Hello hello ! Je suis ravie de vous retrouver si vite ! On tient le coup, on essaie de garder le rythme ! Chapitre 8 au nom de Lexa car elle arrive à un tournant important de sa vie. Mais elle est loin d'avoir accédé au bonheur, nombre d'obstacles l'attendent encore… Enjoy !


2 janvier. Le jour de la première vidéo officielle d'Aphrodite et Vénus. Et pour cette première il s'agit de notre trio avec Raven. Je redoute un peu de la voir. J'aurais aimé pouvoir la visionner avec Clarke, ça aurait pu être drôle, ou intéressant. Pendant une seconde j'hésite même à appeler Raven pour la regarder avec elle et je me raisonne en me disant que la vue d'une vidéo de nous deux en train de baiser n'est pas forcément la meilleure idée du siècle. Je me pose donc tranquillement devant mon ordinateur, seule.

Un peu plus de trente minutes. Fidèle à mes souvenirs du tournage. Un petit pincement au cœur me gagne lorsqu'elle se termine. Tourner avec Raven allait devenir quelque chose de rare. Et je n'aurais plus cette intimité que j'avais réussi à créer dans les loges avec chaque actrices. Mais je ne peux m'en plaindre, mon objectif étant de quitter LFS l'année prochaine. Sous la vidéo, Alie présente à nouveau le duo qui devient à présent la tête d'affiche de la société. Elle annonce que les prochaines élections pour les détrôner – ou non – auront lieu dans une année tout pile. C'est donc bien ce que je disais, il me reste une année entière pour essayer d'ériger Raven à ma place. Mais que faire de Clarke ? Peut-être qu'elle aurait envie de continuer encore un peu. Nous n'en avions pas vraiment discuté. Et qui mettre à sa place ? Une nouvelle ? Niyhla ?

Je suis tirée de mes pensées par mon téléphone qui sonne, à ma grande surprise, il s'agit de Raven.

— Allô ?

— Bonne année Lexa !

— Bonne année à toi aussi Raven.

— Alors ! Tu as vu la vidéo ?!

— Hahaha, tu ne perds pas une seconde toi !

— Oh, je te connais !

— Oui, je l'ai vue.

— Elle est bandante… Euh pardon ! Elle est ultra cool !

— Hahahahah ! Oui, c'est vrai qu'elle n'est pas mal. Tu y resplendis, si tu veux mon avis, tu pourrais me surpasser.

Autant m'y mettre dès maintenant.

— N'importe quoi, Aphrodite est indétrônable.

— Je vais partir un jour, tu sais…

— Ne parle pas de malheur ! Déjà qu'on ne va presque plus tourner ensemble…

Je n'ose pas lui dire.

— Tu as passé un bon réveillon ? demandé-je pour changer de sujet.

— Dans la famille de Miles, c'était super ! Et toi ?

— Avec les amis de Clarke, c'était sympas aussi, mais il s'est passé quelque chose d'étrange.

Sous ses demandes curieuses, je lui conte toute l'histoire. Après mon récit, elle essaye de me rassurée au mieux et d'émettre des hypothèses pour ne pas me faire peur. A aucun moment elle n'énonce les doutes qui germent dans mon esprit.

— Et si Clarke et Bellamy avait eu une aventure ensemble ? lancé-je d'un coup, n'y tenant plus.

— Elle t'en aurait parlé, non ? Remarque, ça expliquerait son comportement à lui… Mais j'ai des doutes. Elle n'aurait pas osé te présenter un de ses exs avec autant de facilité sans t'expliquer avant ce qui s'était passé entre eux. C'est peut-être seulement dans sa tête à lui.

— J'espère que tu as raison…

— Tu sais, il suffit que tu poses la question à Clarke.

— Oh, moi et la communication… Mais oui, tu as raison… Ah !

— Quoi ?

— Il y a Alie qui m'appelle !

— Ouh ! Je te laisse alors, la boss et Aphrodite, c'est forcément un appel important !

— On se voit bientôt ?

— Avec plaisir, tu pourrais venir dîner à la maison, je crois que Miles t'apprécie.

— C'est parce qu'il ne sait pas que nous avons couché ensemble toi et moi sur votre canapé…

— Ah… On en reparlera, file !

— Oui ! Bisous !

Je décroche pour prendre l'appel de ma sauveuse :

— Alie !

— Tu l'as vue ?

— C'est drôle, Raven m'a posé exactement la même question, je viens de raccrocher avec elle. Oui je l'ai vue Alie, et bonne année hein !

— Oh, oui, pardon, je m'emporte. Bonne année ma chère et tendre Lexa ! Que cette année te soit douce et libératrice !

— Merci, réponds-je en ricanant. Et donc, oui j'ai vu la vidéo de notre trio, elle est très bien.

— Tu as lu les commentaires ? Oh là là là Lexa on va faire un carton cette année !

— Je suis ravie que ça te plaise autant ! Mais tu sais où l'argent va terminer…

— Dans les frais d'avocats… D'ailleurs, j'ai eu un peu de nouvelles, enfin rien de bien fou, il est rentré de congés et il m'a dit qu'il allait lire le dossier dès qu'il serait à son son cabinet. Je te contacte dès qu'il m'aura fait ses retours.

— Merci. Et pour Jaha, je dois le voir à la fin du mois…

— Ah oui ! Je te donnerai du liquide directement ne t'inquiète pas. Il faudra que tu me rappelles la somme.

— Et donc, tu m'as appelé simplement pour me parler de la vidéo Alie ?

— Non ! Je voulais te donner le numéro de l'agent immobilier. Parce qu'il passe encore par moi alors que maintenant que tu as signé le contrat, c'est avec toi qu'il devrait communiquer ! Il veut arranger un rendez-vous au plus vite pour te faire visiter l'appartement avant que tu t'y installes définitivement. Seulement s'il te convient, bien sûr.

— Te connaissant, je suis sûre que je vais l'adorer !

— Bon, je t'envoie son numéro et tu l'appelles tout de suite, d'accord ?

— Oui cheffe ! Et, tu aimerais visiter l'appartement avec moi ?

— Oh ! Je… Oui avec plaisir !

— Je pourrais demander à Clarke, mais j'ai envie de le faire avec toi, après tout, c'est ton cadeau. Honneur-le avec moi !

Nous rions doucement avant de finir là notre conversation. Elle avait trop hâte que je raccroche pour appeler l'agent immobilier. Ce que je fais tout de suite. Ma main collée sur le téléphone commence à devenir moite. Mais la discussion avec l'agent ne s'éternise pas.

Trois jours plus tard, la vidéo de notre trio a atteint des records d'audience, mais surtout, j'attends Alie à la sortie d'une station de métro. Celle qui sera bientôt « ma » station de métro. Nous avons rendez-vous avec l'agent dans moins d'une quinzaine de minutes pour visiter mon futur appartement. Un grand sentiment de joie m'entoure. C'est Alie qui m'amène jusqu'au pied de l'immeuble. Je n'en reviens pas. Moi qui m'étais habituée à une façade grisâtre moderne des années 70 bien miteuse, voilà que je me retrouve devant des moulures rappelant le style haussmannien.

— C'est au dernier étage, m'apprend Alie en me pointant le ciel.

Une avancée en pierres ressort du bâtiment, sans doute la terrasse, dont semblent bénéficier uniquement les appartements du sixième et dernier étage.

— Une terrasse, dis-je, t'es complètement folle… Trois chambres…

— Eh bien quoi ?! Tu ne veux pas d'enfants ?

— Non, enfin si, enfin je n'en sais rien !

— Au moins comme ça, tu n'auras pas besoin de déménager, quoi qu'il se passe dans ta vie ! Et je te garantis un salaire qui te permettra d'y vivre sans problème. Et puis, arrivera bien un jour où une certaine personne partagera le loyer avec toi, mmh ?

— Et si LFS coule ?

— Il n'y aura plus qu'à prier pour que Clarke devienne une artiste reconnue hahahaha ! Enfin sois réaliste Lexa, Les filles de Sappho ne couleront jamais !

Je me mets à rire face à son aplomb. Nous sommes interrompues par l'agent qui arrive, tout sourire. Le hall est aussi impressionnant que la devanture, l'escalier presque grandiose et l'ascenseur incrusté dans une petite cage d'escalier qui n'était pas prévue pour à sa construction. Nous nous serrons tous les trois dans l'ascenseur tout en transparence qui nous amène au sommet. Il n'y a que deux appartements à ce étage. Porte de gauche. L'agent déverrouille deux serrures avant de nous laisser entrer les premières. Un petit couloir servant de hall d'entrée donne à droite sur un salon lumineux. Je m'y dirige instinctivement. Rien n'est meublé, l'espace paraît immense. Une grande pièce rectangulaire avec la baie vitrée qui donne sur…

— La terrasse…

Je m'approche des fenêtre et j'entends l'agent rire doucement.

— La pièce maîtresse de cette appartement, allez-y je vous en prie. Il est à vous.

Je le regarde, incrédule, avant d'ouvrir la porte fenêtre. La terrasse n'est pas immense, sûrement la taille de ma pièce à vivre actuelle, mais pour moi, c'est énorme. Je m'y vois déjà profiter du soleil en été avec Clarke à mes côtés… Je me penche à la rambarde : vue sur la cour carrée, enfermée six étages plus bas entre mon nouvel immeuble et le dos de celui de la rue adjacente. Pas de vis-à-vis donc. Ma terrasse est séparée de celle des voisins par une avancée de bois. Quant à la vue alentour, elle donne à voir quelques endroits clefs de la ville, même si rapidement la vision se retrouve bouchée par des immeubles plus hauts. C'est splendide. Je sens Alie s'approcher de moi, elle pose une main dans le bas de mon dos.

— Hâte que tu nous organises un barbecue de bienvenue.

— En plein hiver ?

— Une raclette en terrasse alors !

Nous rions avant de retourner à l'intérieur pour continuer la visite. Une cuisine toute équipée – je me réjouis déjà du fait que je n'aurais qu'à acheter canapés et lits et pas du mobilier de cuisine – dans une pièce carrée très bien agencée, dans les tons bleus une première chambre, la suite parentale me nomme l'agent une deuxième plus petite et une troisième équivalente la salle de bain, lumineuse également, avec baignoire d'angle et deux lavabos, toilettes séparées (aussi grandes que ma salle de bain actuelle).

— Il te plaît ? me demande Alie toute excitée alors que nous sommes de retour au salon.

— Beaucoup ! Merci Alie… Je ne pouvais pas rêver mieux… Merci…

Des larmes me viennent aux yeux quand je repense à mes années dans mon studio tout petit.

— Les trois premiers mois de loyer ont été payé par mes soins. Comme ça tu auras le temps de mettre de côté, maintenant que tu touches ton salaire en entier. D'ailleurs à ce propos… (Elle jette un œil à l'agent tout proche.) On en reparlera plus tard, mais je t'ai promis de te rembourser tout l'argent que Jaha t'a volé. Ce sera fait.

Je n'ai pas le temps de lui répondre que ce n'est pas la peine, que l'agent vient vers nous pour s'enquérir à son tour de mon avis. Je lui dis que je suis ravie. Il sort alors trois sets de clefs de sa poche et me les tend.

— Il est à vous. Vous pouvez emménager dès que vous en aurez envie.

Il dépose les clefs dans la paume de ma main. Trois sets. Un pour moi, un pour Clarke, et un pour… Je n'ai pas le temps d'y penser car il m'explique les différentes clefs. Une pour la serrure du milieu, une pour celle du haut, une pour la boîte aux lettres, une pour la cave, une pour le local à poubelle et une pour le parking.

— Le parking ?

— Oui, l'appartement va avec une place dans le parking souterrain du bloc d'immeuble d'à côté.

— Mais je n'ai pas…

— Tu auras tout le temps de penser à t'en acheter une ! répond Alie.

Nous tournons le dos à l'appartement vide pour retourner en bas. La prochaine fois que je passerai ce palier ce sera pour y emménager. L'agent immobilier m'explique qu'il n'y aura plus que quelques détails à régler mais que l'appartement est bel et bien à moi. Il nous salue et je tombe presque dans les bras d'Alie tant je suis joyeuse.

— Il va falloir que j'achète plein de nouveaux meubles, il faudra que tu m'aides Alie ! Je ne veux rien emporter de ma vie d'avant, rien n'a d'importance dans mon studio miteux !

— Je te reconnais bien là Lexa ! Je t'invite boire un verre !

— Sans transition !

— J'ai des nouvelles de l'avocat, entre ça et l'appartement, ça s'arrose !

— Ouhw !

Nous prenons le premier bar dont nous croisons la route. « On en fera peut-être notre QG » soutient Alie alors que nous nous asseyons. Deux cocktails sans alcool.

— Sans alcool ? m'enquiers-je auprès de mon amie.

— J'essaie de me limiter !

— Pour quelle raison ?

— On ne sait jamais, si un jour je devais porter un enfant…

— Ne me dis pas que…

— Non, non ! Rien d'officiel, j'aimerais juste fonder une famille avec Charmaine, c'est tout…

— Alie…

Nous sourions toutes les deux timidement. J'ai l'impression que l'avenir est possible pour moi à présent, mais aussi pour les autres. N'y aurait-il pas de coïncidence ? Le retour de Charmaine, ma liberté… L'arrivée de Clarke.

— Mais nous ne sommes pas venues ici pour parler d'enfants hypothétiques Lexa. J'ai eu un rendez-vous avec Maître Blake à son cabinet. Il m'a dit que le dossier qu'on avait monté était une très bonne idée, que ça lui épargnerait beaucoup de peine, et qu'avec tous ces témoignages réunis on aurait quelque chose de vraiment solide à présenter devant un juge.

— C'est super tout ça !

D'un coup, je vois comme une lueur s'éteindre dans les yeux de mon amie, je la relance :

— Tu veux dire un truc en plus ?

— Euh non, non ! C'est tout pour l'instant. Il me recontacte au plus vite pour la suite.

— Très bien.

Un petit moment de gêne s'installe avant qu'elle ne me demande si ma relation avec Clarke se déroule bien.

— Oui. Je compte lui donner un double des clefs… Pas pour emménager, mais elle pourra venir quand elle le souhaite ! On a eu des périodes compliquées, c'est du passé. Enfin… Il y a bien son meilleur ami, Bellamy, qui m'inquiète un peu, mais je pense que ce n'est pas un problème en soit.

Elle me pousse à lui raconter l'histoire. Je lui donne les détails du nouvel an en y ajoutant l'avis de Raven.

— Je vois le truc, ajoute Alie après mon récit. Soit il s'est passé quelque chose entre eux par le passé, mais en effet je pense aussi qu'elle t'en aurais parlé, soit c'est lui qui en pince pour elle et il ne peut pas admettre qu'elle en aime une autre. Après, c'est à elle de le remettre à sa place.

— Je verrais bien comment se déroule notre prochaine soirée ou journée avec les enfants Blake. Étant donné que leur père nous représente, j'ai moyennement envie de me mettre le fils à dos…

— Oui, c'est totalement compréhensible ! Mais je pense que ce n'est rien. Et si tu as un doute, aborde le sujet avec Clarke.

— Raven m'a dit la même chose, je le ferai. D'ailleurs, c'est bientôt l'anniversaire de Clarke, le 23 janvier, il va falloir que je lui trouve un cadeau. Mais j'ai déjà eu du mal pour ceux de Noël, voilà qu'un moi après je dois encore trouver des idées…

— Un parc d'attraction ?

— Alie ! Je t'adore !

— Je m'aime aussi !

— Ben voyons ! … Et je ne veux pas casser l'ambiance mais il y a aussi notre voyage pour aller sur la tombe de Costia…

— Ah, oui…

La joie quitte son visage pour la journée. Je m'en veux un peu d'avoir provoqué sa tristesse, mais il fallait que nous en parlions, pour nous organiser un minimum.

— C'est quel jour déjà ? demande-t-elle après s'être raclée la gorge.

— Les billets sont datés pour le 15 janvier, aller-retour dans la journée.

— Bien, bien… On se retrouve à la gare ?

— Oui.

— Il y a un fleuriste là-bas ?

— Oui…

— J'achèterai un bouquet en arrivant.

— C'est ce que j'avais pris l'habitude de faire…

— Je dois m'habiller d'une certaine façon ?

— Alie…

— Pardon, cette histoire me déboussole un peu. Ah, je vais voir l'endroit où vous avez grandi…

— L'endroit que nous avons fui pour te trouver…

Un bout de sourire lui revient.

En rentrant chez moi ce soir-là, je décide d'appeler Clarke pour lui parler de l'appartement. Je suis toute excitée.

— Lexa… C'est la première fois que tu m'appelles.

— Ah, c'est vrai tiens ! Je m'habitues au téléphone…

— Je suis contente. Tu m'appelles pour me parler de l'appartement, mmh ?

— Oui !

J'essaie de lui décrire au mieux chaque pièce.

— L'idéal serait que tu me le fasses visiter, tu ne crois pas ? me coupe Clarke au milieu d'une phrase. Comme ça je pourrais t'aider à choisir des meubles, enfin, je suppose que tu as demandé à Alie aussi.

— Tu me connais déjà si bien ! On le visite quand tu veux !

— Tu sais quand tu t'y installes ?

— Il me faut au moins un lit, la cuisine est déjà équipée. Je comptais regarder ça ce soir pour le commander au plus vite.

— Un King Size Lexa hein !

— Hahaha, mademoiselle veut son confort !

— Je veux de l'espace pour te faire l'amour…

Son ton coquin m'amuse et la conversation dérape assez vite en un échange sensuel. Nous finissons par raccrocher près de deux heures plus tard.

Je me mets en recherche d'un lit et ne me prive pas de faire des captures d'écran pour les partager avec ma moitié. Nous tombons toutes les deux d'accords sur une tête de lit en bois de hêtre assez simple, un sommier à lattes. Ne reste qu'à choisir le matelas. Une fois tous les éléments dans le panier, une pensée automatique m'assaille : « ai-je les moyens de m'acheter tout ça ? ». Ce réflexe que j'avais eu pendant des années. Sauf qu'Alie m'a déjà versé une grande somme d'argent et que j'ai bien plus que les moyens, j'ai même de quoi meubler tout l'appartement, y compris les deux autres chambres. Je valide le paiement en espérant que ce genre de réflexion me quittera à l'avenir. Livraison dans trois jours à l'adresse de mon nouveau domicile, Clarke sera là, Alie est prévenue, elle viendra également. L'occasion pour nous parler de nos prochains tournages. Ah, j'avais presque oublié…


On se retrouve au chapitre suivant sur la tombe de Costia… Encore elle, eh oui, elle ne laissera jamais Lexa tranquille… Passez une bonne semaine !