« Don ! »

Raph et Mikey avaient tous les deux réalisé ce qu'il se passait, et Raph s'était agenouillé près de Don, la main déjà levée. Don l'attrapa avant que Raph ne puisse faire quoi que ce soit, et la rabaissa sans ménagements. Il avait déjà essayé de gifler Leo. Trop de fois. Ce n'était pas comme la dernière fois où ils n'avaient pas réussi à le réveiller, c'était bien, bien pire.

« Non, ce- il n'est pas- », Don essaya de trouver les mots, mais il n'y parvint pas. Comment pouvait-il leur dire- comment pouvait-il dire qu'il n'arrivait pas à trouver le pouls de Leo ? Pourquoi ne pouvait-il pas le trouver – cela n'avait aucun sens, Leo était juste là, il avait semblé aller bien, et maintenant, soudainement, beaucoup trop soudainement-

Quelque chose palpita sous son doigt, et il fallut un moment à Don pour qu'il comprenne que c'était le pouls qu'il cherchait. Et qui était beaucoup trop faible pour vraiment le réconforter, mais c'était quelque chose. Non, c'était tout.

La main de Don revint se placer au-dessus de la bouche de Leo tandis que l'autre alla sous son menton afin de faire basculer sa tête en arrière. Son pouls avait été si faible que Don l'avait raté, mais il était présent, contrairement aux mouvements de sa poitrine. Don se pencha vers lui, près à-

Il sentit un souffle d'air, à peine présent mais bien réel. Don laissa échapper une expiration tremblante et s'écarta, plaçant malgré tout une main devant la bouche de Leo pour s'assurer qu'il respirait vraiment. Après avoir senti ses faibles bouffées d'air contre sa paume, il laissa tomber sa main et attira Leo contre lui, essayant de lui apporter la chaleur que les couvertures avaient échoué à lui offrir.

« Don ! » Raph répéta son nom avec impatience. Il avait besoin d'une explication. Sa main se posa sur l'épaule de Leo et il sursauta – sa peau ne devrait pas être aussi froide. L'autre main de Raphael attrapa l'épaule de Donatello et le secoua fermement afin que le génie explique ce qu'il se passait.

« J'ai cru- » Les mots de Don étaient étouffés, marmonnés contre l'épaule de Leo, et il se tut pour rassembler ses esprits. Il avait cru que Leo ne respirait pas, mais apparemment, sa respiration s'était tellement ralentie qu'il avait manqué son expiration suivante. Mais il n'avait pas alerté ses frères pour rien. Leo était encore inconscient, et ses signes vitaux ne s'amélioraient pas. Ils faisaient exactement le contraire. Don leva suffisamment la tête pour croiser le regard de Raph. « Il ne se réveille pas. Encore. »

Raphael grinça des dents et leva à nouveau la main, mais Don secoua la tête.

« J'ai déjà essayé. Ça ne marche pas. »

« Est-ce que tu l'as frappé assez fort- »

« Oui, Raph ! Oui ! »

La voix de Don était presque désespérée. Le moment de calme qu'avait provoqué la découverte du pouls de Leo avait disparu. Raph grogna, ses yeux se baissant vers Leo tandis qu'il rabaissait sa main. Mikey tenait le bras du meneur, s'y accrochant tout en regardant ses grands frères d'un air impuissant.

Donatello attrapa les couvertures, les resserrant autour de Leonardo avant de le reprendre dans ses bras.

« Peut-être qu'il faut juste… juste le réchauffer, » Dit doucement Don d'un air incertain, blottissant Leo contre lui autant que possible. « Je ne comprends pas – les couvertures sont censées emmagasiner la chaleur, elles auraient dû le réchauffer, il ne devrait pas être dans cet état… »

Don continuait à marmonner contre la tempe de Leo lorsqu'il sentit soudain du mouvement sous les couvertures. Don s'écarta instantanément, regardant Leo avec des yeux écarquillés.

« Leo ? » Appela-t-il prudemment, priant pour ne pas avoir simplement imaginé le mouvement. Et ce n'était pas le cas – Leo grogna doucement, essayant de s'appuyer contre Don, mais les couvertures le tenaient comme prisonnier. Une vague de soulagement s'abattit brutalement sur Don, mais jusque-là, leur soulagement n'avait fait que se retourner contre eux, alors Don tâcha de rester calme, ne voulant pas avoir de faux espoirs.

« C'est ça, Leo, réveille… réveille-toi, » Don l'encouragea doucement, Raph et Mikey s'approchant tous les deux un peu plus. Leo secoua lentement la tête en reprenant doucement conscience, ses yeux s'ouvrant avec difficulté.

Les trois autres tortues laissèrent enfin échapper le souffle qu'ils retenaient jusqu'alors, et Don prit à nouveau Leo dans ses bras. Mikey rejoignit le câlin, posant ses mains sur les carapaces de Don comme de Leo et les faisant se rapprocher encore plus l'un de l'autre.

Leo expira profondément, se blottissant contre ses frères à la recherche de chaleur. Don aurait aimé le tenir dans ses bras pour toujours, mais il ne pouvait pas laisser Leo se rendormir. Il s'éloigna donc, et dut donner un léger coup de coude à Mikey afin qu'il fasse de même. Il plaça ensuite ses mains sur les épaules de Leo. Il ne pouvait pas le lâcher, car s'il le faisait, Leo tomberait sur le côté, trop épuisé pour se tenir redressé.

« Ne nous fait pas flipper comme ça, frangin ! » Mikey réprimanda Leo tout en s'attachant à nouveau à son bras. « Je sais que c'est chouette, de dormir, mais mec… »

Les yeux de Leo se fermaient à nouveau, et Don se hâta de le secouer doucement, retirant son autre main des épaules de Leo afin de lui relever le menton.

« Non, Leo, il faut que tu restes réveillé, » Dit fermement Don en serrant l'épaule de Leo afin qu'il garde son attention sur lui. Mais Leo fixait un point au-delà de lui, essayant clairement de garder les yeux ouverts, mais échouant misérablement. Lorsque la main de Don quitta son menton, sa tête retomba en avant jusqu'à se poser contre sa poitrine. Don mit ses mains sous les bras de Leo et commença à essayer de le traîner hors de la pile de couvertures. Il jeta un œil à Mikey, et la tortue orange comprit le signal, attrapant l'autre bras de Leo et aidant Don à remettre le meneur sur ses pieds.

Il n'y avait aucun espoir que Leo réussisse à rester debout sans aide : ses genoux se contentaient de se dérober sous lui s'ils relâchaient leurs prises sur lui, alors ils devaient le garder en sandwich entre eux. Don poussa légèrement le côté de la tête de Leo, inquiet qu'il puisse s'endormir, même en étant debout. Enfin, il n'était pas vraiment debout, simplement maintenu sur pieds.

« Leo, s'il-te-plaît, » Dit Don en voyant que Leo ne faisait aucun effort pour relever la tête. « Je sais que tu es fatigué, mais tu… tu ne peux pas… »

« Ressaisis-toi, Leo, » Grogna Raph en s'approchant afin d'adresser à Leo un regard exigeant. « T'es pas aussi faible ! »

Le choix de mots sembla marcher. Leo grogna en forçant sa tête à se redresser. Raph eut un sourire nerveux.

« Ouais, t'as besoin de prouver que t'es pas faible, pas vrai ? » Raph le défia afin d'obtenir une réaction de Leo, mais sa tête était à nouveau en train de retomber. Les bras de Leo tremblaient, pourtant il essayait de se tenir à ses frères, essayait de forcer son corps à fonctionner.

« Garde la tête levée, » Ordonna Raph. Il hésitait entre faire quelque chose ou laisser Leo relever la tête tout seul. « Je te frapperais si tu ne- »

« J'essaie, » Lui siffla Leo d'une voix rude et fatiguée. « Juste… laissez-moi m'asseoir… »

« Non, » Dit fermement Don. « Tu vas te lever et bouger, pas dormir. Mikey, va faire du café. »

Michelangelo hocha fermement la tête et échangea de places avec Raphael.

« Oui M'sieur ! » Dit vivement Mikey, soulagé de pouvoir faire quelque chose pour aider. Le cadet des tortues se précipita vers la cuisine.

« Je ne vais pas dormir, » Dit Leo en parvenant enfin à ouvrir les yeux. « Je n'arrive simplement pas à faire fonctionner mes jambes… »

« … D'accord, » Dit Don avec hésitation, vu qu'il était clair que Leo ne pouvait vraiment pas rester debout tout seul, et qu'il n'y avait aucun intérêt à le maintenir debout si les jambes de Leo ne pouvaient pas encore le supporter. « Commençons doucement. Mais tu dois garder les yeux ouverts et la tête relevée, d'accord ? »

Leo acquiesça tout en clignant des yeux. Il fut doucement reposé dans le canapé et enroulé dans quelques couvertures. Don et Raph se pressèrent de chaque côté de lui, et il grogna.

« …Vous m'écrasez, » Marmonna Leo.

« Tu es gelé, » Répliqua Raph en frottant le bras de Leo dans une tentative pour lui apporter un peu de chaleur.

« Vous avez quand même pas besoin de m'écraser… »

Don et Raph lui donnèrent un peu plus d'espace tout en restant proches. Leo laissa échapper un long soupir en frissonnant et resserra les couvertures autour de lui.

« Tu as raison, » Dit Leo d'une voix épuisée. « Je suis gelé. »

« Ce qui ne devrait pas être possible, » Dit gravement Don. « Tu aurais dû regagner un peu de chaleur, à présent. »

Leonardo se contenta d'acquiescer d'un son, ses yeux se fermant. Raph lui cogna le bras, pas trop fort, mais assez pour que les yeux de Leonardo s'ouvrent et qu'il lui adresse un regard noir.

« Ne ferme pas les yeux, » Lui rappela Raph tandis que Leo frottait l'endroit où il avait été frappé. « La prochaine fois, je te pousse du canapé. »

« C'est plus difficile que tu ne le crois, » Marmonna Leo, mais la douleur lui permit de se concentrer sur autre chose que… que sa torpeur. Il cligna alors les yeux et jeta un regard vers Raph, puis vers Don.

« … Pourquoi je ne devrais pas les fermer ? Je suis épuisé, les gars, et vous n'arrêtez pas de me réveiller- est-ce qu'on a des ennuis ? »

Les yeux de Leonardo s'éclaircirent à ses mots, et il jeta un œil autour de lui comme s'il pouvait voir les ennuis dont il était à présent certain de l'existence. Don lui tapota le bras d'une manière rassurante.

« Tout va bien, » Dit Don, mais il changea d'avis dès qu'il eut dit ces mots. « Enfin, non, en fait, ça ne va pas. Tu ne te réveillais pas, encore. »

Leo grogna, sa concentration disparaissant tandis qu'il se relâchait devant l'absence de danger. Pour ses frères, du moins. Leo ferma les yeux, mais les rouvrit rapidement lorsqu'il sentit Raph remuer. Il ne voulait pas encore se faire frapper – ou se faire pousser du canapé.

« Eh bien, peut-être que je ne me réveillais pas parce que je suis fatigué et que vous ne me laissez pas dormir. J'ai dormi, quoi, dix minutes- »

« Deux heures, Leo. Et avant ça, tu as dormi avec Mikey, et avant ça tu- »

Leo cilla à l'information, ayant encore une fois l'impression de ne pas avoir dormi du tout. Ça ne pouvait pas faire deux heures, pas quand il se sentait comme ça. Comme s'il devait dormir, comme s'il devait… devait…

Il était de retour. Cet étrange sentiment de fébrilité, comme s'il devait faire quelque chose… ou aller quelque part ?

Comme s'il lisait dans ses pensées, Don parla, « Tu es sûr que tu me dis tout, Leo ? Si tu ressens une quelconque douleur, quoi que ce soit, je dois le savoir. »

Leo jeta un regard vers Don, chancelant légèrement tandis qu'une nouvelle vague d'épuisement le submergeait. Il secoua la tête.

« Non, mais… je crois que quelque chose cloche. »

Raph renifla d'un air sarcastique. « Tu crois ? »

Don lança un regard à Raph avant de reporter son attention sur Leo. « Cloche ? Comment ça ? »

« J'ai l'impression… » Leo leva sa main des couvertures et la porta à sa tête. « Je ne sais pas. C'est tellement dur de penser. »

Donatello scruta le visage de Leo avec des yeux inquiets. « Alors… c'est ta tête ? Ta tête te fait souffrir ? Et cela rends difficile le fait de penser ? »

« Non, » Dit Leo en abaissant sa main, ses yeux regardant au loin. « Ça ne fait pas mal, c'est juste… »

« Le café est prêt ! » Annonça Mikey en revenant de la cuisine avant de s'agenouiller devant Leo avec la tasse fumante dans les mains. « Attention, c'est chaud. »

Leo fixa la tasse avec des yeux méfiants ils savaient qu'il n'aimait pas le café. Il jeta à Don un regard comme pour lui demander s'il le fallait vraiment, et les yeux fermes de Don suffirent à lui répondre. Avec un soupir, il attrapa la tasse, content de remarquer que cette fois-ci, ses mains ne tremblaient pas. Enfin, ce liquide semblait aider Don à rester éveillé tout la nuit lorsqu'il travaillait sur quelque chose, alors si cela aidait à supprimer ne serait-ce qu'un peu de son épuisement, Leo ne se plaindrait pas.

« J'en ai fait assez pour vous deux, aussi, » Dit Mikey en se relevant. « Vous en voulez ? »

« Oui, s'il-te-plaît, » Soupira Don tandis que Raph se contenter d'hocher la tête, et Mikey retourna dans la cuisine. Leo tenait la tasse chaude dans ses mains, appréciant la chaleur qui en émanait.

« Alors, » Dit Don en se reconcentrant sur Leo. « Tu disais… ? »

Leo était sur le point de soulever sa tasse, mais la question le fit hésiter et froncer les sourcils. Il regarda dans le vide suffisamment longtemps pour que Don et Raph échangent des regards inquiets, mais il finit par prendre la parole.

« J'ai juste le sentiment que… » Leo ferma les yeux tout en soulevant la tasse de café et en soufflant dessus, ne buvant pas ni ne continuant à parler.

« Que… ? » Demanda Raph après un moment.

Leo ouvrit lentement les yeux. « Que je… devrais être quelque part. »

« Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire ? » Demanda Raph en commençant à s'impatienter. Il jeta un autre regard vers Don. Leo était à nouveau silencieux, et Raph serra son épaule lorsque sa tête recommença à tomber.

Leo se redressa et tenta de bouger si soudainement qu'il faillit renverser son café.

« Woah, woah, » Dit Raph en posant une main autour de celle de Leo afin de tenir la tasse tout en maintenant Leo en place de l'autre. « Pourquoi t'es si pressé, d'un coup ? »

« Je… je dois… ? » Leo releva une main vers son visage, ses pensées lui échappant.

« Détends-toi, Leo, » Dit Don en posant une main réconfortante sur son épaule. « On finira par trouver la réponse. » Don ne savait même pas par où commencer, mais ils trouveraient l'explication. Même si Leo disait que sa tête ne lui faisait pas mal, quelque chose n'allait clairement pas dans sa manière de réfléchir. Il était possible qu'une fièvre cause des dommages cérébraux, mais la fièvre de Leo avait été loin d'être suffisamment haute pour ça, alors Don en doutait. Pourtant, il était clair que Leo était désorienté et confus. Il était certain qu'il y avait autre chose que son rhume à l'œuvre.

« Commençons par te faire boire ton café, d'accord ? »

Les mots de Don firent baisser les yeux de Leo vers la tasse, comme s'il avait oublié qu'elle était là. Raph l'aida à lever la tasse à ses lèvres, et Leo en prit une gorgée prudente avant de grimacer au goût amer.

Mikey arriva avec le reste du café, et Don hocha la tête en remerciement lorsqu'il prit sa propre tasse. Il n'hésita pas à avaler une longue gorgée sans se soucier de la brûlure légère que causa la boisson chaude. Le stress de la situation commençait à le gagner, et il n'avait pas réalisé à quel point il avait besoin de café avant qu'il ne goûte à son amertume familière.

Mikey s'agenouilla à nouveau devant Leo et regarda son frère avec des yeux inquiets.

« Ça va, Leo ? » Demanda-t-il d'une petite voix, n'appréciant pas le délai qu'il fallut à son frère pour se concentrer sur son visage.

« J'irais bien, Mikey, » Dit Leo en souriant un peu.

« Je ne t'ai pas demandé comment tu iras, » Marmonna Mikey, mais les yeux de Leo étaient redevenus vitreux. Mikey retourna son regard inquiet vers Don, qui ne put que secouer la tête.

« On ne peut pas le quitter des yeux, » Dit Don en tapotant l'épaule de Leo lorsque ses yeux commencèrent à se refermer. Quand cela ne suffit pas, il poussa légèrement Leo, et Leo releva la tête à cela. Don soupira. « On ne peut pas le laisser dormir avant de comprendre ce qu'il faut qu'on fasse. »

« Je suis réveillé, » Marmonna Leo d'une voix endormie, mais sa tête retombait déjà. La tasse de café était dangereusement proche de glisser de ses mains, alors Mikey la lui prit.

« Je ne sais pas, Don, » Dit Raph, ses yeux fixés sur Leo. « Est-ce que la meilleure solution à la fatigue n'est pas… tu sais… dormir ? »

« Pas quand ses signes vitaux s'affaiblissent quand il dort, » Dit Don, ses mots légèrement plus tranchants qu'il ne le veuille. Il expira profondément, avalant une autre gorgée pour se calmer. Après avoir abaissé sa tasse, Don posa sa main contre le cou de Leo juste pour vérifier. Son pouls était plus fort que lorsqu'il avait été endormi, mais il était malgré tout plus faible qu'il ne devrait l'être.

« Ils se sont affaiblis ? » Demanda Mikey, ayant l'air un peu effrayé. Don ne leur avait pas vraiment donné d'explication à propos de ce qu'il s'était passé. Mikey et Raph savaient seulement que Leo ne s'était à nouveau pas réveillé. Don radoucit son expression en regardant Mikey.

« Ne t'inquiète pas, on va garder un œil sur lui pour empêcher que cela ne se reproduise, » Don essaya d'être rassurant, mais il n'était pas certain que le fait de surveiller Leo soit suffisant. Pendant combien de temps encore le pousser et le secouer suffirait à le garder éveillé ?

Une fois qu'ils eurent fini leurs boissons – Leo prenant un long moment à terminer la sienne – Don attrapa à nouveau le bras de Leo.

Il vaut mieux te garder en mouvement, Leo, » Dit Don en poussant légèrement sa carapace. Leo soupira et s'appuya sur son frère tandis qu'il se forçait à se lever. Cette fois-ci, Leo parvint à se lever, mais pas complètement tout seul. Il eut besoin de l'aide de Don au début, mais après quelques pas, il fut capable de marcher sans aide.

« Alors… on continue à le faire marcher ? » Demanda Raph, les bras croisés contre sa poitrine. Leo grogna à cela, ayant déjà envie de se rasseoir dans le canapé.

« Il devrait aussi manger quelque chose, » Dit Don. « Son corps a perdu beaucoup de chaleur, il a besoin d'énergie. »

« Je suis juste là, les gars, » Dit Leo d'une voix fatiguée alors que ses frères parlaient comme s'il ne pouvait pas les entendre. Mais personne ne lui demanda son avis Mikey avait déjà saisit le bras de Leo et le guidait vers la cuisine.

« Je vais réchauffer des restes. Le dîner de Raph était étonnamment bon, il n'a empoisonné personne, » Mikey envoya un sourire à Raph tout en tirant Leo.

Raph eut un reniflement dédaigneux, et Leo ne put s'empêcher un petit sourire épuisé d'apparaitre sur son visage. Il se sentait horriblement mal, mais ses frères faisaient de leur mieux pour le réconforter. Le moins qu'il puisse faire était d'accepter leurs efforts et d'essayer d'aller mieux.


Il fallut à Leo presque une heure pour avaler le contenu d'une assiette. Mikey resta avec lui pendant tout ce temps, s'assurant qu'il reste concentré sur ce qu'il devait faire, mais Leo ne semblait pas y parvenir. Parfois, il s'arrêtait en plein milieu d'une action, fixant sa fourchette levée d'un regard vitreux. Etre assis ne l'aidait pas à rester alerte, mais il parvint à finir. Après que l'assiette fut enfin terminée, Don vint s'asseoir avec eux et vérifia rapidement l'état de Leo. Il prit sa température, vérifia sa bouche, ses yeux, tout – mais ne trouva rien qui puisse lui dire ce qui n'allait pas.

« Ouvre les yeux, » Lui rappela Don pour la centième fois en claquant des doigts devant le visage de Leo. La tortue bleue leva la tête, mais à chaque fois qu'ils faisaient cela, la réaction de Leo devenait un peu plus lente.

« Eh bien, il est temps de se relever, » Dit Don en saisissant le bras de Leo. Cette fois-ci, le meneur grogna mais l'autorisa à le redresser sur ses pieds.

Après être sorti de la cuisine et avoir fait le tour de la pièce, Leo s'arrêta près du canapé et s'y appuya tout en jetant un regard plein d'espoir à Don.

« Est-ce que ça suffit ? » Demanda-t-il en espérant recevoir l'autorisation de s'asseoir. Il était beaucoup trop fatigué pour tout ça, et son corps implorait une pause. Une pause qui, Leo le savait, le rendrait encore plus somnolent, mais il était trop épuisé pour combattre sa fatigue. Tout cela n'avait aucun sens – il avait l'habitude de se pousser jusqu'à l'épuisement, mais même Leo avait conscience de ses limites. À cette allure, il finirait simplement par s'effondrer, et il préférerait être assis sur le canapé lorsque ça arrivera.

« Mieux vaut rester debout, » Dit Don en rejetant sa demande avant de reporter son attention sur son ordinateur. Il l'avait sorti pendant que Leo mangeait, et malgré le fait qu'il ait déjà cherché les symptômes de Leo plus tôt, il recommençait. « Tu seras moins susceptible de t'endormir si tu continues à bouger. »

Leo grogna. « Ou bien je finirais par tomber la tête la première lorsque je m'évanouirais. »

« Tu n'as pas intérêt, » Le mit en garde Don en lui jetant un œil. Ce n'était pas de la faute de Leo, mais il fallait qu'il résiste à sa fatigue. Il fallait que Leo réalise à quel point son état était grave. « Penses-y comme s'il s'agissait d'une autre bataille. Tu as peut-être besoin d'un plan pour comprendre comment combattre ça ? »

Don espérait que Leo mordrait à l'hameçon et ferait travailler son esprit, mais c'était difficile à dire. Une fois de plus, Leo fixait un point devant lui d'un regard vitreux, et Don soupira en reportant son attention sur son ordinateur.

« Une autre bataille… » Il entendit Leo murmurer, et la vacuité de sa voix le poussa à taper encore plus vite sur son clavier. Tellement de choses pouvaient être en cause – mais sans l'équipement approprié, il n'avait aucun moyen de s'en assurer. Raph s'assit à côté de lui et se pencha pour jeter un œil à son écran.

« Des théories ? » Demanda la tortue rouge avec espoir.

« Il existe de nombreuses possibilités, » Dit Don en essayant de contenir sa frustration. De nombreuses possibilités, mais très peu semblaient plausibles. Alors qu'est-ce que c'était ? Qu'est-ce qui pouvait bien clocher ? « J'ai besoin de mon labo. »

Donatello leva les yeux de son écran pour regarder par la fenêtre. Le vent hurlait toujours, et il neigeait lourdement. Foutue tempête, elle ne se calmait toujours pas.

Comme pour le punir de ses pensées, le vent se mit soudainement à hurler encore plus fort, faisant trembler les fenêtres, et les lampes s'éteignirent brièvement. Ils se turent en attendant que le vent se calme, mais il ne faisait qu'augmenter de volume, et soudainement, l'appartement fut plongé dans l'obscurité, l'écran de l'ordinateur de Don devenant la seule source de lumière.

« Pas encore ! » Grogna Mikey depuis la cuisine, avant de grogner une nouvelle fois lorsqu'il se cogna dans quelque chose.

Don ferma les yeux ils n'avaient vraiment pas besoin d'une autre coupure de courant. Il saisit son ordinateur dans l'intention de le fermer pour sauvegarder sa batterie lorsque les lampes se rallumèrent soudain. Il ne put s'empêcher de soupirer de soulagement.

« Eh ben, ça aurait vraiment craint, » Commenta Raph en s'adossant contre le canapé, également clairement soulagé.

« On est des ninjas, les gars, » Dit Leo. « Peu importe qu'on ait de la lumière ou non. »

« Ouais, mais qu'on ait des jeux-vidéos ou non, ça importe ! » Dit Mikey en apparaissant depuis la cuisine. Il se laissa tomber dans le canapé, faisant grogner Raph tandis que Mikey se faisait une place.

« Alors, qui est prêt à relever le défi ? Leo, tu veux jouer ? » Demanda Mikey en se penchant en arrière afin de regarder le frère en question. Leo était toujours appuyé contre le dos du canapé, n'ayant pas la permission de s'asseoir, et avant qu'il ne puisse secouer la tête, Don prit la parole.

« Ça pourrait te faire du bien, donner quelque chose à faire à ton cerveau. »

« Ca dépends du jeu, » Dit Raph. « La plupart des jeux de Mikey te donnent envie de dormir. »

« Hé ! » Dit Mikey en donnant un coup de coude au frère qui le taquinait.

« Tout me donne envie de dormir, » Marmonna Leo.

« Allez, frangin, je te jure que ce jeu va te gonfler à bloc, » Dit Mikey en poussant déjà l'autre manette vers Leo. Le meneur la regarda d'un regard vide, mais finit par s'en saisir.

Raph se leva du canapé pour faire de la place à Leo, et Leo regarda avec des yeux fatigués les personnages bouger sur l'écran. Le temps de réaction de Leo était beaucoup trop lent pour un jeu au rythme aussi rapide, mais le jeu avait son attention. Il leur fallut presque une demi-heure pour terminer le premier niveau alors que Mikey le terminait habituellement en seulement cinq minutes, mais cela ne le gênait pas.

Après le premier niveau, les doigts de Leo ne bougeaient presque plus sur la manette, et la barre de vie de son personnage diminuait beaucoup trop rapidement. Ce qui rappelait un peu à Mikey leur situation réelle, et le cadet n'aimait vraiment pas la comparaison que son esprit avait créé.

« Il faut juste que t'accroches, Leo, » Mikey tenta à nouveau d'attirer l'attention de Leo, et il pointa l'écran. « Regarde, le personnage bleu a cette attaque spéciale secrète, je vais te montrer comment- »

Leo tomba sur le côté, sa tête entrant en collision avec le bras de Mikey tandis que ses yeux se fermaient. Mikey l'attrapa, le jeu oublié, et il repoussa Leo dans une position assise tout en lui secouant les épaules.

« Leo, » Appela-t-il en le secouant un peu plus fort, mais la tête de Leo ne fit que retomber sur sa poitrine. Il n'eut pas besoin d'appeler ses frères Don n'était pas allé loin, et il était déjà là, s'asseyant près d'eux et soulevant le menton de Leo.

« Leo ! » Don appela également leur frère. Les paupières clauses de Leo remuèrent un peu, indiquant qu'il n'était pas encore endormi, mais le serait probablement bientôt. L'esprit de Don allait à cent à l'heure devrait-il gifler Leo (et était-ce inquiétant que le fait de gifler Leo soit devenu un événement aussi courant ?), ou devrait-il-

« Leo, Raph a des ennuis, » Dit précipitamment Don, et il fut surpris de la rapidité avec laquelle les yeux de Leo s'ouvrirent.

« Qu-quoi ? » Demanda Leo en regardant autour de lui, et pendant ce temps, Don prit sa décision. Il leva les yeux vers Raph, qui était sur le point de s'approcher, mais s'arrêta lorsque leurs regards se croisèrent. Don lui fit signe de partir, mais Raph hésita, questionnant son frère du regard. Le regard de Don était ferme, et Raph disparut avant que Leo ne puisse le voir.

« Raph a besoin d'aide, » Répéta Don en reportant son attention sur Leo, de détestant déjà pour ce qu'il était en train de faire. Ils ne plaisantaient jamais avec la sécurité et la santé des uns et des autres, sachant pertinemment à quel point il était horrible de s'inquiéter. Mais Don avait besoin de l'attention de Leo, avait besoin qu'il se concentre. Peut-être que l'inquiétude, l'adrénaline, aideraient Leo à se défaire de la somnolence qui l'habitait. Cela valait le coup d'essayer.

Leo était déjà en train d'essayer de se lever, ce qui était une bonne chose, mais Don se sentait quand même mal. Il était évident que rester éveillé était très pénible pour Leo, mais l'alternative était pire, alors Don ravala sa culpabilité.

« Est-ce que tu te souviens d'où tu as laissé tes épées ? » Demanda Don d'une voix douce mais malgré tout un peu impatiente, afin de rappeler à Leo qu'ils avaient des ennuis, qu'il leur fallait se dépêcher. Qu'ils avaient besoin de Leo.

« Oui, » Dit Leo, avant de serrer les paupières. « Non. »

« Réfléchis, » L'encouragea Don en tenant son bras lorsque Leo chancela.

« Que s'est-il passé ? » Demanda Leo, les yeux toujours fermés. « Il est blessé ? »

« Nous ne sommes pas sûrs, » Mentit Don, « mais il faut se dépêcher. »

« Se dépêcher, » Répéta Leo en forçant ses yeux à se rouvrir avant de se défaire de l'emprise de Don pour commencer à chercher ses épées. Don était sur le point de le suivre lorsque Mikey lui saisit le bras.

« Don, » Chuchota-il, « qu'est-ce que tu fais ? »

« Je le garde éveillé, » Répondit Don, et il sentit une pointe lui traverser la poitrine lorsqu'il vit la façon dont Mikey le regardait.

« Mais c'est… » Commença Mikey, mais Leo était déjà de retour, ses épées en main. Le voir comme cela était une amélioration - les yeux complètement ouverts et l'air plus concentré – mais ils voyaient la façon dont ses jambes tremblaient, et il était évident qu'il dépensait une énergie qu'il n'avait plus.

« Prenez vos armes, » Ordonna Leo en parvenant à garder une voix forte malgré le fait qu'il soit à peine capable de rester debout. « Est-ce que vous savez où- »

Leo fut interrompu par un vertige, et il serait tombé si ses frères ne s'étaient pas précipités à ses côtés. Le meneur grogna en secouant la tête comme pour s'éclaircir les idées et essaya de repousser ses frères, mais leurs prises sur lui étaient fermes.

« On va le trouver, Leo, » Dit Don en faisant confiance à Mikey pour maintenir Leo debout tandis qu'il récupérait la couverture que Leo avait abandonnée lorsqu'il était allé chercher ses épées. Il recouvrit Leo de la couverture, mais celui-ci sembla à peine le remarquer, s'appuyant lourdement sur Mikey afin de ne pas tomber. Ça n'avait pas été une si bonne idée que ça, finalement. Ça avait fait en sorte que Leo bouge un peu, mais il était en train de gâcher le peu de forces qu'il lui restait.

« Il faut y… aller, » Dit Leo en prenant une inspiration tremblante avant de se détacher de Mikey. Les mains de son frère le suivirent, mais le laissèrent faire. Leo parvint à atteindre les escaliers menant au magasin lorsque ses jambes cédèrent finalement sous son poids, le faisant tomber à genoux avec un cri sourd. Mikey se précipita à ses côtés, Don le suivant de près.

« Leo ! » Cria Mikey en aidant Leo à s'appuyer contre lui. Il tourna la tête pour regarder Don. « Il tremble vraiment beaucoup ! »

Don pouvait le voir sans même qu'on le lui dise. Il s'agenouilla près d'eux, le cœur lourd, avant de saisir une des mains de Leo.

« Raph, » Gémit Leo d'une voix faible, anéantit par le fait qu'il ne soit pas en état d'aider son frère. Il essayait si fort, luttait pour se relever, mais ne parvenait qu'à aggraver le tremblement dans ses membres. Il souffrait clairement, ses paupières serrées par la douleur, sanglotant presque tandis qu'il s'obligeait à bouger. Mais Leo était à bout, défait par son propre corps, et ils pouvaient voir à quel point cela le brisait.

Raph grogna bruyamment, sortant de sa cachette.

« Ça suffit, » Dit la tortue rouge en s'approchant avant de planter ses genoux au sol et de placer ses mains sur les joues de Leo afin de faire en sorte qu'il le regarde. C'avait été une torture laisser Leo penser que l'un d'eux était en danger, s'attendre à ce qu'il fasse quelque chose quand il en était incapable, ne rien faire tandis qu'il luttait inutilement. Ils ne devraient jamais faire une chose pareille aux uns et aux autres, quelle que soit la situation. « Je suis là, frangin. Tout va bien. »

Les yeux de Leo s'ouvrirent, et il leva une main tremblante qu'il posa sur celle de Raph. Ce dernier eut mal au cœur en voyant le regard que Leo lui lança, et à quel point le meneur semblait ébranlé, mais aussi soulagé. Il avait vraiment cru que Raph était en danger, et Raph baissa ses mains du visage de Leo pour l'enlacer à la place. Il attira Leo vers lui et laissa le leader reposer contre lui.

« On ne peut toujours pas le laisser dormir, » Se hâta de dire Don en s'apprêtant à séparer les frères, mais Raph attrapa sa main tendue.

« Don, je sais que tu essaie juste d'améliorer les choses, mais ça, c'était… »

« Je sais, » Don interrompit Raph d'une voix pleine de culpabilité. Leurs regards se croisèrent et Raph fut surpris de l'expression de souffrance présente sur le visage de Don. Et il sut immédiatement qu'il ne devrait pas être surpris – bien sûr que Don s'en voulait, aucun d'entre eux n'avait su que Leo s'était affaibli à ce point. C'avait été l'idée de Don, mais il ne blesserait jamais délibérément ses frères, aucun d'entre eux ne le ferait. Raph n'aidait vraiment pas en mettant tout ça sur le compte de Don.

« Je ne vais pas le refaire, » Continua Don d'une vox toujours douloureuse. « Mais que veux-tu que je fasse ? Le laisser s'endormir, le laisser s'affaiblir à nouveau ? »

Raph grogna, mais Don savait que ce n'était pas à son encontre. C'était cette situation sans espoir qu'il visait.

« Il faut te relever, » Don finit par murmurer à l'adresse de Leo, qui s'était effondré contre le plus musclé de ses frères. Leo ne dit rien, et cette fois-ci, il ne fit rien pour se maintenir debout, se contentant d'être un poids mort entre Don et Raph. Ils le ramenèrent sur le canapé dans un silence total avant de le recouvrir de couvertures supplémentaires. Mikey s'était emparé des épées que Leo avait lâchées et les posa près du canapé, et lorsqu'ils estimèrent que suffisamment de couvertures entouraient Leo, ils s'assirent avec lui.

Leo était à peine réveillé, et le traiter avec douceur n'aidait pas. Mais après ce qu'il venait de se passer, après avoir vu à quel point Leo s'était affaibli, et combien ils l'avaient fait souffrir en mentant à propos de Raph et en lui faisant prendre conscience d'à quel point il était inutile, en cet instant… Personne ne voulait le gifler ou le pousser, mais il était toujours hors de question de laisser Leo dormir. Malgré tout, ses frères restèrent doux avec lui, Mikey lui massant le bras tandis que Raph drapait une autre couverture sur lui, tous deux parlant en chuchotant. Ils savaient ce que le fait de dormir faisait à Leo, mais ils ne l'avaient pas vu comme Don – ce n'était pas eux qui avaient réalisé qu'il n'avait presque pas de pouls, que Leo avait été si proche de leur échapper-

Don avait déjà pris une décision difficile, et il semblait qu'il soit forcé d'en prendre une autre.

« Leo ! » Don brisa le silence en l'appelant d'une voix tranchante tout en pinçant la peau de son bras. Cela ne provoqua aucune réaction de la part de Leo, malgré le fait qu'il soit réveillé, alors Don attrapa les bouts du masque de Leo, derrière sa tête, et les tira brutalement pour attirer son visage vers lui. « Leonardo ! »

Leo soupira lourdement mais finit par ouvrir lentement les yeux. Son attention ne fit cependant pas long feu, et ses yeux recommencèrent à se fermer presque immédiatement. Don déglutit mais raffermit sa prise et força Leo à relever la tête en tirant fortement sur le masque qu'il tenait toujours, et Leo gémit de par la douleur qui émanait à présent de son cou. Il fixa Don d'un regard surpris, et Don savait que Raph et Mikey le regardaient avec la même expression.

« Tu ne fermeras pas les yeux, Leo, » Dit Don en fixant son frère d'un regard qu'il forçait à être dur. Il détestait faire ça, mais il fallait qu'il le fasse afin de faire comprendre à Leo la gravité de la situation. « Tu vas rester éveillé et alerte, compris ? »

« Don, » Commença Leo en déglutissant avec difficulté Don maintenait sa tête dans une position peu naturelle. « J'ai essayé- »

« Et tu continueras d'essayer ! » Don lâcha Leo et sentit une nouvelle vague de culpabilité le submerger lorsque Leo toussa après avoir enfin pu baisser la tête. Il avait déjà suffisamment blessé Leo, et ne voulait pas le faire souffrir davantage ou lui causer de l'inconfort, mais il le fallait, peu importe combien cela lui faisait mal au cœur.

Leo semblait toujours un peu perplexe et se contenta de hocher la tête à l'attention de Don. Bien, le traitement soudain rude avait surpris Leo et éloigné sa somnolence. Ce qui était moins bien, c'était la façon dont Leo le regardait, avec méfiance, comme si Don pouvait recommencer sans avertissements. Il espérait, priait, qu'il n'aurait pas à le faire.

« Don. » La main de Raphael atterrit sur son épaule, et Donatello réalisa qu'à présent, c'était lui qui tremblait, et pas à cause du froid. Il inspira profondément se força à se calmer. Des couvertures, de la chaleur – c'était de cela qu'ils avaient besoin, et pas que tout le monde panique. Il remonta une couverture qui était tombée de Leo lorsqu'il lui avait tiré la tête en avant.

« Je suis désolé, Leo, » Marmonna Don, mais Leo ne fit que secouer la tête, et il toucha le bras de Don de façon rassurante après s'être légèrement déplacer pour trouver une position plus confortable.

« Le soit pas, » Dit simplement Leo. Même si les couvertures ne le réchauffaient pas, Leo semblait malgré tout plus alerte lorsqu'il était entouré par eux. Du moins, Don espérait que ce soit grâce à la chaleur et non à cause de la surprise qu'il lui avait causé en l'attrapant aussi soudainement.

« La chaleur est la clé, » Don pensa à haute voix en gardant les couvertures serrées autour de Leo tout en frottant ses bras pour aider le sang à circuler. « Je veux dire, bien sûr que c'est la clé, vu que sa température est aussi basse, mais… il semble mieux répondre lorsqu'on l'aide à se réchauffer- »

« Je suis juste là, vous savez, » Leur rappela à nouveau Leo, ne faisant que prouver ce que Don venait de dire. Leo suivait la conversation, et était également capable d'y participer. Il était faible à cause du voyage qu'il avait fait dans les escaliers, mais il n'était pas aussi désorienté qu'avant. « Et je sais que je n'aide pas vraiment- que je fais surtout l'exact opposé- et je… je suis désolé. Je ne… je ne sais pas ce qui cloche chez moi. J'essaie de rester éveillé, mais… »

« On le sait, » Dit doucement Don. Faire en sorte que Leo se sente coupable d'être malade n'avait vraiment pas été leur but. Peu importe à quel point il était difficile de le garder éveillé, il ne devrait pas s'en vouloir pour cela. « Simplement… restes sous les couvertures. Dis-le-nous, si elles ne suffisent pas te garder au chaud. »

« Alors, la chaleur aide, mais ça ne marche pas assez bien, » Mikey réfléchit à voix haute tout en étalant une couverture sur les jambes de Leo. La tortue bleue tremblait toujours, mais avec les couvertures supplémentaires, ses frissons commençaient à s'atténuer.

« Oui, et c'est bien le problème, » Soupira Don en fermant les yeux. « Je me demandes à quel point il serait difficile de retourner au repaire- »

« Non, non, » Dit Raph en secouant la tête. « La dernière fois était suffisamment horrible. Hors de question. »

« Mais- »

« Non. » Cette fois-ci, ce fut Leo qui parla, mais ses yeux s'étaient à nouveau fermés, et Don n'était pas certain qu'il suive encore la conversation.

« Est-ce que tu sais seulement de quoi on parle ? » Demanda Don en continuant de frotter le bras de Leo. La tortue bleue ouvrit un œil pour regarder Don.

« Comme je l'ai dit, » Souffla Leo, « je suis juste là. »

« Tu es dans les vapes une fois sur deux, mec, » Dit Mikey. « On ne sait pas vraiment quand tu es « juste là » et quand tu ne l'es pas. »

Leo baissa les yeux d'un air défait, incapable de répliquer.

« Ce n'est pas grave, Leo, » Don essaya de le réconforter. Leo ne disait toujours rien, et lorsqu'il ne fit rien pour relever la tête, Don dut à nouveau lui relever le menton. Ils devaient s'assurer que Leo ne se rendorme pas, ce qui était difficile s'ils ne pouvaient pas vor son visage. « Souviens-toi… La tête levée, les yeux ouverts. »

Leo hocha la tête, mais ses yeux étaient toujours fermés. Don lui donna du temps, mais les secondes s'écoulèrent et il fut forcé de secouer l'épaule de Leo. Toujours rien, et Don sentit son cœur tomber dans sa poitrine – pas encore, il ne voulait plus traiter Leo avec brutalité.

« Leo. » Ce fut Raph qui saisit ses épaules et poussa brusquement sa carapace dans le canapé. Don ne pouvait s'empêcher d'être soulagé que ce soit Raph qui prenne les choses en main, cette fois-ci. Malgré tout, les réactions de Leo quant au traitement brutal qu'il recevait étaient toujours trop lentes. Le meneur des ninjas devrait être en état d'alerte lorsqu'il était traité de cette façon, mais au lieu de ça, il semblait à peine intéressé.

« D'accord, on se lève, » Ordonna Raph en saisissant le bras de Leo au travers de la couverture avant de le redresser brutalement. Leo perdit presque son équilibre sous le coup de la surprise, mais Raph garda une poigne forte sur lui, l'empêchant ainsi de tomber. La tortue rouge le fit se tenir debout tout seul, s'assura que les couvertures restent sur lui, puis força Leo à marcher, laissant les deux plus jeunes frères sur le canapé.

« Je m'y remets, alors, » Soupira Don en saisissant son ordinateur.

« Je suis sûr que tu vas finir par comprendre, » Dit Mikey d'une voix rassurante. « Si je peux aider… »

« Merci, Mikey, » Don lui adressa un sourire fatigué. « Tu pourrais juste… rester ici ? »

Mikey ne se le fit pas dire deux fois. Il s'appuya contre Don et lui tint simplement compagnie.


Leo haleta de surprise lorsqu'une autre poussée contre sa carapace faillit le faire tomber. Il lui était difficile de garder l'équilibre quand le monde tanguait sous ses pieds, quand les couvertures qui l'entouraient rendaient ses déplacements encore plus difficiles qu'ils ne l'étaient déjà.

« Don dit que la chaleur est la clé, » Dit Raph en le poussant à nouveau, et Leo ne put s'empêcher de lui adressa un regard irrité par-dessus son épaule. « Et tu t'échauffes toujours pas mal quand j'essaie de te donner des ordres. Alors… »

Il le poussa encore, et cette foi, Leo était si proche du mur qu'il dut lever les bras pour s'y rattraper. Ses jambes tremblaient déjà il était à peine parvenu à gravir les escaliers il y a quelques instants, et à présent, il était censé continuer à bouger. Sa fatigue alourdissait encore plus sa frustration et son sentiment d'échec.

« T'as pas envie de riposter ? De me forcer à arrêter de te pousser ? »

Riposter ? Quand il était dans cet état ? Leo ferma les yeux, cette fois parce qu'il le voulait et non parce qu'il était incapable de les garder ouverts. Raph avait été en danger, Leo ne savait même pas ce qu'il lui était arrivé, il avait l'impression de ne rien savoir de ce qu'il se passait autour de lui- et Raph voulait qu'il contre-attaque ?

« Raph… » Commença Leo en se retournant pour faire face à son frère, qui s'approchait déjà. Leo essaya de reculer, mais le mur était toujours derrière lui. Il le regarda par-dessus son épaule, et lorsqu'il reporta son regard vers Raph, il vit son poing se diriger vers lui. Il esquiva sur le côté, sa jambe droite se dérobant sous lui, mais Raph était là pour le rattraper. Non, pas pour le rattraper – il l'aida à retrouver l'équilibre, mais le poussa à nouveau ensuite, le faisant presque tomber – une fois de plus.

« Raph ! » Répéta Leo en essayant de reprendre son souffle. Le simple fait de bouger et de retrouver l'équilibre était épuisant. Le simple fait d'exister était épuisant, et Leo commençait à en avoir assez. « Tu sais que je ne peux pas faire ça maintenant – alors arrête- »

« Mais tu dois le faire, Leo, » Dit Raph, ne laissant jamais assez de temps à Leo pour qu'il reste immobile. S'il restait debout à ne rien faire, il se ferait encore pousser. Raph ne le blessait jamais lorsqu'il le poussait, et Leo savait que même ses coups de poing n'étaient que simulés afin de le forcer à continuer à bouger, mais il n'était pas doux non plus. Leo détestait le fait qu'un simple contact brusque puisse le faire trébucher aussi facilement, et à quel point cela faisait souffrir ses muscles fatigués. Il n'aimait pas être traité comme ça, et le fait qu'il ne puisse rien y faire rendait le tout encore pire.

« Pourquoi ? » Leo demanda, les dents serrées, trébuchant à nouveau lorsqu'il ne bougea pas assez rapidement pour échapper à Raph. Tout ce qu'il voulait faire, tout ce dont il avait besoin, était de se reposer. De trouver un endroit calme et sûr pour cela. De se cacher pour que personne ne le dérange et qu'il puisse enfin se débarrasser de cet épuisement. Mais c'était impossible quand Raph le pourchassait ainsi, ne le quittant jamais des yeux, ne le laissant jamais s'éclipser afin qu'il disparaisse et se cache.

« Tu sais pourquoi, » Dit simplement Raph. Et Leo le savait, se souvenait que Don avait dit qu'il ne faisait que s'affaiblir en dormant, mais cela n'avait aucun sens. Il savait qu'il devait dormir, c'était comme si une voix dans sa tête le lui disait, une voix en qui il avait confiance, une voix en qui il devait avoir confiance. Il avait confiance en Don, mais son frère ne comprenait simplement pas. Leo lui-même ne le comprenait pas, mais il savait que c'était ce dont il avait besoin.

« Attends, Raph- » Leo n'était pas parvenu à retrouver l'équilibre après que Raph l'ai poussé, et lorsque Raph recommença, il tomba. Les couvertures qui l'entouraient adoucirent sa chute, et s'il n'était pas vraiment blessé, son corps était malgré tout endolori. Il n'avait plus de forces pour se relever, mais son poursuivant se dressait déjà au-dessus de lui- et soudainement, il se rappela de ses hallucinations, cette pensée traversant son esprit si vite qu'il leva automatiquement une main pour se protéger le visage, essayant de se recroqueviller pour échapper à la menace.

Raph eut mal au cœur à la vue de Leonardo à ses pieds, se couvrant comme si Raphael était quelque chose qu'il fallait craindre. Cela lui rappelait la façon dont Leo avait agi lorsqu'il l'avait pourchassé au-dehors, à quel point Leo avait été ailleurs, l'attaquant, tentant de le fuir… Mais c'avait été la fièvre. Qu'est-ce qui faisait agir Leo comme ça, cette fois-ci ? Raph était sur le point de s'agenouiller près de lui lorsque Leo sembla reprendre ses esprits, baissant la main d'un air confus, puis presque embarrassé. Le leader essaya de se relever avec obstination, et il n'écarta pas la main de Raph lorsque celui-ci l'aida.

« Ce n'est pas comme si j'avais envie de faire ça, » Dit doucement Raph, laissant Leo s'appuyer contre lui un moment avant de devoir le forcer à rester debout tout seul. Même s'il hésitait à encore forcer Leo à se déplacer, il devait au moins rester debout sans aide. « Mais ça ne te ressemble pas non plus, d'abandonner. »

« J'abandonne pas, » Dit Leo en se concentrant sur ses jambes afin de rester debout. « Si tu voulais bien m'écouter- »

« On ne te laisse pas dormir, fin de la discussion, » Le coupa immédiatement Raph, et les tortues s'affrontèrent du regard. C'était familier, si familier le début d'une dispute ou d'un combat, sauf que l'autre n'était pas en état d'y participer. Leo se sentit piégé il ne pouvait pas faire en sorte que Raph comprenne, et il ne pouvait pas lui échapper. Il avait trop longtemps ignoré le nouvel instinct qui s'était éveillé en lui, et cela le rendait anxieux et brouillait ses pensées, son esprit ne pouvant se concentrer sur autre chose. Leo se saisit le crâne, grognant à cause de sa migraine. Il voulait juste que son cerveau, son instinct et tout le reste se taisent. Qu'ils le laissent tranquille, ne serait-ce que pour un instant. Plus de pensées, plus rien.

Il laisserait son esprit s'endormir, juste pour quelques instants.

« Hé, » Raph laissa Leo s'appuyer contre lui tandis que l'aîné se tenait la tête d'un air souffrant. « Allez, viens, retournons voir Don et Mikey. »

Surtout Don, en fait. Raph savait seulement comment pousser Leo, comment essayer de le faire réagir- et quand il n'eut comme résultat qu'un meneur souffrant, il ne savait pas quoi faire. Il se dirigea vers la cuisine, et Leo abaissa enfin sa main avant de se défaire de Raph. La plus grande des tortues le laissa faire vu que Leo semblait capable de se tenir debout tout seul. Mais il semblait perdu, le regard vide, comme s'il n'était pas sûr de la raison pour laquelle ils étaient là.

Mikey était assis dans la cuisine, s'y étant rendu pour faire un café à Don. Il attendait que celui-ci soit prêt lorsqu'il remarqua ses frères, et fronça les sourcils en voyant que Leo se tenait immobile et avait l'air d'un véritable zombie. Décidant d'attirer son attention, Mikey attrapa une pomme et la jeta en direction de Leo.

« Hé, Leo, attrape ! »

Mais ses mots n'eurent aucun effet Leo ne remarqua même pas le fruit qui passa au-dessus de sa tête pour atterrir quelque part sur le sol derrière eux. Raph haussa un sourcil à l'intention du plus jeune, qui ne fit que pouffer d'un air penaud.

« Je suppose que ses réflexes sont encore endormis, » Dit Mikey en se frottant la nuque.

Leo leva les yeux d'un air confus avant de prendre un siège. Il y avait une brique de jus sur la table, et Leo amorça un mouvement pour la saisir avant d'hésiter et de ramener sa main vers lui. Sa tête tomba, mais il la releva avec obstination en clignant fortement des yeux. Il réessaya d'attraper le jus, hésita une fois de plus, et finit par abandonner, laissant sa main retomber sur la table.

Don était également apparu dans la cuisine, et ensemble, ils avaient assisté aux… tentatives de Leo d'attraper le jus. Don fut celui qui brisa le silence en s'éclaircissant la gorge avant de parler.

« Leo… comment tu te sens ? »

Leo leva la tête, mais ses yeux continuèrent de fixer la table. Il ne semblait pas avoir réalisé que les mots lui étaient destinés. Il cligna des yeux en essayant d'éclaircir sa vision – ainsi que sa tête, apparemment, vu qu'il la secoua légèrement – puis sa tête retomba, et il glissa de sa chaise sur le côté.

Raphael attrapa son bras avant qu'il ne puisse tomber de sa chaise, et Leonardo ne fit que relever la tête d'un air endormi, n'ayant pas l'air d'avoir conscience qu'il avait failli tomber au sol la tête la première.

« Il n'était pas comme ça, il y a un instant, » Dit Raph. « Il n'était pas aussi catatonique. »

« Leo ? » Répéta Don en se levant avant de s'agenouiller à côté de la chaise de Leo afin de regarder ses yeux fermés. « T'es avec nous ? »

Leo attrapa le bord de la table afin de se lever sans même jeter un œil en direction de Don. Il resta immobile, ses mains toujours posées sur la table pour supporter son poids.

« Leo, Don te parle, » Dit Raph en parlant un peu plus fort que Don tout en poussant le bras de Leo. Cela ne fit que chanceler légèrement Leo, mais il ne fit rien d'autre qui laissa penser qu'il prêtait attention à ses frères.

« Leo- » Raph essaya à nouveau de l'appeler d'une voix plus forte, plus énervée, mais Don leva une main pour le faire taire.

« C'est comme s'il ne nous entendait même pas, » Dit Don à voix basse avant de se lever à son tour. Leo se détourna de la table et se dirigea lentement vers le salon. Les trois frères se tinrent dans l'encadrement de la porte de la cuisine sans le lâcher des yeux.

« On dirait presque qu'il… cherche quelque chose, » Dit lentement Mikey en penchant la tête.

Leo semblait vraiment chercher quelque chose, déambulant dans la pièce en retournant des objets, trébuchant occasionnellement mais parvenant, d'une manière ou d'une autre, à ne pas tomber.

« Il recommence à réunir des couvertures, » Observa Donatello en levant une main à son menton. Leonardo disparut au coin de la pièce, traînant les couvertures derrière lui.

« Il n'a pas arrêté d'en laisser partout dans les parages, et est presque tombé en trébuchant sur l'une d'elles, tout à l'heure. » Grommela Raph. Une traînée de couvertures semblait suivre Leo où qu'il aille.

« J'ai vu, » Rit Mikey. Le regard noir de Raph le fit s'arrêter rapidement. « C'est assez mignon. Ou, vous savez, ça le serait si quelque chose ne clochait pas avec lui, je veux dire… c'est comme s'il faisait des petits nids. »

Des nids… avoir froid, être fatigué, avoir l'impression qu'il devrait être autre part…

« C'est ça ! » Annonça soudain Don, mais au lieu d'élaborer, il marmonna quelque chose pour lui-même tout en se rasseyant devant son ordinateur toujours allumé. Raph et Mikey le regardèrent d'un air confus, attendant qu'il continue.

« C'est quoi ? » Demanda Raph lorsque Don ne continua pas, se contentant de taper sur son clavier.

« Je pourrais me tromper, mais… »

« C'est rarement le cas. Crache le morceau. »

« Eh bien, je crois que Mikey a raison- »

« Okay, oublie ça, même toi, tu peux te tromper, parfois, » L'interrompit Raph, recevant un regard boudeur de la part de Mikey.

« -Mikey pourrait avoir raison à propos du nid. J'ai cru que c'était la chaleur qui aidait Leo à être plus alerte, mais je pense que c'était les couvertures, le nid autour de lui. Ça l'a fait se relaxer et ça lui a permis de se concentrer. Mais il semblerait qu'il ne réalise même pas qu'il le fait. » Donatello fronça les sourcils. « Mais ça ne devrait pas… Je ne sais même pas comment ça pourrait… »

« Crache le morceau, Don ! »

« Eh bien, c'est l'hiver. La température de Leo est basse, ses mouvements sont lents – j'ai l'impression que… » Les mains de Donatello s'immobilisèrent sur le clavier et il se retourna pour regarder ses frères. « Je ne sais pas comment, mais je pense que son corps essaie de le faire entrer en brumation. »

« Wouah, » Souffla Mikey, et Raph lui donna une petite claque sur le crâne.

« Tu ne sais même pas ce que ça veut dire, » Grommela Raph au cadet.

« C'est un peu comme l'hibernation, » Don expliqua rapidement, sachant que ses frères n'étaient pas intéressés par les détails. « Il est naturel pour les tortues d'entrer en brumation pendant l'hiver, mais vu que nous ne sommes pas des tortues… normales, nous ne l'avons jamais fait. De plus, les tortues gardées – ou vivant – en intérieur ne devraient même pas le faire.

« Alors pourquoi Leo le ferait ? Et pourquoi maintenant ? »

Don secoua la tête en gardant les yeux fermés un instant. « Je ne sais pas. Je ne suis même pas certain que c'est ce qu'il lui arrive, mais la façon dont il agit correspond à la description. Plus ou moins. Ce pourrait être le temps froid, ou bien la maladie – mais le froid n'affecte pas le reste d'entre nous, et nous avons déjà été malades, mais ça ne nous est jamais arrivé. »

Don enfouit sa tête dans ses mains tout en y réfléchissant. « Mais je ne crois pas que l'un d'entre nous ait jamais été aussi malade que lui, et il s'est beaucoup exposé au froid. Son corps a eu du mal à s'en remettre – il pourrait avoir pensé qu'il était temps d'entrer en brumation à cause du froid extrême et constant, donc c'est ce qu'il essaie de faire faire à Leo. »

Raph et Mikey échangèrent un regard.

« Mais Leo a été entouré de chaleur pendant un long moment, son corps ne devrait pas réagir de cette façon… » Don grogna en se passant une main sur le visage. « Je ne sais pas. »

Ils se turent un moment, essayant d'absorber cette nouvelle information. Puis Mikey rit légèrement, sans pour autant avoir l'air particulièrement joyeux. « Alors, Leo est littéralement en train de faire un nid. C'est mignon, non ? Qu'est-ce qu'il y a de si mal au fait de le laisser dormir ? »

Don ferma l'ordinateur.

« Eh bien, d'habitude, ils ne font pas de nids, ils trouvent juste une cachette où ils seraient en sécurité pour dormir. Mais la situation de Leo est un peu différente… » Don croisa les bras sur sa poitrine et continua d'un air sérieux. « Nos corps ne fonctionnent pas comme celui d'une tortue normale, évidemment. Les tortues en brumation peuvent drastiquement ralentir leur cœur et réduire leur métabolisme, mais nous sommes en partie humains, et les humains ne peuvent pas faire ça. »

« Mais on sait comment ralentir notre respiration et notre cœur, » Fit remarquer Raph.

« Pour un temps limité, » Don soupira. « S'il entre en brumation, ce ne sera pas Leo qui contrôlera son pouls, ce sera son corps. Et on ne sait pas comment nos corps pourraient gérer ça – si ils en sont capables.

Ils se turent tous à cela.

« On dirait qu'on va devoir le découvrir, » Finir par grogner Raph en croisant les bras.

« Non, on va continuer à le garder éveillé jusqu'à ce qu'on ait des réponses, » Dit Don en se reconcentrant, laissant ses sombres pensées de côté. « On ne peut pas prendre ce risque. »

« On ne peut pas garder Leo éveillé pour toujours. »

« On n'aura pas à le faire. Comme je l'ai dit, c'est seulement jusqu'à ce qu'on sache- »

« Où est-il, d'ailleurs ? » Intervint Mikey, et ils se turent à nouveau en réalisant qu'ils avaient laissé Leo quitter leur champ de vision. Un rapide coup d'œil les informa que Leo n'était pas dans la cuisine ou dans le salon. Leurs efforts pour garder un œil sur Leo afin de l'empêcher de s'endormir partaient rapidement en fumée.

« Oh non, » Don était debout en un instant, et il se précipita hors de la cuisine. « Venez. Il faut le retrouver ! »

Pour ensuite le réveiller. Ils étaient tous assez certains que Leo avait eu suffisamment de temps pour trouver un endroit où s'endormir, à présent qu'ils avaient échoué à garder un œil sur lui. Ils vérifiaient rapidement chaque pièce, mais l'appartement n'était pas grand, alors ils l'eurent rapidement fouillé. La question de comment ils allaient le réveiller commençait à se transformer en comment, pour commencer, allaient-ils trouver la tortue. Ils se rassemblèrent dans le salon, l'air perdu.

« Une cachette, tu as dit qu'ils essaieront de se cacher avant d'entrer en brumation, » Dit Mikey en se trémoussant. « Et on sait que si Leo ne veut pas être trouvé, il ne le sera pas. Qu'est-ce qu'on va faire ?! »

« Tout d'abord, on ne va pas paniquer, » Dit rapidement Don, même s'il ressentait la même anxiété que Mikey. Mais il se rassura rapidement même si Leo était endormi, quelques minutes ne lui feraient pas de mal. Il était vrai que Leo était un maître à cache-cache, mais même lui ne pouvait se cacher de trois ninjas dans un appartement comme celui-ci. Ils le trouveraient.

Mais il ne pouvait nier que Leo avait perdu presque toutes ses forces. Il n'en faudrait pas beaucoup plus pour l'épuiser suffisamment pour qu'il perde son combat contre son propre corps, si ce n'était pas déjà le cas. Et là, il serait piégé dans le sommeil dans lequel son corps l'aurait forcé. Ils devraient être rapides. Le temps n'était pas en leur faveur.

En ce moment, il semblait que rien ne soit en leur faveur. Comme si le fait que le reste du monde soit contre eux ne suffisait pas – à présent, même leurs propres corps l'étaient.