Thème du jour : Enfant

Contexte : Partie 4 de ma fic post S8. Il s'agit de la conversation que Tyrion mentionne à Alyssa dans le premier chapitre de la partie 5.


Un matin, alors qu'ils sont en train de travailler assis l'un en face de l'autre, Tyrion pose une question à Cersei, quelque chose d'un peu étrange qui lui trotte dans la tête depuis un moment déjà.

« Cersei... est-ce que tu penses qu'on se comporte comme un couple ? »

Elle relève la tête de la lettre qu'elle est en train d'écrire et hausse un sourcil, amusée.

« Tu me vois comme ta femme ? »

« Absolument pas ! » s'empresse t-il de répondre.

C'est alors qu'elle remarque qu'il semble mortellement sérieux.

« Nous passons presque tout notre temps ensemble... comme un couple, » reprend Tyrion. « Nous élevons des enfants ensemble... comme un couple. »

Il jette un coup d'œil au lit.

« Nous dormons ensemble... comme un couple. »

(Et c'est bien ça qui le fait véritablement s'interroger. Combien de frères et sœurs dorment encore ensemble à l'âge adulte ? Pas beaucoup, il en est certain.)

« Nous ne formons pas un couple, Tyrion, » répond Cersei comme si c'était une évidence. « Qu'est-ce qui a bien pu te mettre cette idée dans la tête ? Tout ce que tu as cité ne s'accompagne pas nécessairement de sentiments amoureux. »

Tyrion hausse les épaules, mal à l'aise, comme un enfant pris en faute.

« Tu réfléchis trop, » conclut Cersei. « Comme toujours. »

Et elle se remet à écrire comme si de rien n'était.

.

Le soir, lorsqu'ils se mettent au lit, il se tient à distance de Cersei, comme s'il craignait de la toucher. Bien sûr, elle remarque immédiatement son petit manège.

(Après tout, ce n'est pas comme s'il se blottissait contre elle tous les soirs, avide de chaleur et de sécurité.)

Elle pousse un long soupir.

« Le fait que nous dormions ensemble te pose problème, » lâche t-elle.

« Eh bien... tu ne trouves pas ça... bizarre ? »

« Non. Nous faisons moins de cauchemars ainsi. Je pensais que c'était quelque chose que nous avions clairement établi. »

« C'est le cas. »

« Alors où est le problème ? »

Tyrion, qui n'est jamais à court de traits d'esprits, se retrouve pourtant sans voix.

« Écoute, » dit Cersei avec une patience qu'il ne lui soupçonnait pas. « Notre relation n'est pas... conventionnelle, mais... »

Sa voix se brise légèrement.

« Après tout ce que nous avons traversé... c'est normal, non ? »

(Une relation forgée dans un mélange d'amour et de haine, une solitude déchirante, la perte d'un membre de leur trio, une terreur absolue.)

Cersei l'attire contre elle et Tyrion ne cherche pas à se dégager de son étreinte.

« Je n'ai plus que toi. Tu n'as plus que moi. Et... nous avons besoin l'un de l'autre. Nous ne faisons rien de mal. Rien du tout. »

« Oui... tu as sûrement raison, » fait Tyrion, un peu rassuré.

« Tu réfléchis toujours trop... » marmonne t-elle.

« C'est ce qui fait mon charme. »

« C'est ce qui te rend insupportable. »

Il pouffe.

« Bonne nuit, Cersei. »

Elle dépose un baiser sur son front.

« Bonne nuit, petit frère. »