Hello !

Bienvenue sur ce nouveau chapitre. Pour une fois, nous changeons brièvement d'environnement et de point de vue.

Merci beaucoup à Petite-Licorne-Arc-En-Ciel et Jiwalumy pour leurs reviews !

Bonne lecture,

M


Chapitre 9 -

15 décembre 1999

Harry était légèrement en retard lorsqu'il tranplana chez Ron et Hermione. Après la guerre, Ron avait passé plusieurs mois au Terrier. Il avait eu besoin de retrouver son clan pour faire le deuil de Fred. Hermione quant à elle, était retournée à Poudlard pour y effectuer sa dernière année. Mais dès son diplôme en poche, elle et Ron avaient emménagé ensemble dans une petite maison indépendante située dans la banlieue de Londres. Harry adorait cette maison. Chaleureuse, elle semblait inviter famille et amis à venir se réchauffer au coin du feu, et se laisser bercer au son des rires des gens que Harry aimait. Il se disait souvent qu'il aimerait habiter pareille maison, avec celle qui ferait battre son cœur un peu plus fort que les autres. Ses pensées bifurquèrent brièvement vers Pansy, qu'il avait laissée seule au refuge quelques temps plus tôt. Il lui avait proposé de rester pour l'aider, mais elle l'avait envoyé balader, disant qu'elle se débrouillerait très bien toute seule. Le jeune homme avait capitulé devant l'air déterminé et légèrement agacé de la demoiselle.

- Harry ! Tu comptes rester planté devant cette porte pendant longtemps ?! Tu es déjà en retard, je te signale !

L'intéressé sourit en entendant son meilleur ami l'apostropher. C'est vrai, Hermione avait récemment enchanté la porte pour qu'elle et Ron puissent facilement voir qui arrivait.

- Comment vas-tu vieux ? Demanda son ami en lui offrant une franche accolade. Tu as l'air fatigué.

- Ça va Ron. Honnêtement, je pense surtout que ces cernes ne quitteront plus jamais mes yeux ! Et toi ? Où est Hermione ?

- Oh, tu la connais, elle a dit qu'elle t'accorderait deux heures. Tu n'auras pas droit à une minute de plus !

- Si je comprends bien, c'est toi qui as cuisiné… fit remarquer Harry d'une voix d'où perçait l'inquiétude.

- J'entends la méfiance dans ta voix et crois-moi, j'en suis horriblement vexé ! Rétorqua le rouquin. J'ai fait de gros progrès figure-toi, Verity m'a donné quelques cours.

- Tu la remercieras pour moi dans ce cas ! Enfin, si je rentre chez moi vivant !

Harry éclata de rire devant la mine renfrognée de son ami. La soirée s'annonçait bonne !


Et elle le fut. Hermione avait fini par daigner abandonner ses révisions et était ravie de retrouver son ami. Ils avaient longuement parlé, de la boutique florissante que Ron avait repris avec son frère, des études d'Hermione, et bien sûr, du programme de réhabilitation lancé par le Ministère.

- Je suis surpris que tu n'aies pas encore tué Parkinson !

- Parce qu'on ne tue pas les gens qu'on est censé encadrer et accompagner Ron, c'est le principe, fit remarquer Hermione, sarcastique.

- Eh bien en fait, elle… Harry chercha ses mots. Elle n'est pas aussi… horrible que j'aurais pu l'imaginer.

Ron fit mine de s'étrangler.

- Je rêve où tu viens de dire que Parkinson n'était pas si horrible que ça ?

- Ron, pitié, grandis un peu ! Fit Hermione en levant les yeux au ciel. J'étais certaine qu'elle aurait gagné en maturité, ajouta-t-elle. La guerre ne l'a pas épargnée non plus, d'une certaine façon. Son père a tout de même été assassiné par Voldemort !

- Et sa mère est condamnée à perpétuité à Azkaban.

- De là à dire qu'elle est géniale… maugréa Ron.

- Ce n'est pas ce que j'ai dit… Mais disons qu'elle est moins désagréable que prévu. Nous avons eu des débuts compliqués, mais pour être honnête, les premiers moldus chez qui nous sommes tombés ne nous ont pas aidés !

- Et cette semaine, vous êtes dans un refuge, c'est bien ça ? Interrogea Hermione.

Harry acquiesça.

- C'est ça. Et la semaine prochaine aussi, puisque Pansy a voulu s'occuper d'un chaton abandonné par un crétin devant la grille ce matin. On restera donc deux semaines sur place, le temps que le petit bonhomme reprenne des forces. Vous l'auriez vu lui donner le biberon, c'était impressionnant, on aurait dit qu'elle avait fait ça toute sa vie !

Harry nota le sourire énigmatique d'Hermione, avant d'aviser l'œil ahuri de Ron.

- Euh… J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ? Demanda-t-il à l'intention de ses deux amis.

- Tu l'as appelée Pansy ! Tu l'as appelée Pansy !

Ron semblait complètement abasourdi.

- Oh. Eh bien oui, c'est son prénom il me semble, répondit Harry d'un ton qu'il voulait évasif.

Il s'était bien rendu compte qu'il alternait souvent entre nom et prénom ces derniers jours, tandis que Pansy s'en tenait au « Potter » de rigueur… quand elle n'était pas de mauvais poil et ne l'insultait pas de tous les noms. En vérité, Harry ne voulait pas s'attarder sur la question. Il n'était pas sûr de vouloir admettre à voix haute qu'il apprécierait sans doute qu'elle l'appelle par son prénom, lui aussi.

- C'est une bonne chose, approuva Hermione. Ça veut dire que vous avez grandi tous les deux. Qui sait, après son stage, vous pourrez peut-être garder contact et devenir amis ?

- Amis. Amis ! Ha, elle veut que vous deveniez amis ! T'entends ça Harry ?

Le dénommé ne répondit pas et se sentit rougir légèrement.

- Non mais je rêve ! Harry, tu n'es quand même pas en train d'imaginer… CA ! Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait de mon meilleur ami ?

- Ron, voyons… On n'en est pas là, je t'assure. Mais Pansy est sensible et honnête, et elle est incroyable quand il s'agit de s'occuper des enfants ou des animaux. Ce serait ridicule de ma part de ne pas réviser mon jugement, voilà tout !

- Eh oh, Harry Potter ! La Lune appelle Harry Potter !

- C'est La Terre appelle Harry Potter, la bonne expression, Ron, corrigea doctement Hermione.

- Peu importe Hermione, regarde-le ! Il est clairement dans la lune là ! Par Merlin Harry tu n'y penses pas !

- Mais à quoi ? Ron, je ne comprends rien à ce charabia !

- Harry je – tu – Rah ! Peu importe. Tu es son tuteur. Votre relation doit rester professionnelle.

- Mais elle l'est, nom d'un scrout !


Hermione avait fini par hurler que s'ils ne se calmaient pas tous les deux, elle les envoyait dégnomer le jardin. Tout de suite. En pleine nuit. En plein mois de décembre. La menace avait été suffisamment efficace et l'incident avait été vite oublié. Mais Harry se demandait quand même s'il n'en faisait pas un peu trop, en transplanant devant le refuge de Kidlington à une heure avancée de la nuit. Il secoua la tête. Il voulait vérifier que Pansy s'en sortait avec le chaton, voilà tout. C'était son rôle de tuteur de s'assurer du bon déroulement de sa mission.

Il fut légèrement surpris de ne pas la trouver dans le petit bureau de l'accueil, carrément inquiet en ne la trouvant nulle part après avoir fait le tour de toutes les cages du chenil et être passé par la chatterie. Il sortit sa baguette, à l'affût.

- Hominum revelio, chuchota-t-il.

Un petit point de lumière indiqua la chaufferie, tout au bout du couloir. Harry soupira, soulagé. Il avait craint, l'espace d'une seconde, que Pansy n'abandonne sa tâche ou ne prenne la poudre d'escampette avec le petit chat, alors qu'il l'avait bien avertie en partant qu'il était très risqué de lui faire subir un transplanage.

Le jeune homme avança sur la pointe des pieds en n'entendant aucun bruit en provenance de la chaufferie. La scène qui apparut bientôt sous ses yeux lui arracha un sourire attendri.

Pansy était profondément endormie, allongée à même le sol, entre les lourds tuyaux de métal. Harry n'avait pas été autorisé à lui rendre sa baguette en partant, le Ministre en personne ayant répondu à sa lettre envoyée plus tôt dans l'après-midi. De fait, la jeune femme n'avait même pas pu se lancer un sort de chauffage ou métamorphoser l'un des gros sacs de nourriture en couverture. Harry se promit de mettre à profit dès le lendemain matin les conseils d'Hermione, et de donner à sa protégée l'un des galions qu'Hermione avait ensorcelé du temps de l'Armée de Dumbledore. En cas de besoin, Pansy pourrait faire chauffer la pièce d'or et Harry serait aussitôt informé qu'elle avait besoin d'aide. Il s'approcha discrètement et avisa le chaton, profondément endormi lui aussi, dans les bras de la brunette. Tous deux avaient un air étrangement apaisé. Là, sans aucune trace de mépris ou de sarcasme dans les traits, Pansy Parkinson était bien loin du surnom de bouledogue qu'on lui avait attribué. S'il était complètement honnête avec lui-même, Harry devait bien admettre qu'il la trouvait jolie. Un aboiement lointain le sortit de sa contemplation. D'un moulinet de baguette, il fit apparaître une couverture, qu'il plaça délicatement sur la jeune femme en prenant garde à ne pas étouffer le petit chat. Il métamorphosa ensuite deux seaux qui se trouvaient là en coussins moelleux. Doucement, il s'approcha de Pansy et tenta de les glisser sous sa tête sans la réveiller. Il passa délicatement sa main sous sa nuque et fut un instant surpris par la douceur de sa peau. Il se morigéna intérieurement et tenta de calmer les battements de son cœur. Ron avait raison : quels que soient les bons côtés qu'il avait observés dernièrement chez Pansy, leur relation devait rester professionnelle. Strictement professionnelle.