Bonsoir à toutes et à tous ! Enfin un chapitre long à l'horizon ! Ne vous y habituez pas trop, le prochain est à nouveau court ;p mais il se trouve que j'avais pas mal de choses à dire dans celui-ci, même si les choses avancent doucement, comme à mon habitude.

Charlybarbiche : attends, je n'ai pas encore dévoilé toutes mes cartes ahah ! J'espère que tu aimeras ce nouveau chapitre :D


Situation : le lendemain

Disclaimer : violence physique, sang

PS : le trait horizontal est une ellipse temporelle de quelques minutes. Pardon pour les fautes, enjoy ! :)


Toni claqua la porte de son casier et posa sa tête contre le métal frais en fermant les yeux. Elle n'avait pas très bien dormi, peut-être parce qu'une certaine rousse avait hanté son esprit la majorité de la nuit, et elle se sentait épuisée.

Sweet Pea lui avait envoyé un message dans la matinée pour lui annoncer qu'il était cloué au lit avec de la fièvre et elle savait que la journée allait être longue … La seule chose qui l'empêchait de fuir le lycée en courant, c'était de savoir qu'elle allait avoir sa première réunion avec Betty et Kevin dans les bureaux du Blue and Gold pour discuter des projets du mois de septembre. La jeune blonde avait ajouté Toni à leur groupe de discussion concernant le journal et la fille aux cheveux roses en avait été ravie. Elle aimait beaucoup échanger avec eux car leurs conversations étaient toujours légères et c'était un bol d'air frais bienvenu. Ils semblaient être les seuls à ne pas prêter une once d'intérêt au fait que l'oncle de Toni dirigeait le lycée et elle leur en était incroyablement reconnaissante. Elle n'allait pas facilement vers les autres, mais ne disait pas non à un brin de sympathie et de gentillesse de la part de ses camarades.

-Alors la petite nouvelle, on pense qu'on va réussir les essais pour faire partie des cheerleaders juste parce qu'on est la fille du proviseur ? Ricana une voix qui s'approchait de Toni.

Cette dernière rouvrit les yeux et releva la tête, qu'elle avait toujours appuyée contre son casier. Reggie Mantle – que Sweet Pea lui avait présenté comme un idiot fini avec le QI d'une limace et le corps d'un Dieu – s'arrêta face à elle, accompagné d'une diligence de Bulldogs qui la scrutaient avec quelque chose de dérangeant dans les yeux.

Ils avaient tous les bras croisés sur la poitrine, un petit sourire hautain et satisfait sur les lèvres, et un air de vengeance au fond du regard.

Malgré l'envie que Toni avait de lever les yeux au ciel, elle se retint, car elle sentait bien que cela n'allait pas jouer en sa faveur.

-Qu'est-ce que ça peut bien te faire Mantle ? C'est parce que tu t'es déjà fait coller que tu décides de venir me voir ? Ce n'est pas ma faute si ton comportement n'est pas aussi irréprochable que le mien … Le défia-t-elle.

Elle ne savait pas si elle avait pris la meilleure décision en se défendant de la sorte, mais elle en avait marre de rester dans son coin sans piper le moindre mot. Elle n'avait rien fait de mal et elle avait des chosesà dire, alors elle allait arrêter de se priver. Où était passé son mordant, son esprit de justice et son intolérance à la moquerie ? Elle était plus courageuse à Mystic, mais, après tout, elle y avait passé sa vie entière et elle y connaissait même certains lycéens depuis l'école primaire, alors il n'avait pas été difficile d'y être honnête et d'y faire entendre sa voix.

-Ooooooh ! Mademoiselle Modèle défend Papa ! Ou peut-être qu'il te fait un traitement de faveur ? Ce qui ne m'étonnerait pas … Rétorqua-t-il, venimeux.

Cette fois, Toni ne put se retenir de lever les yeux au ciel. Décidément, tout ce qui sortait de la bouche de Reggie lui donnait la nausée et elle avait une envie primitive de lui cracher au visage.

Elle croisa les bras sur sa poitrine et le toisa, son regard glacial et blessé.

-Ce n'est pas mon père, c'est mon oncle, et comme je sais bien me tenir, je n'ai pas besoin de privilèges … Annonça-t-elle, son ton étonnement posé.

Reggie haussa les sourcils et elle sentit un élan d'aversion monter en lui. Elle se prépara à recevoir un coup, la tête haute, mais rien ne vint. Son sourire mauvais s'agrandit et ses prunelles s'assombrirent.

-Ce n'est pas ton père ? … Je ne peux pas dire que je suis surpris, tu es tellement antipathique que tes parents ne veulent pas avoir affaire à toi et t'ont refilée à ton oncle … Répondit-il, sa voix aussi calme que celle de Toni.

La première chose à laquelle la jeune fille aux cheveux roses pensa fut que Reggie connaissait le mot antipathique et qu'il était capable de l'utiliser à bon escient. Mais sa stupéfaction ne dura qu'une seconde et sa vision se brouilla celle d'après. Elle sentit une vague de rage intense monter en elle et tout devint rouge autour d'elle.

Elle entendit le bruit de l'impact avant de comprendre que le coup était parti d'elle. Reggie se mit à geindre en portant sa main à son nez et sa plainte fit simplement grandir le sentiment de puissance incontrôlable qui embrasait déjà la jeune Topaz.

Toni laissa ses poings valser dans le visage des autres garçons, qui avaient osé rire à la réflexion de Mantle. Elle se sentait comme engourdie, ne ressentant pas encore la douleur de tous les coups qu'elle envoyait. Elle avait l'esprit embrumé et seuls les mots et les rires des Bulldogs résonnaient inlassablement en elle.

Comment pouvaient-ils se permettre de se moquer d'elle alors qu'ils ne connaissaient rien de sa situation ? Alors qu'ils ne savaient rien de la souffrance dans laquelle la simple pensée de ses parents décédés la plongeait …

Elle entendit quelqu'un s'exprimer autoritairement, mais les paroles ne l'attinrent pas. Elle était dans un autre monde, une autre dimension, où ses sens lui faisaient complètement défaut.

Elle comprit vaguement que les garçons la pointaient du doigt, un air apeuré et abasourdi peint sur leurs visages frappés et, pour certains, sanglants.

Toni sentit des bras puissants la contenir et elle tenta de se débattre, sourde à la voix de celui qui la gardait prisonnière de son étreinte puissante et qui essayait de la raisonner.

Les Bulldogs s'éloignèrent en courant, sous les ordres de l'homme qui la tenait fermement et, lorsqu'ils eurent disparu de son champ de vision, elle reprit peu à peu contact avec la réalité.

Il lui fallut un peu de temps pour calmer sa respiration erratique et les battements effrénés de son cœur mais, quand ce fut le cas, le poids de ce qu'elle venait de faire s'abattit sur ses épaules et elle s'écroula, en pleurs, dans les bras de celui qui la portait toujours contre lui.


Elle se retrouva dans le bureau de son oncle quelques minutes à peine après s'être remise de ses émotions, son professeur de physique la fixant avec une pointe de crainte et de perplexité dans les yeux.

« … en train de les frapper au visage … Elle en a fait saigner certains, et j'ai dû la maintenir pour qu'elle s'arrête, elle ne semblait même pas entendre ma voix … »

Elle l'écoutait distraitement, hautement confuse et honteuse de son comportement, des larmes silencieuses coulant toujours le long de ses joues.

Que lui était-il arrivé ? Elle n'avait jamais fait une chose pareille … Mais, en même temps, personne n'avait jamais osé parler ainsi de ses parents. A Mystic, tout le monde savait ce que sa famille avait traversé et les gens évitaient le sujet avec précaution. Elle leur en était reconnaissante, mais elle n'avait ainsi jamais dû affronter un quelconque commentaire sur sa situation familiale.

Alors voilà à quoi elle ressemblait quand quelqu'un abordait le sujet … elle se transformait en monstre sanguinaire. Ce n'était pas qui elle était, ce n'était pas qui elle voulait être.

-Toni ? Entendit-elle son oncle l'appeler.

Elle porta son regard vers lui et se rendit compte que son professeur avait quitté la pièce. Michael s'était accroupi face à elle et caressait son genou avec affection et une pointe de préoccupation dans les prunelles.

Toni détourna la tête, trop embarrassée pour poser les yeux sur son oncle.

-Qu'est-ce qui s'est passé ? Demanda-t-il, sans la presser.

Son ton était neutre et laissait présager qu'il était simplement inquiet pour elle et qu'il n'avait aucune intention de se fâcher plus que nécessaire.

Elle ravala un peu ses larmes pour essayer de lui expliquer la situation, mais elle refusait toujours de croiser son regard, car la dernière chose qu'elle désirait était de décevoir l'homme qui l'avait élevée.

-Je … Ils ont parlé de-de Mark et Lucy en disant … en disant qu'ils ne voulaient pas de moi et que c'était pour ça que je vivais avec toi … Avoua-t-elle, la gorge serrée.

Elle ne pouvait faire autrement que d'appeler ses parents par leur prénom, car elle ne supportait pas de s'entendre dire « Papa et Maman » alors qu'elle avait grandi sans eux.

Son oncle soupira et ferma ses paupières, les sourcils froncés. Il secoua la tête, un air de dégoût sur tout le visage. Il avala sa salive avec difficulté et rouvrit les yeux, fixant Toni avec intensité.

-Phonie, je suis tellement désolé … Ils n'avaient aucun droit de te dire une chose pareille … Mais, tu dois comprendre qu'en tant que proviseur, je ne peux pas accepter un tel comportement. Lui expliqua-t-il calmement, et ce fut au tour de Toni de soupirer.

Elle porta son regard vers le plafond pour ne pas se remettre à pleurer. Pas de traitement de faveur, c'était bien ce qu'elle lui avait demandé le jour de la rentrée. Il fallait qu'elle en accepte les conséquences à présent. Et, de toute façon, elle ne s'excusait pas ses actes non plus. Elle savait bien qu'elle n'aurait pas dû se laisser emporter.

-Oui, je sais … Fais ce que tu as à faire, Tonton.

Ce dernier hocha la tête face à sa réflexion et se releva pour retourner à son bureau.

-Tu seras suspendue trois jours et tu devras présenter tes excuses à tous ceux que tu as frappés. Lui annonça-t-il, et elle ne rétorqua rien car, si elle s'était écoutée, elle se serait punie bien plus sévèrement.

Comment avait-elle pu dérâper à ce point ? Elle se faisait peur.

-D'accord. Accepta-t-elle simplement.

-Et … je vais te demander ce que je demande à tous mes élèves qui n'arrivent pas à canaliser leur violence, c'est-à-dire de choisir un sport comme activité extra-scolaire, pour y dépenser ton énergie intelligemment.

Toni soupira et leva les yeux au ciel.

-J'ai essayé Tonton, mais on ne veut pas de moi ici … Rétorqua-t-elle, laconique.

Son oncle fronça les sourcils et croisa les bras sur sa poitrine, en attente d'une explication un peu plus approfondie de la part de sa nièce.

Elle se mordilla la lèvre et porta son regard par la fenêtre, sur les arbres qui se balançaient calmement au vent.

-J'ai … j'ai participé aux essais pour pouvoir entrer dans l'équipe de cheerleading mais je n'ai pas été acceptée. Je n'ai pas le niveau apparemment. Conclut-elle en haussant les épaules.

Son oncle fronça à nouveau les sourcils, perplexe.

-Pourquoi tu ne m'as rien dit ? Et ça n'a aucun sens, tu étais cheerleader à Mystic et j'ai le souvenir que tu étais plutôt douée. Se rappela-t-il.

Toni soupira une fois de plus et leva les sourcils.

-Oui, mais la capitaine des River Vixens ne veut pas de moi. Parce que je suis ta nièce … Avoua-t-elle finalement.

Elle se sentait mal d'avoir caché à son oncle qu'elle avait passé les auditions, car ils avaient pour habitude de tout partager et de se confier ce qu'ils avaient sur le cœur. Ce n'était vraiment pas une journée glorieuse pour la jeune Topaz.

Michael hocha la tête, pensif. Il réfléchit un instant puis contempla Toni, une pointe de détermination dans les yeux.

-Tu vas intégrer l'équipe de cheerleading et je ne vais pas laisser le choix à leur capitaine. Annonça simplement le proviseur et Toni ouvrit de grands yeux inquiets.

-Non, non, non, Tonton, elle va me détester si tu fais ç-

-Toni, la coupa-t-il en levant une main pour la faire taire, tu m'as dit que tu ne voulais aucun traitement de faveur, alors je vais faire ce que j'aurais fait pour n'importe quel autre élève : je vais forcer la capitaine à t'intégrer aux River Vixens parce qu'il faut que tu utilises ton énergie intelligemment et parce que ce n'est pas une petite lycéenne qui dirige cet établissement, mais c'est moi. Alors si j'estime qu'il est bon pour toi que tu fasses partie des cheerleaders, elle n'a pas son mot à dire et tu intègreras l'équipe. Affirma-t-il.

Elle comprit à son ton qu'il ne changerait pas d'avis et elle soupira, dépitée et résignée. Si elle ne s'était pas déjà attirée les foudres de tous ses camarades en frappant les membres de l'équipe de football du lycée, elle était sûre que ce serait le cas à présent.