BOOOON ! I'm back ! Voici le 7e chapitre que vous attendiez toutes (mdr). Les choses avancent et se corsent ! J'espère qu'il vous plaira !
P.S : N'oubliez pas que ma fic traite de sujets tabous et assez sombres donc si vous êtes sensibles et que vous ne supportez pas ce genre de contenus, je vous conseille de vous arrêter là ^^
Voili voilou ! On commence !
POV EREN
Depuis le départ d'Erwin et Levi, je ne ressentais plus la fête de la même manière. Pour moi, cette fête allait me servir à annoncer à mes amis ma relation avec Levi. J'avais complètement zappé que de base, cette fête était dédiée à Connor. Du coup, je ne me sentais clairement pas à ma place : entre tous mes amis qui câlinent et souhaitent la bienvenue à un gars que je déteste et Armin qui est en stress par rapport à Erwin, je n'étais vraiment pas dans mon bol. Surtout que j'étais en rogne contre Levi...
Nous étions tous à table en train de grignoter avec Sasha, Conny, Marco et Jean qui taquinaient Connor et Mikasa lorsque Reiner interrompit tout le monde :
« Hey les amis ! Je sais pas si vous avez oublié mais Eren était censé nous annoncer un truc non ? Et Armin devait nous dire qui était son « Maître ».
- Oh mais c'est vrai ça ! crie Conny. »
Jean me fixait. Je pense qu'il avait compris que je voulais annoncer ma relation avec Levi. Sauf qu'il n'était pas là... Avec lui à mes côtés, je me sentais pousser des ailes alors le dire n'aurait posé aucun problème. Je me retournai vers Armin. Depuis tout à l'heure, il ne bougeait pas et n'avalait rien. Nous n'étions pas en état de faire quoi que ce soit, surtout si cela était en rapport avec nos amants. Je jetai un regard circulaire. Tous nos amis nous observaient avec attention. Reiner reprit la parole.
« Ça va Armin ?
- Mmh... »
Je pense que ce serait mieux si les deux blonds ne s'adressaient plus la parole pour aujourd'hui. Je décidai donc de prendre les devants.
« Armin ne se sent pas très bien…
- Haaaan, souffle Hansi. Dites plutôt que c'est une excuse pour ne rien nous dire et pour ne pas bouffer la moutarde !
- Grave, dit Sasha en parlant la bouche pleine. »
Armin se mit à rougir et à trembler. C'était mauvais signe…
« Si Eren vous dit que je ne me sens pas bien, c'est que c'est vrai.
- Tu veux prendre un médicament Armin ? propose doucement Connor.
- Non merci, ça va aller. Je pense que je vais rentrer chez moi…
- Je comprend... »
On sentait bien que Connor était déçu. C'était Armin et Christa qui avaient pris les devants pour cette fête: l'un voulait partir et l'autre avait mystérieusement disparu.
« Je vais t'accompagner Armin. Je t'emmène chez moi. »
Je le pris par le bras et nous partîmes. Je pouvais sentir sur mon dos le poids des regards de nos amis. Lorsque nous eûmes enfin posé le pied dehors et fermé la porte derrière nous, je pus sentir Armin se détendre. Je décidai de ne pas lui parler, je pense qu'il avait envie de réfléchir seul. Il était déjà 15h10. Le soleil était encore bien haut dans le ciel dégagé. Il faisait si beau. C'était étrange pour une période qui est censé être assez froide et humide. Je regardai discrètement Armin. Il avait les larmes aux yeux.
« Pizza ? »
Il hocha la tête de haut en bas. Nous passâmes donc à la pizzeria avant de rentrer chez moi. Nous marchâmes ensuite en silence jusque chez moi. J'espère vraiment que tout s'arrangera…
POV ?
20h50
Je ne sais pas pendant combien de temps je suis restée enfermer ici… Un jour ? Une semaine ? Un mois ? Le temps passe si lentement. Avant de me faire kidnappée, je me plaignais pour un rien. Mais c'est que maintenant que je me rends compte de ma bêtise. Sortir voir des amis, boire des verres avec mes collègues, aller se faire les ongles… Mais aujourd'hui, rien de tout ça n'est possible. Je suis attachée à une barre de fer et je ne peux changer de position. Je n'ai plus de repère dans le temps mais je dirais que je suis restée allongée au sol pendant au moins 24h. C'est horrible. Je bougeais un peu ma tête pour regarder à ma droite. J'avais l'impression d'avoir du plomb dans le crâne. Tout mon corps me faisait mal. De plus, la pièce était plongée dans l'obscurité. Il fallait plisser des yeux pour voir les objets qui pouvaient nous entourer. J'observais avec attention et vis que Christa avait été installée sur une chaise en bois. Elle était serrée étroitement et avait l'air éveillé. Je chuchotai :
« Christa ? »
Je vis qu'elle essayait de tourner la tête vers moi, en vain.
« Christa, répond-moi.
- Oui…
- Tu es ici depuis combien de temps?
- Je sais pas... »
Elle se mit à sangloter.
« Calme-toi ma belle. C'est pas grave, tout va bien se passer.
- Non, snif. C'est pas vrai…
- Est-ce que tu as déjà réussi à sortir de cette cave ?
- Jamais...
- Et est-ce que tu as réussi à reconnaître notre kidnappeur ?
- Non… Vous êtes qui ? Comment vous me connaissez ?
- Tu ne me reconnais pas ? C'est moi, Petra. »
Un silence se fit entre nous.
« Je ne sais pas comment je me suis faite kidnapper mais… Vu les maux de tête que j'avais au départ, je dirais qu'il nous a toutes deux droguées. »
Christa se mit à sangloter plus fort. Bah bravo Petra ! C'est clair que tu la rassures en disant ça. Soudain, j'entendis des pas au-dessus de nous. Ensuite, la trappe s'ouvrit et le halo de lumière que nous connaissions si bien pénétra dans la pièce. Avec l'obscurité, je ne voyais jamais le visage de notre kidnappeur. En plus de cela, il portait toujours un masque noir qui couvrait son nez et sa bouche. En vérité, il ne me faisait pas de mal : il m'avait juste attachée et me changeait parfois de position. Quand on avait besoin d'aller aux toilettes, il nous tendait un pot quand il était présent avec nous. Lorsqu'il ne l'était pas, et bien nous étions obligées de nous retenir ou de faire nos besoins sur nous et il nous lavait ensuite le corps à l'aide de gants de toilette.
« Qu'est-ce qu'il se passe ici ?! »
Christa arrête de sangloter à l'entente de cette voix. Celle-ci était plutôt grave et j'étais sûre que c'était un homme. Je dirais même qu'il était plutôt jeune. J'ouvris mes yeux pour mieux voir ce qu'il se passait. L'homme se rapprocha de Christa.
« Et bien, pourquoi tu pleures ? »
Christa ne répond pas.
« J'ai pas rêvé, tu pleurais bien tout à l'heure. »
Il caressa doucement sa joue.
« Bah oui regarde. Ce sont bien des larmes que je vois là.
- Laisse-la… Pourriture…
- Oh.. Tiens donc. C'est la première fois que j'entends ta voix depuis que je t'ai ramené ici. C'est dingue ça. »
Il se rapprocha de moi. Je sentis mon pouls s'accélérer. J'avais peur… Il s'accroupit devant moi.
« Tu devrais continuer à te taire, Petra. »
Je déglutis.
« Je ne sais pas si tu l'avais remarqué, mais pour l'instant, je ne t'ai pas touchée…
- Touchée ?…
- Oui, tu m'as bien entendu. Alors tu devrais te calmer. Pour l'instant, mon seul jouet, c'est Christa. Quand j'aurai fini de m'amuser avec elle et que je me serai débarrassé d'elle, je m'amuserai avec toi. Je sais que tu en as envie.
- Salaud. »
J'utilisai mes dernières forces pour lui cracher à la figure.
« Oh… Tu es plutôt sauvage en plus. J'adore ! Je vais pouvoir te dompter.
- Je sais… Je sais que tu bluffes…
- Que je bluffe ?
- Oui… Tu n'as pas pu faire de mal à Christa. Sinon, je l'aurai entendu…
- Hum…
- Et elle m'a dit qu'elle n'est jamais sortie de cette putain de cave ! Donc tu ne lui as rien fait ! »
Notre kidnappeur se leva et répondit.
« T'entends ça Christa ?
- …
- Petra prétend que je ne t'ai rien fait. C'est triste non ?
- …
- Christa… Qu'est-ce qu'il t'a fait ?! criai-je.
- …
- Oh Petra… Tu es sûre d'être une infirmière ? Parce que rappeler un traumatisme à une gamine, c'est pas très prudent. »
Christa avait repris ses sanglots.
« Figure-toi que je te droguais quand je m'occupais d'elle. Je fais tout dans cette cave. Jamais, au grand jamais, je ne salirai mon appartement. »
Je ne pus m'empêcher de penser à Levi lorsqu'il eut prononcé cette phrase. Je souris faiblement. Il me manquait tellement…
« Bon… C'est pas tout mais il faut que je m'occupe de toi Christa.
- Non non par pitié !
- Ce sera la dernière fois, ne t'inquiète pas.
- Comment ça « la dernière fois » ?! demandai-je.
- Et bien, quelqu'un est à ta recherche Christa. Elle s'appelle Emir ou Ymir un truc comme ça…
- Non ! Pitié ! Ne fais pas de mal à Ymir !
- Oh tu tiens à elle ?
- Oui…
- C'est merveilleux à entendre ! Sublime ! C'est beau ! »
Il se mit à applaudir.
« Bon, j'adore faire ça à mes victimes. Pour ta dernière fois Christa, tu auras le droit de voir l'intégralité de mon visage. Tu verras, tu ne seras pas déçu. Je ne suis pas un vieux pervers dégueulasse. Je me trouve plutôt beau gosse même. »
Il partit vers la table en bois et prit une seringue.
« Je vais t'endormir Petra. À ton réveil, tu te sentiras comme sur un nuage. »
Il prit sur la table ce qui ressemblait à une casquette et des lunettes de vue. Il les mit, alluma la lumière de la cave et vint vers moi.
« Bonne nuit Petra... »
Il planta la seringue dans mon cou et tout devint flou.
À partir de ce moment, je ne sais pas si tout ce que je vous raconte est exact mais je pouvais entendre les supplications de Christa. J'essayais de bouger mais mon corps ne le voulait pas. Elle pleurait, elle essayait de se débattre. Je pouvais le sentir, je pouvais l'entendre. Je me sentais si mal… Le kidnappeur, lui, ne parlait pas beaucoup. La seule phrase venant de lui que je pourrai vous ressortir mot pour mot est : « Et bien si tu aimes tant cette Ymir, je la tuerai pour qu'elle te rejoigne. »
POV YMIR
Pendant que mes amis fêtaient dans leur coin l'arrivée du beau blond, je devais me débrouiller toute seule pour retrouver ma bien-aimée. La police n'avançait pas assez rapidement à mon goût. Tout pouvait aller si vite dans ces histoires d'enlèvement. Depuis la disparition de Christa, j'ai regardé pleins d'affaires de ce style. Il n'y avait que des rares cas où tout se finissait bien. Mais au moins, j'avais retrouvé son téléphone. Évidemment, je ne l'ai pas donné à la police. Je préfère faire tout moi-même ! Oh Christa, où que tu soies, j'espère que tu penses à moi et que tu prends soin de toi… Je ne faisais plus attention à où est-ce que je me rendais. J'avais mal aux pieds et j'étais démotivée. Je me cognais contre le torse d'une femme. Mon dieu, elle est musclée as fuck! Je relevai la tête pour voir que c'était Annie.
« Annie ? Qu'est ce que tu fais là ?
- Rien. »
On se fixait un instant. Un silence se fit entre nous mais devinez quoi, c'est pile à ce moment que mon ventre se décida à gargouiller.
« Tu t'inquiètes tellement pour Christa que tu ne manges plus à ce que je vois.
- Hum…
- Viens, je t'emmène bouffer un truc.
- Et Christa ?
- J'ai peut-être une info pour toi. Alors viens. »
Je suivis alors Annie comme s'il s'agissait de ma bonne étoile. Elle n'était pas si méchante dans le fond…
On se pose ensemble dans un petit restaurant traditionnel japonais. Elle me commande des nouilles sautées et une boisson pour elle.
Je commençais à manger avec voracité. Ça fait combien de temps que j'ai pas bouffé convenablement moi ?…
« Waw… Tu avais faim.
- Oui !
- Tu ne mangeais pas ?
- Que des barres et des boissons énergétiques.
- Je vois... »
Annie attendit que je finisse pour continuer de parler.
« Écoute, ce n'est qu'une théorie. Mais je pense avoir trouvé une piste.
- Ooooh ! Dis-moi tout !
- Au départ, je n'étais pas sûre du tout mais j'ai eu une confirma…
- MAIS DIS MOI !
- Bien. Bertholt est impliqué dans l'affaire de la disparition de Christa. Et je pense même qu'il est impliqué dans celle de Nancy. »
Un long silence prit place. Je ne sentais plus mes doigts.
« Bertholt ? Avec sa tête de victime ? Impossible !
- Et pourtant… Mais je pense qu'il n'agit pas seul. Il est tellement influençable, quelqu'un doit l'avoir manipulé.
- Je vois… Si je le trouve…
- Si tu le trouves, tu fais rien du tout.
- Mais…
- Y a pas de « mais » Ymir. La survie de Christa dépend de ton comportement. »
Je déglutis. Elle n'avait pas tort. Tous les actes que je ferai à partir de maintenant auront un impact sur Christa.
« Merci de m'avoir acheté ce plat et de m'avoir fait confiance Annie.
- De rien. »
Je me levai et la saluai. Désolée Annie mais, tu m'as donné un nom, je me dois de vérifier par moi-même.
POV BERTHOLT
21h16
Les cris de Christa m'effrayaient. Je plaquai mes mains contre mes oreilles. Ça me faisait tellement penser à Nancy… Mon corps ne cessait de trembler. Christa était mon amie, je devais faire quelque chose. Mon amant sortit de la cave. Son tablier n'était pas recouvert de sang. C'était étonnant. Il ne l'a pas tuée ?...
« Bon, mission accomplie.
- Mission.. Accomplie ?
- Yep. Je l'ai tuée.
- Qui ça ?
- Bah, la petite blonde là. Christa.
- Non… Non c'est pas possible ! »
Je me précipitai vers la trappe de la cave, je descendis à toute allure les escaliers et vis avec effroi le corps sans vie de mon amie. Ses yeux, qui étaient si bleus et pleins de vie auparavant, sortaient de leurs orbites et semblaient vides. Cette fois-ci, il ne l'avait pas tuée avec un couteau. Non. Un tissu bleu était enroulé autour du cou de Christa. Non. Le visage de la belle blonde était bleui… Il l'avait étranglée… Non...
« Ohlala… Tu sais, c'était assez drôle. »
Je me retournai et vis que mon sauveur m'avait rejoint.
« Elle faisait des bruits de cochon, c'était rigolo. Mais elle ne m'a pas insulté étrangement.
- S'il te plaît… Arrête…
- Bah, qu'est-ce qui a Bertie ? dit-il en posant sa main sur mon épaule.
- Ne m'appelle pas comme ça ! »
Je retirai violemment sa main.
« Pourquoi… Pourquoi est ce que tu as fait ça ?!
- Bertie…
- Arrête ! Par pitié... »
Je m'accroupis au sol. Il me faisait peur maintenant…
« Elle n'a rien fait… Elle n'a rien fait…
- Oui, exactement. Elle n'a rien fait. »
Je levai la tête pour lui faire face.
« Quand tu étais dans le mal, elle n'a rien fait du tout. Quand tu te sentais seul et triste, elle n'a rien fait. »
Il s'accroupit à mes côtés et me prit le visage avec ses douces mains.
« Mais moi, j'ai toujours été là. Je t'ai toujours encouragé. Tes amis étaient là seulement dans les bons moments. Tandis que moi, je te soutiens et te soutiendrai pour toujours, quelques soient les circonstances. »
Il posa ses lèvres sur les miennes.
« Ne t'en fais pas. Je m'occuperai seul du corps. D'accord ?
- Oui… »
Il me prit dans ses bras.
« Je sais que c'est dur mais je suis là maintenant. Tous tes problèmes sont les miens. Tu n'es plus seul. »
J'hochai la tête. Je me sentais mieux dans ses bras. Nous restâmes comme cela durant environ cinq minutes. Lorsque je quittai enfin ses bras, je décidai de prendre l'air. Je me sentais mieux mais je lui en voulais toujours un peu. Je sortis donc de l'appartement. Je ne voulais pas voir mon amant s'occuper du corps de Christa. J'avançai dans la rue sans faire attention à l'endroit où est ce que je me rendais. Je continuais comme ça pendant quinze minutes. Durant ma marche, je vis une allée sombre et étroite. À cause des films, nous avons une mauvaise image de ces allées. Mais moi, je sais qu'il ne faut pas se fier aux apparences. La preuve avec mon amant. Il peut être si doux et si violent à la fois. Je me faufilai donc entre les gens pour pouvoir pénétrer dans cet endroit. Lorsque j'y suis arrivé, je m'appuyai contre un mur et vomis tout ce que j'avais mangé durant cette journée. C'était vraiment éprouvant.
Après trente minutes de marche, je décidai de rentrer chez mon amant. Lorsque j'eus mis un pied dans son appartement, mon sauveur me prit par le bras et me ramena dans sa cave. Je vis donc la petite surprise qui m'attendait.
POV YMIR
22h07
Depuis qu'Annie m'avait confiée son soupçon sur Bertholt, je m'étais décidée à le tracer. Je passai d'abord devant son appartement mais personne n'y était. Où est-ce qu'il pourrait bien être ?… Un souvenir me revint en tête. Je l'avais déjà vu se rendre dans un appartement caché du reste de la ville. Il fallait passer par plusieurs ruelles sombres et étroites. Je pensais que c'était un club chelou pour des gens timides comme lui. Je m'y rendis donc pour vérifier. Je sonnai à la porte. La personne derrière la porte mit du temps à ouvrir. Elle devait sans doute regarder à travers le judas. Lorsque la porte s'ouvrit, un homme de grande taille avec une casquette, des lunettes, un masque noir et un tablier m'ouvrit la porte.
« Euh bonsoir. »
Il ne me répondit pas. Maintenant que j'y pense, sa tenue était plutôt particulière pour quelqu'un qui restait glandouiller à la maison.
« Je cherche Bertholt. Est-ce qu'il est ici ? »
Toujours pas de réponse. Il ouvrit plus grand la porte et tendit son bras pour m'inviter à entrer. Je pénétrai dans l'appartement : tout était si bien rangé. Au final, ce n'était pas un club du tout. Je m'assis ensuite sur le canapé du salon. L'inconnu me tendit une tasse de thé.
« Hum… Merci. »
Il s'installa en face de moi sur un petit tabouret. Il ne m'adressa pas un mot. Peut être qu'il est muet… Il alla prendre une feuille de papier et un stylo. Il écrivit un petit mot dessus et me le montra.
Bertholt arrive très bientôt. Est ce que vous pouvez patienter s'il vous plaît ? ^^
Ah, il ne compte vraiment pas parler… Je secouai la tête de haut en bas. Il alla se rasseoir à sa place. Un silence s'installa donc entre nous. Les seuls bruits que je pouvais entendre étaient mes bruits de gorge que je faisais en buvant mon thé et… Et j'entendais autre chose. Comme des sortes de cris étouffés. Je me sentais mal à l'aise. Est-ce que c'est Bertholt qui fait ces bruits ? Je me retournai dans tous les sens. Je me sentais de plus en plus mal à l'aise. L'hôte de la maison écrivit encore sur le papier et me le tendit.
Le bruit vous dérange ?
Je pouvais voir à travers ses lunettes teintées qu'il me fixait. Je secouai la tête de haut en bas. Il reprit la feuille et gribouilla un petit mot encore une fois.
Suivez-moi, nous allons l'arrêter ensemble.
J'hochai encore une fois la tête. J'allais vraiment finir par me faire un torticolis. Il me tendit la main et me conduisit près d'un placard. Il l'ouvrit et souleva un petit tapis. Ah ouais… On dirait un passage secret… Lorsqu'il souleva entièrement le tapis, on découvrit une trappe en bois. Il m'invita d'un geste de la main à l'ouvrir. Je me penchai et soulevai la trappe. Un odeur de renfermé s'échappa. Ça devait être normal pour une cave aussi bien cachée. Des escaliers se déplièrent et les cris étouffés que j'entendais se firent entendre plus forts. Puis soudain, je sentis une main puissante me pousser par derrière. Je n'eus même pas le temps de me rattraper, je me recroquevillai sur moi-même pour rendre la chute moins douloureuse et fermai mes yeux. Mes côtes heurtèrent les escaliers en bois et je me retrouvai enfin sur le sol froid de cette putain de cave. J'ouvris avec difficulté mes yeux et me rendis compte que je ne voyais rien. Je sentais la présence d'un corps chaud pas très loin. C'était cette personne qui poussait des cris. Je me relevai doucement et essayai de m'habituer à l'obscurité. J'entendis les pas de l'homme se rapprocher de moi. Je m'écartai par réflexe. Il alluma la lumière et ce que je vis me glaçai le sang. Les corps nus de Petra et de Christa jonchaient le sol. Petra gesticulait dans tous les sens malgré ses liens qui l'attachaient au sol. Un bandage serrait sa bouche et l'empêchait de parler.
« Christa ! »
J'avais crié son prénom en me précipitant sur elle. Lorsque je me rapprochai d'elle, j'eus peur de comprendre ce qu'il s'était passé... Je ne sentis pas la chaleur si réconfortante qui émanait habituellement de son corps. Son visage était bleu et ses lèvres entrouvertes: elles aussi étaient bleuies. Son corps était criblé de coups. Un tissu bleu était enroulé autour de son cou si fin et si doux au toucher. On l'avait mise dans une position étrange , je tournai autour d'elle pour pouvoir m'allonger sur son corps nu. Ses jambes, qui portaient les traces de liens trop serrés, étaient écartées. Lorsque je me mis au niveau de ses pieds, je compris directement ce qu'il s'était passé. Un liquide blanchâtre coulait le long de ses fesses.
« Connard ! Qu'est-ce que tu lui as fait ?! »
Pas de réponse. Ma voix était complètement cassée. Je voulais paraître forte, mais je n'y arrivais pas...
« Je pense que tu as compris non ? »
Je ne fis pas attention à sa voix. Je m'allongeai sur le corps inconscient de Christa. Je ne l'entendrai plus jamais rire, je ne la verrai plus sourire. Elle était morte. Si j'avais été plus rapide… Si Annie m'avait mise sur la piste plus tôt…
« Putain ! »
Je me dégoûtais. Je pleurais la mort de ma petite amie. Elle ne méritait pas ça… Elle ne méritait pas cette mort. J'aurai préféré qu'il me tue et qu'il me viole moi !
« Pourquoi ?… Pourquoi elle ? »
Je n'arrivai plus à parler. J'avais trop mal, c'était si douloureux. Je veux mourir… Je veux mourir…
« Bertie ! Viens voir ! Une amie est venue te rendre visite ! »
Mes larmes floutaient mon champ de vision. Mais je pus reconnaître la voix tremblante de Bertholt. Je relevai la tête vers lui.
« Ymir… Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Bah je te retourne la question imbécile !
- Je… Je sais pas…
- Bon Bertie, je t'avais dit que je ferai tout le travail aujourd'hui, répond le gars masqué.
- T'es qui toi?! Rend-moi Christa bordel !
- C'est ce que je vais faire, tu vas la rejoindre, ne t'en fais pas. Tu veux la rejoindre maintenant ou pas de tout suite ?
- La ferme ! »
Je ne comprenais pas tout ce qu'il disait, sa voix était étouffée à cause de son masque. Je serrai le corps de Christa entre mes bras et reculai jusqu'à m'acculer contre une table en bois. Je lâchai rapidement le corps de ma bien-aimée et me levai. Je fouillai sur la table et pris un pied de biche. Est-ce qu'il l'a déjà frappé Christa avec ce truc ?…
« Et bien, tu te fiches complètement de Petra on dirait. »
Je jetai un coup d'œil vers Petra. Il y était allé fort avec elle aussi. Elle continuait à pousser des cris étouffés. Il s'avança doucement vers moi. Je voulais reculer mais je ne pouvais plus. Je mis le pied de biche en avant pour lui montrer que je n'avais pas peur de lui. Ce qui était totalement faux. C'est un taré ! Soudain, il prit son élan et attrapa une batte de baseball qui était caché dans un coin sur le sol. Je serrai ma mâchoire. Il tenta un premier coup que j'évitai in extremis. Et heureusement car si j'avais mal esquivé, je me serai pris la batte en pleine gueule.
« Tu es plutôt coriace dis-moi ! »
J'essayai de lui donner un coup à l'aide du pied de biche, en vain. Ensuite, tout s'enchaîna très rapidement. Je n'eus même pas le temps de comprendre. Bertholt courut et se jeta sur moi. Je poussai un cri d'effroi. Il me plaqua au sol en collant mes poignets. Il a de la force ce con !
« Désolé Ymir ! »
Il pleurait… Je ne saurai jamais si Bertholt était réellement honnête. Peut être qu'il faisait la comédie depuis le début. Je ne sais pas... Il m'arrache le pied de biche des mains et le jette dans un coin de la pièce. Bertholt prit une seringue qui était dans une de ses poches et me la planta au niveau de la gorge.
« Argh ! »
Je me sentis partir. Mon esprit quittait mon corps petit à petit. Ça fait du bien... J'avais l'impression de ne plus avoir mal, de ne jamais avoir vu le cadavre de Christa. Sauf que le mec masqué me ramena vite à la réalité. Je sentis plusieurs coups de batte de baseball s'abattre sur moi. Plus il tapait et plus j'avais l'impression de partir, de quitter ce monde cruel. Je pouvais sentir mes os se craquer, se fissurer pour à la fin, se briser. Je n'étais plus que de la poudre d'os… Je vais enfin pouvoir rejoindre ma chère et belle Christa…
Alors… Ça vous a plu ?… Il était assez compliqué à écrire donc voilà, soyez indulgentes pls xD. Si vous avez des conseils, n'hésitez pas. ^^ Les deux prochains chapitres sont déjà prêts et ils arriveront vers mi ou fin février. Je préfère ne pas vous donner de date précise parce que je suis super tête en l'air xD
Merci à mes chères lectrices dont je connais le pseudo et qui me soutiennent fort : stickgirl512, Bubblie, Katerel26, , Laurana fanatique de Livaï,Atriana98, Lilua27, Luhaneika, Kurow12, Hellwenna, La Friteuse, Rei. Hanaki, Celena2003,Ninafischerjousselin, et enfin Choufleurofhell pour ses précieux conseils.
En espérant que l'histoire vous plaise, bonne année (avec deux mois de retard oui!) !
Bisous glacés !:3
