Heyyyyaaaa !

Bonjour, bonsoir, les ami(e)s et bonne année à vous toutes(tous) ! J'espère que cette année sera mieux que celle passée, car il s'en est passé des évènements :0. Je vous souhaite plein de bonnes choses et plein d'amour JotaKak !

Je suis désolé, je suis assez en retard, mais tout va bien maintenant ! J'espère sincèrement que ce chapitre vous plaira, comme pour tous les autres, j'ai pris énormément de plaisir à l'écrire. ^^ Cela étant dit, je n'aurais jamais imaginé qu'il soit aussi long XD. J'ai commencé avec une toute petite liste de choses à écrire, et j'ai terminé avec un long chapitre. Le suivant sera moins long avec sans doute un changement de rythme, enfin je vais essayer. :D

J'ai enfin réussi à planifier tout le reste de l'histoire, donc accrochez vous bien. Le rating M devrait pas tarder à arriver. :3 D'ici un ou deux chapitres, et durera pendant un petit moment. Vous serez prévenus et vous vous en douterez de toute manière.

Sinon, concernant les autres fanfictions : j'ai les corrections des deux premiers chapitres de Pieces, je dois encore les corriger (toujours pas fait) et il me reste un truc à faire pour mon TS et je le publie. Je travaille également activement sur une nouvelle série, que je pense que je sortirais après celle-ci ou bien quand elle sera presque terminée, je ne vous en dis pas plus pour l'instant :3.

Pour ce chapitre-là, le titre sera "Divenire" de Ludovico Einaudi (Devenir en italien) pour un élément ou deux en particulier que vous verrez dans ce chapitre et dans le prochain :3.

Je vous souhaite une bonne (longue) lecture et vous dis à tout à l'heure ! :D

Amusez-vous bien.


Chapitre 8 : Divenire

10 août 1989

Hôpital de Tokyo

On y était enfin. Aujourd'hui débutait la première session du jeune Kakyoin de renforcement musculaire afin d'apprendre à remarcher. Il fallait croire qu'il était impatient, attendant dans la salle d'attente du grand bâtiment qui appartenait au centre de rééducation, dans l'hôpital. Qui plus est, plus tôt dans la matinée, il eut une séance avec son neuropsychologue et tout s'était merveilleusement bien passé. Il faisait d'énormes progrès en matière de réhabilitation, au point d'en étonner la section scientifique qui ne tardait pas à l'appeler le « Prodige ». Tout le monde le disait, c'était bien la première fois qu'un patient s'en remettait aussi vite. Intérieurement, et il ne l'exprima pas, le roux était plutôt content de voir qu'il arrivait à revirer les diagnostics mauvais. Il montrait ainsi à tout le monde sa combativité, sa force, et qu'ils étaient obligés d'admettre qu'il en avait dans le coffre !

Son moral s'était donc remis, devenant plus souriant et courtois avec tout le monde qu'il ne l'était lorsque ça n'allait pas. Ses parents lui avaient même demandé ce qui s'était passé, mais le roux ne leur répondit pas, préférant taire cet évènement à jamais. Il n'aimait vraiment pas paraitre mal ou faible devant les autres.

Deux infirmières étaient donc entrées dans sa chambre et l'avaient mis sur un fauteuil roulant -non sans la provocation de douleurs vives dans le dos-. Il prit sa série de médicaments, ayant pour but de diminuer les douleurs, supprimer les effets que provoquaient les antidouleurs et autres trucs dont il avait oublié. Avec ça, elles en profitaient pour débrancher certaines machines et les ranger. Dorénavant, il n'aura plus qu'une machine lui distribuant de la morphine, mais à dose plus faible, un électrocardiogramme, et quelques autres petites machines sans trop d'importance. Fini le respirateur artificiel au niveau de son nez, des perfusions de sang et glucose ! Il allait aussi pouvoir remanger doucement mais enfin normalement.

Lorsqu'il mit le nez dehors pour la première fois depuis son coma, la lumière du jour l'éblouissait. Bizarre, pensait-il, car les semaines précédentes, l'éclat solaire ne lui faisait rien, quand bien même les rayons UV passaient à travers la fenêtre. Ça ne changeait rien, non ? C'était du pareil au même, que ça soit dehors ou dedans ! Mais là, c'en était dérangeant. Il avait vraiment mal aux yeux et ne pouvait s'empêcher de les fermer. Il essaya tout de même de se concentrer sur autre chose, la sensation du vent sur sa peau par exemple. C'était si agréable, et donc il décida de focaliser son esprit dessus, oubliant et cachant le reste aux infirmières. Ce n'était sans doute rien.
Tandis que les soignantes rallaient à propos du parcours, Kakyoin ne s'en plaignait pas. Ils étaient obligés de traverser la cour intérieure de l'hôpital, où plein de patients s'y promenaient, pour se rendre sur leur lieu de destination. Donc pour la première fois depuis des mois, il put également croiser d'autres patients et visiteurs, qui prenaient de leur bon temps en cette chaleur d'été. Il était important d'admettre pour lui que de ressentir la chaleur écrasante et humide du Japon était quelque peu réjouissant, même si cela signifiait être avec des inconnus, ce qu'il n'appréciait guère.
Il espérait que maintenant, il pourra plus souvent sortir, prendre l'air. En plus, il avait souvent froid à force de rester allongé alors qu'il faisait chaud !

Il éprouva de la joie lorsqu'il repensait à quelque chose : c'était le déroulé de cette séance. Si elle se passait bien, il allait pouvoir changer de chambre, intégrant exclusivement le centre de rééducation, même s'il sera suivi par la même équipe médicale. Mais au moins, avec les automates en moins, il aura une chambre plus grande pour y mettre une télé, celle de M. Joestar donnée plus tôt avait fini par être récupérée, prenant trop de place. Il espérait faire venir celle de sa chambre, dans sa maison, afin qu'il puisse jouer aux jeux vidéo et suivre les combats de sumo. Il en avait déjà raté deux, et il ne puit en rater davantage.

Des aides-soignants virent récupérer le roux et l'emmenaient dans une grande salle avec des tapis, des barres parallèles et pleins de machines, où il fut le seul patient à y être. Dedans, une équipe d'infirmiers et kinésithérapeutes l'attendaient, l'accueillant avec un sourire et prenant la relève sur les deux soignants qui l'avaient cherché. Au début, il passa un interrogatoire -c'est lui qui avait décidé d'utiliser ce terme vue la manière dont les questions étaient posées-, puis quelques tests. Tout se passa pour le mieux, les choses sérieuses pouvaient enfin commencer.

Installé par terre, sur le dos, un des spécialistes lui firent lever une jambe doucement, sa main droite dans le creux de son genou, l'autre sur le talon. Tout en effectuant le mouvement, il lui demandait s'il avait mal, ce à quoi le roux lui répondit « Non », jusqu'à un certain point. La jambe n'était qu'à la moitié du trajet possible qu'un mouvement de jambe pouvait faire, constata le kiné. Mais cela n'était pas très étonnant, ce n'était que le début. Il refit exactement la même chose avec l'autre jambe, donnant le même résultat. Puis, il massait tour à tour les deux membres, ayant pour but de détendre un peu les muscles.
Une fois fait, ils passèrent une série d'étirements et débuta la musculation au niveau des bras. C'est à ce moment que Kakyoin se rendit compte d'une chose. Tandis qu'il se regarda dans l'un des nombreux miroirs de la salle, il se vit enfin en entier. Il remarqua alors qu'il avait réellement perdu beaucoup. En muscles, en tout. Il avait minci, il observa ses joues creuses et les bras maintenant devenus fins, son poids devant avoisiner les 53 kg, au lieu de ses 64 kg habituels. C'en était flippant. Bien sûr, il refusa de regarder sa cicatrice fraichement refermée. Il espéra ne jamais la voir. Ses cheveux avaient également poussé. Il réfléchit sur la situation les concernant : devait-il envisager de les couper ou de les laisser pousser ? Bonne question, hm…

La séance se termina, sur une note positive, ne manqua pas de dire l'un des kinés. Chose promise, chose due, il put intégrer dès le soir même sa nouvelle chambre. On lui avait expliqué pourquoi ils en attendaient beaucoup de cette session. C'était uniquement de savoir s'il allait avoir besoin d'une opération d'urgence, si jamais sa santé se dégradait à la suite d'un effort fourni. Mais non, et le roux était encore fier de leur avoir cloué le bec. Désormais, il aura très régulièrement des séances de rééducation, sa session avec son neuropsychologue augmentant également.
Cette journée s'acheva donc, sans qu'il n'ait pu recevoir la visite ni de Jotaro ni de ses parents. Heureusement pour lui, car il passa le reste du temps récupérant de ses efforts. Ses problèmes de somnolence étaient en corrélation avec la morphine et les nombreux médicaments. Sans parler des examens qu'il devait encore faire régulièrement.

Le lendemain arriva sans encombre, l'artiste s'étant réveillé en pleine forme, malgré les douleurs encore et toujours présentes. Pourquoi étaient-elles toujours là d'ailleurs ? Kakyoin fouilla dans ses souvenirs, tentant de se rappeler de la conversation avec son médecin…. Mais rien ne revint. Tant pis, vu que ses parents étaient là, ce jour-là, il leur demandera dès qu'ils reviendront le voir.

12h, et on apporta son plateau repas accompagné de ses nombreux médicaments. Entre temps, il avait passé ses examens quotidiens, content d'être sorti un peu dehors -ressentant toujours la même gêne au niveau des yeux- tandis qu'il se rendit à la radiologie.
Alors qu'il s'apprêtait à manger, le téléphone sonna.

*DRIIIING DRIIING*

Il observa celui-ci avec stupeur. Mais qui pouvait donc bien l'appeler à cette heure-ci ? Peut-être Jotaro pour dire qu'il ne viendrait pas aujourd'hui ? Ce n'était pas son genre. Alors ses parents ? Le reste de sa famille ? Non, ce n'était pas logique. Sérieusement, il ne voyait pas du tout qui cela pourrait-il être.

*DRIIIIING DR-*

« Allô ? Parla le roux après avoir décroché, non sans difficulté.

- Mon petit Kakyoin ! Comme ça me fait plaisir d'entendre ta voix ! S'exclama une voix qui appartenait à une personne un peu âgée mais qui ne manquait pas de peps. Kakyoin reconnut immédiatement cette voix, et sourit jusqu'aux oreilles.

- M. Joestar ! Le plaisir est partagé.

- Hahaha, on dirait que ta politesse ne t'a pas abandonné. Et je vois que tu arrives mieux à t'exprimer !

- En effet. Seulement les phrases courtes, il était vrai qu'il avait encore fait des progrès. Il n'arrivait pas à organiser ses pensées comme il le voulait, mais c'était mieux qu'il y a quelques jours, ça oui.

- Je suis content pour toi. Je t'appelais pour avoir un peu de nouvelles. Comment vas-tu ? Le grand-père sourit tendrement. Derrière lui, et si Kakyoin y prêtait bien l'oreille, on pouvait entendre Suzie qui parlait à Roses non loin.

- Je vais bien, merci-…, et ça recommence. Il fallait qu'il en parle pour que son cerveau lui joue des tours. Et vous ?

- Bien évidemment. Est-ce qu'on te traite bien, au moins, là-bas ? Tu ne manques de rien ?

- Oui, très bien, tout va bien ! Oh, vous savez quoi ? Je vais- remarcher ! J'ai commencé hier, déclarait le peintre, plus qu'enthousiaste.

- OH MY GOOOOOOOOD ! Ça, c'est notre Kakyoin ! Déjà rien qu'avec tes yeux, tu nous avais épaté mais alors là, chapeau ! S'écriait-il, sur le même ton que son interlocuteur, avant de soudainement diminuer, mais tu devrais prendre ton temps. Je sais tout ce dont tu es capable, Kakyoin, mais tu ne t'es réveillé du coma qu'il y a presque un mois. J'ai bien peur que tu aies une rechute à force de te mettre la pression comme tu le fais.

- … Ne vous inquiétez pas, assura le jeune homme après un temps de silence, attendri par la vigilance qu'il avait à son égard, je serais bien. Tout ira bien.

- HAHAHAHAHAHA ! C'est ce que j'adore chez toi ! Très bien, je choisis de te faire confiance à nouveau. Ce n'est pas comme si tu m'avais déjà déçu. Il repartit sur une tonalité plus douce, plus paternelle. Je te remercie d'être en vie, Kakyoin. Je n'aurais pas supporté de te voir mort… Jotaro ne l'aurait pas supporté. Il tient beaucoup à toi.

- … Hm… M-Merci, articula après s'être à nouveau tut. Il s'attendait tout mais pas à ça. Ah… Ah ! Attendez ! J'y pense que maintenant mais tout ça- ! Ça a un prix ! Mes parents ne m'en ont pas parlé ! Oh non… Il commença à culpabiliser. Comment avait-il fait pour ne pas s'en rendre compte plus tôt ? Toutes ces opérations, ainsi que son coma, ça a dû coûter un bras, même pour ses parents qui n'étaient pas riches, mais qui avaient un niveau de vie largement suffisant.

- Cesse donc de t'inquiéter. C'est nous, la famille Joestar ainsi que la Fondation Speedwagon qui prenons en charge les frais. Ta famille ne doit rien, et c'est non négociable. De toute façon, ils n'ont même pas essayé de négocier, pensa le vieux Joestar.

- Non, ça me gêne…. Je tiens à vous rembourser- plus tard.

- Permets moi d'insister, Kakyoin, sur le fait que tu n'as absolument pas besoin de faire tout ceci. C'est la moindre des choses. Tu nous as sauvé la vie, à ma fille, comme à Jotaro ou moi. Donc payer une ridicule petite facture n'est rien comparé à cela.

- …, Kakyoin ne dit rien à cela, n'ayant aucun contre-argument. Bien entendu, cela le touchait énormément, encore une fois, de se savoir important à leurs yeux, comme ils étaient aux siens. Attendez- vous me comprenez ? Il venait de remarquer qu'il parlait en japonais et que le plus vieux lui répondit dans cette même langue.

- Hahahah ! Surprise ! C'est une invention de la Fondation SPW. Elle me traduit et me dicte automatiquement ce que tu m'as dit et ce que j'ai à dire. C'est en attendant que tu aies retrouvé toutes tes capacités.

- Wow… Cette Fondation n'aura jamais cessé de me surprendre.

- Ce vieux loup, c'est grâce à lui tout cela, il pensa à son père de substitution, Speedwagon, qui n'avait cessé d'être là pour lui et Grandma Erina. Sans parler de son grand-père, Jonathan. C'était une autre époque.

- Hm… Kakyoin décida de ne pas poursuivre dans cette voie, sachant pertinemment que le vieux rusé n'allait pas lui répondre. Il décida donc de changer de sujet. M. Joestar… ? Comment est-ce que … DIO a été vaincu ? Depuis qu'il avait posé la question à Jotaro, il sentit que quelque chose tramait, mais impossible de mettre le doigt dessus. Il préféra donc poser la question au grand-père afin d'en avoir le cœur net.

- … Jotaro ne t'en a pas parlé ?

- Si, mais je veux entendre la vérité.

- Kakyoin, tu devrais régler ça plutôt avec lui. Lui seul a vaincu DIO après tout.

- Je ne suis pas faible ! Il l'avait presque crié. Même s'il était sur un autre continent, Joseph pouvait sentir que leur ami était énervé, les yeux montrant une colère et une fierté profonde, les sourcils froncés, la mâchoire serrée. Qu'est-ce qu-… Avec la colère, il n'arrivait plus à formuler des phrases correctement. -Vous me cachez… ?!

- … Je suis désolé de t'avoir blessé, ce n'était pas mon intention… Notre intention.

- N-Non, c'est à moi de m'excuser, se reprit vite le roux. Il soupira, évacuant sa colère et ravala sa fierté mal placée. Je n'aurais pas dû. Veuillez me pardonner.

- Non, je comprends que cela puisse t'énerver, tu cherches des explications après tout. Ecoute moi, mon petit Kakyoin, je préfère sincèrement que ça soit Jotaro qui te le dise, mais tout ce que je peux te dire, c'est qu'il a la même capacité que DIO.

- …Hein… ? Comment ça… ?

- Comme je t'ai dit, c'est tout ce que je peux te dire. Le reste, il est à voir avec lui directement. Enfin, si mon crétin-pas-si-crétin-que-ça de petit fils veut bien le faire, finit-il en rigolant. Tu le connais bien, il est peu bavard. Mais te connaissant, tu sauras t'y prendre !

- Ah bon ? Il retrouva le sourire en esquissant un doucement.

- Ouais crois moi, il parle plus avec toi qu'avec toutes les autres personnes qu'il avait fréquentées depuis.

- Oh… Son sourire s'étendit. Il n'y avait jamais prêté attention. Il y tâchera, la prochaine fois que son ami se pointera.

- Enfin… Avant que le roux ne puisse répondre, Joseph reprit la parole. Je te laisse, Kakyoin, il me semble qu'à cette heure-ci, c'est le repas. Profite bien, je te rappelle bientôt !

- Hm ! Merci M. Joestar, déclarait-il avant qu'il ne raccroche. »

Le regard fixé sur le combiné, il repensa une énième fois à Jotaro et ce fameux secret qu'il tentait désespérément de lui cacher. S'il pouvait réellement le faire parler comme le disait M. Joestar, alors il allait lui tirer les vers du nez ! Mais inutile de penser à ce genre de chose maintenant, l'appel du grand-père l'avait boosté. Sa voix était certes braillarde, mais elle ne manquait jamais d'énergie, surtout lorsqu'elle était accompagnée de celle de Polnareff. Reprenant son plateau repas, il mangeait ce qu'il pouvait manger, puis sortit son carnet de dessin. Nul besoin de préciser que le dialogue avec le manieur d'Hermit Purple le motiva pour dessiner quelque chose. Mais c'est alors qu'il tomba sur un dessin inachevé, se rendant compte que maintenant que c'était son ancien calepin qu'il tenait entre ses mains. Contemplant ce croquis, cela raviva quelque chose en lui. Un souvenir refit surface.

.

Le matin venait de se lever lorsque Kakyoin ouvrit les yeux. Face à la fenêtre, il était donc de dos à son colocataire du jour, qui n'était d'autre que Jotaro. L'autre homme semblait toujours pris dans les bras de Morphée, l'asiatique se redressa et en profita donc pour sortir son carnet de dessin puis réalisa sur le papier le décor qu'il avait en face de lui, en regardant par la fenêtre. C'était son moment préféré de la journée. Un moment de répit, cassant toute la tension de leur périple et du temps qui s'écoulait. Et Jotaro y était pour beaucoup. Des 4 hommes, celui-ci était l'homme le plus silencieux et agréable quand il dormait. Polnareff et Joestar-san ronflaient tellement fort qu'il ne put s'endormir, ces soirs-ci. Avdol-san était un bon camarade de chambre, seulement, il parlait parfois dans son sommeil, prononçant des mots en arabe, qu'il ne pouvait donc comprendre. Il faut dire que le roux avait le sommeil léger, le devenant encore plus face au stress que provoqua leur croisade. Jotaro dormait non seulement sereinement, mais en plus avait un sommeil profond, ce qui était bénéfique pour le plus jeune de leur groupe de dessiner avant qu'il ne se réveille. En plus, le soir, ils en profitaient pour parler entre eux dans leur langue natale, ce qui était agréable. Voyant que cela leur rendait la vie plus facile, ils avaient convenu autour d'un accord non verbal de se parler en japonais et de s'associer un maximum pour la distribution des chambres. Le délinquant n'était pas contre, appréciant totalement la compagnie du roux, le trouvant plus calme -donc il se calmait toujours en sa présence.

Le sourire aux lèvres face à cette pensée, l'artiste décida de se concentrer sur la capture de son futur tableau. Le paysage qui s'offrait devant ses yeux étaient magnifiques : une belle luminosité, avec un soleil se levant à peine, donnant une belle teinte dorée et orangée mais également faisant un beau contraste entre l'ombre et la lumière de beaucoup de bâtiments, dont un qui avait une tour assez haute. Les maisons autour, ancrées dans l'ombre mais se dévoilant petit à petit à la lumière, offraient donc une contre-teinte aux couleurs du soleil levant. De la hauteur où il était, c'est-à-dire au deuxième étage, il remarqua que peu de gens étaient actifs à cette heure. Oh, donc il s'était réellement levé tôt, aujourd'hui. Il devait être dans les alentours de 5 heures du matin. Mais ce n'est pas comme si ça l'incommodait. Alors, tout en gardant un œil sur Jotaro en faisant attention à ce qu'il ne le surprenne pas, le roux se mit à dessiner, ses coups de crayons se faisant vifs et précis. Capturer la population en mouvement, c'était le pied chez les artistes. Cela donnait une sensation de vie dans un tableau qui était censé qu'immortaliser un moment précis. C'était comme rajouter de la vie dans un objet qui n'en avait pas.

Mais alors qu'il avait presque fini la base, une voix braillarde interrompit leur havre de paix, faisant sursauter et réveiller par la même occasion le métisse. Oh, oh, ça allait barder :

« Les gars, réveillez-vous ! Cria Polnareff, tambourinant sur leur porte de chambre. Mais comment cela se fait qu'il soit dynamique de si bon matin ?

- … PUTAIN POLNAREFF ! Vociféra le délinquent, faisant bondir au passage le jeune roux qui cacha rapidement son carnet. Le brun se leva de son lit, plus qu'énervé, accompagné de son stand, et ouvrit la porte pour attraper Polnareff par le col. Tu te rends compte de l'heure qu'il est ?!

- Ouch ! Doucement Jotaro ! Eh oui, il est précisément 8h10. J'ai faim, alors grouillez-vous, les gars !

- Bien que je n'approuve pas la méthode de Jean, j'aimerais aussi qu'on descende le plus rapidement possible au réfectoire, surenchérit Avdol, marquant de sa présence. Jotaro lâcha le français sans ménagement et soupira bruyamment, suivi d'un 'Yare yare daze'.

Cela fit rire doucement le plus jeune d'entre eux, le masquant derrière sa main. Il remit discrètement son livret dans sa valise par l'intermédiaire d'Hierophant Green et s'avança vers ses compagnons de route.

- D'accord, on arrive tout de suite. Permettez-nous seulement de nous habiller avant, déclarait-il alors.

- Ça laissera le temps à Polnareff d'aller aux toilettes faire sa grosse commission s'il en a envie, intervint Joseph, l'ayant dit avec son débit de voix habituel, mettant l'argenté dans l'embarras.

- Vous êtes sérieux, M. Joestar ?! J- »

Mais ils n'obtinrent pas la suite, Jotaro leur ayant fermé violemment la porte au nez. Il se retourna vers Kakyoin, soupirant encore. Il montra toute son exaspération.

« Courage, Jojo, fit le peintre sur un ton amusé, avant de prendre de prendre son uniforme qui pendait. Je prends la salle de bain… Tu sais, j'y pense, c'est amusant de te voir dormir avec ta casquette.

- Hm, il ne lui répondit pas totalement, mais il devait bien se douter que cela devait être étrange à voir. Cela dit, il réfléchira, pour la prochaine fois où ils auront un hôtel à l'enlever en sa présence.

- Bon, on devrait vraiment s'actionner, Jotaro, sinon Polnareff va nous faire encore son boudin. Conclut-il en rentrant dans la salle de bain, refermant derrière lui. Quand il repensait à ce magnifique tableau qu'il n'avait pas fini de retranscrire, tout ça à cause de Polnareff… Tant pis, il espéra qu'il pourra le retoucher après être rentré de ce périple, au Japon. »

.

Le roux passa la main sur le dessin en question, son sourire étant toujours présent. C'était drôle, quand il y repensait, qu'à cette époque, il ne pouvait pas du tout deviner qu'il allait revenir dans cet état-là. Et contrairement à il y a quelques jours, il ne s'en plaignait pas. Non, déjà parce que ses parents et lui, cela se passait enfin bien, et il en était bienheureux, mais en plus M. Joestar lui avait dit qu'il était heureux, lui comme Jotaro, qu'il soit en vie. Et malgré leurs taquineries réciproques, il savait qu'il en était de même pour Polnareff.

Bien déterminé à créer un dessin à la hauteur de son humeur, Kakyoin prit le bon carnet et dessina, choisissant encore et toujours d'ignorer cette gêne et douleur qu'il avait au niveau des yeux.

Du côté de Jotaro, si tout allait bien pour son meilleur ami, ce n'était pas son cas. Alors que depuis des mois, il n'avait pas fait de mauvais rêves, encore moins depuis l'éveil de son ami, cette nuit-là avait décidé d'un tout autre sort pour sa santé. Il n'était pas comme ces précédents cauchemars qu'il avait réalisé, celui-ci était différent. Pourtant tout commençait bien au début. Son rêve débutait sur lui et Kakyoin, en train de marcher en direction de l'école. Le roux avait retrouvé l'usage de ses jambes et marchait magnifiquement bien, non gêné par la présence de ses attelles. Alors qu'ils arrivaient à proximité du grand escalier, le plus jeune tomba soudainement vers l'avant, dévalant les escaliers. Le brun assista à la scène avec effroi, son stand refusant de sortir et ses jambes de bouger. Lorsqu'il attint le bas des escaliers, il put à nouveau bouger, il se précipita alors vers son ami pour lui porter secours. Mais arrivé à ses pieds, la blessure mortelle infligée par DIO se mit à s'ouvrir, dévoilant le trou béant de son uniforme, se déchirant au passage. Il se vida de son sang, le regard vide. Il voulut lui porter secours, il l'appela de tout son être mais rien à faire.

« Tu es le seul fautif, Jojo. »

Entendit-il de la bouche du rouquin, mais pourtant, ce n'était pas sa voix. Il savait à qui elle appartenait. Il se redressait ensuite, le regard vide. Chaque mouvement qu'il faisait pour se relever suscita des craquements de ses os, produisant un bruit fort désagréable. Puis, apparut enfin DIO, se tenant derrière le roux, un rictus machiavélique se formant sur ses lèvres, tenant le roux comme on tenait un pantin.

« Regarde où tu as mené ton, quoi ? Meilleur ami ? Hehe, c'est ridicule. »

Continua-t-il sans que Jotaro ne put en placer une ou bouger.

« Moi, au moins, j'ai été capable de lui apporter une vraie amitié. Il peut être très mignon quand il s'y met, tu le sais, hm ? J'ai été le premier à reconnaître son talent et à voir Hierophant. Vous, les Joestar, vous êtes pathétiques. Toujours prêt à sacrifier la vie d'autrui pour votre petite personne, hm ? »

Arrête…

« William Zeppeli, et maintenant Kakyoin, sans parler d'autres vies que vous avez volés. Est-ce ça votre destin ? De gâcher leur vie ? »

Arrête !

« Maintenant regarde le mourir. Tu auras sa mort sur sa conscience. »

TAIS-TOI !

Et s'était ainsi qu'il arriva à mettre fin au rêve.

Maintenant qu'il se le remémora, cela lui provoqua des frissons et un sentiment d'angoisse. Il avait besoin de voir Kakyoin, de s'assurer qu'il allait bien. Si ça se trouve, c'était un rêve... prémonitoire ? Il avait, peut-être, senti que tout se passait mal pour lui. Après tout, il avait bien eu une phase sombre il y a quelques semaines maintenant. En plus, connaissant le roux, il ne lui dira sans doute pas ce qu'il le travaillait ou que sais-je ! Désormais réveillé, Jotaro s'habilla aussi vite qu'il s'était levé et partit sans dire un mot à sa mère en direction de l'hôpital, ne remarquant pas qu'elle était déjà debout, près du téléphone, comme si elle attendait une nouvelle. Ce n'était pas l'heure de visite, mais tant pis. Si son ami avait besoin de lui -et inversement, même s'il ne se l'avouait pas-, il serait là pour lui.

Arrivé très rapidement à l'hôpital, le lycéen utilisa Star Platinum afin de stopper le temps et se dirigea vers la chambre 1507. Il constata avec stupeur que son nom n'y était plus. La peur le prenant, et sentant que la fin du décompte de la capacité de son stand arrivait au bout, il ouvrit la porte de la chambre et vit que les femmes de ménage s'activaient pour désinfecter la salle, figées dans le temps. Il ferma derrière lui. Deux hypothèses s'ouvraient à lui : soit l'état de Kakyoin s'était dégradé pendant la nuit, et donc était contraint à repasser dans le bloc opératoire, soit il était dans le centre de rééducation, soit ils l'ont transféré dans une autre chambre, au sein du même étage/ou des étages plus haut. Ne pouvant vérifier ses hypothèses car le temps lui manquait avec également une angoisse grandissante, il désactiva The World pour le réactiver aussitôt, partant en direction de l'accueil. Il n'y avait que là-bas qu'il ne pouvait prouver ou non une de ses hypothèses. Pendant le chemin de son lieu de destination qui n'était qu'à quelques pas, Jotaro réfléchit sur l'étrange sensation que lui provoquait l'activation de la capacité si particulière de son stand. Il n'avait pas utilisé The World depuis son combat contre ce maudit vampire. Il y retrouvait encore, même maintenant, des traces d'excitation et d'appréhension concernant cette particularité. Il ne savait pas comment réagir face à cela. De même, il s'était juré, après avoir entendu que Kakyoin était hors de danger même s'il était dans le coma au mois de janvier de ne plus jamais utiliser cette technique. Et le revoilà avec, mais c'était pour des bonnes raisons.

L'accueil atteint, il chercha sur le répertoire le nom de son ami.

K… Kaki… Kakyoin Noriaki ! Et il y avait écrit : Kakyoin Noriaki - Transfert dans C. de R. Méds ~3x/jours, chrono !

Il se doutait que 'C. de R.' étaient les abrégés de 'Centre de Rééducation' vu qu'il devait l'entamer hier. Il décida de ne pas tiquer sur le nombre de médicaments ou leurs conditions d'attribution que devait avaler son pauvre ami peintre et fonça vers le centre de rééducation, suivant les indications. Quand il fut dehors, The World se termina, ce qui était bénéfique pour lui, puis le réactiva dès qu'il entra dans le bâtiment dédié. Il s'approcha de l'accueil, cherchant comme précédemment la chambre de l'artiste. Il vit le numéro et s'y rendit promptement. Contrairement à l'hôpital pur, il n'y avait pas énormément de chambre, et ça tombait bien, il se trouvait au rez-de-chaussée.

Devant sa porte, l'américano-japonais s'arrêta, prenant un temps pour souffler. Il fit reprendre le cours du temps, bien que ce ne soit pas la fin du décompte et toqua puis entra, sans attendre la réponse. Après tout, il était venu ici pour s'assurer qu'il allait bien, il fallait donc le « surprendre », afin qu'il n'ait pas le temps de se cacher.

« Jotaro ? Prononça le roux, les yeux écarquillés, estomaqué de voir aussi tôt le délinquant. Il s'attendait à une infirmière, mais sûrement pas son meilleur ami. Qu'est-ce que-

- Yo, Kakyoin, le coupait-il tandis qu'il s'avança vers lui après avoir fermé derrière lui. Il le scanna du regard, à la recherche du moindre mal-être.

- … Je suis étonné de te voir aussi tôt. Comment … ? Pourquoi, surtout ?

- J'm'ennuyais, mentait-il.

Il ne vit rien. Kakyoin n'avait rien ? Il l'avait analysé avec les yeux de Star Platinum -Kakyoin avait encore minci, non ?- mais rien ne lui paraissait bizarre, au contraire, l'homme semblait plutôt bien, il était même en train de dessiner quelque chose, sur sa table mobile, à côté de son plateau repas quasiment plein. En même temps, quand on voyait la gueule du repas : une pauvre purée de pomme de terre, des petits pois et carottes où ça se voyait qu'ils ont été cuits à l'eau mais sans assaisonnement. Il avait mangé la compote, le fruit, et bien entendu, avalé ses médicaments qui devait être dans le pilulier, accompagnant son plat. Il comprenait donc parfaitement son manque d'appétit, même s'il ne pouvait pas s'empêcher de s'inquiéter. Cela dit, aussi loin qu'il ne s'en souvienne, Kakyoin n'a jamais été une personne qui mangeait beaucoup, même s'il appréciait les bonnes choses. En fait, il devrait même dire que son appétit était à la hauteur de sa carrure d'antan.

- Tu t'ennuyais, rien que ça ? Il fit la moue puis soupira, avant de s'y résigner. Maintenant que tu es là- … Il fronçait les sourcils, se concentrant pour dire la suite, ayant toujours quelques morceaux de phrases lui échappant. A vrai dire, il repensait à ce que M. Joestar lui avait dit, ou plutôt lui avait demi-avoué. Devait-il approfondir ? … Non, peut-être n'est-ce pas le bon moment, il sentait que le brun était un peu agité, pour je-ne-sais-quelle raison. Assieds-toi. Besoin de toi. Tu sais, j'ai tout à rattraper.

- Hm. Tu devrais manger un peu, Kakyoin. Tu ne grandiras pas comme ça. Le taquina le brun, esquissant un sourire face à la réaction exactement voulue de son camarade. Il était toujours bon de l'embêter sur sa taille, même s'il n'avait pas de quoi en avoir honte, il était super grand pour un japonais. C'était le reste des Crusaders qui étaient anormalement grands, il devait le reconnaître.

- Répète un peu ça ?! Enervé, le roux lui envoya un tentacule d'Hierophant pour lui piquer sa casquette. Son objectif atteint, il sourit mesquinement, content d'avoir réussi son coup. Il ramena l'objet de sa convoitise auprès de lui.

- Tch', rends-moi ça ! Malgré la menace et Star Platinum sorti, le lycéen ne fit rien et chercha même un siège pour s'asseoir auprès de lui. »

Dans le même temps, il en profita pour scruter la chambre. Elle était définitivement plus grande que la précédente. Le lit où reposait le roux était plus grand et plus sophistiqué que ce qu'il avait avant. Actuellement, il avait redressé son lit de sorte qu'il soit en position assis, le dos appuyé sur un tas de coussins, la table mobile tout près de lui. Il était sous son drap, bien enveloppé dedans. A côté de lui se présentait une table de chevet beaucoup plus accessible, les tiroirs orientés vers lui. Il avait même une lampe de chevet, installée sans doute par sa famille sur le sommet de celle-ci, lui permettant de lire la nuit. Entre le mur du fond et le lit, il y avait un grand espace, de quoi allonger un presque-Kakyoin, estima Jotaro. Au fond de la pièce, dont les murs étaient tous d'un blanc qui en devenait écœurant tellement qu'il y en avait partout, un fauteuil roulant et un déambulateur attendaient patiemment qu'on les utilise. Enfin, sur le côté gauche, près de la porte d'entrée et vers là où se tenait actuellement Jotaro, avait une porte fermée -les toilettes et la douche, se doutait le brun- sur laquelle elle présentait trois papiers. Sur l'un deux, il y avait les jours de douche, sur un autre ses médicaments, les horaires, et lesquels sont à attribuer à un moment particulier de la journée -Mon dieu, il y en avait donc bien un paquet !- et enfin sur le dernier, le ménage, sur lequel une croix a été faite sur la date du jour.

Assis, le brun reposa son regard sur son ami, qui semblait parler de ses difficultés, occupé à feuilleter un de ses cours de mathématiques. Tout en l'observant, n'étant pas encore tout à fait remis de son cauchemar, il repartit à la recherche du moindre mal que pouvait ressentir le roux. A part quand il bougeait, ce qui lui provoqua une grimace, il ne montrait encore une fois aucun signe. Jusqu'au moment où…

Il vit son froncement de sourcils. Il fermait même parfois les yeux de temps en temps, comme s'il était gêné de la luminosité. Il était vrai qu'à cette heure de la journée, le soleil battait fort et intensément, ce qui inondait la pièce de lumière. Avec les murs blancs qui réfléchissaient, il concevait que cela pouvait gêner.

Sentant le regard persistant sur lui, Kakyoin leva ses yeux de son cahier -heureusement car il commençait sérieusement à avoir mal-, le reportant sur son ami. Il lui envoya un regard interrogateur.

« Jotaro ? Qui y a-t-il ?

- … Rien. Répète où tu as du mal déjà ? Il s'approcha davantage de lui, leurs épaules se touchant. Il n'était pas particulièrement gêné de ce contact. Après tout, n'avait-il pas échangé une embrassade il y a quelques jours ?

- Hm… Kakyoin ne répéta pas, préférant triturer entre ses doigts la casquette puis sa mèche de cheveu. Jotaro, j'ai une question. Il prit une grande inspiration, se concentrant et fixa droit dans les yeux son interlocuteur. DIO. Comment l'as-tu tué ?

Jotaro décela dans son regard quelque chose comme de la colère ? De la tristesse ? De la déception ou bien, il avait comme une impression qu'il l'avait blessé. Mais avant qu'il n'ait pu répondre, le roux surenchérit.

- J'ai appris par M. Joestar que-, comme à son habitude, s'il tente les phrases trop longues, ça ne marche pas. Toi. Tu avais la même chose que DIO. Il arqua encore plus les sourcils, montrant sa profonde colère et tristesse. Je ne suis pas faible, Jotaro. Je suis- Inutile de me mentir. Je déteste ça.

- …, pas une ni deux, il profita de ce moment pour envoyer Star Platinum attraper sa casquette afin qu'elle retrouve son emplacement d'origine. Il en avait besoin, c'était l'un des seuls moments où il sentait qu'elle lui allait d'être un très grand secours. Il l'enfonça, coupant le contact des yeux entre lui et son ami, reculant légèrement sa chaise et déclara : J'ai la même capacité que DIO, ouais. Je peux stopper le temps, avec Star Platinum, quand j'en ai envie. C'est comme ça que je l'ai battu. A son propre jeu.

Cette fois-ci, c'était à l'artiste de se taire. Pour tout vous dire, il était abasourdi. Bien sûr, depuis que le vieux Joestar lui avait dit cela, il se doutait d'une telle chose, mais que Jotaro lui avoua par lui-même que c'était vrai, c'était une autre histoire. Il avait la même capacité que celui qui avait failli le tuer. The World. Par automatisme, le roux glissa lentement ses bras vers son ventre, se le tenant fermement mais sans se faire mal.

Et le lycéen avait peur d'une chose, que d'une seule chose, de toute sa vie, c'était bien cela. Il observait son ami avaler la vérité, la cruelle vérité. Elle l'était vraiment, ce n'était pas tous les jours qu'on apprenait que son meilleur ami pouvait arrêter le temps de la même façon que faisait l'homme -où plutôt le monstre- qui l'avait mis dans cet état-là, n'est-ce pas ?
Sa crainte s'était approfondie lorsqu'il sentit le regard presque effrayé de son ami, ou peut-être est-ce son imagination ? Il n'avait pas les talents de Kakyoin, malheureusement, pour déceler la part de sentiments présente dans les regards.

- … Désolé, articula-t-il, je peux partir. Je peux comprendre qu'on soit amis avec ce genre de révélations.

Il s'apprêtait à partir quand une main retint la sienne. C'était celle du peintre, et il le regarda d'un air sérieux.

- Attends ! Je n'ai jamais dit que tu devais partir ! Je… Il se râcla la gorge. Je suis désolé, j'avoue être- surpris.

- Seulement surpris ? Tu n'as pas peur de moi ?

- Peur de toi ? Il éclata de rire -malgré la douleur présente dans l'estomac-, ce qui déconcerta le plus vieux. Encore une fois, avec son meilleur ami à ses côtés, il osa montrer un air perplexe. Argh, ça fait mal… Je sais qui tu es, Jotaro. Tu ne me fais pas peur- bien… Tu es bien. Tu es quelqu'un de … hmm… tu as le cœur sur la main. J'ai vraiment juste été surpris. Je sais très bien que toi, tu … Tu ne me feras jamais de mal. Il sourit doucement, un souvenir remontant à la surface. Il décida alors de l'évoquer. Même sous l'emprise de DIO, tu as pris soin de moi.

- … Ok, si tu le dis. Il lui esquissa un tendre sourire, un des rares sourires qu'il n'offre qu'aux plus chanceux.

- Mais ne me caches plus des choses ! Revint-il sur un ton plus ferme, le regard exprimant la même pensée. Je ne suis pas faible !

- Je sais, Kakyoin, je sais. Le brun posa ses coudes sur ses genoux, reposant ainsi sa tête entre ses mains. Ses peurs étaient infondées, que ça soit son cauchemar ou la découverte sur son stand. Il se sentit extrêmement soulagé. Il avait presque envie de craquer et de le prendre dans ses bras. Presque.

- F-Mega. Tu joueras à F-Mega avec moi, pour la peine. Le sourire malicieux prenant place sur ses lèvres, l'artiste regarda avec fierté son ami.

- Si tu veux.

- Et puis, c'est super ! Tu as un super avantage, sache-le !

- Hm.

- Ah ! Maintenant que j'y pense, ta mère, Mme. Holly- Comment va-t-elle ?

- T'en fais pas pour elle, elle va très bien. Ça fait plusieurs fois qu'elle me tanne pour venir avec moi te voir, il lâcha un soupir, redressant la tête pour l'observer.

- Oh… Je serais ravi de la revoir, dit-il avec un sourire attendrissant.

- … Bon, continuons sur l'algébrique.

- Ok, alors regarde ici… »

Pointant du doigt la source de son problème, les deux amis avancèrent pas à pas. Bien que Kakyoin soit un peu gêné de demander de l'aide au brun, puisqu'il était un élève modèle, le meilleur de son lycée, il fut surpris de le voir pas du tout agacer d'apporter son aide. En fait, il en était plutôt content. Jotaro se disait qu'ainsi, le roux pouvait toujours lui demander de l'aide, car il savait que ce n'était pas facile pour lui, mais qu'en plus, il en profita pour réviser.

Plus soulagé que jamais de voir son ami en bonne santé, le lycéen quitta sa chambre lorsque celui-ci s'endormit malgré lui. Bah, il était arrivé vachement tôt, aujourd'hui, il admettait qu'il avait abusé de son temps, le fatiguant encore plus.
Alors qu'il était sur la route du départ, rejoignant le grand hall toujours avec autant de monde de l'hôpital de l'aile centrale, le délinquant crut reconnaître un détail sur deux personnes qui ne lui échappa : des cheveux d'un rouge particulier. Il reconnut immédiatement les parents de Kakyoin, avançant tranquillement, le visage neutre, ne s'échangeant aucune parole. L'homme portait sur lui un bouquet de fleurs, des chrysanthèmes violets. Peut-être s'étaient-ils disputés ? D'autant plus quand lorsque la mère aperçut Jotaro et l'appela, le père approfondit sa moue désagréable.

« Bonsoir, Jotaro, comment allez-vous ce soir ? Commença la mère, lui esquissant un sourire amical.

- Bien, merci. Vous ?

- Oui, merci bien. Vous venez de voir Nori ? Elle regarda sa montre, son mari se tenait à l'écart de leur discussion, faisant comme s'il n'était pas concerné.

- Oui, il dort par contre. Par sa faute, mais ça, il ne le dira pas et puis il avait eu besoin de le voir.

- Oh ? Firent-ils à l'unisson, l'air déçu.

- Sanna, peut-être le laisser se reposer, intervint pour la première fois l'homme, fixant sa femme sérieusement.

- Oui, mais ça m'embête un peu, j'aurais bien aimé le voir avant demain, à son anniversaire. Je n'ai pas envie qu'il pense qu'il n'est pas au cœur de nos pensées.

Hein ? Son anniversaire ? Avait-il bien entendu ? Il observa silencieusement les parents discuter entre eux, n'intervenant que vers la fin de leur argumentaire.

- Son anniversaire ? Demanda le délinquent, laissant très légèrement transparaître son étonnement.

- Pardon ?

- Je veux dire, c'est l'anniversaire de Kak-… de Noriaki demain ? Pour tout vous dire, c'était bien la première fois qu'il appelait son meilleur ami par son prénom -même si ce n'était pas en sa présence-, et cela lui parut… bizarre, mais loin d'être déplaisant.

- Bien sûr, Noriaki est né le 12 août, il y a 18 ans, jour pour jour ! Répondit le père d'un air fier et hautain – mais pourquoi l'être ?-.

Oh. Il ne lui avait rien dit. Et qu'il ne lui dise pas qu'il avait oublié, il savait que c'était faux, il avait omis de lui dire ! Cela dit, il aurait pu s'en douter, vu qu'il connaissait son signe astrologique. Oh. Il fallait absolument qu'il lui trouve un cadeau ! Il en avait bien un en particulier qu'il avait en tête depuis qu'il lui avait acheté son matériel de dessin, mais il ne s'était pas encore décidé à l'acheter. L'américano-japonais baissa son regard vers la montre, se focalisant sur l'heure plus que sur la discussion entre les adultes, discutant du gâteau et autres trucs qui ne le concernait pas. 17h10. Avec un peu de chance, il pourra y arriver à temps, encore plus s'il utilisait une dernière fois The World. Ouais, ça devrait le faire. Résolu, ses yeux refirent le chemin vers les roux.

- Pardon, mais je dois y aller. Merci ! Remercia-t-il, courant rapidement vers la sortie, n'attendant pas la réponse de la part de ses interlocuteurs.

- … Ce môme… Comme il est agaçant, pesta le plus vieux des deux.

- Voyons, Johan, ton vocabulaire. La femme fronça les sourcils. Il n'était donc pas au courant que c'était son anniversaire demain ?

- Apparemment. Je vais porter les fleurs dans la chambre de Nori et on y va. Conclut le roux, puis partit faire ce qu'il avait à faire. »

Ayant accéléré et utilisé avec abus le pouvoir de Star Platinum -pourquoi sentait-il un regard mauvais de la part de son stand ?-, Jotaro put arriver à temps, puis rentra chez lui. En arrivant dans le séjour, il surprit sa mère dans une discussion au téléphone avec, sans doute une de ses amies, mais s'empressa de raccrocher à son arrivée.

12 août 1989, 13h

Tokyo, Japon

Tout était enfin prêt ! Sanna lâcha un long soupir lorsqu'elle atterrit dans sa voiture, les bras chargés de courses. Elle avait collecté le gâteau, une commande qu'elle a dû faire en fonction du régime approprié pour son fils. Elle n'avait absolument pas le temps d'en faire un, ayant un pied à la maison/hôpital, et l'autre sur le lieu de son travail. Il en était de même pour son mari. Depuis quelques temps, ils n'avaient pas une minute pour eux, mais elle ne s'en plaignait pas. Non, comment le pourrait-elle alors qu'elle et son mari s'étaient enfin réconciliés avec leur unique enfant ? Il avait même dissipé ses sombres pensées qu'elle avait lorsqu'elle était seule. Et Johan en pensait la même chose, se sentant soulagé. Il était vrai que c'était, très sincèrement pour lui, toujours aussi difficile à avaler qu'il avait un fils aussi particulier mais il n'en était pas moins fier. Alors qu'elle démarra la voiture, il prit la parole :

« On a bien tout ? Les gobelets, le jus de cerise, le gâteau et les cadeaux ?

- Tout est dans le coffre, oui. J'espère que cela ne posera pas de problème qu'on vienne plus tôt aujourd'hui.

- Logiquement, à cette heure-ci, Nori devrait uniquement se reposer ou passer des examens post-prandiaux.

- Ils ont été mis au courant que c'est son anniversaire aujourd'hui, alors à mon avis, ils lui ont donné son repas plus tôt dans la matinée. Voire que les médicaments.

- Hm… La discussion se stoppa pendant de longues minutes avant de reprendre. J'espère surtout qu'il ne sera pas trop fatigué, comme les jours précédents, soupira Johan, c'est bien aujourd'hui qu'il a rééducation, non ?

- Oui, les médecins ont appelé pendant que tu rentrais du travail, ils ont dit que tout se passe super bien pour le moment ! Répondit la femme, le sourire aux lèvres, tandis qu'elle stoppa leur voiture, étant arrivés à destination après une bonne demi-heure de conduite. »

Continuant de parler entre eux, les passants qui avaient une chance de les croiser ne pouvaient comprendre ce dont ils parlaient, s'adressant dans une langue complètement étrangère, ressemblant à une langue imaginée par le génie qu'est Tolkien.
Ils se rendirent tous les deux directement dans la chambre de Noriaki, les bras chargés. Ils furent réellement soulagés lorsqu'ils entrèrent dans la chambre que leur fils était réveillé et assis sur son lit, le nez plongé sur un livre, les sourcils froncés.

Aussitôt, ils fêtèrent tous les trois son anniversaire, la mère sortit la pâtisserie de son emballage pendant que le père servait les boissons. L'artiste fut stupéfait de voir que ce gâteau n'était d'autre qu'une bonne Forêt Noire avec plein de cerises sur le dessus. L'eau à la bouche et le regard pétillant, l'enfant montra un signe d'impatience.

« Wow, rien que du regard, ça a l'air délicieux ! S'exclama-t-il, faisant rire au passage sa famille.

- N'importe quelle nourriture contenant de la cerise, tu aimeras, Nori, rigola la mère.

Elle se demanda à cet instant particulier si Jotaro allait venir. Peut-être n'osait-il pas ? Quelque part, et comme son mari, ils espéraient être seuls avec lui… Seulement, lorsque Kakyoin évoqua le nom du jeune homme, peut-être valait-il mieux qu'il vienne, dans ce cas ? Si cela faisait plaisir à leur enfant. Et comme s'il avait entendu leur souhait, le lycéen choisit de toquer à ce moment-là et d'entrer.

- Yo Kaky- Bonjour. Bizarrement, devant eux, il n'arrivait pas à l'appeler par leur nom de famille. Peut-être était-il temps de penser sérieusement à passer au prénom ?

- Bonjour, Jotaro, lui répondit dans un sourire tendre Kakyoin.

- Hm… Bon anniversaire. Ma mère a fait ce gâteau, elle a insisté pour que je le ramène, même s'il y en avait déjà un, pensa fort le brun.

- Oh, que c'est charmant de sa part ! La rousse vint chercher le gâteau. Il se trouvait qu'Holly avait eu la même idée que la famille Kakyoin, ayant fait une forêt noire. Nohohohahahaha ! Merci, je suis vraiment touchée.

- Ne le prends pas mal, maman, mais je souhaite également goûter au gâteau d'Holly-san. Il fit une pause, puis reprit. Depuis que Jojo m'a vanté sa cuisine, je me suis toujours promis d'y goûter.

- Vanter, tout de suite les grands mots, fit Jotaro, en roulant des yeux. Pourquoi fallait-il qu'il mette ce sujet sur le tapis, faisant rire ses parents -oui, même le père de Kak- ?!

- Je te serre deux petits parts, pas de souci. Jotaro, vous en voulez deux aussi ?

- Hm. Acquiesça-t-il en hochant la tête. Ça aurait été mal poli de ne pas prendre une part du leur.

Ils mangèrent tous, appréciant les effets du sucre sur leur moral -la mère se promit de faire du sport afin de perdre ce qu'elle avait pris : le gâteau d'Holly était tellement bon qu'elle s'était resservie !-. On pouvait tout de suite percevoir que Kakyoin était très heureux. Même s'il était dans un hôpital, encore alité et diminué, il fêtait pour la première fois son anniversaire avec son meilleur ami, et depuis très longtemps, avec ses parents.

- Kak-… Noriaki, pour toi, parla Jotaro, voyant les parents sortir les deux cadeaux qu'ils avaient préparés pour leur fils. Lui, il lui tendit une petite boîte, dans un joli papier cadeau vert foncé et un ruban blanc brillant l'entourant et empêchant le papier de se déchirer.

- Oh… No-Noriaki …? Le plus jeune ne savait pas ce qui le surprenait le plus : le fait que Jotaro lui ait apporté un cadeau -encore un !- ou qu'il l'ait appelé par son prénom.

- … Hm, ça te gêne ? Demanda le brun, après avoir passé un moment muré dans le silence, essayant pour le mieux de formuler cette question. A vrai dire, cela faisait depuis son réveil qu'il avait envie de l'appeler par son prénom, tous les meilleurs amis le font, après tout. Il avait encore plus envie de se rapprocher de ce Kakyoin qu'il apprenait à connaître, en plus de tous les autres aspects qu'il avait côtoyé lors de leur périple.

Les parents n'osaient plus bouger, se faisant presque petits. Ils ne voulaient absolument pas gâcher ce moment, il était précieux et pour leur fils et pour eux. Même si Johan n'appréciait guère Jotaro, il devait avouer que lui et sa femme étaient très heureux de voir leur fils avoir un ami, après de si longues années de solitude. Ils en étaient fiers.

- Non. Non, absolument pas. Je sais que là-bas, j'ai- j'ai voulu… Tu sais, m'appeler ainsi- ou alors était-ce après avoir retrouvé une partie de ma mémoire… ? Cela devait être l'émotion qui l'empêchait de former des phrases correctes et cohérentes. Enfin, je ne suis absolument pas gêné.

- Ok, fit le lycéen, détendant son visage pour la première fois devant la famille Kakyoin.

- Nori, et si tu ouvrais d'abord le cadeau de Jotaro ? Proposa la mère, se permettant de briser le silence.

Hochant la tête, le plus jeune fit exactement ce que sa mère lui avait autorisé de faire, et ouvrit le cadeau. Il fut une nouvelle fois stupéfait de la surprise. A l'intérieur, reposaient une belle paire de boucles d'oreilles, aux allures de cerises, presque identiques que celles qu'il portait autrefois, mais elles étaient couleur or -et sans doute en or tout court- pour les tiges et rouge pour ce qui représentait le fruit.

- Je… Je ne peux pas accepter cela… Jotaro, combien- le prix ?! Combien ? Il reporta son regard sur son ami, les yeux écarquillés.

- Mon dieu ce qu'elles sont belles, déclara le père qui s'était rapproché entre temps. Il n'était pas d'accord à l'époque pour que son fils se perce les oreilles, malheureusement, il n'avait pas eu son mot à dire. Mais il devait bien avouer qu'elles étaient réellement magnifiques, même si, effectivement, elles avaient l'air chères. Il se sentit un peu ridicule et quelque part jaloux. Peut-être que leur fils allait plus apprécier le cadeau de son meilleur ami que les leurs ?

- Je croyais que ça se demandait pas, ce genre de choses, Noriaki, répondit aussitôt le brun, un sourire taquin se dessinant sur le visage. Cela dit, il baissa sa casquette et fit disparaitre son sourire lorsqu'il sentit le regard de ses parents sur lui.

- … Jotaro a raison, Nori. Apprécie ce qu'on t'offre, mó leanbh (=mon chéri), prit la parole la rousse. Elle était vraiment touchée par l'attention que lui portait Jotaro sur son fils, même si elle ne savait pas trop quoi penser du cadeau en lui-même.

- … D'accord, d'accord. Je te revaudrais ça, Jotaro, le remercia le jeune roux, lui envoyant un regard sérieux et attendrissant à la fois. Pour le brun, il n'avait pas besoin, car il avait déjà fait en sacrifiant sa vie pour le bien de sa mère et du monde. Posant la boîte sur sa jambe, il prit délicatement un des deux boucles d'oreilles et l'amena vers son oreille, tirant ses cheveux de sorte que ça ne le gêne pas. Les piercings étaient encore présents, presque refermés mais bien là. Comme s'il avait déjà la technique, l'artiste fit rouler la tige au niveau du trou, le rouvrant doucement. Il fit de même avec l'autre boucle d'oreille. Ça lui allait à la perfection, mettant en valeur la pâleur de sa peau et la belle couleur de sa chevelure.

- Magnifique. Absolument magnifique, répéta la mère. Elle prit une des boucles entre ses mains, les contemplant. Le brun avait eu l'œil.

- Tiens, c'est moins luxueux que celui de Jotaro, mais j'espère que ça te plaira, dit le père en lui tendant les cadeaux. »

Kakyoin prit les deux paquets dans ses mains, et découvrit vite ce qu'il y avait. Et surprise : il se trouvait dedans une GameBoy avec, dans l'autre paquet, deux jeux, Super Mario Land et Mario Bros. 3. Un grand sourire aux lèvres, l'asiatique put exposer dans la mesure du possible, avec fierté la nouvelle console, étant ravi qu'elle soit sortie pendant le temps qu'il était plongé dans le coma.

Quelques heures passaient et voyant que le plus jeune commençait à fatiguer, les visiteurs quittèrent la chambre, heureux -tout autant que leur 'hôte'- de cette journée.

Tandis qu'il s'apprêtait à dormir, il reçut deux appels : l'un brief, venant de Joseph, qui lui souhaitait un joyeux anniversaire. Ils se promirent de fêter ça ensemble lorsqu'il reviendra au Japon. Il l'avait laissé peu après, se doutant qu'il était l'heure pour le peintre de se reposer. Mais voilà que quelques minutes plus tard, ce fut au tour de Polnareff, lui souhaitant la même chose ! Bien entendu, il se doutait que le manieur de Silver Chariot avait hérité de cette fameuse boîte traductrice, vu la vitesse à laquelle il lui répondit.
Contrairement avec M. Joestar, lui et Jean-Pierre discutaient très longtemps au téléphone, allant au-delà des unes heures de communication. Ils parlaient de tout et de rien, sans taquinerie ou méchanceté gratuite. Non, c'était une communication très agréable, Noriaki devait bien l'avouer. S'il identifiait Jotaro comme son réel meilleur ami, Polnareff n'était pas moins un très bon ami, mais il y avait autre chose. Il ressentait comme une douce atmosphère, une tendre attention de la part de Polnareff à son égard -et bien sûr, à l'égard de Jotaro aussi-, comme le ferait un grand frère éloigné de sa famille. C'était particulier et peut-être l'émotion de la journée qu'il a passé avec ses parents et Jotaro qui lui faisait dire ça, mais il n'empêchait pas que le sentiment fût réel. Avec eux, Kakyoin se sentait vraiment aimé et accepté, et ce sentiment se renforça avec ce fameux appel. Il comprenait bien quel genre de grand-frère avait pu être Jean avec sa sœur. Il ne pouvait s'empêcher d'apprécier cette sensation et d'en redemander.

Au bout d'une heure trente d'appel, ils finirent par raccrocher, le roux s'étant presque endormi sur le combiné. Polnareff lui avait promis de revenir le voir après deux-trois missions qu'il effectuait pour la FSPW, il avait donc hâte de se réunir avec le reste des Crusaders, en espérant qu'Avdol et Iggy n'hésiteront pas à se joindre à eux, sous la forme qu'ils leur convenaient. C'est sur cette pensée et le sourire aux lèvres que Kakyoin s'endormit totalement.

Le lendemain arriva rapidement. Jotaro s'était levé aux aurores, Holly avait insisté pour qu'ils aillent faire des courses puis le repas ensemble. Il ne pouvait pas lui dire non, après tout. Il fallait bien qu'il commence à apprendre à faire des plats, car il n'aura bientôt plus sa mère à ses côtés.

La préparation du repas de midi avait pris plus de temps que d'habitude, mettant en « retard » le brun de sa visite de son meilleur ami. Noriaki. Ah, il aimait bien la consonnance de son prénom. Il était également content, mais ça, il ne lui dira jamais, qu'ils puissent enfin avoir un échange purement amical, s'appelant respectivement par leur prénom.

Prenant les cours du jour qu'ils avaient prévu de bosser, il s'en allait de chez lui, aux alentours de 15h.

Lorsqu'il arriva devant l'hôpital, au niveau de l'arrêt du bus, il avança d'un pas décidé, se sentant léger, même si son visage montra le contraire. Il franchit sans un mot le jardin, puis l'accueil du centre de rééducation, allant directement dans sa chambre. Quand il y entra, il ne vit pas la présence d'un certain roux. Pire encore, le lit manquait. Pourtant, toutes ses affaires étaient encore sur place. Peut-être avait-il été emmené faire des examens ? Ce n'étaient pas le matin, d'habitude ? Mais c'est à cet instant qu'il entendit le bruit d'une chasse d'eau. Soulagé, même s'il trouva cela intriguant, il s'était dit que c'était sûrement une envie pressante ou un truc dans le genre. Grand fut son étonnement lorsqu'il vit une infirmière sortir de la salle d'eau, gantée et traînant un chariot derrière elle, prenant toute la place de la salle de bain. Il était donc impossible que Noriaki soit ici.

L'air désolé et un peu gêné par la situation, bien qu'un peu sous le charme de la carrure et de la beauté de Jotaro, elle prononça ces quelques mots avant de quitter la pièce :

« M. Noriaki n'est pas là. Il a été emmené tôt ce matin au bloc opératoire. Son état s'est fortement dégradé. »


Bam ! Et voilà ! J'ai voulu terminer sur un beau cliffhanger, j'espère qu'il est réussi XD. Comme dit plus tôt, j'ai voulu mettre une relation amicale/fraternel entre Kak et Popol. Je trouve que ces deux-là vont bien ensemble (dans le sens amitié). Popol a tendance à faire ressortir le côté "pas trop poli" ou je dirais "je ne suis plus un élève modèle avec Polnareff" de Kakyoin. Leur dynamique est juste trop bien !

Et oui, maintenant Jotaro appelera Kakyoin "Noriaki", j'avais trop hâte de l'écrire, ça 8D. Et oui, pour son anniversaire, il a eu des boucles d'oreilles, le coco :3. Jotaro aime gâter son petit Noriaki uwu. Mais comment va-t-il se sentir après avoir autant gâté ? N'empêche, je ne voyais que ça comme cadeau.
La GameBoy a déjà tant d'années... Ca nous rajeunit pas (enfin moi j'm'en fous mais on voit les progrès de la science avec ça XD).

Comme toujours, n'hésitez pas à laisser vos impressions. Oui j'ai pratiquement rien à dire sur ce chapitre là, je ne fais pas de long speech XD.

Allez, portez-vous bien et à bientôt ! :3

Tchüss~

PS : Merci beaucoup pour le rajout en favori et les commentaires et kudos ! Je sais que je me répète, mais vous ne pouvez pas savoir -enfin si mais c'est une expression XD- combien je suis enjoué de voir que ce que j'écris plaît. J'ai toujours peur que ce n'est que de la "marde" et que ça ne plaise pas, 'fin bref. Merci encore.