Merci pour vos follows, vos abonnements, vos favoris et bien entendu vos REVIEWS.
La suite des aventures de notre renommé Nayden.
Direction la grande ville !
Nayden se réveilla ce matin là plein d'entrain. Non seulement il allait échapper aux tâches habituelles, plutôt éreintantes, mais en plus c'était pour retrouver une baguette magique ! Il allait pouvoir mettre à profit les enseignements en charmes et métamorphose de ses hôtes, et enfin, ENFIN, être en mesure de chauffer lui-même son eau pour sa toilette quotidienne. Certains détails n'avaient pas de prix.
Il rejoignit les deux Russes dans l'arrière-cuisine, occupées à préparer leur petit-déjeuner. Elles lui parurent un peu froides, mais qui ne l'était pas dans une contrée sans café ? Il avait découvert cet état de fait au début de son séjour, lorsque Léna avait additionné son thé noir d'une rasade de vodka quand il avait demandé si elles avaient quelque chose de "plus fort" pour débuter la journée. Il n'avait pas réitéré sa demande.
Dès le repas fini, il chargea sur deux traîneaux les marchandises que les sorcières vendraient en ville : laine filée, vêtements tissés, caisses de légumes et pots de confitures diverses. Ils partaient pour le marché sorcier donc il n'y avait pas à se soucier de la saison de pousse des végétaux ou toute autre préoccupation trop "moldue". Comme convenu il mit la majorité de la cargaison sur l'un des véhicules, laissant de la place dans le second pour qu'il puisse s'installer.
Les deux traîneaux étaient du très bel ouvrage, les œuvres d'Oksana. Le premier, que conduirait Léna, ressemblait en tous points aux images de celui du Père Noël : bombé, avec un siège pour le conducteur à l'avant et un filet pour rassembler les marchandises à l'arrière. Deux grandes barres en bois partaient à l'avant, terminées par de grands harnais pour l'attelage des rennes. Le second véhicule était plus modeste, plus fuselé, ressemblant davantage à ce qu'il avait vu des traîneaux à chiens. Il n'avait pas de barres en bois, mais d'épaisses lanières de cuir qui partaient de l'anse à l'avant du traîneau. Sur celui-ci, le conducteur était debout, à l'arrière.
Il fallut ensuite atteler les rennes, qui s'installèrent à leur place plutôt sagement. Léna vérifia plusieurs fois que les brides passaient au bon endroit, sans les blesser, tout en permettant une bonne traction. Les traîneaux étaient ensorcelés pour augmenter leur résistance et diminuer leur poids mais les rennes restaient indispensables pour fournir l'énergie du déplacement ; Léna ne souhaitait pas voir une de ses précieuses bêtes s'échapper au beau milieu des steppes et se faire dévorer par les loups.
Enfin, ils furent prêts à partir. Nayden reçut double ration de couvertures pour se protéger de l'air froid et s'installa dans le petit traineau, sur un tapis matelassé composé de plusieurs couches de vêtements à vendre. Oksana prit place derrière lui et lança un sort pour empêcher les rennes de projeter trop de terre et d'eau dans leur direction. Léna s'installa aux commandes du gros traîneau, qu'elles appelaient troïka, et sonna le départ. Une brève secousse traversa Neydan au démarrage puis il ne sentit plus aucun inconfort, comme s'ils filaient sur un coussin d'air. Oksana faisait vraiment des charmes incroyables.
Léna lui avait expliqué qu'ils en auraient pour environ quatre à cinq heures de voyage. Les rennes étaient capables d'atteindre 80km/h mais sur de courtes durées ; pour de longues distances comme celles qu'ils avaient à faire, leur rythme était plus bas. N'ayant rien d'autre à faire, Nayden se perdit dans la contemplation des paysages. Il n'avait pas quitté la petite ferme depuis son arrivée et il ressentit un bonheur intense de pouvoir observer des choses nouvelles. Les paysages étaient beaux, sauvages, et le cliquetis que faisaient les rennes rythmait agréablement leur avancée. Il s'endormit finalement, jusqu'à ce que le freinage du traîneau le réveille.
Ils étaient arrivés au point de passage. Un petit village autochtone, composé de quelques maisons, des petites boutiques d'artisanat et ce qui devait être le pub local. Les deux sorcières avaient stationné les traîneaux juste devant ce-dernier et détachaient les rennes pour les amener dans l'étable. Nayden s'extirpa du traineau, s'étira et tenta de désengourdir ses jambes après ce long moment immobile. Ses hôtes revinrent et miniaturisèrent rapidement les ballots de marchandises, qu'elles glissèrent dans les poches de leurs grands manteaux.
Les trois sorciers entrèrent ensuite dans le pub. Il n'y avait que quelques clients à cette heure-ci, qui ne prêtèrent guère attention à eux. La barmaid leur fit un signe de tête, Léna y répondit et se dirigea immédiatement vers une petite porte, fondue dans le mur. Dès qu'ils furent passés, la porte se referma d'elle-même. Ils étaient dans une petite pièce qui comportait en tout et pour tout deux fauteuils de bois recouverts de peaux à fourrure grise et une haute cheminée. Le sol était fait d'un parquet sombre, presque noir devant la cheminée. Pour un moldu, c'était une pièce bien mal agencée. Pour un sorcier en revanche, c'était un hall d'aéroport grand luxe.
Caché derrière la quatrième pierre, Oksana sortit un petit pot rempli d'une poudre bien connue et en jeta une poignée dans le feu qui devint immédiatement d'un vert vibrant. Elle s'avança et annonça d'une voix claire « Place Centrale ». Rassuré que le mot soit simple à répéter, Nayden prit néanmoins toutes ses précautions pour ne pas se retrouver dans l'Allée des Embrumes russe. Il lança à son tour une poignée de Poudre de Cheminette et entra dans le feu avant de crier distinctement « Place Centrale ».
Il ne dérogea pas à la règle voulant qu'il ne sache pas sortir d'une Cheminette et fonça dans Oksana, qui le retint négligemment. Elle lui jeta également un sort de nettoyage, la suie ayant obscurci ses verres de lunette. Nayden, une fois la vue recouvrée, regarda partout autour de lui. Ils étaient arrivés sous un porche, mais ils étaient bien à l'extérieur ! Il faisait beau, même chaud en comparaison des contrées d'où ils arrivaient, et le ciel était d'un bleu limpide, sans nuages. La place était une cour carrée, richement décorée. Chaque bâtiment se terminait à son sommet par des tours et des coupoles multicolores, dans un style très exubérant.
A l'inverse, les passants étaient tous vêtus de couleurs foncées, en robe ou en manteau long. Ils étaient nombreux à porter des toques et des chapeaux de fourrure et paraissent très fades en comparaison des monuments derrière eux. Nayden finit toutefois par repérer quelques bizarreries : là une queue rose vif dépassant d'une poche, ici des tentacules mouvants dans un panier à provision, jusqu'à finalement voir une mère sortir sa baguette magique pour ramener à elle un de ses trois enfants parti trop loin. Ils étaient arrivés directement dans le quartier magique russe !
Léna sortit à son tour de la cheminée couverte de suie, sous les ricanements de sa sœur qui lui lança à elle aussi un sortilège nettoyant.
« Décidément, il n'y a que moi qui sait voyager dans cette troupe. Railla la sorcière.
- Je préfère le balai. Souffla Nayden, vexé de ne pas maîtriser ces transports.
- Et moi la troïka. Ces voyages en Cheminette sont barbares. Grogna Léna.
- Vous êtes des petites natures. Quoiqu'il en soit … Nous sommes arrivés ! Je pense que le mieux c'est que j'aille d'abord voir Igor pour nos légumes pendant que toi Léna tu accompagnes Nayden chez Gregorovitch. On se retrouvera ensuite chez Natalya pour la laine et … Nayden si tu veux en profiter pour acheter quelques vêtements ce sera l'occasion ; Natalya saura t'aider.
- Cela me paraît correct. En route Nayden ! Garde la main sur ta bourse, il y a pas mal de brigands qui traînent autour des zones d'apparition en ce moment.» Avertit Léna, lui indiquant du menton trois silhouettes arrêtées à l'ombre d'un pilier.
Nayden se mit donc à suivre l'imposante sorcière, rassuré par l'idée qu'il ne risquait pas de la perdre de vue. La place n'était pas très grande ; ses façades comportaient à chaque fois trois ou quatre portes seulement, avec quelques vitrines de magasins en rez-de-chaussée. Nayden repéra une animalerie, un apothicaire et une boutique de petit matériel d'écriture avant de quitter la place derrière Léna par une ruelle étroite à l'angle sud de la Place.
Ils parcoururent quelques mètres à l'étroit avant de retrouver une plus grande rue, bien que beaucoup plus sobre. Les quelques passants étaient toujours aussi fades, et très silencieux ; la plupart saluaient Léna d'un unique hochement de tête. La sorcière finit par s'arrêter devant une vitrine légèrement trouble, surmontée d'un écriteau montrant une main tenant une baguette. Ils étaient chez Gregorovitch. L'excitation de Nayden monta d'un cran, en même temps que son appréhension. Une fois qu'il aurait récupéré une baguette … Sa mission redeviendrait réelle. Il aurait réellement les capacités de la réaliser. Quoique … En 1923, Tom Jedusor n'était même pas encore né, et s'il leur manquait bien une information dans son histoire, c'était l'endroit où sa mère s'était cachée après s'être enfuie avec son moldu sous Philtre d'Amour. Secouant les épaules pour se débarrasser des pensées parasites, Nayden poussa la porte de la boutique avec entrain.
La clochette à laquelle Nayden s'attendait ne tinta pas ; ce fut la porte qui produisit un grincement poussif mais strident tout le temps de son ouverture, puis de sa fermeture. A l'image de ce bruit, la boutique de Gregorovitch se dévoila sous ses yeux.
Les étagères étaient peu nombreuses, les baguettes y reposaient à découvert et visiblement personne ne s'employait à faire les poussières. L'endroit sentait le renfermé, la cire et un vieux relent d'herbes à pipe. Ils attendirent de longues minutes mais personne ne vint à leur rencontre. Léna décida alors de crier le nom du fabricant de baguettes, d'un ton impérieux. Quelques secondes plus tard, un homme d'une quarantaine d'années, aux traits austères et la mine contrariée se présenta devant eux, les mains encore gantées de noir.
« C'est pour quoi ? Lança-t-il, visiblement contrarié ou impatient de les quitter.
- Vous n'êtes pas vendeur de baguette ? Lui demanda Léna effrontément.
- Je suis un artisan spécialisé dans leur création et si c'est pour me demander des sottises pareilles que vous me dérangez …
- Je souhaiterais acheter l'une de vos baguettes M. Gregorovitch. J'ai perdu la mienne lors d'un accident et j'en ai réellement besoin. Intervint Nayden, diplomate.
- … Bien. Attendez moi ici, je reviens.» Déclara Gregorovitch après un bref instant de réflexion.
Il repartit dans l'arrière-boutique, laissant Nayden et Léna échanger un sourire amusé. L'appât de l'or rendait tout le monde bien plus conciliant.
A bientôt pour la suite ... et la fameuse nouvelle baguette.
Des pronostics ?
