Merci à ma bêta qui comme toujours, fait des merveilles.
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Bonne lecture à tous !
Chapitre 6 :
La somme de nos choix
Le premier week-end des vacances qu'avait passé Regulus à Poudlard s'était bien déroulé malgré les inquiétudes de Black. En effet, il ne s'était rien passé d'étrange avec Rosier. L'adolescent ne comprenait d'ailleurs pas la méfiance de son ainé pour le Serpentard. Evan Rosier était particulier et inquiétant à bien des égards, mais pas plus que n'importe quel élève ambitieux et manipulateur. Et Regulus savait que sa maison en regorgeait…
Cependant, pour que Black ait l'esprit tranquille, Regulus lui avait promis qu'il garderait ses distances avec son homologue. Il continuerait d'être prudent pour ne surtout pas se faire embobiner. Néanmoins, cela restait difficile, surtout quand on ignorait de quoi on devait se méfier exactement. Et puis, il n'était pas facile pour l'adolescent d'admettre que comme tout un chacun, il restait influençable. Sans doute encore plus qu'il ne l'imaginait. En effet, sa situation étant ce qu'elle était, elle l'exposait plus que d'autres. Vouloir être rassuré et conforté, même conseillé, était ce que Regulus souhaitait sans oser l'admettre. Padfoot remplissait en quelque sorte ce rôle et cela expliquait en plus du lien « fraternel » qu'il avait, pourquoi le Serpentard l'avait si vite accepté.
Lors d'une de leurs nombreuses discussions sur la vie précédente qu'avait mené l'esprit, le cadet des Black avait ainsi appris que Rosier, tout comme d'autres sorciers – dont-lui-même- avait fait de mauvais choix et fini par mal tourner. La plupart de ces sorciers étaient morts. C'était ce que Padfoot appelait la guerre sans vraiment la nommer.
Cela rendait Regulus curieux et nerveux à la fois. Une guerre… C'était étrange d'imaginer qu'un monde similaire au sien avait connu une guerre à cause de simples divergences d'opinion et de beaucoup de mépris. Mais si ça avait pu arriver dans bon nombre de réalités alternatives, cela pouvait malheureusement aussi arriver ici. En plus de cela, Padfoot lui avait également parlé de ces théories de Sang-Pur qu'une trop grande ambition, sous couvert de haine et de revalorisation du statut sorcier, pouvait mener à des tragédies. Que s'il entendait parler de Mangemort, de groupes qui idolâtraient un mage noir, il lui fallait partir en courant.
Regulus avait acquiescé, simplement pour le rassurer, parce que cela lui paraissait trop abstrait pour qu'il comprenne réellement tous les enjeux.
De toute façon, Rosier ne lui avait pas parlé plus que nécessaire et le jeune Serpentard avait surtout occupé son temps entre son lit et la salle commune où il avait discuté avec Severus. Il avait aussi joué aux échecs avec un Gryffondor qui n'était pas parti et dont il n'avait pas trouvé utile de demander le nom.
En ce lundi matin sans cours, Regulus n'avait donc pas encore décidé ce qu'il allait faire de sa journée. Evan était parti : il s'était mis à trainer un peu avec deux Serdaigle encore présents. Ils étaient tout juste 12 élèves encore au château pour les vacances.
Pour l'instant, il désirait simplement prendre son petit déjeuner tranquillement en lisant les dernières actualités du monde sorcier. Il était seul à la table des verts et argent. Un autre élève était aussi dans la grande salle et il buvait son thé en faisant trop de bruit mais un regard noir du jeune Black suffit à le calmer. Il put alors avec bonheur se plonger dans la lecture de la gazette des sorciers, ayant hâte d'apprendre ce qu'il se passait dans le monde.
Très vite, le 6ème année tomba sur un article aussi inquiétant qu'intéressant.
Meurtre sanglant d'un pro-moldu !
Il y a deux jours, le vieux sorcier Merinth Doloh a été retrouvé mort chez lui. La police ayant étrangement choisi de cacher ce fait, nous ne le découvrons que maintenant. Le sorcier aurait connu une mort longue et douloureuse. Nous pouvons ainsi affirmer qu'il a subi plusieurs impardonnables dont le terrible « endoloris » ainsi que de la torture moldue. Quelle ironie pour une personne qui plébiscitait autant les moldus et leur mode de vie !
La question qui se pose à présent est celle-ci : pourquoi un tel crime barbare ?
Mais n'est-ce pas évident ?
Tout le monde connait Merinth Doloh, le sorcier ayant fait voter la loi permettant aux parents moldus de sorciers d'avoir un pied dans le monde magique pour une meilleure adaptation de leurs enfants et ainsi ne pas créer de scission entre leurs deux cultures. Déjà à l'époque, le projet de loi avait fait grand bruit, les partisans de Doloh et lui-même ayant fait objet de pressions et de menaces de mort. Le vieux sorcier, loin d'être impressionné, avait multiplié les provocations en déclarant « Nous ne valons pas mieux qu'eux ! »
Le vote de la loi avait été un grand moment d'humiliation et de honte pour les sorciers anglais, les votant s'étant abaissés à des combats de coq ainsi qu'à une logorrhée affligeante. Tout cela pour qu'au final, la loi passe avec une courte majorité. Cependant, beaucoup de déçus en voulait à Merinth Doloh. Ses ennemis étaient nombreux et il y a deux jours, quelqu'un est passé à l'acte.
Beaucoup aujourd'hui considéreront que l'homme a eu ce qu'il méritait. Provoquant et insultant envers sa propre espèce, il avait privilégié les moldus aux sorciers. Nous n'oublions pas que sa loi a mis plus en péril encore le secret si bien gardé de notre existence.
Mais le meurtre du sorcier n'est pas le seul que nous connaissons. Un aristocrate ayant eu des liens supposés avec Grinderwald a été retrouvé pendu il y a plus d'un mois. Allons-nous bientôt assister à une nouvelle guerre idéologique ?
Nous rappelons qu'à ce jour, aucune de ces affaires n'a été résolue et que le gouvernement actuel penche favorablement vers un partage plus équitable et inclusif entre sorciers et moldus.
Regulus referma le journal, perturbé. La situation le rendait assez mal à l'aise. Soudain, il n'eut plus autant de mal que ça à imaginer que tout dérape…
xXx
Regulus repensa à l'article toute la journée. Le soir, il eut même du mal à trouver le sommeil. Lorsque Black vint le trouver le lendemain matin, il n'allait pas mieux.
-Qu'est-ce qu'il y a ? lui demanda Padfoot alors qu'il s'amusait à léviter au centre de la chambre.
-Je pense qu'il serait temps qu'on ait une conversation sur… Enfin, ce n'est pas parce qu'on ne parle pas de mes idées politiques qu'elles n'existent pas.
Regulus avait horriblement besoin de vider son sac, de savoir que ce qu'il pensait n'était pas mal. Et de comprendre aussi peut-être pourquoi le monde tournait si mal.
-Hum.
Padfoot se redressa et vint se positionner devant son petit frère. Regulus, après un soupir, sorti de sous sa couverture et s'assit en prenant appui sur la tête de lit tout en se couvrant d'un plaid.
-Pourquoi veux-tu en parler avec moi ? demanda le plus âgé.
Il avait bien une idée de la réponse mais préférait que le Serpentard la formule clairement.
-Parce que je pense que tu ne vas pas me tourner le dos simplement parce que je ne pense pas comme toi.
-Qui te dit que je ne pense pas comme toi ?
-Tu me mets en garde contre les puristes et ceux qui ont des discours de vengeance.
Black ne dit rien et fit attention à garder un visage neutre. Il ne voulait influencer en rien les sentiments et les idées de son frère. Il voulait que Regulus se sente libre de parler avec lui sachant qu'effectivement, il ne le jugerait pas. Et puis, si tout de suite il réfutait ses paroles ou allait contre son opinion, le Serpentard allait se braquer, forcément. Regulus restait Regulus, peu importe que celui-ci soit moins confiant, s'avère aimer les garçons et possède une sensibilité différente.
-Je ne dis pas que les moldus ne valent rien ou qu'ils volent la magie des sorciers. Pour ce dernier point, il est trop difficile à prouver pour y accorder de l'importance de toute façon, souffla l'adolescent. Et Poudlard est une grande école. Si des nés-moldus y sont acceptés, c'est sans doute qu'ils ont le niveau. Ce n'est pas tellement sur ça que je tique.
-Quoi donc alors ?
Black lui fit un sourire encourageant. En un sens et même s'il faisait en sorte de ne pas le montrer, le fait que Regulus ne haïsse pas les moldus simplement pour ce qu'ils étaient était une bonne chose. Padfoot espérait seulement que la suite ne lui ferait pas regretter ses mots.
-C'est juste que je ne comprends pas pourquoi on leur déroule le tapis rouge ainsi ! C'est comme si les gens avaient complètement oublié les persécutions que les nôtres ont subi ! A l'époque, ils étaient plus nombreux et plus forts mais les temps ont changé et pourtant, le rapport de force est resté le même. On se cache, on doit leur rendre des comptes et certains des nôtres sont même à leur service. Nous voilà même obligés d'étudier leur coutume à Poudlard pour « apprendre à les connaitre » !
Regulus mima des guillemets et soupira en étendant ses jambes. Le temps ne le permettant plus, il avait sorti son pyjama d'hiver. Enfin, c'était une tenue qui se composait d'une chemise en soie sombre avec des étoiles, d'un pantalon un peu large au niveau des pieds d'un bleu foncé qu'on confondait avec le noir, le tout sublimant la couleur de ses yeux. Même pour dormir, Regulus semblait s'apprêter.
-Mais eux, que font-ils pour nous ? continua-t-il. Ils nous ont chassés, mal traités et traumatisé beaucoup d'entre nous. Et les gens nous demandent de passer à autre chose… Ce n'est pas si simple. Pourquoi doit-on se cacher ? Faire passer leurs intérêts avant les nôtres ? On fait tout pour s'acclimater à eux et à cause de ça, quelques unes de nos coutumes se perdent…
Regulus s'arrêta et baissa la tête, brutalement déstabilisé et se demandant si Padfoot allait lui dire qu'il ne pouvait plus rester avec lui. S'il allait l'abandonner comme Sirius aurait dû le faire cet été…
-Tu n'as pas besoin de te justifier auprès de moi. Je n'ai rien à te pardonner et tu n'as pas non plus à avoir honte. Tes interrogations sont justes et tu n'es pas empli de haine. Tu veux juste comprendre, le rassura alors l'esprit.
Regulus hocha la tête, soulagé malgré lui.
-Mais, Regulus, ne laisse pas le poids du passé t'alourdir. Tu es jeune et tu as la chance de vivre dans un monde possiblement en paix.
-Possiblement ?
-Eh bien, tu sais, Voldemort, tout ça… On ignore encore ce qu'il fait dans cette réalité.
Regulus hocha à nouveau la tête.
-En fait...
Black sourit. Quand Regulus était lancé, difficile de l'arrêter.
-C'est cette histoire de Sang-Pur, soupira le plus jeune. Il y a de moins en moins de familles qui peuvent se targuer d'une telle étiquette et même si je trouve ça triste, ce n'est pas le pire, quoi que cela est déjà dommage en soit. Avec la disparition des familles de Sang-Pur, il y a les Traditions et notre Histoire aussi qui s'envolent.
-Quoi, tu étais vraiment attaché à ces traditions désuètes et ces fêtes ennuyeuses ?
Regulus détourna le regard et se mordit les lèvres, ne voulant pas directement répondre.
-Là n'est pas la question. Ce sont des choses importantes, qu'on les aime ou non. Dis-moi franchement… tu penses qu'avec un tel discours, mon frère ne me repousserait pas ?
-Eh bien, tu sais comment je suis et comment il est surtout !
Regulus se mit à rire, soudain plus détendu. Il tâterait le terrain avant et puis il verrait bien. De toute façon, que son frère soit ou non d'accord avec lui, c'était son opinion et il avait encore le choix de ses idées.
xXx
Depuis le début des vacances de la Toussaint, Severus se sentait étrange. Et pour cause, il avait senti à plusieurs reprises le regard de quelqu'un sur lui. Un moment plus tard, il comprit qu'il n'avait pas inventé cette sensation d'être observé et qu'en plus, cela venait d'une Serdaigle. Un jour, elle vint même le voir discrètement pour lui demander une entrevue. Méfiant mais curieux, le vert et argent accepta.
La rencontre eut lieu le jeudi après le repas du midi, repas que Severus avait partagé avec le cadet des Black. Suite à cela, Severus retrouva donc Pamela Alton, une Serdaigle de 6ème année. Elle était petite et avait de longs cheveux châtain qu'elle coiffait à l'arrière. Elle était charmante et avait des fossettes quand elle souriait. Severus ne lui avait jamais parlé de sa vie et se demandait bien par quel miracle il avait pu retenir son nom.
Elle était assise sur un des bancs du parc et lisait un livre lorsqu'il arriva. Dès qu'elle le vit cependant, elle le referma et le rangea dans son sac. Elle sauta sur ses pieds, visiblement de fort bonne humeur. Severus se demanda alors s'il n'était tout simplement pas temps pour lui de partir. Il se méfiait : Potter et Black l'avaient un peu chahuté jusqu'en 3ème année avant d'arrêter mais d'autres aussi s'y étaient essayé avant d'abandonner : Severus n'était pas du genre à se laisser faire.
Est-ce que se trouver en 7ème année et avoir passé quelques années calmes lui avait fait perdre sa méfiance ? Absolument pas. Alton et lui n'avaient rien en commun. Par Merlin, que pouvait-elle bien lui vouloir ?
-Qu'y a-t-il ?
-Pas ici, allons discuter dans un endroit plus tranquille.
Elle lui prit la main et l'entraina avec elle à l'intérieur du château. A un moment, elle le lâcha et fit des aller-retour devant un mur.
Severus comprit qu'il s'agissait de la salle sur demande quand une porte apparut.
-Entrons.
Elle lui lança un long regard qui mit Snape mal à l'aise. Y avait-il d'autres personnes à l'intérieur de la pièce ? Il entra parce qu'il était décidément trop curieux. Rien n'indiquait que Alton ait des mauvaises intentions à son égard. Ils étaient peu d'élèves à Poudlard pour les vacances alors il doutait que beaucoup étaient prêts à s'allier à la Serdaigle pour lui tendre un piège. En temps normal, les élèves encore présents ne se parlaient pas alors fomenter un plan ensemble…
-Vas-tu enfin me dire ce qu'il se passe ? Je n'ai pas de temps à perdre !
-J'aimerais coucher avec toi.
La réponse dite clairement et sans hésitation fit s'étouffer Snape alors qu'il avalait sa salive. De travers apparemment.
Il pensa bien sûr à une blague et secoua la tête avant d'essayer de partir. Pamela le rattrapa aussitôt.
-Pourquoi est-ce que tu t'en vas ?
-Tu demandes vraiment ? s'agaça-t-il. Je n'ai pas le temps pour ses âneries !
C'était faux. Il n'avait rien d'autre à faire, mais il avait trop d'amour propre pour écouter cette fille se moquer de lui.
-Et pourquoi ça ne pourrait pas être vrai ? demanda lentement l'adolescente.
Snape lui lança un regard lourd, la pointant du doigt. Elle, si jolie et lui, celui qu'on appelait derrière son dos « chauve-souris des cachots ». Même si grâce à la coupe de cheveux faite par Regulus les gens le nommaient moins ainsi.
-Alors j'ai changé de coupe et d'un coup je suis devenu beau ?
-Non, rit-elle.
Snape ne s'en sentit même pas vexé.
-Je ne cherche pas un petit ami, je ne cherche pas non plus un beau mec ou un parti acceptable.
Elle s'avança vers lui et lentement, toucha son torse, jouant avec le premier bouton de sa veste.
-Alors quoi ? s'impatienta-t-il.
-Tu es puceau, n'est-ce pas, Snape ?
Il ne répondit pas, le rouge à ses joues étant presque un aveu en soit.
-Eh bien, c'est ce que je cherche. Je ne fréquente que ce type de personnes. Un garçon inexpérimenté que je pourrais éduquer.
-T'es pas bien…
Il était toujours aussi gêné et chercha à faire un pas en arrière. Il sentait soudain avec trop de précision le corps de Pamela qui se pressait contre le sien et sa main sur son torse.
-Je ne cherche rien de sérieux et je n'ai pas pour but de me jouer de toi. J'ai simplement besoin d'une distraction, d'un moyen d'évacuer entre les bouquins, les cours et la rigueur que m'impose ma famille. Et puis, ça te ferait de l'expérience.
-Je n-
-Ne vas pas me faire croire qu'il y a du monde qui se bouscule !
Severus serra les dents, vexé cette fois, et Pamela le comprit tout de suite. Elle s'agenouilla alors devant lui avec un regard séducteur et, ne le quittant pas des yeux, frotta son visage contre l'entrejambe du brun.
Le Serpentard chercha aussitôt à se dégager, ou au moins à faire un pas en arrière, mais elle entoura ses hanches, le pétrifiant sur place.
C'était la première fois que quelque chose comme ça arrivait à Snape. Alton avait raison. Personne ne le regardait ainsi. Et là, une fille très belle, de son plein gré, s'agenouillait à ses pieds et sortait son sexe de son pantalon. Il se sentit mortifié d'apprécier cette vision, de se sentir nerveux et excité à la fois. Lily… Non, Lily était avec James et n'en avait rien à faire de lui.
Mais lui ne valait-il pas mieux que ça ? Parce qu'il était triste, parce que celle qu'il aimait ne lui rendrait jamais son amour, il se jetait sur la première fille qui lui proposait quelque chose ? Il n'était pas une distraction, un passe-temps ou un mouchoir dont on pouvait se servir puis jeter. Mais était-ce mal de céder à cette fille ? Serait-ce mal ? N'avait-il pas droit lui aussi d'être désiré, de connaitre ce genre de sensation ?
S'il refusait, quelqu'un voudrait-il seulement de lui un jour ?
Il était trop tard pour la repousser de toute façon : sa bouche se refermait déjà délicieusement sur lui.
Alton lui avait dit qu'il apprendrait avec elle, sous-entendant avoir de l'expérience, et il put en témoigner. Il eut ensuite honte de venir aussi vite, pourtant Pamela lui souriait encore lorsqu'il se rhabilla.
-Réfléchis bien, lui lança-t-elle alors qu'il se dépêchait de partir.
xXx
Pendant ce temps là, les Maraudeurs en vacances chez les Potter souffraient d'un grave problème qui se répétait malheureusement inlassablement sans pour autant qu'il puisse y trouver une solution.
-Lily me manque, gémit James.
-Elle n'est partie que depuis hier, soupira Sirius qui jouait avec un jeu de balle.
-Je sais…
James bondit sur le canapé où était son ami, souriant, comme s'il n'avait pas été déprimé il y a une minute à peine.
-Il faut qu'on fasse quelque chose de tellement dément qu'on ne verra pas la deuxième semaine de vacances passer !
Sirius sourit et laissa la balle qu'il faisait tournoyer dans les airs retomber et observa son ami qui remettait correctement ses lunettes sur son nez. Il avait pensé pendant des jours à la révélation de Lupin et n'avait eu qu'une seule envie : faire comme lui. Devenir des Animagi serait vraiment génial. Ça allait être dur pourtant, il ne savait même pas encore comment faire mais rien que l'idée de se transformer en aigle, en loup ou même en lion le rendait ivre de bonheur.
Il avait voulu en parler dans le train mais le faire alors qu'il y avait tant de monde autour d'eux aurait été trop risqué. Il ne voulait pas parler du secret de Lupin, ni entendre les autres rapporter leur nouvelle lubie. Et puis, Sirius n'avait pas envie que les gens sachent. Il se demandait encore si être des Animagi déclarés était une bonne idée ou si le cacher n'offrait pas plus de possibilités. Notamment s'il devenait auror, chasseur ou autre chose encore. Dans l'immédiat, cela allait principalement leur servir pour leurs farces, la discrétion étant un des éléments clés de la réussite. Néanmoins, au-delà de cet aspect, il y avait aussi le fait que ce serait tout simplement incroyable et Sirius n'avait pas besoin d'une autre raison pour se lancer dans une aventure aussi folle et insensée.
Et il ne doutait pas une seule seconde que son meilleur ami serait d'accord avec lui. Si ce n'est plus enthousiaste encore.
Après le train, Sirius n'avait cependant pas eu plus d'occasion de parler à son ami. Quand Lily avait été là, James n'avait eu d'yeux que pour elle. Heureusement qu'il aimait bien la rousse et que malgré la stupidité dont faisait preuve le James amoureux, Sirius n'était pas non plus invisible pour son meilleur ami. Mais James avait cette manière étrange de montrer son attachement à la Préfète-en-chef, comme s'il avait besoin de prouver qu'il l'aimait, que tout allait bien. Il multipliait les démonstrations d'affection, souvent de manière maladroite d'ailleurs. Sirius savait que les résultats n'étaient pas aussi bons qu'escomptés en général. Il avait parfois même l'impression que cela agaçait plus Lily qu'avant. Il ne savait pas ce qu'il devait dire à James à ce sujet, il n'était pas tellement doué pour donner des conseils en amour. Leur mise en couple le surprenait encore aujourd'hui pour tout dire.
Comment était-il possible de passer d'une relation impossible, faite de taquineries à la limite de l'insupportable et d'engueulades à un amour aussi beau ?
C'était trop compliqué. L'amitié offrait bien plus de privilèges, de bonheur et avait l'avantage de marcher plus simplement. De son point de vue en tout cas.
James et lui s'entendaient vraiment sur tout en plus. Et puis, le joueur de Quidditch avait confiance, il savait que son idée était réalisable. Aujourd'hui était le jour parfait pour en discuter. Les parents de son ami n'étaient pas là, il n'y avait donc aucune oreille indiscrète et surtout, aucune fille.
Sirius se tourna vers James, un large sourire aux lèvres.
-Ça te dirait de devenir animagus ?
Il eut tout de suite l'attention de son ami qui, pendant une seconde seulement, crut à une blague. Ce ne serait pas la première fois que Sirius ferait ça. Mais tout comme la fois où l'ainé des Black avait proposé d'élever un dragon dans leur chambre à Poudlard, il était tout aussi sérieux et déterminé à devenir animagus.
Et James le comprit bien vite.
-Trop ! répondit-il naturellement, horriblement excité par l'idée.
Il fixa ensuite son ami, dans l'expectative de la suite.
-Par le caleçon de Merlin, Sirius comment est-ce que tu comptes faire ça ? Tu connais le procédé ?! Mais comment ?! le pressa-t-il de questions sans même lui laisser le temps de répondre.
-Eh bien… On va dire qu'un petit blaireau me l'a dit !
Sirius éclata de rire puis se lança dans une explications bancale et rocambolesque pour expliquer comment il allait faire et comment il avait réussi à savoir comment faire. Un exercice bien difficile, surtout qu'il se refusait à parler de l'essentiel : sa rencontre avec Lupin en pleine nuit avant les vacances après un de ses horribles et nombreux cauchemars…
xXx
Evan Rosier était un bel homme, froid en apparence, et manipulateur. Contrairement à beaucoup de personnes, il assumait l'attrait qu'il avait pour la magie noire. Il n'en avait pas honte et ne voyait pas le mal à côtoyer les deux magies. Bien utilisée, la magie noire ne représentait pas forcément un danger selon lui et il n'allait pas changer simplement parce que des gens bien pensant voulaient ainsi fracturer la magie, décidant ce qui était utilisable et jetant obligatoirement le reste à la poubelle.
C'était comme la torture. La méthode avait fait ses preuves et c'était un moyen radical de faire parler les ennemis et les prisonniers. Enfin, juste après le Veritaserum. Mais comme il n'était pas facile d'en obtenir… qui avait déjà pu résister à un bon vieux doloris ?
Le Serpentard de 7ème année n'avait pas cependant spécialement envie d'ingurgiter des informations dans le but d'augmenter ses capacités en magie noire et ensuite les tester sur un pauvre moldu. Merlin l'en garde, il en était encore loin. Il trouvait simplement dommage que Poudlard n'élargisse pas son enseignement. Pourquoi ne pas les laisser expérimenter eux-mêmes ce qui était mal ou ce qui était bien ? Plus le temps passait et plus il avait l'impression qu'on essayait de les formater. Ceux qui n'étaient pas en odeur de sainteté étaient étiquetés idéalistes ou suprématistes comme si c'était la pire insulte du siècle.
Qu'y avait-il de mal exactement à s'intéresser à son peuple, à ce qu'il devenait et à la magie dans son sens global ?
Heureusement, il n'était pas le seul à penser ainsi. Malheureusement, il était bien le seul à mener sa barque aussi intelligemment. A Poudlard, il n'y avait pas vraiment de guerre ou d'animosité entres les élèves, simplement certains qui se mettaient – de leur plein gré ou non – à l'écart du fait de leurs schémas de pensée différents. Rosier ne souhaitait pas ça.
N'était-ce pas au centre qu'on avait une meilleure vision du jeu ?
Il faisait donc preuve de finesse et n'allait pas dans l'extrême même si ses envies penchaient clairement plus d'un côté que de l'autre. Il devait se montrer fréquentable et ouvert sans pour autant se rabaisser parce que des gens le souhaitaient.
Il voulait faire de la politique après sa scolarité et était sûr d'en avoir toutes les qualités requises.
Il était également sûr d'avoir tout ce qu'il fallait pour satisfaire Sirius Black. En première année, ses yeux avaient tout de suite accroché les siens avant de se détourner en le voyant réparti à Gryffondor. Et puis, il y avait eu ses blagues, son rire grossier et son manque certain de tenue.
Alors Rosier n'avait pas essayé de s'intéresser.
Ensuite, Regulus avait fait son entrée. Il ne valait pas son frère mais il avait un charme certain. Il respirait l'innocence et la faiblesse qu'il cachait mal derrière ses froncements de sourcils. Cette indifférence avait plu à Rosier qui l'avait pris sous son aile.
Regulus avait été trop jeune à l'époque pour évoquer le moindre intérêt physique chez lui - pas qu'il ait des intérêts de cet ordre non plus. Mais il l'avait vu grandir, entamer sa puberté et s'embellir sans jamais se départir de son innocence, de cette envie de bien faire. Regulus aimait les compliments et Rosier n'en avait pas été avare. En fin de 3ème année, il avait même eu une érection en attrapant le garçon par derrière. Celui-ci n'avait rien senti mais ça avait changé la vision du Serpentard sur le plus jeune.
Il l'avait sexualisé.
En grandissant, ils avaient échangé sur des sujets plus sérieux et il avait eu le plaisir de constater qu'ils avaient beaucoup en commun, qu'ils avaient les mêmes idées. Et Regulus prenait de plus en plus d'assurance. Adieu le garçon incertain et faible !
Rosier pouvait dire qu'il aimait sincèrement l'adolescent.
Et il l'avait si bien observé ces derniers mois qu'il était certain de pouvoir l'avoir avec facilité. Regulus était comme lui : il n'avait aucun attrait pour la gente féminine.
-Tu dors encore, Regulus ? demanda-t-il en entrant dans la chambre.
-Non, je révisais au lit et j'ai fini par m'endormir.
Rosier alla s'asseoir sur son lit en face de celui du brun. Il le regarda se redresser, s'étirer et ramasser son cours pour le ranger.
-Tu es resté ici tout l'après-midi ?
-Non, je me suis promené dans le château. Je cherchais Severus mais il était introuvable. Il a l'air occupé ces derniers temps, je ne le vois plus beaucoup, souffla l'attrapeur.
-Je me demandais, pourquoi es-tu resté au château ? voulut alors savoir le plus âgé.
La question surprit le plus jeune et Rosier eut un sourire : c'était ce qu'il voulait.
-Je le souhaitais, tout simplement.
Rosier comprenait surtout que l'adolescent n'avait pas envie de parler de sa situation familiale. Il resta silencieux pour ne pas le brusquer et se leva, marchant vers la fenêtre et observant le lac et le paysage qui transparaissaient. Ses teintes bleu vert qui se reflétaient dans leur salle commune. Le soleil n'allait pas tarder à se coucher et bientôt, il serait temps de descendre pour le diner.
-Et toi ? Pourquoi ne pas être parti ?
-Je n'allais tout de même pas te laisser seul !
Regulus se pinça les lèvres et bougea de son lit comme pour se donner quelque chose à faire et ne pas avoir à affronter l'intensité de son regard.
-J'ai beaucoup d'affection pour toi, Regulus, et j'ai toujours pris soin de toi, n'est-ce pas ? continua Evan.
Ce n'était pas vraiment une question mais le benjamin des Black hocha tout de même la tête. Rosier vint cette fois s'asseoir sur son lit et posa lentement sa main sur sa cuisse. Regulus accusa une rougeur aux joues, sûrement heureux d'avoir sorti les tenues le couvrant plus.
-C'est pour cela que je tiens à être honnête avec toi, reprit alors le plus âgé. Je dois t'avouer que ta situation est déjà connue de toutes les familles de Sang-Purs ainsi que de celles proches des Black.
Regulus se figea instantanément et un sentiment de honte le prit avant que son regard ne se durcisse.
-Tes parents veulent te voir réintégrer ton foyer et ont engagé des moyens pour y parvenir. Ils ne sont pas prêts à perdre leur héritier et pensent sincèrement que tu es sous l'influence de ton frère, lui expliqua le 7e année.
-Ce n'est pa-
-Ta tête est mise à prix.
Regulus trembla malgré lui, sidéré, et chercha dans les yeux de Rosier un mensonge.
-Ne t'inquiète pas, tu n'es pas menacé de mort, le rassura-t-il. Mais certains élèves vont se charger de te faire comprendre le message et de te dégoûter de cette liberté que tu t'es octroyé. Suffisamment pour que tu regrettes le cocon familial et la protection des Black.
Rosier laissa ensuite le jeune Black digérer la nouvelle, bougeant sa main sur sa cuisse pour lui rappeler sa présence. Il l'observa en silence, n'aimant pas la tristesse qu'il lut dans les yeux bleu-gris. Avec délicatesse, il toucha alors sa joue pour diriger son regard vers lui.
-Tu n'es pas obligé de céder. Je peux te protéger, Regulus.
-Quoi ? Tu crois sé-
-Je le ferai. Ma famille se fout bien des Black alors si tu sors avec moi, les gens hésiteront avant de tenter quoi que ce soit.
Regulus le dévisagea.
-Mais enfin, qu'est-ce que tu racontes… ? Sortir avec toi ? Je suis un mec au cas où tu ne l'aurais pas remarqué ! s'agaça-t-il finalement, la voix vibrante de colère aussi bien que de peur.
Rosier lui proposait-il ça parce qu'il connaissait son secret ? Regulus était perdu et terrifié à la fois et son ange gardien n'était malheureusement pas là pour le conseiller.
-Mes parents sont très puissants, pourquoi prendrais-tu de tels risques pour moi ? le questionna-t-il encore.
Regulus devait faire preuve de clairvoyance et avoir le maximum d'information possible. Ensuite, il lui serait plus facile de comprendre ce qu'il se passait et surtout de savoir quelle décision était la meilleure à prendre.
Rosier avait toujours sa main sur sa joue, sa jambe touchant presque celle du brun. Et pour la première fois de leur échange, Regulus le fixait. Il gardait son regard ancré au sien et n'avait pas l'air impressionné. Juste totalement perdu.
Evan caressa de son pouce sa joue puis déplaça sa main pour agripper avec délicatesse ses mèches de cheveux.
Il se pencha alors lentement, lui faisant comprendre ses intentions et surtout la possibilité qu'il avait de dire non s'il ne le désirait pas. Mais Regulus ne se refuserait pas à lui, Rosier en était certain.
Le jeune Serpentard venait de vivre une peine de cœur et sa confiance en lui en avait pris un coup. Il était lui aussi un adolescent de 16 ans qui avait l'impression de ne pas être dans une normalité et encore moins dans une situation acceptable. Et puis, Regulus n'avait jamais connu de relation amoureuse donc il était tenté, bien évidemment.
Potter lui avait prémâché le travail. Un oisillon blessé était toujours plus simple à approcher.
Lorsque les lèvres du blond touchèrent celle plus fines de Regulus, Rosier le sentit se tendre et retenir sa respiration. Il bougea sa main et caressa ses cheveux. Le 7ème année le voulait détendu, complètement sous le charme.
Il se détacha ensuite une seconde seulement avant de reprendre possession de ses lèvres et de l'embrasser plus passionnément, approfondissant le baiser et faisant gémir le Serpentard. Il voulait lui laisser une marque indélébile.
Lorsqu'il se détacha et que Regulus le suivit du regard, un peu hagard, il eut cependant du mal à cacher son sourire.
Il passa son pouce sur ses lèvres brillantes et le brun rougit de plus belle mais cela sembla aussi le réveiller.
-Je suis désolé mais… Il faut que j'en discute avec Black ! Lança Regulus sans y pensé.
Regulus quitta précipitamment le dortoir et Rosier récupéra le cours qu'il bossait. Il était confiant. De plus, même si Regulus se décidait à refuser sa proposition, il ne lui faudrait pas une semaine avant de changer d'avis. En effet, la somme offerte était énorme, nombreux seraient ceux alléchés et pas seulement des Serpentard ni des Sang-Pur. Les bourreaux pourraient même se trouver dans son entourage. Et certains n'auraient pas besoin d'être poussés par l'appât du gain pour vouloir se venger d'un Black. Peu importe qu'il ne soit pas le bon.
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Sirius Black, de son vivant, n'avait jamais eu d'enfant. Il y avait eu Harry, son filleul, mais pouvait-on être un bon parrain lorsqu'on était en cavale ? Bien sûr que non. Pourtant, il s'était assuré de faire de son mieux. Mais au fond, qu'avait-il pu faire pour le fils de ses meilleurs amis ? Pas grand chose, il en était certain. Il n'avait pas appris à Harry qui était ses merveilleux parents, ne lui avait pas montré des choses simples comme lacer ses chaussures ou ne plus avoir peur du noir. Il ne lui avait raconté aucune histoire avant de dormir, ni même vérifié juste pour le rassurer qu'il n'y avait pas de monstre sous son lit.
Sirius avait aussi manqué sa chance d'en faire un séducteur. Peut-être qu'avec ses conseils, il n'aurait pas autant galéré avec cette Serdaigle pour qui il avait eu un coup de cœur. Cho Chang s'il se rappelait bien. Harry aurait aussi vu plus rapidement que la fille de Molly et Arthur en pinçait pour lui et que lui aussi. Pas de conseil sur comment draguer, comment s'amuser normalement avec ses amis. Et encore moins les trucs déconseillés comme boire ou voler sur sa magnifique moto la nuit. Mais aussi devenir un animagus et courir dans les bois, seul et libre.
Dans les autres réalités qu'il avait brièvement visitées, l'esprit s'était déjà vu avoir des enfants. Il avait eu trois filles avec Marlene MacKinon : la galère. Il ne savait pas ce qu'avait donné son polyamour avec James et Lily, étant parti avant… Il avait aussi eu une fille et un garçon avec une moldue rencontrée après Poudlard. Sa relation avec Severus n'avait rien donné, tout naturellement ! Enfin, tout cela pour dire qu'il manquait de pratique même si en théorie, il devait pouvoir se débrouiller.
Malheureusement, la théorie n'allait pas l'aider à affronter un adolescent et les questions qu'il était amené à se poser à cet âge là.
-Je ne comprends pas, balbutia Regulus.
Il soupira et se colla au mur de la salle de bain des préfets.
-Tu avais raison sur lui, il est bizarre. Me proposer un truc comme ça, qu'est-ce qui ne va pas dans sa tête ?! A quoi il pense ?!
Padfoot observa cette version différente de son frère et ne sut quoi répondre.
Orion et Walburga n'avaient jamais jugé utile d'inculquer des cours – ou juste des discussions – d'éducation sexuelle. Le jeune Sirius avait semblé s'en être sorti sans et il avait stupidement supposé que c'était la même chose pour Regulus. Mais son frère n'était pas lui. Il avait honte de ce qu'il était et n'avait eu avant lui personne pour parler ou le conseiller sur sa situation.
Mais les livres existaient ! Et les images étaient très bien en plus !
-Regulus, souffla-t-il finalement.
Il vint se positionner juste devant lui, ses pieds effleurant à peine le sol.
-Rosier va bientôt avoir 18 ans, c'est un homme.
Le Serpentard lui renvoya un regard las. Bien sûr qu'il savait tout ça, Black le savait bien mais le problème était qu'apparemment, Regulus ne comprenait pas exactement ce que ça voulait dire et où Padfoot voulait en venir.
-Il pense à la même chose que tous les mecs de son âge au moins la moitié de la journée et sans doute la totalité de la nuit par fragment, continua-t-il avec un sourire.
Le dire à haute voix était aussi drôle que gênant.
-Quoi donc ?
-Regulus ! grogna l'esprit, atterré.
-Mais je ne sais pas ! Il est bizarre, je n'arrive pas à comprendre à quoi il pense ! s'énerva-ce dernier.
-Il veut coucher avec toi, évidemment ! S'il est resté, c'est parce qu'il se doutait que vous seriez seul et c'est l'endroit propice pour tenter un rapprochement. Ne me dis pas que tu n'as jamais remarqué comment il te regardait ? s'étonna l'esprit.
-Je…
Regulus rougit de gêne et observa la salle de bain, n'arrivant plus à supporter le regard de son ainé.
-C'est vrai qu'il a dit qu'il m'aimait bien… Mais je ne comprends pas pourquoi, je suis un garçon, c'est bizarre, répéta-t-il plus doucement.
-Non, ça n'a rien d'étrange. Tu aimes James aussi, non ?
-Non, ce n'est pas…
Regulus soupira d'agacement et se détourna. Il s'apprêta ainsi à sortir de la pièce mais Padfoot le rattrapa.
-Ne te laisse pas embobiner, Petit Roi. Rosier t'apprécie peut-être vraiment mais ses intentions n'ont pas l'air bonnes du tout. Il peut tout aussi bien te mentir complètement. Nous n'avons aucun moyen de vérifier ce qu'il dit.
Regulus acquiesça et s'empressa ensuite de partir. Padfoot soupira alors à son tour avant de le suivre. Il préférait garder un œil sur son protégé. Rosier avait intérêt à rester loin de son frère.
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Pamela ignora les moqueries des trois filles derrière elle. Pourquoi s'en préoccuper ? C'était tout le temps la même chose. Les insultes, elle pouvait les imaginer. Bien entendu qu'en deux semaines, ses absences répétées qui coïncidaient avec celles de Snape avaient éveillées la curiosité des autres. Et puis, on les voyait ensemble plus que d'ordinaire alors qu'ils ne s'étaient jamais parlé avant.
Forcément, dès que Pamela Alton parlait à un garçon, c'était parce qu'elle couchait avec.
Quelle bêtise.
A part quelques gâteries, Severus et elle n'avaient pas fait grand-chose. Pourtant, elle espérait le déniaiser très vite. Les racontars avaient de l'avance sur son emploi du temps !
Derrière son dos – parce que peu osaient lui dire en face – les gens l'appelaient « salope » ou « toilette publique ». C'était stupide et méchant. Tout ça parce qu'elle avait fait la bêtise d'offrir sa virginité à un 7ème année qui s'était en fait joué d'elle. Mais ça avait été elle la fautive. Quelle idée de sortir avec un garçon beaucoup plus âgé ! Et puis, à 13 ans, une fille n'avait pas à écarter les jambes pour un garçon !
Les filles bien ne sortaient pas aussi jeunes avec des garçons. Les filles bien ne donnaient pas leur virginité au premier venu. Les filles bien n'enchainaient pas les mecs. Les filles bien ne couchaient qu'avec leur petit ami et ainsi de suite…
Mais en quoi le fait qu'elle soit sexuellement active faisait d'elle une mauvaise fille ? Marlene était comme elle. Ah oui, mais non. Parce qu'elle réservait ses charmes à Sirius Black, le fréquentant quelques semaines, arrêtant puis reprenant les galipettes à la fin de l'année. Avec un seul garçon, c'était donc possible. Alton pensait surtout que Marlene était amie avec les bonnes personnes et pas elle. Elle était populaire et trainait avec les populaires.
Elle, elle était juste une élève parmi tant d'autres, montrée du doigt pour ses frasques.
Mais elle avait un comparse, Sirius Black. Il était séducteur, charmeur et était déjà sorti avec quelques filles officiellement, s'essayant à des relations occasionnelles avec d'autres.
Pourtant, de lui on le disait séducteur ou encore Don Juan alors qu'elle n'avait le droit qu'à des surnoms insultants.
C'était sa vie et elle n'avait pas à être jugée. Qu'elle soit nymphomane, séductrice ou voulant simplement avoir des relations libres.
Pamela souffla et rangea son livre, quittant la bibliothèque. Elle était en chemin pour rejoindre sa salle commune lorsqu'elle croisa Rita Skeeter. Elle passa à côté d'elle avant de sourire, venant d'avoir une fabuleuse idée qui rendrait à coup sûr la monnaie de sa pièce à toutes celles qui médisaient sur elle.
-Rita !
Celle-ci se retourna, tout sourire.
-On va se poser dans la salle commune pour discuter ? Il faut qu'on se serre les coudes, on n'a pas beaucoup d'amis toi et moi ! rigola Alton.
La jeune journaliste en herbe n'hésita pas bien longtemps : le château vide, elle n'avait pas grand-chose à faire pour s'occuper. Elles arrivèrent à destination et en chemin, Pamela repensa une fois encore à la liste que lui avait passé Dorcas, une des rares filles à n'émettre aucun jugement sur elle.
Elle hésitait mais pourquoi donc ? Les gens n'étaient pas aussi gentils avec elle quand ils se moquaient. Pourquoi devrait-elle les préserver ?
-Je vais juste prendre une veste dans ma chambre, installe-toi sur le fauteuil rouge, j'arrive.
Elle secoua sa robe, faisant ainsi discrètement tomber la feuille pliée de sa poche. La liste échoua sur le fauteuil sur lequel elle était assise précédemment et Pamela fit semblant de ne pas remarquer le papier. Par contre, elle vit dans le regard de la Serdaigle que l'action ne lui avait pas échappé. La 6ème année monta ensuite tranquillement les marches pour rejoindre son dortoir, sachant bien que Rita avait vu la feuille. La liste serait placardée sur tous les murs et même dans le journal de l'école dès la rentrée, elle en était certaine.
Elle faisait la forte mais peut-être que Pamela voulait voir toute ces gentilles filles se prendre un retour de bâton.
Elle descendit donc quelques minutes plus tard et après un coup d'œil, constata avec satisfaction la disparition de la liste.
-Désolée, j'avais du mal à la trouver. Il faut vraiment que je pense à ranger ma malle…
-Pas de problème, j'ai passé le temps.
De cela, Pamela en était certaine. Elle parla avec Rita mais la conversation manquait de sens et aucune d'elle n'était intéressée par ce que disait l'autre. Pourtant, il fallait bien donner le change.
Finalement, la conversation mourut d'elle-même quelques minutes plus tard. Un silence gênant s'installa alors et Rita Skeeter prétexta un travail à faire pour la rentrée qu'elle n'avait pas fini, tout cela pour partir sans éveiller les soupçons de sa comparse. Alton n'essaya pas de la retenir une seule seconde, ravie de mettre fin à cet instant étrange.
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-Tu ne dors pas, Sirius ? lui demanda James.
-Non, j'arrête pas de penser à Regulus. J'aurais pas dû le laisser seul…
-Pourquoi tu t'inquiètes ?
James se tourna dans son lit pour observer son meilleur ami qui fixait le plafond, la couverture repoussée sur son bassin. La maison des Potter avait beau avoir assez de chambres pour tout le monde, les deux amis aimaient dormir dans la même pièce.
-Dans les lettres, il disait que ça allait, rappela le capitaine de Quidditch.
-Dans deux lettres, rectifia Sirius. Il n'a jamais été très bavard mais là, pour le faire parler, c'était pire.
-T'en fais pas trop, on rentre à Poudlard demain de toute façon. Et puis, je vois pas ce qui aurait pu lui arriver d'inquiétant en deux semaines.
James soupira puis tourna le dos à son ami après lui avoir souhaité bonne nuit. Il semblait pressé de mettre fin à la discussion et Sirius ne répondit pas, inquiet sans savoir pourquoi.
Quelque chose lui disait qu'il allait s'en passer des choses lorsqu'ils retourneraient à Poudlard…
N'hésitez vraiment pas à continuer de commenter, il n'y a que comme ça que je serais ce que vous pensez de l'histoire et les choses à améliorer. Bon il y a ça, et le fait que c'est toujours un plaisir à lire ! ^^
Prochain chapitre le 06/12 - Chuchotements malveillants
