Chapitre 9: Une anglaise à Beauxbâtons
- 29 octobre 1998 - Lieu Précis inconnu - Pyrénées
Hermione, malgré son impatiente de découvrir enfin l'Institut Magique de Beauxbâtons pour les Jeunes Sorciers, de son nom complet quelque peu pompeux il faut dire, s'était concentrée sur les recherches de Maxime Martel. Cependant, il était clairement évident que celui-ci avait dû faire comme Sandrine Duchemin et sans doute sous un faux nom également. Deplus, des recherches alchimiques étaient assez complexes et il était évident également que Martel avait dû le faire dans le secret le plus complet et empêchant donc l'unité d'en découvrir la moindre teneur.
Naturellement Hermione avait à nouveau eu des nouvelles d'Harry, lui annonçant tout de même avec une certaine fierté que sa chérie Ginny avait fait une très forte impression à la recruteuse des Holyhead 's Harpies, l'équipe de Quidditch professionnelle uniquement constituée de femmes. Hermione en était assez heureuse pour elle sachant qu'elle avait toujours rêvé de briller dans la discipline. Le reste des informations cependant étaient d'une certaine banalité et, avec les remerciements distants d'Hermione, Harry avait totalement évité le sujet de Ron. Hermione avait également pû à nouveau contacter ses parents grâce à une autre carte téléphonique de Luc, lui ayant permis de les appeler plus longtemps et également d'une autre cabine que la précédente. C'était pour lui nécessaire de réussir à brouiller les pistes au cas où.
Par la suite, elle s'était surtout consacrée à l'entraînement, activité qu'elle appréciait de plus en plus et à travers laquelle elle semblait extérioriser ses ressentiments divers et variés. Selon Luc, elle devenait assez compétente au niveau des enchaînements poings pieds et avait prévu de bientôt passer aux projections. Elle s'était surprise elle-même devant son miroir de sa salle de bain, son corps se musclait petit à petit mais restait assez féminin à son goût, elle développait selon elle un corps de sportive assidue. Ce qu'elle était presque devenue en fait, ses entraînements devenant quasiment journaliers et qu'elle attendait de plus en plus impatiemment. Même les soirs où Luc était de service, elle s'entraînait seule en réalisant les mêmes exercices dans le vide, dans ce que l'on appelle vulgairement le shadow boxing. Et il y avait surtout une chose qu'elle appréciait beaucoup dans ces fameux entraînements: Luc semblait assez souvent la regarder avec une certaine fierté dans le regard et elle prenait cela comme des encouragements.
Hermione était cependant déçue que la directrice de Beauxbatons, Olympe Maxime, soit assez réticente à ouvrir ses portes à la police. Hermione découvrit qu'en réalité, elle avait un certain point commun avec le professeur Dumbledore : elle était du genre à ignorer les directives du gouvernement. Mais enfin ils avaient eu l'autorisation et ce matin là, elle avait été très contente d'être emmenée par transplannage d'escorte dans le petit village de Champs-de-Lune qui, comme l'était Pré-au-Lard pour Poudlard, l'endroit où les étudiants avaient des droits de sorties.
Hermione avait potassé énormément le livre que lui avait offert Luc découvrant alors qu'à l'origine, Beauxbâtons se trouvait dans les Landes et qu'il y a bien des siècles, il avait été déménagé dans les Pyrénées françaises. Comme lui avait indiqué Luc, à partir de Champs-de-Lune qui était déjà lui même inaccessible aux moldus grâce aux sortilèges d'incartabilité et repousse-moldus, il fallait marcher environ une demi-heure avant de tomber sur un flanc de montagne, celui de Vignemale, le plus haut sommet des Pyrénées françaises qui culminait à près de trois mille trois cent mètres d'altitude. En réalité, le col ne finissait pas en pic mais en une gigantesque plaine, où reposait l'école. Hermione avait découvert beaucoup de chose sur Beauxbâtons dont sa célèbre rivalité avec Poudlard surtout avec le Tournoi des Trois Sorciers, qui permettait à Beauxbâtons avec ses soixante-deux victoire de talonner Poudlard qui en avait maintenant deux de plus, depuis celle d'Harry. Elle avait aussi appris avec beaucoup d'intérêt que Beauxbâtons avait une certaine spécificité quant à son équipe professorale: Beauxbâtons s'était toujours fait un honneur et un devoir d'engager des professeurs d'horizons et nationalités différentes afin d'offrir l'enseignement le plus complet à ses élèves.
C'est donc juste avant le passage magique qu'elle attendait avec fébrilité.
- On attend quoi?
- Le concierge qui doit vérifier nos identités.
- Vous aussi le concierge fait la police?
- Ouais mais ses sortilèges de capture sont étonnement efficaces.
Sortit alors de nulle part, un homme d'une quarantaine à la peau mate et possédant une immense moustache noir.
- Vous êtes les agents de l'UMEC? fit il.
- C'est cela.
- Venez... Bertier.
- Argh... il m'a reconnu, fit Luc tout bas.
- Élève dissipé ?
- Pas vraiment mais j'étais doué en métamorphose.
- Je vois le genre...
Hermione passa en sa compagnie le passage magique pour accéder à Beauxbâtons et tomba nez à nez avec deux choses. La première qui l'intéressa, était la grille portant les armoiries de Beauxbâtons: d'azur aux deux baguettes d'or posées en sautoir lançant chacune trois étoiles d'argent. La seconde fut les aboiements d'un énorme pitbull, bien plus gros que les modèles moldus et par pur réflexe elle s'était déplacée derrière Luc.
- Mais c'est quoi ce truc?
- Ça c'est le chien de Martinez, le concierge, avec un nom qui évoque sa douceur et sa gentillesse : Lucifer.
- Gloups..., fit Hermione en se promettant de penser avec gentillesse à Miss Teigne.
- Madame Maxime vous attends près de l'entrée. Et n'approchez pas Lucifer, Bertier.
- Promis.
Hermione fut escortée par Luc dans fe magnifiques jardins à la française qu'elle savait implantés ici par magie, merci l'Histoire de Beauxbâtons, ainsi que de nombreux petits ruisseaux. Il était clair que c'était bien moins lugubre que les alentours de Poudlard.
- Pourquoi tu ne dois pas approcher Lucifer?
- Martinez ne doit pas vouloir le revoir transformé en caniche rose.
- C'est cruel Luc.
- Il va bien ce chien... Ça l'a pas rendu plus méchant.
- Ho Merlin...
- Quoi?
- C'est beau.
Hermione vit là la plus grosse différence entre les deux écoles : là où Poudlard avait un côté un peu effrayant et froid, Beauxbâtons était vraiment chaleureux et semblait tellement plus riche. C'était loin du château anglais, un savant mélange de Chambord, Chantilly et Versailles, donnant un magnifique palais devant lequel se dressait la fameuse Fontaine Flamel. Le tout semblait tellement luxueux qu'elle comprit ce que disait Fleur à l'époque, que Poudlard était laid et froid. Ce n'était pas surprenant quand on grandissait ici. Et en plus les étudiants semblaient extrêmement détendus dans leur robes blanches et bleues très fines. Elle pouvait également voir au loin des zones sportives dont sans doute un centre nautique et même des terrains de Quidditch.
- On sait y faire, fit il amusé du regard d'Hermione.
- Quand même impressionant, il faut que je l'avoue.
Ils se dirigèrent vers la porte où attendait Olympe Maxime, la directrice et demi-géante.
- Madame la directrice, mes respects.
- Mais c'est ce cher Monsieur Bertier, comment allez vous ?
- Très bien et merci de nous permettre de rencontrer le Professeur Flamel. Voici...
- Mademoiselle Granger? fit Olympe Maxime surprise.
- Bonjour.
- Vous vous connaissez déjà ?
- J'ai rencontré Mademoiselle Granger lors du Tournoi des Trois Sorciers et puis par la suite, fit elle avec un clin d'œil vers celle-ci. Comment va Hagrid?
- Je ne l'ai pas vu depuis longtemps.
- Ho... c'est dommage. Monsieur Bertier, j'ai eu vent de ce qui vous amène ici et cela semble terrible, j'espère que le professeur Flamel pourra vous aider.
- Nous aussi.
- Suivez moi. Mais n'oubliez pas Bertier, il se fait très vieillissant.
- Je le sais Madame, il est toujours...
- Sourd comme un pot? Complètement.
Hermione ne put que sourire sachant que c'était un peu de leur faute à elle , Harry et Ron si il n'y avait plus de pierre philosophale.
- Et Madame Pernelle? Sa femme et notre professeur d'arithmancie, ajouta-t-il pour Hermione.
- Étrangement... très bien, elle semble moins accuser le vieillissement.
Hermione observait tous les recoins de Beauxbâtons, c'était assez intriguant surtout leur réfectoire, on aurait dit la Galerie des Glaces tellement c'était luxueux. Elle cherchait quelque chose de semblable aux sabliers de Poudlard mais elle ne trouvait rien qui y ressemblait. À part peut-être un tableau d'affichage, où figurait cependant six mots différents répartis en deux colonnes : R1 à R3 et E1 à E3.
- Luc? À quoi sert ce tableau ?
- Ho nos équipes de Quidditch.
- Vous en avez six?
- Oui, trois par maisons, une équipe par tranche de deux années mais les dernières années se consacrent surtout aux ASPIC et à part en entraînement ou si ils désirent une carrière professionnelle ils laissent tomber. Les matchs se jouent en une ligue aller-retour. Donc chaque équipe jouera dix matchs.
Ils continuèrent d'avancer alors et Madame Maxime discutait de ses souvenirs avec Luc. Soudain sans crier gare, elle s'adressa à Hermione.
- Mademoiselle Granger ?
- Oui?
- Je ne sais depuis combien de temps vous connaissez Monsieur Bertier mais j'ai une petite anecdote qui pourrait vous intéresser.
- Ha oui?
- Lorsque j'ai appris que nous aurions à nouveau un Tournoi des trois Sorciers, j'avais posé mes espoirs sur deux de mes élèves, Mademoiselle Delacour, bien sûr et cela s'est avéré exact, mais je misais surtout sur le meilleur élève des Épines.
- Luc?
- Exactement, je pense qu'il aurait été bien plus impressionnant que les autres champions. Mais il a préféré servir son pays dans une mission périlleuse. Un peu comme vous aujourd'hui en traquant ce tueur Mademoiselle Granger.
Hermione fut surprise et tira le bras de Luc.
- Le capitaine lui a dit ? demanda-t-elle à voix basse.
- Non, pas besoin. Madame Maxime est l'une des meilleures legilimens du pays. C'est pour ça qu'elle sait et pour mon infiltration et pour ta mission.
- Ok...
" N'empêche que j'aurai voulu le savoir avant. Luc aurait été sélectionné par la coupe selon elle? Je me demande si il aurait été aussi doué que les autres ; Viktor, Fleur et Cédric étaient vraiment doués. Et est ce qu'il m'aurait plus impressionné que Viktor?"
- Cela ne fait aucun doute, fit Madame Maxime. Bertier aurait largement surpassé la métamorphose à moitié ratée de Monsieur Krum et il aurait passé les dragons par un de ses sortilèges illusoires où il excellait également.
- De quoi vous parlez?
- De rien, fit Hermione gênée et essayant de ne plus penser à rien.
Hermione trouvait cela assez agaçant, elle n'avait pas trop pratiqué la legilimencie, cela s'apparentait un peu à un viol des pensées selon son point de vue.
- Après avoir parlé au professeur Flamel, je pense qu'Enselme sera très content de vous revoir.
- J'y passerai Madame la directrice.
- Enselme? demanda Hermione.
- Enselme Bernier, le professeur de métamorphose.
- Ho d'accord.
C'était en fait évident que le professeur de métamorphose pour un élève doué dans cette matière, aie un certain plaisir à le revoir. Arrivés devant une classe, Madame Maxime s'adressa aux enquêteurs.
- Le cours va bientôt finir, patientez ici.
- Bien Madame.
Olympe Maxime saisit l'occasion de s'en aller et ils patientèrent silencieusement, quelques minutes à peine en réalité, quand la porte s'ouvrit laissant partir un groupe d'une vingtaine d'élèves tous vêtus des même robes de sorciers. Hermione eut l'occasion de remarquer que sur le cœur des élèves figuraient à la fois une rose et sur d'autres des ronces, sans aucun doute les blasons des deux maisons. Hermione remarquait surtout les regards circonspects sur les deux enquêteurs et les regards des adolescents sur sa propre personne, avant d'être remis à l'ordre par une jeune fille qui devait occuper le poste de préfète et leur intimant un certain respect envers les femmes. Hermione se mit à rougir et fut observée par Luc.
- Un nouveau fantasme pour une jeunesse aux hormones en ébullition.
- Non mais oh... Ça suffit.
- Ça va je rigole, mais je comprends...
- Quoi? Tu comprends ?
- Désolé, un petit peu d'humour, allez le dernier vient de sortir.
Hermione légèrement surprise et ne sachant pas réellement si c'était de l'humour ou un compliment maladroit, le suivit dans la classe et découvrit la différence entre les classes de Poudlard et celles de Beauxbâtons: à Poudlard, les classes étaient assez vieillottes et souvent une simple succession de bancs tout aussi âgés, ici à l'inverse, cela ressemblait à de petits auditoriums en hémisphères et équipés de banc individuels dans lesquels on se glissait pour s'installer. Le professeur Flamel était à son bureau et arborait une longue barbe blanche ainsi qu'une chevelure aussi longue et de la même couleur. Ses yeux noisettes dissimulés derrière une petite paire de lunettes accusaient clairement les années.
- Professeur Flamel?
- Oui ?
- Luc Bertier de...
- Vous avez manqué mon cours.
- P... Pardon ?
- Le cours est fini et en plus je n'ai pas reçu votre devoir.
- Je ne suis plus élève.
- Non mes lèvres vont bien.
- Je ne suis plus élève, fit Luc plus fort.
- Ho... d'accord.
- Je voulais votre avis sur un parchemin.
- Ha bon mais c'est Monsieur Martinez qui a un chien.
- UN PARCHEMIN !
Hermione était assez désolée de voir l'état du professeur. Binns était peut-être un professeur chiant à mourir, c'était le cas de le dire, mais Flamel était limite sénile.
- Je peux vous aider ? fit une voix féminine.
Les deux enquêteurs se tournèrent et Hermione découvrit une femme âgée et encore assez digne.
- Professeur Flamel, fit Luc. Désolé d'hausser la voix.
- Mon époux n'est plus aussi alerte qu'avant. Madame Maxime m'a prévenue, vous devez être Mademoiselle Granger.
" Autant pour la discrétion, merci Madame Maxime".
- Oui, je suis navrée Madame Flamel, cette situation est un peu notre faute...
- Ta faute ?
- Je t'expliquerai...
- Ce n'est que la normalité, nous avons largement vécu plus que notre temps mais mon époux m'avait laissé plus de doses pour tenir. Maintenant cependant je vais également dépérir mais ce n'est que le cycle normal d'une vie. Ne vous en veuillez pas. Que peut faire mon mari pour vous?
- Nous aimerions une traduction du texte alchimique d'un parchemin, fit Bertier.
- Alchimique? demanda Nicolas Flamel.
Hermione fut surprise, il était sourd mais très intéressé selon les mots. D'ailleurs Luc eut à peine le temps de sortir le parchemin que Flamel l'avait saisit pour se jeter dans sa bibliothèque.
- Bon... fit Pernelle, il va vous traduire cela, je pense que cela ne prendra pas trop de temps. Mais il ne sera plus de bonne compagnie, repassez dans une heure environ. Vous avez peut-être des gens à voir.
Luc et Hermione prirent congé et tandis que Luc l'emmenait vers les classes de métamorphose, Hermione lui expliqua sa première année.
- Et la pierre fut détruite, conclut-elle.
- Tes amis s'en sont bien sortis grâce à toi. J'avoue que l'énigme de potions est assez intriguante. Beaucoup de sorciers doués n'ont aucune logique et seraient restés coincés. De la pure logique. Quoi?
Hermione s'était figée, se rappelant alors qu'il venait presque de prononcer la même phrase qu'elle à l'époque, et le regarda bizarrement. Il était donc à ce point là réactif ? Il réfléchissait comme elle. C'était étonnant et intriguant.
- J'avais dit la même chose à Ron et Harry.
- Ha... et ça change quoi ?
- Rien... c'est juste surprenant...
- En quoi ?
- En rien... laisse tomber.
- Ok... bah tiens c'est là, fit il en frappant à une porte. Professeur Bernier?
- Oui?
Il s'agissait d'un homme replet mais encore agile à sa façon de se déplacer.
- Monsieur Bertier? Quel plaisir de vous revoir. Mon meilleur élève. Mademoiselle... euh...
- Grangé, fit elle. Enchantée de vous connaître.
- Grangé? Euh... un lie avec Antoine Grangé?
- Non professeur, fit Luc, mon équipière est Britannique, un programme d'échange de méthode entre Angleterre et France, elle apprends nos méthodes d'enquêtes.
- Bienvenue à Beauxbâtons alors.
Hermione fut surprise de la vitesse de réaction de Luc, mais il avait dû préparer le mensonge depuis un moment.
- Des premières années ? demanda Luc.
- Et oui... l'allumette en aiguille, toujours un grand moment.
- Ils sont pas encore très au point.
Luc passait entre les bancs et observait le travail des premières années. Hermione pendant ce temps là discutaient discrètement avec le professeur.
- Sachez que votre équipier avait un don.
- Ha oui? Il m'en a un peu parlé.
- Si vous saviez, il arrivait au début de chaque année après avoir potassé ses livres durant l'été, parfois je le voyais même assis sur les rebords de fenêtre pour étudier. Il était assez seul puis un jour il a réussi à nouer des liens en aidant ses condisciples à réviser, surtout Mademoiselle Delacour et sa petite bande dissipée. Attendez, fit il en agitant da baguette.
Le professeur fit apparaître une photo, celle de Luc qui tenait l'épaule de Fleur autour de toute une petite bande. Luc tenait dans la main une petite coupe.
- Quidditch ? demanda Hermione.
- Ho non, Bertier n'y prête pas grand intérêt, club de duel, un vrai champion. Mademoiselle Delacour finissait toujours seconde. Elle en enrageait presque. J'aurais voulu voir Monsieur Bertier au Tournoi des Trois Sorciers, mais ce jeune homme a préféré servir son pays, selon ce que m'a rapporté la directrice.
Hermione regardait alors Luc, l'imaginant potasser seul ses devoirs, étudier en bibliothèque, rester loin des autres. Elle se surprit à l'imaginer aisément, pour la bonne raison qu'elle était assez identique à l'époque, peu d'amis et bonne élève. Puis elle se demandait ses résultats lors du Tournoi, l'imaginant survoler la compétition et se dire qu'il avait eu raison de ne pas faire sa septième année. Elle venait d'imaginer le pire, Luc dans le labyrinthe, finissant premier et devant faire face à Voldemort et peut-être y perdre la vie... C'était presque un soulagement en fait. Et c'était surprenant. Elle avait un peu peur pour lui, sans doute à force de passer son temps avec lui, et créant un lien naturel.
- Et votre travail Bertier? Il vous plaît toujours ?
- Toujours professeur. Et le petit sortilège de mimétisme que vous m'aviez appris en cinquième année m'a bien servi.
- Cinquième année ? fit Hermione surprise.
- Oui, il me demandait des cours particuliers, c'était même surprenant. Mais j'avais voulu lui apprendre autre chose mais il ne le réussissait pas très bien.
- En même temps un sortilège protéiforme en cinquième année était bien trop complexe non? fit Bertier.
" Un sortilège protéiforme hein? J'ai gagné Luc, moi je l'ai réussi..."
- C'est possible mais compliqué, fit Hermione.
- Non... tu as...
- Et oui! Désolée Luc.
- Vous aviez réussi Mademoiselle ? Mais vous auriez dû venir à Beauxbâtons. Vous auriez fait un magnifique duo de métamorphose.
- Nous n'aurions pas été dans la même classe, fit Hermione rougissante.
Luc remarqua clairement qu'elle rougissait aux compliments des professeurs et elle lui sourit bêtement, elle adorait en réalité cette reconnaissance, c'était un plus pour une née moldue.
- Bon, je pense que le Professeur Flamel a dû avancer, dit Luc.
- Allons y. Ce fut un plaisir professeur.
- Pour moi également, Mademoiselle.
Hermione et Luc reprirent le chemin de la classe de Flamel et elle ne pouvait s'empêcher de s'imaginer ici. Sa scolarité n'aurait aucunement été marquée par toutes ces aventures mais elle aurait sans doute eu des résultats impressionnants.
- Hermione Granger à Beauxbâtons, fit Luc. Cela aurait été intéressant en effet.
- T'es bête.
- Pourquoi ?
- Tu crois qu'on serait devenu amis?
- Qui sait ? Après tout, les élèves ici se font un devoir d'aider les plus jeunes et vu tes talents, je t'aurai remarquée.
Hermione n'eût pas le temps de relever qu'ils revinrent dans la classe de Flamel qui était transformée en immense chantier. Luc avisa Pernelle Flamel et s'adressa à elle.
- Le professeur s'en sort?
- Je ne l'ai pas vu aussi excité depuis longtemps. Vous le faites plus rajeunir que la pierre, fit elle amusée.
- Étonnant, étonnant, fit Nicolas Flamel dans son coin.
- Il a fini? demanda Hermione.
- Presque je pense, vu sa tête.
- Haha... ha non... mais si... peut-être...
- Patientons un peu, fit Luc.
Hermione regarda alors avec énormément d'amusement Nicolas Flamel s'affairer sans discontinuer dans la pièce, volant d'un dictionnaire à un autre, d'un parchemin à sa plume pour corriger des informations, regarder toujours très étonné le dessin central. Puis reprendre sa besogne. Hermione était assez impressionnée de voir travailler cette sommité dans son domaine, il était vraiment une légende de l'alchimie.
- Alors ça c'est quand même incroyable. On dirait le travail d'un confrère.
- Qui mon époux ? demanda Pernelle.
- Charles Poitiers. Vous savez le Parisien qui m'écrivait souvent.
- Ha oui, Monsieur Poitiers.
Étant donné que les deux enquêteurs la regardaient intrigués celle-ci leur expliqua.
- Depuis près de vingt-cinq ans mon époux correspond avec Monsieur Poitiers, il semble également très doué dans ce domaine étudiant des écrits plus qu'anciens. Bien plus que nous, fit elle dans un rire, autant dire aussi poussiéreux.
Hermione ne put que rire face à l'humour de cette femme plusieurs fois centenaire, mais quelque chose se mettait en place dans son cerveau.
- Ils correspondaient ensemble des semaines durant, participant aux recherches l'un de l'autre. Il lui arrivait presque de m'oublier dans un coin, fit elle souriante. Il disait toujours que si Charles Poitiers s'en donnait la peine, il pourrait créer une nouvelle pierre philosophale. Il s'étaient rencontrés une seule fois, il y a vingt ans d'ailleurs.
- Impressionnant, fit Hermione. Poitiers... Poitiers. Ça me rappelle quelque chose.
- C'est aussi une ville, fit Luc. Dans la Vienne. Elle est célèbre. Un moldu y a repoussé les invasions sarrasi...
- Sarrasines, fit Pernelle.
- Ho Merlin... fit Luc.
- Quoi? demanda Hermione.
- Poitiers... Les invasions...
- J'ai dû lire ça dans des livres moldus, fit Hermione. Charles Martel les a repoussé non? Charles Martel!
- C'est mince...
- Charles Martel, Maxime Martel, Charles Poitiers et l'alchimie, fit Hermione.
- Possible, logique... Et ça confirmerait son domaine.
- Pourriez vous m'éclairer? demanda Pernelle.
- Nous enquêtons sur la mort d'un homme qui s'appelle Maxime Martel. Et il pourrait être alchimiste... ce serait un pseudonyme.
- Très intelligent comme pseudonyme, peu de sorciers connaissent l'histoire moldue.
- Luc tu as une photo?
Luc fit simplement apparaître la photo par un sortilège avant de s'approcher de Nicolas Flamel.
- Professeur... Vous connaissez cet homme ?
- Ho Charles Poitiers, vous le connaissez ?
- On avait raison, fit Hermione surexcitée. C'était lui l'alchimiste du groupe.
- Du groupe? fit Pernelle.
- Ce serait trop long à vous expli...
- EURÊKA... J'ai réussi, fit Nicolas Flamel.
Et autant le dire, l'intérêt des deux enquêteurs s'était totalement décuplé.
- Ce que vous avez apporté est réellement incroyable, je n'arrive toujours pas à y croire mais je suis effaré.
- Nicolas, ne gardez pas cela pour vous.
- Oui, ceci est un document rédigé par le Roi Salomon lui-même, celui des récits bibliques moldus, en neuf cents avant Jésus-Christ. Si vous ne le saviez pas il était sorcier.
- Mais encore, fit Luc plus intéressé par le contenu.
- Ceci est une découverte majeure, à l'époque de la sorcellerie antique, on pensait qu'il était possible d'invoquer des êtres d'un autre plan d'existence que le notre.
- D'un autre plan? demanda Hermione.
- Oui, les moldus appellent cela des démons. Naturellement il s'agissait en réalité d'entités magiques mais cela ne nous intéresse qu'à moitié. Ceci est le plan de fabrication d'un moyen de capture. Cela s'appelle le Coffre de Salomon.
- Pour capturer quoi ? demanda Luc.
- C'est surtout pour conserver enfermé quelque chose. Quelque chose de trop dangereux pour rester libre.
- Vous avez traduit l'intégralité du texte?
- Oui. Vous voulez la traduction ?
- Nicolas, ne faîtes pas l'enfant.
- Bon, voici le contenu : "L'obscurisation planant depuis des siècles en son sein voit apparaître l'occultation de la bonté".
- Une seconde... fit Luc. C'est une traduction cela?
- Oui, fit Flamel. C'est un texte ancien pas une recette. Bon: " L'être impur préférant cesser de choyer l'âme, par usage occulte, oublie ses sentiments".
Hermione était assez dubitative. Ce texte ressemblait plus à une légende qu'à une piste.
- " Oubliant désir, espoir, amour et rêves; l'obscurité l'oblige à dégénérer. Pour combler le vide et enfermer les damnés, septs prêtres unissant âmes et esprits créèrent sur ordre du Roi le Coffre."
Hermione regardait Luc qui semblait avoir envie de se taper la tête sur la table devant lui.
- "Nourrir le coffre au cœur duquel la noirceur sombre demande sacrifice et rigueur tant que les ténèbres vivent en son sein. À jamais liés, veilleurs gardent espoir mais le démon ayant cédé aux bas instincts devint inaliénable. Réunis plus fort à nouveau mais plus faible aussi." C'est tout.
- C'est tout? demanda Luc.
- Je confirme, cela est réellement plus une légende.
C'était autant le dire loin de ce qu'ils espéraient en réalité et c'était donc avec un certain dépit qu'ils reprirent le parchemin. Heureusement qu'ils avaient au moins découvert quelque chose sur Martel car sinon cela aurait réellement servi à peu de chose de se rendre dans cette école mais avant de partir, Pernelle les remercia n'ayant pas vu son mari aussi enjoué depuis un bon moment. Hermione était tout de même contente d'avoir pu au moins découvrir Beauxbâtons et un peu plus de choses sur son équipier que le corps professoral de l'école semblait tenir tout de même en assez haute estime. Mais alors qu'ils s'apprêtaient à quitter l'enceinte magique de l'école, Madame Maxime s'adressa à eux, en particulier à Hermione.
- Mademoiselle Granger, puis-je vous dire quelques mots ?
- Oui, bien sûr.
La directrice la prit un peu à l'écart pour s'adresser à elle d'une manière qui allait s'avérer énigmatique.
- Mademoiselle Granger, j'aimerais vous conseiller de laisser tomber vos doutes et appréhensions.
- Je vous demande pardon ?
- J'aimerais vous rappeller que si l'hésitation est mère de sûreté, elle laisse souvent des déceptions.
- Je ne comprends toujours pas...
- Vous comprendrez le moment venu, mais laissez libre court à l'instinct. Ce n'est parfois pas si mauvais. Bonne continuation.
Hermione essayait toujours de comprendre ce message assez énigmatique quand ils sortirent de l'enceinte magique de l'école avant de transplanner vers Paris. L'enquête n'avait fait qu'un seul petit pas mais c'était toujours ça...
