Back from the dead bitches!
Hey!
Bon, je pensais que le covid et son adorable isolement allaient me permettre d'avancer un peu ici, mais force est de constater qu'à part rien foutre dans mon lit, j'ai pas eu l'occasion de faire grand chose... Désolée!
Néanmoins je suis enfin là, en meilleure forme que jamais, avec la deuxième partie de Fondcombe qui ne s'est pas laissée écrire toute seule, croyez-moi...
J'espère qu'elle vous plaira, merci de tout coeur à ceux qui suivent cette parodie et la commentent, ça me fait toujours très chaud au coeur d'avoir vos retours!
Bonne lecture!
Chapitre 8 : L'ennui des réunions brainstorming, ou « La communauté de l'Anneau »
Narrateur : Pendant une seconde j'ai vraiment cru que tu allais appeler ce chapitre « Fondcombe 2.0 »
Metteur en scène : J'ai failli, heureusement que j'ai eu un éclair de génie juste avant le crew call.
Régisseur : Je sais pas si j'appellerais ça un éclair de génie, mais bon…
Metteur en scène : Tu veux bien dégager mon champ de vision, s'il te plait ? Tu fais exploser ma tension artérielle.
Narrateur : Bon, on en était où ?
Régisseur : Nulle part.
Metteur en scène : Dégage.
Régisseur, en s'éloignant : Ça va, ça va…
Metteur en scène : Il est encore plus insupportable quand il est sobre, je sais même pas comment c'est possible, qui l'a recruté ?
Narrateur : Toi.
Metteur en scène : Ah. Simple erreur de parcours. Bon, où sont mes acteurs ?
Tous en même temps : Là.
Metteur en scène : Ah oui, si ça vous dérange pas on va faire l'appel parce que là…
Narrateur, dans sa barbe : Eh bah qu'est-ce que ce sera pendant les scènes de bataille…
Metteur en scène, qui sort la call sheet de sa poche : Elrond ?
Elrond : Présent.
Metteur en scène : Gandalf ? Aragorn ? Legolas ? Non, taisez-vous, je vous ai vus c'est déjà bon. Gimli ? Gimli !
Gimli : Je suis là, juste caché par l'autre grande perche, là…
Legolas, qui se retourne et se décale : Vous avez quelque chose contre les grands ? C'est de la discrimination, je vous ferais dire.
Metteur en scène : Oh pitié, non, pas maintenant. Frodon, Sam, Pippin et Merry ? Ah oui, c'est bon. Boromir ?
Boromir, les yeux encore tout bouffis d'avoir pleuré à cause de sa main qu'il serre contre son torse : Oui…
Metteur en scène : T'as une petite mine, où est la maquilleuse ?
Aragorn : En train de finir Bilbon, pour la scène d'après.
Metteur en scène : Ah oui, juste, bon, on fera avec la gueule d'enterrement. Les figurants pour les délégations, c'est bon ? Alors on commence.
Tout le monde attend.
Metteur en scène, qui relève le nez du scénario : Vous attendez quoi, le dégel ? Action !
Sur le balcon des appartements d'Elrond. Enfin je crois. Y a pas du tout de plafonds dans cet endroit ?
Elrond se lève de son imposant siège pour prendre la parole devant les représentants de toutes les races de la Terre du Milieu. Chacun se redresse pour l'écouter.
Elrond, l'air grave : Messieurs, si nous sommes-
Legolas, qui le coupe : Et qu'est-ce que vous faites si certains d'entre nous ne s'identifient pas comme des individus masculins ?
Elrond, après une pause : Je… Quoi ?
Legolas : Oui, vous avez dit « Messieurs », mais si jamais quelqu'un dans cette assemblée ne-
Metteur en scène : Je te jure que si tu continues ces explications au lieu de laisser Elrond sortir son texte tu quittes ce plateau sans aucun dédommagement.
Legolas : Mais vous n'avez pas le droit ! C'est écrit dans mon contrat que-
Metteur en scène : Tu te débrouilleras avec ton syndicat, maintenant j'aimerais que tu te mettes dans ton personnage, merci. Elrond, tu peux reprendre.
Elrond : Euh, oui, merci, donc je disais… Messieurs, et… peu importe ce que vous estimez être…
Legolas, satisfait : C'est déjà mieux.
Elrond : Si nous sommes tous réunis aujourd'hui, c'est pour répondre aux menaces du Mordor. La Terre du Milieu est vouée à la destruction si nous ne nous unissons pas pour faire face. Frodon, amenez l'Anneau.
Frodon se lève et dépose l'Anneau sur un petit présentoir que chacun peut bien voir, au centre du cercle. S'ensuit un petit moment de silence où tout le monde fixe le bijou, puis Elrond ouvre les bras.
Elrond : Je déclare ouvert le brainstorming.
Metteur en scène, qui relève brusquement les yeux du texte : Le brain- Attendez, qu'est-ce que c'est encore que cette connerie ?
Elrond : C'est une idée de Legolas. Il trouvait ça dommage que certains personnages ne soient pas autorisés à s'exprimer dans cette scène alors nous avons convenu d'un brainstorming, pour rassembler les idées de chacun sur un pied d'égalité.
Metteur en scène : Vous avez convenu? Vous avez convenu ?! Au cas où ça vous aurait échappé, vous n'êtes pas autorisés à convenir de quoi que ce soit ! C'est mon film !
Narrateur : On pourrait essayer de laisser faire. Si ça se trouve, ils auront de bonnes idées.
Metteur en scène : Mais tu es de quel côté, toi, en fait ?
Narrateur, qui hausse les épaules : On pourra toujours la refaire si ça va pas.
Gandalf : Bizarrement vous dites toujours ça mais on en a jamais refait une.
Metteur en scène : Parce que vous m'épuisez mentalement. Allez-y, faites votre brainwashing, au point où on en est…
Legolas : Brainstorming.
Metteur en scène, le menton dans sa main, découragé : Je m'en fous, action…
Elrond : Bon, Legolas, si vous voulez bien, puisque c'est votre idée…
Legolas se lève d'un souple bond et se place devant Elrond, qu'il pousse derrière lui pour qu'il lui dégage l'espace.
Legolas : Bon, comme l'a si bien expliqué Elrond, nous devons nous unir pour faire face au Mordor et par conséquent, détruire cet Anneau. Nous sommes ouverts à toute proposition. Qui veut commencer ?
Boromir lève la main.
Legolas : Oui, alors, un nom et une ethnie ?
Boromir : Euh, je suis Boromir… Du Gondor ? Un Homme quoi. Et je voudrais bien savoir pourquoi est-ce qu'on devrait détruire l'Anneau. Je veux dire, on pourrait s'en servir contre le Mordor.
Aragorn : Ah ouais, et s'en servir comment ? Y en a un de nous qui se sacrifie et qui vend son âme à Sauron ? Non parce que personne ici n'est capable de s'en servir sans finir comme un légume épileptique, donc bon…
Boromir, vexé : Mais de toute façon, vous êtes qui, vous, pour le savoir ? On dirait un SDF, vous avez vu de la lumière sur le balcon et vous êtes venu voir ?
Aragorn hausse les épaules, désintéressé, mais Legolas se dresse de toute sa hauteur.
Legolas : Vous avez devant vous Ara-chou, fils d'Arathorn, descendant d'Isildur, et accessoirement héritier au trône du Gondor, mon petit père, je serais vous je surveillerais mes paroles devant mon roi.
Boromir, qui râle à mi-voix mais qui se rassied quand même : Pas b'soin de roi au Gondor…
Legolas : Bon, quelqu'un d'autre ?
Pippin, qui était caché derrière une colonne depuis le début : Euh, oui, moi ? À la base, Merry et moi on était censés être cachés mais puisqu'il y a un changement de programme, on peut participer ?
Legolas : Bien sûr, c'est le but. Approchez mes amis !
Metteur en scène, dépité : Bah oui bah voyons, pourquoi pas…
Pippin, suivi de Merry, en s'approchant et en s'asseyant par terre dans le cercle : Alors, moi j'avais pensé donner l'Anneau à quelqu'un qui monterait sur un des grands aigles, là, et puis on larguerait l'Anneau dans le Mont du Destin par les airs, direct dans la lave, et bim c'est terminé !
Pause générale autour de la table.
Boromir : Waw.
Legolas, incrédule : Mais c'est du génie.
Elrond, catégorique : Vendu ! On fait ça.
Pippin échange un regard satisfait avec Merry. Tout le monde sourit d'un air victorieux.
Metteur en scène : Quoi ?! Hé ho, vous vous prenez pour qui ? Votre réunion tupperware passe encore, mais là vous voulez changer le but entier de ma trilogie ?! C'est mort.
Legolas, qui essaye de se faire convainquant : Non mais il faut voir le bon côté des choses, ça fait des économies pour tout le monde ! Des économies de temps, d'argent pour la production, moins de coûts marketing, moins de shooting photos, bien moins de costumes et armures très onéreux, moins de droits d'auteurs pour les musiques,…
Metteur en scène : Ouais, et moins de salaire pour vous tous aussi, si on fait un film au lieu de trois.
La pause générale autour de la table, le retour.
Aragorn : J'avais pas pensé à ce détail…
Elrond : J'avoue que c'est fâcheux.
Metteur en scène : Bon, maintenant que vous avez tous compris que vous n'êtes pas plus malins que mes scénaristes, est-ce qu'on pourrait en revenir au texte ?
Legolas, farouche : C'est hors de question ! Tu nous as accordé une démocratie, nous devons entendre les avis de tout le monde ! Oui, Boromir, nous t'écoutons !
Boromir : Euh, sinon on peut aussi faire comme Isildur et balancer l'Anneau dans la mer comme ça on est tranquilles pendant quelques centaines d'années et le problème incombera à nos gamins et plus à nous ?
Legolas : …
Elrond : …
Aragorn : …
Frodon : …
Gandalf : Finalement le texte de base, c'est pas si mal.
Boromir, vexé : Mais c'est une bonne idée !
Legolas : C'est une bonne idée pour vous, les Hommes, simplement parce que vous vivez quarante ans quand vous avez du bol. Moi, que l'Anneau soit planqué dans la mer ou n'importe où d'autre, dans trois cent-ans ça me tombera quand même encore dessus d'aller le faire fondre au fin fond de la Terre du Milieu.
Boromir : C'est bien ce que je dis, ce sera plus mon problème.
Legolas : Espèce de sale-
Elrond pousse Legolas, qui allait se jeter à la gorge de Boromir, jusque sur sa chaise.
Elrond : Bon, si on en revient au texte de base, je reprends les commandes de cette ménagerie.
Metteur en scène, amère : Elles sont toutes à toi…
Narrateur, en regardant sa montre : On prend un de ces retards…
Metteur en scène : Tu m'étonnes… On dit merci à qui d'avoir dit de les laisser faire ?
Narrateur : Ouais, ça va, désolé…
Elrond : Bon ! Comme l'ont dit Legolas et Pippin, nous devons détruire l'Anneau de Pouvoir, il en va de l'avenir du monde entier.
Gimli, qui se lève avec sa hache en main : Y avait pas besoin de tous nous faire venir pour ça, je vais régler le problème en deux secondes !
Il brandit sa hache au-dessus de sa tête et l'abat sur l'Anneau. La lame explose en dizaines de morceaux et Gimli est tiré en arrière par des fils invisibles.
Elrond : Non mais, faites pas n'importe quoi non plus. Il n'y a que la lave du Mont Destin qui peut détruire l'Anneau ; c'est là qu'il a été forgé, et c'est là qu'il doit être détruit. Il faut que l'un de nous s'introduise au plus profond du Mordor, affronte d'innombrables dangers, et probablement une mort certaine, pour le faire. Qui se dévoue ?
Boromir, avec ses doigt en forme de O : On ne marche pas comme ça dans le Mordor.
Metteur en scène : C'est approximatif comme réplique, ça…
Narrateur : Cherche pas, c'est la VF.
Boromir, dubitatif : Ouais, non, ça me dit rien moi, le Mordor. C'est une terre désolée, brûlée, sans parler des Orcs, des Gobelins, l'air irrespirable, l'œil qui voit tout et tout le tintouin. Je continue à penser qu'on devrait garder l'Anneau et s'en servir. Mais si vraiment vous insistez, et que vous êtes sûrs qu'il n'y a que ça à faire, alors je le prends et je me charge d'aller le détruire.
Aragorn : Oula, ça pue l'arnaque ça.
Gandalf : C'est vrai, il ment.
Boromir : Comment ça je mens ? Je me propose d'aller le détruire, soyez reconnaissants, c'est ce que vous vouliez !
Elrond : Bon, puisque personne n'a l'air d'avoir confiance en vous, Boromir, nous…
Legolas : C'est hors de question, je vais y aller, moi.
Gimli : Alors là, plutôt mourir que de voir un Elfe sauver le monde ! On ne peut pas leur faire confiance !
Elrond : Mes amis…
Mais Elrond n'est pas du tout écouté. Tout le monde s'est déjà levé et a commencé à se hurler dessus. Même Gandalf s'est mis debout pour essayer de menacer tout le monde.
Metteur en scène : Euh, Frodon ?
Les nains dégainent leurs haches.
Metteur en scène : Frodon, c'est quand tu veux !
Les Elfes sortent leurs arcs.
Metteur en scène : J'y crois pas, il dort ce malade ! Frodon !
Les Hommes brandissent leurs épées.
Metteur en scène : Frodoooooon !
Tout le monde se jette dans la bataille, armes en premier, quand soudain…
Frodon, qui se réveille sur sa chaise : Hein, quoi ? Ah oui, euh, je vais y aller ! Vous m'entendez, je vais y aller ! Je vais emmener l'Anneau au Mordor !
Tout le monde s'arrête à un cheveu de s'entretuer et dévisage Frodon.
Metteur en scène, soulagé : Et moi je suis passé à un cheveu des procès avec les assurances…
Elrond : Vous êtes sûr, Frodon ?
Frodon : Baaah, c'est déjà moi qui l'ai amené jusqu'ici. Je sais les effets qu'il a, et puis, puisque tout ce que je veux c'est m'en débarrasser, vous pouvez avoir confiance en moi. Par contre, j'espère que c'est pas trop loin, j'ai pas de chaussures.
Boromir : Pourquoi confiance en ce nabot et pas en moi ? Non mais c'est dingue…
Boromir est cordialement ignoré puisque Gandalf s'est levé pour se placer à côté de Frodon.
Gandalf : Bon bah j'imagine que je vais devoir montrer le chemin au gamin… Je vous jure, même pas capable de lire une carte.
Aragorn, qui se lève à son tour : Je sais pas trop pourquoi soudainement je dois me sentir loyal envers un nabot comme vous qui a déjà failli mourir sous mes yeux, mais si par ma vie ou par ma mort je peux vous protéger, alors vous avez mon épée.
Legolas, qui vient s'agenouiller cérémonieusement à côté d'Aragorn, devant Frodon : Et mon arc.
Frodon : Mais je vous connais même pas, vous ?
Legolas : Oui mais moi, je connais Ara-chou. Où il ira j'irai.
Metteur en scène : Vas-y Gimli, c'est ton moment, surtout ne rate pas cette réplique !
Gimli, qui se racle la gorge pour être sûr de parler intelligiblement : Et ma hache !
Merry, surpris : Il veut dire, cette hache, là, celle qui est toute cassée ? Parce que ça sera pas très utile.
Personne ne fait attention à Merry. Boromir se lève à son tour.
Boromir : Bon, bon… Si c'est vraiment ce qui nous est demandé, alors je ne laisserai pas le Gondor être laissé pour compte. Je vous accompagnerai, pour une partie des honneurs.
Aragorn : Sinon, je peux représenter le Gondor, vous n'êtes pas obligé de-
Boromir, qui le coupe avec son index sur sa bouche : Shhhhhhhh. Le Gondor n'a pas de roi. Je viens.
Sam : Et moi aussi !
Merry et Pippin : Et nous !
Elrond : Ah, j'avais oublié le comic relief. C'est difficile de vous séparer, tous les quatre.
Metteur en scène : Oh vous allez voir, à un moment ça va être très facile.
Merry, à voix basse à Pippin : Cette réplique ne me dit rien qui vaille.
Pippin, à voix basse à Merry : Oui, à moi non plus… *plus fort* De toute façon vous allez avoir besoin de gens intelligents, beaux et forts pour ce film.
Metteur en scène : Cette quête…
Pippin, qui se reprend : Cette bête.
Metteur en scène : Cette quête !
Pippin, qui se reprend encore : Enfin ce truc.
Narrateur, qui pose sa main sur le bras du metteur en scène pour l'empêcher de tuer quelqu'un : Laisse, c'est bon. On réglera ça en post-prod.
Ingénieur du son : Mais non mais c'est pas comme ça que ça marche…
Narrateur : On s'en fout, on fera du doublage, mais si on veut que le plateau n'explose pas, il faut finir cette scène au plus vite.
Elrond : Neuf compagnons… Très bien, vous formerez donc ; La Communauté de l'Anneau.
Pippin : Génial ! Et du coup, pour les Aigles ?
Metteur en scène : Coupez ! Et tes Aigles, tu te les gardes. Le sujet est clos. Passons à la dernière scène de Fondcombe ou je meurs.
Narrateur, qui suit le metteur en scène et Frodon jusqu'au plateau suivant : J'ai cru qu'on y arriverait jamais.
Metteur en scène : Moi non plus… Bon, où est Bilbon ?
Bilbon, qui reçoit les derniers détails de son maquillage, assis sur son lit : Ici.
Metteur en scène : Ah, parfait ! Action alors ! J'adore quand ça va vite !
Maquilleuse : Vous préférez pas attendre que je m'en aille, peut-être ?
Metteur en scène : Ah, si, désolé.
La maquilleuse soupire de mépris, termine son travail puis quitte le plateau.
Metteur en scène : Parfait, action !
Sur un balc- Ah non, pardon, dans la chambre de Bilbon, à Fondcombe
Metteur en scène : Il est sérieux ? Il pourrait quand même suivre un minimum…
Désolé, je savais même pas que certaines pièces étaient fermées, dans ce pays… Enfin, fermées... Vite fait quoi.
Metteur en scène : Bon, soit, allez-y.
Bilbon : Regarde, Frodon. C'est mon ancienne épée, Dard. Fais attention; quand elle devient bleue, ça veut dire que des Orcs sont tout proches.
Frodon, suspicieux : Ce vieux bout de fer, là, il devient bleu ?
Narrateur, à voix basse : Il a raison, on va faire comment pour la faire briller ?
Metteur en scène : T'inquiète pas pour ça, on en a une deuxième peinte en bleue.
Narrateur : Classe…
Bilbon : Et voici ma cotte de mailles en mithril. Légère comme une plume et pourtant dure comme la tête de Gandalf !
Gandalf, dans sa loge à côté : Hé !
Bilbon : Essaye-la !
Frodon déboutonne sa chemise pour essayer le cadeau de son oncle, dévoilant sa chaine à laquelle est accrochée l'Anneau au regard de Bilbon.
Bilbon, qui prend un air émerveillé : Oh, c'est mon vieil Anneau ! Je suis content que tu le portes. Ça me conforte dans l'idée que mes cadeaux te sont utiles et te font plaisir.
Metteur en scène : … Oui… Mais encore ?
Bilbon : Pardon ?
Metteur en scène : L'Anneau ? Tu veux le récupérer, non ?
Bilbon : Ah oui pardon ! Hum… Ce que je ne donnerais pas pour le tenir une fois de plus dans mes mains… Puis-je, mon neveu ?
Bilbon tend une main suppliante vers le torse de Frodon, mais il se recule, conscient de l'emprise du bijou sur l'esprit de son oncle. Bilbon se jette alors sur son neveu en hurlant. Et ne le lâche plus. Euuuuh…
Narrateur : Désolé d'interrompre l'action, mais c'est normal ça ?
Metteur en scène : De quoi ?
Narrateur : Euh, que Bilbon soit en train d'essayer d'étouffer Frodon ?
Metteur en scène : Oh, ça ! C'est de l'impro.
Narrateur : Ah, d'accord !
Bon, donc, Bilbon essaye d'étouffer Frodon pour récupérer l'Anneau.
Frodon, à moitié mort : À… L'aide… M'étouffe… Secours…
Bilbon, qui se tourne vers la caméra : C'est bon, là ? J'ai assez donné l'impression que je voulais l'Anneau ?
Metteur en scène : Mouais, disons que c'est bon.
Bilbon lâche enfin Frodon qui se relève difficilement en frottant sa gorge.
Frodon : Quel film débile…
Bilbon se détourne de son neveu, honteux de son accès de violence, et se met à pleurer.
Bilbon, entre deux sanglots : Je suis désolé… Je suis désolé pour tout… Si j'avais laissé l'Anneau au Gremlin rien de tout ça ne serait arrivé… Je suis désolé…
Frodon, qui frotte toujours sa gorge douloureuse : Ouais, ça va, ça va… On peut couper ? Quelqu'un a une pastille pour la gorge ?
Metteur en scène : Oui, coupez ! Frodon, fais pas ta chochotte, Boromir il s'est coupé le doigt, lui, alors souffre en silence.
Legolas, de loin : Qui est-ce que tu traites de chochotte ?! La douleur est aussi ressentie par les hommes hétéros, espèce de-
Metteur en scène : Ouais, ouais, c'est ça, allez, dégagez-moi tous le plancher là, j'en ai marre de Fondcombe.
Narrateur : Heureusement que la prochaine scène est en extérieur.
Metteur en scène : M'en parle pas, j'ai déjà peur qu'ils se jettent du haut des falaises…
Narrateur : On pourrait peut-être bien y jeter le régisseur… En plus on récupérerait l'argent des assurances.
Metteur en scène, les yeux soudain brillants d'espoir : En voilà une bonne idée !
Régisseur : Je vous entends, vous savez.
Metteur en scène : Merde.
Merci d'avoir lu ce chapitre, n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé!
On se retrouve bientôt j'espère pour le prochain, en attendant prenez bien soin de vous !
