au quart de tour, c'était déjà un miracle qu'il ait tenu aussi longtemps. Certes, il avait changé depuis son retour dans Passione, mais il restait la même personne. C'était rassurant, quelque part.

Mista toisa le Stand. Il n'en menait pas large en réalité, ses chances de survie face au monstre dans un espace aussi clos étaient faibles, mais il n'en laissa rien paraitre. Il pointa son pistolet sur lui, mais hésita avant de tirer :

- Il est où ton manieur, Purple Haze ? Trop lâche pour venir m'affronter lui-même ?

Purple Haze n'avait pas l'air agressif. Il continuait de bouger sa tête bêtement pour frapper la porte avec la visière de son casque, mais la porte était grande ouverte et le monstre frappait dans le vide. Où était Fugo ? Ça ne tenait pas debout, qu'il lui envoie son Stand pour l'attaquer comme ça. Fugo détestait invoquer Purple Haze, mais quand ça arrivait il ne le quittait pas des yeux, tant il avait peur d'en perdre le contrôle. Ce n'était pas normal que le monstre se balade tout seul.

La créature sembla alors se rendre compte qu'elle frappait dans le vide, et recula.

- Attends ! appela Mista. Qu'est-ce que tu fous ici ? Où est Fugo ?

Purple Haze était parti dans le couloir. Mista se précipita pour le suivre. Le Stand traversait la villa. Le tireur le suivit de plus en plus confus, en prenant bien garde de rester à plus de cinq mètres de distance au cas où il libérerait le virus. La bête s'engouffra par la porte entrouverte de la bibliothèque. Nerveux, Mista s'engagea à sa suite.

L'odeur de sang le frappa en premier. Il en oublia complètement les cinq mètres de sécurité, il dépassa Purple Haze, dans sa précipitation il le bouscula même un peu pour voir le rayon devant lequel la créature s'était arrêtée.

Fugo était inconscient par terre, exsangue, la tête trempée dans une flaque de son sang. Il y en avait trop. Et Fugo était si pale, sa peau était presque aussi blanche que ses cheveux, excepté le contour rougi de ses yeux.

- Fugo !

Mista tomba à genoux. Il leva ses mains mais il ne savait pas quoi faire. Il ne faut pas bouger quelqu'un qui a une blessure à la tête, il avait entendu ça quand il avait passé son permis moto. Il n'osait pas toucher Fugo avec ses mains sales.

- Giorno…

Il lui fallait Gold Experience maintenant. Mista appela le boss de toutes ses forces, il envoya les Sex Pistols le trouver, et en attendant il souleva tout doucement la tête de Fugo pour essayer de voir la blessure. Elle était sur le côté à l'arrière de son crâne, un peu après l'oreille. Il appuya dessus avec son bonnet pour essayer de stopper l'hémorragie. Bonnet qu'il n'avait pas lavé depuis un paquet de temps, et en plus il avait dormi avec. C'était de bonne guerre, ce connard de Fugo l'avait soigné avec une agrafeuse et du scotch, une fois. Haha. Mista enleva une main de l'arrière de la tête de Fugo pour s'essuyer les yeux et il se retrouva le visage plein de sang. Il voyait l'encyclopédie par terre. Est-ce que c'était la même ?

- Putain de taré. Putain de connard, comment tu peux me faire ça ?

Il aurait préféré que Fugo essaye de le tuer avec Purple Haze comme il l'avait cru.

- Giorno est pas là, Mista ! Numéro 2 et Numéro 6 te ramènent ton téléphone.

Il ne fallait pas paniquer. Ça servirait à rien. Il y avait toujours beaucoup de sang en cas de blessure à la tête, c'était impressionnant mais pas nécessairement grave. Fugo ne pouvait pas mourir, il était le seul qui restait. Mista ne se le pardonnerait jamais, et ça c'était hors de question, il avait déjà trop de mal à se pardonner la mort de tous les autres.

- Fugo, allez bordel, réveille toi.

Cet enfoiré avait l'air super paisible, plus que Mista l'avait jamais vu. Il avait envie de lui foutre une de ces baffes.

- T'as pas le droit de me faire ça. T'as pas le droit putain, on est les seuls encore là, t'as intérêt à t'accrocher... Je t'en prie.

Il tremblait si fort que Fugo tremblait aussi, dans ses mains.

- Je tiendrai pas le coup sans toi, Fragolino, je... je t'aime. Je t'aime, bordel, t'as pas le droit de me faire un coup pareil.

Les Sex Pistols revenaient avec le téléphone portable de Mista. Il lâcha encore une fois la tête de Fugo d'une main pour taper le numéro de Giorno. Il tomba sur le répondeur. Soit Giorno avait éteint son portable, soit il n'avait pas de réseau. Dans tous les cas, Mista était seul. Il ne perdit pas de temps à laisser un message. Il raccrocha et appela l'ambulance.


Fugo avait été soigné, mis sous perfusion, et il devait passer la nuit en observation. Il avait repris conscience, il allait bien. Mista ne voulait pas le voir, alors il restait assis sur une chaise dans le couloir, en colère contre le blessé et contre lui-même.

Il tournait la scène en boucle. Je t'aime. D'où c'était sorti cette connerie, qu'est-ce qui lui avait pris de dire ça ? Heureusement que Fugo était à moitié mort et n'avait rien entendu. Franchement. N'importe quoi.

Après, s'il était honnête, ce je t'aime sous le coup de la panique ne sortait pas de nulle part. Mista avait toujours eu un faible pour son coéquipier qui se changeait en statue quand il avait peur et qui piquait des colères quand il se sentait en sécurité. Strawberry boy, qui voulait se faire passer pour un mini-adulte mais qui portait encore des accessoires fraises depuis que, à 13 ans, Buccciarati l'avait emmené acheter des vêtements pour la première fois de sa vie. Il s'était choisi un pyjama fraise tellement bébé que c'était devenu une sorte de running gag, des qu'un membre du Bucci gang voyait un truc avec des fraises, il l'achetait pour Fugo. Ils lui avaient tout trouvé, les chaussures, la cravate, les boucles d'oreilles, c'était n'importe quoi. Et Fugo les portait sans rien dire, comme autant de preuves d'amour. Ça faisait craquer Mista. Il n'avait jamais rien tenté, à l'époque, parce que Fugo était la chasse gardée de Narancia, même si aucun de ces deux gamins n'avait l'air d'en avoir conscience. Mista avait remarqué comme Narancia devenait grognon et possessif dès que le tireur faisait rougir Fugo, alors il avait laissé tomber. Il tenait trop à leur amitié. Il se disait qu'il aurait tout le temps.

Et puis tout avait changé. Et maintenant, Giorno. Giorno aimait Fugo et Mista comme si c'était parfaitement normal, comme s'il n'avait de comptes à rendre à personne. Giorno était si différent de Narancia.

En avril 2001, Mista avait perdu tous les gens qu'il aimait en deux ou trois jours. Ça avait été un choc terrible. Mais il savait que l'un des disparus était en vie quelque part, Fugo n'était pas venu avec eux, il devait être vivant. Mista était prêt à l'accueillir à bras ouverts, il n'attendait que ça. Il ne lui en voulait pas de les avoir lâchés à Venise, Bucciarati lui avait laissé le choix, et Fugo était lent à choisir et timoré, il avait besoin d'encouragements, et ils étaient partis si vite. Mista se sentait un peu mal pour lui, il n'avait jamais compris pourquoi Bucciarati avait fait ça. Peut-être que le leader avait pressenti ce qui allait arriver, il avait laissé Fugo derrière pour que Mista ne se retrouve pas seul.

Les premières semaines, quand le chagrin le frappait comme une tornade, penser à Fugo avait été sa bouée de sauvetage. Le chercher, imaginer leurs retrouvailles, c'était ce qui l'avait empêché de sombrer, avec bien sûr Giorno et Trish. Puis un beau jour, il avait trouvé les clés de Fugo dans la boîte aux lettres de leur ancien appart, et il avait compris que Fugo ne reviendrait pas. Il ne souhaitait pas retrouver Mista, alléger leur deuil en le partageant. Il avait tourné la page sur eux. Alors le cœur de Mista s'était durci.

Pas seulement envers Fugo : envers tout le monde. Il faut dire que rebâtir Passione avait été une véritable guerre, Mista avait commis des crimes qu'il n'aurait pas envisagé une seconde à l'époque du Bucci Gang.

- Qu'est-ce que je suis en train de faire, Bucciarati ? Murmura-t-il en se prenant la tête dans les mains.

Il aurait dû prendre soin de celui qui restait. Fugo. Ça aurait dû être sa priorité.

Il leva la tête en entendant des bruits de pas qui approchaient. C'était Sheila E, suivie de Murolo les mains dans les poches. Mista les avait prévenus. D'habitude il ne calculait pas ces deux guignols, mais dans le camion de l'ambulance, alors qu'il tenait la main de cet imbécile de Fugo, il s'était rappelé que le Mista d'avant ne détestait jamais personne, il aimait les gens. Dans le groupe de Bucciarati il était le sociable, le facile à vivre. Pourquoi il n'était plus comme ça ? Qu'est-ce que les gens lui avaient fait ? En plus il trouvait Sheila E marrante, à draguer Trish avec la finesse d'un camionneur. Et Murolo… bon, le Mista d'avant n'aurait peut-être pas aimé Murolo, l'espion avait sous-entendu une fois à demi-mots que son Stand à la con, All Along the Watchtower, était plus stylé que les Sex Pistols car ils n'étaient pas 6 mais 53 et qu'en plus ils chantaient. À ça, Fugo avait pas pu s'empêcher d'intervenir. Lui qui n'osait plus prendre la parole en présence de Mista, il s'était exclamé :

- Pardon mais le fait que ton Stand chante tu considères ça comme un avantage ?

- Un peu de respect envers tes ainés ! s'était énervé l'espion comme si Fugo n'était pas infiniment plus haut placé que lui, à sortir avec le boss et tout.

Mista avait apprécié que Fugo prenne la défense des Sex Pistols. Merde, ils avaient vraiment été à deux doigts de retrouver leur ancienne complicité, avant Notorious B.I.G.

Dans le couloir de l'hôpital, les coéquipiers de Fugo firent à Mista un salut presque militaire avant de filer se planquer dans la chambre. Mista pouvait entendre Sheila E engueuler Fugo, ça lui faisait plaisir. Une dizaine de minutes plus tard, Trish arriva à son tour.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi t'attends dans le couloir ?

Mista fit un geste désespéré.

- Je peux pas le voir, Trish. J'ai envie de le tuer.

Trish s'assit à côté de lui sans rien dire.

- Dis, lui demanda-t-il après un moment. Est-ce que je suis quelqu'un de mauvais ?

La jeune femme pris le temps de réfléchir avant de lâcher le verdict :

- Si on met l'hygiène de côté, tu es la meilleure personne que j'ai jamais rencontrée, Mista. Mais tu devrais faire la paix avec Fugo. Je dis pas ça pour lui mais pour toi.

Elle avait raison et Mista le savait, seulement le comportement de Fugo le rendait dingue de rage. Mista continuait de penser qu'il n'avait pas le droit de faire ce qu'il avait fait. Fugo leur devait sa vie, à tous ceux qu'il avait abandonnés, morts ou vivants. Il avait pas le droit de se tuer et encore moins parce que Mista lui avait fait des reproches. Mista avait le droit de lui faire des reproches. Ce connard égoïste.

D'un coup, Sheila E déboula hors de la chambre, rouge de colère, les larmes aux yeux, mais elle s'arrêta en plein élan en voyant Trish et resta figée bêtement.

- Comment il va ? lui demanda Mista.

Sheila E le regarda et sa colère revint. Cette fille était tout le temps en colère, mais d'habitude elle faisait le dos rond devant le tireur. Pas cette fois.

- Comme d'habitude, s'énerva-t-elle. Je l'ai pas vu aller mieux que ça depuis que tous ses amis l'ont abandonné sur une île déserte et que le dernier qui lui reste l'accuse de les avoir trahis !

Une île déserte ? San Giorgio Maggiore ? Qu'est-ce que s'imaginait Sheila ?

- Parle pas de ce que tu connais pas ! gronda Mista. C'est lui qui a refusé de venir avec nous parce qu'il voulait pas sauver Trish.

Murolo qui s'était pointé silencieusement attrapa Sheila par les épaules :

- Ne faites pas attention à elle, Don Mista. Elle ne sait pas ce qu'elle dit. Pannacotta va bien. Il respire et il arrive à tenir des propos cohérents.

- Nan, j'en ai marre, se débâtit Sheila. T'as pas vu comme il l'a traité pendant la mission, alors que Panna a fait tout le boulot !

- J'ai compris idiote, chuchota Murolo pas assez bas pour qu'on ne l'entende pas. Mais tu sais à qui tu parles ? Tu veux mourir ?

Mista eut de la peine en pensant qu'on le croyait capable de tuer ses alliés parce qu'ils lui tenaient tête. D'autant que Sheila E semblait le croire aussi. Elle avala sa salive péniblement.

- Sheila E, fit Trish dans le silence pesant. Ça faisait longtemps, comment tu vas ?

Juste comme ça, l'amie de Fugo devint rouge tomate et repris une posture de soldat.

- Trish, s'exclama-t-elle. Il faut que je vous dise, mon ami Canno ici présent est un de vos plus grands fans, il adorerait aller prendre un café avec vous.

- Pardon ? fit Murolo

- Oh non, j'oubliais, continua Sheila sans faire attention à l'espion. Il ne pourra pas, venir, il déteste aller dans des lieux publics. Du coup on ne sera que toutes les deux… si c'est okay ?

Comprenant la magouille, Murolo reprit un visage neutre :

- Oh oui, murmura-t-il du bout des lèvres. J'adore la musique pop pour ado. Je passe déjà ma vie avec des ados, mais il faut croire que ce n'est pas assez. Trop dommage que je ne puisse pas venir et que la pauvre Sheila se retrouve seule avec vous.

- Désolée Sheila, répondit Trish avec un sourire. Je voudrais bien, mais je suis venue pour voir Fugo. D'ailleurs si vous avez fini…

Sheila E et Murolo lui boquèrent le passage. La petite maligne arrivait à peine à l'épaule de Trish mais ça n'avait pas l'air de l'intimider.

- Il vaut mieux pas maintenant, il veut être seul, il nous a mis dehors.

- Fugo veut toujours être seul. Si on l'écoutait on le verrai jamais.

- Je vous jure ! insista Sheila E. Si vous entrez là-dedans il va encore pleurer. Laissez-lui un peu de temps. Je dis pas ça parce que je veux sortir avec vous.

Mista ne put s'empêcher de ricaner. Sheila E ne réagit pas.

- Sincèrement, ajouta Murolo. Elle ne dit pas ça parce qu'elle veut sortir avec vous.

Sheila E lui donna un solide coup de coude.

- Ça ferait plus plaisir à Panna que vous veniez prendre un café avec moi plutôt que vous veniez le regarder pleurer, murmura-t-elle entre ses dents.

Trish regarda par la vitre de la porte. Fugo l'aperçut et elle leva la main pour lui faire un signe, mais il tourna la tête à l'opposé. Elle soupira.

- Okay, Sheila E, allons nous prendre ce café à une condition : tu arrêtes de me dire « vous ». Ça va aller, Mista ?

- Ouais bien sûr. Amusez-vous bien et soyez sages.

La bande de clowns libéra le couloir et Mista resta seul, avec Fugo de l'autre côté de la porte. Il pouvait renter à la villa, il n'avait plus rien à faire ici. Mais il n'arrivait pas à bouger. Je t'aime, bordel. Qu'il était con. Au bout de vingt minutes, son téléphone sonna. C'était Giorno.


Oui, euh, alors... Ce chapitre est hyper court, il se passe presque rien dedans et s'arrête sur un cliffanger lamentable... Et le pire c'est que le suivant, ce sera pareil ! Mais il y a une explication ! A la base, ça devait faire dans les 5k mots comme d'habitude, mais j'ai du me résoudre à le couper en deux à l'arrache parce que sinon le chapitre Mista aurait été en 4 parties, j'ai eu des scrupules -_-'. Vous savez maintenant qui blamer si ce chapitre vous laisse sur votre faim. Tu me causes des soucis, Mista è.é

La bonne nouvelle c'est que du coup, le prochain chapitre, qui aurait du être le dernier, sera en fait l'avant-dernier ! yay !