Gabriel

Chapitre : 18/24

Chapitre 17 : première rencontre

Les rayons du soleil réveillèrent Harry en caressant la peau de son visage qui reposait sur le torse de Draco. Contrairement à Harry, ce dernier avait le sommeil lourd et ne se réveillait que lorsque son corps décidait qu'il était assez reposé. L'obstétrimage s'étira en baillant tout son saoule pour se réveiller un peu plus et baissa les yeux vers son petit ami.

Draco passait le week-end à la maison et vu le dernier mois qu'il avait passé, il était content de ne pas rester seul durant deux jours entiers. Il avait encore le moral en dent de scie alors avoir une présence rassurante à ses côtés l'aidait. Et Draco était une présence rassurante, surtout depuis qu'il lui avait avoué à demi-mot qu'il l'aimait et qu'il envisageait un avenir avec lui, un avenir à deux.

Il fit glisser ses doigts dans les mèches blondes de Draco et l'observa dormir quelques instants avant de se motiver à sortir des draps. Il avait besoin d'une douche d'urgence et ses draps besoin d'une lessive.

Il se dirigea vers la salle de bain attenante à sa chambre faisant le moins de bruit possible, se glissa dans sa baignoire et s'y assit avant d'allumer l'eau. Il soupira lorsque celle-ci glissa sur son visage puis sur son corps délassant ses muscles. Il passa un long moment à se savonner savourant l'instant et la bonne odeur qui se dégageait du produit. Draco avait décrété que ses savons étaient de trop mauvaises qualités et lui avait acheté une farandole de savons parfumés aux fruits et aux fleurs qui coutaient les yeux de la tête. Lorsqu'il se rinça, les derniers stigmates de sa nuit s'évaporèrent et il se sentit beaucoup plus reposé...et propre.

Le brun attrapa sa serviette pour se sécher et enfila un boxer propre avant de faire face au miroir. Il attrapa une crème cicatrisante dans le tiroir et posa ses deux mains sur les bords du lavabo. Il avait des cernes à faire pâlir une harpie et un teint cireux. C'était toujours mieux que le teint translucide qu'il abordait encore la semaine dernière cela dit.

C'est dans cette même position que Draco le trouva quelques minutes après. Le blond croisa son regard à travers le miroir et s'approcha doucement de lui. Il récupéra le tube de la main d'Harry et déposa un baiser rapide sur son épaule découverte avant de s'agenouiller et de faire la même chose sur le creux de sa hanche. A l'endroit exact ou s'étalait un petit tatouage. Il déposa une noix de crème sur ses doigts avant de l'appliquer en doux mouvements circulaires sur le dessin de deux petites empreintes de pieds de bébé. Il regarda à nouveau Harry à travers le miroir et celui-ci l'observait faire à travers la glace.

Harry s'était fait faire ce tatouage le week-end dernier après leur première nuit depuis..."l'incident". Il lui avait demandé de l'accompagner et le professeur de potions avait accepté. Il lui avait tenu la main pendant la petite heure qu'avait duré l'opération et avait épongé les larmes silencieuses qui avaient roulé sur ses joues. Les dernières larmes qu'avait versées Harry depuis.

Le brun semblait remonter la pente et Gabriel avait paru rassuré lorsqu'il avait vu Harry pour son contrôle bimensuel et que son père l'avait pris dans ses bras en le remerciant pour sa lettre. Ils avaient discuté tous les trois un long moment avant que l'obstétrimage ne parte et Gabriel était ensuite resté discuter avec Draco une bonne partie de la nuit avant qu'il ne le raccompagne devant les appartements de Zahran.

Ses deux petites empreintes étaient selon Harry un souvenir intemporel et immuable. Ils symbolisaient à la fois sa 1ère grossesse, son parcours pour devenir obstétrimage , pour tous les bébés qu'il avait mis au monde, qu'il avait sauvés et également pour ceux qu'il n'avait pas pu sauver et enfin pour sa fausse couche. Il avait eu besoin de le faire graver dans sa chair.

Le blond s'écarta et se releva lorsqu' Harry se retourna pour l'embrasser avant de lui adresser un joli sourire comme il avait recommencé à en faire depuis une semaine.

-Merci, Draco.

-Je t'en prie, je sais que ce n'est pas une zone facile à atteindre.

-On va prendre le petit déjeuner dehors ? J'ai envie de sortir et de me balader un peu avant que tu ne partes.

-Urgh...m'en parle pas, ça m'énerve d'écourter notre week-end ensemble mais je dois vraiment finir de corriger ses copies.

-Je sais, et tu es un bon prof peu importe ce que tu en dis...

-Un petit déjeuner me semble une idée intéressante.

-Beau changement de sujet. Je veux des pancakes !

-On peut aller au Fast break ? J'adore tellement leur café...

-Toi et le café, une grande histoire d'amour.

-Comme toi et moi, chuchota Draco à l'oreille avant de quitter la salle de bain en laissant les joues d'Harry s'embraser d'un doux embarras.

L'obstétrimage sentit ses joues s'échauffer. Depuis la semaine dernière, Draco n'avait jamais redit ces trois petits mots qui avaient fait vibrer son cœur mais se permettait ce genre de petites phrases qui avaient le don de réchauffer tout son être tant elles étaient inattendues. Il était assez étonné qu'après avoir dit ces mots le blond continue de lui dire indirectement, mais lui dire qu'il aimait semblait avoir libéré Draco sur certains points et ce n'est pas lui qui allait se plaindre de ce dénouement.

Il passa une main sur son visage pour reprendre contenance et s'habilla pour retrouver Draco déjà habillé dans le salon qui jouait avec Châtaigne qui lui faisait du charme en lui dévoilant son ventre. Le blond avait dû prendre une douche dans la salle de bain de la chambre de Gabriel.

-On y va, ou tu préfères continuer à séduire ma chienne ?

-Je n'y peux rien Harry, je suis irrésistible mais tu le savais déjà.

-Et du coup tu passes encore la porte avec ta grosse tête et ton égo ?

-Bien sûr que oui ! C'est d'ailleurs comme ça que je rejoins ton lit la nuit.

-Tu es un pervers.

-Quoi ? Moi je suis un pervers et ben voyons, sous tes airs de sainte nitouche hier c'est bien toi qui m'as supplié de te...

-ALLER ! On y va, Châtaigne, ma puce, viens mettre ton harnais, on a de la chance que le restau accepte les animaux, l'interrompit Harry.

La petite spitz loup se redressa et courut vers la porte d'entrée. Harry ignora le regard goguenard de son petit ami et fila enfiler son manteau.

Merlin, il tuerait pour des pancakes.

OoOoO

-Gaby ! Tu as oublié ton devoir de potions sur la table, tu ne veux pas te faire réprimander par Draco, n'est-ce pas ?

-Ah oui mince ! S'exclama Gabriel en se dirigeant vers la petite table de la pièce.

Il attrapa le parchemin et le fourra dans son sac puis embrassa son compagnon qui buvait encore son café n'ayant pas cours avant une bonne heure contrairement à Gabriel. Le petit brun embrassa ensuite Zahran avant de prendre le chemin pour la sortie sous les yeux de son compagnon. L'elfe posa précipitamment sa tasse sur le rebord du meuble de la kitchenette lorsque Gabriel poussa un glapissement en posant une main sur son ventre avant de se tourner vers lui les yeux écarquillés. En deux enjambées, il l'avait rejoint et attrapa son visage entre ses mains.

-Gaby, qu'est ce qui se passe, tu as mal quelque part ? Tu veux que j'appelle Draco ou Harry ? Bordel de merde, où est- ce que j'ai encore mis ce satané téléphone !

-Zahran! Il a bougé !

-Quoi ?!

-Le bébé a bougé dans mon ventre, il m'a donné un coup de pied ! S'écria Gabriel en attrapa la main de Zahran pour la déposer sur son ventre.

Quelques secondes plus tard, l'elfe sentit à son tour un léger coup contre sa paume et regarda, fasciné, le ventre de Gabriel comme s'il contemplait la huitième merveille du monde.

-Harry m'a dit que j'allais probablement bientôt sentir le bébé bouger la semaine dernière. J'ai commencé mon cinquième mois de grossesse. Zaza, ça va ?

-Oui, souffla Zahran la gorge serrée. C'est notre fille.

L'elfe s'agenouilla et embrassa le ventre à travers la chemise dégageant de la chaleur que le bébé lui rendit presque immédiatement. Gabriel regardait la scène en souriant et sortit son téléphone de sa poche pour capture la scène. Qu'est-ce qu'il l'aimait son elfe de feu...

OoOoO

-Ash, attends, mais attends-moi !

-Mais on va revoir notre bébé.

-Oui, enfin...il a 22 ans ton bébé...

-Ça restera quand même mon bébé toute la vie.

Adrian suivait sa femme qui courrait à travers les arbres en tentant de suivre le rythme. Ils rentraient enfin, après plusieurs mois de pèlerinage à travers les différentes terres sacrées elfiques où ils avaient pu récupérer des ingrédients pour potions et des pierres runiques. Ashana avait l'intention d'en faire des potions en tout genre et des bijoux de protection. Les longs cheveux auburn de sa femme voletaient autour d'elle alors qu'elle se mouvait gracieusement. Après tant d'années, il la trouvait toujours aussi magnifique. Elle faisait partie des personnes qui se bonifiaient avec l'âge.

Malgré sa quarantaine passée, elle était toujours pleine d'énergie et rayonnante comme le jour à courir à droite à gauche. Et lui la suivait jusqu'au bout du monde même lorsqu'elle proposait un voyage loin de chez eux durant des mois.

-Ah la zone de transplanage! On va pouvoir rentrer !

-...et demain on ira voir Zahran!

-On peut aussi attendre les vacances.

- Non, c'est mieux de lui faire une surprise, il m'a donné son planning de surveillance à pré-au-lard.

-D'accord, mais j'ai vraiment besoin d'une nuit de sommeil dans notre lit, un VRAI lit, ça changera et mon dos m'en sera reconnaissant.

OoOoO

Gabriel se dandinait entre les allées à la recherche de nouveaux livres. La librairie était étroite et la taille de son ventre ne l'aidait pas à se déplacer correctement entre les rayons.

Lorsqu'il sortit de la librairie ce fut pour tomber nez à nez avec Zahran.

-Gaby, tu sais que cette librairie n'est pas dans la zone où vous avez le droit de circuler, dit l'elfe en prenant dans ses bras les livres que Gabriel portait.

Le petit brun lui fit un grand sourire innocent. Évidemment qu'il le savait, mais c'était également le seul qui vendait les livres de sortilèges qui l'intéressaient.

-Tu vas me dénoncer ? Demande Gabriel avec un sourire de canaille.

-Ça se pourrait bien, mais ça peut se négocier.

Gabriel s'approcha de lui et posa une main sur l'épaule de son amoureux avant de se mettre sur la pointe des pieds et de déposer un baiser rapide sur ses lèvres.

-Est-ce que ça...

-ZAHRAN CHRISTOPHER MOREL !

Les deux amoureux s'écartèrent tous les deux surpris par le coup d'éclat en tournant la tête vers la voix. Une femme qui ressemblait en tout point à Zahran et un homme roux semblant âgés d'une quarantaine d'années se tenaient devant eux. Gabriel regarda ensuite Zahran qui semblait avoir perdu toutes ses couleurs.

-Ma..Maman, papa? Qu'est-ce que vous faites...

-Qu'est-ce qui se passe ici ?! demanda à son tour le père avec un air sévère accentué par son regard noir passant de l'un à l'autre.

Pourquoi, au nom de Merlin, son fils embrassait-il un adolescent qui d'après son uniforme devait être un de ses élèves ?

-Maman, papa je...euh... je vous présente Gabriel, c'est euh...

Gabriel regardait son compagnon qui pour la première fois semblait vraiment perdre pied et lui-même se demandait quel discours et quel comportement adopter. Ce n'est pas de cette façon qu'ils auraient voulu que se fasse la première rencontre. Il prit une grande respiration et se tourna vers les parents de Zahran.

-Je m'appelle Gabriel. Je suis le compagnon de Zahran, enchanté.

-Mais tu...as quel âge ?

-J'ai 17 ans.

Là seulement, le père sembla réaliser quelque chose et sa voix s'éleva pour la première fois.

-Bordel...

-Maman écoute, je...

-Non, Zahr' pitié tais-toi. Mais qu'est-ce qu'on a bien pu rater dans ton éducation...C'est ta faute Adrian, tu es beaucoup trop laxiste avec lui ! Le coupa sa mère en s'approchant d'eux, ignorant son fils qui mit sa main devant Gabriel pour faire barrage à toute réaction hostile. Ainsi ni lui ni Gabriel ne s'attendait à ce que l'elfe attrape l'oreille si sensible de son fils comme s'il était un enfant en lui hurlant dessus pour être sûre que le message passe bien le tout sous l'œil complice de son mari qui semblait approuver sa démarche de plusieurs hochements de tête, les bras croisés sur son torse.

Interdit Gabriel regardait Zahran se prendre la branlée verbale du siècle, se faisant remonter les bretelles pour son comportement inapproprié envers un mineur et un élève en plus de ça. Ce fut seulement lorsque Zahran lui lança un regard de pure détresse que Gabriel ouvrit sa main propulsant une légère vague de magie sans baguette qui fit reculer la mère enragée d'un pas.

Là seulement, la matriarche lui lança un regard plus approfondi et le regarda de haut en bas avant d'écarquiller les yeux en avisant la protubérance au niveau de son estomac.

Bon. Ce n'est pas comme ça qu'il aurait voulu que se fasse la première rencontre mais bon.

-Zahran, je ne sais pas ce que tu as foutu avec ce gosse mais tu me fatigues, je t'assure tu me fatigues.

-Je m'appelle Gabriel Audragon, j'ai 17 ans et je suis le compagnon de votre fils monsieur et madame Morel. On est ensemble depuis deux ans maintenant et avant que vous ne disiez autre chose, vous devez savoir que nous sommes en union magique, elfique et que notre histoire est on ne peut plus sérieuse comme le prouve mon état actuel. Je sais très bien de quoi la situation à l'air et même si j'avais la majorité sexuelle quand nous avons commencé à nous fréquenter, je n'étais pas tout à fait majeur et hum...je suis son élève, mais on s'aime vraiment et au risque de me répéter notre relation est TRES sérieuse. Et je m'excuse pour le sort que je viens de vous lancer.

Un ange passa entre les quatre personnes avant que Adrian ne lâche un "bordel de merde" tonitruant.

-Maman, papa, je suis de surveillance aujourd'hui, il me reste une demi-heure de patrouille mais je vous propose de revenir avec moi au château et on discutera dans mes appartements... au calme.

-...D'accord. Mais on garde monsieur Audragon avec nous.

Zahran regarda Gabriel qui hocha la tête.

-Très bien, soupira l'elfe. Mais ne lui dites rien d'inutile...Gaby passe-moi ton sac, il est lourd je vais le prendre.

L'elfe déposa un baiser sur la joue de son compagnon avant de retourner dans l'allée principale non sans un dernier regard en arrière. Les parents de Zahran invitèrent Gabriel à boire un chocolat chaud dans un café et le petit brun les suivit essayant de cacher son malaise jusqu'à un petit café.

Ils s'assirent tous les trois autour de la table et un petit silence s'installa jusqu'à ce que le père de Gabriel ne prenne la parole.

-Donc, hum Gabriel ? Vous êtes en septième année ?

-Non , en sixième année. Je sais que notre situation est peu conventionnelle.

-Vous êtes vraiment en union magique ?

-Oui, c'est d'ailleurs pour ça que je suis...enfin, dit Gabriel en montrant son grand ventre.

-Vous en êtes à combien de mois ? Demanda Adrian d'une voix douce comme pour ne pas effrayer le jeune homme.

-J'en suis à 5 mois bientôt 6. Mon père, enfin, mon père biologique est mon obstétrimage et il suit ma grossesse, tout se déroule bien pour l'instant. Et Zahran est au petit soin.

-Votre père...biologique ?

-Oui, j'ai été adopté à la naissance et j'ai retrouvé mon père biologique, celui qui m'a porté, puis mon autre père. Donc maintenant j'ai trois papas, une maman et un compagnon elfe beaucoup trop protecteur, ajouta Gabriel en essayant de dissimuler un rire.

Les deux parents regardèrent Gabriel leur expliquait sa situation familiale pour le moins atypique. Leur conversation fut interrompue par un serveur venant prendre leur commande, 2 chocolats chauds, un café et une part de tarte à la rhubarbe.

-Donc...vous êtes avec Zahran depuis...deux ans. Vous aviez donc...quinze ans ? Demanda Ashana. C'est lui qui vous a séduit.

-Vous pouvez me tutoyer, et non...Pas du tout, c'est même tout le contraire, avoua Gabriel gêné en passant une main dans ses cheveux bruns. J'ai eu le coup de foudre pour votre fils quand je l'ai vu la première fois que je l'ai vu du haut de mes 14 ans. Evidemment, lui ne me voyait que comme un élève. Mais, vous savez moi, je n'ai pas beaucoup d'amis, je suis un loup solitaire. J'ai toujours eu peur de me faire abandonner alors je ne me suis jamais attaché à personne. Mais Zahran il est... j'ai senti mon âme se réveiller dès que je l'ai vu et tout mon être me crier que j'avais besoin de lui dans ma vie. Alors je trainais après les cours pour lui parler. Et quand ENFIN j'ai réussi à l'intéresser un minimum notre relation est restée très innocente, jusqu'à...hum excusez-moi je m'égare.

Jusqu'à ce qu'il passe son 16ème anniversaire et que lors d'un après-midi où il prenait le thé avec son professeur il ne grimpe sur ses genoux et ne s'empare de sa bouche avec une fougue jusque-là inconnue par les deux hommes et qu'il ne se frotte à lui les faisant tous les deux complètement perdre la tête. Ce fut la première nuit qu'il passa loin des dortoirs.

-Je sens une certaine maturité chez vous, ce qui explique d'ailleurs pourquoi l'union elfique a déjà permis une grossesse. Comme vous le dites la situation n'est pas...conventionnelle. Mais la magie ne ment pas. Les unions elfiques sont un cadeau et arrivent rarement aussi tôt, et ni moi, ni Adrian ne pouvons nier la légitimité de votre union, affirma Ashana alors que son mari hochait la tête apparemment d'accord avec la déclaration de sa femme.

Gabriel sourit aux parents de son compagnon qui ne semblaient pas hostiles envers lui. D'après les portraits qu'il lui avait fait de ses parents, il avait pensé à une réaction mesurée sans en être certain car la réaction de sa propre mère avait été violente. On ne savait jamais comment un parent pouvait encaisser ce genre de nouvelle.

En jetant un coup d'œil à l'horloge, le jeune Serpentard vit qu'il était l'heure de partir et en avisa Adrian et Ashana. Le couple paya l'addition malgré ses récriminations gentiment ajournées. Il savait maintenant d'où venait le caractère têtu de Zahran.

Gabriel rejoignit donc les grilles en compagnie des parents de Zahran où les derniers élèves se pressaient pour rentrer. Certains regardèrent curieux derrière eux l'étrange quatuor qui fermait la marche.

Les élèves ne parlaient presque plus de la relation entre Zahran et Gabriel. Ou tout du moins, plus dans les couloirs. Les chuchotements lorsqu'ils croisaient le professeur et Gabriel alors que tous les deux se tenaient près l'un de l'autre avaient fini par se dissiper, et on ne zyeutait plus le ventre de Gabriel avec de grands yeux curieux. La sensation étouffante d'être une bête curieuse s'était évaporée après quelques regards noirs et glacials empruntés à son second père biologique.

Gabriel se dandinait comme il pouvait le long de l'allée pavée jusqu'aux portes de l'école et son chéri dut sentir sa fatigue car il ralentit le pas et lui attrapa la main pour entrelacer leurs doigts en lui demandant s'il allait bien.

Adrian et Ashana Morel se tenaient derrière et se lançèrent un regard en coin.

Oui, ils allaient protéger le couple de leur fils et de son compagnon.

A suivre...