Disclaimer : le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; Alistair et ses amis du Dix-Neuvième Parallèle sont à moi.
Rating : T
Personnages : Severus Snape, Gilderoy Lockhart, OC.
Correctrice : Fantomette34.
Un petit épilogue doux-amer pour Lockhart.
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Cette histoire est finie. Merci à Arthur-Prince-des-Dragons, AvaTarbleu, Christine, Felicia Vardya, Guest, Lilou0803, Miss lyli, Persoil, Quetsche et ma chère Fantomette34 pour leurs gentilles reviews.
Bises à tout le monde et bonne lecture !
Severus Snape et les Loups de Rome - Épilogue
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Le présent, au Bar des Louchébems...
"PAR LA TOQUE DE PAUL BOCUSE, VA Y AVOIR DES LOUPS AU FENOUIL AU MENU !" hurla Nemo depuis la cuisine.
- Tu engueules tes poissons, maintenant ? s'inquiéta Grimoire depuis la salle.
- Non, je cause aux loups qui veulent manger mes loups !
- Je comprends rien.
- Viens voir."
L'Enquêteur quitta à regret sa table et son café fumant pour rejoindre son chef devant les fourneaux.
"Alors ?
- C'est à eux que je causais !"
Eux, c'était trois adorables boules de poils avec de tout aussi adorables yeux ronds, semblant incarner la gentillesse même.
Enfin, ça, c'était ce qu'on pensait quand on ne les connaissait pas, car les louveteaux Fléau, Catastrophe et Calamité, petits de Massacre et Cassandre, pouvaient faire pleurer la pire des canailles.
Pas de peur, d'envie.
"Ils en veulent à mes bars !
- Je croyais que tu parlais de loups.
- C'est pareil, les uns viennent de l'Atlantique, les autres de Méditerranée.
- Donc, ces... loups-bars sont en danger ?
- Ils vont se faire manger par les loups-loups !
- Le monde à l'envers."
Cette discussion hautement philosophique aurait duré longtemps si la porte extérieure n'avait grincé à ce moment-là. Aussitôt, Pouf ! les trois bébés loups disparurent comme par magie de la cuisine et se retrouvèrent devant l'huis.
"Ah, voilà les plus beaux ! fit la voix enjouée de Lockhart, autant que moi, en tout cas. N'est-ce pas, Severus ?
- Mmm... pour la coiffure, vous les battez. Cela dit, niveau intellect, ils compensent."
Le Sorcier blond ne répliqua même pas. Il acceptait les railleries du Potionniste pour ce qu'elles étaient : des piques sans méchanceté. Cela s'était fait naturellement, étonnant tout le monde, les deux concernés en premier. Severus avait compris que l'attitude frimeuse de Lockhart était une façade, tout comme son propre personnage de chauve-souris des cachots. Le paraître d'un côté, le lugubre de l'autre. Lui avait joué ce dernier rôle pour tenir les autres à distance et pouvoir espionner Voldemort sans risquer de vies. Soit. Mais Lockhart ?
Pourquoi cette flamboyance, ces arrangements avec la vérité ?
La réponse lui fut donnée quelques heures plus tard.
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Le repas s'était bien passé. Traduction : les loupiots n'avaient volé qu'un seul poisson, Nemo n'avait pas fait brûler les autres et le chocolat du dessert, un gâteau Forêt-noire, persistait en bouche. Que du bonheur !
Des jeunes loups, les deux sœurs, Catastrophe et Calamité, avaient campé aux pieds du Sorcier blond, subjuguées par son charme irrésistible - ou par la part gigantesque de gâteau qu'il s'était octroyée, allez savoir - leur frère Fléau n'avait pas apprécié d'être mis de côté et s'était éloigné dans le couloir, malgré les appels de Severus.
Or, s'il y avait une circonstance où les louveteaux étaient plus nuisibles qu'en bande, c'était quand ils étaient seuls. Fléau ne fit pas exception à la règle, il ne s'écoula que dix secondes avant qu'un fracas de métal ne se fasse entendre du fond de la cuisine. Tous se précipitèrent. Plus de peur que de mal, le louveteau avait simplement fait tomber la pile de plats qui attendait la vaisselle sur l'évier.
Rien de grave, donc, mais la réaction de Lockhart surprit tout le monde.
"Non, ne lui faites pas de mal !
- Mais...
- C'est un accident, il n'a pas, il..."
La mâchoire du Sorcier blond se crispa. Nemo se hâta de le rassurer, il n'était pas question de punir le louveteau. C'était peu de chose, vraiment.
D'un mouvement de baguette, Severus remplit la cuve d'eau, y envoya les plats tombés et un Sortilège les fit s'auto-nettoyer. Tant pis pour les consignes de ne pas utiliser la magie pour le quotidien. Il voulait comprendre Lockhart, et pour cela il lui fallait du temps.
"Que diriez-vous d'un pousse-café ? lui dit-il, Alistair n'étant pas là, je suis sûr qu'il reste de la vodka polonaise."
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"J'avais quatre ans. Je ne sais plus pourquoi mais mon père et moi nous étions retrouvés dans le monde moldu sans le vouloir. J'étais effrayé, lui ennuyé, et ce fut dans ces mauvaises dispositions qu'un chien a croisé notre route. Un animal sans aucun lien avec la magie. Ça, je m'en moquais, son regard était doux et je savais qu'il serait un compagnon formidable. J'ai harcelé mon père pour qu'on le prenne, il a accepté, surtout pour me faire taire. On est rentré.
Quand je l'ai installé dans un coin de ma chambre, il a aboyé, c'était un remerciement, et je l'ai compris !
Ma toute première compréhension du langage animal, mon premier échange !
De ce jour, ma vie fut plus intéressante, mais... cela ne pouvait pas durer, bien sûr. Un jour le chien, que j'avais nommé Dragon, passa trop près d'une vitrine où mon père conservait des Artefacts. L'un d'eux est tombé et s'est brisé.
J'ai dit à Dragon que ce n'était pas grave, que j'allais expliquer que c'était un accident. Malgré sa peur, il ne m'a pas dissuadé de le faire et le pire est arrivé : à peine ma phrase achevée, mon père m'a enfermé dans ma chambre. Ce qui est arrivé ensuite, j'en ai eu le résultat sous les yeux. il avait battu Dragon à mort, pour un Artefact.
Depuis je hais la vérité, et le besoin de la dire. Toutes les années qui suivirent j'ai menti, même quand ça pouvait me nuire. Je ne pouvais pas m'en empêcher.
M'approprier les exploits des autres Sorciers était pente naturelle, et l'argent que me rapportait mes mensonges endormit vite les scrupules qui auraient pu me contenir. Ainsi est né Gilderoy Lockhart, Sorcier prodige et clinquant. Les gens ne cherchant pas plus loin, j'étais parti pour durer dans l'illusion. Jusqu'au jour fatal où Albus m'a accepté pour le poste de DCFM. Vous n'avez pas été dupe, et notre duel...
- Ah oui, notre duel ! sourit le Potionniste.
- Ce fut le début de la fin. Le séjour à Sainte-Mangouste m'a remis les idées en place, enfin en partie. Quand vous avez demandé mon aide pour sauver Harry et la grosse Dame, j'ai repris un peu plus le contrôle, et puis...
Atropos, la Parque, est venue. Elle m'a fait rejoindre votre équipe et un miracle s'est produit : le Pouvoir de communication avec les animaux m'est revenu, lui que j'avais enfoui si profondément en moi que j'avais oublié jusqu'à son existence.
Avec lui sont revenus les souvenirs, et c'est pourquoi j'ai mal réagi quand Fléau a fait tomber les plats. J'avais peur que ça recommence.
- Nemo ne battrait jamais une Créature, encore moins si jeune.
- Je le sais, mais je... de nouveau, je ne me contrôlais plus."
Severus posa sa main sur l'épaule de son ami. Oui, son ami.
"Les émotions peuvent être puissantes, Gilderoy, j'ai payé pour le savoir. Acceptez-les, mais ne les laissez pas vous submerger. Il faudrait pour cela que vous vous concentriez sur une chose qui ne vous laisserait pas de répit. J'ai une idée !
- Laquelle ?
- Cette après-midi, nous n'avons personne pour babysitter les louveteaux. Seriez-vous partant ?"
Gilderoy Lockhart blêmit, aspira une énorme goulée d'air puis acquiesça.
Merlin, il aurait presque préféré revivre son pitoyable duel dix fois de suite.
Avait-il gardé de la Forêt-noire ? Peut-être qu'une part chacun pourrait acheter leur docilité ?
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Rêve toujours !
...
FIN
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