Et voilà, dernière publication de cette fic : petit épilogue. Savourez-le bien !

Un ÉNORME merci à Neliia pour avoir effectué la bêta lecture de cette histoire :)


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Épilogue

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"Vous allez mieux."

C'était un constat prononcé non sans soulagement.

Le Roi Lycaon hocha la tête. Il était assis dans un fauteuil, dans ses appartements privés. Son torse nu était bandé d'un cataplasme réalisé par les soins d'Alan Deaton, lui permettant de l'aider dans sa guérison. La plupart de ses plaies s'étaient refermées, mais celle infligée sur son torse était encore en cours de cicatrisation, tant elle avait été profonde et sérieuse.

Le Roi Hale dévisagea son époux face à lui, lequel se tenait debout, à quelques pas de là. Il demanda d'une voix grave et concernée.

"Et vous ?"

Ses sourcils épais étaient légèrement froncés, et le regard qu'il posait sur son mari semblait incertain, presque soucieux.

Le Roi Stiles soupira et détourna légèrement les yeux alors que ses épaules s'affaissaient naturellement.

"Je crois." se permit-il simplement de répondre.

Les événements de ces dernières heures avaient été d'une intensité sans nom. Lorsque le Roi Stilinski repensait au regard cruel et avide de Peter Hale posé sur lui, à la peur qu'il avait ressentie alors, il se sentait soulagé d'avoir pu survivre. Il voyait à nouveau des bribes du combat qui avait eu lieu entre les deux loups-garous : une bataille violente, animale, à laquelle il n'aurait eu aucune chance de s'en sortir. Il revoyait avec précision la nuque du bêta être arrachée, son corps tomber au sol, et la mare de sang se répandant comme s'il n'avait été qu'un vulgaire gibier.

Le silence régna quelques instants dans la pièce et les deux hommes se regardèrent à nouveau. Le Roi Stiles contempla le visage de son mari qui avait repris de sa prestance naturelle ; il était tant soulagé que le Lycaon soit toujours en vie, avec lui, avec eux.

Le jeune souverain inspira lentement, comme pour se donner du courage, puis reprit la parole avec calme.

"Je comprendrais que vous m'en vouliez de vous avoir caché mes échanges avec Chris Argent... Mais les coupables des meurtres de votre famille ont été arrêtés."

Derek Hale lui lança d'abord un regard froid, puis il soupira lourdement alors que ses yeux se détournaient pour fixer un point vide dans la pièce. Il se leva et se dirigea vers une des armoires, l'ouvrant pour en sortir une chemise qu'il commença à enfiler. Le Roi Stiles ne le quitta pas du regard, posant ses prunelles sur le torse bandé, puis le dos légèrement hâlé.

"Comment pourrais-je maintenant condamner toute une famille, pour l'acte d'une seule personne ?" soupira le lycanthrope, retenant une grimace alors que son épaule meurtrie se faisait douloureuse lorsqu'il passa son bras dans l'habit.

Sa mâchoire se contractait et un voile de dépit passa devant ses yeux. Le Roi Stiles le fixa quelques instants, l'air compatissant.

"Je suis désolé de la traîtrise de votre oncle." déclara-t-il avec sincérité.

Le Lycaon secoua légèrement la tête, agacé, alors qu'il nouait les boutons de sa chemise en lin.

"Vous n'y êtes pour rien." déclara-t-il. "Il m'a manipulé. Il a tué votre père." continua-t-il froidement. Ces mots lui coûtaient énormément. Ces mots étaient durs à formuler à voix haute, car ils le blessaient sans pareil. Peter Hale avait été sa famille, sa meute, son bras droit.

Le souverain d'Atracie hocha la tête. Il ne pouvait imaginer la souffrance de son époux. Il ne pouvait imaginer avoir perdu la majorité des siens et être ainsi trahi par un des seuls proches restant.

Le silence régna quelques instants dans la pièce. Derek Hale avait terminé de boutonner sa chemise bouffante, et avait rentré cette dernière dans son pantalon.

Il se tourna vers son époux.

"Jennifer a été capturée." déclara-t-il simplement, sans émotion.

Le Roi Stilinski baissa les yeux. À la mention de la jeune femme, il sentit un élan de colère et d'amertume monter à nouveau en lui. Pourtant, le sentiment était bien différent de celui qu'il avait à l'égard de Peter Hale.

"Vous l'appréciez également." déclara-t-il à voix basse. Son regard se faisait fuyant, et il n'osa pas confronter le Lycaon.

Derek Hale le fixa quelques instants.

Le silence s'installant, le Roi Stiles releva lentement son visage, posant ses yeux sur le visage carré de son époux. Ils se contemplèrent ainsi, en silence, et le regard de l'humain semblait fané.

"Vous êtes mon époux." déclara le Lycaon pour toute réponse, ses prunelles hétérochromes ne quittant pas celles du jeune homme face à lui.

Une pression dans la poitrine du souverain naquit à ces mots : pesante, émouvante, douloureuse aussi.

"Vous ne m'avez pas choisi." répondit-il simplement, comme si c'était la seule réponse qui importait, lui lançant un regard las et désolé.

Derek Hale s'avança vers lui et le Roi Stiles ne le quitta pas de yeux. Le Lycaon se rapprocha, jusqu'à s'arrêter à une dizaine de centimètres de distance. Il leva lentement une de ses mains, et vint la poser sur la joue de l'humain, l'effleurant doucement. Ses doigts glissèrent sur la peau blanche, douce, effleurant quelques grains de beauté sur leur passage.

Le jeune Stilinski sentit les battements de son cœur s'accélérer alors que le Lycaon plongeait son regard pénétrant dans ses orbes ambrés. L'alpha le fixait avec une intensité sans pareille, si bien qu'il s'y noya totalement ; il se sentait perdu, happé par la beauté et le charisme de celui qui était son époux.

"Peut être que si je vous avais connu, je vous aurais choisi." déclara le Lycaon. Sa voix était grave, légèrement basse et plus faible qu'à l'accoutumée. Ses doigts continuèrent de glisser sur la peau nacrée.

Le Roi Stiles fronça les sourcils, en proie à une vague d'émotions intenses. Il était touché par les mots de son époux. Sans réfléchir davantage, il franchit les derniers centimètres et vint poser ses lèvres contre celles du Lycaon, l'embrassant avec douceur et envie. Leurs bouches se pressèrent une première fois, puis une deuxième, légèrement plus appuyée où leurs lèvres se happèrent, se goûtant lentement. Ils ne s'étaient pas embrassés depuis tellement de temps. Le Roi Stiles fut enivré alors qu'il sentait la main autour de sa joue se faire plus ferme, et qu'une autre s'enroulait autour de sa taille sans hésitation. Il déposa une main dans le cou du Lycaon, remontant ses doigts derrière son oreille, jusqu'à la racine de ses cheveux. Leurs lèvres s'embrassaient et leurs souffles lents se mêlaient. Cela n'avait rien à voir avec les baisers qu'ils avaient échangés auparavant. Cela ressemblait davantage à un désir, réel, animé par des sentiments incontrôlables. Cela naissait d'une envie qui provenait de tous leurs membres, de toutes leurs pensées. Lentement, ils se détachèrent et leurs regards plongèrent l'un dans l'autre. Ils se sondèrent quelques instants, leurs bouches séparées par quelques centimètres d'un vide difficilement supportable, et le Lycaon franchit à nouveau cet espace, collant ses lèvres à celles de son époux. Il les happa, capturant sa bouche avec davantage d'avidité. Sa deuxième main rejoignit sa consœur sur le visage parfait, l'encerclant pour mieux l'embrasser d'un désir palpable. Le Roi Stiles soupira contre ses lèvres, et toutes ses barrières tombèrent. Toute pensée le quitta, et il se laissa se perdre dans les bras de l'homme qu'il avait épousé par obligation et dont il s'était pourtant épris. Le baiser s'approfondit, dans une douceur passionnée, lente et exquise. Il perdit pied, se délectant de la lenteur avec laquelle les secondes s'écoulèrent, ne pensant plus à rien qu'à son corps qui se faisait flottant, qu'à son palpitant qui chavirait dans sa poitrine.

Lorsqu'ils se décollèrent à nouveau, le Roi Stiles laissa sa tête se nicher contre le cou du Roi Lycaon. Ses yeux se fermèrent, et pour la première fois depuis longtemps, il se sentit apaisé, presque bien.

Les bras fermes et forts du lycanthrope s'enroulèrent autour de lui, le sécurisant davantage. Il s'y blottit, se laissant aller quelques instants, humant à plein poumon l'odeur boisée du loup-garou. La respiration du Hale était calme et régulière et il se laissa bercer par les mouvements du torse se gonflant et se dégonflant lentement. Son nez était plongé dans le creux du cou, humant l'odeur qui l'apaisait tant.

Le temps sembla s'arrêter quelques instants. Aucun d'eux ne souhaita troubler le silence et la quiétude du moment bien trop unique, bien trop rare et précieux. Ils n'avaient finalement pas besoin de mots pour arriver à se comprendre, pour s'apprivoiser l'un l'autre. Progressivement, ils découvraient qui ils étaient vraiment.

Le Roi Stiles inspira à nouveau à pleins poumons, lentement, se délectant de la fragrance qui produisait chez lui ce sentiment de sérénité, de félicité.

"Vous le faites souvent." déclara doucement la voix du Lycaon, faible, grave. Son torse avait vibré légèrement au son de sa voix.

Le Roi Stiles rouvrit les yeux doucement et fronça les sourcils, incertain.

"Quoi... ?" demanda-t-il à voix basse, sa tête toujours dans le creux du cou de son époux.

"Humer mon odeur." déclara simplement le lycanthrope, et il inclina légèrement son visage, sa joue effleurant les cheveux fins de son mari.

Le Roi Mieczysław ne dit rien pendant de longues secondes, réfléchissant aux propos du Lycaon. Cette odeur était particulière.

"Je…" commença-t-il finalement, alors qu'il cherchait ses mots en même temps qu'il considérait la question. "Votre odeur est… C'est comme si je pouvais non seulement la sentir, mais aussi la ressentir." déclara-t-il, sans savoir réellement comment exprimer ses pensées. Il ne savait comment poser des mots sur ce qui l'habitait à chaque fois qu'il sentait cette fragrance.

Le Roi Hale hocha la tête faiblement, son avant-bras remonta dans le dos de son époux et sa main glissa longuement sur sa colonne vertébrale.

"Je sais." déclara-t-il, comme s'il souhaitait répondre finalement à sa place. "Je le sens aussi. C'est l'odeur de notre famille." expliqua-t-il simplement. L'imprégnation de leur union se faisait progressivement, avec succès.

Ils s'étaient unis, ils s'étaient liés : un loup-garou et un humain.

Ils formaient une nouvelle meute atypique, une nouvelle famille, et leurs odeurs s'étaient naturellement mêlées.

Le Roi Stiles esquissa un sourire faible, presque indiscernable. Ses bras s'enroulèrent autour du Lycaon et il le serra suffisamment pour que cela ait un sens particulier. Le Lycaon reposa son visage contre ses cheveux, les effleurant avec sa bouche, son nez. Il respira lui aussi les douces effluves de cette odeur et referma à son tour son étreinte.

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Fin

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Voilà, c'est la fin de cette histoire.

Merci de l'avoir lue, j'espère que ça vous a plu.

C'était mon premier essai en médiéval fantastique (peut-être pas le dernier, qui sait...).

Prochainement, je vais avancer sur la suite de la fic « Dear Santa » co-écrite avec Ryopini. Puis je compte bien avancer aussi sur la traduction de « Cornerstone ».

Merci d'avance pour vos reviews finales sur L'Union : je suis impatiente d'avoir votre mot de la fin ! Bises.