Hello ! Y a-t-il encore des gens qui suivent cette histoire ? Si c'est le cas, je m'excuse platement pour le temps que je mets à publier chaque chapitre. Je n'ai littéralement aucune excuse. Et le pire dans tout ça, c'est que j'ai le plan complet de cette histoire. Bref, je vais m'y remettre et, cette fois, je vais essayer d'écrire plus régulièrement.

Je vous prie de m'excuser encore pour ce délais et j'espère que ce chapitre vous plaira ! N'hésitez pas à me laisser des reviews, même si c'est pour m'insulter parce que j'écris pas assez vite, je mérite.


Chapitre 9

Jack trouva rapidement Chryséis.

Après son tête-à-tête avec le roi et la reine, il s'était senti si soulagé qu'il avait failli se mettre à voler. Pourtant, le poids des responsabilités le maintenait sur terre – il devait faire honneur à la confiance du couple royal et prendre soin de la petite Elsa. Mais, à l'instant, il avait un autre problème en tête : Bunnymund. Ce foutu lapin avait vécu près de mille ans de célibat, mais il fallait qu'il se décide à tomber amoureux de lui, maintenant. Jack n'était pas prêt ! C'est donc tout naturellement qu'il avait pensé à se tourner vers Chryséis, cette jeune servante avec qui il avait connu le plaisir charnel, l'affection pure de deux êtres attirés l'un par l'autre. Ce n'était pas de l'amour entre eux, rien à voir avec les sentiments que Bunny nourrissait à son égard. Quoi que, il disait ça pour lui, mais la jeune femme l'avait attendu deux années durant, n'était-ce pas de l'amour ?

Jack hésita. Et s'il lui avait fait du mal à elle aussi ?

Il ne savait pas, il ne savait plus. Devait-il vraiment aller lui demander conseil quant à son potentiel futur amoureux ?

Jack sentit toutes ses convictions fondre comme neige au soleil lorsque Chryséis elle-même vint à sa rencontre.

« Monsieur Jack ! Quel plaisir de vous revoir ! Que puis-je faire pour vous être agréable ? »

Le gardien resta de longues secondes à la regarder, sans penser à répondre. La jeune femme était jolie, douce, avenante, mais semblait dotée d'un caractère bien trempé, et par-dessus tout elle était pourvue d'une fidélité assez déconcertante. Elle avait plu à Jack, mais pas assez pour se faire aimer de lui. Elle ne faisait pas battre son cœur, elle ne lui provoquait pas ces frissons particuliers que la seule évocation du nom de Bunny faisait naître en lui. Non, elle n'était pas comme lui, elle ne lui faisait définitivement pas le même effet. Parce qu'il ne l'aimait pas ? Oh, il avait assez apprécié Chryséis pour coucher avec elle, plusieurs fois.

Se pourrait-il, dans ce cas, que Bunny…

« Jack ? » demanda Chryséis, inquiète de le voir perdu et la parole en suspens.

« Euh, excusez-moi, » se reprit le gardien. « Je suis venu vous parler. »

« Allons faire un tour. »


La saison était assez agréable, idéale pour une balade dans les jardins de la ville. Jack et Chryséis marchaient côte à côte depuis un moment déjà. L'esprit n'osait aborder le sujet, il ne savait même pas comment s'y prendre, et la servante ne voulait pas le brusquer.

« Chryséis, je… je voulais m'excuser. Enfin, vous demander pardon, plutôt. »

« Oh, pourquoi donc ? Qu'avez-vous fait qui puisse m'offenser ? »

« Eh bien… Toutes ces fois, vous m'avez attendu. Nous avons passé des nuits fort agréables. A chacune de mes visites vous avez été présente, vous m'avez attendu, quand je n'ai pas été capable de vous rendre la pareille. »

Chryséis ne répondit d'abord rien. Elle regardait Jack intensément, essayant de lire entre les lignes tout ce qu'il n'osait prononcer. Bien sûr, elle comprit rapidement que la magie n'était pas étrangère à toute cette histoire – elle l'avait senti lorsque leurs corps s'étaient étreints, mais cette histoire d'attente lui en donnait la confirmation. Pourtant, ce n'était qu'un détail dans le fil de leur conversation. Comprenait-elle ce qui tracassait l'esprit ?

« Jack, » commença-t-elle doucement en lui prenant la main. « Je pense que vous vous êtes mépris sur la situation. Si je vous ai attendu, toutes ces fois, c'est parce que j'en avais envie. Vous êtes… Eh bien, je vous aime beaucoup, monsieur. Mais je ne me suis jamais fait d'illusions quant à notre relation. J'ai compris, dès notre première nuit, que je n'avais pas ma place dans ce cœur, » dit-elle en plaçant délicatement sa main sur la cape de neige, à l'endroit indiqué. « Vous semblez dire que vous êtes désormais amoureux ? Je n'ai jamais douté du fait que quelqu'un ravirait ce cœur qui jamais ne m'a appartenu. » Jack baissa les yeux, honteux. « Mais, Jack, je ne vous ai jamais demandé une telle chose, » continua-t-elle en lui relevant le visage d'un doigt affectueux. « Notre relation n'a jamais été vouée à quelque chose de plus grand, de ce côté-là du moins. Par ailleurs, je voulais vous annoncer quelque chose et c'est pour cela que je vous cherchais. »

Chryséis avança alors sa main entre eux, mettant en évidence un annuaire gauche décoré d'une fine bague argent sertie de quelques petites pierres bleues étincelantes.

« Oh, » fit Jack, comprenant.

Décidément, les gens passaient leur temps à le surprendre ces derniers jours !

« Qui est l'heureux élu ? »

« Elle s'appelle Ellana. C'est une aventurière qui parcourt la région. Nous nous sommes fiancées cet été. »

« C'est tout à fait charmant, » murmura Jack, réellement ému de savoir qu'il n'avait pas blessé Chryséis et que celle-ci avait trouvé son bonheur.

« Et vous ? »

« Moi ? »

« Eh bien, comment s'appelle cette personne qui semble vous perturber au plus haut point que vous vous précipitez pour rompre avec moi ? » se moqua gentiment Chryséis.

Jack sentit ses joues s'empourprer. Il semblerait que ses paroles l'aient bel et bien trahi : il était amoureux, lui aussi.

« Bunnymund. »

« Quel drôle de nom ! Eh bien, parlez-moi un peu de lui pendant que nous faisons quelques pas. »


Jack Frost avait peu de certitudes. Dans cette vie qui était restée radicalement la même pendant trois cents ans avant de changer du tout au tout en l'espace d'un mois, il ne pouvait se permettre de prendre quoi que ce soit pour acquis.

Pourtant, il y avait un sentiment dans son cœur qui tambourinait constamment et ne voulait se taire : il était amoureux de Bunny. Il n'en était pas certain. Après tout, il n'avait pas envisagé cette possibilité jusqu'à ce que Fée lui révèle les non-dits du lapin. Mais depuis cela, il lui était impossible d'ignorer plus longtemps les gestes qui parlaient en la faveur de Bunny, les paroles à demi-mots qui criaient au désespoir d'un amour non-retourné, et les drôles de sensations qu'il n'avait pas su écouter lorsque le corps devant lui s'était fait humain, lorsque les yeux verts avaient capturé les siens.

Il n'était pas sûr d'être amoureux de Bunny. Mais il était certain qu'il devait lui laisser sa chance.

Jack n'eut pas le temps de se plonger plus avant dans ses réflexions : Chryséis et lui arrivaient au bal préparé en l'honneur de son retour. Etant l'invité d'honneur, il se devait de faire bonne figure et d'être présent moralement. De plus, la petite Elsa marchait déjà vers lui avec force détermination. Il revint donc totalement dans le présent, accueillit la petite fille dans ses bras et s'avança aux côtés du couple royal pour que la fête puisse commencer.

Jack Frost resta finalement trois jours à Arendelle. Entre les fêtes et les banquets, il tentait d'apprendre à Elsa à se servir de ses pouvoirs ou à dire son nom – ce qui donna quelque chose comme « dak ». Mais le souvenir de Bunny restait dans un coin de sa tête, présent à tout instant, refusant de partir, et la pensée que le lapin l'attendait, anxieux et en colère contre lui-même, le motivait à ne pas trop tarder dans cet endroit merveilleux. Heureusement, le temps passait différemment : il espérait que quelques heures seulement se soient écoulées dans son monde.


Deux jours.

Jack était resté l'équivalent de deux jours à Arendelle. Comment cela était-il possible ? Le continuum temps était décidemment bien capricieux.

Ajouté à ce laps de temps les trois jours qui s'étaient écoulés entre la déclaration de Bunny et son départ à Arendelle : cela faisait donc cinq jours que Jack n'avait pas vu le lapin de Pâques. Depuis son premier voyage dans l'autre monde, il lui était arrivé de rester plus longtemps loin de son ami, mais c'était alors toujours à Arendelle. Ce laps de temps semblait bien plus lourd à encaisser sachant que la moitié de ce temps était dans ce monde.

Jack vola rapidement jusqu'au repaire du lapin de Pâques, réalisant que si la durée de leur séparation était difficile à encaisser pour lui, elle avait dû être horrible pour Bunny. On dit que le temps répare tout, mais Jack avait le pressentiment que, cette fois-ci, il avait fait plus de mal que de bien. C'est donc le cœur lourd qu'il atterrit dans le jardin du lapin.

Il ne mit que quelques secondes à le repérer : le gardien de l'espoir prenait soin de ses fleurs, donnant des ordres à ses statues œufs pour qu'elles l'aident dans sa tâche.

« Bunny, » murmura Jack plus faiblement qu'il l'aurait voulu.

Sa voix n'était pas forte, pourtant Bunny l'entendit à la perfection. Les grandes oreilles frémir et il se tourna dans l'instant. Alors Jack vit l'espoir se peindre immédiatement sur son visage, ses yeux s'illuminer. Mais ça ne dura qu'une seconde, une seule. Puis le lapin retrouva son masque de colère que le jeune gardien du gel connaissait si bien. Et cette fois plus que les autres, une rage sourde semblait gronder dans les prunelles vertes que Jack aimait tant.

« Si c'est pour me jeter, c'est pas la peine. Tu peux repartir. »

La voix du lapin était cassante, sans appel. Il était énervé, mais surtout il était blessé.

« Non, je… » tenta le jeune esprit.

« Ecoute Jack, c'était stupide de ma part, je m'en rends compte maintenant. Oublie tout ça. T'façon on est même pas obligés de se croiser. Tu n'auras qu'à raccourcir un peu tes gelées de printemps et on se verra plus jamais. Au moins Pâques ne sera plus gâché par le froid. »

Jack faillit prendre la mouche pour cette remarque presque insultante. Mais le ton du lapin était trop évident : il essayait de repousser Jack afin de se protéger un tant soit peu. Il était blessé, cela s'entendait, cela se voyait. Il tournait déjà le dos, mais Jack n'était pas prêt à abandonner, pas après ces jours d'intense réflexion.

« Je viendrai geler tes œufs, » provoqua Jack, attirant l'attention de Bunny comme il le souhaitait. « Je viendrai, à chaque fête de Pâques, tout te gâcher. »

« C'est une menace ? » gronda le lapin.

« Oui. Pour que tu m'écoutes. »

Bunny braqua ses yeux dans ceux, bleus, du gardien. Il essayait de distinguer toute trace de moquerie, toute mauvaise intention. Mais le sourire de Jack ne révélait qu'une détermination flagrante. Et autre chose ?

« Je t'écoute, » céda finalement Bunny.

« Tu m'as montré ton secret, à moi de te révéler le mien. Je n'ai jamais été amoureux. Jusqu'à toi. »

Le regard du lapin se fit sombre, plein d'une lucidité douloureuse.

« Tu n'es pas amoureux de moi, Jack. »

Décidément, tout le monde semblait connaître ses sentiments mieux que lui-même !

« Peut-être pas. Je n'en sais rien, » avoua Jack. « Mais je veux être avec toi. Je veux tomber amoureux de toi. »

Les yeux de Bunny brillaient – était-ce de l'espoir ?

« Si c'est une blague, ce n'est pas drôle… »

Sa voix n'était qu'un murmure, une sorte de supplication.

« C'est pas… Bunny, je… »

Je quoi ? Que dire ? pensa Jack. Je peux pas dire grand-chose de plus. Le temps était venu de l'action. Alors l'esprit du gel s'envola légèrement pour s'approcher de Bunny. Il se colla presque au corps poilu de son ami, leva une main gelée et la posa sur sa joue. Puis, le cœur battant à tout rompre, il approcha doucement le visage de son ami du sien, ferma les yeux pour montrer sa totale confiance.

Au fur et à mesure que leurs visages se rapprochaient, Jack sentit sous sa main Bunny prendre forme humaine, le corps massif contre lui devenir celui d'un homme. Le souffle chaud de Bunny percuta les lèvres de Jack, une main mal-assurée entoura ses hanches et, l'instant d'après, enfin, l'impact des lèvres eut lieu.

Doux baiser, tendre baiser. Aucun n'osait appuyer cette étreinte trop nouvelle et intimidante. Mais les secondes passaient et le contact devenait plus électrisant, plus intense, plus recherché. Jack se rapprocha de lui-même pour coller son corps contre celui de Bunny, appréciant la forme agréable de ce torse si bien formé contre lui. Le gardien de l'espoir se laissa aller à l'étreinte et ses mains se mirent à parcourir le corps du jeune homme. Mais alors que les doigts se glissèrent sous le pull de Jack, touchant cette peau glacée, Bunny mit soudain fin au baiser.

Jack, déçu, mit quelques secondes à retrouver ses esprits tant le baiser fut enivrant.

Bunny ne le lâchait pas. Il le regardait intensément, comme essayant de lire ses pensées.

« Jack, dis-moi le maintenant si tu te moques de moi ou si je rêve. Je ne supporterais pas de… »

Mais le gardien de l'amusement n'était pas d'humeur à s'amuser en cet instant. Il y avait deux lèvres qui l'attiraient bien trop, un désir ardent qui demandait à être assouvi. Alors, pour faire taire les doutes de Bunny, il replongea sur sa bouche, initiant un baiser gourmand et profond.

Puis, oubliant toute délicatesse et voyant que Bunny reprenait confiance, il enleva de lui-même son pull pour laisser apparent ce torse blanc que l'autre s'empressa de dévorer. Mais leur désir grandissait et ces petits échanges ne furent bientôt plus suffisants. Alors Bunny attrapa Jack par les cuisses, le souleva et le plaqua contre son torse, l'embrassant toujours, pour le mener dans sa cabane. Au fil des pas, Jack pouvait sentir le désir de Bunny contre ses fesses, tout comme l'autre sentait probablement le sien contre son bas-ventre.

Enfin, ils arrivèrent dans la petite maison de pierre. Là, Bunny déposa délicatement Jack sur son lit et, sans lui laisser plus de temps, il revint à la charge, embrassant chaque parcelle visible de son corps et le débarrassant de ses habits devenus trop encombrants. Jack n'arrivait plus à aligner deux pensées cohérentes, cette affection sauvage et puissante lui faisait perdre la tête. Et alors qu'une pause lui permettait enfin d'ouvrir les yeux, il vit Bunny se déshabiller lui-même. Un petit sourire traversa la barrière de ses lèvres, mais ne dura pas : le gardien de l'espoir venait de plonger sur le désir de Jack, le dévorant avec délice.

Jack se sentit fébrile alors qu'un doigt s'introduisait déjà en lui, et il pria pour que ce moment jamais ne se termine.


Alors, verdict ? ?