Bonjour !
Oui, je suis encore là, non je n'abandonnerai pas ;) simplement mes petites absences sont normales au vue de ma santé. Mais ne vous en faites pas, j'ai autant envie que vous de connaître la suite de cette histoire !
En attendant, je vous souhaite bonne lecture.
Samaëlle
Chapitre 18
Louis
Assit dans le bus, Harry contemplait le cahier qu'il tenait entre les mains. Un simple cahier noir à spirale, mais à la signification bien importante.
C'était Théodore qui lui avait offert. Un geste de sa part pour, d'après lui, s'excuser de son comportement un peu brusque de la veille, mais aussi pour l'aider.
Il n'avait rien de spécial, simplement, Théodore souhaitait qu'il l'utilise pour s'entraîner à annoncer son homosexualité. Ou au moins, pour faire quelques listes pour qu'il sache par où commencer. Un guide personnel, en quelque sorte.
Ça avait semblé lui tenir à cœur, alors Harry l'avait accepté en le remerciant le plus chaleureusement possible.
Mais maintenant qu'il l'avait entre les mains, il se demandait bien s'il allait réellement l'utiliser. Et comment.
Honnêtement, il ne se voyait pas du tout inscrire ses émotions, que ce soit dans ce cahier ou ailleurs. C'était trop gênant. Même si personne ne le lisait.
Il n'avait jamais tenu de journal intime, et ça semblait s'en rapprocher dangereusement. Et sincèrement, ce genre de chose, c'était pour les filles.
Le rangeant précieusement, Harry se dit qu'il allait tout de même le conserver sur lui au cas où l'envie et l'inspiration le prendraient, il verrait cela une fois qu'il aurait fini ses heures de stage quotidiennes.
Son apprentissage avançait petit à petit, il avait fait un sacré pas en arrière suite à son absence, mais il avait su reprendre ses repairs les deux derniers jours. Ça lui avait fait du bien, étonnamment. Il devait l'avouer, ce musée était vraiment agréable.
Jusqu'à là, il n'avait pas encore approché tous les employés, encore moins ceux qui étaient vraiment précieux à l'art, Tom Jedusor ne lui en avait pas encore permi, mais il avait bon espoir. Ça finirait par arriver tôt ou tard. Que ce soit dans le musée Jedusor ou ailleurs.
Le bus marqua un arrêt, raison pour laquelle Harry se rendit compte qu'il était arrivé. Le jeune homme s'empressa de vérifier qu'il n'avait rien oublier avant de descendre du véhicule rapidement.
Il était bien trop rêveur ces derniers temps, mais c'était incontrôlable. Ses pensées divaguaient sans cesse, c'était plaisant mais aussi très gênant.
Harry se força à retrouver son attention, parcourant quelques mètres d'un bon pas avant de pénétrer dans le musée, histoire d'avoir la tête sur les épaules et de ne pas faire une quelconque erreur.
Comme à son habitude, il salua chaleureusement les agents de sécurité, en profitant pour échanger quelques mots avec eux même si ces derniers restaient souvent distants et désintéressés. Harry savait qu'au fond, ça devait leur faire plaisir de ne pas passer inaperçu. Disons simplement que le grand patron ne devait pas être heureux de les voir discuter avec joie en compagnie d'un apprenti. D'où la froideur et la distance de ces derniers.
Après tout il pouvait comprendre. La sécurité était le domaine le plus important du musée.
Enfin, il finit par rejoindre l'étage des bureaux en traînant un peu des pieds.
- Oh, salut Harry ! Tu es en avance aujourd'hui. Ça tombe bien, je suis chargée d'aider à rafraîchir la salle d'exposition sud. Tu vas venir avec moi !
Alice était toujours aussi énergique et vive. Et honnêtement, ce fut contagieux, d'autant plus qu'il n'avait jamais pu observer cette partie là du travail. Ni même cette fameuse salle d'exposition. Et la secrétaire générale en faisait bien plus que ce qu'elle n'aurait dû, à son avis. Elle devait sûrement être un peu multifonction.
À son grand désespoir, il lui fallut redescendre les escaliers qu'il venait de monter, puis traverser d'autres salles d'expositions encore en observation par quelques visiteurs, pour enfin arriver devant une porte en chêne massif finement sculptée. Décidément, chaque porte ici sortait de l'ordinaire !
Alice l'ouvrit sans plus attendre, ne lui laissant pas le temps de s'attarder plus longtemps sur les détails, à son grand regret, puis l'invita à entrer avant de le suivre.
Il s'agissait d'une salle immense, dont le plafond était recouvert de moulures à l'aspect anciennes mais finement conservées. Au centre, un lustre en cristal illuminait la pièce de mille feu. Harry en fut bouche bée tellement il était grand, et imaginer le prix d'un tel objet le rendit anxieux. Le sol de marbre blanc brillait tellement il était bien entretenu. Tout cela était impressionnant.
Mais ce n'était pas juste ça.
Des toiles très célèbres étaient suspendues aux murs. Des toiles de peintres mondialement connus. La nuit étoilée de Vincent Van Gogh. Le voyageur contemplant une mer de nuages de Caspar David Friedrich. Le pont japonais de Claude Monet. Le pont de Charing Cross de Camille Pissaro. Picadally Circus de George Hyde Pownall. Et d'autres encore.
- Ce sont les originaux ?
Harry l'avait demandé en un souffle, impressionné.
- Oui Harry. Nous n'ouvrons cette salle qu'une fois par semaine, uniquement avec un guide et sous haute sécurité.
- Mais... Comment pouvez-vous avoir autant d'originaux ?
- C'est simple, Tom Jedusor possédait quelques toiles personnelles célèbres, et beaucoup de moyens, alors il a réussi à engager des collaborations avec de grands musées du monde entier afin de faire tourner les œuvres régulièrement. Nous les échangeons tous les ans. Et aujourd'hui, nous venons d'installer ces derniers. Nous devons juste vérifier leurs dispositions.
C'était magique. Pas simplement cette pièce, mais aussi cette façon dont Tom Jedusor réussissait à obtenir toute sorte de chose grâce à sa fortune. Et pourtant, il savait de source sûre que ce n'était pas comme cela pour toutes les personnes riches. Impressionnant.
- Est ce que je peux faire le tour ?
- Évidemment, tant que tu ne touches à rien !
C'était dit sur le ton de l'amusement, ponctué d'un clin d'œil, mais Harry savait pertinemment que cette réplique était très sérieuse. Et il ne comptait pas se risquer à faire quoi que ce soit.
Alors, tranquillement, Harry observa chaque toile avec minutie, posant les yeux sur chaque détail qu'il pouvait apercevoir, le moindre coup de pinceau encore visible dans la peinture de ces si grands peintres.
Une multitude de couleurs s'étandaient sur chacune d'entre elles, certaines, il en était sûr, lui donneraient sûrement du fil à retordre s'il devait les copier. Et de tête, il ne parvenaient pas à toutes les nommer.
Mais là, dans le coin du tableau de Caspar David Friedrich, il y avait un petit quelque chose. Et ce quelque chose lui tappa tout de suite à l'œil.
Doucement, il approcha son visage encore plus proche, afin de pouvoir identifier la dite chose. Si bien que son nez touchait presque la toile.
- Ne touches à rien Harry !
Il se figea à l'avertissement de son aînée.
Elle s'était approchée dangereusement de lui, les sourcils froncés, les mains sur les hanches.
- Ce n'était pas mon intention. Cependant, je crains qu'il ne faille prévenir Monsieur Jedusor et votre restaurateur d'art.
Alice s'approcha d'un bon pas, la mine soucieuse.
- Peux tu me dire pour quelle raison ?
- Le tableau a été légèrement abîmé. C'est léger, mais sur une œuvre pareille, ça signifie énormément.
La jeune femme se pencha à ses côtés pour observer à son tour.
- En est tu sûr, Harry Potter ? Je ne vois absolument rien.
- J'en suis certain. Il est vrai qu'il est difficile de le repérer sans loupe, mais je parviens à distinguer nettement le défaut.
- Très bien. Prévenons Monsieur Jedusor.
oOo
- Pardon ?
Jedusor était vite descendue dans la salle en question, rejoignant Harry, Alice, et le reste de l'équipe d'installation à une allure monstrueuse. Son visage était complètement fermé, et sa voix cinglante rendait l'air en deux.
Il s'était tout de suite rendu dans la salle qui reflétait pour lui sa plus grande fierté après avoir été demandé pour une urgence, mais il ne s'était pas attendu à ça.
Plus précisément, à ce qu'on lui annonce que l'une des précieuses toiles présentait une faille.
- Notre jeune stagiaire, Monsieur Potter, affirme que cette toile a été abîmée, certainement lors du transport.
Ses yeux plissés de colère se posèrent rapidement sur l'intéressé. Il était visiblement soucieux, ses dents ne cessaient de mordre sa lèvre inférieure dans un geste qui pourrait presque le rendre... Non ! Il ne devait certainement pas penser ce mot.
Que lui arrivait-il encore ? Tout était de la faute de ce gosse.
- Eh bien Monsieur Potter, éclairez moi. Montrez moi donc cette fameuse faille.
Le jeune homme s'exécuta sans un mot, à son grand étonnement, et il dû se pencher un peu plus pour essayer de voir... Mais rien.
- Je regrette, Monsieur Potter, mais s'il s'agit d'une blague cela ne me fait pas rire du tout.
- Il ne s'agit pas d'une blague, Monsieur Jedusor.
Tom leva ses sourcils, rendant son air intimidant bel et bien visible aux yeux de tous, annonçant clairement son doute.
- Si vous ne me croyez pas, appelez donc votre restaurateur d'art !
- Nous allons faire cela. Mais croyez moi, Monsieur Potter, vous avez plutôt intérêt à avoir raison pour que nous fassions déranger autant de monde.
Potter hocha la tête, la détermination collé au visage. Et malgré tout, il su que le jeune homme avait raison.
D'où lui venait cette confiance pour lui, soudainement ?
Il leur fallu attendre encore un instant avant que le restaurateur ne pénètre dans la pièce, une caisse métallique à la main.
Muni d'une loupe, il ne lui fallu pas bien longtemps avant de se prononcer.
- Cette œuvre à bel et bien besoin d'une restauration. Pas uniquement sur ce coin, je peux vous l'assurer. Mais il est difficile de s'en rendre compte à l'œil nu. Mes félicitations Monsieur Jedusor. Vous avez un regard acéré.
Les regards se tournèrent vers lui. Et étrangement, cela ne sembla pas le satisfaire.
- Je vous assure que mes yeux sont tout à fait normaux. Je ne voyais absolument rien d'anormal sur cette toile. Le mérite revient à notre stagiaire, Monsieur Potter.
Tom n'avait pas vraiment pour habitude de mettre en avant une autre personne, ni de le complimenter. Et même s'il détestait ça, il s'était bien rendu compte qu'il se devait de le faire dans ce cas précis.
Le jeune Potter, lui, ne semblait plus savoir où se mettre. Il était clair qu'il détestait avoir autant d'attention à son égard, contrairement à lui.
- Notre stagiaire... Eh bien soit, Monsieur Jedusor, puis je me permettre de vous l'emprunter quelques heures afin de lui montrer l'étendu de mon travail ? S'il le souhaite, bien évidemment.
Instantanément, les yeux de l'adolescent se mirent à briller de joie, et quelque part au fond de lui, ça le rendit heureux. Pour une raison ou pour une autre, il devait bien admettre (secrètement) qu'il aimait voir cet éclat dans ses yeux. Ça faisait encore plus ressortir leur couleur si inhabituelle, et c'était agréable à regarder.
- Soit.
D'un geste, il exprima son accord. Et Harry eut le même regard qu'un enfant qui découvre ses cadeaux de Noël au pied du sapin. C'était magique. Si bien qu'une drôle de sensation traversa brièvement son ventre, sensation qu'il fit bien rapidement oublier en détournant les yeux vers son restaurateur.
Il échangea quelques paroles supplémentaires avant de les observer quitter la pièce avec l'œuvre soigneusement emballée pour le trajet.
Tom ne préféra pas se demander comment il se sentait.
oOo
Il y était. Enfin. Dans un vrai atelier de restauration. Une pièce si vaste, avec un plan de travail si long et large. Et une panoplie d'outils comme il n'en avait jamais vu. Ça sentait bon la peinture, le bois, et l'ancien.
La pièce était dénuée de fenêtres, éclairée par des projecteurs en tous genres, avec possibilité de régler la luminosité de tellement de façons.
C'était incroyable.
- Au fait, je suis Louis.
Louis était un homme ni jeune, ni vieux. Pour tout dire, Harry ne savait même pas quel âge lui donner. Il avait le crâne rasé, était assez grand et musclé, et un visage rond pour adoucir son apparence. Ses yeux bruns étaient remplis de bienveillance et de joie, bien qu'ils soient cernés par la fatigue et quelques rides.
- Je suis Harry. Merci beaucoup de me permettre d'être dans un tel endroit, Monsieur.
- Je t'en pris, appelle moi Louis, et tutoies moi, ça me permettra d'être plus à l'aise.
Louis traversa la pièce, et Harry s'empressa de le suivre pour l'aider à installer la toile sur le plan de travail en bois de chêne épais.
L'homme lui présenta tout de suite tout un tas d'instruments, il en connaissait déjà beaucoup, mais c'était toujours aussi enrichissant d'en faire le tour.
Loupes, pinceaux, lampes ultraviolettes, appareils photos, cuvettes, spatules en tout genre, brosses, cales, papier de vers, buvard, colle vinyle, résine, solvant, enduits, vernis, peintures de toute sorte... Il y avait vraiment de tout. Même des cotons tiges.
- Tu es spécialisé dans quel dommaine de restauration ?
- Oh ! Je fais de tout. Les meubles, les tapis, les tableaux, les dessins, et même les moulures ! Même si j'ai une préférence pour les tableaux, je suis vraiment dans tous les domaines. À l'époque où j'ai appris, on ne faisait pas vraiment de distinction entre les différentes œuvres, simplement je continues de me former chaque année et surtout de m'informer sur l'évolution des techniques utilisées.
Une fois qu'il était lancé, on ne l'arrêtait plus. Un vrai moulin à paroles. Mais c'était loin d'être dérangeant ! Ça allait permettre à Harry d'apprendre énormément de choses. Il était vraiment heureux. Pour la première fois, il allait voir en direct ce pour quoi il se voyait destiné.
L'homme lui apprit qu'il était français, et honnêtement, il ne l' aurait jamais deviné, il n'avait pas particulièrement d'accent. Il avait appris son métier en France, puis avait déménagé au Royaume Uni tout juste après son diplôme. Il avait commencé par errer d'un musée à l'autre, travaillé à son compte quelques années, avant de finalement trouver sa place ici, seize ans auparavant.
C'était satisfaisant de regarder chaque geste effectué avec précision par des mains expertes. Harry ne su pas vraiment combien de temps il resta là, à contempler le moindre mouvement de l'homme. Il su juste que ses pieds commençaient à lui faire mal à force de rester debout. Mais c'était une douleur largement gérable.
Il n'avait aucune idée de l'heure qu'il pouvait être, et il n'avait aucun moyen de le savoir ici, sans fenêtre, sans pendule, ils étaient comme coupés du monde, et c'était d'autant plus intrigant.
Le jeune homme était dans son petit monde, sur son petit nuage, dans un environnement qui le rendait appaisé.
Jusqu'au moment où Louis arrêta tout mouvement, s'étirant de tous les côtés, avant de prononcer un nouveau mot.
- Rentrons.
Un unique mot auquel Harry ne su pas quoi répondre. Il se contenta simplement de remonter au rez-de-chaussée avec Louis, les jambes lourdes.
C'est seulement à cet instant qu'il se rendit compte qu'il aurait dû être rentré bien plus tôt. Le ciel était noir, le musée était vide de tout visiteur, et très peu d'employés s'y trouvaient encore. Alice elle même était déjà partie.
- Harry, ce serait un plaisir pour moi de t'accueillir à nouveau dans mon domaine. N'hésite pas à revenir à chaque fois que tu en auras l'envie et la permission.
La restauration de l'œuvre était loin d'être terminée, alors Harry espérait bien pouvoir s'y rendre à nouveau le lendemain, si ça lui était permis.
- Merci beaucoup !
Quelques mots plus tard, et Harry se retrouvait à l'étage, afin d'y récupérer ses affaires avant de rejoindre son appartement.
Un coup d'œil à son téléphone lui indiqua l'heure 22:52.Jusque là, il était rentré à vingt et une heure au plus tard chez lui. C'était une première pour lui de partir aussi tard. Surtout qu'il était censé finir à 19h voir parfois 20h hors expositions habituellement.
- Que faites vous encore là, Monsieur Potter ?
La voix qui claqua derrière lui le fit sursauter brusquement. Si bien qu'il se retourna vivement. Il fit face à Tom Jedusor. Encore.
Le rouge lui monta aux joues. Vu comme ça, il devait avoir l'air coupable de quelque chose.
- Je n'ai pas vu l'heure passer auprès de Louis. Nous venons seulement de finir. Je venais simplement récupérer mes affaires avant de quitter le musée.
- Bien. Notez vos heures supplémentaires avant de partir.
L'homme fit demi tour d'une démarche toujours aussi assurée, puis fit quelques pas avant de s'arrêter brusquement.
- Monsieur Potter ?
Qu'y avait il encore ? Harry était soudainement fatigué, et n'avait qu'une hâte, rentrer chez lui et s'affaler dans son lit.
- Oui Monsieur ?
- Avez vous un moyen de locomotion pour votre retour ?
Il était vraiment tard. Et jusque là, Harry n'avait pas vraiment réfléchi à cela. Plus l'heure avançait, moins les bus et les métros circulaient. Il allait certainement devoir attendre un bon moment avant d'en voir un arriver.
- Je pensais emprunter les transports en communs.
- Je ne pense pas que cela soit bien prudent à cette heure-ci.
Toujours de dos, Tom resta silencieux un moment. Et Harry ne sut quoi répondre. Il n'avait pas de quoi payer un taxi, et il n'avait pas repris son vélo depuis l'accident.
- Laissez moi vous raccompagner.
Il ne s'y était pas attendu. Être invité une nouvelle fois à s'installer dans l'une des voitures de Tom Jedusor.
- Je ne voudrais pas vous déranger, Monsieur.
- Vous me dérangeriez bien plus s'il vous arrivait quelque chose dans la nuit, Potter, alors contentez vous de me suivre.
Cela allait finir par devenir une habitude.
Et voilà ! Ce chapitre m'a demandé tellement de recherches personnelles que j'en suis heureuse de l'avoir terminé !À très bientôt !Samaëlle
