Coucou tout le monde. Je voudrais remercier tout ceux qui se sont abonné ou ont mis en favoris l'histoire depuis hier, ça fait vraiment plaisir. Du coup, je vous rend la pareille en publiant deux chapitres coup sur coup. Rendez-vous mercredi pour le prochain. Enjoy !

Chapitre neuf

Hermione se réveille en sueur. Une légère lueur tamisée flotte déjà dans la chambre, rougeâtre comme les rideaux. L'horloge indique sept heures. Enfin l'heure de se lever. Le précédent réveil était vers cinq heures du matin, bien trop tôt. Les nuits de la Gryffondor sont toujours entrecoupées de réveil en sursaut et de cauchemars, la chaleur étouffante du mois d'aout n'arrangeant rien. Des rêves peuplées de combats, de morts, de torture, où souvenirs et imaginaires s'entremêlent. Mais ce matin là, une lueur d'espoir brille dans ses yeux. Elle a le sourire lorsqu'elle ouvre les rideaux, profitant de la vue qui s'offre à elle. Les Nott possèdent un joli jardin à la française. Des arbustes et des parterres parfaitement linéaires forment des dessins qui entourent une jolie fontaine. Le soleil brille dans le ciel quasiment dépourvu de nuage. Seule ombre au tableau, elle peut voir les militaires défilent déjà dans les rues derrière le portail.. Peu importe, ce sera une bonne journée. Elle a décidé que ce serait-elle qui déciderait de sa vie, du moins de tout ce dont elle peut décider. Fini les pleurs, les lamentations, place à la Hermione de toujours, celle qui ne se laissait jamais abattre. Anne Frank disait bien que tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir et la vie est partout autour d'elle, même à l'intérieur d'elle. Les sorciers refuseront toujours de l'admettre mais finalement leur société est très comparable à celle de Hitler, notamment dans le système concentrationnaire qu'ils ont établis. Se comparer à Anne Frank aide la jeune gryffondor à tenir puisqu'elles ont à peu près le même âge et les même société, aussi injuste et folle qu'elle puisse être, demeure un endroit où elle peut se lier d'amitié, avoir des alliés, sans compter qu'il y a une résistance. Peu importe où elle est, qui la dirige, elle existe et Hermione la trouvera. C'est sur ses pensées qu'elle se douche, son ventre prenant une jolie forme ronde, rendant ses robes serrées. Cependant, elle remarque en grimaçant que des vergetures violacées apparaissent déjà. En remontant péniblement la fermeture éclair de sa robe rouge, elle se dit qu'il lui faudra bientôt faire du shopping. Elle se sent étrangement excitée à ce sujet. Pourtant, elle n'a jamais aimé faire les magasins et ce n'est pas comme si il y avait beaucoup de choix, les robes écarlates des servantes se ressemblent toutes. Mais le shopping entre filles, c'est l'une des rares choses qu'il subsiste d'avant. Elle revêt son voile sur ces pensées puis descend les escaliers en direction de la cuisine. Padma l'accueille avec un grand sourire et des pancakes à la confiture de framboise. Elle adore cette confiture et elle déguste son petit-déjeuner, n'en perdant pas une miette. Sans aucun doute, la grossesse accorde de nombreux privilèges dont celui de manger très bien. Elle n'a pas posé la question, mais Hermione est certaine que Padma n'a pas eu plus que des tartines au beurre ce matin. La gryffondor a tout ce qu'elle désire et elle ne va pas s'en priver. En partant en direction du jardin, où Emily l'attend probablement derrière la grille, elle croise Daphné.

- Béni soit ce jour, Madame, salue Hermione.

- Béni soit ce jour. Comment te sens tu, ma chère ? Demande madame Nott en attrapant les mains de sa Servante.

Cette proximité est dérangeante, humiliante même aux yeux de la jeune fille. Elle est sa petite chose fragile, dont la maîtresse de maison prend soin pour que surtout rien ne lui arrive, comme on prendrait soin d'un rosier.

- Tout va bien, loué soit-il. Répond t-elle alors, un sourire hypocrite sur le visage.

- Pas trop de nausées ? Tu manges bien ? Insiste Daphné

- Très bien, Madame. Pas du tout de nausées, rassure Hermione.

- Loué soit-il, dit-elle, un grand sourire sur le visage.

- Au fait, Madame, il me faudra bientôt de nouvelles robes, demande la gryffondor.

- Bien sûr. Padma te donnera l'argent dès demain, lui répond madame Nott.

- Merci, Madame.

- Sous son oeil, conclut alors la Serpentard.

- Sous son oeil, répond Hermione en s'éloignant.

Elle a bien vu la façon dont Daphné louchait sur son ventre. Ce ne sont pas ses bébés, ce sont ceux du couple Nott. Plus les jours passent et plus elle s'y attache. Il ne faut pas. Ce ne sont pas les siens. Elle ne les élèvera pas, ne les verra pas grandir. Elle n'entendra jamais leur premier « maman », d'ailleurs elle n'est pas leur mère. Elle ne fait que les loger, leur donner un endroit provisoire où grandir jusqu'à ce que leur vrais parents prennent le relai. Sachant les larmes qui menacent de naître dans ses yeux, elle rejoint Emily qui l'attend comme prévu derrière le portail.

- Béni soit le fruit, salue Hermione.

- Que le Seigneur ouvre, répond sa compagne de courses. Comment tu vas ?

- Ça va, et toi ?

- Ça va. Tout se passe bien ? Demande Emily

- Parfaitement, loué soit-il, réponds la brune.

- Loué soit-il.

Les deux filles déambulent dans les rues, profitant de la chaleur tout en passant un coup de brumisateur de temps à autre sur leur visage. Il n'y a aucun touriste dans la ville, pourtant habituellement envahie et surtout à cette période de l'année. La guerre ne doit pas donner envie à des gens de visiter Londres. Qui mettrait volontairement les pieds dans ce monde de fou ? Elles croisent deux servantes qui s'arrêtent pour les saluer.

- Béni soit le fruit, disent-elles.

- Que le Seigneur ouvre.

Hermione pense avoir reconnu la voix Pénélope Dauclaire, mais il est difficile de trancher avec ce voile qui leur couvre le visage. C'est peut-être un autre objectif de ce morceau de tissu, les empêcher de se reconnaître entre elle pour prévenir des amitiés qui pourraient, à la longue, mener à une révolution.

- Il fait chaud, aujourd'hui, souligne une des servantes.

Cette fois pas de doute, c'est Pénélope.

- Oui, c'est étouffant, j'ai eu du mal à dormir, répond Hermione.

- On a toutes du mal à dormir je crois, répond la partenaire de Pénélope.

Il y a un bref silence.

- Bon, on va reprendre nos courses, dit Emily.

- Sous son œil, disent ensemble les quatre jeunes filles.

En partant elle sent la main de Pénélope toucher la sienne. Elle y laisse un morceau de papier. Encore un message ? Pour quelle raison cette fois ci ? La résistance est-elle donc partout ? Elle glisse le bout de papier dans sa poche, son coeur battant la chamade. Elle n'a qu'une hâte, rentrer et pourtant sa compagne s'attarde, flâne devant toutes les boutiques, traine les pieds et avance comme un escargot. N'y tenant plus, Hermione cherche à abréger leur balade.

- Emily, nous devrions rentrer, je commence à me sentir mal à cause de la chaleur.

- Oh ! Bien sûr, rentrons immédiatement, ce n'est pas bon pour les bébés ! Ça va aller ?

- Oui, oui, ça va aller.

- Loué soit-il.

Les deux servantes font le chemin du retour assez rapidement, sans trop courir puisque la gryffondor est sensée se sentir mal, puis elles arrivent enfin devant la maison des Nott. Hermione se précipite à l'intérieur, non sans avoir salué sa compagne, et monte quatre à quatre les escaliers pour se diriger dans sa chambre. Elle s'enferme dans la salle de bain pour être certaine de na pas être dérangée et ouvre le billet. Hermione, il existe un moyen de contrer Voldemort. Nous sommes tous en train de s'organiser. Ne reste pas sur le côté, rejoint nous. Pénélope sera notre intermédiaire, approche toi d'elle pendant vos courses. Reste prudente et prend soin de toi. Luna.

Luna… Elle doit être majordome dans la maison de Pénélope. Ils s'organisent ? Pour quoi ? Tous ? Qui est ce tous, combien sont-ils, qui sont-ils ? Est ce que Omar en fait partie ? Et Padma ? Est-elle seulement au courant ? A qui peut on parler ? Quel moyen de contrer Voldemort ? Est-ce que Luna a des contact avec McGonnagal et ce « on » dont elle parlait dans son mot ? Hermione pose machinalement ses mains sur son ventre, les questions fusant à vive allure dans son esprit. Peut-être finalement que ses enfants n'auront pas à grandir dans ce monde de fou. Elle n'a pas voulu s'y attacher, avait même rejeté leur présence mais voilà, le temps a fait son œuvre et elle est désormais attachée aux enfants qu'elle porte. Ce n'est peut être pas de l'amour mais en tout cas, elle veut les protéger. Et il y a un nous. Il y a eux, et il y a nous. Elle va se battre, contre cette dictature ignoble, elle ne la laissera pas s'installer. Elle est de la maison de Godric Gryffondor. Son courage n'a pas disparu. Elle s'appelle Hermione Granger. Et elle va résister.

Elle se lève de bonne humeur le lendemain matin. Elle a cogité toute la nuit et a écrit un mot, plus proche de la lettre, à donner à Pénélope pour qu'elle le transmette à Luna. Le monde est rempli d'incertitudes et de doute, mais si il y a bien une chose à propos de laquelle la Gryffondor est certaine, c'est que si résistance il y a, elle y participera. Elle mange le plus calmement possible ses toasts à la marmelade, ses oeufs et son lard grillé afin de ne pas attirer l'attention. Puis, elle prépare le petit déjeuner des Nott en sifflotant, étonnant Padma qui n'a pas l'habitude de la voir aussi joyeuse.

- Béni soit ce jour, monsieur, madame, salue poliment la née-moldue en allant servir le repas dans le salon.

- Béni soit ce jour Hermione. Comment vas tu ce matin ?

- Très bien, loué soit-il. Et vous ?

- Oui ça va, merci, lui répond la maîtresse de maison, quelque peu étonnée que la question lui soit retournée. Tu as l'air de bonne humeur. La grossesse te va à ravir.

- Merci beaucoup madame, sourie la Gryffondor.

Si elle savait ce qui me met de bonne humeur… pense t-elle en s'éclipsant de la pièce. Elle enfile son voile habituel et sort. Le temps est lourd, le ciel est gris et menaçant. L'orage n'est pas loin.

- Béni soit le fruit, salue t-elle en refermant le portail derrière elle.

- Que le Seigneur ouvre, répond sa compagne. Comment vas-tu aujourd'hui ?

- Très bien, et toi Emily ?

- Ça va merci.

Les deux filles marchent en silence sous la pluie battante et Hermione scrute chacune silhouette rouge qu'elles croisent, espérant avoir un signe de la part de Pénélope. Encore faudrait-il qu'elle aussi la reconnaisse. Arrivé au supermarché, il y a de nouveau un attroupement de Servantes, discutant entre elles. Très vite, à sa plus grande joie, Hermione reconnaît la voix de sa complice. Elle se rapproche alors discrètement d'elle et fait mine de regarder les fruits dans son panier pour glisser sa lettre en dessous. Son coeur bat la chamade. Au même moment, le tonnerre gronde au loin. La Gryffondor, malgré son courage légendaire, a peur. Elle a peur des conséquences si jamais elle se faisait prendre. Elle a peur de souffrir. Mais elle refuse de rester sans rien faire.