Hey ! Bien le bonjour !
On rattrape le retard doucement mais sûrement... En écrivant celui-ci, j'avais l'impression de redécouvrir la dynamique d'autres personnages... Tout n'est qu'un cycle, comme on dit ! Tout se transmet... Je vais peut être un peu loin x)
Merci à Wado 21 et Mycetina pour les reviews !
Bonne lecture !
JOUR 18
TRAP / PIÈGE - TSURU
~ C'était un traquenard ~
Un énième soupir lui fit reposer son manuel avec une pointe de colère. Elle fixa son ami avec un certain dédain, le regard rempli de reproches. Garp releva la tête vers elle, l'expression morne.
— Quoi ?
— Tu ne peux pas faire tes maths dans le silence et avec un peu plus d'entrain ?
Garp fit la moue, en laissant la pointe de sa plume encrée faire des arabesques sur sa feuille, un doigt s'approchant dangereusement de sa narine. Il ne se rendit pas compte que son geste tapa un peu plus sur les nerfs de la pauvre Tsuru.
— J'aime pas les maths, c'est nul et ça sert à rien.
— Ah oui ? Tu es sûr de ça ?
— Ça ne te ferait pourtant aucun mal de mettre un peu de choses dans ta boîte crânienne, Garp.
La jeune femme était satisfaite de voir qu'elle n'était pas la seule légèrement énervée, Sengoku avait l'air de faire les frais aussi du comportement de leur ami.
Garp se redressa un peu plus, fixant l'autre adolescent avec un air qui montrait à quel point il était déterminé à ne rien faire.
— Tu veux te battre ?
— Non, Garp. Fais tes maths.
— ...Non.
— Fais tes maths.
— Non !
— J'ai dit : fais tes maths.
— J'ai pas besoin de maths pour savoir le nombre de coups de poing dont j'ai besoin pour t'envoyer à l'infirmerie !
— En général, trois, et heureusement pour toi que tu ne les comptes pas, tu ne sais pas compter au-delà de ce chiffre.
— Je vais te taper, Sengoku.
Tsuru se frotta l'arête du nez, au bord du gouffre. Pourquoi devait-elle se coltiner ces deux-là ?! Sengoku ne trouva rien de mieux à faire que de coller un coup de livre derrière le crâne de Garp, le faisant gronder. Ce dernier se leva en faisant tomber sa chaise au sol, tournant toute l'attention vers eux. Les poings en avant, le futur héros de la marine avait un énorme sourire collé sur les lèvres.
— Viens, on va se taper dehors !
— Non ! Je travaille moi.
— Ça ne sert à rien, tu perds ton temps, ce n'est pas comme si tu allais devenir amiral un jour ! En tant que marine, on a juste besoin d'être fort !
— C'est là que tu te plantes complètement Garp… Sans stratégie, rien ne fonctionne.
— Pouah, n'importe quoi. Faut foncer dans le tas.
Des petits rires s'élevèrent dans la pièce, à cause des frasques de Garp. Tsuru soupira de nouveau.
— Vous savez que vous dérangez tout le monde ?
— Ne m'implique pas là-dedans, Tsuru.
Comme pour le prouver, Sengoku se leva et redonna un coup de bouquin à Garp, avant de se rasseoir normalement.
Garp commença à s'agiter de nouveau, obligeant Tsuru à intervenir pour calmer le jeu.
— Assieds-toi tout de suite. Je vais t'expliquer, tu vas vite comprendre.
— J'ai pas envie de travailler.
— Je me corrige… Tu as plutôt intérêt à vite comprendre.
La jeune femme sortit de son sac un paquet de gâteaux que Garp regarda avec beaucoup d'intérêt.
— Ok... Alors, pour les suites… Je te mets trois gâteaux devant toi. Imaginons que je remette un gâteau à chaque fois que tu en manges un, jusqu'à ce que le paquet soit vide. En sachant que tu en manges un toutes les cinq minutes, en combien de temps le paquet sera vide, selon toi ?
— Rapidement.
— Ce n'est pas un chiffre, ça.
— Non, mais je mange vite.
Tsuru ferma les yeux quelques secondes, autrement dit, le temps suffisant pour ne voir plus que des miettes sur la table en ouvrant de nouveau les paupières.
— J'en ai mangé trois, du coup, tu dois en remettre trois. Je t'avais dit que je mangeais vite.
Sengoku la toisa avec un regard empathique. Littéralement, il était en train de la rendre folle.
— Laisse tomber, Tsuru. Ne te fatigue pas pour quelqu'un qui ne veut pas travailler et dis-toi qu'il y a des soldats pour réfléchir et d'autres pour agir.
Elle hocha la tête, finalement plutôt d'accord avec son ami. Garp s'agita un peu plus sur sa chaise, en fixant le paquet de gâteaux. Tsuru lui lança, avant de dire en soupirant.
— Fais-nous des vacances, va t'entraîner et te défouler dehors. Et pas sur les autres !
— Ça, je ne promets pas…
D'un rire bien gras, Garp quitta la salle en laissant toutes ses affaires en vrac, grignotant déjà un gâteau avec un air bienheureux.
Tsuru se frotta le front, fatiguée de tout ça. Sengoku lui tapota l'épaule en signe de soutien.
Elle n'avait pas signé pour ça. Pour devenir la nounou de deux hommes qui n'en faisaient qu'à leur tête… Parce que Sengoku était rarement mieux que Garp, même s'ils étaient dans des styles différents. Sengoku avait du mal à faire des pauses, travaillant beaucoup trop pour avoir une hygiène de vie décente… Il avait du mal à trouver un juste milieu et la jeune femme était parfois obligée de le tirer de ses livres pour qu'il vienne manger ou aille dormir.
Ils étaient épuisants. Jamais elle n'aurait pensé qu'en s'engageant dans la marine, elle tomberait dans un traquenard pareil. La marine, symbole de justice, était censée être sérieuse, disciplinée et droite…
… Elle attendait toujours de voir ça.
~ Des années plus tard~
— Garp ?! Arrête de fuir, où est ton rapport de mission ?
— Bah, mes mousses ne te l'ont pas donné ?
— Ce n'est pas à tes subordonnés de le faire, Garp ! C'est à toi !
— … Non, j'aime pas faire ça.
— Ce n'est pas une raison valable, ça !
Tsuru, dans son bureau, soupira lourdement. Elle entendait les voix portantes des deux hommes d'où elle était et plaignait ceux qui se trouvaient à proximité.
— Je suis ton supérieur, Garp !
— Mais oui, mais oui…
Sengoku, contrairement à ce qu'avait pensé le jeune Monkey D, était bien devenu amiral en chef. Et aussi étonnant que ça puisse être, Garp était devenu Vice-amiral, comme elle.
Mais au final… Rien n'avait changé. Rien. Et pourtant, quarante ans étaient passés.
Leurs agissements renforçaient son désespoir et elle regardait souvent les nouvelles recrues avec une pointe d'empathie. Surtout quand Garp se disait que c'était une bonne idée de prendre la tête de l'entraînement pour ne pas en faire des flans mous.
Pauvres petits… Ils étaient dans un piège… Le même dans lequel elle était tombée des décennies plus tôt...
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