Here is the January Chapter !

You are almost 100 viewers each month coming to "Le jour d'après" ! It's almost incredible ! and a bit more remarkable because my fanfic is written in French (4th language used on the Internet among 140 languages for sure, but not the first language you think about when you write something about D&M !). Thank YOU very much for your loyalty towards this fic. It encourages me you to write the best I can.

This month, I must confess that after thirty years (!) I found out that the name of Harriet is not Wingfield, but Winfield. I read some D&M fanfics, some summaries of the show but I never noticed there was no "g", I was convinced by Wingfield ! Sorry then... However to stay consistent in this story, I'll finish it with this wrong patronym.

In France, 2021 starts with a lockdown/not lockdown time again... For sure writing this fanfic is like a cool breath in this burdensome situation.

I hope then to send this cool breath to you too, and that you will enjoy reading this chapter where Harriet enters the lion's den...


Chapitre 8

« Oui c'est ça Mademoiselle, un aller simple pour Abou Dabi. En première, oui. Départ mercredi dans deux jours.

- Très bien monsieur, vous avez besoin d'autre chose sur place : hôtel, billet pour une correspondance…

- Non, c'est très bien.

- Un vol retour retour, Monsieur ? »

Andrew Fengler prit quelques instants avant de répondre

« Non, ce sera très bien comme ça

- C'est enregistré, monsieur. Vous recevrez votre billet par coursier… »

Et leur conversation se termina sur les dernières modalités pratiques de livraison. Dans deux petits jours maintenant, il serait loin. Prêt à entamer le premier jour du reste de sa vie.

Il avait solutionné le transfert d'une cargaison d'armes équivalente aux Pakistanais qui l'attendaient. C'était, lui semblait-il, le dernier coup de pouce au destin qu'il pouvait poser sur Otto. Rien maintenant ne pourrait entraver le cours des choses.

Après deux ans passés à agir pour la réussite de Exklora, cette dernière petite pichenette devait achever des concrétiser l'entrée de l'organisation sur la scène britannique. Et pour lui de sécuriser son rôle de grand argentier à leur service. Andrew n'avait jamais été un homme ébloui par les honneurs et leur conquête. Il cultivait et revendiquait d'ailleurs une certaine discrétion. Ce qu'il avait toujours fait fantasmer, lui, c'était le pouvoir de l'argent. Il réalisait aujourd'hui son vieux rêve, ce gros poisson doré qui nageait à portée de main… Il lui ferait reprendre d'une certaine façon sa vie de jeunesse. Celle d'un sujet de sa Gracieuse Majesté égaré au Moyen Orient au gré des affectations successives de son père, rendant service à son pays natal, à cheval entre le droit et le devoir. Une sorte de gentleman des temps modernes utilisé par l'Etat pour son intelligence et son adaptabilité à naviguer dans les eaux troubles des limites de la légalité, mais toujours pour le bien de la pragmatique Couronne.

Mais aujourd'hui, il allait changer définitivement de camp. Aveuglé toutes ces années par les richesses gigantesques de ceux qu'il côtoyait, il avait décidé d'utiliser sa capacité certaine à en acquérir et à le faire transiter entre ces deux mondes poreux par endroits, pour lui permettre de monter cette marche qui ferait définitivement de lui un homme très riche. Ces années à tisser des liens utiles avec le monde de la fenêtre sur rue seraient mises à profit pour son seul intérêt. Ce retour aux sources, à la fontaine de jouvence mais maintenant gâtée par la dorure sombre qui se reflétait à sa surface.

Andrew était confiant dans la neutralité de la police à son égard avant la réalisation d'Otto. Tant qu'il n'y avait aucune flamme, aucune explosion à la une de tous les médias, personne ne pourrait l'approcher. La suspicion ne serait pas un moteur suffisant pour franchir les barrières qui le protégeaient. Seul point d'ombre dans son esprit, Georges Mianon, le chaleureux oriental qui commençait à paniquer. Et que pouvait-il, Georges, faire ou dire qui ne le compromettrait pas également définitivement ? Certes, mais Andrew restait persuadé que Georges constituait un nouveau maillon faible à dégoupille rapide, dont il faudrait s'occuper…


Makepeace se gara dans le parking du SI-10 et monta rapidement les escaliers pour rejoindre le plateau dirigé par Spikings. Elle entra, lança un « Bonjour à tous » à la cantonade et se dirigea directement dans le bureau de son chef. Dempsey lui emboîta le pas aussitôt.

Spikings, assis, pensif, les attendait. Il ne leva néanmoins pas les yeux à leur entrée. Makepeace vint s'appuyer de tout son poids sur son bureau, en y aplatissant solidement ses deux paumes de mains.

« Chef, c'est une occasion qu'on ne peut pas rater ! Je compte rencontrer Mianon demain. »

Spikings leva doucement la tête vers elle.

« Du calme, du calme sergent ». Il s'interrompit quelques instants et poursuivit

« Et pourquoi pensez-vous que c'est une occasion qu'on ne peut pas rater ?

- Dois-je vous l'expliquer ? Il cherche à me rencontrer à nouveau sur un sujet qui lui tient à cœur, mais d'un enjeu ridicule à côté de ce qu'il prépare. Vous voyez, il cherche à se divertir, il supporte de moins en moins la situation… Il est mûr pour faire une erreur. Un faux pas j'en suis certaine, et je veux être là pour l'aider à trébucher !

- Je comprends pas bien, interrompit Dempsey, qu'est-ce qui se passe là… ? On a des suspicions et des éléments de preuve contre Mianon et si on corrèle avec le témoignage de Camille Fengler, on a de quoi les amener ici tous les deux et les cuisiner. Qu'est-ce qu'on irait faire à continuer à jouer avec cette couverture foireuse ?

- Dempsey, laisser Makepeace poursuivre ». Mais Dempsey ne laissa pas sa coéquipière reprendre la parole.

« Non chef, non je ne vous comprends plus. Dans n'importe quel autre cas, vous ne nous laisseriez même plus penser à revoir ce Mianon … Makepeace est accroché à son cas et c'est normal. Mais là Chef, pourquoi on va pas les attraper pour les interroger tous les deux ? »

Spikings n'était pas spécialement à l'aise et ça se voyait. Makepeace avait bien saisi le juste raisonnement de son coéquipier mais plus prompte que lui à faire preuve d'obéissance quand elle sentait le début d'une résistance hiérarchique, elle poursuivit sur son idée.

« Mianon me contacte et ce n'est pas anodin. C'est une porte ouverte pour finaliser notre diagnostic, les éléments qu'on a sur lui. Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas m'éterniser. Et on l'embarque juste après

- Mais alors, qu'est-ce que vous croyez obtenir en si peu de temps, sans vous exposer ? »

Et là, Makepeace déposa un atout

« Une part de vérité, Dempsey. Il est fragile et je vais le confronter sur le sujet de ses tourments sans qu'il s'y attende. Je lui propose notre protection contre son aide, là, maintenant et c'est à prendre ou à laisser.

- Et il va vous laisser repartir comme si de rien n'était…

- Oui Dempsey, car il va me dire oui !

- Et si ça rate ?

- Ça ne ratera pas Dempsey. Ce n'est peut-être pas la meilleure façon de faire, mais ça sera efficace. Le bonhomme est un faible, Il se couchera et nous le savons tous… »

Makepeace avait raison, la probabilité la plus forte était qu'effectivement Mianon apporte son concours à la police contre l'immunité. Ce serait d'ailleurs d'autant plus facile à obtenir pour lui que rien ne s'était encore passé.

Dempsey soupira bruyamment et fit volte-face d'un geste nerveux, en réfléchissant à toute vitesse. Dans son dos, il entendit la voix de Spikings qui annonça lentement.

« On va suivre le plan du sergent. Makepeace, vous rencontrerez Mianon demain après-midi comme il vous a invité à le faire. Une équipe sera à proximité pour vous prendre en charge dès que vous nous préviendrez de son accord.

- Très bien, Chef

- Dempsey, vous allez-vous concentrer sur Fengler et lui mettre une équipe de suivi rapprochée sur le dos. Je veux savoir ce qu'il fait, qui il voit, ce qu'il mange ! On se rapproche les enfants, on se rapproche ! »

Dempsey n'était pas vraiment convaincu par cette conclusion, mais il ne renchérit pas. Dans la même situation avec n'importe quel autre collègue, il en aurait fait de même. Et il ne voulait pas que la confiance renouvelée entre lui et Makepeace soit tachée par une marque publique outrancière d'intérêt de sa part pour elle. Le duo sortit du bureau du Superintendant. Dès que la porte fut fermée, Spikings ferma les yeux, les lèvres légèrement tremblantes…

Makepeace ne s'était pas arrêtée à son ancienne place de bureau, et c'est dans le couloir que Dempsey la rattrapa alors qu'elle semblait assez pressée de partir.

« Makepeace, c'était pas pour que vous le preniez mal ma discussion avec le Chef, hein. Ça n'a rien à voir avec vous cet avis. Je trouve ce plan incohérent et d'ailleurs je ne comprends pas que Spikings nous traîne là-dedans ! »

Au fond Harriet était d'accord avec lui. L'affaire est dangereuse et l'approche, autorisée par Spikings, était plus que limite considérant leurs pratiques usuelles. Tout ça, elle le savait, mais mue par une volonté d'agir dans ce contexte à haut risque pour le pays, elle feignait de ne pas se souvenir qu'elle allait déroger une nouvelle fois aux règles destinées à assurer sa propre sécurité. Dans ce contexte, elle ne pouvait en vouloir à Dempsey de rappeler ces évidences, et d'ailleurs il l'aurait sûrement fait pour tous ses collègues.

« Dempsey, je mentirais si je disais que je ne comprends pas votre point... Mais que voulez-vous, les ordres sont les ordres et vous savez aussi bien que moi que parfois dans notre métier, on ne peut pas toujours se conformer à la lettre aux pratiques idéales.

- Makepeace, ça me fait plaisir ce que vous dites. Il n'y a pas que moi qui pense que Spikings ne tourne pas très rond sur cette affaire… OK… Mais vous de votre côté ne vous apprêtez pas à jouer les Jeanne d'Arc britannique au prétexte d'une affaire plus grosse que les autres. C'est bien compris ! »

Elle ne put lui répondre que par un sourire. Un sourire sans ambiguïté de deux coéquipiers. Elle lui toucha gentiment le bras et lui glissa.

« Merci Dempsey, je vais faire le maximum pour veiller à ce que cette mission se réalise le plus vite et le plus en sécurité possible. Ne vous inquiétez pas.

- Je ne m'inquiète pas Harriet, affirma-t-il. Notre but à tous, c'est d'être toujours là le lendemain pour continuer la partie. Faites ce qu'il faut pour être dans ce cas. »

Ces derniers jours, ils n'avaient fait que se croiser, en ayant toujours en tête les aveux à peine dissimulés de Makepeace devant le musée, et finalement si intenses. Si cet épisode avait véritablement libéré Harriet, Dempsey quant à lui progressait doucement vers l'idée d'autres futurs possibles avec sa coéquipière. La poursuite de leur duo de flics de choc resterait bien à ce stade leur première priorité, scellée par un accord tacite qui n'avait pas besoin de plus de mots. Mais le feu rampait… l'air autour d'eux se chauffait et crépitait à chaque sourire échangé, chaque regard adressé à l'autre. Harriet continua à lui sourire mais ce sourire, mille fois renouvelé pourtant, n'avait plus rien à voir avec tous les précédents.


Mardi 16h45, Harriet venait de se garer devant le domicile de Mianon. Elle avait demandé par radio 5 minutes auparavant un point sur la surveillance de Fengler, qui visiblement à entendre la transmission ne semblait pas changer son comportement le moins du monde. Elle sortit et prit le même chemin que celui qu'elle avait emprunté quelques jours auparavant, cette fois en plein jour et sous un beau soleil d'hiver. Sur le perron, elle sonna et attendit quelques minutes. Le majordome était un peu long aujourd'hui. Elle ne remarqua pas dans son dos une voiture qui passait. Camille McPherson ne la quitta pas du regard.

Georges avait invité Harriet à prendre le thé dans le petit salon de marine, qui était aujourd'hui sa pièce favorite quand il recevait et souhaitait discuter au calme avec son interlocuteur. Il piaffait d'impatience d'entrer dans le vif du sujet avec cette délicieuse Lady Wingfield. « Les Amis du Cèdre » était sa zone de liberté à lui, une jolie association sur un sujet si cher à son cœur et où il n'était ni question de profit ni d'affaires. Il se renvoyait plutôt une image positive à lui-même, en parfaite alignement avec des valeurs nobles et la légalité, qui il faut bien le dire n'était pas toujours au cœur de ses préoccupations… Alors en ce moment, il avait plus que jamais besoin de se reconnecter à cette part de lui-même pour éviter de penser qu'il sombrait totalement. C'est la raison qui l'avait poussée à recontacter Lady Wingfield. Lui parler des projets des « Amis …», alors qu'il n'était même pas sûr de finir la semaine en homme libre… Mais avancer sur ce projet c'était comme s'étourdir, se persuader que si une partie de lui restait du bon côté de la barrière, cela suffirait à absoudre tous ses péchés, Et qu'il serait in fine pardonné.

Ils discutaient depuis 10 minutes et Lady Wingfield venait d'aborder les expériences récentes de la Charity Wingfield, lorsque le majordome frappa et à l'invitation de Mianon lui indiqua qu'une dame était au téléphone pour lui. Il lui passa le message qu'il rappellerait plus tard, mais le majordome insista. Makepeace était heureuse de cette interruption fortuite qui lui permettrait au retour de Mianon de recentrer fortement le débat...


Camille McPherson Fengler, sitôt après avoir entraperçu Makepeace, s'était garée rapidement dans une rue adjacente. Que faire maintenant ? Le sergent Makepeace était visiblement remonté jusqu'à Mianon, mais pourquoi lui le sous-fifre ? Elle n'aurait pas été étonnée de la voir devant leur domicile, vu ce qu'elle leur avait raconté, mais devant chez Georges ? Si elle restait sur son ressenti, plus qu'un plan à vrai dire, elle ne voulait pas risquer d'apparaître plus compromise qu'elle ne l'était en réalité, en ayant dissimulé sa relation sentimentale avec Georges Mianon à la police. Elle était maintenant sortie de sa voiture et faisait les cent pas en enchaînant les volte-face nerveux. Ne pas se montrer, mais prévenir Georges ? Mais lui, une fois pris au piège avec ce sergent, que ferait-il ? il n'aurait pas d'autres issues que de tout avouer. Elle le rejoindrait et tous deux lui expliqueraient. Oui, c'est ça, il était encore temps ! L'attentat n'avait pas encore eu lieu, ils ne seraient vraiment coupables de rien. Si elle cherchait l'absolution complète, cela devait être maintenant ou jamais.

Elle appela Georges, le majordome décrocha et répondit qu'il était occupé. Elle insista pour lui parler. « Georges, c'est moi.

- Camille, il regarda autour de lui pour vérifier que personne ne pouvait l'écouter. Ma chérie, qui y-a-t-il ?

- Georges. Je voulais te prévenir. La femme blonde qui vient d'entrer chez toi

- Chez moi ? Tu es dehors Camille ?

- Oui, je passais. Mais ce n'est pas le sujet… Cette femme blonde… c'est un sergent de police.

-Sergent de police ? Mais qu'est-ce que tu me racontes ? C'est Lady Wingfield. La fille de Lord Wingfield de la Charity Wingfield…

- Oui, je sais Georges. Mais Lady Harriet Wingfield n'est pas seulement une aristocrate. Elle est aussi sergent de police dans une unité spéciale de Scotland Yard. »

Mianon tombait des nues.

« Mais comment sais-tu tout cela, Camille ?

- Je, je… la connais. Nous fréquentions les mêmes lieux, les mêmes amis… » finit -elle par mentir.