Chapitre 9 : L'esclave de deux reines !

Seul à seul, face à la reine, comme plus de cent vingt années auparavant, Harlock était prêt au combat. En revanche il ne ferait plus preuve de la même clémence. Alors que la reine se dirigeait vers une commode, il toucha la crosse de son Cosmodragoon. Il voulut s'emparer de l'arme mais sa main refusa de lui obéir. Il le sentait les nanos l'empêchaient d'agir. C'était donc ça le pouvoir des nouvelles machines créées par les chercheurs de Sylvidra, des appareils capables de contrôler la volonté des gens. Il se trouvait réduit à l'impuissance. Les muscles de sa mâchoire se contractèrent sous l'effet de la colère. Si il voulait parvenir à tuer la reine, il allait devoir trouver le moyen de les tromper ce qui ne serait pas une chose aisée. Sylvidra après s'être saisie d'une tenue se rendit dans la salle de bain. Le capitaine entendit l'eau couler. Il décida de partir mais sa décision fut bloquée. Il se retrouvait à attendre docilement que la reine ait fini de s'apprêter pour la nuit. Sylvidra revint une demi-heure plus tard un sourire moqueur sur ses lèvres. Elle portait une tenue de nuit très élégante, blanche transparente. Le sang d'Harlock se glaça d'horreur dans ses veines en comprenant ce que la reine comptait obtenir de lui. Pour le capitaine, il était impossible qu'elle obtienne un tel résultat grâce aux nouvelles nanos. Pourtant il le sentait, il était en danger. Jamais il ne pourrait supporter son contact en étant conscient. Il ne supporterait pas de devoir s'unir à elle encore et encore. La reine approcha en ondulant des hanches. Elle planta son regard dans le sien et en voyant le regard haineux de sa proie elle eut le sourire de la victoire.

- Je vois que tu commences à comprendre le pouvoir des nouvelles nanos, constata-t-elle en souriant. Tu es à moi à présent.

- Te me dégoûtes totalement, tu en as conscience au moins ? Répliqua Harlock sur la défensive.

La reine eut un rire méprisant.

- Ne viens pas me dire que s'est lié à la mort de Mark, cela a toujours été le cas ! Rétorqua la reine.

- Pas lorsque je te combattais ! Ni même après !

- Menteur ! Siffla la reine. Tu t'es donné à des femmes vulgaires, indignes de poser leurs mains sur toi ! Pas une seule fois tu es venu vers moi et pourtant nos chemins se sont croisés plus d'une fois après que tu m'aie vaincu et j'ai toujours vu le même mépris dans ton regard même lorsque nous nous sommes croisés après ta rupture avec Mimée, quelques mois avant que je ne mette au point mon plan de vengeance ! Tu étais ma faiblesse Hans et j'ai décidé à ce moment-là d'en faire ma force !

- Je vois que tu n'as jamais compris où était le problème, j'ai toujours senti en toi le désir de conquête, c'est pourquoi je suis resté sur mes gardes ! Se défendit Harlock.

- Pourtant si tu avais accepté de m'aimer il n'y aurait pas eu de guerre ! Rétorqua la reine. Tu m'aurais donné une héritière et nos deux peuples auraient été liés à jamais !

- A cette époque je ne pensais pas que nous étions génétiquement ou biologiquement compatibles et de toute manière je ne t'aimais pas ! Affirma-t-il durement.

Il eut un temps de silence entre les deux ennemis.

- Et je ne t'aimerai jamais ! Acheva-t-il sèchement.

- Je le sais et je m'en moque ! Soutint-elle en colère. Te posséder n'en sera que meilleur ! Que tu le veuilles ou non à présent tu es à moi et à Isabelle !

- Est-ce que tu crois vraiment qu'avec ces nanos je vais me donner à toi ? Ricana Harlock.

- Crois-moi, tu vas céder ! Se moqua la reine. Je peux te donner n'importe quel ordre et tu l'exécuteras.

- Je refuse de coucher avec toi ! Tu n'es qu'une sale plante carnivore, dominatrice et perverse ! Une abomination qu'il est temps de faire disparaître ! L'insulta Harlock en colère.

La reine éclata d'un rire haineux. Ainsi donc monsieur pensait pouvoir lui résister. Elle allait faire durer le plaisir et s'il poursuivait dans ses persiflages elle le lui ferait payer.
- Approches ! Ordonna-t-elle durement

Harlock résistait de toutes ses forces, refusant de plier, il luttait contre les nanos qui commençaient à envoyer des signaux au centre moteur. Ses muscles étaient tendus au maximum. Sa volonté de fer se battait contre ces intrus qui voulaient le faire obéir à cet être assoiffé de pouvoir. Il avait compris la tactique de Sylvidra, elle allait le briser totalement. Elle le connaissait suffisamment pour savoir sur quel bouton appuyer. Il ne lui restait qu'une seule solution pour conserver sa liberté ainsi que sa dignité. Il s'empara de la crosse de son Cosmodragoon afin de le tourner contre lui vu qu'il ne pouvait tuer Sylvidra mais son geste fut bloqué par les nanos qui avaient anticipé sa décision. Sylvidra lui avait retiré même le droit de se supprimer. La reine ricana. Harlock faiblissait, il le sentait, il finit par se diriger vers la reine, qui, une fois qu'il fut près d'elle, passa ses bras autours de sa nuque.

- Je me moque de ce que tu peux ressentir, avoua-t-elle. Je me fiche pas mal d'être la seule à aimer Hans. J'ai envie de toi et tu vas te donner totalement. A présent, fais-moi l'amour !

Pour Harlock, la situation était pire que toutes celles qu'il avait connu.

Ces machines ne pouvaient quand même pas le contraindre à cela ? Il tremblait de colère. Sylvidra lui souriait sournoisement se doutant de la lutte intérieure qui l'animait.

- Tu veux que je te donne une héritière n'est-ce pas ? Comprit Harlock. Pour quoi faire ? Pour la tuer si elle te désobéit ?

- Ne sois pas si mordant, conseilla la reine. Je pourrai me fâcher et tu n'as pas la moindre idée de ce que je pourrai te faire subir.

- Je pense que le docteur Kimura en avait une très bonne idée, répliqua Harlock.

- Je crois qu'il était même en dessous de la réalité Harlock, soutint la reine. Crois-moi, les Mazones en connaissent long sur les tortures que l'on peut infliger à un homme sans le tuer. Alors sois raisonnable, épargnes-toi des souffrances inutiles. Je ferai tout pour obtenir de toi l'héritière dont mon peuple a besoin mais je compte bien me satisfaire par la même occasion.

Elle descendit la fermeture éclair de la veste en cuir, dégageant le torse sans que le capitaine ne puisse l'en empêcher.

- Mets-toi à l'ouvrage, c'est un ordre ! Exigea Sylvidra.

Le combat intérieur faisait rage. Harlock résista le plus longtemps possible mais les nanos s'étaient emparées de la zone réservée au plaisir sexuel et à l'instinct reproducteur augmentant la production de testostérone qui envahissait son cerveau. La reine fit glisser ses mains vers l'intimité du capitaine qui était gonflée de désir, la caressant avec douceur. Elle se colla à Harlock, le serrant contre elle. Elle défit le ceinturon qui tomba lourdement sur le sol. Le capitaine était pâle de colère et de haine, son corps ne lui obéissait plus, les nanos se servant dans ses souvenirs intimes pour le forcer à les revivre avec la reine. Il pensa à Ellie, qui se trouvait loin de lui ainsi qu'à ses enfants. Il retint les larmes qui montaient alors que la reine après avoir dégrafé son pantalon s'était emparée de son intimité. Elle caressait avec douceur de haut en bas le fier dragon du capitaine qui s'était dressé malgré la volonté de son maître à résister. Sa volonté faiblissait, il allait céder. Écœuré, à contrecœur, ses lèvres s'emparèrent de celles de la reine pour l'embrasser fougueusement comme il l'aurait fait avec Ellie. Le cœur en miettes, il sentit ses mains caresser le corps de la reine puis s'emparer fermement des fesses de la Mazone. Il la poussa jusqu'au lit où il la bascula avant de se placer au-dessus d'elle. Il la déshabilla entièrement caressant amoureusement son corps d'albâtre. La reine gémissait de plaisir. Harlock ne fut pas long à enlever son costume de pirate et la reine put enfin poser ses mains sur cette peau si douce caressant voluptueusement les abdominaux ainsi que le torse. Elle commença à lécher et mordiller la peau du capitaine tout en glissant vers un des mamelons qu'elle commença à torturer amoureusement, arrachant à sa victime des gémissements de plaisir. Sylvidra semblait très bien connaître ses zones érogènes ce qui embarrassait horriblement Harlock. Elle cessa ses douces tortures pour descendre vers l'intimité du capitaine dont ses lèvres s'emparèrent. Elle sentait les pulsations cardiaques d'Harlock à travers les veines saillantes. Il battait vite, son rythme cardiaque semblant s'emballer. Sa main glissa entre les cuisses du capitaine pour remonter afin de s'emparer du sac de graines d'où elle espérait bien prélever celle qui deviendrait sa fille. Elle le caressa amoureusement tout en douceur, le massant délicatement pour augmenter le désir de son amant. Pour le capitaine, le point de non-retour était proche et la reine le sentant à deux doigts de succomber de plaisir cessa ses caresses le regardant avec volupté. Ce qu'elle vit dans le regard d'Harlock la choqua mais elle décida de passer outre. Elle détourna les yeux pour ne pas voir la tristesse infinie et la douleur qui envahissaient son œil valide. Elle s'installa confortablement sur le lit, écartant les jambes afin que le capitaine comprenne ce qu'elle attendait de lui. Harlock s'inclina. Il s'occupa de préparer la reine à la pénétration avec une telle douceur doublée d'une telle passion que celle-ci sentit ses muscles se raidir alors que des gémissements de plaisir s'échappaient de sa gorge. Elle repoussa Harlock lorsqu'elle atteignit l'extase en hurlant son plaisir puis elle le bascula violemment sur le dos, se plaçant au-dessus de lui afin de pouvoir le chevaucher tout à loisir. Une fois qu'Harlock fut en elle, elle commença à bouger, accélérant régulièrement jusqu'à atteindre une première fois l'extase, ses mouvements ralentirent alors qu'elle s'emparait des mains d'Harlock pour les poser sur son corps. Celui-ci caressa la pointe des seins durcie par le plaisir puis il remonta vers la gorge alors que la reine accélérait à nouveau en gémissant de plus en plus fort. Sylvidra se laissait inonder par le plaisir. Elle désirait cet homme si fort que chaque coup de rein lui procurait beaucoup plus de plaisir qu'avec les multiples amants de passage qu'elle avait choisi pour combler le vide de ses nuits. Inconsciemment elle guida les mains d'Harlock jusqu'à sa gorge qui s'en emparèrent la serrant doucement. Harlock vit là une opportunité à saisir. Sylvidra voulait une asphyxie érotique, il allait la lui donner mais elle n'en réchapperait pas. Il serra progressivement de plus en plus fort. La reine pouvait sentir sa tête lui tourner mais le plaisir devenait si intense qu'elle n'y prêta pas attention. Harlock resserrait régulièrement tout en retenant son propre orgasme. Alors qu'il espérait avoir réussi à vaincre la vigilance des nanos il s'aperçut qu'il ne pouvait serrer plus fort et ce même en poussant sa volonté à son paroxysme. Ses tempes lui bourdonnaient. Son plaisir demandait de plus en plus fort à être libéré mais il se refusait d'y céder. Il gémissait de douleur alors que des larmes de dépit se mirent à rouler sur sa joue. Il le sentait, il allait céder. Ses mains se mirent à trembler puis il jouit en lâchant le cou de la reine. Celle-ci après une ultime extase retomba sur son amant et sourit en voyant les larmes qui inondaient le visage du capitaine. Par cruauté, mêlée à de la perversité, elle recueillit les larmes du capitaine avec sa langue savourant leur léger goût salé. Harlock en sentant la langue de la reine sur sa joue eut une mine de dégoût en la repoussant violemment. La reine éclata de rire en atterrissant à l'extrémité du lit.

- Tu as été parfait comme d'habitude ! Le félicita-t-elle cruellement. Et le goût de tes larmes est celui de la victoire ! Fais toi une raison tu es à moi à présent, ce n'est plus la peine de résister !

Elle s'approcha à nouveau de lui.

- Et je t'interdis de te montrer brutal ! Menaça-t-elle. Rien que le geste que tu viens d'avoir aurait dû te valoir une centaine de coups de fouet ! Mon jouet se doit d'obéir, Harlock ! Rhabilles toi et rejoins tes appartements ! Cela suffira pour ce soir ! A présent tu sais qui est ton maître tout du moins ta maîtresse !

Harlock respira profondément, il avait envie de vomir. Il était écœuré. Il se sentait sale, humilié. Sa vie promettait d'être un enfer jusqu'à ce que Sylvidra se lasse enfin de lui. Il ne pourrait supporter cela pendant des mois voire des années. Il se releva rapidement, se revêtit sans dire un mot puis quitta la pièce sous le regard moqueur de la reine des Mazones. Une des soldates de la reine l'attendait à l'extérieur. Elle le guida jusqu'à ses appartements. Une fois à l'intérieur, la porte refermée, le capitaine s'effondra pâle comme un linge. Les nanos avaient cessé leur contrôle et il était vidé de ses forces. Il resta ainsi pendant plusieurs minutes avant que la porte de l'appartement ne s'ouvre pour laisser passer une Isabelle Von Kiel revêtue d'une tenue de nuit très vaporeuse. Harlock en la voyant, réunit ses dernières forces pour se relever et s'éloigner au plus vite de sa visiteuse nocturne.

- Du calme Hans, je ne vous veux aucun mal, affirma Isabelle en souriant.

Elle s'approcha de lui mais Harlock recula d'autant. En constatant cela, elle s'arrêta et lui sourit avec douceur.

- Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas venu abuser de vos charmes ! Le rassura-t-elle.

Seulement ses propos n'eurent pas l'effet escompté.

- Je vous en prie essayez de vous calmer ! Souhaita-t-elle. Nous devons discuter vous et moi !

- Ne t'approche pas de moi ! Exigea le capitaine.

- Quand vous vous serviez de moi, cela ne vous dérangeait pas que je m'approche de vous ! Reprocha-t-elle. Je commence à croire que Sylvidra a raison, vous avez besoin d'être mâté !

- Comptes-tu régler cela à l'aide de coups de fouet ? Se défendit Harlock.

- Je vois, Sylvidra compte utiliser la force, il fallait s'y attendre. Se désola Isabelle. Montrez-vous docile il en va de votre survie !

- Tu crois que je veux vivre en étant dans les griffes de ce monstre

? Répliqua Harlock en colère.

- C'est une alliée nécessaire pour mener mon projet à bien, Hans ! Soutint Isabelle. Elle peut me fournir la flotte nécessaire pour vaincre celui qui survivra entre mon père et Oscar.

- A ta place je ne me fierai pas trop à sa parole, grinça Harlock. Ses désirs de pouvoir sont incommensurables !

- C'est très étrange, j'ai vraiment l'impression que c'est parce qu'elle est à votre contact qu'elle est aussi agressive. Avec moi, elle s'est toujours montrée très gentille ! Affirma Isabelle.

Elle planta son regard dans celui du capitaine. Celui-ci en voyant autant d'amour que de passion contenue dans les yeux de la jeune femme tourna la tête de honte pour ne plus voir ce regard brûlant qui le déshabillait littéralement. Le cœur d'Isabelle se serra, Harlock ne ressentait même pas de la colère après son horrible témoignage lors du procès. Il semblait juste être embarrassé par les sentiments de la jeune femme

- Je suis désolé Isabelle mais je ne peux pas, je suis amoureux d'Ellie et je ne renoncerai jamais à elle ! Avoua-t-il.

- Je sais Hans mais dîtes vous bien que je suis la seule chance de survie pour elle et pour vos enfants. Je suppose que vous les avez envoyés sur une planète où vous pensez qu'ils seront en sécurité mais comprenez que cela ne durera pas. Même si l'ADN de mon époux est soigné, il voudra toujours conquérir plus de territoires et tôt ou tard il trouvera la planète où s'est réfugiée votre famille. Si vous voulez les protéger, il vous faudra m'aider à accéder au trône ! Sylvidra veut la paix et je pense que nous pouvons nous entendre. Il faut juste pour cela que vous lui donniez ce qu'elle veut !

- Je suis dindon de la farce quoi ! Ragea le capitaine.

- Hans je vous aime et vous le savez, vous et moi nous pourrions régner ensemble sur cette galaxie ! Épousez-moi Hans ! Proposa Isabelle.

- Je refuse ! Décréta Harlock d'une voix ferme.

- Dans ce cas vous deviendrez amant royal mais je ne renoncerai pas à vous ! Ce sera la descendance que vous donnerez à Sylvidra ainsi qu'à moi qui régnera sur l'humanité et les Mazones !

- Si je comprends bien vous avez décidé de vous partager ma personne ? Ricana Harlock.

- Pas tout à fait, affirma Isabelle.

- Cela vaudrait mieux pour vous, la dernière fois que deux personnes ont envisagé de se partager mes charmes cela a très mal fini, se moqua le capitaine.

- Je sais pour Helena Svlotiania et Oscar, Sylvidra m'a raconté comment vous aviez fait pour obtenir que les deux âmes damnées au service de mon père se fassent la guerre pour vous posséder…Sourit Isabelle. Sylvidra et moi nous savons très bien ce que nous voulons toutes les deux et vous êtes une pièce maîtresse de notre plan. Lorsque j'ai vu l'état de l'Arcadia je pensais que mon meilleur atout était mort. Quelle chance que vous soyez coriace ! Sylvidra veut une fille et vous la lui donnerez que vous le vouliez ou non. Une fois que mon père et mon époux se seront entre tués vous commanderez l'armée qui ira achever le vainqueur, ensuite vous vous chargerez des Illumidas. Une fois cela fait, Sylvidra rejoindra son peuple et je régnerai sur la galaxie. Nos deux peuples seront unis par un donneur commun, en l'occurrence vous ! Mais vous serez à moi et uniquement à moi Hans !

Elle se tut quelques minutes et observa l'homme qu'elle avait en face d'elle. Il semblait profondément blessé, la reine ne l'avait pas ménagé ce qui inquiétait Isabelle. Harlock devait tenir psychologiquement et si la reine le détruisait avant que tout cela ne soit réglé son plan risquait fort de tomber à l'eau Le capitaine se tenait vraiment très éloigné d'elle, réfugié dans un coin de la pièce. Le fait qu'il était fragilisé ne le rendait que plus désirable. Elle le sentait à sa portée mais elle se devait d'attendre. Bientôt, elle pourrait goûter à ses charmes. D'un certain côté elle espérait bien que la haine aiderait cet homme à tenir, il le fallait. Il n'allait tout de même pas offrir à Sylvidra la jouissance d'assister à sa destruction.

- J'ai l'impression que Sylvidra vous a surestimez, se moqua Isabelle. Vous êtes bien fragile finalement ! Vous allez vraiment lui offrir le délicieux spectacle de votre déchéance Hans ? Où est donc passée la volonté de fer du redoutable capitaine du vaisseau à tête de mort ? Je suis tombé amoureuse d'un battant et non d'un être fragile ! Remettez-vous !

- Tout ceci va très mal tourner Isabelle, à ta place je ne croirai pas un traître mot de cette femme, conseilla Harlock.

- Je ne lui fais pas entièrement confiance rassurez-vous, sourit Isabelle. J'espère qu'elle tiendra sa parole c'est tout !

- Quel est ton plan ? S'enquit Harlock. Car je ne te vois pas attendre le bon vouloir de Sylvidra !

- Je savais que cela piquerait votre curiosité Hans, se réjouit Isabelle. Je sais que les Résistants ont débarrassé les humains des nanos implantées par mon mari !

- Je ne vois pas en quoi cela va pouvoir t'aider, leur mémoire a été effacé, rappela-t-il.

- En théorie, mais Sylvidra m'a affirmé que les chercheurs d'Oscar ont fait une petite erreur, certainement parce qu'ils ont travaillé trop vite pour satisfaire mon époux. Oscar n'est pas un homme très patient. Ils se sont trompés dans leur programmation et d'après la reine la population a du retrouver la mémoire à l'heure qu'il est.

Isabelle observa Harlock. Celui-ci poussa un soupir de soulagement. Si la population avait retrouvé la mémoire alors il pourrait peut-être libérer la galaxie de l'emprise des aristocrates, des Mazones et de la menace Illumidas. Les Résistants n'auraient plus qu'ensuite à éliminer les troupes d'Isabelle. Harlock réfléchissait à toute vitesse, les troupes seraient commandées par lui et il espérait vraiment qu'un de ses anciens élèves seraient capables de le vaincre. Le meilleur élève qu'il ait eu était Elliot Grant mais il avait lui aussi péri pendant la protection des vaisseaux de la Résistance. Qui restait-il ? Harlock s'assit tout en réfléchissant. Ryo faisait également parti des victimes ainsi que le général Martin. Il prit sa tête entre ses mains en soupirant à nouveau. Il eut une boule d'angoisse dans l'estomac en songeant à son équipage, Sylvidra l'avait récupéré, est ce qu'il était le seul survivant ? Est-ce que Sylvidra n'avait pas pensé à s'assurer de la mort des membres de l'Arcadia ?

- Est-ce que tu me laisses le temps d'y réfléchir ? Espéra Harlock.

- Bien sûr, accepta Isabelle en souriant.

Elle se doutait qu'Harlock devait lui aussi fomenter un plan dans son coin mais comme il était sous nanos cela ne servirait à rien, il ne pourrait prendre aucune initiative. Il allait se retrouver dans la position de la victime, incapable de se défendre ou de fuir ce qui était pour Isabelle l'occasion de sa vie. Elle sortit après lui avoir fait un doux sourire. Harlock était toujours très pâle. Il se releva difficilement. Il savait auprès de qui il aurait les réponses à ses questions mais il doutait de la franchise de celle-ci. Il sortit de ses appartements. Il trouva dans le couloir face à sa porte une soldate Mazone chargée de le surveiller.

- Est-ce que vous pourriez me conduire aux appartements de votre reine ? S'enquit Harlock gêné.

La Mazone ne répondit pas se contentant avec son fusil de faire signe au capitaine de passer devant. Dès qu'ils furent face au logement de la reine, la soldate frappa puis ouvrit la porte une fois qu'elle fut autorisée à entrer. Elle s'effaça pour laisser passer le capitaine qui pénétra angoissé, mal à l'aise et inquiet. La reine ricana en voyant son visiteur nocturne.

- Tu en redemandes ? Se moqua la reine.

- J'ai quelques questions à te poser. Révéla Harlock d'une voix douce.

- Et tu crois que je vais y répondre ? Sourit la reine.

- Je n'en sais rien mais je ne peux plus rester dans le doute, avoua le capitaine.

La différence de ton surpris la reine. Harlock semblait vaincu, épuisé et aucun cas désireux de lutter.

- Qu'est-ce que tu veux savoir ? L'agressa-t-elle.

- Mon équipage ? L'interrogea Harlock.

La reine se mordit la lèvre inférieure. Elle hésitait entre lui dire la vérité ou lui mentir pour lui faire plus de mal.

- Il est peut être en vie, reconnut-elle.

Le cœur d'Harlock eut un temps d'arrêt avant de repartir violemment. Sylvidra vit que sa victime reprenait des couleurs.

- Tu espères qu'il pourra te sauver ? Grinça-t-elle.

- Je sais qu'il n'y a aucune chance, avoua Harlock. Les nanos que tu as placé en moi ont les mêmes propriétés que celle de Mark donc je suis déjà mort et vu l'état de mon vaisseau ou la situation de mon équipage il ne pourra venir m'éliminer rapidement et tu auras tout le temps d'obtenir de moi ce que tu veux. C'est pour ça que tu ne m'as pas menti.

- En effet le mensonge serait inutile, reconnut la reine.

- De toute manière sans un secours rapide ils ont dû probablement périr, se désola Harlock.

- Les secours n'étaient pas très loin quand je suis venu te récupérer, révéla la reine.

- Les Résistants avaient reçus des ordres très clairs, ils n'auraient pas désobéi étant donné la situation catastrophique dans laquelle cette portion de la galaxie se trouve, douta Harlock.

- Je n'ai pas parlé des Résistants, indiqua la reine.

Harlock pâlit de nouveau, se demandant entre quelles mains sont équipage était tombé. En le voyant faiblir, la reine décida d'agir.

- Notre petit-fils Hans, affirma la reine.

Harlock avait du mal à interpréter cette réponse, la dernière fois qu'il avait vu Thomas, celui-ci avait le développement d'un petit enfant de cinq ans.

- Thomas est un petit gamin, rappela Harlock d'une voix blanche.

- A ce que je vois Eliza Zone ne t'as pas fait un rapport complet, remarque c'est normal. Les choses s'étant enchaînées trop vite elle a dû parer au plus pressé ! Soutint la reine. Grâce à un traitement conçu par mes chercheurs que j'ai fait prendre à Thomas sa croissance a été grandement accélérée ! A l'heure actuelle il doit être adulte et avoir hérité de toute la beauté de son père et de son grand-père.

- Tu as fait subir à Thomas ce que tu as fait endurer à Mark ! Tu es un monstre ! S'écria Harlock.

- Ferme-la ! Ordonna la reine. De quel droit viens-tu geindre ? Contrairement à Mark, Thomas a eu une mère ! Eliza Zone lui a donné toute l'affection dont il avait besoin sans compter la religieuse qui adorait ce gamin ! Il n'a pas été malheureux comme Mark ! J'y ai veillé !

- Et tu te dis qu'à présent il va vouloir accomplir ce que tu prévoyais pour lui, la conquête de la Terre et l'anéantissement de l'humanité ! Éructa Harlock en colère.

- Tu y as cru ! S'exclama la reine en riant. C'est ton petit-fils Hans, le fils de Mark ! J'ai bluffé lorsque je t'ai affirmé cela ! Il n'aura aucun désir de conquête ! Il est comme toi ! Tu crois que c'est pour quelle raison que j'ai décidé de me remettre en selle maintenant et de mettre au monde une héritière chargée de prendre ma relève ?

- Mais comment est-ce que Thomas aurait pu arriver à temps ? S'étonna Harlock.

Puis en un éclair la réponse se matérialisa dans son esprit. Sylvidra observa Harlock. Sa réaction était très claire.

- A ce que je peux constater d'après ton attitude Mark aussi vient te voir en rêve, conclut la reine.

- Plus depuis quelques temps, avoua Harlock d'une voix blanche.

- Il te manque ? S'enquit la reine.

Harlock garda le silence, la réponse était évidente. La reine sentit un pincement au cœur. Décidément, elle avait commis de terribles erreurs qui risquaient de coûter la vie à tout le peuple Mazone qu'elle représentait. Elle allait devoir négocier avec sa victime.

- Écoute, je n'ai pas l'intention de faire les mêmes erreurs que par le passé, affirma la reine.

Harlock en entendant ces mots ne put retenir un ricanement. Pour lui la reine des Mazones était une menteuse pathologique qui allait essayer de le manipuler.

- Je sais que tu ne me crois pas mais une fois notre fille mise au monde je compte t'en confier la garde, révéla-t-elle.

- Pourquoi ferais-tu cela ? Se moqua Harlock en riant, incrédule.

- Pour éviter que cela ne tourne comme pour Mark. Je sais que tu me hais pour ce que j'ai fait, ce qui est surprenant, mais bon je me suis habituée au fait que tu aies pu aimer un enfant fait sans ton consentement. Tu élèveras notre fille lorsque la galaxie sera stabilisée. Je te laisserai auprès d'Isabelle Von Kiel et je te confierai l'éducation de notre fille mais dis-toi bien que je la prendrai deux mois par an pour la former en tant que future reine.

- Tu veux lui enseigner à devenir une sociopathe ? Grinça Harlock.

- Je sais qu'Isabelle a du t'exposer notre projet, Hans. Affirma la reine. Et crois-le ou non mais j'espère bien qu'il pourra aboutir mais pour cela tu vas avoir beaucoup de travail à accomplir. Je me doute que tu espères que la Résistance pourra le faire tomber à l'eau mais ils échoueront car ce sont nos troupes commandées par toi qui se retrouveront en face d'eux ! Ils n'auront aucune chance ! Ils feraient mieux de rester terrés sur la planète où ils ont trouvé refuge ! Dis-toi bien qu'avec les nanos qui sont implantées dans ton corps tu tueras tes amis sans hésiter tu peux me croire ! Elles ont été programmées en grande partie pour la guerre à venir ! Tes amis n'auront aucune chance !

- Est-ce que je suis en droit d'obtenir une faveur ? Souhaita Harlock.

- Laquelle ? S'enquit la reine surprise.

- Une fois que tu seras enceinte, tu ne me toucheras plus sans quoi….Craqua Harlock à bout de force, écœuré, plus très loin d'être brisé.

- Soit ! Mais, mets moi enceinte et d'une fille qui plus est ! Les garçons que tu donnes tiennent beaucoup trop de toi !

- Pourvu que j'ai réussi à taper dans le mile du premier coup cela m'arrangerait pour une fois, avoua Harlock d'une voix blanche.

Harlock quitta l'appartement péniblement. La soldate le raccompagna jusqu'à son logement. Une fois à l'intérieur, il se glissa dans la salle de bains afin de prendre une douche. Il resta sous l'eau brûlante extrêmement longtemps puis hagard, épuisé, il finit par sortir. Il avait la sensation de flotter. Il s'effondra sur le lit où il sombra dans un profond sommeil, des larmes s'échappant de son œil valide.

Kurt et Mark s'étaient donné rendez-vous sur Terre loin des oreilles indiscrètes des autres anges gardiens. Kurt se chargea d'annoncer à son frère la vérité sur son père ce que celui-ci prit très mal. Lui qui espérait que son père pourrait un jour avoir une vie normale fut écœuré d'apprendre que cela n'arriverait probablement jamais. Il ne s'était plus rendu auprès du capitaine de l'Arcadia, se doutant que les autres anges gardiens étaient à l'affût du moindre faux pas de sa part. Il devait rester à l'écart et cela le faisait enrager. Alors que les deux frères prévoyaient de se séparer, l'ange vénérable du conseil se présenta devant eux. Apparemment quel que soit l'endroit qu'ils choisissaient pour discuter, ils finissaient toujours par être retrouvés. Ils s'inclinèrent face à leur visiteur qui leur sourit avec bienveillance. Il se doutait de la colère qui avait envahi le cœur du jeune Mark.

- Bonjour mes enfants, les salua-t-il. A ce que je vois, Kurt t'a révélé la véritable nature de ton père.

- Est-ce qu'il n'y a pas un moyen de lui retirer cette tâche ? S'inquiéta Mark.

- Crois bien que si c'était le cas, cela aurait été fait depuis longtemps mais rassures-toi, ton père aura bientôt des alliés de poids qui rééquilibreront la situation.

- Quels alliés ? S'étonnèrent les deux frères.

- Une surprise que nous gardions pour les Mazones ! Se réjouit l'ange.

- Une sécurité ? Proposa Kurt.

- Exactement ! Mark, je te rends ton pouvoir, ton père a besoin de toi plus que jamais ! Il faut qu'il tienne !

- Et je fais comment pour le réconforter ? S'énerva Mark. Je ne peux même pas le serrer dans mes bras sous peine de provoquer sa mort !

- Révèle-lui ta véritable nature ! Ordonna l'ange. Utilise ton pouvoir ! Il faut vraiment lui faire remonter la pente !

L'ange vénérable unit ses mains tandis qu'une lumière dorée émanait de son corps. L'énergie pénétra dans l'âme de Mark, enlevant le blocage de ses pouvoirs. Ceux-ci une fois libérés se manifestèrent violemment en dégageant une vague d'énergie qui déferla le long de la montagne, secouant durement les arbres qui en occupaient les pentes. Mark salua l'ange puis son frère. Il déploya ses vastes ailes d'or qui se mirent à battre rapidement alors qu'il s'élevait du sol filant vers le vaisseau de Sylvidra où était retenu son père. Son âme pénétra dans l'appareil à la recherche du capitaine Harlock. Il le trouva effondré sur le lit, le visage ruisselant de larmes. Il s'approcha de lui, posa sa main sur la joue du capitaine puis il murmura :

- Papa.

Il n'avait jamais vu son père dans état aussi misérable. Il y avait des traces de morsures ainsi que de suçons sur son torse au niveau des mamelons et il tremblait comme une feuille. Mark utilisa son pouvoir afin de recouvrir le corps du capitaine avec une couverture chaude puis son âme s'illumina alors qu'il se concentrait pour que celle-ci entre en symbiose avec celle de son père. Harlock souffrait énormément. Mark se concentra pour le rejoindre dans son rêve. Son âme disparut brutalement se transformant en une perle d'énergie qui illumina le front du capitaine avant de pénétrer dans son esprit. Harlock comme à chacun de ses rêves avait atterri à Heiligenstadt près de la rivière où il avait dit adieu à son fils. Des larmes roulaient sans discontinuer le long de sa joue. Ellie et leurs enfants lui manquaient cruellement ainsi que son fils Mark qu'il n'avait vu depuis un mois. Il se s'agenouilla près des flots bleus, caressant l'eau du plat de sa main. Il soupira profondément. Il vit alors dans le reflet des flots un halo doré se matérialiser derrière lui. Il se releva, fit face au halo qui fit place à l'âme de Mark qui regardait son père avec douceur et amour. Le cœur d'Harlock s'emballa dans sa poitrine.

- Tu m'as tellement manqué Mark ! S'exclama Harlock en essuyant ses larmes, embarrassé que son fils le voit dans un tel état de faiblesse.

- Tu n'as pas à les cacher devant moi papa ! Affirma Mark. Je sais que ma mère t'a encore fait beaucoup de mal.

- Tout de même, un père qui se retrouve à pleurer devant son fils cela ne fait pas très sérieux, s'excusa Harlock. J'étais très inquiet pour toi. Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? Kurt m'a bien raconté une excuse mais elle m'a paru plus que douteuse.

- J'ai été sanctionné, avoua Mark.

- A cause de moi, comprit Harlock.

- Non papa, c'est juste que je suis trop inquiet pour mes proches et trop impliqué aussi. Je suis venu pour t'aider et cette fois-ci avec l'assentiment des autres anges gardiens ! Révéla Mark.

A la grande surprise d'Harlock, de vastes ailes dorées comme celles de Kurt se déployèrent dans le dos de son fils. Elles étaient d'une envergure exceptionnelle. Elles se plièrent délicatement pour se rejoindre derrière le dos du capitaine qui sentit quelques plumes soyeuses lui caresser le visage. Un halo doré se dégagea de l'âme de Mark enveloppant le capitaine de douceur ainsi que de tendresse mêlée d'amour. Mark en agissant ainsi mettait son âme à nu face à son père. Harlock sentit une vague d'amour l'envahir et lui réchauffer le cœur alors qu'il s'endormait en douceur.

- Confie-moi ton âme papa, je vais te soulager, proposa Mark.

Harlock se laissa entièrement faire, cette vague lui faisait tellement de bien. Elle était si douce et si chaude que ses problèmes et ses souffrances semblaient s'effacer vaincus par cette énergie formidable. C'était la première fois que leurs deux âmes communiquaient de cette manière, elles fusionnaient, Mark ressentant tout ce que son père avait dans le cœur. Il sourit en ressentant tout l'amour qui existait dans le cœur d'Harlock Quelques larmes s'échappèrent malgré lui lorsqu'il sentit tout l'amour que le capitaine de l'Arcadia lui portait. Il avait une place importante dans son cœur comme chacun de ses enfants. Il était une part entière de lui et lorsque sa mère l'avait tué elle avait broyé l'âme d'Harlock bien plus qu'elle ne le pensait. Mark soigna l'âme de son père du mieux qu'il le put pendant toute la nuit, utilisant pratiquement toute son énergie. Il lui faudrait plusieurs jours pour se remettre de toutes ses émotions. Il était fermement décidé une fois qu'il quitterait son père d'aller régler certaines choses avec sa mère. Il voulait qu'elle cesse de s'acharner sur lui. La lumière diminua alors que le capitaine ouvrait l'œil. En voyant son fils, son bras se tendit, sa main se posant sur la joue de son enfant. Il lui souriait avec douceur.

- Ça va aller papa, tu vas pouvoir dormir tranquillement, fais de beaux rêves, l'invita Mark.

Harlock s'endormit totalement, ses rêves l'emmenant loin d'Heiligenstadt, dans les bras de celle qu'il aimait auprès des jumeaux qu'elle lui avait donnés. Mark quitta à son tour les lieux, son âme prenant la direction des appartements de sa mère. Sylvidra ne dormait jamais beaucoup, quelques heures de sommeil lui suffisaient. Elle venait de se lever lorsqu'aux aurores l'âme de son fils se matérialisa devant elle. Elle eut un petit rire méprisant en voyant le regard courroucé de Mark.

- Qu'est-ce que tu veux ? L'interrogea-t-elle sèchement.

- Cesse de torturer mon père ! Ordonna-t-il d'une voix dure. Je ne te laisserai pas le briser ! A chaque fois que tu lui feras du mal, je serai là pour l'aider alors cesse tes jeux pervers !

- Je n'ai pas d'ordres à recevoir de toi ! L'invectiva sa mère. Je fais ce que je veux du mâle que j'ai choisi pour la reproduction !

- Détraquée ! L'insulta son fils froidement. Je te conseillerai bien de le libérer tout de suite mais tu n'écouterais rien.

- Ton père ne sera plus jamais libre, ricana la reine. Il mourra en esclave !

- Ton plan va échouer ! Toi et ta nouvelle amie allez merder en beauté ! Et je te signale qu'il est inutile de compter sur mon fils pour t'aider dans tes plans !

La reine éclata de rire.

- Tel père, tel fils, de génération en génération chez les Harlock ! Se moqua Sylvidra. Retourne chez les morts ! Ou tout du moins chez les anges gardiens.

Elle exprima ces derniers mots avec un rictus de dégoût.

- C'est exact, les anges gardiens, souligna Mark. Je commence à comprendre pourquoi tu étais obnubilé par cette série de temples en ruine que tu as trouvé en Grèce. Tu t'inquiètes à cause des mystérieux gardiens, tu te dis que les Résistants pourraient obtenir leur aide si il est prouvé que leurs intentions sont pures, surtout si c'est Ellie qui sert d'émissaire. Si jamais cela arrivait, tu pourras dire adieu à ton royaume.

- Si ils les retrouvent avant que je n'ai eu le temps de les éliminer, se moqua la reine.

- Tu n'y arriveras pas !

- Je sais déjà comment faire, affirma la reine cruellement. Tu peux dire à tes nouveaux amis, que le sort de ces êtres est d'ores et déjà scellé. Je n'ai qu'à aiguiser l'appétit d'Oscar de Péhant.

- Sale garce ! L'insulta Mark.

- Tu n'es pas un Harlock pour rien, j'ai déjà eu le droit à ce qualificatif de la part de ton père ! Rien ne détruira mon empire Mark !

- Tu peux toujours rêver ! Se moqua Mark en disparaissant.

La reine serra les poings de colère. De quel droit venait-il la menacer ? Elle attrapa le vase de roses de son bureau qu'elle fracassa contre le mur en colère. Sa haine en aucun cas apaisée, elle se rua hors de ses appartements pour se rendre au centre des communications. Isabelle s'y trouvait déjà, en relation avec les chercheurs de Sylvidra. Les soldates en voyant leur reine se levèrent pour la saluer respectueusement, le chercheur en faisant de même.

Bonjour Sylvidra, la salua Isabelle. Eh bien, on dirait que votre soirée d'hier s'est mal passée.

- Non, ce n'est pas cela j'ai juste eu une très désagréable visite. Est-ce que les traitements sont prêts ? S'enquit la reine.

- La procédure est prête, indiqua le chercheur.

- Parfait. Venez avec un vaisseau de recherches. Nous allions commencer la thérapie génique dès que possible ! Ordonna la reine. Isabelle, il est temps de prévenir votre cher époux.

Isabelle hocha de la tête en signe d'acceptation. L'image du chercheur disparu.

- Où s'est installé votre époux pour le moment ?

- Dans l'ancien château de mon père sur Amos, révéla Isabelle.

- Une fois que son ADN sera soigné, il faudra qu'il vous amène avec lui. Si nous voulons que notre plan marche, il faut qu'il se décide à vous faire un enfant. Êtes-vous prête ?

- Je le suis depuis la destruction de l'Arcadia votre altesse, affirma Isabelle en souriant.

La reine lui rendit son sourire. La diabolique Isabelle allait lui offrir la possibilité de vaincre.

Harlock se réveilla très tard, apaisé. Il avait fait un très joli rêve. Il était auprès d'Ellie et de leurs enfants mais il n'y en avait pas que deux, il y en avait une bonne dizaine. Il sourit en pensant à son rêve évanoui. Ce rêve en disait long sur ses désirs profonds. Une tranquille petite vie de famille, à vieillir auprès de celle qu'il aimait, voilà qu'elle était son rêve secret. Il l'avait fait si souvent ce rêve, avec Maya d'abord puis avec Mimée, et, à chaque fois, il avait été irréalisable. Pourtant avec Ellie il aurait pu être possible, il en était certain mais le sort une fois de plus l'avait éloigné définitivement de ce qui aurait pu être son plus grand bonheur. Il se leva lentement, se rhabilla puis quitta ses appartements. Une nouvelle Mazone soldat était de garde, chargée de s'assurer que les nanos faisaient bien leur office.

- Leurs altesses ont de la visite aujourd'hui, elles ne pourront déjeuner avec vous, révéla la soldate.

Harlock ne répondit pas, il n'avait pas faim de toute façon alors pourquoi devrait-il se soucier de ce genre de chose. Il décida d'aller se promener à travers le vaisseau. Vu que la reine le laissait parfaitement libre de ses mouvements il allait en profiter pour repérer les lieux. Il chemina à travers les hauts couloirs, la soldate sur ses talons. Beaucoup de Mazones en les croisant se murmuraient des propos en jetant des regards concupiscents sur l'amant de la reine. Harlock n'en n'avait cure. Il ne comprenait pas la fascination qui leur inspirait. Il était vrai qu'il était le seul homme à avoir vaincu leur reine, à lui avoir tenu tête farouchement mais à présent il lui appartenait totalement. En repensant à sa situation, une douleur sourde envahit son cœur. Alors qu'il s'approchait des réserves, les souvenirs envahirent sa mémoire. Il s'approcha de celle où il avait trouvé Ellie et Thomas. Son cœur se serra en entrant dans la vaste pièce. Les caisses n'avaient pas changées de place. Il s'approcha tristement de l'endroit où la jeune femme s'était réfugiée protégeant Thomas de son corps amaigri et sans force. Il quitta ensuite les lieux pour se rendre dans le jardin intérieur. La Mazone qui le suivait commençait à comprendre ce qui poussait Harlock à se rendre dans ses différents endroits, il se laissait porter par ses souvenirs. La soldate se mordit la lèvre inférieure en voyant le banc où Eliza Zone s'installait tous les soirs pour lire, ou tout du moins tout le monde pensait qu'elle y venait pour lire.

- Elle venait souvent ici, finit elle par lâcher dans un souffle.

Harlock ne répliqua pas, ne comprenant pas pourquoi cette Mazone semblait faire preuve de compassion.

- Elle venait tous les soirs avec un livre, indiqua-t-elle. Je passais très souvent devant elle. Au début je m'assurai qu'elle était bien là puis à force d'habitude je ne prêtais plus attention à elle. C'était d'ailleurs ce qu'elle voulait, comme ça, elle était libre de réparer le vaisseau des Mazones défaillants. C'est une sacrée roublarde !

Ce commentaire arracha au capitaine un petit rire ce qui fit sourire la Mazone. C'était vrai chacune d'entre elles avaient été flouées par cette petite brune qui semblait à bout de force. Il regarda avec tendresse vers le banc en souriant puis il quitta les lieux. Il continuait d'avancer au petit bonheur la chance, ne sachant vraiment où ses pas le menaient. Ils arrivaient dans la zone où la religieuse et Ellie avaient leur chambre.

- Est-ce que vous voulez voir la chambre de Thomas ? Proposa la soldate.

Elle passa devant lui. Le capitaine la suivit intrigué. La chambre de Thomas n'était pas très éloignée de celle d'Ellie, ils y furent en moins d'une minute. La Mazone ouvrit la porte puis invita Harlock à entrer. Celui-ci pénétra lentement. Il vit en premier, les dessins accrochés au mur avec des punaises, de la bande adhésive ou de la pâte de fixation. Les premiers dessins ne représentaient que des constellations des plantes puis les suivants étaient beaucoup plus joyeux. Il ne s'agissait plus de dessins éducatifs mais récréatifs où Thomas exprimait sa personnalité. Les couleurs étaient vives, les images joyeuses et le trait précis. Il aperçut ensuite le petit bureau de l'enfant ainsi que son lit. Harlock s'approcha du bureau. D'une main tremblante, le cœur battant la chamade il s'empara du dessin encadré posé sur le meuble qui représentait le portrait de Mark. De son autre main, il s'empara de l'autre dessin qui montrait Thomas main dans la main avec son père à Heiligenstadt. Lorsqu'il avait livré le vaisseau à Ryo, il n'avait même pas pris la peine de le fouiller. Il ne savait pas à ce moment qu'il y avait de tels trésors à son bord. Des larmes se mirent à couler sur sa joue alors qu'il serrait les dessins sur son cœur. Il était heureux de savoir que l'enfant avait pu bénéficier de l'attention d'Ellie qui avait veillé sur lui bien mieux que l'aurait fait Sylvidra ou la mère de l'enfant. Il sortit ensuite de la chambre en emmenant les dessins avec lui. Il poursuivit son chemin à travers le dédale de couloirs. Ils arrivèrent au niveau d'un couloir en forme de cercle qui surplombait le vaste hall d'accueil du vaisseau. Harlock en entendant des voix s'approcha tout en veillant à rester dans l'ombre, le noir de son costume de pirate achevant de le cacher aux éventuels regards indiscrets.

- Faites attention, qu'ils ne vous voient pas, conseilla la Mazone en murmurant.

Harlock comptait bien suivre cet avis n'ayant nullement envie de retomber dans les griffes du duc de Péhant qui venait d'arriver pour la thérapie génique, accompagné par Aristote Zone ainsi que par Friedrich Von Stadt. Une femme en blouse blanche restait à l'arrière du groupe. Harlock identifia sans problème le professeur Baudouin. Il tendit l'oreille au maximum pour recueillir le plus de renseignements possibles. Oscar s'approcha de son épouse et lui fit un élégant baisemain. Harlock ne put retenir un ricanement, pour lui ces deux-là se livraient une guerre feutrée et le duc ignorait tout du plan machiavélique de sa femme.

- Vous êtes resplendissante Isabelle, la flatta-t-il.

- Vous êtes magnifique Oscar, lui renvoya Isabelle en souriant. Je suis ravie que vous ayez pu venir rapidement, les chercheurs de Sylvidra ont achevé le traitement. Vous pouvez en bénéficier dès à présent.

- Qu'est ce qui me garantit que ce n'est pas un poison pire que le mal ? Se moqua Oscar.

- Ne soyez pas stupide Oscar ! Vous êtes le seul à pouvoir maintenir l'unité au sein de ces fous sanguinaires, si je choisissais de vous éliminer, ils s'entretueraient pour obtenir la place de leader. Qu'est ce qui ferait rempart après cela aux Illumidas ? Les troupes de Von Kiel ? Laissez-moi rire ! Ironisa la reine. Que vous jouiez les chiens de garde ne peut que m'avantager !

- Nous sommes bien d'accord Sylvidra, approuva Aristote. De toute manière pour que nous soyons assurés qu'il ne s'agit pas d'un piège, j'apprécierai que tu laisses le professeur Baudouin jeter un œil sur les recherches

- Tu n'as pas confiance en moi, Aristote ? Sourit la reine.

- Disons que mes sentiments peuvent occulter mon jugement c'est pourquoi je préfère prendre certaines précautions.

- Tiens donc, pensa Harlock. Aristote en pince pour elle. Entre monstres ils doivent se comprendre.

Alors que le petit groupe se dirigeait vers la double porte qui se trouvait en dessous de lui, Harlock recula par précaution. Il se dirigea ensuite vers l'infirmerie où le traitement avait été installé avec les chercheurs qui étaient prêts à l'injecter au duc et à ses amis. La soldate le suivit, inquiète, espérant qu'ils ne se feraient pas repérer. Harlock trouva une salle d'examen contiguë à l'infirmerie que les chercheurs avaient laissé libre. Ils y entrèrent tous les deux puis Harlock alla en prenant garde de faire aucun bruit vers le module de communication et alluma la liaison directe existante entre les deux salles ce qui allait lui permettre d'écouter tout ce qu'il s'y discuterait en toute discrétion. Dans l'infirmerie, le professeur Baudouin étudia les différents rapports pendant plus d'une heure sous le regard inquiet des hybrides.

- C'est sans danger, affirma-t-elle après cette étude. Le traitement sera parfaitement efficace. Leur technologie en matière d'ADN est nettement plus en avance que nous !

- Qui souhaite commencer ? S'enquit le médecin Mazone.

- Vas-y Friedrich! Proposa Oscar.

Cette idée fit rire Harlock, Oscar se moquait bien de Von Stadt, il était directement envoyé au casse-pipe. Isabelle fit un clin d'œil à Sylvidra puis elle s'approcha du jeune Von Stadt en ondulant des hanches.

- Venez Friedrich, l'invita-t-elle amoureusement en tendant la main.

Cette attitude intrigua Harlock qui n'en perdait pas une miette. Elle l'amena précautionneusement vers le fauteuil où elle le fit s'installer confortablement.

- J'espère que cela ne vous rendra pas trop malade, susurra-t-elle. Les médecins m'ont affirmé que le traitement pouvait occasionner des nausées.

- Ça va aller Isabelle, il n'est pas en sucre ! Grinça Oscar dont la jalousie s'exprimait enfin.

- C'est juste qu'avec votre manie de sans arrêt vous amusez avec lui jusqu'à ce qu'il s'écroule j'ai peur que vous ne vous soyez trop amusé avec lui la nuit dernière et qu'il n'ait pas la force de supporter le traitement. Reprocha Isabelle en caressant la joue de Friedrich.

- C'est l'hôpital qui se fout de l'infirmerie ! Se vexa Oscar. La nuit où je l'ai laissé avec vous, c'est vous qui l'avez baisé jusqu'à l'épuisement !

Cette révélation estomaqua Harlock. Ainsi donc la prude Isabelle avait réussi à mettre le jeune Von Stadt dans son lit, cela tenait de l'exploit.

- Ce que vous pouvez être jaloux ! S'insurgea Isabelle. Si vous n'aimez pas que je m'amuse avec votre amant, vous devriez venir calmer mes appétits ! Cela fait trop longtemps que j'attends la partie fine que vous m'aviez proposée Oscar !

- Si le traitement est efficace, vous l'aurez ! Accepta Oscar

- Mais j'y compte bien !

- Ça suffit ! Le patient a besoin de calme et votre contact fait grimper son rythme cardiaque en flèche, je vous demande de sortir votre altesse ! Ordonna le médecin en regardant Isabelle durement.

- A plus tard mon gros chat, salua Isabelle le jeune Von Stadt en lui faisant une œillade coquine.

Elle quitta l'infirmerie un sourire aux lèvres, prit le couloir sur sa droite puis sursauta en se trouvant face à un Harlock qui la regardait un sourire moqueur sur les lèvres.

- Félicitations Isabelle ! Vous avez réussi à ce que Von Stadt couche avec une femme, ce n'est pas rien ! Plaisanta Harlock

- Merci capitaine. C'est à vous que je le dois. J'ai plus appris en une heure dans vos bras qu'en je ne sais combien de nuits avec Oscar. Vous êtes un très bon professeur et pas que sur le plan militaire, le complimenta Isabelle en lui faisant un clin d'œil.

- Pourquoi vouloir faire un enfant avec Oscar si vous voulez sa mort ?

- Car cela me fera gagner du temps. Si je lui donne un enfant, il me gardera en vie pour je mène cette grossesse à son terme ce qui nous laissera le temps de préparer notre contre-offensive Hans, avoua-t-elle en lovant dans ses bras. Il me tarde de pouvoir passer mes nuits avec vous.

- Est-ce que les invités de Sylvidra restent pour la nuit ? S'enquit Harlock.

- Vous voulez rire ? Sourit Isabelle. Sylvidra ne leur fait absolument pas confiance et Oscar n'a pas confiance en Sylvidra. Ils partiront dès le traitement injecté. Désolée Hans mais Aristote Zone ne vous remplacera pas dans le lit de la reine des Mazones.

- On aurait pu passer la nuit ensemble c'est dommage, regretta Harlock.

- Je sais que vous n'en n'avez pas envie mais c'est un mal nécessaire, je suis sincèrement désolée Hans, s'excusa Isabelle tristement en déposant un léger baiser sur ses lèvres.

En voyant le regard horriblement triste d'Harlock elle ressenti un pincement au cœur. Pour Hans, ces nuits passées avec Sylvidra était un calvaire qui sapait de plus en plus ses forces. Il aurait de loin préféré s'offrir un moment plus agréable auprès d'une femme qu'il ne méprisait pas et qui ne lui avait pas fait endurer ce que la reine des Mazones lui avait fait subir. Il retourna à ses appartements et, une fois les invités partis, après le dîner il dut se rendre une nouvelle fois dans les appartements de la reine.