Hello ! J'espère que vous passez une bonne semaine !

Je vous retrouve aujourd'hui pour le chapitre 9.

Il est peut-être un peu plus dur à lire par rapport au fait que j'aborde un point sensible de mon univers : les agressions envers les omégas et leur traitement dans la société. Bien sûr, d'autres chapitres y seront consacrés.

Mais le chapitre se finit sur une bonne nouvelle !


Place aux reviews ! Vous êtes vraiment adorables !

Réponse à Komachu :

Les bébés sont protégés dans une poche alors ne t'inquiète pas ! Mais tu as raison, il y a plein de règles et de visions différentes à l'omégaverse.

J'espère que ce chapitre va te plaire !

Réponse à Wonderinn

C'est une question d'hormones. En fait, les bébés ressentent le plaisir du parent qui les porte. Et le quatrième mois est certainement le plus chargé en hormones (c'est là que la libido est la plus haute)

On va malheureusement les revoir d'ici quelques chapitres, même s'ils ne font partie que du passé.

Ça me fait penser que vous ne connaissez toujours pas l'odeur de Kyoya !

Answer to Coolio

Oh you're so cute ! Thank you !

Yes I didn't want to write a love story at the time when Kyoya and Ryuga were in high school ! I prefer write about their adulthood and put flashbacks.


Bonne lecture !

Chapitre 9 : Au bas de l'échelle

"Ryuga, comment vous traitez les dépôts de plaintes des omégas qui ont subi une agression sexuelle ?" Demanda Kyoya.

L'alpha aux cheveux blancs, qui était jusque-là occupé à se préparer pour aller travailler, se retourna vers son mari, toujours allongé dans leur lit. D'habitude, Kyoya hurlait à l'injustice au lieu de lui poser la question de but en blanc. Ryuga mit ça sur le compte de l'heure à laquelle son compagnon s'était réveillé. Il n'avait pas bien dormi cette nuit.

Il est peut-être trop fatigué pour hurler ce matin. Pensa l'alpha avant de lever les yeux au ciel. Non, peu importait l'heure de la journée, Kyoya était du genre à se faire entendre, peu importait l'heure de la journée.

Il espérait que leurs enfants n'auraient pas les mêmes cordes vocales que leur papa oméga, sinon ça promettait des plus petites nuits qu'il ne le pensait.

"Eh bien je ne suis pas responsable de ce genre d'affaires. Dit simplement Ryuga.

- Je sais bien que tu préfères les trafiquants de drogues, les organisations criminelles et les tueurs en série. Mais tu es sûrement au courant du traitement des affaires. Réfuta Kyoya.

- Tu as regardé les informations hier ?

- Ouais j'avais rien à faire. Une jeune femme oméga a eu ses chaleurs au mauvais endroit et au mauvais moment. Il y avait un alpha dans les parages et il s'en est pris à elle. Et apparemment la police n'a pas arrêté le responsable sous prétexte qu'avec ses chaleurs, elle n'a pas repoussé physiquement son agresseur. Souffla amèrement l'oméga.

- C'est malheureusement comme ça que notre société est faite. J'ai une collègue qui s'occupe de ce genre plaintes et elle dit qu'il y en a de moins en moins parce qu'on n'est pas en mesure de les aider.

- Et tu acceptes ça ?

- Chéri, je sais que tu as très envie de parler de ça mais je n'ai pas le temps ce matin. Rétorqua Ryuga alors qu'il regardait l'heure affichée sur le réveil.

- Et si c'était moi ?"

Cette fois-ci, Ryuga se retourna. Kyoya sentit l'inquiétude et la colère se mélanger dans les émotions de son mari. Le blanc marcha jusqu'au lit et posa ses deux mains sur le visage du vert, une sur chaque joue. Le regard doré de Ryuga fixa celui océan de Kyoya.

"Tu as eu un problème ? Tu t'es fait agresser ? Insista Ryuga qui peinait à garder sa colère enfouie.

- Non pas du tout. Je me demande simplement ce que tu ferais si ça m'arrivait. Tu me culpabiliserais ? Répondit le vert en posant une de ses mains sur le bras de Ryuga.

- Bien sûr que non voyons et tu le sais très bien. Et même si je suis un représentant de la loi, je ferais payer à celui ou ceux qui te feraient du mal. Mais non, je ne t'emmènerais pas porter plainte. Simplement parce que très peu d'affaires sont classées, faute de moyens et que certains de mes collègues culpabilisent les omégas. Mais je ferais payer à celui qui oserait te toucher. Tu le sais n'est-ce-pas ? T'ai-je déjà culpabilisé ? Expliqua le blanc.

- Oui je sais. Tu as raison excuse moi.

- Ce n'est rien. Ce genre d'affaires te touche et c'est normal. Je ne suis pas en colère. Le rassura Ryuga en embrassant son front.

- Ouais…

- Tu ne me caches rien, tu es sûr ?

- Bien sûr. Comment j'aurais pu te le cacher si j'avais été agressé.

- Tu me rassures." Exprima sincèrement Ryuga, soulagé.

L'alpha garda ses mains sur le visage de son compagnon et il en profita pour l'embrasser. Kyoya entoura la nuque de son mari avec ses bras, mais ça ne suffit pas à garder son alpha collé à lui. Ryuga sépara leurs lèvres, puis leurs visages.

"Tu veux pas rester un peu ? Minauda Kyoya.

- Je ne peux pas. Tu essaies de me mettre en retard. Mais je rentre pour manger ce midi. Répondit l'alpha en relâchant son odeur.

- Bon… A tout à l'heure alors.

- Je t'aime. Déclara Ryuga tout près de l'oreille de son oméga.

- Moi aussi." Dit Kyoya en relâchant son mari à contre-cœur.

Ryuga se pencha pour regarder le ventre de Kyoya.

"Vous aussi je vous aime." Assura l'alpha.

Cette fois-ci, Ryuga quitta la chambre, puis la maison où vivait le couple depuis deux ans, laissant Kyoya seul, enfin presque seul. L'omega regarda ensuite son ventre et passa sa main sous son tee shirt pour le caresser tout doucement. Son quatrième mois était bien entamé, mais aucun des bébés n'avait commencé à bouger. Il y a deux semaines, il avait senti les "bulles", caractérisées par les premiers mouvements du bébé. Ces bruits étaient semblables à ceux de bulles qui éclataient. et sont les premiers signes des bébés. Mais cela avait été si bref que l'oméga avait cru en rêver. Depuis, le vert n'avait plus ressenti de mouvement dans son ventre.

"Qu'est-ce-que je fais mal ? Vous auriez déjà dû bouger…" S'inquiéta le vert.

L'oméga ne pouvait que se demander s'il avait mal fait quelque chose. Le médecin l'avait rassuré, lui disant qu'il n'y avait rien de grave et que chaque enfant grandissait à son rythme, il ne pouvait s'empêcher d'être inquiet, de se demander s'il avait fait tout ce qu'il fallait pour que ses enfants se développent dans les meilleures conditions. Il se mit à penser qu'il avait peut-être trop mangé ses derniers temps et que c'était pour ça, ou alors qu'il avait du mal à dormir depuis quelques jours ou encore que c'était à cause des hormones ou de sa libido grandissante.

Ses yeux se mirent à piquer. Kyoya les frotta avec son bras. Il n'allait pas se mettre à pleurer maintenant, même si c'était une bonne idée pour faire revenir Ryuga. Sauf que comme il faisait des sautes d'humeur, c'est certainement ce que son alpha croirait, il penserait que son départ avait causé sa tristesse, ce qui n'était pas entièrement faux. Kyoya n'aimait pas laisser Ryuga partir au travail et l'attendre.

Kyoya siffla. Cette dernière pensée l'amena à réfléchir sur la position de force des alphas et la domination qu'ils exerçaient sur les omégas. Depuis qu'il avait été marqué, Kyoya avait longtemps craint que son alpha l'abandonne. Si cela se passait, il mourrait de chagrin. Un oméga mordu par un alpha était lié à lui pour la vie et mourait s'il l'abandonnait. En revanche, un alpha pouvait mordre plusieurs omégas sans ressentir l'abandon, la seule exception étant si l'alpha mordait son âme sœur, comme Ryuga l'avait fait avec Kyoya.

C'était pour ça que sa mère avait insisté pour qu'il porte un collier et prenne des bloqueurs d'odeurs. Le premier était en cas d'agression alpha. Ce collier était particulièrement solide, il ne pouvait être déchiré. Le seul moyen de le retirer était de le détacher. Par contre, il était particulièrement épais et donc, très gênant à porter, surtout que le vert devait le garder toute la journée, durant de longues heures et même pendant ses entraînements. Les bloqueurs agissaient sur les hormones des omégas en empêchant leur odeur d'être sentie par les autres, sauf en période de chaleur ou son usage était proscrit. Mais ces médicaments étaient très coûteux et surtout, ils avaient des effets secondaires : migraines, vomissements, malaises… Kyoya avait pu arrêter d'en prendre lorsque ces symptômes s'étaient révélés et de façon trop forte et suite à l'avis d'un médecin. Les bloqueurs olfactifs étaient de toute façon très controversés, au même titre que la pilule contraceptive. En revanche, il avait dû garder son collier.

L'oméga aux cheveux verts n'avait jamais aimé cet accessoire puisqu'il montrait clairement aux autres qu'il appartenait au bas de l'échelle. Kyoya ne comptait plus le nombre de crises qu'il avait faites à ses parents pour pouvoir l'enlever et les disputes qui en avaient découlé.


xxx


Assis autour de la table, Kyoya et ses parents s'étaient réunis lorsque les membres de la famille étaient tous rentrés à la maison. La première chose que le vert avait fait fut de retirer son collier. Il avait ensuite inspecté son cou dans le miroir et constaté qu'il avait les marques de ce collier qui lui faisait mal.

Maintenant, il était temps pour Kyoya de déballer une nouvelle fois ce qu'il avait sur le cœur. En face de lui, son paternel le regardait, son air strict sur le visage, prêt à écouter attentivement ce que son fils avait à dire. Sa mère, assise à côté de son mari, le regardait, les yeux chargés de tendresse.

"Qu'est-ce que tu avais à nous dire mon grand ? Commença sa mère.

- Je veux retirer ce collier. C'est une horreur à porter. Répondit sèchement Kyoya.

- Non. C'est impossible. Trancha son père.

- Mais enfin pourquoi ?

- Qu'est-ce-que tu feras en cas d'agression ? Le questionna son père sérieusement.

- Je sais me défendre. Et rien ne me dit que je me ferais agresser. Répondit Kyoya en croisant les bras.

- Mon poussin sois raisonnable. Tu ne peux pas l'enlever. Tenta sa mère d'une voix plus douce.

- Ça se voit que c'est pas vos cous que ce truc serre. Les contredit l'oméga aux cheveux verts.

- Kyoya c'est hors de question que tu l'enlèves. Insista son père.

- Mais j'en ai marre que tout le monde voit mon collier. Dès que j'ai eu un souci avec un alpha, c'était parce qu'il avait vu mon collier. Cracha le vert.

- Je comprends que ce ne soit pas facile pour ton mon grand. Mais imagine que plusieurs alphas s'en prennent à toi et que tu ne puisses pas te défendre… Dit sa mère, aussi doucement qu'elle le pouvait pour tenter d'apaiser son fils aîné.

- C'est facile pour toi de dire ça ! T'es une bêta maman ! Et toi père, t'es un alpha. Comment peux- tu me dire ça ? Et puis je prends des bloqueurs !

- Et si tes chaleurs se déclarent ? Renchérit sa maman.

- Je m'en fous !

- Ça suffit Kyoya ! Tu retireras ce collier quand tu seras marqué par un alpha ! Fin de la conversation." Clama son père fermement alors qu'il tapait du poing sur la table.

La discussion s'arrêta là. Kyoya souffla avant de se lever précipitamment et d'aller dans sa chambre, prenant soin de claquer la porte. Une fois que ce fut fait, il se débarrassa de son uniforme pour enfiler une tenue plus confortable avant de s'affaler sur son lit.

La dernière réplique de son père l'avait ramené à sa condition inférieure. Même s'il pouvait comprendre que ses parents soient inquiets pour lui, il ne pouvait accepter d'être obligé de porter un collier et de devoir prendre des médicaments pour assurer sa sécurité. Malheureusement, elle n'était pas garantie. Kyoya détestait avoir l'impression d'être faible, d'être une proie pour les autres.


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Non, Kyoya n'avait jamais supporté sa nature profonde. Il avait mis des années à l'accepter, même s'il luttait toujours contre. Il était en rupture avec sa condition d'oméga, n'étant pas sensible aux phéromones des alphas.

Le vert avait toujours voué une forme de haine à cette race. Les alphas bénéficiaient des avantages données par la société : statut social, pouvoir, domination, constitution physique avantageuse… En clair, ils avaient tout. Le modèle de la société était basé sur les alphas et leur réussite. D'ailleurs, les propriétaires des plus grandes fortunes du pays, les dirigeants d'entreprises, les membres appartenant à la haute sphère sociale étaient essentiellement des alphas. Forcément, les règles établies étaient votées en faveur des alphas. De ce fait, ils n'étaient pas punis en cas d'agression sur un oméga qui avait ses chaleurs au mauvais moment. Puisque ce dernier était incapable de se défendre et était même consentant lorsqu'il était habité par ses instincts. Peu importait le fait que les victimes perdent confiance en elles, qu'elles passent des jours enfermées, qu'elles aient peur de sortir. Souvent, ces victimes se retrouvaient avec un bébé et l'instinct des omégas les poussait à le garder. Plus encore, les victimes étaient culpabilisées et pas seulement par leurs proches, mais surtout par la société. Voilà pourquoi Ryuga avait dit à Kyoya que si quelque chose lui arrivait, il ne l'emmènerait pas voir la police. Tout simplement parce qu'aucune loi ne protégeait les omégas en chaleur et que les questions posées aux victimes étaient généralement intimes et intrusives. De plus, au Japon, si la victime ne réagissait pas de façon agressive face à son agresseur, elle est considérée comme consentante.

Connaissant son alpha et son désir de protection, Kyoya savait cependant qu'il ne resterait pas sans rien faire et qu'il ferait certainement justice lui-même, bien que la solution serait que le coupable soit arrêté.

Le pire, c'était certainement que ce genre de cas n'était pas exceptionnel. Même si depuis quelques années, les omégas commençaient à avoir plus de temps de parole dans les médias, qu'une maigre considération leur était apportée et que les mentalités évoluaient, c'était bien trop lent.

Lorsqu'il était au lycée, il faisait partie des seuls qui n'avaient pas subi d'agression, en tout cas, rien que le vert estimait grave, et si c'était difficile pour lui de l'admettre, ses parents avaient eu raison d'insister. Surtout son père. C'était un homme strict mais il avait toujours œuvré pour son bien, quand bien même ils étaient souvent en désaccord tous les deux. Si son caractère faisait de lui un oméga atypique, son collier et les bloqueurs l'avaient grandement empêché d'être importuné. Son caractère et ses entraînements à la boxe en plus, il arrivait à se défendre.

Et puis il y avait Chris.

Il avait beau dire que son ami était trop collant et protecteur envers lui, Kyoya savait que ça l'avait un peu protégé et que d'autres avaient été dissuadés de tenter quoi que ce soit.

Puis, il y avait eu Ryuga. L'oméga ne pouvait nier l'importance de la présence de l'alpha aux cheveux blancs. Le blanc lui avait prouvé qu'il pouvait lui faire confiance, qu'il ne correspondait pas à la vision que l'oméga avait des alphas, Chris étant une exception. Kyoya l'avait pourtant envoyé balader plusieurs fois, parfois sèchement et malgré son caractère de cochon, Ryuga n'avait jamais été violent avec, jamais il n'avait tenté de le soumettre. Mais il s'était toujours accroché à lui, le voyant comme Kyoya Tategami et non comme un oméga. Il l'avait aidé à s'accepter comme il l'était, à ne pas prendre à cœur les remarques désobligeantes et surtout à voir plus loin, d'aller au-delà de ce qu'il était pour se focaliser sur qui il était.

Dès qu'ils avaient commencé à se fréquenter, Ryuga lui avait tout de suite fait promettre de lui dire si un alpha ou n'importe qui d'autre avait eu un comportement déplacé, quel qu'il soit, à son égard. D'ailleurs, il le lui avait prouvé.

Malgré son caractère et son physique, Kyoya avait toujours été protégé et l'était encore aujourd'hui. Sa mère s'inquiétait sans arrêt pour lui, son père avait veillé à ce qu'il bénéficie de tout ce qui existait pour préserver son intégrité, son ami veillait sur lui et aujourd'hui, Ryuga assurait tous ces rôles. Même si Kyoya était aujourd'hui marqué et que même s'il avait ses chaleurs au mauvais endroit, la prise de risques était moindre puisque la morsure le rendait incapable de vouloir des relations sexuelles avec quelqu'un d'autre. De plus, dans son état, il avait en lui un soupçon de l'odeur de son alpha. Pourtant, ça n'empêchait pas Ryuga de s'inquiéter.

C'était même pire depuis que Kyoya était enceinte. Le désir de protection de son mari s'était accru sans que lui-même ne puisse le contrôler. Il avait besoin de s'assurer qu'il allait bien à chaque moment de la journée. Ryuga s'était mis à contrôler ce qu'il mangeait, il veillait à ce qu'il dorme bien, à ce qu'il ne bouge pas trop, à appliquer à la lettre les conseils du médecin. Mais Kyoya ne pouvait lui en vouloir. Après tout, son mari voulait s'investir dans sa grossesse et à défaut de porter l'enfant, il avait choisi de faire tout ce qu'il pouvait pour que son mari vive au mieux sa grossesse. Malgré son goût prononcé pour les interventions à hauts risques, l'alpha avait demandé à ne plus en faire la nuit pour être aux côtés de son oméga, il restait au maximum dans les bureaux pour enquêter et laissait son collègue aller sur le terrain lorsque c'était possible. Lors de grosses interventions, Ryuga n'avait pas d'autre choix que celui d'y aller.

A ce moment-là, c'était Kyoya qui devenait inquiet pour son compagnon. Ryuga était du genre à se donner à cent pour-cents lors de ses missions. Le blanc était un excellent officiers et malgré ses vingt-six ans, il avait déjà été félicité par nombre de politiques ou de personnes influentes. Il avait déjà été demandé pour des affaires à la capitale et Ryuga était fier de faire son devoir. Mais le vert se faisait du souci. Il avait peur qu'il arrive le pire à son compagnon et qu'il ne soit plus là pour lui et leurs enfants.

Kyoya était irrémédiablement attaché à Ryuga. S'il lui arrivait quelque chose, il ne savait même pas s'il s'en relèverait. Il devrait regarder ses enfants chaque jour en leur trouvant des points communs avec leur père, en se disant que c'était injuste que lui ne le connaisse pas. En fait, Kyoya ne savait même pas s'il pourrait les élever sans son alpha.

A cet instant, Kyoya eut envie de pleurer. Qu'est-ce-qui lui prenait de penser au pire tout d'un coup ?

Machinalement, Kyoya pose ses deux mains sur son ventre arrondi. Son état ne pourrait bientôt plus être dissimulé par des vêtements amples. Même s'il n'était qu'à quatre mois de grossesse, les jumeaux prenaient de la place.

Il ne pouvait pas penser au pire. Il n'en avait pas le droit. Jamais Ryuga ne le laisserait seul avec les bébés. Il lui avait promis. L'oméga voulait que son mari voit leurs enfants grandir.

Poc

Kyoya écarquilla les yeux avant de diriger son regard sur son ventre. Il posa sa main à l'endroit où il avait senti le coup. Oui, Kyoya en était sûr, un de ses bébés avait donné un coup dans son ventre. Il n'en revenait pas, c'était comme si ses enfants avaient senti ses émotions et qu'ils y répondaient.

Enfin.

Si le premier coup avait été donné au centre de son ventre, le second se fit à droite et le suivant, tout à gauche. Cette fois, deux sillons humides suivaient les traits de son visage, depuis ses yeux et jusqu'à sa mâchoire avant de finir en gouttes humides, tâchant le tee shirt qu'il portait. Kyoya pleurait sous les émotions qu'il ressentait. Les deux bébés bougeaient.

Ils étaient là, ils le soutenaient, lui faisaient comprendre qu'il n'était pas seul.

Fébrilement, le vert posa sa main sur la droite de son ventre. C'était là que le coup donné était le plus fort.

Kyoya était soulagé.

"Vous êtes là…" Chuchota l'oméga.

Le futur papa ne put s'empêcher d'appeler Ryuga. Il ne pouvait pas attendre. Gardant une main sur son ventre, il prit son téléphone de l'autre et composa le numéro de son boulot. Ryuga n'entendrait sûrement pas son portable.

"Allô ? Dit une voix de femme au bout du fil, celle de la secrétaire.

- Bonjour. J'aimerais parler à l'inspecteur Atsuka. Demanda Kyoya, la voix presque tremblante.

- S'agit-il d'une affaire en cours ? Poursuivit-elle.

- En quelque sorte. C'est urgent.

- Qui le demande ?

- Kyoya Atsuka. Je suis son mari. Répondit Kyoya aussi poliment que possible, bien qu'il détestait qu'on le fasse attendre.

- Monsieur Atsuka, vous ne pouvez pas utiliser cette ligne à des fins personnelles." Dit la secrétaire sur un ton autoritaire.

Ne t'énerve pas. Pensa Kyoya en gardant sa main sur son ventre.

"Je sais bien mais il s'agit d'une affaire urgente. Reprit Kyoya, presque suppliant.

- Je regrette. Je ne peux pas vous laisser utiliser cette ligne.

- Je n'en ai pas pour longtemps. Tenta de négocier le vert.

- Je n'en ai pas le droit.

- Ecoute moi connasse, tu vas te dépêcher de me passer mon mari. Je suis enceinte de lui et il est en train de rater un des plus beaux moments de ma grossesse. Alors tu me le passes deux minutes, sinon je bouge moi-même. Je suis encore en état pour me faire entendre et je t'assure que tu n'as pas envie d'avoir de problème avec moi ! Alors passe. Le. Moi ! D'ailleurs si tu me l'avais passé, cette conversation serait déjà terminée !" S'énerva Kyoya.

Un silence s'installa. Kyoya se demanda s'il n'avait pas été trop loin avec cette pauvre secrétaire. Il n'aurait pas dû l'insulter mais il dirait que c'est les hormones. Pour une fois qu'elles pouvaient se rendre utiles celles-là. Cependant, il l'entendit à nouveau après quelques secondes d'attente.

"Je vous le passe." Dit-elle simplement.

- Merci. Ajouta Kyoya, sincèrement.

Kyoya dut attendre quelques secondes supplémentaires durant lesquelles il s'excusa auprès des bébés pour s'être énervé contre cette femme qui ne faisait qu'appliquer la procédure en vigueur. Mais il était certain qu'elle avait plus peur de son mari que de faire une exception au règlement.

"Kyoya ? Qu'est-ce qu'il y a ? S'inquiéta l'alpha à l'autre bout du téléphone.

- Les bébés ont commencé à bouger. Répondit Kyoya.

- Les bébés ont…? Oh c'est merveilleux ! Quand la secrétaire m'a dit que tu étais en attente, j'ai eu peur. J'ai cru qu'il t'était arrivé quelque chose. Mais je suis rassuré. Mais qu'est-ce que tu as dit à la secrétaire ? Elle avait l'air… Tendue lorsqu'elle m'a prévenu.

- Je n'ai pas été très… Correct. Elle ne voulait pas me laisser t'appeler sur cette ligne. Soupira le vert, presque boudeur.

- La prochaine fois appelle moi sur mon portable d'accord ?

- C'est la faute des hormones…

- Tu sais que je connais ton caractère de cochon ? Se moqua l'alpha.

- C'est vrai que ça ne marche pas avec toi…

- Je dois te laisser. Je reviens tout à l'heure. Et je ne vais pas te demander ton avis pour toucher ton ventre. Je veux les sentir donner des coups. Assura le blanc.

- Oui. Tu pourras. J'espère qu'ils bougeront.

- Je dois te laisser mon amour. Je t'aime fort.

- Je t'aime aussi." Dit Kyoya avant de raccrocher.

Ce fut quelques heures plus tard, lorsque Ryuga rentra pour déjeuner, que Kyoya put lui parler. L'alpha posa dès lors ses deux mains sous le haut de son mari, prêt à sentir les coups de pieds de ses enfants. Lorsque le premier arriva, Ryuga regarda Kyoya dans les yeux. L'oméga avait les joues rougies et les yeux humides tant il était submergé par l'émotion. La sensation au bout des doigts de Ryuga était indescriptible. C'était bien la première fois qu'il ressentait ça, mais pas la dernière.

Kyoya et Ryuga avaient enfin conscience de leurs enfants qui grandissaient dans le ventre de l'oméga. Ils pourraient interagir avec eux, pour le plus grand bonheur des futurs pères.


Voilà pour le chapitre 9 qui se finit sur une bonne nouvelle !

Si cette histoire est assez douce, mes personnages évoluent dans un monde régi par le statut social. Je devais vous le montrer, même si ça sera développé au fur et à mesure.

Point culture : les victimes d'agressions sexuelles au Japon sont effectivement culpabilisées par les forces de l'ordre et si elles ne se montrent pas agressives, elles sont décrites comme consentantes, ce qui fait que peu portent plainte. Aujourd'hui, plus de moyens commencent à être donnés aux forces de l'ordre mais les choses évoluent très lentement (bon on va pas se mentir la France n'est pas un exemple parce que dans le genre culpabiliser des victimes nos dirigeants se posent là !)

Si les inégalités se voient avec Kyoya, ce sera plus flagrant avec Dynamis. Les deux ont eu des enfances très différentes.

Et la crise de Kyoya, c'était une envie soudaine, j'avais envie de le faire s'exprimer un peu !

Le chapitre 10 sera aussi spécial puisqu'un nouveau couple intervient. Je suis certaine que vous le connaissez tous ! C'est un chapitre que j'ai hâte d'écrire.